Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > BHL, envoyé spécial du W. Bush Post

BHL, envoyé spécial du W. Bush Post

On n’avait pas encore tout lu !
Envoyé spécial autoinstitué sur le terrain, BHL, partout chez lui dans les médias si possible dominants, nous dit dans Le Monde du 19 août tout le bien qu’il pense de la vaillante Géorgie tellement magnifiquement libérale-démocrate et toute son exécration du Russe, éternel abject communiste travesti en social-démocrate bidon..

On passera sur un ton vieillot qui espère ressusciter Lucien Bodard en le pastichant pour se délecter de cela :
« L’un d’entre eux (un réfugié), un paysan blessé au front, encore hébété de terreur, me raconte l’histoire de ce village, en Ossétie, d’où il a fui à pied voici trois jours. Les Russes sont arrivés. Les bandes ossètes et cosaques ont, dans leur sillage, pillé, violé, assassiné. »
Vous êtes priés de croire Bernard-Henri sur parole, enfin sur celle du traducteur, à moins que notre philosophe combattant ne parle couramment, talent parmi tant d’autres, le géorgien et le russe, même si cette prose furieusement propagandiste, raciste et farcie de clichés (« Vous êtes en territoire russe, aboie un officier bouffi d’importance et de vodka. ») vous rappelle étrangement celle de ses prédécesseurs en information "orientée" qui, en 1914, décrivaient avec force détails "le Boche mangeur d’enfants".
A lire Mikhaïl Gorbatchev, dans Le Monde d’aujourd’hui, il semblerait plutôt que ce soit le soudard géorgien qui ait massacré du civil ossète, ou du terroriste, selon la focale qu’on adopte. Certes, « Gorby » n’est pas plus crédible que BHL, mais pas moins. Que cette contradiction ne préoccupe pas un employé du W.Bush Post, on le comprend, mais un philosophe comme tous ses pairs naturellement obsédé par la recherche de la vérité ?

Ensuite, notre Pulitzer chez les néo-Soviets n’hésite pas user, en toute impartialité, de la prosopopée pour faire parler un « Micha » (un ami, un frère, un vieux pote) Saakachvili qu’il n’a pas encore rencontré : « Vous vous prétendez nos amis ? Vous nous avez cent fois dit qu’avec nos institutions démocratiques, notre désir d’Europe, notre gouvernement où – fait unique dans les annales – siègent un premier ministre anglo-géorgien, des ministres américano-géorgiens, un ministre de la défense israélo-géorgien, était le premier de la classe occidentale ? Eh bien, c’est le moment ou jamais de le prouver ».
Ah bon ? la Géorgie, « premier de la classe occidentale » ? on croyait jusqu’ici que c’était les inventeurs du concept, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Va pour la Géorgie, dont on découvre au passage qu’elle se trouve davantage en Occident que la Turquie. Devinez pourquoi ?
La suite se passerait presque de commentaire puisque BHL, emporté par la fougue de sa passion intègre, donne naïvement raison à Poutine lorsque celui-ci prétend que la Géorgie est dirigée par l’étranger. Et pas exactement n’importe lequel.
Tiens, laissons causer le général Vyachislav Borisov (ou du moins ce que BHL lui fait dire) : « Il me montre, sur son téléphone portable, des photos d’armes dont il souligne lourdement (vous cherchiez une preuve de l’antisémitisme ontologique du Russe ? la voilà) l’origine israélienne ». Quant à Saakachvili « il lui a été dit que, s’il continuait à fournir les Géorgiens, nous continuerions, nous, de livrer le Hezbollah et le Hamas. »
« Nous continuerions… Quel aveu ! » ajoute Bernard-Henri, tout content de soi, estimant évidemment parfaitement normal que les armes israéliennes abondent en Géorgie (c’est le commerce libéral, bon sang !) et, prenant les propos du gradé pour paroles sacrées, scandaleux que les pires des Palestiniens utilisent des armes russes (à ce qu’on en sait, c’est aussi le cas du Fatah, mais Rouletabille a ses têtes, qui joue Abbas contre Haniyeh).
Quel aveu en effet : (à propos du gouvernement Saakachvili) « Tous ces ministres et conseillers sont des boursiers de fondations type Soros dont la "révolution des roses" a interrompu les études à Yale, Princeton, Chicago. Il est francophile et francophone. Féru de philosophie (tendance Barnum, comme notre intrépide journaliste ?). Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen. »
Si tout cela n’en fait pas, de cette équipe, un produit occidental bon teint (des Anglo-Américains avec des passeports Géorgiens, quoi) à la solde d’intérêts pas franchement prorusses, voire carrément hostiles à ceux-ci, on veut bien retourner à l’école, mais pas avec Bernard-Henri pour professeur.
Mais écoutons le président Saakachvili : "Primo, nous sommes une démocratie et nous incarnons donc, quant à la sortie du communisme, une alternative au poutinisme. Secundo, nous sommes le pays où passe le BTC, ce pipe-line qui relie Bakou à Ceyhan via Tbilissi ; en sorte que, si nous tombons, si Moscou met à ma place un employé de Gazprom, vous serez, vous, les Européens, dépendants à 100% des Russes pour votre approvisionnement en énergie. Et puis, tertio, regardez la carte. La Russie est l’alliée de l’Iran. Nos voisins arméniens ne sont pas loin non plus des Iraniens. Imaginez que s’installe à Tbilissi un régime prorusse. Vous auriez un continuum géostratégique qui irait de Moscou à Téhéran et dont je doute qu’il fasse les affaires du monde libre. J’espère que l’OTAN comprend cela…"

Primo, la Géorgie est de ces démocraties qui envoient des chars contre les occupants d’une région séparatiste (les régions, selon Tintin Lévy, n’ont le droit, et même le devoir, d’être séparatistes que si elles sont antirusses, autrement dit, comme le rappelle pour la nième fois notre penseur, Poutine est un monstre de vouloir "buter jusque dans les chiottes" les civils de Tchétchénie, mais Saakachvili a raison d’être prêt à "buter jusque dans les chiottes" les civils Ossètes).
On notera que pour la bonne cause manichéenne, les « terroristes » des uns deviennent les « civils » des autres.
Secundo, on comprend que les Européens ont intérêt à dépendre de Tbilissi plutôt que de Moscou pour leur approvisionnement en pétrole, argument dont il ne semble même pas besoin de démontrer la pertinence tant on sait qu’en affaires les Occidentaux et leurs alliés sont des agneaux fort doux entre eux, au moins tant que le pouvoir politique se trouve aux ordres de leur conception particulière de l’économie (à titre d’exemple canonique, nul n’ignore que les Américains ont besoin de plus du tiers de toute l’énergie fossile du globe pour maintenir un mode de vie incroyablement dispendieux que personne n’a le droit de remettre en question).
Néanmoins, l’esprit tatillon aura du mal à comprendre ce qui fait que dans une région située dans leur orbite géographique, les appétits russes soient moins légitimes que ceux des Occidentaux.
Tertio, encore plus grave, un régime prorusse en Géorgie installerait un « continuum géostratégique qui irait de Moscou à Téhéran ». Diable ! et nous qui pensions que la Russie, ce fourbe soutien du terrorisme islamiste qui ne dit pas son nom, qu’on découvre alliée indéfectible des mollahs, n’avait pas besoin de la Géorgie pour être frontalière de l’Iran via la mer Caspienne !

Rassurons-nous, le sort du président américano-anglo-israélo-géorgien n’est pas encore scellé, puisque le candidat McCain, "proche de Madame Rice"(huit ans de bushisme, une référence), lui téléphone trois fois par jour. Ouf ! du moment qu’il ne s’agit pas de ce traître d’Obama !
Mais non, mauvais esprit ! Barack lui aussi s’exprime par personne interposée : « C’est l’Américain Richard Holbrooke, diplomate de fort calibre (le contraire de Kouchner ?) et proche de Barack Obama, qui, retrouvé, à la fin de la nuit, au bar de notre hôtel commun, aura le dernier mot : "Il flotte, dans cette affaire, un mauvais parfum d’apaisement et de munichisme." (on lui abandonne volontiers la paternité de ce néologisme ridicule).
Ah ! le lâche apaisement femelle préféré à la force virile ! Ah ! l’esprit capitulard de Munich !
Qu’est-ce qu’on nous l’aura servi à toutes les sauces, Munich 1938, comme si la fermeté franco-britannique envers Hitler eût pu déclencher autre chose qu’un conflit immédiat ou, pire, le différer de quelques années de sorte que la puissance techno-guerrière nazie aurait eu le temps d’assurer sa suprématie, voire de développer l’arme atomique avant les Etats-Unis. C’est traiter avec légèreté de la volonté de revanche et de conquête qui animait alors le peuple allemand fanatisé par la propagande de Goebbels que de penser que la détermination des nations de l’Ouest l’aurait fait durablement reculer dans ses entreprises d’annexions. La seule solution eût été de porter la guerre chez lui. Avec nos chars Renault modèle 1917 et nos troufions à bandes molletières ? Y a-t-il quelqu’un d’assez naïf pour supposer que le régime hitlérien ne se serait pas défendu avec un acharnement tel qu’il aurait rapidement déplacé chez ses adversaires le théâtre des opérations militaires ?

Et notre impartial reporter - accoudé au bar de l’hôtel international, il se la joue Bogart dans Casablanca - de prédire pour demain l’apocalypse de la liberté si « nous » sommes incapables de dire « stop à Poutine ».
Ca se dit comment en russe, Bernard-Henri, « stop à Poutine », sachant que les Américano-Occidentaux ne sont pas même fichus de « pacifier » l’Irak et l’Afghanistan ? rétorsion économique quand nous avons tant besoin des matières premières et de la consommation de ce partenaire industriel et commercial ou bombes nucléaires sur la gueule ?

