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Accueil du site > Actualités > Politique > C’est insupportable !

C’est insupportable !

Les cris d’orfraie ministérielle se succèdent au même rythme que leurs propres affaires. Les uns crient leur insupportable souffrance devant les caméras, tels le ministre Woerth et les secrétaires d’Etat Joyandet et Blanc. Dans le même temps, d’autres comme la secrétaire d’Etat Morano ainsi qu’un ex-ministre, patron du Mouvement Populaire, crient respectivement au populisme et au fascisme.
 
La presse est visée. Celle de l’Internet libre en particulier.
 
Insupportable, populiste, fasciste… est cette satanée presse indépendante et électronique. Elle est qualifiée de ces mots pour s’être permise de révéler que :
 
  • certains ministres louent des jets privés à grands frais pour être à l’heure à telle ou telle réunion avec Nicolas Sarkozy ;
  • d’autres débitent les caisses de l’Etat de 12 000 euros pour l’achat de cigares ;
  • et enfin, dernièrement, qu’un ex-ministre du budget et des fraudes au fisc, était aussi, et concomitamment, trésorier du Mouvement Populaire et mari d’une spécialiste en gestion financière, salariée d’un cabinet de conseil en charge de gérer la fortune de la Dame la plus riche de France. Dame ayant par ailleurs avoué, elle-même et de son plein gré, qu’elle n’était finalement pas en règle avec toutes les lois de la République en matière de déclaration fiscale.
 
Rappelons-nous, qu’il n’y a pas très longtemps, les mêmes mots avaient été utilisés contre cette presse qui avait révélé que Jean Sarkozy, 22 ans, en 2e année de droit, allait devenir président du quartier des affaires de la Défense !
 
Pour avoir découvert toutes ces affaires, les collaborateurs de l’Etat sonnent encore la charge contre la presse Internet. Nicolas Sarkozy lui-même se mêle aux cris et hurle à la calomnie.
 
Les ministres accusent même cette presse de dénoncer sans preuve.
 
Sans preuve les avions Falcons 7X loués pour des allers-retours à 119 000 euros pour l’un et 130 000 pour l’autre ! Sans preuve les cigares payés sur le Trésor public ! Sans preuve le conflit d’intérêt entre l’ex-ministre du budget et des fraudes au fisc, son épouse et la Dame.
 
Sans preuve non plus les 50 000 euros en liquide que pouvait faire retirer, plusieurs fois par mois à la banque BNP Paribas, la très richissime Dame !
 
Le gouvernement prendrait-il les citoyens pour des demeurés ? Si c’est le cas, son comportement est insupportable !
 
En effet, de qui se moque-t-on ? Les preuves sont les factures des compagnies de jets privés et les virements que le Trésor public a effectués. Pour les cigares, c’est aussi le Trésor public qui les a payés. Il y a juste à regarder les comptes. Cela paraît tellement évident ! Faut-il une commission d’enquête parlementaire pour vérifier simplement cela ? Sachant de toute façon que les ministres ont reconnu, de leur plein gré, avoir utilisé ces avions et fumé ces cigares.
 
Alors, insupportable pour qui ? Pour les présumés coupables-innocents ou pour le contribuable ?
 
Quant aux retraits d’argent liquide fait chez BNP Paribas, la loi contre les gros mouvements en espèces est claire. Initiée pour lutter contre les mouvements frauduleux et mafieux, la banque doit obligatoirement les déclarer à la cellule TRACFIN, sise chez le ministre des finances lui-même. BNP Paribas l’a-t-elle fait ? Si c’est exact, qu’a fait TRACFIN ? Dans le cas contraire, il faut juste consulter les relevés des comptes bancaires de la Dame, chez BNP Paribas. Tout retrait d’espèces figure au débit d’un compte. Faut-il, là aussi, une commission d’enquête parlementaire pour vérifier cela ?
 
Ceci est tout simplement insupportable du point de vue du citoyen observateur lambda !
 
Face à cela, beaucoup demandent à Nicolas Sarkozy de parler.
 
Oui, mais pour dire quoi ?
 
Dire que depuis 2007 il n’a pas toujours donné le bon exemple ?
 
Dire, qu’il a bien demandé aux ministres présumés coupables-innocents de démissionner, alors que ces mêmes ministres prétendent que le chef de l’Etat lui-même leur a demandé le contraire, afin de ne pas contrarier son propre agenda qui avait prévu de les virer seulement en octobre 2010 ?!
 
Dire qu’il y a des choses plus sérieuses que ces conflits d’intérêt et ces petits mouvements de 50 000 euros par semaine entre la richissime Dame et des partis politiques.
 
Dire qu’il faut rapidement revenir à l’essentiel, tel qu’il l’avait annoncé : réduire les impôts sur les successions, instaurer un meilleur bouclier fiscal, défiscaliser les heures supplémentaires, réduire la pauvreté et le nombre de personnes laisser sur le bord du chemin, rechercher avec les dents une croissance de 3 %..., mais aussi, en finir avec les rois fainéants qu’étaient semble-t-il les anciens présidents, en finir avec le juge d’instruction, en finir avec une télévision d’Etat dont le patron n’est pas nommé par Nicolas Sarkozy intuitu personae…
 
Comment Nicolas Sarkozy peut-il intervenir de façon crédible et supportable, non pas pour sauver certains de ses ministres et collaborateurs, mais pour tous les citoyens et citoyennes du pays ?
 
En tout cas, ces derniers jugeraient insupportable qu’il remette en cause la liberté de la presse indépendante et électronique !
 
 
Photo : ©2010 Reuters

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22 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 8 juillet 2010 09:59

    Même devant les faits vérifiés, avérés, prouvés, ils continueront à nier le nez dans leur m… pour distiller le doute. Leur arme c’est la communication. Peut importe que ce qu’ils disent soit faux, le principal est de le marteler sur les médias compatissants afin de faire douter. Ce système là, il le pratique depuis des années, le meilleur exemple en est le beau roman sur les déficits publics. Pas d’argent pour les retraites ou la sécurité sociale mais bizarrement il y en a pour les banquiers, leurs salaires, leurs petites enveloppes, le bouclier fiscal etc etc… , cherchez l’erreur ? N’oubliez pas, de l’argent il y en a. Le problème c’est la répartition, la justice. 


    • Alpo47 Alpo47 8 juillet 2010 20:04

      Une passionnante étude sociologique sur le fonctionnement des ces castes héréditaires :

      http://www.rue89.com/entretien/2010/07/04/affaire-woerth-comment-on-se-rend-service-dans-le-gotha-157378


    • liberta 8 juillet 2010 11:05

      « Les cris d’orfraie » sont orchestrés en haut lieu et ont la voix qui porte


      Il suffit d’aller sur les forums des journaux affidés à Sarkozy, pour se rendre compte que leurs comédies musicales ont leur supporters

      Une partie des citoyens est encore noyé sous le charme et Les 2 Daltons Lefebvre et Paillé font encore de l’audience malgré leurs représentations comiques

      La Sarkozie, malgré sa descente en vrille a ses admirateurs, donateurs, défenseurs et la chute finale bien que prévisible, n’est pas encore certaine


      • bonsens 8 juillet 2010 11:48

        mettez tous les voleurs en prison , et avec une peine d’autant plus forte qu’ils se sont obstinés plus longtmps à nier les faits par des manoeuvres dilatoires


        • sisyphe sisyphe 8 juillet 2010 14:45

          La justice française étant aux ordres (confier l’affaire Woerth au juge Courroye ; connu pour ses amitiés avec Sarkozy relève, carrément de la provocation) ; n’y a-t-il pas moyen de saisir la Cour Européenne, pour conflits d’intérêt ; que toutes ces affaires soient jugées par une justice impartiale ? Cette Cour est elle habilitée à intervenir dans les affaires internes des états membres ? Ou y a -t-il une autre juridiction, à l’échelle européenne, habilitée à traiter de ce genre d’affaires, sous l’égide du respect du droit international ? 

          Si quelque internaute juriste pouvait répondre à cette question ; merci d’avance.. 


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 juillet 2010 17:12

            La Cour Européenne (de justice ou des droits de l’Homme) ne peut être saisie que lorsque tous les recours nationaux ont été épuisés (première instance, appel, cassation). Cette règle ne s’applique que si le requérant invoque un cas individuel.


            Pour dénoncer l’iniquité d’une mesure législative ou constitutionnelle, d’une pratique judiciaire ou administrative, il convient d’effectuer un signalement auprès de la Commission européenne. C’est elle, en tant que gardienne des traités, qui veille à l’application du droit communautaire signés par tous les États membres. Autant dire qu’il faut avoir du temps, de l’argent, un dossier solide et une armée de juristes à disposition. Surtout pour une notion aussi nébuleuse que le conflit d’intérêt. 

            Extrait :

            «  Si la Commission européenne considère qu’il peut y avoir une violation du droit de l’Union justifiant l’ouverture d’une procédure d’infraction, elle adresse à l’État membre concerné une lettre dite de « mise en demeure », l’invitant à présenter ses observations dans un délai déterminé.

             L’État membre mis en cause doit prendre position au regard des éléments de fait et de droit sur lesquels la Commission européenne fonde sa décision d’ouvrir la procédure d’infraction. 

            Sur la base de la réponse de l’État mis en cause ou en l’absence d’une réponse, la Commission européenne peut décider de lui envoyer « un avis motivé », où elle expose clairement et à titre définitif les raisons pour lesquelles elle estime qu’il y a violation du droit de l’Union et par lequel elle enjoint à l’État membre de se conformer au droit de l’Union dans un délai prescrit (normalement deux mois). 

            Le but de ces contacts formels est de déterminer s’il y a vraiment une violation du droit de l’Union et d’essayer, lorsqu’il y a une infraction, d’y remédier à ce stade sans avoir besoin de recourir à la Cour de justice. 

            Compte tenu de la réponse, la Commission européenne peut aussi décider de ne pas poursuivre la procédure d’infraction, par exemple quand l’État membre s’engage de façon crédible à modifier sa législation ou la pratique de son administration. La plupart des cas peuvent être résolus ainsi. » 



          • sisyphe sisyphe 8 juillet 2010 17:40

            Ok ; merci, Peachy !

            Autant dire qu’on n’est pas près de voir aboutir cette affaire ; d’autant que des pressions (du parquet, of course) commencent à s’exercer sur la comptable...


          • Dominitille 8 juillet 2010 15:11

            Jean Sarkozy a t-il enfin fini son cursus scolaire de 2 ans fait en 5 ? Il faudrait à présent qu’ il libère sa place pour un autre étudiant. Il l’ a assez réchauffé ce banc sur lequel il s’ est assis pendant 5 ans, va devoir être refait à neuf, usé comme il l’ est. 


            • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 juillet 2010 17:25

              Aux dernières nouvelles il est toujours un bizut de deuxième année. Mais il a des circonstances atténuantes à faire valoir. Je crois qu’il est débordé par une surcharge de travail due à son job d’étudiant du coté de l’EPAD.


            • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 juillet 2010 17:27

              ... un job alimentaire. Le pauvre garçon est issu d’une famille de nécessiteux.


            • Dolores 9 juillet 2010 08:19


              Surtout qu’on nous serine que redoubler coûte cher à l’état et qu’on doit faire des économies !


            • Le Gros Caillou Le Gros Caillou 8 juillet 2010 15:59

              Sarkozy et sa fanfare sont-ils réellement au service des français ou exercent-ils pour d’autres desseins ?


              • Login Login 8 juillet 2010 16:24

                De mon point de vue, le débat sur les politiques est dépassé et c’est simplement parce que la chose n’est pas, ne peut être, indépendamment jugée que l’on en débat encore. Quelque fois, ils me donnent l’impression de jouir de l’instant comme si demain n’allait pas exister ! Mentir, peu importe... Mais qui demain pourrait accorder la moindre confiance à Lefebvre, Bertrand, Bachelot, Copé, Lagarde, ..., Woerth, Hortefeux ou Sarkozy ! 
                N’est ce pas aussi parce qu’ils sont convaincus que les hommes et femmes de l’autre camp ne valent pas mieux qu’ils agissent ainsi. Là ou ils se trompent, ce que beaucoup (plus de 60% au minimum), et de plus en plus, ont la même lecture sur les uns et les autres, un groupe qui a confisqué la démocratie en contrôlant l’accès au débat. C’est peut-être pour cela, qu’aujourd’hui il apparait que l’objectif de la classe politique dans sa majorité par son action ou son manque de réaction, est clairement de détruire les contre-pouvoirs comme le 
                dit Eva Joly. 

                Incroyable que plus de 20% de la population puisse encore avoir un avis favorable, s’identifier à ces personnages ! 

                S’il y avait quelque chose à faire, c’est lancer une souscription nationale auprès du citoyen pour mettre en place un groupe de lobby et de pression nationale, a-politique, en démocratie directe, géré en transparence, s’appuyant sur les structures coopératives et territoriales citoyennes, exploitant toutes les ficelles de la justice et du droit pour en terminer avec ces mafieux, pratiquer le boycott, mettre en place le syndicat des abstentionnistes dont beaucoup
                le sont à défait d’alternatives...

                 Imaginez demain que nous décidions de fermer nos comptes dans la banque X et les transférer sur la banque Y jusqu’à la mettre à genoux (20 à 30% de leurs clients jouent 
                le jeu, c’est dans la fourchette des 60% qui jugent la classe politique corrompue, non ? ), la racheter pour y préserver l’emploi et y recentrer ses missions sur l’intérêt public et le développement économique.... 35 millions d’internautes.

                 L’outil est là et si nécessaire, il serait hébergé en Islande ! 



                • Blé 8 juillet 2010 17:30

                  Monsieur Woerth a peut-être rien à se reprocher, après tout il a droit à la présomption d’innocence, cependant, il a eu quelques petits problèmes dans l’Oise.

                  Quand Woerth va être devant les partenaires sociaux pour négocier (ou faire semblant) les retraites, ne vont-ils pas penser à la Dame la plus riche de France et aux enregistrements ?

                  Le gouvernement est obligé de reporter l’âge de la retraite à 62 ans (les caisses sont vides) et de rendre un chèque de 38 millions de trop perçu de l’état (les caisses sont trop pleines).
                   Cela fait quand même tout drôle de mettre ces deux situations côte à côte.


                  • Taverne Taverne 8 juillet 2010 18:48

                    Estrosi, Morano et Raoult tiennent des propos à vomir. Ils font honte à notre pays et ils disqualifient leur camp par la même occasion. Leur perte de sang-froid et leurs injures graves, leur calomnies, finalement ne servent qu’à une seule chose : ils démontrent à l’opinion que la presse a raison de s’acharner. Et on a envie crier « hourra ! encore  ! encore ! Vive la liberté de la presse ! »

                    La France, c’est la liberté. La liberté, tu l’aimes ou tu la quittes !


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 8 juillet 2010 19:12

                      C’est insupportable !

                      c’est le cri que pousse la grenouille endormie dans la casserole d’eau bouillante...mais c’est aussi celui des « collaborateurs de l’Etat sonnant encore la charge contre la presse numérique  »...

                      Mais en fait, c’est surtout insupportable pour la classe qui travaille, qui elle, n’a pas le temps de se plaindre et va supporter les frais de ces gabegies financières.

