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Accueil du site > Actualités > Politique > C’est la faute à Jacques Cartier

C’est la faute à Jacques Cartier

Le Québec et la France vivent présentement, au niveau politique, des scénarios assez semblables. C’est à croire que Jacques Cartier en accostant à Gaspé, en 1534, a importé en Nouvelle-France quelques mœurs douteuses de nos ancêtres français.

La France vit actuellement les péripéties politico-médiatiques Bettencourt-Woerth. Pour les médias de l’Hexagone, c’est un régal qui fait oublier la déconfiture des Bleus en Afrique du Sud ou bien qui ajoute l’injure à l’insulte. C’est sans parler des autres dossiers typiquement Français : le cumul de postes électifs, la réforme des retraites, les niches fiscales, le déficit à la Sécurité sociale, les réformes à répétition du système scolaire, l’abus dans l’utilisation des appartements, des limousines de fonction et des avions gouvernementaux, les cigares d’un ministre et que sais-je. Et la canicule qui s’ajoute par-dessus tout ça. Nos cousins Français passent une très mauvaise période.

Au Québec, le gouvernement et notre premier ministre, en particulier, vivent depuis quelques mois une canicule qui n’a rien à voir avec Dame Nature. Leurs accointances avec des entrepreneurs et de grands bureaux d’ingénierie laissent planer des soupçons d’une magouille édifiée en système au niveau du financement du Parti Libéral du Québec. Contrairement à nos cousins, le premier ministre Charest a eu droit à quelques semaine de répit : le Canadien de Montréal s’est rendu dans le carré d’as au niveau de la Ligue Nationale de Hockey à la conquête de la coupe Stanley, ce qui a fait que les médias et la population avaient d’autres préoccupations plus terre à terre. Mais l’élimination du Canadien a ramené à l’avant-scène politico-médiatique la demande d’une enquête publique sur les dérapages potentiels de l’actuel gouvernement. Enquête souhaitée par à peu près tout ce qui bouge au Québec, mais enquête écartée du revers de la main par notre premier ministre dont la cote de satisfaction s’enlise dans les bas-fonds de l’impopularité tout comme celle de l’empereur auto-proclamé des Français. 

Défenseurs d’une éthique renouvelée ; dérives se ressemblant ; dénis quasi identiques ; promesses similaires de remaniement d’un gouvernement essoufflé à l’automne prochain ; chute vertigineuse dans les sondages ; l’un veut refaire l’image de son équipe nationale de foot ; l’autre supporte la venue d’une nouvelle équipe de hockey pour la ville de Québec ; les deux voyagent beaucoup et aiment se faire voir hors de leurs royaumes ; les deux, en théorie, feront face à des élections en 2012 ou en 2013, au plus tard, pour le Québec et une rumeur persistante laisse sous-entendre qu’ils auraient le même maître à penser, un financier franco-canadien, oeuvrant des deux côtés de l’Atlantique. C’est à croire que le même scénariste ait obtenu l’exclusivité de la mise en scène.

Ce scénario franco-québécois n’est malheureusement pas l’exception. Nous le retrouvons à une plus grande échelle : Harper au Canada cadenasse l’information et met en lock-out le Parlement ; Berlusconi et ses scandales en Italie ; Netanyahou en Israël et Ahmadinejad en Iran qui jouent aux matamores et tous ces autocrates, dictateurs, petits et grands, qui pullulent tant à gauche et à droite font en sorte que le commun des mortels se désintéresse de la chose publique laissant encore le champ plus libre à tous ces abuseurs professionnels. 

À tous le moins, pour les pays soi-disant démocratiques, les populations sont en partie responsable de leurs déconvenues. Nous les avons mis au pouvoir en pensant qu’ils avaient la passion du pays. Jacques Cartier n’est pas le seul coupable. Nous avons fait de graves erreurs reconnaissons-le. Il nous reste à faire des choix plus réfléchis une prochaine fois. 


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1 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 12 juillet 2010 13:22

    N’oublions pas Obama qui a trompé son monde en se faisant passer pour un « chevalier blanc », qui n’est évidemment pas. Chacun jour qui passe le confirme.
    C’est le règne de la communication : Peu importe qui vous êtes ou faites, seul ce qui apparait au grand jour a de l’importance.
    On pouvait imaginer que ceux qui prenaient les commandes d’un pays soient les meilleurs de ces citoyens. Il n’en est rien. Seulement les plus vénaux et corruptibles.

    La France a connu des époques différentes. Les moeurs politiques dépendaient grandement de ceux du président. De Gaulle payait de sa poche, les repas de sa famille à l’Elysée. Lors de sa présidence, un grand nombre de « privilèges » des fonctionnaires de l’Elysée ont été annulés, comme des avantages dans certains commerces Parisiens.

    Actuellement, bon, on s’approche du fond ... Plutôt « Don Corléone » et ses sbires.

    Les questions les plus importantes, restent : Jusqu’où ? Combien de temps encore, le peuple va t-il supporter ces prédateurs ? Et, peut être, comment en sortir ?

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