Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > « Big bang social » et cocottes minutes

« Big bang social » et cocottes minutes

Novelli veut un "big bang" social. Voici donc le « volet social » que nous laisse deviner en janvier 2011 l’un des préparateurs du projet présidentiel de 2012 au sein de l’UMP. Le salariat vendu à la découpe.

Avec lui, le « Conseil des Clubs et des Think tanks  » phosphore et met les gaz.

Schématisons : les libéraux poussent leur logique jusqu'au bout, qui se résume à casser la loi pour la remplacer par des contrats, passés au plus près du faible, avec lui et contre lui. Retour au contrat unique. Terminée la sécurité sociale qui remboursait les médicaments, solidarisait bien portant et malade, détruite la médecine du travail irremplaçable et décisive comme médecine de prévention.

La durée légale du temps de travail ? Il faut la « faire sauter ».
« Occident vaincra et la durée légale du travail sera supprimée » disait ce twit. Novelli, promu tête de pont entre UMP et FN, a gardé de sa turbulente jeunesse des vapeurs romantiques de big bang nationaux. Nul ne doute qu’au printemps prochain, des citoyens sous pression pourraient lui donner le spectacle qu’il attend. Ayant alimenté la « boîte à outil » d’un éconduit, il s’en retournerait dans sa bonne ville de Richelieu et au marché aux truffes de Marigny-Marmande. La queue du mickey en guise de queue de comète.
 
Aujourd'hui, alors que se dessine un nouveau monde économique, les libéraux sont déjà en tenue de combat. Longtemps honteux, contenus et dissimulés, aujourd'hui, ils n'ont plus peur de rien. Moines défroqués d'un système venu d'Amérique où les riches se sont enrichis, paupérisation et misère accentuées, ils jouent à la roulette russe les présidentielles de 2012. Comme une guerre froide appelée à s'envenimer, tant les cocottes minutes au feu sont en surchauffe. Ils le savent. Ils ont choisi le profit immédiat, et donc la guerre. Chaud devant.
Novelli veut « une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, par exemple les seuils sociaux. ». Il nous fait le coup du « salarié jetable » à l'américaine.
Il veut un salarié gentil et mobile, « interchangeable, quelle que soit sa qualification, son expérience, sa ténacité. ». Par le hublot de sa machine à faire des big-bang et voir nos vies de haut, il nous parle d’apocalypse.
A l'heure ou le chômage explose (+1% en décembre 2010 par rapport à novembre), que la croissance économique est réelle, la Bourse achète le futur et nous le revend en bande dessinée. Sur la première page, la statue du commandeur, son candidat pour 2012, avec, sur le phylactère du dieu en majesté, des paroles magiques et raisonnables : « il n’y a pas d’autre issue ».
Novelli est de ses courtiers. Il nous met en scène une perspective de vie salariale sans avenir, une entreprise qui, ne faisant pas son affaire de la prise en charge des chômeurs et de la formation - laissés aux bons soins des contribuables -, renforce l'individualisation. Dans le nouvel ordre économique qui se crée, la productivité s'installe en tête de gondole et laisse définitivement l'homme au second rang.
Rassurons Hervé Novelli : on ne voit pas non plus comment, à part par un big bang social, pourraient s'inverse la vapeur qui continue de rester dans les cocottes minutes.
 
++
photo de titre : "les marmites enragées" de Pilar Albarracin.
 
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.8/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • FRIDA FRIDA 27 janvier 2011 12:17

    Lors de sa conférece du 24 janvier sur le G20, Sarkozy a parlé de la mise en place d’un socle sociale universel. J’en comprends que la France est prête à remettre en cause son model social de manière définitive et sans détours cette foic-ci.
    On a vu le résultat d’une Europe avec son modele de la concurrence libre et non faussée. ce n’est visiblement qu’une entrée. Le plat principal suit, et il sera copieux.


    • Robert GIL ROBERT GIL 27 janvier 2011 15:04

      Devant l’apathie de nos concitoyens, les patrons pourraient proposer de revenir à 10 H par jour, 2 semaines de congés par an et diminuer les salaires de 30% ; ils n’auraient qu’à dire qu’avec la mondialisation on ne peut pas faire autrement : « la conjoncture économique nous oblige à prendre des mesures radicales » ! Ils pourraient aussi repousser l’âge de la retraite à 75 ans, supprimer la sécurité sociale, et nous obliger à faire 8 jours de travail de solidarité !voir ci-dessous

      http://2ccr.unblog.fr/2010/11/02/les-patrons-sont-sympas/


      • epapel epapel 27 janvier 2011 15:34

        Il est clair qu’avec le traité de Lisbonne et les directives de la commission européenne, il n’est pas possible de faire autrement.

        Mais bon, je me souviens qu’une majorité de politiciens a applaudi Sarkozy quand il a fait ratifier le traité de Lisbonne par le parlement et qu’une large majorité d’électeurs a voté pour Sarkozy et ceux qui ont ratifié ce traité.

        Et je parie qu’une large majorité d’électeurs votera pour ceux qui n’ont pas l’intention de revenir sur cet état de chose.


      • Yvance77 27 janvier 2011 15:58

        Merci Monsieur Novelli !

        Nous l’explosion de la « cocotte sociale » ca fait longtemps qu’on l’a eu et même au fil des ans qui passent, nous avons eu à gouter ses répliques de plus en plsu anxiogènes et criminelles.

        Nous concernant, la cours est pleine, alors concentrez vous sur les moins nécessiteux pour changer.


          • Redj Redj 27 janvier 2011 20:09

            Qu’ils continuent comme ça, la coupe est presque pleine !! Encore un petit peu, elle va déborder, et là , c’est peut-être un big bang qu’ils vont avoir, mais dans leurs tronches !!



            • drlapiano 28 janvier 2011 11:41

              Il n’est pas vrai que les libéraux ne « poussent leurs logique jusqu’au bout » ... ils ont TOUJOURS proposés cela !

              Ce qui est extraordinaire en fait c’est qu’on ait décrit l’UMP et Sarkozy comme libéraux eux qui ne sont que des socio-étatistes !

              Les libéraux ont quand à eux sans s’en caché toujours prôné le désengagement de l’état, et la prévalence des contrats ... rien de vraiment nouveau.

              Relisez LvM par exemple http://herve.dequengo.free.fr/Mises/AH/AH38.htm
              C’est radical ... mais exposé paisiblement et sans haine ... si le peuple conseillé par les « grands instituteurs » qui avant tout « veulent son bien » choisissent une autre voie ... tant pis ... ils finiront devant l’absurdité par changer d’avis.

              En démocratie ... ou est le problème ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès