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Buffet, Royal, Voynet, présidentielles de 2007 et verrouillage de la politique française

Après l’élection de Ségolène Royal aux primaires du Parti socialiste le 16 novembre et le discours de Marie-George Buffet du 20 novembre au Conseil national du Parti communiste, il semble bien qu’un tournant s’opère avec le retour en force, au sein de la « gauche », de la continuité d’inspiration mitterrando-jospinienne. Ces derniers jours ont été particulièrement mouvementés pour les courants que l’on répertorie comme « antilibéraux », « altermondistes », « gauche de la gauche »... et qui se trouvent confrontés à un véritable fait accompli. Au-delà de divergences de façade et de rivalités, un véritable front de la « gauche plurielle » de 1997-2002, incarné par Ségolène Royal, Dominique Voynet et Marie-George Buffet, se profile, avec en prime une possible « ouverture au centre ». Pour le « rassemblement antilibéral », c’est à prendre ou à laisser. Mais peut-être, aussi, la dernière chance de procéder à une réflexion autocritique salutaire.

Malgré les critiques, au fond pas très méchantes, vu le contexte, qu’elle a adressées à Ségolène Royal, Marie-George Buffet l’a tacitement présentée comme une partenaire incontournable. Une alliée objective, à convaincre en dépit des divergences. Car, par le vote du 16 novembre, « les prises de position de Ségolène Royal dans sa campagne, y compris celles qui avaient suscité surprise et réserve au sein même de son parti, sont plébiscitées... », et force est de constater que « le débat a eu lieu. Des arguments ont pu se confronter. Les militantes et les militants socialistes ont fait preuve d’une grande attention dans cette confrontation d’idées... ». Dès lors, « ce qui nous importe... c’est que les élections présidentielle et législatives de 2007 permettent... de battre la droite et de réussir à gauche. C’est qu’elles permettent de construire une nouvelle majorité à gauche et un gouvernement de gauche... ». Telle est, pour le Parti communiste, la première des priorités.

Quant au Parti socialiste, il reste pour Marie-George Buffet un parti éminemment populaire. Pas question d’évoquer le poids des « élites » en son sein, l’appartenance de ses dirigeants à des cercles et à des réseaux où ils rencontrent la coupole des milieux financiers et industriels, la liste des PDG issus de leurs cabinets ministériels, le bilan très contesté du gouvernement de Lionel Jospin dont Marie-George Buffet a été elle-même ministre... Ni de rappeler les propos récents les plus choquants de la candidate « socialiste ». Aucune remarque, non plus, à l’encontre de la candidate des Verts, Dominique Voynet, qui a déjà mis en marche son blog de campagne et recherche des partenaires dans un autre secteur politique. Précisément, le résultat du vote interne du PS s’expliquerait par « la recherche de la garantie la plus sûre pour ne pas revivre le 21 avril 2002 et pour battre la droite en 2007... l’expression de la volonté impérieuse, de plus en plus partagée et qui grandit au sein de notre peuple, de barrer la route du pouvoir au petit Bush français, de ne pas ressentir une nouvelle fois la honte d’un Le Pen au second tour ». Comment s’opposer à cette volonté populaire ?

L’important, pour la secrétaire nationale du PCF, c’est de trouver « une solution pour que la gauche gagne et réussisse » et de « rendre possible le très large rassemblement politique qui peut changer la donne à gauche, battre la droite et ouvrir en 2007 pour notre peuple une nouvelle période de progrès social et démocratique ». On peut même penser que, dans un « très large rassemblement populaire », il doit y avoir la place pour quelques dirigeants de l’UDF...

Le décor est donc planté. On dirait même que, dans une stratégie globale de captation de militants et d’électeurs, les démarches de Marie-George Buffet, Ségolène Royal et Dominique Voynet ressemblent étrangement à un partage de tâches et de rôles en vue d’une opération politique ultérieure. Peu importent les divergences politiques affichées, ou les hypothétiques rivalités personnelles. En l’occurrence, on peut raisonnablement penser à une alliance d’intérêt jugée incontournable par la coupole du PCF.

Des procès d’intention, des phrases extrapolées ? Honnêtement, je ne le crois pas.

Dans un entretien publié par L’Humanité le 23 novembre, la dirigeante du Parti communiste revient à la charge : « Si je disais à l’une ou l’un de ces salariés rencontrés dimanche, si je disais aux familles en attente d’un logement que notre rassemblement n’aspire qu’à témoigner du bien-fondé de nos propositions ou à faire émerger une union de la gauche de la gauche, elles diraient : " Dans quel monde vit-elle ? Ne voit-elle pas l’urgence de battre la droite ? " Notre rassemblement doit clairement viser une majorité populaire pour constituer un gouvernement. Ne mettons donc aucune frontière ! ». Notamment, à « des hommes et des femmes de gauche » [qui] « ne se retrouvent pas dans le terme "antilibéral" ». Le seul objectif sensé est donc de « battre la droite » et de « ne pas laisser les clés de la République à Nicolas Sarkozy ». On ne peut pas être plus clair.

Evidemment, une telle politique d’alliances ne peut pas ne pas générer de laissés-pour-compte. Les silences « au bon moment » en témoignent déjà. L’axe Royal-Buffet-Voynet, qu’on semble bien nous préparer, augure, malgré toute la phraséologie pré-électorale, une « gauche musclée » avec une politique sociale « dure ». De 1997 à 2002, Lionel Jospin n’a guère respecté ses promesses électorales et a sorti de son chapeau de nombreuses mauvaises suprises. Ce sont les mêmes à présent, et il faut s’attendre aux mêmes pratiques. Excluant donc, dans la réalité, un certain nombre de compromis et d’ouvertures. José Bové ne s’y est pas trompé lorsque, le 23 novembre, il a adressé aux collectifs « pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale » une lettre retirant sa proposition de candidature présidentielle. Un communiqué aussitôt qualifié de « signal d’alarme » par des membres de ces collectifs.

Mais pouvait-on sérieusement espérer, par exemple, qu’un milieu politique ayant gouverné en 1997-2002 aide José Bové à accéder à des responsabilités d’une certaine importance ? Ce serait oublier un peu vite que le gouvernement Jospin était très favorable aux OGM. Qu’en 2001, des poursuites engagées par le Parquet et par un organisme de recherche public, le CIRAD, ont abouti à la condamnation de l’alors dirigeant de la Confédération paysanne, ainsi que d’autres militants, à de lourdes peines d’emprisonnement. Ni le monde politique ni les institutions n’aiment se déjuger sur des questions aussi graves.

En réalité, des organisations comme le PCF ou les Verts, voire la « gauche socialiste », s’étaient rapprochées d’une certaine « extrême gauche » après la débâcle électorale de 2002. Suite logique d’un processus amorcé dès 1998-1989, lorsque la politique du gouvernement de « gauche plurielle » a commencé à susciter un mécontentement croissant, et qu’il est devenu impératif de « ne pas perdre de vue » les militants qui prenaient leurs distances. La volonté de récupération avait toujours été évidente. Mais avec la mise en orbite supermédiatisée de Ségolène Royal, les intérêts de carrière des appareils de ces partis pointent à nouveau vers une alliance sans fissure avec la direction du Parti socialiste afin de pouvoir accéder à ministères et administrations, de bénéficier de cette alliance lors des élections législatives et par la suite... Ce qu’un article d’Indymédia a appelé le buffet royal. Il ne pouvait pas en être autrement. Les tondus seront, comme d’habitude, les citoyens confrontés au « choix » entre une énième alternance, dont au fond ils n’attendent plus rien, et la continuité d’une majorité, dont la politique les a également laminés.

Enfin, à l’égard des empêcheurs de tourner en rond dans cette démocratie-fiction, le bunker des cinq cents signatures risque de s’avérer un excellent cordon sanitaire. Les élections ne sont tout de même pas faites pour que les citoyens puissent exprimer ce qu’ils pensent vraiment...

Critiquer les lobbies de la politique unique paraît très légitime, face à un tel tableau. Mais les événements récents mettent aussi en évidence, une fois de plus, la situation de dépendance permanente, voire de suivisme imposé ou consenti, dans laquelle se trouvent les mouvements dits « alternatifs » par rapport au vedettariat de « gauche » (dirigeants, intellectuels, « personnalités »...). On l’avait vu, également, avec la crise de l’association Attac. Il serait grand temps de réfléchir à un certain nombre d’inconsistances qui minent les chances de réussite des courants « radicaux » :

- par exemple, que signifie le mot antilibéral  ? Le libéralisme fut un courant des XVIIe et XVIIIe siècles, avec un grand épanouissement dans la première moitié du XIXe, mais qui céda ensuite la place à l’impérialisme protectionniste, à la concentration du capital financier et de l’industrie... Où sont passés, de nos jours, la « liberté d’entreprendre », la « concurrence », le « marché libre » ? Même à l’Onu, on entend parler d’oligopoles et de compagnies transnationales devenues plus puissantes que des Etats ! Le dumping social n’a rien à voir avec le libéralisme, pas plus que la politique d’anéantissement des acquis sociaux. Dans ce début du XXIe siècle, cela fait belle lurette que le libéralisme a cessé d’exister.

