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Accueil du site > Actualités > Politique > Bienvenue en technocratie

Bienvenue en technocratie

Il serait temps que tous les commentateurs, professionnels ou amateurs, prennent conscience que nous vivons dans une démocratie de façade, et cela depuis plusieurs décennies. 

On peut le déplorer, mais aussi s'en réjouir. C'est une question de point de vue. 

J'entame ici le premier article d'une longue série consacrée à la technoscience et aux nouvelles technocraties, dont fait partie la France.

Mes propos sont d'une telle évidence, que je songe à la lettre volée d'Edagr Allan Poe. Quelle est le facteur déterminant des sociétés dites modernes ? Les institutions, la politique, la morale, l'économie... Non, non, non et encore non. 

Ce facteur déterminant, c'est tout simplement la technoscience. Penser cette technoscience, c'est penser le rouage essentiel qui gouverne le monde. Bien sûr, je ne dis pas que le reste est inutile ou dérisoire, j'affirme qu'il est secondaire par rapport à la technoscience. 

Hors, nous arrivons à un incroyable paradoxe : qui pense cette technoscience ? En somme, qui se revendique technologue ? Dans les médias de masse ( merci la technoscience ), je lis partout, j'entends partout parler de technologie... Quelle confusion ! Ils parlent de techniques, et non de technologie qui est un discours sur la technique. A de très rares exceptions, c'est toujours un discours promotionnel, béat ou vaguement inquiet, et qui repose sur l'absurdité suivante : " la technique n'est ni bonne ni mauvaise, c'est selon l'usage que l'homme en fait". 

Si je devais qualifier en un mot la civilisation humaine , que dirais-je ? C'est une civilisation technicienne. La technique fait l'unanimité, et le fameux " on arrête pas le progrès " fait office de programme. Enfin, non, il y a des exceptions qui retiennent mon attention, comme les lois bioéthiques ou l'exploitation des gaz de schistes. 

Dans un monde technicien, la politique n'a plus sa fonction ancestrale, car elle est subordonnée aux experts. Le remarquable Zemmour, qui sent bien que le monde politique n'est plus qu'un monde de représentation, n'englobe malheureusement pas dans sa réflexion la suprématie technicienne et son impact déterminant sur le plan anthropologique. La globalisation, la mondialisation, l'importance de la com, découle inévitablement de la technoscience. La finance folle, certes... surtout depuis l'essor de l'informatique. 

Un pays dit moderne n'est pas un pays riche, c'est un pays à la pointe du développement technique, et la domination d'une nation sur les autres s'exerce avant tout par la technique : Hitler l'avait compris, et l'Allemagne est devenue un temps la nation la plus technicienne du monde. 

Mais s'arrêter aux objets techniques serait le signe d'une forte myopie : l'homme fabrique un monde qui le fabrique. Comment imaginez que le monde politique ne soit pas peuplé de techniciens plongés dans des diagrammes et autres pourcentages ? N'est-ce pas d'ailleurs ce que réclament en priorité mes concitoyens : avoir à la tête de l'Etat des gestionnaires efficaces ? 

Etre moderne, c'est être technocrate. 

 


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13 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 5 avril 2014 10:12

    la technoscience....Etre moderne, c’est être technocrate....en somme comment polluer le paysage avec du vent...Bien sur la science existe..bien sur nous sommes dans le monde moderne grâce a l’évolution de la technique dans la fabrication des choses...mais cela a un coût désastreux...D’abord le chômage (la machine remplaçant de plus en plus l’humain) et surtout la fuite en avant pour construire toujours plus pour « IMPOSER » a la consommation et remplir les coffres d’argent ?

    Regardez chez nous ou nous en somme...9 millions de chômeurs une dette (hors bilan) de plus de 4.500 milliards d’euros..et un avenir bouché au sein d’une union débile l’UE qui tue les peuples pour remplir les coffres des banques.. ?
    Nous n’avons plus d’industrie (11% du PIB)..que du commerces et du luxe...Nos avions..nous devons partager les ventes en cinq..et tous les jours nos politiques empruntent des sommes astronomiques pour faire tourner la machine France...Nous sommes cons..et nous marchons sur la tête..plus aucun raisonnement..Nous vivons dans un nuage de pollution permanent (dans notre tête et a l’extérieur)..nous sommes devenus aveugles devant la réalité de la grande absurdité dans laquelle nous sommes.. !
    Nous sommes pitoyables...

    • JL JL 5 avril 2014 10:42

      Désolé B.D,

      il me semble que vous venez d’inventer l’eau chaude. Il n’y a pas que ça dans la nature.


