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Bye bye "troisième homme" !

Si l’on glose, à l’envi et au gré des sondages, sur la composition et l’ordre du tiercé du 22 avril, il ne faut pas oublier que le candidat arrivé effectivement troisième verra sa carrière sérieusement compromise. Car la quasi-totalité des politiques un jour "médaillés de bronze" à la présidentielle ne s’en sont jamais remis.

Dura lex, sed lex... La règle du jeu électoral est stricte, scrutin majoritaire oblige : il n’y a que deux places en finale. L’on aura beau épiloguer jusqu’au premier tour, sur le "suspense" de cette élection présidentielle, puisque quatre candidats (Sarkozy, Royal, Bayrou et Le Pen) se tiennent au coude-à-coude, il y aura forcément - si l’on peut se permettre cette lapalissade - un troisième ! Et si proche soit-il alors, à l’issue du premier tour, du duo des qualifiés (Jospin n’avait "que" 190 000 voix de moins que Le Pen en 2002, soit la population d’un petit arrondissement de Paris), ce candidat devra se soustraire, s’il aspire encore malgré tout à un destin national, à la malédiction qui semble peser sur tous les "médaillés de bronze" depuis 1965... Petit flash-back historique.

Le début de la fin

2002 : un "coup de tonnerre". "Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en me retirant de la vie politique", déclare alors Jospin devant un auditoire de militants effondrés. Si les électeurs ont tous gardé en mémoire ces images, ils ont également été témoins des efforts laborieux de l’ancien Premier ministre pour revenir depuis sur le devant de la scène, jusqu’à ses atermoiements lors de la primaire interne du PS, dont est sortie gagnante Ségolène Royal. 1995 : c’est Balladur qui endosse le costume du troisième homme, avec près de 19% des voix. S’il lance son fameux "je vous demande de vous arrêter" à la cantonade RPR, il semble également que sa carrière nationale se soit elle aussi arrêtée ce soir-là...1988 : Raymond Barre est le troisième cheval du tiercé. Dès lors, le "meilleur économiste de France", selon VGE, auquel même Mitterrand prédisait un destin hexagonal, disparaît en coulisses. 1974  : Jacques Chaban-Delmas, fort de son passage à Matignon, maintient sa candidature malgré celle de Giscard. Chirac jouera les tueurs à gages, en noyautant la campagne de Chaban, si bien que François Giroud lancera le fameux : "On ne tire pas sur une ambulance". Résultats du 1er tour  : 43% pour Mitterrand, 32% pour Giscard et...15% pour Chaban, qui partira finir sa carrière à la mairie de Bordeaux. En 1969, les deux finalistes sont suivis du communiste Jacques Duclos, à 21%. Score historique, mais début de la fin pour le PCF, qui va connaître une irrésitible érosion électorale, jusqu’aux 3% de Robert Hue, lors du dernier scrutin... Enfin, 1965 voit la disqualification, sur la dernière marche du podium, du centriste Jean Lecanuet, dont on ne retient aujourd’hui que l’éclatante dentition qui lui a valu son surnom de "Kennedy français"...

Techniques de survie

Quel avenir envisager pour celui, ou celle, qui ne pourra, de peu certainement, concourir le 6 mai ? Si la gauche, comme en 2002, n’est pas présente au second tour, il n’est pas absurde d’avancer que les ambitions élyséennes de Ségolène Royal soient alors à jamais compromises. Le PS pourrait imploser, et elle ne serait, de loin, pas la mieux placée pour en conduire la reconstruction en vue de 2012. Force est de constater, s’il en était encore besoin après cette campagne, qu’elle n’a jamais été une femme "d’appareil", rompue aux querelles de courants, et certains poids lourds socialistes (au premier rang desquels DSK) retrouveraient, avec cet échec, la liberté de bâtir le parti de "gauche moderne" qu’ils rêvent de diriger. En revanche, si François Bayrou échoue dans son entreprise, sa survie politique dépendra de sa capacité à garder un groupe parlementaire à l’Assemblée (il faut au moins 20 députés), et à maintenir soudée son écurie présidentielle, l’UDF, pour la prochaine compétition. Présent dans le trio de tête, Le Pen, sachant pourtant pertinemment impossible toute victoire, pourrait pour sa part ne pas lâcher la rampe, tant lui est difficile l’adoubement d’un dauphin, et se contenter de vivoter en éructant contre "l’establishment". Enfin, l’absence de Nicolas Sarkozy le 6 mai pourrait-elle marquer la fin de son rêve présidentiel ? Même si cette hypothèse hautement improbable se produisait, et que la gauche gagnait, le candidat UMP resterait maître du premier parti de France en nombre de militants, et puissant chef d’opposition. Et nul doute qu’il songerait au parcours du seul homme arrivé un jour troisième dans la course, mais s’en étant plutôt bien remis par la suite... C’était en 1981, et il s’appelait Jacques Chirac.

par Mlle Canarde (son site) vendredi 6 avril 2007 - 47 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.210) 6 avril 2007 11:57
    non666

    Si le debat est devenu aussi chaud, c’est bien sur parce que les deux candidats auto-proclamés finalistes savent qu’ils devront payer le prix du resultat, surtout s’il est mauvais.