- Et que penser de l’expression altermondialisme ? De quelle « autre mondialisation » s’agit-il ? Sous l’actuel système économique et social, la mondialisation est ce qu’elle est, à savoir celle du pouvoir des grands holdings financiers et des multinationales, évoluant vers un contrôle global de la planète.

- Pareil pour l’Europe, un autre sujet où la confusion règne. Que signifie l’expression Europe sociale, alors que l’Union européenne s’élargit avec des pays dont les très bas salaires attirent les délocalisations, et que la Russie, où la situation est encore pire, fait partie du Conseil de l’Europe ?

- Quant aux délocalisations incessantes de capitaux et d’entreprises, à l’importation croissante de produits issus du dumping social... quelle politique préconisent exactement les courants qui se présentent comme une alternative à la politique de la « gauche à majorité PS » ?

- Ou encore, quel problème de l’économie et de la société actuelles peut vraiment être résolu par des mesures inspirées de la taxe Tobin, proposée en 1972 dans un contexte très différent ?

Et ainsi de suite... Autant de questions essentielles et stratégiques, restées trop souvent sans réponse claire et vraiment intelligible. A défaut de réponse, que doivent en penser les citoyens ? Les délocalisations, les fuites de capitaux, les importations de marchandises fabriquées dans des conditions qu’un salarié français n’accepterait jamais sont des phénomènes qui ne cessent de s’amplifier. Que faire, et comment ? Où sont les propositions et les actions concrètes, avec des objectifs bien définis ? Une évidence semble s’imposer : rien ne pourra être entrepris tant que les réponses à ces interrogations resteront floues ou contradictoires. Il est très urgent de sortir des ambiguïtés opportunistes et des faux consensus. Faute d’un effort conséquent maintenant, il risque ensuite d’être trop tard.

Voici un débat qui dépasse le cadre de cet article, mais qui m’apparaît incontournable pour tout rassemblement politique dont l’objectif serait de libérer le pays de la « politique unique » qui a forgé sa décadence au cours des deux dernières décennies.


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43 réactions à cet article    


  • Bill Bill 28 novembre 2006 11:26

    Alors là, bravo ! Excellent article qui parle bien des vrais débats qui devraient avoir lieu dans cette campagne. Il y a pourtant une raison précise pour laquelle ces sujets ne sont pas évoqués : l’Euroland ! Aucune façon de proposer un début de solution dans ce cadre, puisque c’est bien l’euroland qui pose problême...

    Avec le système actuel, les partis reçoivent 1.5 euros par vote pour eux, mais uniquement à partir d’un certain pourcentage. Je suppose que le parti communiste et les verts n’ont pas l’intention d’investir à perte ! C’est déplorable ce que ce système fait de la politique !

    Bravo à l’auteur !

    Bill


    • Josew (---.---.25.142) 28 novembre 2006 11:46

      L’élection présidentielle est parfaitement verrouillée par les appareils politiques autorisés (y compris le FN qui fait office de 5e roue du Carosse). Il faut dire qu’ils ne veulent pas reproduire le flop du référendum de 2005.

      José Bové pensait pouvoir faire bouger les lignes en présentant sa candidateure, mais il a du vite déchanter devant les manoeuvres classiques des appareils de la LCR et du PCF qui ont tout fait pour le déboulonner.

      Au final, nous devrions peu ou prou nous retrouver avec les mêmes partis qu’aux dernières élections, bien que quelques têtes pourraient changer (Royal, Sarkozy) alors que d’autres nous sont resservies gentiment depuis plusieurs décennies (Laguiller, Le Pen notamment).

      Bref, rien de nouveau sous le soleil, une société parfaitement verrouillée par les lobbies et les appareils adoubés, ici en France comme ailleurs dans le Monde « libre »...

      Si changement il y a un jour, ce ne sera certainement pas lors d’une Présidentielle, et certainement pas non plus lors d’un vote qui sont un vaste cirque médiatique, avec bientôt les pom-pom-girls et cotillons. smiley


      • Moulefarine (---.---.236.99) 10 janvier 2007 05:10

        Bonjour,

        Il est le seul à sacrifier sa liberté pour mettre en oeuvre un état de veille de la santé publique Européenne. Il résiste à ses dépents à l’hégémonie américaine de la productivité, véritable cancer de notre planète.

        Il mérite notre respect et notre reconnaissance en votant pour lui à la présidentielle.

        Cordialement.

        Moulefarine


      • bernard (---.---.24.200) 28 novembre 2006 12:18

        Pourtant, à la différence de Mme Royal, Mmes Buffet et Voynet ne semblent pas populaires auprès des internautes, si l’on se fie aux recherches qu’ils font dans les moteurs :

        http://www.vegeo.net/forum/forum.php?forum_id=177


        • tosello patrick (---.---.131.127) 28 novembre 2006 12:42

          la gauche non libèrale doit muer en un seul parti anti libèral dèmocratique et ouvert sous peine de disparition naturelle faute de mutation sa pratique de morcellement sonne son glas , sègolène est plus à gauche qu’on ne le crois ,elle a dailleurs choisie comme cotch me bouchet qui est une ex dirigeante lcr c’est rèvèlateur !


          • René Job (---.---.132.6) 3 décembre 2006 14:48

            Ce qui est révélateur, c’est surtout le non-choix méthodiquement organisé à l’encontre des citoyens. Il n’y pas d’alternative gouvernementale possible.

            Résultats :

            Les mécontents et insatisfaits votent Le Pen ou deviennent indifférents à la vie publique (et donc politique).

            La vérité simple : les gens de « gauche » sont achetés et/ou divisés. Leur émiettement permet de maintenir une majorité de français hors jeu définitivement. Le couac, c’est que finalement beaucoup d’électeurs du FN sont d’anciens « gauchistes » convaincus. D’où la tendance lourde nationale-socialiste du FN. C’est devenu le fond électoral de JM qui s’ajoute à un autre fond électoral bien plus dangereux : le « catholicisme ». Pour l’instant Bayrou, Royal et Buffet captent encore cet électorat mais il commence à passer à JM. Pourquoi ? A cause du monétarisme appliqué qui destructure les sociétés modernes en accélérer provoquant ainsi des replis identitaires partout. D’où le communautarisme et la résurgence du religieux dans la sphère politique. L’immigration cache aussi ce thème.

            La conversion d’un gauchiste à Le Pen implique la haine de l’autre et son rejet. Il y a « nous » et il y a « eux ».

            Je parie qu’en 2012, c’est Marine LP qui emporte la mise. Elle est parfaite. Elevée à l’école de la République, héritière de tout le mouvement frontiste, profession libérale (elle est avocate), elle n’a pas besoin de fiches ou de notes pour faire face, elle n’a pas fait l’ENA. Elle est jeune et dynamique, elle a été mère de famille... ce mouvement prendra un jour les commandes.

            Perspective triste et déséspérante qui est alimentée par le carrièrisme des Buffet/Voynet et autres.

            En ce qui concerne le libéralisme, parfaitement d’accord avec l’auteur. Le monétarisme en est une version n-ième qui ne favorise que les holdings. C’est-à-dire les groupes politico-financiers. Les exploitants étant tributaires de ces firmes.

            Bon article. Précis et intéressant de bout en bout. smiley


          • Voltaire Voltaire 28 novembre 2006 12:59

            Il semble en effet qu’on se dirige, en cas de victoire de Mme Royal, vers une « gauche plurielle » bis.

            Faute d’avoir su s’organiser, la gauche de la gauche, déjà affaiblie par le traditionnel (et prehistorique) cavalier seul d’A. Laguiller se retrouve verrouillée par les bonnes vieilles méthodes du parti communiste, qui ont bien entendu provoqué en réaction la fuite de la LCR, ennemi historique. C. Autain en étant restée à un discours idéologique (voir son interview par N. Voisin sur ce site), et J. Bové ne pouvant rassembler sur son nom, l’altermondialisme en a pris un coup dans l’aile, ce qui arrange bien la gauche traditionnelle.

            Quant à la gauche démocrate sociale de Strauss-Kahn et Kouchner, elle a subit une défaite cuisante contre S. Royal, ce qui, contrairement à l’opinion exprimée par l’auteur, exclue toute possibilité de rapprochement avec l’UDF.

            On se retrouvera donc dans la configuration classique d’un PS archi dominant, et des faire-valoirs verts (D. Voynet ne pouvant percer faute de soutiens écologiques à l’extérieur de son parti), PC et PRG (qui a déjà négocié ses places en échange du retrait de sa candidature).

            JP Chevènement tente en vain de refaire le coup de 2002, mais, faute d’idées renouvelées, ne parviendra pas à obtenir grand chose contre son propre retrait.

            Rien que du pur classicisme donc. Lorsque la nouveauté S. Royal aura disparue (avant ou après l’élection, c’est bien là la question), l’électeur moyen risque une belle déception, car la politique menée par cette alliance ne sera que conventionnelle et ne répondra pas aux défis actuels, malgré une communication rajeunie. Le Pen père ne sera plus là en 2012, Le Pen fille si...


            • LE CHAT (---.---.75.49) 28 novembre 2006 14:53

              très bonne analyse de la situation , comme toujours , cher Voltaire.

              Après le jet d’éponge de José Bové , Nicolas Hulot me semble vraiment trop hésitant pour se décider à cotoyer ce panier de crabes...il n’y aura vraissemblablement rien de nouveau à l’ouest...........


            • René Job (---.---.132.6) 3 décembre 2006 15:16

              « Rien que du pur classicisme donc. Lorsque la nouveauté S. Royal aura disparue (avant ou après l’élection, c’est bien là la question), l’électeur moyen risque une belle déception, car la politique menée par cette alliance ne sera que conventionnelle et ne répondra pas aux défis actuels, malgré une communication rajeunie. Le Pen père ne sera plus là en 2012, Le Pen fille si... »

              Parfaitement d’accord. Il faut aussi ajouter au tableau analytique : la disparition de l’extréme gauche.

              Marine LP est plus progressiste que son père. Tant qu’il est là, le jeu tectonique des forces reste équilibré. On lui ressort sa carrière personnelles, ses frasques et excès qui ont donné lieu à des interventions de la Justice. Son programme est évidemment néo-nazi au point de déranger certaines parties de son propre électorat (ce qui minore l’effet « Le Pen »).

              Avec elle, ça va être une autre affaire. Elle est en réalité beaucoup plus crédible que lui. Et son analyse de la situation est plus pertinente. Beaucoup d’électeurs frontistes rougissent et sont honteux. Avec elle, ils seront rassurés et décontractés.

              Je pense que Ségolène risque d’enterrer la gauche définitivement. Il ne restera dans cet espace que quelques personnes idéologiquement formées. Et des jargonnants rebutants. Bref, ça sera « chic » d’être de ce bord. Autant dire que les citoyens ne voteront pas pour une collection d’intellos ignorants tout de leurs vies quotidiennes. La déconnection complète. Voilà l’avenir hautement probable.

              Le rêve de Séllières ou le « tout est accompli ! »

              Fin du cauchemar du XIXème siècle. Enfin le business libre et tout puissant...au moins en Occident.

              Autain et les autres finiront malgré eux apparatchiks au centre. Leur fonction : maintenir les gogos moyens dans du politiquement correct, c’est-à-dire dans le monétarisme. Monétarisme qui ne favorise que les groupes financiers, autrement dit qui conduit aux oligopoles concentrés. Et donc aux cercles discrets et aux ententes. Les États n’étant plus que leurs jouets. les personnels politico-administratifs locaux des « élites » employées pour maintenir l’ordre des choses perçu comme immuable.

              Le « mérite » et « l’ordre » seront deux concepts participant du même réseau conceptuel dont la fonction est d’établir les règles du partage des richesses. 80% pour les uns (la minorité, 10% de la population) et 20% pour les autres (90% de la population). Tout ça fonctionnement sur la bêtise ordinaire entretenue savamment : « on peut réussir dans ce système ». Avec des exemples bien choisis et bien présentés (en évacuant/nettoyant les conditions sociales de la réussite des « exemples ») pour rassurer et donner « envie ».

              Les fonctionnaires étant à réduire car localement trop dangereux et perturbateurs. Les entreprises ont leurs propres personnels qui peuvent assurer les services « non-marchands » devenus « marchands ».

              L’éducation, la sécurité, l’infrastructure, les communications, la santé : tout est privatisable...au nom de la liberté. Même la justice peut être redéfinie.

              Les deux décennies qui viennent seront pleines de surprises historiques. Nos générations ont déjà grandi dans l’idée que le plein emploi était impossible. Nous avons aussi grandi dans l’idée que la seule pensée économique opératoire était le monétarisme. Et d’une manière générale que la croissance donc la production était la seule fin en soi des existences.

              De cette république moribonde, il ne restera que la notion de « liberté ». Celles « d’égalité » et de « fraternité » seront balayées. Bref, la « liberté » débarrassée des deux autres valeurs centrales deviendra absolue. or seuls ceux qui en ont les moyens sociaux peuvent faire valoir leur liberté en faisant valoir leurs droits ou en les faisant reconnaitre par des textes généraux contraignants. Encore une victoire des firmes.

              ...


            • parkway (---.---.18.161) 28 novembre 2006 13:27

              bien vu, voltaire !

              j’avais déjà quelques suspicions sur le PC-Buffet.

              maintenant, c’est bien clair que le PC est lui aussi fausse gauche-à droite, puisqu’il ,devront voter pour le TCE Giscard...

              Nous allons vers une américanisation de la politique française, il n’y aura désormais plus que des « libéraux » et des « démocrates », bonnets blancs et blancs bonnets...

              Il faut vite changer ça en 2007, si le pen ne passe pas cette fois ci et c’est pas dans la poche !


              • www.jean-brice.fr (---.---.147.151) 28 novembre 2006 13:58

                Ah ! s’il suffisait de remplacer les hommes par des femmes pour résoudre les problèmes, le monde vivrait un renouveau certain ! Malheureusement, le problème est plus compliqué : pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                • M Lucas (---.---.64.252) 28 novembre 2006 13:59

                  Je suis très heureux que l’on revienne sur la définition du mot libéralisme. Si vous n’en êtes comme moi, pas très sûrs, allez voir le programme du parti libéral. Ce que j’en retire, est une sorte d’état pré ou post-politique, laissant le champ libre à la formation de tout rassemblement ou communauté, de tout contrat moral, entre des personnes plus ou moins nombreuses. Le libéralisme est avant tout totalement individualiste et antipatriotique, avec les avantages et inconvénients que cela représente. Ce que nous subissons, ce n’est donc pas le libéralisme en tant que tel, qui se rapproche de l’anarchisme par sa confiance ou croyance en la vertu de l’homme et dans la convergence entre intérêts général et personnel, c’est la collectivisation, le monopole, l’exploitation, qui peuvent aussi bien émaner d’un gouvernement « socialiste » que d’un gouvernement « libéral ». Ce qu’on peut constater, c’est que par des abus de langages et un travestissement de la pensée, la ligne de démarcation (gauche ou droite), est placée en dépit du bon sens, alors qu’elle devrait clairement séparer les courants hégémonistes, sécuritaires, oligarques, religieux, propagandistes et les courants libéraux, libertaires, athées. Seulement, les tenants de la deuxième catégorie ont le défaut de ne pas chercher le pouvoir, dans un système où tout concourt à la mise en place de dirigeants...


                  • Fred (---.---.64.1) 28 novembre 2006 15:30

                    J’ai mit du temps à comprendre moi même que j’étais ultra libéral. En fait je le serai dans un monde parfait, là ce n’est pas vraiment possible, du coup je suis de gauche (si ca peut encore vouloir dire quelque chose). Tout ca pour dire que je salue également ce rappel sur ce qu’est réellement le libéralisme et montrer l’évidence : le système capitaliste actuel n’a strictement rien de libéral.


                  • René Job (---.---.132.6) 3 décembre 2006 15:57

                    En réalité aux XVIIème et XVIIIème siècles « être libéral » signifie être ouvert sur les idées progressistes, y compris sur les idées sociales. Celui qui est « libéral » a déjà en lui l’idée forte que l’autre quelque soit sa condition dispose en lui de la capacité créatrice propre à l’humain qui ne demande qu’à s’épanouir. L’idée d’égalité est donc une idée qui repose sur la reconnaissance d’un potentiel humain commun à tous (éduquer, c’est développer-réaliser cette potentialité). Ce qui suppose qu’auparavant, chacun a fait un chemin vers l’autre, vers celui qui n’est pas de sa « caste » : d’où l’idée de « fraternité ». C’est lorsque par l’échange, on a reconnu qu’autrui était aussi bon et/ou intéressant que soi-même, qu’on a reconnu ses potentialités gâchées qu’on fait l’expérience de la « fraternité ». Pour cela, il faut déjà être soi-même éduqué et conscient de ses propres limites. On aperçoit mieux alors ce que l’autre pourrait ou aurait pu si éduquer. On aperçoit mieux aussi les bienfaits potentiels perdus pour la société.

                    L’égalité et la fraternité naissent dans la fréquentation des autres par delà les différences sociales.

                    Du coup l’ennemi de tous devient l’ordre social en place, c’est-à-dire l’ordre politique. Si cet ordre se veut figer, la révolution est la seule issue pour établir le nouveau lien social qui existe de fait entre les hommes.

                    « Etre libéral » au XVIIIème siècle est quelque chose qui équivaut politiquement aujourd’hui à « être de gauche ».