MD


Moyenne des avis sur cet article :  4.82/5   (181 votes)




Réagissez à l'article

64 réactions à cet article    


  • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 12:20

    Une version corrigée, améliorée et complète de ce texte est consultable ici :
    http://infosensolde.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/08/21/bhl-envoye-special-du-w-bush-post.html
    Désolé pour la rédaction d’Agoravox qui a tardé à le publier sans apporter l’addenda demandé.


    • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 22 août 2008 14:19

      La version corrigée de votre article est maintenant en ligne.

      Cordialement

      L’équipe AgoraVox


    • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 14:38

      Merci l’équipe Agoravox !


    • impertinent3 impertinent 22 août 2008 16:12

      Y-a-t-il encore quelqu’un qui prenne BHL au sérieux ?

      À part Le Monde ce qui, soit dit en passant, pourrait expliquer la désafecttion des lecteurs et, partant, les soucis financiers du journal.


    • WOMBAT 22 août 2008 12:33

      Je n’ai point lu l’article sur lequel vous vous appuyez, question de préserver le peu de neurones encore à ma disposition. Le problème qui me parait soulevé est celui de la crédibilité de BHL ; comment cet imbécile (appelons un chat un chat) trouve-t-il encore du crédit auprès de médias qui font autorité et ce en tartinant à longueur de semaine des "pamphlets" minables, incongrus, non documentés et systématiquement de mauvaise foi. Ou alors c’est que les médias qui hébergent les susnommées âneries ne sont plus du tout crédibles et dans ce cas vivement leur prompte disparition.


      • superesistant superesistant 22 août 2008 14:56

        amen !

        mais c’est très mal barré, les médias actuels sont à la botte des décideurs du moment, c’est à dire le conductador et ces sbires les raclures de bidet ! 


      • Malkut Malkut 25 août 2008 17:42

        "Comme trouve-t-il encore du crédit auprès de médias qui font autorité".

        Le média occidental est marrant. On s’y gargarise de liberté de la presse et de démocratie toute l’année, et en fin de compte, dès qu’il y a une opinion a donner, c’est la même pour tout le monde.


      • ZEN ZEN 22 août 2008 12:36

        La version BHLienne sérieusement mise en question
        BHL ne serait-il pas un bon romancier ?


        • Onegus onegus 22 août 2008 21:33

          Voir aussi l’excellente "explication de texte", sur le mode comparatif, du toujours excellent Julien Fontenelle sur son blog "Vive le feu" :

          Durant Que le Soldat Israélien Sent Bon Le Bataillon Henri Barbusse, Le Soldat Russe, De Son Côté, Pue Très Fort La Vinasse

           Il y a deux ans, rappelle-toi, remember : l’armée israélienne faisait au Liban du hachis menu de civil(e)s, et notre plus fameux romanquêteur en avait profité pour aller faire, là-bas, du "tourisme de propagande".

          Quand je dis "là-bas", je veux dire que BHL était allé passer un peu de son temps estival côté israélien : il en avait rapporté, pour notre Monde référentiel, un hallucinant publireportage.

          Et là, juste , que lis-je ?

          Dans Le Monde, rechef ?

          Je lis que BHL est reparti à la guerre.

          En Géorgie, cette fois-ci.

          Du coup : je me suis lancé dans une étude comparative.

          Très superficielle, j’en conviens.

          Mais d’où ressort, tout de même, et si on schématise un peu, que le soldat israélien qui a dans sa ligne de mire des populations libanaises est en moyenne un mec plutôt jeune et sympa, et qui sent bon le sable chaud, alors que le soldat russe qui a dans sa ligne de mire des populations géorgiennes est une espèce de gros soudard qui pue la gnôle dégueulasse dont le Slave brutal se charge de père en fils depuis 5.000 générations : l’atavisme, sans doute…

          Il est vrai, me diras-tu, que BHL n’adopte pas exactement le même point de vue en 2008 qu’en 2006, et que ça peut lui fausser un peu le jugement (qu’il a généralement très sûr).

          Et en effet : quand l’armée israélienne harasse des populations libanaises, BHL adopte le point de vue de l’armée israélienne.

          Mais : quand l’armée russe harasse des populations géorgiennes, BHL adopte le point de vue des populations géorgiennes.

          (D’où je penche assez pour conclure que du point de vue de BHL, toutes les sales guerres ne se valent pas, et qu’il en trouve, en cherchant bien, de moins sales que d’autres - et que finalement la soldatesque russe qui tue des civil(e)s de la Géorgie est un épais amas de salauds d’envergure, cependant que la soldatesque israélienne qui tue des civil(e)s du Liban rappelle un peu les fiers brigadistes internationaux du bataillon Henri Barbusse dressés naguère contre Franco : tu vas voir, j’en rajoute à peine.)

