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Accueil du site > Actualités > Politique > Bon anniversaire, Monsieur le Président !

Bon anniversaire, Monsieur le Président !

Le 2 février, on fêtait le 80e anniversaire de Valéry Giscard d’Estaing. Vingt-cinq ans après son départ de l’Elysée, Raymond Barre publie un livre de souvenirs concernant son passage à Matignon. Voici l’occasion de revenir sur la présidence de Giscard et de s’interroger sur son héritage politique.

C’est une époque lointaine, qui paraîtrait irréelle aux moins de... quarante ans ? La France n’était plus cette grande puissance, lumière du monde libre, vigie de la libre pensée, de la laïcité et de la République. Depuis mai 1968, la crise pétrolière, les difficultés économiques grandissantes, le pays semblait entrer dans une phase de déclin. Mais pourtant, homme hors du temps, héritier étrange d’un Flaubert qui aurait choisi l’Ena plutôt que la littérature, Giscard croyait en son destin. Comment se percevait-il  ? Quel était le fond de sa pensée ?

Ce jeune technocrate de quarante-huit ans était entré en politique en 1956, en même temps qu’un certain Jean-Marie Le Pen, à qui il disputait le titre du plus jeune député de France. Il a toujours été le plus jeune, partout. Double bac à quinze ans, la Croix de guerre à dix-huit ans, l’école Polytechnique à vingt-deux ans, l’Ena à vingt-cinq ans, l’Inspection des Finances à vingt-six ans... Dans cette IVe République moribonde, qui ignorait encore que le général de Gaulle allait venir la secouer une dernière fois, la carrière politique semblait bien grise et empesée. Mais Giscard avait confiance en son destin. Avait-il ressenti le changement en cours, qui allait propulser John Kennedy, Nikita Khroutchev, Fidel Castro et bien d’autres sur les devants de la scène ? C’est le moment de l’irruption de la télévision, de la conquête spatiale, des télécommunications, de la société de consommation, du rock and roll, de l’insurrection hongroise...

La France était encore une puissance coloniale, mais pour bien peu de temps.

Que faisait-il alors, en plein tournant historique ? Jouait-il de l’accordéon, le soir au coin du feu, pour endormir ses jeunes enfants ? Travaillait-il à un projet de roman ? Il semble être resté étranger aux tendances du moment. Fils de bonne famille, traditionaliste, il s’est fait élire dans la circonscription où son arrière-grand-père fut conseiller général, puis sénateur, pendant vingt-huit ans, à la fin du XIXe siècle. A l’Assemblée nationale, il a remplacé son grand-père, élu sénateur depuis 1938 et député depuis 1945. Autant dire qu’il n’apportait pas un souffle révolutionnaire dans son camp. Il faisait partie de cette bonne société bourgeoise, privilégiée et loin des préoccupations modernes.

De même, sa carrière ministérielle a été marquée par un conformisme sans faille. Fidèle élève d’Antoine Pinay, il a manié la planche à billets en tant que ministre des Finances à plusieurs reprises, totalisant neuf années à ce poste. Et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé candidat à la présidentielle à la suite de la mort de Georges Pompidou, en avril 1974.

Soudain, cet homme gris, déjà très dégarni, a voulu incarner la modernité et le changement. Il a créé le poste de secrétariat d’Etat à la condition féminine, confié à Françoise Giroud, il a fait éclater l’ORTF, divisée en TF1, Antenne 2 et France 3 pour la télévision, Simone Veil a fait voter la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, il a accéléré le programme nucléaire, il a organisé la Sécurité sociale, étendue à l’ensemble des travailleurs, il a reçu les éboueurs à l’Elysée, s’est invité à dîner chez des Français ordinaires...

Que reste-t-il de tout cela, vingt-cinq ans après son départ de l’Elysée ?

Des images vieillies du "Petit rapporteur", le règne de Guy Lux et des Carpentier, l’arrivée des Mac Donald en France, le son du groupe Téléphone, le TGV, le "mariage" de Coluche et Thierry Le Luron, la coiffure de Mireille Mathieu, qui n’a toujours pas changé...

 

La carrière politique de Giscard est restée marquée par cet échec. Malgré le livre récent de Raymond Barre, qui retrace cette époque vue de l’intérieur, il ne reste aucune trace tangible de son passage. Bien qu’il ait tenté de créer un nouveau centre, en proclamant notamment qu’il fallait répondre aux questions et aux besoins de "deux Français sur trois", il n’est jamais revenu sur le devant de la scène. Le dernier échec de cet Européen convaincu aura été le refus du projet de traité constitutionnel européen, l’an dernier.

Son dernier héritier, François Bayrou, parviendra-t-il enfin au pouvoir pour réconcilier droite et gauche, engager une politique de refondation républicaine ? Les sondages lui font crédit d’une certaine hausse de popularité, toujours très loin derrière Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. S’il réussissait, ce serait sans doute le plus beau cadeau d’anniversaire pour le seul ex-président actuel.


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53 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 2 février 2007 11:15

    Bonjour,

    Ah que oui, souvenirs... les jeunes avec le T-shirt Giscard à la barre (lapsus, Giscard et Raymond Barre ?)

    Alors que le PS-PC et le parti gaulliste étaient à leur plus haut niveau, l’élection de Giscard a toujours représenté une énigme pour moi. La seule explication, c’est qu’une société aux aspirations politique libérales, dans le sillage de mai 68 et des aspirations de la jeunesse, a servi de terreau pour mettre en avant cet homme qui ressemblait à son époque


    • LE CHAT LE CHAT 2 février 2007 11:17

      Je me souviens de Giscard avec son accordéon , Giscard invitant les éboueurs à déguster ses oeufs brouillés , c’était très innovant pour l’époque ! smiley


      • Bill Bill 2 février 2007 11:26

        Il faut absolument avoir vu sur Giscard, le documentaire de Raymond Depardon « Une partie de campagne », qui a suivi Giscard durant sa campagne présidentielle, étonnant, on y voit un Giscard un peu flegmatique...

        Bill


        • werbrowsky werbrowsky 3 février 2007 11:40

          Tout à fait d’accord avec Bill. Le plus étonnant, c’est Giscard tout seul dans son bureau, rue de Rivoli, en train d’attendre les résultats... Drôle de personnage, froid et solitaire.


        • dégueuloir (---.---.160.113) 3 février 2007 21:26

          il était collectionneur de diamants ,je crois ???.....lol smiley


        • Gasty (à LILLE) (---.---.225.208) 2 février 2007 11:30

          Par contre les radios libre on eu du mal a s’imposer.

          Pour ne pas faire de l’ombre à RADIO BLEU SANS DOUTE.


          • LE CHAT LE CHAT 2 février 2007 11:34

            @gasty

            tiens, tu es à Lille aujourd’hui ? t’as vu l’heure qu’il est ? je croyais que tu étais des potrons minets smiley


          • Gasty Gasty 2 février 2007 20:43

            Salut « LE CHAT »

            J’essaierai d’etre là demain à l’aube.

            Gasty ( de retour chez lui )


          • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 2 février 2007 11:31

            J’était trop jeune quand VGE était président pour me souvenir de lui, mais avec le temps, on peut lui reprocher beaucoup de chose, mais c’est sûrement le président qui à fait le plus changer la France pendant sa présidence.

            Dommage qu’il est suivit « une mauvaise voie » après 81, car il aurait put laisser un meilleur souvenir dans l’esprit des français.


            • (---.---.38.189) 2 février 2007 11:36

              Giscard a été celui qui le premier a fait rentrer la démagogie au pouvoir depuis l’après guerre.

              Immigration incontrolée, insécurité, montée du chomage, scandales politico financiers, trouvent leurs origines dans sa période de gouvernement.

              Il a fait le lit du gouvernement suivant qui a précipité la France dans la médiocrité.

              Pendant cette période il y a eu certes deux « chocs » pétroliers à qui l’on attribue commodément les causes de notre déclin...En oubliant la responsabilité de l’équipe mise au pouvoir pour précisément gérer les aléas et les maîtriser.


              • Bill Bill 2 février 2007 11:48

                Plutot d’accord avec ce commentaire, c’est un peu le commencement de notre « système » actuelle, je crois même savoir que Chirac a fait partie de ce gouvernement...

                Bill


              • Breizhmaine (---.---.97.72) 2 février 2007 11:54

                Giscard représente pour moi, qui ai connu enfant son mandat, la dernière période où j’ai vu mes parents vraiment bien, malgré les problèmes économiques naissants. Rappelons que Raymond Barre a été le dernier à présenter un budget équilibré pour la France, c’est quand même pas rien !!! Cette période reste certainement un de mes meilleurs souvenirs d’enfance (j’avais 9 ans quand Mitterrand est arrivé au pv)... François Bayrou avec ses propositions équilibrées pourrait recréer ce miracle s’il arrivait au pouvoir face aux démagos Ségo/Sarko !

                JF


                • (---.---.38.189) 2 février 2007 12:12

                  Difficile de juger d’une politique quand on suce encore son pouce.

                  Giscard a définitivement imprimé sa marque à l’UDF. Un parti tiède, ni à droite ni à gauche, sans conviction forte, en quelque sorte un navire sans gouvernail qui se laisserait porter par les vents dominants et sombrerait à la premiere tempète.


                • werbrowsky werbrowsky 3 février 2007 11:51

                  J’étais sans doute un peu plus âgé que vous dans ces années là, mais, surtout, je militais déjà très activement dans les mouvements lycéens ! Ceci a sans doute modifié ma vision des choses. Toutefois, il est intéressant de replacer Giscard dans son contexte historique.

                  L’histoire est souvent marquée par l’arrivée simultanée au pouvoir de personnalités similaires. Par exemple, en 1933-36, du côté « dictatures » : Staline, Hitler, Mussolini, Franco... du côté « démocraties » : Churchill, Roosevelt, Blum... Dans les années 60, un tas de nouveaux dirigeants sont apparus, ainsi que je les cite dans l’article. Giscard, lui, fait partie des « intermédiaires », comme Gérald Ford ou Jimmy Carter aux USA, comme Brejnev en Russie, Edward Heath en Angleterre, Helmut Schmidt en Allemagne... Alors que les années 80 ont vu émerger des personnalités très fortes, comme Margaret Thatcher, François Mitterrand, Helmut Kohl, Ronald Reagan, Felipe Gonzalez, Lech Walesa, Jean-Paul II... Le contexte historique offre des possibilités à certains et il en refuse à d’autres.

                  Quel est le contexte historique de notre époque et qui sont les dirigeants emblêmatiques autour de nous ? En observant bien, on peut tenter d’en extraire quelques réflexions intéressantes. A vous de jeter un oeil sur les profils des candides candidats à la magistrature suprême...


                • www.jean-brice.fr (---.---.108.221) 4 février 2007 09:20

                  BIEN DIT. GISCARD a été une catastrophe pour la FRANCE : on en voit les RESULTATS tous les jours !


                • www.jean-brice.fr (---.---.108.221) 4 février 2007 09:33

                  Mais ce qu’il y a de plus grave, c’est qu’il a confisqué la parole des Français par sa loi, votée en catamini, le 18/6/76 et a redonné aux PARTIS, le MONOPOLE du choix des candidats : IL A RESTAURE LE REGIME DES PARTIS ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr SON BUT ETAIT DE DISSOUDRE LA NATION FRANCAISE DANS UNE ENTITE APPELEE EUROPE !!!


                • ol (---.---.103.155) 2 février 2007 12:45

                  J’étais très jeune lors de son septennat. Mais après une petite étude de son action de président, il en ressort 3-4 choses :
                  - Nous avons eu affaire à deux chocs pétroliers et son travail avec Raymond Barre a permis de maintenir les finances du pays dans le vert. On ne peut pas en dire autant des gouvernements qui ont suivi. Effectivement, c’est Raymond Barre qui a présenté le dernier budget équilibré.
                  - Le TGV, la mise en place d’une coopération européenne autour du projet Ariane, avec la France en position centrale, la modernisation des réseaux de télécomunications, c’était sous son impulsion.
                  - L’IVG
                  - Quoi qu’en disent certains commentaires précédents, il était tout sauf démagogue et magouilleur. Il faudrait plutôt aller voir du côté du RPR pour ça.
                  - Bref, c’était pas le président super charismatique, qui a fait des coups d’éclat et qui a mis en place des mesures populaires (populistes ?), mais peut-être est cela qui fait un bon président après tout.


                  • werbrowsky werbrowsky 3 février 2007 12:00

                    Malgré tout, il faut se méfier de l’histoire officielle. Le septennat de Giscard est aussi marqué par quelques morts « politiques » suspectes (comme l’affaire Boulin, par exemple), d’autre part, les médias et la police étaient bien plus verrouillés qu’aujourd’hui. On oublie que les radios libres existaient à peine, que les journaux satyriques étaient souvent interdits et que la France était toujours une demi-démocratie sur un certain nombre de sujets.

                    Je vous renvoie également à la biographie de Mitterrand écrite par Franz-Olivier Giesbert, qui cite une anecdote impliquant Giscard dans un attentat pro-OAS pendant la guerre d’Algérie. Inquiétant et jamais démenti à ma connaissance. Le livre doit toujours se trouver en poche, collection Points du Seuil.


                  • ol (---.---.103.155) 4 février 2007 21:11

                    Quel que soit le président ou l’homme politique dans l’exercice de fonctions importantes, on trouvera toujours quelques affaires de ce genre. Ce n’est pas du aux hommes, mais au contexte forcément trouble de l’exercice de leurs fonctions diplomatiques. Miterrand n’a rien à envier à Giscard sur ce sujet. En revanche, certains oeuvrent pour le bien commun, d’autres pas, certains font preuve de cynisme et de démagogie à des fins électoralistes, d’autres pas. Sur ces points, j’ai la plus haute estime de VGE, et le plus profond mépris pour Miterrand et Chirac.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 février 2007 21:18

                    VGE n’était pas un mauvais président, au contraire, mais il avait commis la faute majeure d’accepter le bénéfice de la trahison de Chirac au détriment de Chaban en 1974, trahison que Chirac a renouvelé en 1981, cette fois au profit de Mitterrand.

                    Pour les électeurs, cela ne doit pas être bien grave, puisque Chirac a été élu en 1995 et en 2002, et qu’il le sera peut-être encore en 2007.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 février 2007 21:24

                    Précisément, après la faute mineure d’avoir accepté la trahison de Chirac, il y a eu la faute majeure de tenir la promesse faite à Chirac d’un poste de premier ministre.

                    Ce genre de promesse n’a jamais à être tenu. Machiavel l’avait sans doute dit. Puisse Ségolène en prendre de la graine.


                  • (---.---.38.189) 2 février 2007 13:17

                    Giscard est l’inventeur du paradoxe liberalo communiste.

                    Les mélanges contre nature, tel celui qui fait coexister des mécanismes d’inspiration communiste avec des politiques libérales, n’ont jamais rien donné de bon.

                    Il faut opter ou pour le socialo communisme ou pour le libéralisme, mais ne pas essayer de tirer sur les deux tableaux comme l’a innové l’UDF dans les années 1970 et l’ont confirmé les gouvernements suivants jusqu’à aujourd’hui.

                    Ce n’est pas en voulant essayer de faire plaisir à tout le monde que l’on gouverne. Car le résultat est l’échec entrainant un mécontentement généralisé.


                    • jacob delafon (---.---.12.155) 2 février 2007 14:00

                      Hi ! Oui, Giscard est le premier président moderne.C’est une « grosse tête ».Il a impressionné la vie politique d’une façon définitive.Le seul ex président vivant.IL a toujours une « vision » de la politique,avec son équipe il a fait la constitution européenne,et si la france a rejeté ce texte, c’est qu’il était mal présenté par l’équipe de Chirac, le traitre qui a appelé a voter Miteux en 81. Quel blaireau d’entre vous se sent capable, à 80 ans de réaliser un tel travail ? Il faut dire : « Monsieur le Président Giscard d’Estaing s’il vous plait... » A.L.


                      • Jojo2 (---.---.158.64) 2 février 2007 14:01

                        « Et, dans ches temps diffichiles où le mal rôde et frappe dans le monde, je chouhaite que la Profidenche feille sur la Franche, pour chon bonheur, pour chon bien et pour cha grandeur. Au refoir »


                        • (---.---.93.76) 2 février 2007 14:07

                          La sinistre mornitude de l’extrême centre continue à s’autoproclamer Juge arbitre.

                          Vous n’encenserez jamais que des Bokassa, ils sont à votre image


                          • Voltaire Voltaire 2 février 2007 14:13

                            Curieux paradoxe en effet que l’action et la personalité de Valéry Giscard d’Estaing.

                            Sur sa personalité, nul doute que sa carrière entièrement faite au sein de l’apareil d’Etat et son origine sociale furent à la fois artisants de son succès d’abord, puis de sa chute. Intelligent, brillant même (Alain Juppé lui ressemble à bien des égards), il a su ainsi se couler dans le moule du pouvoir, y briller, et saisir sa chance à la fin de l’ère Pompidolienne qui exigeait un discours neuf.

                            Son septénat est en effet riche en succès. Il a, malgré deux chocs pétroliers, l’opposition du RPR et les lourdeurs de l’appareil français, su moderniser considérablement la France, aussi bien économiquement que socialement, et ce grâce à un remarquable premier ministre (Raymond Barre). Et il fut sur la scène internationale un remarquable président, qui maintint l’influence de la France au plus haut niveau, en réussissant le passage à l’Europe.