      • B.D. 5 avril 2014 12:00

        La nature.... Il y a bien des choses à dire autour de ce concept. Je montrerai à quel point, tant au niveau du langage, des objets que des comportements, le système technicien propose seulement des solutions techniques ( évidemment ) aux problèmes techniques qu’ils génèrent ( la pollution de l’industrialisation trouvera sa solution dans la technique ) mais aussi aux problèmes humains, qui sont d’ordre « naturaliste » et qui ne peuvent se satisfaire de cette réponse technicienne. 




      • JL JL 5 avril 2014 15:55

        B.D.

        est-ce que vous avez travaillé dans le domaine technique ? Si oui, vous sauriez que le pouvoir économique est, là aussi, à la base de de tous les choix, de toutes les décisions.

        Ce ne sont pas les techniciens qui font le monde où nous vivons : ils proposent seulement des solutions. Et ce sont ceux qui possèdent l’argent qui décident de celles qui seront retenues et de celles qui ne le seront pas. Le critère du profit est le critère prépondérant sinon le seul.

        Ainsi, ce n’est pas l’innovation qui mène le monde, c’est l’appât du gain. C’est pourquoi notre monde est si laid.


      • ARMELLE 5 avril 2014 16:52
        ’’Et ce sont ceux qui possèdent l’argent qui décident de celles qui seront retenues et de celles qui ne le seront pas’’ 
        Que de plus logique !!!
        Mais peut être que quand JL a acheté son dernier véhicule, il a payé et a laissé les autres choisir le modèle, sans doute.

        Quelle monstrueuses âneries peut on lire ici ! Incroyable et pourtant...
         


      • JL JL 5 avril 2014 19:08

        Je ne le vous fait pas dire, Armelle l’arroseuse arrosée !

        Au nom de vos rancœurs contre moi, vous en devenez stupide : faire des analogies débiles n’est pas la marque d’un esprit fin.

        La liberté des consommateurs est celle des cochons devant leur auge : ils n’ont de choix que parmi ce qu’on leur propose. C’est ainsi que la qualité se dégrade.

        En revanche, construire en masse des véhicules diesel avec en prime un gasoil moins cher que l’essence, ou généraliser les cultures OGM n’est pas un choix des consommateurs. Les lecteurs avisés savent bien à qui profite ces crimes écologiques.

        nb. ’’Monstrueuses âneries’’ : vous a-t-on jamais dit, Armelle, que tout ce qui est excessif est insignifiant ? Cet excès montre surtout ici que votre rancœur ne trouve pas assez de mots : peut-être cette rancœur a-t-elle quelque chose de monstrueux ? Je vous conseille de vous adresser à un psy.


      • JL JL 5 avril 2014 19:13

        Les lecteurs avisés savent bien à qui profitent ces crimes écologiques.


      • zygzornifle zygzornifle 5 avril 2014 18:49

        « que je songe à la lettre volée d’Edagar Allan Poe »...... Il était catalytique Edgar ?


        • Akerios 6 avril 2014 13:59

          C’est le choix de la finance le gaz de Schiste.
          La finance a imposé ce choix aux USA et maintenant a son vassal l’UE .
          L’UE c’est le socle économique de l’OTAN.
          Nous sommes en guerre contre la Fédération de Russie. En guerre économique et politique. La guerre froide avant celle .....radieuse.
          Le gaz de Schiste est imposé aussi par les USA. qui veulent nous le vendre et interdire dans tous les cas l’achat de gaz Russe . ( interdire donc le commerce avec la Fédération de Russie )
          Pour en revenir au sujet la fraction pour obtenir le gaz de schiste c’est une technologie hyper polluante et destructrice des sols. Elle imposée par qui ? Nous le savons.......Ceux qui nous dirigent et imposent aussi le nucléaire et les OGM quelque soient les avis des citoyens.
          Pour moi c’est le libéralisme qui décide et au sommet de la hiérarchie toujours l’argent soit la finance et cela redescend l’échelle pour être imposé aux laborieux.
          Bah oui c’est leur nom !


          • Scual 7 avril 2014 08:31

            Nous sommes en ploutocratie et certainement pas en technocratie.

            C’est pas parce qu’on veut nous faire croire que ce sont des experts, de la science, qu’il n’y a pas d’autre alternative et autre compte pour enfants qu’on est obligé de les croire.

            Nous sommes dans une dictature des 0,1% les plus riches sur les 99,9% les plus pauvres. Et pour qu’on accepte leurs horreurs, ils ont acheté tout les médias, et seuls LEURS experts ont le droit d’y être invité. Les Hommes politiques sont soit corrompus, soit ils leur doivent tout puisque sans les médias ils ne seraient pas élus, ou réélu.

            Mais des vrais experts, il y en a et ils disent généralement tout autre chose. Ils ne sont jamais écoutés et encore moins invités et ils ne sont certainement pas au pouvoir.