                    Toutes les doctrines de « gauche » sont nées de la critique de la mise en oeuvre historique du libéralisme classique.

                    Elles sont des correctifs forts au libéralisme classique. Car le libéralisme classique repose sur un atomisme psychologique. Parfaitement exprimé par des gens comme Rousseau, Hume ou Kant : l’idée-force étant que toutes les raisons sont égales entre elles (biologiquement) : elles fonctionnent de la même façon. Elles sont organisées de la même façon. Seule l’instance de réflexion les différencie en fonction du vécu individuel. C’est d’ailleurs un des principes forts de la science : il faut du commun, du stable dans les structures supposées pour faire de la science sinon c’est impossible.

                    Dans les faits l’absence de réflexion sociale à l’époque ne permet pas de comprendre clairement et distinctement que les déterminations sociales l’emportent sur les déterminations individuelles. On raisonne toujours à partir d’une conscience individuelle idéalisée ; un peu comme l’élève parfait de Rousseau, Emile qui n’a d’autre existence que l’imaginaire de l’auteur.

                    Ce qui dans les faits entraîne : un libéralisme concentré et féroce à l’égard de l’humain. Au lieu de libérer, il aliène en affamant. Quelques individus suivant leur « raison » s’approprient toute chose et imposent leurs lois.

                    Donc pour reprendre l’idée initiale : un libéral aujourd’hui est plus proche d’un courant modéré de gauche que d’un courant de droite. Puisque les libéraux de la place du commerce sont en fait des capitalistes au sens dur. Ils n’ont d’autres buts que de tout s’approprier, y compris les humains. Les conditions de vie de tous sont des objets de puissance : eau, nourriture, énergie, air (bientôt). Ces gens mettent la planète et tout ce qu’elle contient en coupe réglée. Tout en proposant à chacun de participer à sa propre aliénation en lui faisant croire qu’il peut en avoir une fraction.

                    Le monétarisme est ce courant « libéral » qui poursuit dans la lancée de l’atomisme psychologique. Ça permet de s’appuyer sur les égos. De ne susciter qu’eux en chacun et d’orienter la réflexion vers la raison calculante avec au centre la notion « d’intérêt ». Le monde et les autres deviennent des objets de calculs. Ils sont des choses à exploiter. Et comme tous participent activement de cette même logique : l’erreur commune devient fait culturel, habitude de pensée. Tous nos réseaux conceptuels ordinaires passent par ces noeuds de réflexion. Les solutions envisageables sont donc toujours dans la sphère de l’intérêt de la minorité.

                    Mon propos ne se veut pas « précis ». C’est juste une esquisse pour indiquer comment on peut être libéral et de gauche.

                    Le social-libéralisme est un leurre : on est dans la perspective monétariste donc individualiste.

                    Les socialistes sont :

                    1/ Le social-démocrate est dans la perspective de réformer progressivement le système à l’avantage de tous sans recourir à la violence. Le point de vue tient compte de la totalité (les déterminismes sociaux) y compris l’existence de groupes sociaux forts qui désirent s’approprier toutes les richesses existantes, produites et à produire. C’est donc un mouvement de composition.

                    2/ Le socialo-communiste est dans le même point de vue que le social-démocrate mais il ne croit pas à la composition avec les groupes minoritaires qui tiennent les commandes. Il croit donc que la réforme ne conduit à rien d’autre qu’à valider les positions des plus forts. Il croit donc dans la révolution. Il se méfie fortement du social-démocrate car il voit en lui une sorte d’ennemi de l’intérieur.

                    3/ L’anarchiste croit que c’est l’existence de l’Etat qui générère tous ces problèmes. Il pense que la suppression de l’Etat supprimera l’instance d’oppression suprême. Le reste se réglant entre les individus dans la vie quotidienne. L’anarchiste est donc lui aussi dans une forme d’atomisme psychologique. Mais, c’est conscient. C’est sa façon de se défendre des violences sociales. Nous le sommes tous un peu par la force des choses. Nous compensons le déficit de solidarité ou non par des comportements individuels plus généreux sans calcul politique particulier.

                    Pardon pour la caricature. Mais, ça aide.


                  • paracelse (---.---.128.4) 13 février 2007 14:47

                    Vous parlez d’individualisme comme si c’etait une maladie. Vous devriez lire Carl Jung, cela vous ferait sans doute le plus grand bien. En fait c’est le patriotisme qui est en voie de disparition. L’Homo Sapiens est sans aucuns doutes un animal tribal, patriotique. L’Homo Excellens est indipendant, libre qui ne cherche qu’a s’elever. Le parti socialiste, le parti communiste et tous ceux qui sont a gauche ont la mauvaise tendance a ramener ceux qui veulent s’ameliorer au plus petit denominateur commun. Expliquez moi donc comment un individu qui ne comprend pas ce qu’il est peut faire pour ameliorer une communaute qui est compose d’autres individus qui ne se comprennent pas eux-meme non plus ? Les systemes de l’Europe de l’Est du siecle dernier prouvent que la collectivisation de l’humanite de donnent que des goulags, des robots. Seule, l’individuation peut amener au respect de soi et a une evolution effective. paracelse


                  • www.jean-brice.fr (---.---.147.151) 28 novembre 2006 14:03

                    Il n’en reste pas moins qu’à force de tout vérouiller, il y a quelquechose qui pètera ...


                    • Rage Rage 28 novembre 2006 15:03

                      Bonjour,

                      Je trouve cet article et les commentaires qui vont avec très bons.

                      Je pense que nous arrivons clairement à la fin d’un système et quoiqu’on en dise, soit l’élu de 2007 entreprend les réformes attendues et il tiendra, soit il n’entreprend rien et la défiance du peuple sera encore plus grande et plus forte envers la caste féodale qui gouverne ce pays.

                      La question à se poser, au ryhtme du creusement des inégalités et de la défaillance du pouvoir d’achat, c’est de savoir s’il faudra une crise violente pour changer ou si, enfin, la France sait évoluer sans passer par une salvatrice guerre civile, seul régulateur que notre pays médiéval sache utiliser pour évoluer.

                      Et compte tenu de la non diversité des profils, je ne vois absolument pas comment des « prétendants » aussi fades changeront quoi que ce soit à la merde du quotidien que vivent 90% des français. Du coup, la question revient à se demander, non pas si cela pétera, mais quand ?

                      Et je pense, franchement, que si en 2007 rien n’est fait, il va falloir se préparer à ramasser les miettes d’une rage (d’où mon aka) que beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de personnes ont en eux depuis trop longtemps.


                      • Mathieu (---.---.228.253) 28 novembre 2006 15:23

                        Le texte défile bien mais les arguements sont faux. C’est dommage car le danger du rapprochement avec l’UDF est réellle.

                        Il est dit clairement, tant dans les textes du PCF que ceux du rassemblement anti-libéral, qu’il n’y aura aucune participation à un gouvernement qui aura un programme social libéral. Ce que dit le PCF, c’est que l’on veut parler avec toute la gauche, PS y compris. Commencer à donner des brevets de gauche et de non gauche aux gens, c’est se comporter comme une secte religieuse. Il y a plein de gens qui ont voté non, qui sont à gauche et qui apprécient Ségolène Royal. On peut le regretter, mais c’est un fait.

                        Nous appelons à battre la droite mais nous sommes pour la battre vraiment, en portant un programme de changement (http://new.pcf.fr). Battre la droite ne suffit pas, c’est redonner à ceux qui viendront après nous la capacité de vivre mieux que nous. C’est l’axe des propositions : favoriser les créations d’emploi par une politique du crédit et une politique fiscale qui favorise la création de richesse qui demande beaucoup de travail et de personnel, les cotisations sociales modulables pour que ceux qui ont une valeur ajouté demandant du personnel, élection à la direction des organismes sociaux par les salariés eux mêmes en élargissant la direction aux associations de consommateurs et d’usagés. Bref, rendre au travail ce qu’a pris le capital dans les 20 dernières années, introduire la démocratie là où elle n’et pas ! cette volonté est présente tant dans les texte du PCF que dans celui des anti-libéraux. Et cela distingue cette gauche avec la tendance majoritaire du PS. Mais on peut encore discuter avec de nombreux militants, voir les dirigeants (j’ai lu dernièrement que J. Delors se plaignait que les marchés finaciers privilégiés trop les marchés financiers... comme quoi, il commence à voir la vérité ! smiley ).

                        Ensuite le libéralisme a tout à voir avec avec la politique actuellement : le système capitaliste tend à donner une valeur d’usage à toute chose, ce qui aboutit à lui donner une valeur marchande. la question n’est pas le blocage mais que certaines choses ne peuvent avoir une valeur marchande : la santé, l’éducation, l’énergie, l’eau... Tous ses secteurs sont visées par l’OMC comme trop entravés, et la directive Bolkestein vises à permettre la consurrence salariale dans ces domaines. A titre d’exemple, le marché des crèches qui est en train de naître et qui commence à être subventionné par la CAF (dans une crèche un enfant dont les parents payent plus peut avoir accès à des services en plus : apprentissage de langue étrangère, un meilleur repas). Cela est vrai en France mais aussi en Europe... C’est le sens de la démarche des altermondialistes (je reconnais que le terme est malheureux puisque c’est pas un autre monde que l’on veut construire mais celui sur lequel on vit).

