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Bientôt la fin du marathon !

Il y a deux solutions : ou bien je vieillis vraiment beaucoup, ou bien cette campagne est calamiteuse. Le résultat est le même : je suis heureux que cette longue période se termine bientôt.

N’en déplaise à beaucoup, cette campagne pour l’élection présidentielle a été bien trop longue surtout si on ajoute la non moins longue primaire au PS, laquelle a également largement occupé le devant de la scène en fin d’été dernier et à l’automne.

C'est au moment privilégié où la décision effective de l’électeur approche qu'une séquence délétère où les candidats n’ont plus rien à dire, apparaissent épuisés et au bout du rouleau, s'installe.

Le désert de cette fin de campagne est si grand que les observateurs en sont réduits à élever une statue médiatique à Philippe Poutou, tout simplement parce qu’il affirme qu’il ne veut pas être élu et qu’il lui tarde de retrouver son usine. Lui aussi en a marre ! C'est la prime à la dérision.

En fait la seule véritable attraction de cette campagne demeurera celle de Jean-Luc Mélenchon pour son lyrisme, ses références historiques et littéraires et ses meetings en plein air mobilisant des foules spontanées de plus en plus énormes. Il est d’ailleurs notable que les deux principaux protagonistes désignés par eux-mêmes, les politologues et les sondages reprennent peu ou prou les formules inventées par le leader du Front de Gauche. Voilà pour la forme.

Sur le fond le désert est encore plus aride. Ce n’est pas faute de sujets. Jamais peut-être, pourtant, ils n’étaient propices à des débats exhaustifs et tranchés. Pensons à la nécessaire réforme des traités européens pour n’en citer qu’un seul. Bien sûr, là encore, les deux protagonistes favoris évoquent sans cesse ces évolutions souhaitables, mais seulement avec des mouvements de menton velléitaires et sans jamais entrer dans les détails : « je n’accepterais pas ceci … » « je réorienterais cela … » Comment ? Par quelles initiatives véritables ? Que fait-on devant le refus de nos partenaires ? Motus, ou mouvement de menton !

Mêmes discours incomplets quand il s’agit d’aborder la question de l’endettement, du déficit des finances publiques. Pour tous ou presque, il s’agira d’abord d’augmenter les recettes. Pour les uns prendre aux riches, augmenter les impôts, taxer les produits financiers. Surtout, le remède miracle c’est la croissance, « Aucune inquiétude, la croissance retrouvée paiera … » Pour très peu le volet des dépenses à maîtriser est abordé. Lorsqu'il l'est, l'imprécision est totale.

Ainsi, sans gloire et sans « fond » nous nous acheminons doucement et avec lassitude vers le premier tour dans six jours. Pour la première fois depuis longtemps, disent les sondeurs, nul ne sait prédire avec certitude l'ordre d'arrivée des deux premiers et nul ne sait prédire l'ordre d'arrivée des deux suivants. Certes des tendances semblent se dégager mais aux marges d’erreur prêt qui rappelons-le sont de l’ordre de plus ou moins 3 à 4 % (autant dire des écarts extrêmes d’incertitude qui peuvent avoisiner le 8%), l’incertitude demeure. Comme elle demeure d’ailleurs sur le taux de participation à ce premier tour. Certains prédisent une abstention record. La très mauvaise qualité du débat pourrait en être la principale cause.

La responsabilité d'une telle platitude est en général porter au débit des politiques. Ne faudrait-il pas rechercher la cause également et peut-être surtout du côté de l'électeur qui n'est pas prêt à entendre la vérité ; s'il l'entend à la faire payer à celui qui lui révèle en clair : il y a du déni dans tout ça.

Pour le sociologue François Dubet, il y a un refus exacerbé des disparités. « La France était un État providence qui avait construit toutes sortes de protections sociales contre les aléas de l’existence, explique-t-il dans Le Nouvel Observateur du 12 mais 2011. Pour les cheminots, les paysans, les professeurs… Un modèle efficace en période de croissance et de plein emploi. Or, depuis vingt ans, avec la crise, ce sentiment de sécurité s’est fissuré. Les Français ont l’impression que l’école ne garantit plus les droits, que les grandes entreprises ne défendent plus les emplois. Le désen­gagement de l’État est vécu comme un abandon. » Et comme il faut bien passer ces constats sous forme de déception et de rancoeur sur quelqu’un, les riches font figure de coupables idéaux.

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par jlhuss mardi 17 avril 2012 - 6 réactions
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