                      En résumé, ceux qui crient d’or frais sont les derniers concernés par l’injustice libérale générant les inégalités qui pèsent sur le monde du travail déjà lourdement ponctionné de partout, seulement voilà, le pouvoir ne les entend pas. Voici ce qu’écrit jacques Lamauragne à ce sujet :

                      " Voilà ce que M. Sarkozy n’a pas craint de déclarer ce 6 juillet ! “J’aimerais tellement que le pays se passionne pour les grands problèmes… les retraites,…” Donc, 1 million et demi de Français dans les rues le 24 juin dernier, ce n’est pas pour le Président de certains Français la manifestation de la passion de nombre de ses concitoyens pour le grand problème des retraites…. Et puis, faisant l’accablé (! !!) : “Quelle époque, quel abaissement” a soupiré M. Sarkozy, avant de dénoncer “une époque où on s’intéresse plus à la personne qui crée le scandale…” Or donc, si on comprend bien le propos (lapsus) présidentiel, M.  Woerth - qu’il entendait ainsi défendre - est bel et bien la personne qui a créé le scandale !!!! Ceci dit, les aboyeurs de l’UMP ne peuvent plus s’en prendre à la presse et/ou aux Socialistes. M. Sarkozy lui-même a montré du doigt le véritable auteur du scandale !!! CQFD !!!!
                      jf.

                      www.lamauragne.blog.lemonde.fr

                      Ce texte était apparu comme article, sa place est bien en commentaire que je trouve avisé et décide de retranscrire.


                      • BA 8 juillet 2010 20:22

                        Florence Woerth, l’épouse du ministre du Travail éclaboussé par l’affaire Bettencourt, a demandé au parquet de Nanterre à être entendue dans les meilleurs délais, a annoncé jeudi son avocat.

                        Elle a écrit au procureur de Nanterre, Philippe Courroye, « afin de lui décrire les conditions de son embauche et les fonctions qu’elle a exercées », a dit Maître Antoine Beauquier dans un communiqué.

                        http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE6670OB20100708

                        Pourquoi Florence Woerth a-t-elle écrit au procureur de Nanterre Philippe Courroye ?

                        Parce que Philippe Courroye est un ami : lui-aussi fait partie du clan Sarkozy.

                        Lisez ces enregistrements dévastateurs : ce sont deux dialogues entre Liliane Bettencourt (L.B.), Patrice de Maistre son gestionnaire de fortune (P. de M.), et Fabrice Goguel son avocat (F.G.) :

                        12 juin 2009.

                        – P. de M. : Bonjour, Madame. – F.G. : Bonjour, comment allez-vous ? – L.B. : Bien. Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vu ! – F.G. : Une semaine. Je suis ravi que vous trouviez le temps long quand vous ne me voyez pas, mais…– L.B. : Alors, où en sommes-nous ? – F.G. : Je sors du bureau du procureur de la République. Je suis allé discuter avec M. Courroye, le procureur, du dossier. J’ai voulu lui expliquer pourquoi vous refusiez qu’il y ait une nouvelle expertise [médicale]. – L.B. : Est-ce qu’il a compris, d’abord ? – F.G. : Je pense qu’il a compris, mais ça l’ennuie. En réalité, il voudrait faire juger l’affaire par l’expert. Pour lui, en fait, l’expertise est une façon de ne pas avoir de décision à prendre lui-même. Donc, il est déçu que vous n’acceptiez pas l’expertise. Mais je lui ai expliqué que vous aviez le sentiment que c’était votre fille qui poussait toute cette procédure. – L.B. : Il faut lui dire que je suis expertisée tout le temps ! (De Maistre rit.) – F.G. : C’est un peu ce que je lui ai dit. (Elle rit.) Je lui ai dit qu’il y avait une question de dignité de votre part, et que refuser de se contenter des expertises que vous avez déjà faites, ce serait sous-entendre qu’elles auraient pu être manipulées, qu’elles ne correspondraient pas à la vérité, et que vous trouvez que ce serait contraire à votre dignité. – L.B. : (S’adressant à de Maistre.) Vous êtes d’accord ? – P. de M. : Cent pour cent. – F.G. : La conclusion de cet entretien, c’est qu’il va réfléchir maintenant au dossier. Et il ne m’a absolument pas dit s’il allait arrêter l’affaire ou s’il allait saisir le tribunal. […] Il n’y aura en tout cas pas de juge d’instruction. – P. de M. : Moi, j’ai été appelé par l’Elysée pendant que Maître Goguel était chez le procureur, et donc j’y vais cet après-midi. Je ne sais pas ce qu’il va me dire. Mais, enfin, tout le monde suit ce cas. – L.B. : Qui va me voir ? – P. de M. : Non, moi, je vais à l’Elysée cet après-midi puisque le conseiller de Sarkozy m’a appelé ce matin – je ne lui avais rien demandé – pour me dire : « Je sais que Maître Goguel est chez le procureur et je veux vous voir. » […] Donc peut-être que cet après-midi, j’aurai quelque chose de nouveau. – L.B. : C’est quand même plutôt bon signe, non ? – P. de M. : Oui, il suit l’affaire…– L.B. : Et s’il s’en lavait les mains ? – P. de M. : Il suit l’affaire. Mais ils font ce qu’ils peuvent. C’est Courroye qui est le nœud du truc. C’est pas Sarkozy, c’est Courroye. – L.B. : Il est gêné aux entournures. – F.G. : Courroye aussi est très gêné. Il a très peur de devoir prendre une décision. Il pense qu’il y a des risques. C’est pour ça qu’il aurait préféré l’expertise, qui lui aurait évité le risque. – P. de M. : En tout cas, Maître Goguel et moi, on est tout à fait derrière vous pour dire que les expertises, ça suffit. Vous en avez eu assez. Et il ne peut pas vous l’imposer. – F.G. : D’autant plus que – il me l’a dit ce matin – l’expertise qu’il voulait aurait été quelque chose de très long et de très approfondi, donc de très désagréable pour vous. Il voulait faire beaucoup de recherches…