                        Enfin, l’auteur confond le conseil de l’Europe avec l’Union Européenne. Le conseil de l’Europe discute bien des droits fondamentaux, il y a bien un cours européenne des droits de l’homme (CEDH) mais il n’intervient nuellemnt dans les politiques économiques et sociales de l’UE. Vouloir que tous els travailleurs de l’UE aient les mêmes droits n’est pas un mal... cela serait un plus : quand on a les mêmes droits, c’est plus facile pour se déplacer au sein de l’UE.

                        Quoiqu’ion pense des OGM, il semble qu’il serait quand plus sage et juste de laisser le débat ouvert : quel usage des OGM ? Pour faire quoi ? comment les rendre plus sur ? des questions aux quelles les scientifiques ont envie de répondre. être carrément contre me semble complètement absurde... relevant de l’index du vatican. Pour ce qui est l’artcile d’Indymédia, c’est une opinion d’un anarchiste. En gros, il aime autant la politique qu’un gamin les choux de bruxelles de la cantoche. Banzaï !


                        • Voltaire Voltaire 28 novembre 2006 15:53

                          @mathieu

                          En tant que sympathisant du PC, on peut comprendre votre position sur l’UDF, mais pour vous rassurer, je peux vous affirmer que ce « danger » de rapprochement entre le PS et l’UDF est imaginaire.

                          Et je ne peux que vous encourager à tenir un discours différent sur les objectifs de votre parti.

                          « Battre la droite » l’immense majorité des citoyens s’en moque éperdument. De même que des slogans « antilibéraux ».

                          L’essentiel est dans le contenu et dans la vision de la société proposée. Irréaliste et le PC continuera de s’évanouir dans les limbes de l’histoire.

                          La grande majorité des français n’a rien contre l’entreprise privée, contre la construction européenne, contre les échanges internationaux, contre la rémunération au mérite. Ce qui est devenu intolérable, ce sont les passes-droits, les abus, qu’ils soient dans le secteur public ou dans le privé, que les règles du jeu ne soient pas les mêmes pour tout le monde, que la solidarité ne s’exerce pas de façon juste, que nos enfants soient ceux à qui nous allons laisser dettes et environnement dégradés.

                          C’est donc au niveau des contrôles qu’il faut agir (et on place le curseur plus ou moins à droite ou à gauche en fonction de ses sensibilités), mais sans a priori manichéen.


                        • Marc (---.---.194.176) 28 novembre 2006 16:34

                          « Il est dit clairement, tant dans les textes du PCF que ceux du rassemblement anti-libéral, qu’il n’y aura aucune participation à un gouvernement qui aura un programme social libéral. »

                          Mais ça, c’est du baratin. Ce que Buffet a dit, c’est qu’il faut « former un gouvernement » et rien d’autre. C’est donc avec le PS.

                          Combien de fois le PC a-t-il menti sur ce genre d’engagements progammatiques ? Comme il a tenu ses électeurs dans l’ignorance de montagnes de transactions, à commencer par celles entre Mitterrand et l’extrême-droite.

                          La « rigueur » de Mauroy a été mise en place dès 1982, et le PC est encore resté deux ans au gouvernement. Et en 1997-2002, avec des ministres du PC jusqu’à la fin, Jospin a fait une politique qui n’avait rien à voir avec les engagements pris par le PC.

                          Ce que veut la direction du PC, c’est être au gouvernement. Le reste, c’est les bonnes paroles habituelles qu’on connaît déjà.


                        • Jeanne (---.---.79.220) 28 novembre 2006 19:13

                          La formulation bien connue est en gros : « il faut être au gouvernement, ensuite la politique à mener est une question de rapports des forces ».

                          Mais le rapport des forces est simple à évaluer : ce sont les financiers et les multinationales les plus forts, dans ce genre de gouvernements. Il suffit de voir combien de responsables de cabinet PS sont ensuite devenus PDGs : Ponsolle, Schweitzer, Weinberg... pour ne citer que la « filière Fabius ».


                        • Michel (---.---.207.211) 28 novembre 2006 20:23

                          MG Buffet n’allait tout de même pas dire tel quel : « Ce que je veux, c’est être ministre, et la politique on verra après ».

                          Remarque, elle l’a presque dit...


                        • mortimer (---.---.137.185) 28 novembre 2006 21:19

                          le capitalisme « juste » voila bien un mirage !! toute l’argumentation repose sur un fantasme et oublie l’histoire réelle du développement du capitalisme : Il est structurellement inégalitaire et injuste et a crée la « question sociale » dès le début .il a été « humanisé » « de force » après de nombreuses crises par les luttes sociales ( plus ou moins violentes) et politiques.


                        • Jean (---.---.90.213) 28 novembre 2006 23:08

                          Exact Mr Voltaire,

                          Etant moi meme electeur de la gauche (PS), je ne peux nier que la problemetique qui se pose le plus, a moi comme et a mes proches (boulot, voisins, amis) ce ne sont pas les slogans anti liberaux (qui ne sont que des slogans justement), mais la veritable panne sociale et societale d’un systeme en bout de course.

                          Je ne suis pas opposé au capitalisme, car je pense qu’il s’agit dun des meilleurs moteurs qui existe pour faire avancer une société, le probleme est que le capitalisme ne remplit plus son role de createur de valeurs et de richesses pour « le plus grand nombre », mais qu’il a tendance aujourd’hui a favoriser une petite elite au detriment d’une majoritée qui elle recule années apres années, tant en pouvoir d’achat, qu’en perspective de pouvoir ameliorer sa condition.

                          En fait le capitalisme me semble avoir abandonné ses devoirs quand il est passé du statut de machine industriel a celui de machine financiere.

                          Le tout couplé a une ossification des plus hautes fonctions de l’etat. Par example, le parcours d’un Pompidou (petit fils d’agriculteur, fils d’instituteur, president de la republique) semble aujourd’hui bien improbable, tant l’ascenceur sociale est en panne.


                        • Robert (---.---.207.196) 29 novembre 2006 09:23

                          « En fait le capitalisme me semble avoir abandonné ses devoirs quand il est passé du statut de machine industriel a celui de machine financiere. »

                          Si c’est ce que vous pensez, vous ne pouvez pas être pour le capitalisme, car il ne pouvait qu’évoluer de cette façon. C’est une transformation ancienne, que l’article rappelle d’ailleurs lorsqu’il parle d’impérialisme protectionniste et de monopoles dans la deuxième moitié du XIX siècle.

                          Le colonialisme de la canonnière à grande échelle, avec de surcroît verrouillage « à la française » (Gambetta, Ferry...) des frontières « impériales », fut précisément le fait des lobbies financiers. Pareil pour la concentration industrielle.

                          Déjà Marx avait été libéral dans sa jeunesse, mais il changea d’avis constatant cette faillite du système que vous soulignez à juste titre.


                        • (---.---.37.70) 29 novembre 2006 09:35

                          « Par example, le parcours d’un Pompidou (petit fils d’agriculteur, fils d’instituteur, president de la republique) semble aujourd’hui bien improbable, tant l’ascenceur sociale est en panne. »

                          On ne peut pas être pour l’égalité, et en même temps pour l’ascenseur social, il faut choisir, car l’égalité, c’est concrétement : tout le monde au smic.

                          Quand au capitalisme, il se porte extrémement bien, et il faut être sacrement fanatique pour ne pas le voir, alors que jamais l’humanité n’a été aussi riche, et que des milliards de gens sont en train de passer de la misére à la pauvreté, de la pauvreté à la richesse.


                        • Mathieu (---.---.228.253) 29 novembre 2006 14:11

                          Merci pour votre commentaire. Je précise par honnêteté que je ne suis pas sympathisant mais militant communiste à Montpellier.

                          Pour ce qui est du fond, vous vous en doutez bien, je ne suis pas d’accord avec vous.

                          Sur ce qi est du rapporchement de l’UDF avec une partie du PS, on voit bien que F. Bayrou partage certaines idées et solutions de M. Rocard (ou l’inverse si vous préferez smiley. C’est au niveau européen que cela voit le plus : le PSE vote les mêmes résolutions que le groupe auquel appartient l’UDF (je crois que c’est le PPE mais sans garantie). Le plus bel exemple, c’est le vote (je dis bien le vote)final sur la directive Bolkestein. les deux groupes l’on votait d’une seule mains bien qu’il reste de nombreux points dangereux pour les salriés. Il y a aussi l’alliance en Allemagne qui fut saluer tant par M. Rocrad que par F. Bayrou.