          Pour autant : cette faculté que BHL a de passer du camp de l’attaquant au camp de l’attaqué ne l’empêche pas d’observer que le militaire varie, d’une sale guerre l’autre.

          Ainsi relève-t-il assez vite, au mois de juillet 2006, que l’armée israélienne a quelque chose en elle, non tant de Tennessee, que d’antifranquiste.

          Il est vrai que cette année-là, notre haut penseur commence à écrire "le 17 juillet", qui est "l’anniversaire du déclenchement de la guerre d’Espagne", et que, forcément, ça l’inspire, car il a en lui, quant à lui, quelque chose d’André Malraux (en plus raffiné, il va de soi) : "Cela fait soixante-dix ans, jour pour jour, qu’eut lieu le putsch des généraux qui donna le coup d’envoi à la guerre civile, idéologique et internationale voulue par le fascisme de l’époque".

          Rappelle-t-il.

          Et de préciser : "Je ne peux pas ne pas y penser, je ne peux pas ne pas faire le rapprochement, tandis que j’atterris à Tel-Aviv".

          (Je frémis, quand je me dis que BHL aurait pu atterrir à Tel-Aviv le 16 ou le 18 juillet 2006.)

          Bon, quelques temps plus tard, le voilà qui "monte vers Avivim.

          Puis, d’Avivim, jusqu’à Manara, que tiennent les Israéliens et où ils ont installé, dans un cirque de deux cents mètres de diamètre, un champ d’artillerie".

          Un cirque ?

          BHL s’arrête.

          Et là, dans ce magnifique "champ" où l’"artillerie" a poussé dru, "trois choses" le "frappent".

          (Je frémis, quand je me dis que deux ou quatre choses auraient pu le frapper, alors que tout le monde sait qu’une démonstration philosophique en trois points est le seul moyen d’arriver à se faire un chemin dans la vie.)

          Je te cite les "trois choses" en question in extenso, c’est un peu long, mais tu vas voir : ça vaut réellement la peine de se faire chier trois minutes, l’extase est au bout du sentier.

          "Chose" un : "L’extrême jeunesse des artilleurs : vingt ans ; peut-être dix-huit [1] ; leur air stupéfié quand le coup part, comme si c’était chaque fois la première fois ; leurs moqueries de gamins quand le copain n’a pas eu le temps de se boucher les oreilles et que la détonation l’assourdit ; et puis le côté grave en même temps, pénétré, de qui se sait aux avant-postes d’un drame immense, et qui le dépasse".

          (Les moqueries des Libanais(es) dont les copains reçoivent dans la gueule un obus sont assez rigolotes aussi, car ces gens sont taquins.)

          "Chose" deux : "L’allure décontractée ensuite, j’allais dire débraillée et même désoeuvrée, d’une petite troupe qui me rappelle irrésistiblement la joyeuse bousculade des bataillons de jeunes républicains décrits, une fois encore, par Malraux : une armée plus sympathique que martiale ; plus démocratique que sûre d’elle et dominatrice ; une armée qui, ici, en tout cas, me semble aux antipodes de ces bataillons de brutes, ou de Terminators sans principes ni pitié, qu’ont si souvent décrits les grands médias européens".

          (Je te rappelle que des centaines de civil(e)s du Liban sont morts sous les bombardements de cette sympathique armée de jeunes brigadistes internationaux.)

          "Chose" trois : "Et puis cette drôle de machine enfin, (…) qui, elle, ne tire pas : (…) une salle des machines mobiles où l’on entre, comme dans un sous-marin, par une tourelle centrale et une échelle de coupée ; il s’y tient six hommes, certains jours sept, qui s’affairent autour (…) de radars, ordinateurs et autres appareils de transmission dont le rôle est de collecter du renseignement pour, ensuite, déterminer les paramètres de tir qu’on va transmettre aux obusiers ; et la vérité est qu’il y a là, au principe du feu israélien, un véritable laboratoire de guerre où des savants-soldats déploient une intelligence optimale pour, le nez collé sur leurs écrans, tentant d’intégrer jusqu’aux plus impondérables données de terrain qui leur arrivent, calculer la distance de la cible, sa vitesse de déplacement ainsi que, last but not least, le degré de proximité d’éventuels civils dont l’évitement est, ici au moins, j’en témoigne, un souci prioritaire - et pourtant…"

          (Je suppose que tu l’auras compris : avec des humanistes si merveilleusement appareillés, c’est vraiment la faute à pas-de-chance que tant de civil(e)s soient morts sous de si méticuleux bombardements.)

          Alors ?

          Est-ce que j’avais pas raison de te prévenir que l’extase était au bout du chemin ?