                        21 juillet 2009.

                        – L.B. : Vous êtes content ? – P. de M. : Je suis très content. Pour vous. – L.B. : Pourquoi ? – P. de M. : Euh, il faut vraiment que ça ne parte pas vers François-Marie [Banier] ce que je vais vous dire. J’ai eu l’Elysée et l’Elysée m’a dit que…– L.B. : Qui ? – P. de M. : Le palais de l’Elysée. Le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il m’a appelé, il y a… – L.B. : Sarkozy ? – P. de M. : Non, son conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous. Et il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l’affaire. Donc, voilà. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà.

                        http://www.lepoint.fr/societe/document-affaire-bettencourt-les-enregistrements-secrets-05-07-2010-1211175_23.php


                        • croacroa 9 juillet 2010 00:48

                          Bon , finalement la wallonie a décidé d etre rattachée aux pays bas....


                          • Bleu Montréal 9 juillet 2010 02:09

                            Tout à fait d’accord. C’est insupportable, ils sont insupportables !!

                            Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de soulèvement populaire face à un tel pillage, un tel irrespect.


                            • BA 9 juillet 2010 10:22

                              Dans son édition à paraître samedi 9 juillet, Marianne publie en exclusivité les fameux « carnets Bettencourt », ces cahiers de caisse sur lesquels Claire T., l’ex-comptable de la richissime héritière du géant des cosmétiques L’Oréal, notait scrupuleusement chaque retrait d’argent liquide (environ « 50.000 euros par semaine ») en précisant à qui cet argent était destiné. Un carnet de bord qu’elle a tenu au jour le jour, avec une incroyable minutie, de la date de son embauche en mai 1995 jusqu’à celle de son licenciement en novembre 2008.

                              Marianne s’est en effet procuré l’un de ces cahiers, le plus instructif sans doute, celui de l’année 2007. Et plus précisément les pages qui concernent les mois de janvier à avril, c’est-à-dire les quatre mois qui précédèrent l’élection présidentielle et la victoire de Nicolas Sarkozy.

                              Ces carnets de caisse, qui sont depuis mercredi dernier entre les mains des policiers de la Brigade financière et de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), comportent, mois par mois, de façon manuscrite, la date de chacune des opérations réalisées en liquide, la désignation de l’opération et, bien sûr, les recettes (l’argent liquide tiré à la banque) et les dépenses. Avec, à la fin de chaque mois, une balance des opérations.

                              Première constatation : Claire T. a dit vrai aux enquêteurs. A la date du 26 mars 2007, elle a bien noté, dans la colonne « recettes », un retrait d’argent liquide de 50.000 euros, désigné « BNP ». La BRDP a d’ailleurs retrouvé, à l’agence BNP-Paribas de l’avenue de La Grande-Armée à Neuilly, la trace de ce retrait d’argent, avec la certitude qu’une telle somme était retirée à cette agence au moins deux fois par mois.

                              Deuxième constatation, plus frappante : ces retraits en liquide étaient non seulement fréquents, mais très élevés : 45.000 euros le 9 janvier 2007, 50.000 euros le 14 janvier, 50.000 euros le 25 janvier, 50.000 euros le 2 février, 50.000 euros le 12 février, 45.000 euros le 20 février, 50.000 euros le 26 mars, 48.000 euros le 2 avril…

                              Au total sur quatre mois, de janvier à avril 2007, pas moins de 388.000 euros sortis en liquide !

                              Question : Tracfin, la cellule de renseignements financiers qui dépend du ministère des finances et lutte contre les mouvements suspects de capitaux, a-t-elle ou non été alertée par la ou les banque(s) concernée(s) ? Et si oui, Tracfin en a-t-elle informé Bercy ?

                              Ce qui est sûr, c’est que durant les treize années passées au service de Mme Liliane Bettencourt, Claire T. assure que sa patronne n’a jamais été inquiétée de près ou de loin par le ministère des finances ou celui du Budget. Mieux, pendant treize ans, Mme Bettencourt n’a jamais été contrôlée par le fisc ! Ce qui, au passage, contredit les propos d’Eric Woerth, ex-ministre du Budget, et de Philippe Parini, directeur général des finances publiques.

                              Laurent Neumann.


                              http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-carnets-Bettencourt-enfin-reveles-dans-Marianne_a194964.html?com


                              • BA 9 juillet 2010 11:32

                                Woerth : le rapport déjà contesté.


                                François Baroin veut « obtenir de l’inspection générale des finances (IGF) la preuve de l’absence d’intervention de son prédécesseur, Eric Woerth, dans le dossier fiscal de la milliardaire Liliane Bettencourt » constate Le Monde, mais la procédure choisie n’est pas habituelle.

                                « Le rapport n’a pas été commandé à l’IGF, comme il est d’usage, mais à son chef, Jean Bassères. L’IGF n’a pas travaillé selon ses méthodes habituelles, collectives, contradictoires et inquisitoriales. Ce ne sera pas un rapport de l’IGF, mais de son patron. Il a été confié directement par le ministre au haut fonctionnaire qu’il a nommé », souligne un ancien chef de l’IGF.

                                « Le délai très court imparti à M. Bassères pose aussi question. »

                                « Ce ne sont pas de bonnes méthodes, relève un autre expert de l’IGF. Comment huit jours peuvent-ils suffire pour voir ce qu’a fait l’administration générale, aller au fond du dossier transmis par le procureur de Nanterre en janvier 2009, sur de possibles fraudes fiscales liées à l’enquête pour »abus de faiblesse« visant le photographe François-Marie Banier ? »

                                « Jamais par le passé, rappelle cette source, un rapport de l’IGF n’a mis en cause un ministre ou un gouvernement. On ne peut demander l’impossible à ses membres, ils ne bénéficient pas des garanties de neutralité ou d’inamovibilité des magistrats de la Cour des comptes ou du Conseil d’Etat. »

                                Gilles Klein.


                                http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=8619


                                • schweitzer schweitzer 9 juillet 2010 12:00

                                  Vous êtes sûr que c’est avec une photo de Sarkozy au cinéma qu’il faut nous annoncer ces choses-là...

                                  Sarko n’ en a rien à foutre des affaires de la France : il gère sa fortune... plutôt adroitement d’ailleurs !

                                  (encore de un gars de chez la génératin « golden boys » !!!)

                                  A+. Jake.

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