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Accueil du site > Actualités > Politique > C’est clair, c’est non !

C’est clair, c’est non !

​ ​​​​Nous sommes le 29 mai 2005 mais en regardant la télévision et les interventions des responsables politiques de droite comme de gauche, en faveur du oui ou du non, tout semble nous ramener à un certain 21 avril. Et il y a de quoi être inquiet : chacun pense à son siège, à sa future carrière politique. Ce n’est pas très joli. A quoi le non doit-il sa victoire ? A l’absence, depuis de nombreuses années, d’informations, d’explications de la part de nos élus. De tous bords confondus. Attendre les six derniers mois pour parler d’Europe ne suffit pas. Ils n’ont donc rien compris.

L’élargissement de l’Europe est resté un non événement aux yeux des Français et rien n’a été organisé pour en dévoiler toute son importance. Le fait est qu’en France on est capable de créer une énorme piste d’athlétisme sur les champs Elysées, le temps d’un week-end pour les JO, mais rien pour parler de l’Europe. On est capable de recevoir en grande pompe le président chinois pour sensibiliser les Français à l’ouverture de notre pays vers la Chine mais, là encore, on ne fait rien pour parler de l’Europe.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les Français aient peur de la Turquie, ou de tout autre élargissement. Les médias avaient un rôle à jouer. Mais mettre l’Union au cœur de l’information était visiblement trop exigeant. Comment peut-on pourtant décemment accepter le manque d’actualité européenne dans les JT ? Il est grand temps de revoir notre façon de faire, de s’ouvrir vers l’extérieur, de comprendre ce qui se passe ailleurs, d’étudier les réussites et les échecs des uns et des autres, de traiter l’information dans un cadre européen.

Utiliser les six derniers mois pour parler d’Europe n’aura donc pas suffit pour expliquer les réels enjeux de la construction européenne. L’élite, les associations européennes qui vivent pleinement l’Union au quotidien n’ont pas vu le décalage s’installer, quand bien même en auraient-il été avertis. Présenter ses idées devant des militants, des étudiants de Science Po ou devant des clubs parisiens est une bonne chose mais peut-être aurait-il aussi fallu le faire davantage dans les lycées professionnels, auprès des jeunes travailleurs, dans les villages. Tout simplement aurait-il fallu sortir des cercles avertis et aller sur le terrain. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes. 60 % des jeunes de moins de 25 ans auraient voté non. Rien d’étonnant à cela. Personne ne les écoute et ni ne les comprend. Pis, bien souvent sont-ils ignorés. Pour s’en convaincre, nul besoin de remonter bien loin en arrière. Les dernières élections européennes suffisent. Pas un seul jeune n’était en position éligible. Bien sûr, certains apparaissaient. Mais en fin de liste, à la place du remplaçant du remplaçant ! Si plus de jeunes occupaient de vrais postes politiques nul doute que la situation serait toute autre. Imaginez ce qui se serait passé si une dizaine de jeunes français avaient été élus députés européens. Quant aux abstentionnistes, 30 % pour un tel référendum est encore trop. Un espoir ? Les Français seront désormais plus attentifs à l’Europe. S’y intéresseront. J’espère....

Laurent Delporte est ancien président du Parlement européen des jeunes


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2 réactions à cet article    


  • enokols (---.---.54.176) 4 juin 2005 19:12

    Le 21 avril est devenu le symbole affligeant de tout evenement politique inatendu. C’est facile, et puis ca fait slogan bon marché :« la victoire du non : 21 avril bis » et pah ! Non, pas d’argumentation pour etayé un quelconque rapport entre ces deux evenement, simplement la formule afin que tout le monde prenne conscience du drame qu’a été le refus francais.

    Pourtant, puisque cette assimilation nous est rabacher par la bien pensance, je tiens a contredire et affirmer ce qui me semble d’une evidence candide. Le Non Francais a rassemblé 54% des electeurs, le resultat a donc ete tres bien acceuillit pour une majorité de francais - or il est evident qu’une tres grande partie des electeurs ont été choqués et revolté apres le 21 avril. De plus, le 21 avril a connu un tel seisme politique car l’abstension avait été tres importante - favorisant la representation de l’extreme droite. A l’inverse, et contrairement a ce que vous dites, la participation au scrutin sur le traité constitutionnel a été tres importante pour un referendum, prouvant que les francais se sont interressés a l’Europe et a son projet, mais ont simplement refusés celui-ci. L’expression democratique ne pouvait que condanner un tel carcan libéral -etablissant un regime libérale que meme la democratie n’aurait pu contredire puisque ce regime economique est defini constitutionnelement.

    Enfin, si vous avancer l’idée que la campagne a été bien trop courte, je vous ferait remarquer que le oui etait il y a 6 mois largement en tete, et c’est au contraire l’information et la reflexion non strictement orienté vers un vote « positif » « necessaire » « d’avenir et de modernité », en bref, le-oui-que-vous-devez-votez-si-vous-etes-un-bon-citoyens-qui-aime-l’europe, c’est l’eclairage de certains passages de la constitution (comme l’interdiction de toute restriction aux delocalisations, comme le renforcement de la commission, comme le sacrement de la libre concurrence...) qui ont permis cette victoire du non. Un non qui n’est pas paranoiaque mais pragmatique - un non qui n’est pas xenophobe, qui nest pas sovietique, mais qui espere juste une Europe Democratique dont la politique economique n’est pas decidé par une constitution


    • kelo (---.---.1.153) 9 juillet 2005 19:41

      J’adore le terme « carcan liberal », muni d’un dictionnaire on apprecie encore plus le non sens de cette construction :)

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