          Nous avons-là, si je résume, en ce lumineux mois de juillet 2006, des mecs à la coule, mais concentrés, jeunes, mais graves, et en même temps : républicains, sympathiques, démocratiques, savants, équipés de machines drôles, et, last but not least, follement soucieux d’éviter que leurs bombardements ne tuent des civil(e)s.

          Des guerriers de proximité, comme on aimerait en voir plus souvent.

          Bon.

          Et maintenant, si tu le veux bien ?

          Suivons BHL en Géorgie, deux ans après son escapade en Espagne républicaine.

          (Tu vas voir, l’ambiance n’est pas vraiment la même : d’ailleurs les chars de l’armée russe, à la différence des canons de l’armée israélienne, ne font pas (du tout) un joli "champ".)

          Le voilà qui tombe, à peine arrivé, "à la hauteur d’Okami", sur un premier "officier russe".

          Jeune ?

          Sympa ?

          Républicain ?

          Peeeeenses-tu.

          On n’est pas le 17 juillet, d’une part.

          Le mec "a l’air d’avoir trop bu", d’autre part : qui aurait envie, dans ces conditions, de lui demander si des fois il n’organiserait pas, impromptu, la visite guidée, pour un penseur de gros niveau, d’une drôle de machine en forme de sous-marin ?

          Avec plein de jolis nécrans de guidage ?

          BHL, courageux, continue sa mission.

          Il progresse vers Gori (en songeant que la condition humaine est quand même riche en rebondissements), et tout d’un coup : voilà un nouvel "officier".

          Russe, toujours, évidemment.

          Un savant ?

          Plus sympa que martial ?

          Neuuuun : le mec "aboie".

          Un peu comme un chien, si tu veux.

          (Mais un peu seulement : je te rappelle, pour le cas où tu l’aurais oublié, que BHL a récemment fait valoir, dans un billet de soutien à son ami Val (de Charlie Hebdo), aimablement publié par Le Monde, que les "métaphores zoologiques (…) sont toujours la marque du fascisme".

          En sorte que si BHL énonce qu’un officier russe "aboie", il ne faut pas (du tout) y voir une métaphore zoologique, mais bien plutôt la description, méticuleuse (et antifasciste), de la bizarre manière que cet officier a de communiquer avec les philosophes.)

          De surcroît : cet officier-là est "bouffi d’importance et de vodka".

          Avoue que ça ne s’arrange pas : l’autre avait l’air bourré, celui-ci est bouffi d’alcool, est-ce que ça va continuer longtemps comme ça ?

          BHL continue sa mission, et voilà que déboule un "général Vyachislav Borisov".

          (Je me demande si c’est pas le nom d’un méchant, dans un James Bond.

          Ou si c’est une contrepèterie ?

          En tout cas c’est un nom qui fout salement les jetons, je te l’annonce.)

          Ivre, lui aussi ?

          Non.

          Cet officier-là ne boit pas (encore) : il fume, et "allume une cigarette dont l’allumette fait sursauter le petit tankiste blond qui s’était endormi dans sa tourelle".

          (Tu noteras que l’artilleur israélien est "jeune", alors que le tankiste russe est "petit".

          Et sinon, toi ?

          Tu aimes les films de gladiateurs ?)

          Naturellement, je n’ai aucune sympathie pour l’armée russe.

          Ca me fait de la peine d’avoir à le mentionner.

          Aucune sympathie, non plus, pour l’armée israélienne.

          Mais t’as vu comme c’est facile, en jouant sur (et avec) les mots, de nous rendre certains militaires plus et mieux aimables que d’autres - nonobstant qu’au bout de leurs canons, les civil(e)s saignent d’un même sang ?


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 août 2008 00:36

           @ Onegus : Bravo

          PJCA


        • Onegus onegus 23 août 2008 02:19

          Merci, mais il faut surtout féliciter Fontenelle... En voilà un qui, pour paraphraser Desproges, sait "montrer la vraie nature des cuistres"... smiley


          • sisyphe sisyphe 22 août 2008 13:01

            Pardon, Zen !
            J’ai mis le même lien que toi, avant de m’en apercevoir !
            Mais bon : comme ça, il ne pourra pas être évité ! smiley


          • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 13:46
            Sorry ! Rue89 possède des moyens qui ne sont pas les miens et mon « papier » a précédé le leur (c’est Agoravox qui l’a gardé sous le coude). Et puis si vous l’aviez vraiment lu, vous auriez dû trouver bizarre qu’au moins une phrase demeure en suspens. Pas grave, tout ça n’existe que pour ne pas durer.
            Quant à BHL, ce type dispose d’un tel pouvoir dans les médias (dont l’édition) qu’il n’y aura jamais un article de trop pour le remettre en question. On ne dira jamais assez à quel point il est représentatif d’une mainmise d’une poignée d’individus, d’entreprises ou de lobbies non seulement sur l’info mais sur tout ce qui se produit comme messages. Normalement Sisyphe devrait comprendre ça ou alors il a mal choisi son pseudo !