            Nous faire croire qu’on est en technocratie c’est exactement ce qu’ils veulent. Qu’on croit que c’est neutre comme système. Que c’est normal. Que c’est techniquement ce qu’il y a de mieux à faire ou la seule chose à faire. Bref ils veulent qu’on ne se rende surtout pas compte que ce qu’ils font n’a pas d’autre finalité que de nous piquer notre pognon pour le donner aux riches. Que c’est pas « neutre » ou « technique » mais une agression délibérée et contraire aux intérêts de la France de la part d’une classe de traitres qui nous a déclaré la guerre à nous et au pays tout entier pour leurs intérêts personnels et au détriment de tout les autres.


            • JL JL 7 avril 2014 09:02

              Bonjour Scual,

              comme vous avez pu le remarquer, je ne dis pas autre chose ci-dessus.

              «  Il y a trois pouvoirs de prise de parole : politique, scientifique, médiatique » (Henri Atlan) 

              Selon Humpty Dumpty alias Lewis Carol, le problème est de savoir qui commande : celui qui commande, c’est celui qui paie. Les médias mainstream, les banques, les multinationales (*) n’appartiennent pas aux travailleurs mais à la classe des riches, de la même façon que sous l’Ancien régime, la terre n’appartenait pas aux paysans mais aux nobles.

              Rien de nouveau sous le soleil ? Il est beaucoup plus difficile aujourd’hui de les déposséder.

              (*) les terres dans certaines contrées, et même chez nous bientôt avec le droit minier canadien que les compagnies de forages nous imposeront bientôt.


              • JL JL 7 avril 2014 09:06

                ’’Engagées en 2008, les discussions sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont abouti le 18 octobre. Un bon présage pour le gouvernement américain, qui espère conclure un partenariat de ce type avec le Vieux Continent.

                Négocié en secret, ce projet ardemment soutenu par les multinationales leur permettra d’attaquer en justice tout État qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.

                 Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les gouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits  ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir  ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice  ?

                Si invraisemblable qu’il paraisse, ce scénario ne date pas d’hier. Il figurait déjà en toutes lettres dans le projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf États membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Divulguée in extremis, notamment par Le Monde diplomatique, la copie souleva une vague de protestations sans précédent, contraignant ses promoteurs à la remiser. Quinze ans plus tard, la voilà qui fait son grand retour sous un nouvel habillage.

                ps. J’ajoute que, ce traité déjà signé avec le Canada est la porte ouverte aux pétroliers qui y sont presque tous siège-socialisés pour exploiter nos gaz de schistes, autrement dit, pour éventrer notre pays et pourrir nos nappes phréatiques. Après, ils nous vendront l’eau potable plus cher que le pétrole.


              • JL JL 7 avril 2014 09:08

                L’industrie minière reine du Canada

                ’’La frénésie extractive qui conduit à fouiller le sous-sol canadien pour en tirer hydrocarbures, charbon et métaux défraie régulièrement la chronique, comme en juillet dernier, après l’explosion à Lac-Mégantic d’un train gorgé de pétrole. Mais Toronto s’est également spécialisé dans une facette moins connue de cette activité : la cotation boursière des géants miniers mondiaux, à l’abri d’un paradis fiscal et judiciaire. LMD, par Alain Deneault et William Sacher :

                « 75 % des sociétés minières mondiales (diamants, or, cuivre, cobalt, uranium...) choisissent ce pays comme lieu d’enregistrement, et 60 % de celles qui émettent des actions en Bourse s’inscrivent au Toronto Stock Exchange (TSX) et de nombreuses sociétés inscrites à Toronto ne possèdent aucune concession dans le pays.Une très large majorité des mille six cents sociétés minières de Toronto sont des juniors, autrement dit des sociétés qui se consacrent exclusivement à l’exploration et à l’identification de nouveaux gisements. Souvent de petite taille, elles ne possèdent pas les ressources financières, techniques, humaines et politiques nécessaires pour exploiter des mines industrielles. Elles tirent donc leurs profits de la spéculation boursière autour de leurs gisements présumés. (en attendant le TAFTA) Au Sud, les juniors ont bénéficié des réformes impulsées par la Banque mondiale dans les années 1980 et 1990, qui ont instauré le système du libre-service minier (ou free mining), garantissant aux entreprises un accès illimité aux sous-sols. Lorsque, après un dur labeur de prospection, ou plus souvent grâce à l’achat d’informations auprès d’acteurs locaux, une junior découvre un gisement rentable, elle finit le plus souvent par se vendre à une major, une société d’exploitation, lui cédant ainsi un projet « prêt à développer » au terme d’une juteuse opération boursière. Cette pratique est mondialement intégrée, au point que des entreprises d’État chinoises, au même titre que les majors occidentales, achètent aujourd’hui des juniors torontoises en Amérique latine et en Afrique. »

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B.D.


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