                          Pour ce qui est de battre la droite, je pense que c’est un point important dansl’esprit des gens : cela s’est vu lors des différents scrutins précédants. Mais l’engoument pour S. Royal ou la forte participation aux meetings de la gauche anti-libérale en sont un autre signe. Les classes sociales et les causes sont différentes mais le but est le même.

                          je suis bien d’accoprd avec vous pour dire que la vision de la société est le point central. Mon parti a abandonné toute référence au « grand soir » en deumeurant révolutionnaire (ce dont je lui suis gré, vous pensez bien !) car nous voulons rendre l’exercice des libertés individuelles possible : c’est bien la peine de reconnaître la liberté d’aller et de venir si d’un autre côté, le « marché » rend imposssible l’accès au logement. c’est pas la peine de reconnaître le droit à la sûreté personnelle (c’est à dire toutes les atteintes corporelles) si le risque d’accident de travail ou de maladie professionnelle augmentent. Une liberté individuelle ne peut exister que si on la protège ou on la promeut par une liberté collective. La liberté est caractérisé par la responsabilité qui découle de celui qui l’exerce. A défaut, c’est une tyrannie. Or, on aboutit à ce que le système capitaliste demande aux gens d’abdiquer leur liberté. Pour ce qui est de l’entreprise privée, il est vrai que les gens y sont attachés (ce qui est normal car c’est le prolongement de la liberté d’opion et de penser). Ceci dit, il ne faut pas oublier une chose : certains besoins fondamentaux doivent être fournis sous peine de rompre la paix civile (chauffage, eau, énergie, logement, santé, éducation). il est donc normal que ces besoins échappent au « marché » ou qu’il y ait un contrôle renforcé. Il en découle que les règles ne peuvent donc pas être les mêmes. Un besoin d’interêt général ne peut un bien marchand. Cela n’exclue pas le contôle citoyen, la participation des patrons à la définition de la politique sur ces services publics pour qu’ils soient adaptés aux nécessité, mais ils ne peuvent avoir une valeur au sens strictement capitaliste. On n’a rien inventé de mieux depuis Léon Duguit.

                          Concernant l’Europe, c’est clair que la majorité des gens la souhaite. Seulement, je doute que l’Europe souhaitait par les pères fondateurs soit celle que l’on vit. Pour faire l’Europe, il fallait commencé par le charbon et etc pour aboutir à l’Europe politique, seulement maintenant, on veut absoluement maintenir l’europe marchande pour limiter l’europe politique. C’est dans la logique du capitalisme financier... Le TCE était mauvais : il fixait un système économique alors que celui ci relève d’un choix politique qui se fait génération après génération en fonction d’une évolution historique. Le seul exemple que l’on connaisse c’est la constitution stalinienne de 1933 (un comble !). La concurrence libre et non faussée est un leurre dangereux : qu’il y ait des échanges, c’est naturel et nécessaire. Que ces échanges se fassent au détriments de notre Nation européenne (puisque que nous voyons naître une Nation), je suis contre. Nous appliquons des règles que le Canada, les Usa et autres refusent d’appliquer à nos entreprises sur leurs territoires. la seule chose qui nous unisse, ce sont les règles que l’on doit suivre pour ce faire la guerre économique. Je suis pas sur que cela soit une bonne base de départ. S’ajoute à cela que la division capitaliste du travail au niveau mondial se fasse en faveur de la dictature chinoise.

                          Si l’on veut faire l’union des européens, alors il faut un droit semblable et les mêmes garanties sociales quelque soit l’endroit. s’il faut que chaque Etat respecte les 25 autres droits sur son territoire, cela va créer une inscurité juridique. La règle du pays d’origine est dangereuse : par exemle, les salariés d’alstom de Nantes qui bossent sur les chantiers de l’atlantique, s’ils ont un accident du travail ou une maladie professionnelle, c’est la solidarité de la nation française qui assume (ce qui est parfaitement normal) mais l’entreprise polonais ne cotise pas à la sécu. Si un salarié déclare une maladie professionnelle suite à un travail dans une entreprise française, c’est la Pologne qui assume alors que le responsbale est en France. je vois bien où est la liberté, mais la responsabilité est absente. Pour ce qui est des salaires, ces mêmes salariés fournissent la même plus value d’un salarié français, ils ont le même rendement, et on leur dit que leur salaire n’est pas le même ?? belle égalité de traitement qui était pourtant affirmé dans le feu TCE. Pour en finir avec l’Europe, les gens la veulent, certes, mais pourquoi lors de la dernière camapage électorale européenne, aucuns des candidats (sauf F. Wurtz, président de la Gauche unie européenne) n’a fait allusion au TCE. S’ils aiment l’Europe, faisons confiance aux gens.

                          Pour ce qui est du salaire au mérite, c’est la ligne de partage des eaux avec le projet du PS et la droite (mais je confonds pas les deux). Ils veulent tant réhabiliter la valeur travail qu’ils oublient systématiquement de rendre sa valeur au travail. J’ai 35 ans, je fais parti de cette génération qui a commencé sa vie professionnelle avec des CDD et des contrats précaires, qui doit emprunter sur 30 ans pour payer une bicoque, qui à un salaire 35% inférieur à celui qu’avait une personne de la génération précédente sur le même poste. Je ne me plains pas car j’ai un environnement qui a permis que je m’en sorte mais d’autres ne l’ont pas. Peut être que les gamins des quartiers populaires, quand ils verront leurs parents rentrés d’un boulot stable, dans lequel ils peuvent évoluer et qui leur fournit les moyens de les élevés sans rien demander à personne, ils commenceront à respecter la fameuse valeur travail (et arrêtons de les regarder comme des dangereux personnages : la précarité qui touche les classes populaires touche maintenant les classes moyennes... (C’est le moment pour « prolétaires, etc.. » smiley ).

                          Pour ce qui est des salaires et de l’emploi, cher M. de Voltaire, les propositions du PCF ne sont pas traités de la même manières que les deux gros partis... C’est toujours le même dédain que l’on applique aux idées que ne l’on ne juge pas serieuses et que l’on ne connait pas (et cela fut vrai aussi pour les cocos des années noires, c’est une question humaine et non politique). On ne propose pas un sytème clé en main mais nous voulons mettre en place une logique où le capital aille aux investissements, aux salaires et aux besoins humains plûtot qu’à la rente finacières, et cela tant sur le niveau national qu’au niveau européen. C’est vrai autant pour la fiscalité que pour les cotisations sociales et pour les emprunts bancaires (cela ne choque personne qu’une entreprise paye le même taux à l’emprunt que cela soit pour un investissemnt qui créer de l’emploi que si cela aboutit à une fusion dont découle des licenciements).

                          On veut le SMIC à 1500€ net mais cela se fera dans une réforme plus vaste : l’IS sera progressif, avec des taux différents et des abattement par tranche en fonction des niveaux de salaires, du respect des qualifications, des investissements créateurs d’emploi d’emploi, le niveua du travail précaire, investissement écologique. Si il n’y pas le respect de ces critères, le taux plein par tanche se verra aplliquer (la liberté est respectée mais assument leur responsabilité sociale et environnementale) ; Pour ce qui est des cotisations sociales et de la TP, là encore le ratio plus value sur masse salariale sera un critère pour l’application des taux. s’y ajouterai une taxe de 0,5% sur les actifs financiers nets des entreprises (un peu plus de 3500 milliards d’euros selon l’INSEE) soit un benefice de 25 millirads d’euros pour les collectivités locales.

                          Le reproche que je fais à la droite et au PS, c’est qu’ils veulent continuer la politique d’exonération de charges ( ce qui conduit à aloudir la dette de l’Etat envers la Sécu) sur les bas salaires (ce qui favorise la smicardisation de notre peuple, on se rappoche du niveau de salaire espagnol, on a les mêmes difficultés à se loger que les italiens et espagnols, les mêmes problèmes de faculté payante que les grecs). la gauche fait cela de manière diffrénet mais le résultat est le même. la proposition du SMIC à 1500€ brut en fin de législature ne correspondt qu’à l’évolutuion normal. La droite a mis en place un bouclier fiscal dont 70% profitent à 10% des ménages les plus riches, qui allourdit les impôts locaux encore plus. Ce que je reproche principalment au projet PS, c’est qu’il veut transférer les cotisations sociales sur la CSG (comme l’UDF si je ne m’abuse), or celle ci est aussi proportionelle et injuste que sa grande soeur la TVA, et dont le montant total perçu par l’Etat est couvert par 88% par les ménages et 12% les entreprises. On aboutit à : vos impôts finances les bas salaires du privé... Je suis de ceux que cela choque. De plus c’est anti démocratique car dans le système ooù l’on distingue cotisations et impôts, les cotisations sociales peuvent être gérées paritairement par l’Etat, les employeurs et les salariés (auxquels il faudrait ajouter les représentant des associations d’usagers, de malade, de consommateurs). Si l’on confond tout, l’Etat aura tous les clefs... ça va pas aider au débat.

                          M. de voltaire, il ne reste plus d’à vous souhaiter une bonne (net)campagne.

                          fraternellement,

                          Mathieu


                        • Martin Kellenborn 30 décembre 2006 21:01

                          Monsieur Bové

                          Cela faisait longtemps que vous me donniez de l’urticaire mais ce n’est pas le système politico-médiatique qui vous nourrit qui pouvait me permettre de vous faire part de l’infini désagrément que vous me causez.Merci d’avoir pointé votre nez à Agoravox pour entendre ce que ni Libé, ni le Monde n’auraient retransmis à vos oreilles

                          Monsieur Bové ; des montagnes nous séparent : moi je suis fils de paysan, démocrate et républicain dans le pays des chouans !

                          - « fils de paysan » ce qui signifie, comme l’a rappelé un porte parole de la Confédération paysanne dans un récent article que quand on a cette culture on ne détruit pas des cultures , surtout cultivées par des paysans.

                          - démocrate ce qui signifie que je fais , à priori , confiance aux choix qui ont été opérés par les représentants du peuple

                          - républicain ce qui signifie que chacun est dans une situation d’égalité devant la loi et devant la justice !

                          Vous n’êtes ni l’un ni l’autre ni surtout le troisième : fils de bourge vous incarnez cette morgue des bobos devant le peuple non démocrate , vous l’êtes amplement en considérant que la loi de Bové est vox populi, non républicain vous l’êtes en vous considérant au dessus des lois de la République !

                          Vous devriez être à ce jour en prison mais bénéficiez clairement de cette atmosphère crépusculaire qu’est aujourd’hui le régime chiraco- sarkoziste où l’on peut perdre son emploi en conduisant sa voiture mais où l’on reste impuni dès lors que l’on a réussi à faire valoir une sorte de droit à la discrimination positive laquelle vaut d’abord pour l’affranchi de la légalité républicaine que vous êtes.

                          Que les choses soient claires ! vous pouvez ruiner le travail des agriculteurs et des chercheurs sans que la justice , plutôt prompte à voir en tout prévenu un pédophille potentiel, vous ait jamais sifflé la fin de la partie.

                          Si demain, j’allais incendier votre écologique maison au motif qu’elle est un exemple ostentatoire du sous-développement durable auquel vous nous menez, que m’arriverait il ?

                          Je vais , il est vrai, soulager votre conscience... en fait, les paysans vous les enculez , sauf lorsqu’ils vous donnent la possibilité de présider une organisation internationale ; les écologistes , vous les niquez puisque, semble -t-il vous êtes rétif aux contrôles dans votre propre exploitation........

                          On nous avait déja servi Tapie et Kouchner. Faute de trouver leur bonheur près du PS , les voila qui se disent près à trouver quelque sphincter accueillant dans le harem de Sarkozy.. C’est pour quand votre élection de sénateur PS dans le 93 ?


                        • paracelse (---.---.128.4) 13 février 2007 14:51

                          Carl Marx n’a jamais travaille un jour de sa vie, comment pouvez vous affirmer qu’il a change de camp. smiley


                        • paracelse (---.---.128.4) 13 février 2007 15:04

                          Le Capitalisme est une realite materielle et palpable, c’est le socialisme et le communisme qui sont des mirages parce que bases sur des idees. Mon chere pere me disait tout le temps : quand on cherche un patron, il vaut mieux en trouver un qui paye avec de l’argent plutot qu’avec des idees. Si souvent je n’ai guere ecoute ce qu’il me disait, celle la je l’ai suivi et aujourd’hui j’en suis heureux. Karl Marx avait de grandes idees, lui qui piochait sa pitance quotidienne dans les poches de son ami Engels. paracelse


                        • reinette (---.---.121.130) 28 novembre 2006 15:23

                          Montredon, le 23 novembre 2006

                          Chers ami(e)s, cher(e)s camarades,

                          Il y a six mois, j’ai fait savoir que j’étais disponible pour incarner, sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle, notre rassemblement unitaire de la gauche anti-libérale.

                          J’ai immédiatement précisé que, pour créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale autour d’une stratégie et d’un programme communs, il convenait de mener une campagne collective rassemblant, sur une même tribune, toutes les forces qui avaient contribué au succès du « non de gauche », le 29 mai 2005, de la Lcr aux socialistes anti-libéraux. Et j’ai ajouté aussitôt que ma démarche n’était pas personnelle mais que, pour garantir l’unité la plus large possible, il ne pouvait être question de se ranger derrière le porte-parole de telle ou telle composante de notre rassemblement. Comme d’autres, en tant que syndicaliste et acteur du mouvement social anti-libéral, je pense pouvoir servir d’accélérateur à une dynamique de rassemblement qui a un objectif plus ambitieux que de faire un simple score de témoignage.

                          Six mois plus tard, force est de constater que les forces de la division l’ont provisoirement emporté sur les forces de l’unité.

                          Le Parti communiste veut imposer Marie-George Buffet comme candidate et ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins. Il a multiplié la création de collectifs qui ne représentent, localement, que la sensibilité communiste. Il mène campagne de manière autonome, en parallèle de quelques grands meetings unitaires. Il se livre à des pratiques d’un autre âge en refusant, par exemple, de valider le procès-verbal d’une réunion de notre collectif national au cours de laquelle l’écrasante majorité des participants a fait savoir que Marie-George Buffet ne pouvait pas incarner, sur le bulletin de vote, la richesse de notre rassemblement.

                          La Lcr, de son côté, vient de confirmer son engagement dans une campagne autonome avec Olivier Besancenot comme candidat. Elle multiplie les arguments pour justifier un prétendu désaccord de fond sur notre orientation commune. Elle pratique l’unité à la carte, un pied dedans, un pied dehors, sans rechercher les voies et les moyens d’une campagne réellement unitaire. Elle préfère se mesurer électoralement au Parti communiste plutôt que de répondre, de manière collective, à l’espérance née de notre succès commun victorieux dans le combat contre le projet libéral de Constitution européenne.

                          Le Parti communiste et la Lcr ont pris la responsabilité de casser la dynamique unitaire et, par voie de conséquence, de renoncer à répondre aux attentes des couches populaires les plus frappées par les dégâts de la mondialisation libérale.

                          Je le regrette profondément. Acteur du mouvement social et du combat altermondialiste depuis de longues années, je considère qu’il est temps de traduire nos mobilisations dans l’espace politique et électoral. Notre responsabilité fondamentale reste en effet de ramener dans la camp de la gauche les millions d’électeurs et d’électrices qui, déboussolés par vingt-cinq ans d’alternance sans changement fondamental de leurs conditions d’existence, ont progressivement choisi de déserté les urnes ou de disperser leurs voix jusqu’à l’extrême droite. Le 21 avril 2002, la gauche a perdu parce qu’elle n’avait pas su répondre aux attentes des citoyens et citoyennes les plus touchés par la précarisation sociale généralisée.

                          Toutes celles et ceux qui souffrent socialement n’attendent pourtant qu’une seule chose : une perspective crédible de changement qui ne se résume pas à quelques aménagements du système économique. Sans remise en cause radicale des logiques économiques libérales qui, des décisions de l’Omc jusque dans la vie quotidienne, conduisent à la marchandisation des services publics, au dumping social, à la croissance vertigineuse des inégalités, il n’y a d’autre issue que le renoncement à changer vraiment la vie. Entre la simple alternance et la véritable alternative anti-libérale, il existe un fossé qui nous sépare d’une gauche plus encline à gérer le pouvoir qu’à engager la transformation sociale.

                          Pour donner sens à ce combat pour une alternative anti-libérale, il nous faut impérativement créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale. C’est mal parti.

                          Les difficultés pour rassembler des courants, des sensibilités, des personnalités engagés dans notre combat commun sont compréhensibles. L’unité est un combat. Mais force est de constater que le processus engagé débouche aujourd’hui sur une impasse. La multiplication des candidatures aboutit à brouiller plutôt qu’à clarifier notre perspective, prêtant le flanc à des critiques ironiques de la part de celles et de ceux qui ont parié depuis longtemps sur notre échec. En s’enfermant dans la méthode dite du « double consensus », le collectif national a pris le risque de donner une image plus groupusculaire que populaire de notre rassemblement. Il a beaucoup trop tardé à dire ouvertement que la candidature de Marie-George Buffet était incompatible avec une logique unitaire.

                          J’ai proposé, sans succès, que nous mobilisions toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche pour choisir le candidat ou la candidate la mieux à même de porter notre message dans le cadre d’une campagne collective. Il ne s’agissait nullement de désigner des vainqueurs ou des vaincus mais de faire participer activement les citoyens et les citoyennes à la dynamique unitaire. C’était, aussi, une manière de construire un rapport de forces populaire. La résistance à cette proposition - qui prend pourtant d’autant plus de sens après que le Parti socialiste a su désigner, à sa manière, sa propre candidate - témoigne d’une incompréhension des attentes citoyennes en matière de participation active aux choix politiques.

                          Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

                          Pour l’heure, et sous réserve d’événements qui changeraient profondément la situation actuelle, j’ai donc décidé de retirer ma proposition d’incarner notre rassemblement sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle.

                          Je n’entends pas, en effet, continuer de servir d’alibi unitaire à d’autres desseins, partidaires ou personnels. Je n’entends pas non plus semer des illusions auprès des amis et des camarades qui viennent, toujours très nombreux, soutenir la démarche de rassemblement dans les meetings. Je n’entends pas m’engager pour autre chose qu’une démarche unitaire et populaire visant à modifier durablement, à l’occasion de l’élection présidentielle, la donne électorale à gauche.

                          Je poursuivrai naturellement le combat avec vous toutes et tous, sur les bases stratégiques et programmatiques qui sont les nôtres. La création des collectifs unitaires est le signe d’une volonté de construire un espace politique nouveau, après la victoire des collectifs du « non », il y a dix-huit mois. Nous trouverons ensemble, j’en suis sûr, les voies les plus adéquates pour participer activement aux prochaines échéances électorales législatives, municipales et cantonales, à l’occasion desquelles nous espérons bien porter haut et fort le message de la gauche anti-libérale.

                          Fraternellement,

                          José (bové)


                          • www.jean-brice.fr (---.---.145.155) 29 novembre 2006 09:15

                            Je pense que votre décision est sage, car vous pourrez peser au deuxième tour pour que le « NON » au référendum ne soit pas inutile !


                          • Martin Kellenborn 30 décembre 2006 21:07

                            Monsieur Bové

                            Cela faisait longtemps que vous me donniez de l’urticaire mais ce n’est pas le système politico-médiatique qui vous nourrit qui pouvait me permettre de vous faire part de l’infini désagrément que vous me causez.Merci d’avoir pointé votre nez à Agoravox pour entendre ce que ni Libé, ni le Monde n’auraient retransmis à vos oreilles

                            Monsieur Bové ; des montagnes nous séparent : moi je suis fils de paysan, démocrate et républicain dans le pays des chouans !

                            - « fils de paysan » ce qui signifie, comme l’a rappelé un porte parole de la Confédération paysanne dans un récent article que quand on a cette culture on ne détruit pas des cultures , surtout cultivées par des paysans.

                            - démocrate ce qui signifie que je fais , à priori , confiance aux choix qui ont été opérés par les représentants du peuple

                            - républicain ce qui signifie que chacun est dans une situation d’égalité devant la loi et devant la justice !

                            Vous n’êtes ni l’un ni l’autre ni surtout le troisième : fils de bourge vous incarnez cette morgue des bobos devant le peuple non démocrate , vous l’êtes amplement en considérant que la loi de Bové est vox populi, non républicain vous l’êtes en vous considérant au dessus des lois de la République !

                            Vous devriez être à ce jour en prison mais bénéficiez clairement de cette atmosphère crépusculaire qu’est aujourd’hui le régime chiraco- sarkoziste où l’on peut perdre son emploi en conduisant sa voiture mais où l’on reste impuni dès lors que l’on a réussi à faire valoir une sorte de droit à la discrimination positive laquelle vaut d’abord pour l’affranchi de la légalité républicaine que vous êtes.

                            Que les choses soient claires ! vous pouvez ruiner le travail des agriculteurs et des chercheurs sans que la justice , plutôt prompte à voir en tout prévenu un pédophille potentiel, vous ait jamais sifflé la fin de la partie.

                            Si demain, j’allais incendier votre écologique maison au motif qu’elle est un exemple ostentatoire du sous-développement durable auquel vous nous menez, que m’arriverait il ?

                            Je vais , il est vrai, soulager votre conscience... en fait, les paysans vous les enculez , sauf lorsqu’ils vous donnent la possibilité de présider une organisation internationale ; les écologistes , vous les niquez puisque, semble -t-il vous êtes rétif aux contrôles dans votre propre exploitation........

                            On nous avait déja servi Tapie et Kouchner. Faute de trouver leur bonheur près du PS , les voila qui se disent près à trouver quelque sphincter accueillant dans le harem de Sarkozy.. C’est pour quand votre élection de sénateur PS dans le 93 ?


                          • (---.---.141.88) 28 novembre 2006 15:26

                            Il ne faut pas non plus oublier que la majeure partie du peuple souhaite une caste féodale, mais avec de « bons seigneurs » qui se préocuppent bien de leurs soumis.

                            Si la démocratie évolue, elle devra le faire par la reprise en main par chacun de sa destinée et l’impact de celle-ci dans la communauté et ses objectifs. Objectifs qui seront à redéfinir biensur. Créer un mouvement perpétuel de développement entre l’individualité et les différents niveaux de communautés qui l’englobe mais qui ne peuvent rien faire sans lui.


                            • FYI (---.---.33.228) 28 novembre 2006 15:48

                              Il est un fait que nous ramassons et accumulons une telle quantité de casserolles que tôt ou tard les nerfs vont craquer... smiley

                              Les prétendants sont sans prétentions, ne font rêver personnes et n’augurent rien de très joviale pour nôtre beau pays.... smiley

                              Il faut tout de même reconnaître que les résultats bien triste de ce pays est à l’image de ce peuple qui ne se mobilise pas assez smiley dans le sens où soit il est dans une passivité déconcertante (comme en ce moment et dans la majorité des cas), soit dans une hyper activité qui se dessine en violence sous forme de guerre civile (de temps en temps) smiley

                              Triste peuple que nous avons smiley

                              Pourtant j’avais un début d’espoir avec leur comportement face au TCE smiley


                              • Marc (---.---.194.176) 28 novembre 2006 16:26

                                Plusieurs blogs sur la Toile laissent entendre que Royal et Hollande sont séparés depuis belle lurette, et qu’en réalité Royal serait avec le super-patron Louis Schweitzer.

                                La vie privée de chacun le regarde mais, s’agissant d’une candidate « socialiste » à la présidentielle et d’un membre très influent du MEDEF, ce n’est pas un cas comme tant d’autres. Quels intérêts représente Ségolène Royal, et d’où lui viennent ses appuis de campagne électorale ?

                                On peut lire, en tout cas :

                                http://www.valeursactuelles.com/magazine/confidentiel/index.php?affiche=suivant&idaf=3628

                                PS Schweitzer avec Ségolène ?

                                La rumeur court le microcosme. Nommé par Jacques Chirac à la présidence de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et l’exclusion), Louis Schweitzer a, dit-on, pris fait et cause pour Ségolène Royal. Ancien président de Renault, il a notamment mis à disposition de la candidate socialiste son carnet d’adresses dans le milieu patronal. Sous le parrainage de celui qui est aussi l’ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon, quelques discrètes rencontres ont ainsi eu lieu entre grands patrons et Ségolène Royal. D’où ses prises de position sur les 35 heures ?


                                • (---.---.228.76) 28 novembre 2006 16:30

                                  ohlala.... ils vont être déçus les gogols.....


                                • winny l’ourson (---.---.125.230) 29 novembre 2006 02:22

                                  les gogols ? smiley et les zizis aussi !.........lol


                                • Robert (---.---.98.160) 29 novembre 2006 09:25

                                  « Quels intérêts représente Ségolène Royal, et d’où lui viennent ses appuis de campagne électorale ? »

                                  Excellent question, qu’on aurait déjà dû se poser sur Mitterrand et qui se pose pour tous ces grands partis, de « droite » comme de « gauche ».


                                • bernard29 candidat 007 29 novembre 2006 10:53

                                  « Les promesses on en a soupé ».

                                  exemple du cas de la rénovation démocratique Il y a 4 projets finalisés de 6 éme république, il y a de nombreuses propositions débattues ça et là dans les programmes des candidats mais Quelle est la volonté de changement des candidats .

                                  Le débat de la rénovation démocratique dans le cadre de la présidentielle est bien de savoir comment le candidat s’engage à rénover les institutions. La question la plus importante est donc celle des modalités de la procédure de la rénovation démocratique choisies par le candidat à la présidentielle.

                                  Les deux aspects de cet engagement procédural concerne le

                                  1) QUAND ? Le candidat à la présidentielle s’engage ‘il à ouvrir un grand débat public et citoyen sur la rénovation démocratique, dès son élection ? dans la première année ? pendant son mandat ? oubien ce n’est pas précisé ?

                                  2) COMMENT ? Le candidat à la présidentielle s’engage t’il sur une procédure claire et déterminée, de révision et de réforme des institutions ? ( Par un référendum ? par une constituante ?,par une débat législatif au Parlement)

                                  Selon la procédure retenue , on peut ainsi juger de la réelle volonté politique de changement des candidats et voter en conséquence. ou se battre pour demander des avoir des engagements précis. (http://changerlarepublique.over-blog.com/).

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