                            Mais ce talent intellectuel et son absence de racines populaires lui furent aussi fatales. Car, égratignés par des affaires plus ou moins sérieuses, il ne sut pas comment s’attacher la confiance des français, faute de savoir les comprendre. Et Raymond Barre, remarquable technicien, ne pouvait lui apporter cette expérience et cette vision nécessaire pour battre de nouveau François Mitterrand, qui avait compris, lui, la demande de nouveauté et de proximité des Français.

                            L’erreur de Giscard d’Estaing, après son combat perdu en 1981, fut d’imaginer qu’il pouvait revenir dans la course. Son destin eut été différent s’il avait compris que son rôle était devenu d’agir à l’échelon Européen ou internationnal, dimensions qu’il maitrisait parfaitement.

                            La politique française ne sait pas recaser ses grands hommes (ou femmes) politiques, et ils se croient toujours obligés de revenir sur la scène intérieure. Giscard d’Estaing, Fabius, Juppé.. autant de talents gâchés par cette incapacité, et le peu de place accordé par notre société aux personnes qui se dévouent à l’internationnal.

                            François Bayrou héritier ? peut-être concernant certaines idées, mais une opposition totale sur les personalités : François Bayrou est aussi éloigné de l’aristocrate (par son comportement sinon par son origine) Giscard d’Estaing qu’il est en réalité proche de François Mitterrand par son attachement viscéral à la France profonde, et sa culture littéraire. S’il n’a pas la prestance de l’un, il a la volonté de l’autre, et la vision européenne des deux. Curieux mélange donc. Mais gageons qu’à 55 ans, il n’a pas encore dit son dernier mot.


                            • Jojo2 (---.---.158.64) 2 février 2007 15:19

                              Oui, il a été impeccable avec Ranucci, les avions renifleurs et Bokassa. Et depuis, quelle stature.


                            • Voltaire Voltaire 2 février 2007 15:59

                              @jojo2

                              Quelle présidence n’a pas été marquée par des erreurs ou scandales ?

                              Par rapport aux affaires des écoutes de Mitterrand, ou des accusations contre Chirac à propos de l’utilisation des fonds publics ou l’affaire Clearstream, les affaires sous Giscard font assez pâles figures.


                            • Rocla (---.---.7.29) 4 février 2007 21:22

                              @ Voltaire ,

                              Ranucci lui aussi fait pâle figure depuis , non ?

                              Rocla


                            • oncle archibald (---.---.86.38) 2 février 2007 14:23

                              Vouloir rassembler deux Français sur trois me paraît une aspiration autrement plus constructive que souhaiter être élu avec 51% des voix après avoir fait une campagne misérable qui fasse croire que les 49% représentant le reste de l’électorat sont des mauvais voire des nuisibles.

                              Voir un gouvernement qui proposerait de dépenser ce que l’on a gagné au lieu de creuser encore et encore le déficit par pure démagogie et « récompense » aux électeurs qui ont bien voté, ce serait aussi pour moi une aspiration constructive. Alors si François BAYROU aspire vraiment à faire partager le pragmatisme de Valery Giscard d’Estaing et de Raymond Barre à une majorité de Français, moi dans ces conditions je vais rêver qu’il soit élu !

                              Assez d’idéologues et de démagogues qui seront bien incapables de mettre leurs promesses en pratique sans pénaliser l’autre moitié de la population. Choisissons nous des gestionnaires ! Ni Georges Pompidou, ni Valery Giscard d’Estaing ni Raymond Barre n’ont eu à rougir de ce qu’ils ont fait et qui a servi non pas uniquement leur « clientèle » mais une large majorité de Français.


                              • werbrowsky werbrowsky 3 février 2007 12:08

                                Nous sommes bien d’accord que le consensus proposé par Giscard était une bonne idée, mais la culture politique française, surtout depuis le début de la Vème République, est entièrement marquée par la bipolarisation. Ceci implique l’invective, l’opposition droite-gauche, jusqu’à l’absurde. La plupart des autres pays européens, dotés de systèmes proportionnels, sont obligés de gouverner au centre, par une culture de compromis.

                                Aujourd’hui, peut-être que Bayrou sera capable d’abattre cette barrière en faisant travailler des gens comme Strauss-Kahn ou Martine Aubry avec des Jean-Louis Borloo ou des Robien. L’avenir (très proche) nous le dira.