          • sisyphe sisyphe 22 août 2008 13:49

            @ l’auteur

            Ce n’était pas une critique, et les liens vers Rue 89 étaient plutôt là pour appuyer le propos !
            Mais ça fait beaucoup d’articles (jamais trop, sans doute), qui font de la pub à ce fanfaron !


          • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 14:05

            @ Sisyphe

            Vous avez à demi-raison : pour ce genre d’individu sans éthique (quoiqu’il proclame le contraire à plein poumons), tout ce qui lui permet de se vendre et de vendre ses maîtres est bon à prendre, y compris la critique la plus mordante.
            Et à demi-tort : si on se contente de l’ignorer, les masses qui ne se préoccupent que de ce qui fait du bruit n’entendront que son roulement de tambour, et plus nos sifflets.

            Tiens, est-ce qu’il faut arrêter de critiquer Sarkozy parce que c’est encore une façon de parler de lui ? (suggestion gracieuse pour un article de fond. Qui s’y colle ?)


          • Philou017 Philou017 22 août 2008 16:19

            Un ajout à l’article de Rue89 : Les réponses de Bernard-Henri Lévy à Rue89

            Extrait :

            Vous avez pris un jet privé de la compagnie Darta. Qui a payé cette location ?
            Cela ne vous regarde pas.


            Ca vaudrait une petite enquête, non ?
             


          • Philou017 Philou017 22 août 2008 17:30

            BHL est un millionaire tres aisé.
            Voir :

            Il habite avec Arielle Dombasle dans un appartement de 378 mètres carrés à Saint-Germain-des-Prés, avec maître d’hôtel oriental en livrée, à deux pas de la brasserie Lipp. Le couple avait loué l’huis en 1994 pour 45 000 F par mois, avant de l’acquérir, en janvier 2004, pour la bagatelle de 2,7 millions d’euros.
            www.tlaxcala.es/pp.asp

            C’est au contraire lui, l’auteur, qui traite ses éditeurs en grands seigneurs, allant jusqu’à les inviter à Marrakech en avion privé. (où il possede un Palais).
            lmsi.net/article.php3

            Perle parmi les perles :
            Bernard-Henri Lévy estime que nous ignorons ce que nous devons au capitalisme. « On croit s’en prendre à George Soros, avertit-il, et c’est Gavroche qu’on assassine. »
            (Je rappelle que Soros a abondamment finançé Saakachvili. )
            www.monde-diplomatique.fr/2007/11/HALIMI/15294



          • Cug Cug 22 août 2008 19:12

            Bernard-Henri Lévy estime que nous ignorons ce que nous devons au capitalisme. « On croit s’en prendre à George Soros, avertit-il, et c’est Gavroche qu’on assassine. »

             Je crois que l’essentiel est là.
             Cela n’est pas anodin et fait de BHL le "pensebête" parisien de l’oligarchie financière, anglosaxonne qui plus est !!!
             
             Sorros, la couronne britannique, Wall Street et BHL, donc, poussent la Russie dans ses derniers retranchements afin de déclencher une guerre en europe continentale pour trouver une issue à l’effondrement du système financier.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 août 2008 00:14

            Je vous félicite de votre article, mais je crois que BHL a vraiment perdu toute crédibilité. 
            Ne nous acharnons pas. R.I.P Ma curiosité, c’est de voir si des commentateurs comme Colre viendront à sa rescousse. Si ce sont des romans que vous voulez, j’en ai trois (3) a télédécharger gratuitement ici, dont un où je ne met en scène que des Juifs smiley

             Pierre JC Allard

             http://nouvellesociete.wordpress.html


          • Philou017 Philou017 23 août 2008 11:46

             Comment les médias tentent de minimiser l’Affaire :

            Suite à l’article de RUE89, l’AFP a emis une dépêche :
            afp.google.com/article/ALeqM5i185s9PEGH_BOBPxTy7H7ksulLEQ

            Ca parle uniquement du fait que BHL n’est pas entré dans Gori, en omettant tous les autres mensonges. Et ca se termine par une réponse de Marie Anne Isler-Béguin, qui permet de noyer le poisson :

            L’eurodéputée Marie Anne Isler-Béguin (Verts), présente ce jour là avec Bernard-Henri Lévy en Georgie, n’a pas souhaité polémiquer. "C’est vrai qu’il y a des approximations (dans son récit) mais chacun voit les choses avec des yeux différents. L’essentiel, c’est vraiment d’y aller pour soutenir les Géorgiens et leur montrer que nous, démocrates, les soutenons", a-t-elle déclaré à l’AFP.

            Dépêche reprise quasimment stricto-senso par plusieurs journaux, y compris le Monde.
            www.liberation.fr/php/pages/pageReactionsList.php

            www.parismatch.com/index.php/parismatch/dans-l-oeil-de-match/reportages/polemique-entre-rue89-et-bernard-henry-levy-sur-son-temoignage-sur-la-georgie/(gid)/48493

            www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-36702952@7-37,0.html


            Chacun peut constater la formidable capacité de nos médias pour noyer une vraie info.
            J’en serais admiratif si ce n’était pas aussi lamentable.


          • Philou017 Philou017 23 août 2008 14:58

            R. Glucksmann essaie lui aussi de s’extraire du bourbier Géorgien. Sans succes...

            www.rue89.com/2008/08/23/droit-de-reponse-de-raphael-glucksmann


          • COLRE COLRE 23 août 2008 23:40

            PJCA,

            ben non, je n’était pas venu lire cet article, mais je découvre incidemment que vous évoquez mon pseudo : Ma curiosité, c’est de voir si des commentateurs comme Colre viendront à sa rescousse.

            Je m’étonne de votre curiosité à ce propos, je n’ai pas à défendre cette personne que je connais peu. Riot le fait d’ailleurs très bien.

            Je vais donc vous réexpliquer ma réaction d’avant-hier : je lis avec un certain effarement un tir groupé de commentaires à sens unique qui cachent (de moins en moins) une révulsion antijuive assez pathologique (je parle de la pire pathologie pour un intellectuel, celle de la pensée et de l’émotion).
            Parfois, cela dépasse toutes les bornes comme votre petit échange complice avec Cascabel et je ne peux pas laisser passer. D’où ma réaction.

            www.agoravox.fr/article.php3


          • Cascabel Cascabel 24 août 2008 15:04

            "Parfois, cela dépasse toutes les bornes comme votre petit échange complice avec Cascabel et je ne peux pas laisser passer. D’où ma réaction."

            Hé ho, les bornes c’est vous qui les dépassez.

            Non seulement vous ne faites pas la différence entre un trait d’esprit et une déclaration de meurtre, mais en plus vous voyez de l’antisémitisme à tous les coins de rue. Les paraboles servent aussi à cela : à reconnaître les obsessions des uns et des autres, comme le marc de café.


            Chanson " La fautive c’est toi " :
            http://www.youtube.com/watch?v=ik0UDKaPb94

            Comprenez-y ce que vous voulez, ça vous occupera.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 août 2008 18:21

            @ Colre : j’ai aussi été voir votre réponse a mon dernier commentaire sur l’article en référence et que je n’avais pas vu car je ne pensais que vouys rateriez la fermeture. J’en déduis que, analyse faite, vous en etes arrivée à la conclusion que je n’étais PAS un antisémite. Je vous en remercie. 

            Je continue a mépriser BHL, mais les seuls groupes dont je ne connais pas d"exemplaire méprisables sont ceux que je ne connais pas. Je suis heureux que nous ne niez pas les atrocités israéliennes. Ça permet de discuter plus tranquillement. Dans un autre artcle (voir le lien) , j’ai dit ce que je croyais qu’Israel aurait dû faire pour rmettre fin aux attaques du Hetzbollah. Si vous me dites ce que vous en pensez, je vous répondrai bien courtoisement.


            Pierre JC Allard

            http://nouvellesociete.org/5135.html

            http://nouvellesociete.wordpress.com


          • wangpi wangpi 25 août 2008 01:05

            attention aux attaques ad hominem, qui ne dénoncent pas l’imposture fondamentale...

            http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article1199


          • millesime 22 août 2008 14:01

            Ce qui désolant et grave c’est que la plupart des médias (et le "Monde" en particulier) prennent tout ce que peut écrire BHL (et quelques autres soit disant intellectuels) sans même se préoccuper de vérifier ses écrits..et pourtant ce n’est pas la première de ses affabulations... ! quelle presse ...à la limite de la désinformation .


            • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 15:04

              Pour se faire une idée exhaustive du personnage et de son influence :
              http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=1243

              Pour mémoire, les "gensdelettres" ne sont guère courageux : il y a quelques années, un important personnage de l’édition fut poursuivi pour esclavagisme sans qu’à ma connaissance aucun des auteurs de cette prestigieuse maison n’en ait claqué la porte par la suite.
              BHL, c’est pareil : t’en dis du mal, t’es mort (professionnellement).


            • geko 22 août 2008 15:25

              Ce qui est désolant c’est de voir que ces medias ont toujours autant d’audience !

              Merci à l’auteur pour cet excellent article qui descend sans concession les manipulations du dandy milliardaire sans tomber dans la facilité !


            • amedee 22 août 2008 14:48

              • Cug Cug 22 août 2008 14:52

                 Ce BHL est impayable, il nous prend pour des "bisounours" ...

                 Certes la presse officielle, figaro, monde, libé etc ... est gardée par les amis de BHL mais celui ci a t’il conscience qu’il éxiste grâce au net une presse libre ? Malgré la main mise de l’oligarchie financière sur les massmédia, le net fait contrepoid et complique sérieusement la doxa néolibéraleanglosaxonne.