    La droite a misé tous ses oeufs dans le meme panier. Sarkozy s’est imposé , avec l’aide des medias, sans debat interne. Royal est la candidate du renoncement ideologique pour la victoire, qu’elle qu’en soit le prix...

    Alors si un seul de ces deux la, loupe le deuxieme tour, les Dieux reclameront des sacrifices humains, c’est sur.

    Et si les deux flanchent, ce sera l’Olympe qui s’effondrera et avec elle tous les organisateurs de cette comedia del arte geante.

    Medias, sondeurs, conseiller de com, tous les mercenaires et profiteurs de la democratie ont leur destin en jeux. Que du bonheur !

  • Par Yannick J. (xxx.xxx.xxx.226) 6 avril 2007 11:57
    Yannick J.

    intéressant article qui souliggne à quel point la survie politique se joue de petits rien...

    Pour abonder en votre sens m’dame coincoin, j’ajouterai que :
     pour JMLP, la relève est asurée par sa fille, qui risue d’être bien plus "percutante" dans une élection future tant elle maitrise mieux la communnication que son père...

     Pour Ségolène, effectivement la vie politique risque de s’arrèter tout net car son hold up sur base de sondage lui sera certainement repproché... En revanche le PS se devra de tout revoir à la base pour repprendre son identité.

     Pour Nicolas, il a déjà prouvé qu’il savait rebondir, une fois de plus il aura un parti plus qu’établi donc il patientera 5 ans...

     Pour françois, la done est plus complexe, en effet, si il ne passe pas alors son désir de changer le bipartisme s’envole et sa capacité à mobiliser aussi...Îl n’aura pas le pardon de l’élu s’il est de droite et de ce fait on risque de constater sa retraite politique.. ou alors il se cramponne et patiente 5 années, années pendant lesquelles il travaille patiemment pour son idéal de multipartisme...

    excellent article au demeurant, sans parti pris, agréable ça !!!!

  • Par CedricA (xxx.xxx.xxx.106) 6 avril 2007 12:40

    Un article du printemps dernier annonçait l’éventualité d’une mort politique de Bayrou à 12% mais de la renaissance de l’UDF et la mise sur le devant de la scène de personnes comme Hervé Morin et Marielle de Sarnez appelés à lui succéder.

    Aujourd’hui, avec la campagne qu’il fait, quelque soit le résultat de Bayrou, élu ou pas, il a déjà contribué à chambouler les lignes. Dans un parti reconstruit comme l’UDF appelé à jouer un rôle, il est probable qu’il ait tjs un avenir.

    Ce n’est pas du tout vrai pour N Sarkozy que les chiraquiens attendent au tournant pour le flinguer, ni pour S Royal qui sera écrabouillée par les éléphants.

  • Par Canardo (xxx.xxx.xxx.236) 6 avril 2007 21:42

    1988 : Voter PS pour barrer la route à Chirac (malgré turpitudes Mitterand & instrumentalisation extrème droite).

    1995 : Voter Jospin pour droit d’inventaire monarchie constitutionnelle & égouts Mitterandisme, pour espoir gauche plurielle, non dogmatique, réaliste & imaginative

    2002 : Obligé Voter Chirac au 2ème tour pour conserver démocratie (Merci au PS du fossoyeur Jospin : impuissance avouée, imagination zéro, réformisme couard)

    2007 : Obligé VOTER BAYROU AU 1ER TOUR (AVEC DES GANTS ! Merci au PS, prêt à présenter Pétain pour barrer la porte à Bonaparte !) :

    IL N’Y A PLUS D’AUTRE ALTERNATIVE POUR BARRER LA PORTE A LA DROITE CAR SR PERD AU 2EME TOUR DANS TOUS LES CAS DE FIGURE !

    Le PS, la gauche caviar, les bobos, les ISF, on s’en fout, leur stratégie historique montre qu’ils sont prêts à tous les reniements (Déat Marquet, Mollet, Mitterand, Royal).

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