                              • Thucydide (---.---.101.8) 2 février 2007 14:37

                                Excellent commentaire, Voltaire. Giscard a été le dernier président digne de ce nom que nous ayons eu, et ce qui a causé sa chute, c’est l’image d’aristocratie un peu hautaine qu’il véhiculait (et dont il est un peu responsable, trop conscient qu’il était de sa valeur), alors même qu’il s’était montré très habile dans sa façon d’être progressiste tout en étant conservateur, c’est-à-dire bon gestionnaire.

                                Ce qui l’a le plus perdu, c’est que ce n’était pas (ou peu) un homme d’appareil politique, même si c’est lui qui a fondé l’UDF sur la nébuleuse des divers partis de centre droit. L’appareil du RPR et le Ganelon Chirac qui était à sa tête ont réussi à avoir sa peau, alors qu’il restait favori des sondages encore quelques mois avant la présidentielles, au point que certains chansonniers en riaient en l’imaginant président à vie, tant il incarnait bien la fonction. On peut lui reprocher beaucoup de choses, mais pas d’avoir eu le clientélisme des autres, et sûrement pas de ne pas avoir su être à la hauteur de sa fonction, contrairement au truqueur puis au gaffeur qui ont suivi.

                                J’ajoute qu’aussi bien par son incapacité à flatter l’électorat dans le sens du poil que par son esprit de technocrate brillant massacré par le système politique, Juppé est effectivement son parfait héritier, comme le souligne Voltaire, mais je n’en dirais pas autant de Fabius, qui est un cran en dessous et qui s’est discrédité en mangeant à tous les râteliers.


                                • (---.---.102.40) 2 février 2007 15:21

                                  N’étant pas suffisamment« expert »,pour porter un jugement correct,Je me bornerais à souligner que ces commentaires montrent le souvenir que le Président Valéry Giscard d’Estaing a laissé dans le coeur des internautes


                                  • werbrowsky werbrowsky 3 février 2007 12:09

                                    Merci de remarquer mes petites pointes d’humour. Il est vrai que, malheureusement, Danielle Gilbert a trahi son mentor en choisissant la coupe « garçonne ».


                                  • Romain Baudry 2 février 2007 16:00

                                    Même si cela n’a sûrement pas marqué les foules, il faut également mettre au crédit de Giscard d’avoir ouvert le recours au Conseil Constitutionnel à l’opposition. Jusque-là, seuls les Présidents de la République, de l’Assemblée et du Sénat pouvait lui demander de contrôler une loi... ce qui n’arrivait bien sûr pas souvent, puisqu’ils faisaient tous parti de la majorité. Giscard a élargi ce droit de saisine à 60 députés ou 60 sénateurs. Ca n’a pas révolutionné la France, mais ça a amélioré le système législatif.


                                    • La Taverne des Poètes 2 février 2007 20:27

                                      Gouverner au centre était la préoccupation avant l’heure de Giscard d’Estaing. C’était un visionnaire. Le temps est venu aujourd’hui de tenir le gouvernail que des voyous de droite et de gauche tirent à hue et à dia à faire chavirer le navire. Le temps est venu de tenir le cap droit devant avec un bon équipage, réconcilié et uni car ne sommes-nous pas tous sur le même bateau ?


                                      • Albert (---.---.102.40) 3 février 2007 09:17

                                        Souhaitons,tous,àce bateau,de naviguer « tribord amure »

                                        Pour le bonheur de tous ! (Plus facile à dire qu’a faire)


                                      • www.jean-brice.fr (---.---.139.89) 2 février 2007 21:45

                                        Valery est le fils d’Edmond et le neveu de René GISCARD D’ESTAING faisant partie du Conseil National de Vichy : comment voulez vous qu’il puisse faire une politique gaulliste ? Depuis son mandat, nous avons eu la crise dont sa responsabilité est énorme, puisqu’il a abandonné la politique de résistance à l’EMPIRE FINANCIER AMERICAIN de DE GAULLE et RUEFF à la JAMAÏQUE en 1976 ! Il faudrait que les Français commencent à ouvrir les yeux ...


                                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 2 février 2007 22:06

                                          À père avare fils prodigue ! C’est pas toujours : Tel père, tel fils !


                                        • www.jean-brice.fr (---.---.139.89) 2 février 2007 21:48

                                          Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr

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