                 BHL un pitre qui ne semble pas s’en rendre compte ...


                • Mathias Delfe Mathias Delfe 22 août 2008 15:12

                  "le net fait contrepoids"...

                  C’est bien pour cette raison "qu’ils" en disent tant de mal (cf. l’opinion d’un ami de BHL, Philippe Val).
                  Toutefois, ne pas se faire trop d’illusions, "ils" peuvent contrôler le Net comme le reste.


                • LE CHAT LE CHAT 22 août 2008 15:17

                  quand BHL fera t il bombarder à titre préventif la Belgique où se terre un entarteur terroriste ?
                  http://www.cinergie.be/cinergie/revue62/viepolitik1.jpg

                  il en va de l’avenir du monde occidental !


                  • superesistant superesistant 22 août 2008 15:28

                    cette affaire sent de plus en plus la grosse farce bien huilée et je ne comprends toujours pas comment la géorgie a bien pu penser pouvoir agrésser les russes sans imaginer s’en prendre plein la tête... BHL lui ets un pitre. Il mériterait un bon pain dans la gueule pour le faire taire, ou alors un objet queconque et inutile pour l’empêcher de parler.. tiens un cerveau de lerma ( c’est une proposition... ) cette farce mondiale ne me fait plus rire...


                    • arroc 22 août 2008 15:42

                      Raymond Aron, en 1981, à propos de l’essai L’idéologie française de bernard-henri machintruc :
                      « Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m’horripilent : la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et des démérites des vivants et des morts, l’ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement. »

                      Gilles Deleuze à propos du nano-cuistre multi-millionaire et des "nouveaux philosophes" :
                      «  je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides « moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis..., moi, en tant que soldat du Christ..., moi, de la génération perdue..., nous, en tant que nous avons fait mai 68..., en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants... »). Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. »
                      (L’intégralité du texte ici : http://1libertaire.free.fr/Deleuze03.html , libre de droits et à lire.)
                      Et la vidéo dans laquelle Pierre Desproges remet ce foutriquet à sa place, qu’un internaute a rappelée hier, est également délicieuse

                      Il est entendu qu’il a du pouvoir, qu’il a même un pouvoir de nuisance permanent dans le monde de l’édition ; il arrive toujours à publier ses étrons pseudo-littéraires... Pourquoi est-il toléré, invité, et donc crédibilisé par les grands medias ? Mais la réponse est la même que pour les autres, voyons ! Les salons, le soir, le copinage, les relations obséquieuses... 

                      Il se déclare philosophe, car le titre est fort ronflant, pensez-donc : Kant, Spinoza, Hegel, Voltaire, et j’en passe. Forcément, tel le papillon attiré par la lumière, bernard-henri lévy rêve de nous faire croire et déclare avec force répétitions - comme pour se convaincre lui-même d’un mensonge si grotesque - qu’il est normal d’accoler son nom à cette liste. Las, on ne transforme pas un âne en cheval de course (d’ailleurs, pas la peine d’aller si loin dans la comparaison : on n’en fait pas même un bourrin de labours...) et il ne trompe plus grand monde.

                      Alors par pitié, cessons, cessez de parler de ce tout petit clown au poil thoracique envahissant, ce passeur de brosse à reluire, ce mouvement perpétuel de l’auto-congratulation. Ce monsieur doit avoir des blessures de l’estime très profonde, il délire, se prend à rêver de ce qu’il eût pu être si les muses lui avaient fait les dons nécessaires aux philosophes, mais il n’est qu’un n-ième vendeur de lessive, celle de la marque BHL !


                      • Antoine Diederick 22 août 2008 17:28

                        a ARROC

                        "LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc"

                        Oui, ce sont des types qui passent leur temps à broder autour des archétypes. Ce que nous pouvons tous faire....et il n’y a pas qu’eux....

                        C’est un constante dans la pensée culturelle occidentale depuis 30 ans presque, enfin dans une certaine pensée....il est possible de retrouver cette même facilité dans les arts contemporains et chez d’autres intellos aussi.

                        Au lieu de s’appropier ces archétypes et de les réaménager afin de redefinir le réel ou une vérité même utopiste, au lieu de prendre ces archétypes comme des outils...

                        Bref, cela revient à réinventer le fil à couper le beurre.... smiley


                      • Le vénérable du sommet Le vénérable du sommet 22 août 2008 18:55

                        Vous semblez avoir une dent contre les vendeurs de lessive ... C’est dommage, beaucoup d’entre eux sont certainement plus intéressants que lui et dans tous les cas utiles, pas comme bhl donc.
                        Peut être comme nain de jardin !! Mais loin alors, très loin, au milieu des champs. Un épouvantail, en somme ...


                      • Francis Francis 22 août 2008 15:54

                        Question accessoire : quand BHL publie sa prose dans LeMonde, c’est le journal qui le paie, ou c’est à titre "gratuit" ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès