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Accueil du site > Actualités > Politique > Ce que j’ai à dire sur Martin Hirsh

Ce que j’ai à dire sur Martin Hirsh

Dans Le Monde du 2 décembre, le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsh, vient occuper une tribune qu’il intitule "Ce que j’ai à dire sur les sans-domicile-fixe". Fort de son expérience à Emmaüs, il vient dire que traiter le sans-abrisme est complexe et que l’on ne peut pas agir vite. Il vient surtout faire aveu d’impuissance et de collusion avec le gouvernement en place dont la politique nourrit chaque jour le flot des travailleurs pauvres et des SDF.

L’article de Martin Hirsh commence par une petite pointe de morale. Si les SDF meurent dans la rue, c’est la faute des médias qui cherchent l’information à sensation et de la société qui crève d’indifférence.

Puis, il dresse le constat que "Les principes d’une politique visant à réduire le nombre de sans-abri existent. Ils ont même fait l’objet d’un consensus des acteurs associatifs qui ont travaillé plusieurs mois pour définir des principes communs..." Mais alors, "pourquoi serait-il si difficile de tracer une politique cohérente ?" se demande-t-il.

Martin Hirsh voit plusieurs obstacles qui justifieraient à ses yeux la timidité de l’action du gouvernement :

1 - Les 3 alibis de l’impuissance énoncés par Monsieur le Haut commissaire :

  • Les responsables politiques sont dubitatifs quant à l’efficacité de leur action devant l’ampleur du problème.

Ils ont le sentiment de ne pas être payés de résultats en retour des crédits ajoutés chaque année. "Des centres sont inaugurés, des places nouvelles sont créées et pour autant le besoin semble ne pas se tarir." Mais Martin Hirsh ne pense pas une seconde que si les résultats sont maigres, c’est parce que les crédits sont tout simplement insuffisants. Et si les besoins sont loin de se tarir, c’est qu’il y a là une raison de plus de mettre le paquet sur ce problème !

Ma proposition : Augmenter significativement les crédits et les pérenniser, mener des action urgentes pour fermer le robinet qui augmente chaque jour le débit des personnes versées à la rue (jeunes en fugue, travailleurs pauvres, personnes expulsées de leur logement, etc). Observer avec attention l’effet du RSA car beaucoup craignent que le RSA de Monsieur Hirsh ne jette les salariés dans le temps très partiel, ce qui est un facteur d’exclusion possible...

  • La question des sans-abri ne dépend pas d’une seule politique publique.

Bien prendre en compte la question des sans-abri, c’est faire intervenir plusieurs politiques sociales dit Hirsh : logement, santé dont la santé mentale, prévention des addictions, immigration et accueil des étrangers, aide sociale à l’enfance, réinsertion des détenus ...( "pour n’en citer que quelques-unes"). Voilà une porte ouverte qu’il défonce...

Ma proposition : Insérer une clause "SDF" bien identifiée dans chaque volet de la politique du gouvernement. (à l’instar de la clause sociale des marchés publics)

  • Les responsables politiques craignent que s’ils portent "trop" d’attention aux plus exclus, une grande partie de la population se sentirait délaissée.


Ici, l’affirmation de Martin Hirsh est troublante. Le gouvernement porte un intérêt très fort aux classes très aisées et aux banquiers. Le fait d’aider davantage les SDF peut-il choquer les Français davantage que cette politique de classe favorable aux puissants ? La crainte des Français de se retrouver à la rue (ou d’y voir un proche y tomber) est de plus en plus fondée sur des probabilités de risques réels. La plupart approuveraient certainement une politique plus audacieuse, plus préventive et plus prévenante. Et d’ailleurs, c’est bien facile de faire parler les Français ? Mais quand leur donne-t-on la parole ? Ont-il voté pour le paquet fiscal, pour les milliards aux banquiers, pour la constitution européeenne ? pour la liquidation du service audiovisuel ? Sur la question des sans-abris, ils n’ont pas été sollicités non plus et nul ne peut parler en leur nom, et certainement pas les élites et les nantis qui sont bien loin de leurs problèmes quotidiens.

Ma proposition : Mener une politique aussi active et prompte envers les sans abris que celle que le gouvernement mène envers les élites et les puissants (cf : les milliards débloqués en des temps records pour le monde douteux de la finance, le plan de relance, les mesures fiscales injustes votées en grande priorité...)

2 - Les dix orientations proposées par Martin hirsh :

Puis Martin Hirsh pose le postulat que "tout cela n’est pas insurmontable" et il propose dix orientations. 

Je ne prétends pas les inventer, je m’efforce de les remettre en perspective
." (c’est ici un passage où il passe la pommade au gouvernement supposé agir résolument et efficacement)


- "mieux prendre en compte les diversités de situation et de mieux les quantifier." Apporter des réponses diversifiées selon le degré de l’exclusion et le potentiel de l’exclu à revenir en société ou, au moins, dans un logement, d’accord. Mais effectivement, cela n’est pas révolutionnaire. Cela dit, ce point méritait d’être rappelé.


- "énoncer clairement des objectifs adaptés à chaque problématique assortis d’une stratégie de programmation des moyens cohérente avec chacun de ses objectifs et les mesurer." Comment ? cela n’est pas déjà fait depuis longtemps ?


- "accroître le taux de sortie des travailleurs pauvres de l’hébergement d’urgence vers le logement durable." Oui, la loi DALO, votée sous la présidence Chirac, y contribue. Elle vient d’entrer en application. Observons les résultats mais il faut aussi que les pouvoirs publics, par une politique volontaire, favorisent la disponibilité de logements et de places d’accueil ainsi que l’effectivité du droit et de la connaissance de ce droit.


- "prendre à bras-le-corps la spécificité des problèmes de l’agglomération parisienne" (Dans ce paragraphe, Hirsh rend hommage au maire de Paris et à Sarkozy : il ne faut fâcher personne !).


- "financer ces besoins en les intégrant dans les mesures de relance, au même titre que les grands travaux d’infrastructure." Oui, mais dira Sarkozy , les SDF ne vont pas relancer l’économie. Peut-on comparer la lutte contre le sans-abrisme à la politique économique de relance ?


- "repenser la prise en charge des personnes sans abri dans le cadre d’un véritable service public." Le service public ? Il semble qu’il n’ait plus trop la cote en ce moment ? Cette proposition sera certainement jugée anachronique par l’UMP qui lui opposera une fin de non-recevoir !


- "développer le recours à l’intermédiation locative" Pourquoi pas ? Mais n’en attendons pas des miracles.


- "élargir la réponse aux besoins des personnes sans domicile au développement d’activités rémunérées, qui contribuent à leur projet de vie." Les cas où cette proposition trouvera à s’appliquer pourront se compter sur les doigts d’une main. On ne peut pas développer à grande échelle des communautés sur le modèle d’Emmaüs. La récupération a ses limites : la société de consommation produit du jetable et du recyclable.


- "renforcer l’effort vers les zones où les sans-abri se cachent." Là, Hirsh cite l’exemple des sdf qui se cachent dans le bois de Vincennes et s’interroge. Il s’interroge beaucoup même ! Mais lui, l’expert, n’ébauche aucune piste de solution possible. C’est bien la peine de faire partie du gouvernement !


- "mieux prendre en compte les problématiques spécifiques des jeunes." D’accord, mais son RSA exclut les jeunes de moins de 25 ans !


- "continuer à traiter les controverses par des méthodes de consensus, y compris par des conférences citoyennes de consensus, qui pourraient être organisées au début de l’année 2009 pour que ceux qui ne sont pas familiers avec ces enjeux, souvent confisqués par les techniciens et les experts, puissent se forger leur opinion." Encore des Grenelle ?

Il conclut assez cyniquement par un objectif de quotas de morts à ne pas dépasser : "Le nombre de morts sur la route a été divisé par deux. Si on commençait à faire de même avec les SDF, ce ne serait pas si mal... Est-ce vraiment un objectif plus inaccessible  ?" Ce ne serait pas si mal ? Non ! Un mort, c’est un mort de trop ! La politique des petites pas et des "Ce ne serait pas si mal" n’a pas sa place quand il s’agit de vies humaines que l’on peut sauver.

 


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41 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 3 décembre 2008 10:07

    Excellent article et bonnes propositions, La Taverne.

    Et puis salutaire mise en cause des étonnantes "prudences" de M. Hirsch et de sa complaisance à l’égard de pouvoirs publics qui ne tergiversent, en effet, pas autant lorsqu’il s’agit d’aider banquiers et industriels.

    L’augmentation du nombre des SDF dans nos rues est le symptôme d’une grave déliquescence de nos devoirs de solidarité. Que nos gouvernants refusent d’affronter cette réalité en face n’est déjà pas excusable. Mais que l’ex-patron d’Emmaüs cautionne cette scandaleuse incurie par des arguties est difficilement acceptable, alors que c’est un coup de gueule qu’il devrait donner en claquant la porte de ce gouvernement.


    • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 10:31

      On a aussi détruit des tours dans des quartiers et beaucoup de ces tours étaient habitables (je parle de celles qui n’étaient pas insalubres). Les sans abris s’en seraient bien contentés au moins pour les nuits d’hiver. Evidemment, on n’aurait pas demandé à l’OPAC d’en assurer la responsabilité.

      Des habitats mobiles qui viendraient proposer leur offre là où se regroupent habituellement les sdf pourraient aussi constituer une solution provisoire. Mais s’il faut du provisoire pour l’urgence, il faut aussi du durable pour le reste de l’année où les tentes sont un minimum qu’il faut dépasser avec la création de places en hébergement et des petits ensemble de logements peu coûteux et adaptés à cette population dont l’avis devrait être sollicité par une enquête d’intérêt public.


    • taktak 3 décembre 2008 11:57

      Vous avez bien raison tout les 2.
      On devrait inscrire dans la constituiton le droit au logement décent de chaque être humain.
      Les droits de l’homme ne se résument pas à la liberté d’expression des journaliste, mais bien à avoir une vie descente.
      Si on est capable d’éponger les spéculations dévastatrices des gros riches de ce monde, c’est qu’on a les moyens de satisfaire les besoins de base de toute la population !

      Il ne s’agit pas d’accorder l’aumone et la pitié à une frange de la population authoriser mais aussi condamner à juste survivre, mais bien de permettre à chacun d’avoir une place dans la société pour pouvoir y contribuer à sa mesure.

      l’idée d’un quota de mort à ne pas dépasser comme pour la sécurité routière est révoltante :
      ou est la part accidentelle dans le fait de mourrir de faim ou de froid pendant que l’on gave les riches ?



    • Absurde Absurde 3 décembre 2008 12:15

      Je ferais un parallèle avec les gitans (je n’aime pas le terme "gens du voyage", qui ne veut rien dire, la plupart des gitans étant aujourd’hui sédentarisée), qui dans les années 60 habitaient d’infâmes bidonvilles et qui à force d’opiniâtreté des associations qui les ont pris en charge ont fini par accéder, dans certaines villes, à un habitat "en dur" (petites cités pavillonnaires indépendantes) adapté à leur mode de vie communautaire. 

      Les gitans, la bureaucratie française a fini par renoncer à vouloir les transformer en quidams ordinaires. Ils ont une identité forte et beaucoup ont une réelle incapacité à "marcher dans les clous" (ce n’est pas un reproche à leur égard, c’est une constatation), même si les jeunes générations évoluent peu à peu vers un mode de vie disons normalisé. 

      Quelqu’un qui s’est retrouvé à la rue, et plus généralement quiconque a tâté de l’exclusion sociale ne marchera plus jamais "dans les clous". Pour cela, il faut avoir confiance en le système dans lequel on est. L’exclu est en guerre contre celui qui devrait logiquement être son allié, appelons-le, pour simplifier, le guichetier. Le guichetier c’est celui par qui, indirectement, il s’est retrouvé dans la mouscaille. Le guichetier est là pour appliquer la loi, et c’est la loi qui a mis l’exclu à la rue, c’est la loi qui en a fait un exclu.

      C’est la loi aussi qui lui a donné droit au RMI. Mais le RMI c’est la survie. Le RSA est dangereux en ce qu’il remet en cause le filet de sécurité qui, tout en garantissant cette survie, est aussi le garant d’une relative paix sociale. 

      A la différence de nos gitans, l’exclu est seul. Les associations sont des entités à peu près comparables, pour l’exclu, au guichetier. Elles sont un pis-aller. Les gitans sont un système communautaire. Je vous prie de croire que quand une famille entière se pointe dans une antenne de la CAF parce qu’un dossier est en souffrance, il y a de fortes chances que le dossier soit régularisé sur l’heure. Sans quoi, le guichetier sait très bien qu’il y aura des représailles. Moyennant quoi le gitan a satisfaction quand l’exclu solitaire n’a qu’à ronger son frein.

      Actuellement, le gros de la population gitane est au RMI. Je me pose la question de l’intérêt pour les gitans non forains de s’inscrire à l’ANPE dans le cadre du RSA, et le risque pris plus généralement de voir de nombreux RMIstes objectivement inemployables privés de ressources suite à quelque décision arbitraire de je ne sais quelle commission payée à faire de la statistique.

      Hirsch postule, en gros, que tout droit alloué par la collectivité se doit d’être assorti d’un devoir rendu à la collectivité. Principe néolibéral s’il en est, mais qui se passe allègrement des contraintes du réel. Qui va embaucher qui, selon quels critères, dans quels cadres et surtout, pour quel salaire ? 

      Rien n’est défini, rien n’est chiffré, la loi sur le RSA a été adoptée sans que les principaux intéressés aient la moindre idée de ce qui, tout de même, est le plus important. A quoi les livre le RSA ? 

      Pour en revenir à nos gitans RMIstes, ceux que je connais s’en sortent à peu près bien grâce à de menus services rendus au black. S’ils déclaraient ce que leur rapporte ces petits boulots, on le déduirait de leur RMI et ils perdraient du même coup leur droit à l’APL et à la CMU... Le raisonnement est valable pour tous les autres RMIstes. Comme on ne peut pas s’en sortir avec le seul RMI, on se débrouille au black. Avec le RSA, idée louable au départ, on sera sans cesse tenu de rendre des comptes et de se prêter à des stages-bidon genre mise à niveau, tests psychotechniques, qui coûtent du fric et ne mènent à rien, sans compter les continuels passages en commissions et contrôles Anpe. Toujours plus de bureaucratie, toujours plus de contrôles, toujours plus de mises en péril, et pas un mot sur les effets de seuil qui pourraient priver certains de leur CMU et de leur APL... 

      Martin Hirsch est bel et bien un requin déguisé en curé. 


    • foufouille foufouille 3 décembre 2008 12:19

      @ taktak
      c’est deja inscrit dans la constitution et ils se torchent avec


    • bernard29 bernard29 3 décembre 2008 17:14

      à Absurde

      trés bon commentaire


    • Absurde Absurde 3 décembre 2008 18:11

      Merci. 


    • Yohan Yohan 3 décembre 2008 19:49

      Dans l’ancien parc HLM, les bailleurs sociaux ont détruit peu à peu les chambres de bonne pour les reconvertir en appartement plus vastes et plus rentables, en éliminant la valetaille. Aux jeunes,ces chambres de bonne servaient de sas d’entrée dans la vie active et aux plus âgés une solution pour se maintenir dans la vie sociale.
      Voilà qui explique en partie la montée en flèche du nombre de SDF


    • LE CHAT LE CHAT 3 décembre 2008 10:43

      il est anormal que les jeunes de moins de 25 ans ne puissent beneficier du RSA comme ils étaient aussi exclus du RMI ; c’est la raison pour laquelle beaucoup de SDF sont très jeunes !!!
      pourquoi cette discrimination envers les jeunes ? On est sensé être majeur à 18 ans , civilement responsable etc etc et on serait exclu de la solidarité ! smiley et après les politiques s’indignent du taux d’abstention chez les jeunes aux scrutins electoraux smiley


      • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 10:54

        Il faut prendre le problème à la source, c’est-à-dire aider vite et efficacement les gens qui sont en passe de s’installer dans la rue et avant qu’il ne soit trop tard : les jeunes en rupture familiale (pour eux existe le contrat jeune majeur -compétence départements- qu’il faudrait développer), mais un RSA spécifique s’impose également, les travailleurs pauvres qui dorment dans leur voiture puis dehors, les expulsés des logements qui ne parviennent plus à trouver un abri...

        S’attaquer à la source de ce fléau, c’est réduire le débit du robinet qui flanque les gens à la rue à grands flots.

        Pour les sdf installés, il faut être plus pragmatiques (solutions plus provisoires, personnalisées selon les cas, adaptées à leurs modes de vie), et moins exigeants envers eux, et ne pas en tout cas les envoyer de force dans les centres.


      • LE CHAT LE CHAT 3 décembre 2008 11:04

        une politique plus tournée vers les gens et moins vers la finance , même le petit Nicolas est d’accord là dessus , du moins en paroles .... Quand à voir du concret , c’est pas demain la veille !


      • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 11:41

        Pour une politique plus tournée vers les gens et moins vers la finance, il faudrait écouter les besoins exprimés par les sdf et ceux qu’ils disent, et non tenter à tout prix de les ramener de force dans le système. Mais leur offrir des passerelles pour leur permettre de s’insérer par étapes le jour où ils le décideront. Ainsi, l’hébergement à la carte en hôtel social serait une solution souple et adaptée. L’aide irait directmeent aux sdf et non aux intermédiaires (associations qui vivent de subventions). Mais il y a des cas, où l’aide des association est incontournable.


      • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 11:42

        « ..ce qu’ils disent »


      • Yohan Yohan 3 décembre 2008 19:53

        @ Le chat
        Mon expérience auprès des jeunes me dit qu’il ne faut surtout pas les installer dans le RMI ps plus que dans le RSA, qui auraient d’ailleurs pour conséquence fâcheuse de les y oublier définitivement. Les solutions sont à trouver ailleurs. Voir plus haut pour une partie de la réponse, la deuxième étant l’orientation, la formation et l’insertion dans l’emploi.


      • Absurde Absurde 4 décembre 2008 05:47

        @Le Chat :

        D’accord avec toi à 100%. Le RMI avant 25 ans serait un fichu mauvais pli à ne surtout pas prendre, sous peine de le voir devenir une ride. 

        Cela dit, dans l’absolu le RMI est une férule. Il maintient dans la marge, sachant qu’il est soumis à condition de ressources, ce qui interdit de fait au RMIste de vivre avec quelqu’un... qui n’est pas au RMI. C’est un sauf-conduit vers la clandestinité sachant qu’on ne peut pas s’en tirer avec cette seule somme, et que tôt ou tard il faut se ménager des à-côtés. Là comme ailleurs ce sont les plus débrouillards qui s’en sortent, ceux surtout qui ont une certaine capacité à se faire des relations.

        Perso je suis plus favorable à une allocation de vie servie sans condition de ressources aux personnes véritablement inemployables (les critères sont aisés à définir). La police de l’insertion telle que l’envisage le RSA, ça ne sert qu’à enfoncer les plus mal barrés dans leurs multiples problématiques, c’est en outre une énorme perte d’argent, de temps et d’énergie, c’est de l’idéologie à perte, de la moraline de solderie. Les ANPE sont déjà en sous-effectifs, les AFPA se soient sucrer leurs crédits et réduire leurs troupes, les boîtes d’intérim n’ont rien à foutre des publics sans qualif, dépourvus de moyens de mobilité et qui souvent n’ont même pas le téléphone... bref le RSA va voir affluer sur le marché de l’emploi des centaines de milliers de gens dont on ne saura que faire, mais dont il faudra bien faire quelque chose de gré ou de force parce qu’en haut lieu on exigera des statistiques positives. Quand on sait ce que ça donne la mention RMI sur un CV... quand il y a un CV. Parce que tout se passe, avec le RSA, comme si on ne s’était jamais posé la question de savoir pourquoi on se retrouve au RMI. Et justement, il n’y a pas de hasard. On n’est pas au RMI parce qu’on le veut bien, on n’est pas au RMI pour se rouler les pouces, le RMI c’est tout sauf une sinécure. C’est un flet de sécurité qui s’est refermé comme un piège, certes, mais c’est aussi la seule solution dont on dispose pour maintenir à flot des gens qui autrement iraient rejoindre la cohorte des sans-abri. 


      • Liberty 3 décembre 2008 12:04

        - Constatons que la France est mal en point :


        - On offre le bouclier fiscal aux plus aisés.

        - On sauve les banques à coup de centaines de millions d’Euros. (qui ne vous feront aucun cadeau même si vous avez juste besoin d’un délai de découvert supplémentaire. "Au prix du marché" disait Lagarde, la bonne blague, tentez donc d’avoir un crédit pour en faire ce que vous voulez cela s’appelle un crédit à la consommation, là c’est du 12% minimum ! C’est prendre les citoyens pour des cons !).

        - On augmente le salaire présidentiel de 160%.

        @ Le CHAT
        100% d’accord avec toi !


        • LE CHAT LE CHAT 3 décembre 2008 12:42

          @liberty
          salut mon ami , j’ai demandé à mon boss la même augmentation , mais il n’a pas répondu smiley


        • Liberty 3 décembre 2008 13:02

          @ Le CHAT

          - Salut le félidé, tun’aurais pas du quitter la région, c’est DINGUE comme changer de procureur peu changer les choses...
          Peut être allons nous redevenir une localité Française ....


          - Pour le boulot içi c’est de pire en pire ...(tu connais, içi on est faits comme des rats)


          - Demande déjà à la Banque de France d’allonger le découvert autorisé à 3 mois, ce ne sera déjà pas mal...


          - Pour ton augmentation il ne faut pas rêver : "On ne motive plus l’employé par la carotte mais juste par la peur !"


          - Juin 2008 : 1,14 million de personnes percevaient le RMI (447,91 euros pour une personne seule et 671,87 euros pour un couple) dont 60 % de personnes seules. Avec les familles, 2,29 millions de personnes (3,7 % de la population) vivent du RMI.

          Un peu plus de 3,3 millions de personnes bénéficient des minima sociaux, dont l’allocation de parent isolé (755 euros) pour 205 400 personnes et l’allocation de solidarité spécifique (ASS) chômeurs en fin de droit pour 346 900 personnes. Un peu plus de 600 000 retraités perçoivent le minimum vieillesse (628 euros pour une personne seule et 1 126 euros pour un couple).

          Près de 10% du peuple dans la misère finale, il est beau le pays des droits de l’homme !


        • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 12:41

          Cet article se voulant polémique, j’ai fait l’impasse sur les points sur lesquels je suis d’accord avec Martin Hirsh. C’est la loi du genre. Exemples ? La nécessité de coordonner les politiques, le financement, les maraudes. Mais de façon, je trouve la position de Hirsh trop pro gouvernementale et, du coup, trop timorée et trop suiviste. Outre les propositions que j’ai formulées dans cet article et dans mes commentaires, je pense qu’il faut trouver des méthodes permettant aux sdf de former des petits groupes cohérents et solidaires, par affinités, afin d’éviter l’émiettement, la solitude totale qui est la principale source de danger vital.


          • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 12:53

            Pour créer ces mini communautés solidaires, l’idée de Bayrou me paraît un pas intéressant : Il a évoqué l’idée d’un "programme d’équipement des petites structures disponibles (...) dans les villes pour créer des lieux d’accueil individuels qui donnerait un havre de paix pour ces hommes et ces femmes" qui vivent dans la rue. "Ces refuges, disséminés dans la ville et non regroupés au même endroit, pourraient être financés par un petit loyer pris sur l’allocation logement à laquelle chaque personne a droit en fonction de sa difficulté sociale", a-t-il précisé."Souvent, les SDF refusent de se rendre dans les centres d’accueil car ils redoutent la violence et les vols".

            Petites structures + habitats individuels (avec un espace commun) permettraient de supprimer les tensions des dortoirs collectifs malsains et peu sécurisés, et ce serait un moyen un début de resocialisation (qui prendrait sans doute des mois ou des années) par la formation de groupes ayant un minimum d’affinités en commun. Les regroupements se feraient en fonction de ces affinités. Si le groupe devient stable, pourquoi ne pas envisager alors ce que propose Hirsh : un projet local de petite activité rémunératrice du type Emmaüs pour ceux qui le souhaitent.


          • foufouille foufouille 3 décembre 2008 13:41

            en dehors du fait qu’ils sont stockes comme un troupeau de moutons dans des dortoirs, il y a d’autre raisons
            ils ont l’habitude de vivre seul
            la plupart des gens ne voudront pas de tes petites structures a cote de chez eux
            qui dit acceuil, dit flicage, "insertion", morale mielleuse du travailleur "social"
            c’est justement ce que veulent eviter ceux qui restent dehors
            le seul moyen d’aider un type qui vit dans les bois, c’est de lui donner une yourte et un chauffage
            le beton des villes, il en voudra pas


          • La Taverne des Poètes 3 décembre 2008 14:07

            Sois gentil Foufouille, ne t’exprime pas au nom de tous les SDF. Ne fais pas comme Hirsh qui prétend parler au nom de tous les Français quand il dit que ces derniers trouveraient insupportable que l’on mettre plus d’argent à aider les gens à ne pas mourir de froid ou de manque de soins. L’excuse bidon pour justifier l’inaction ou le statu quo.


          • Fergus fergus 3 décembre 2008 17:08

            Pas trop d’accord, Foufouille : certains SDF accepteraient bien volontiers un hébergement si celui-ci était ouvert à leur ami à quatre pattes : le chien dont ils ne séparent jamais et qui est le seul être vivant qui leur manifeste un attachement et une fidélité sans failles, le seul qui ne les déçoit jamais !


          • foufouille foufouille 3 décembre 2008 17:10

            pas au nom de tous
            uniquement ceux qui reste dehors
            si tu as deja eu froid ou vraiment galere et garder ta fierte, tu comprendras


          • foufouille foufouille 3 décembre 2008 17:13

            @ fergus
            pas uniquement
            certains ont des chats
            ils tiennent aussi a leur liberte
            et si tu rentre dans le systeme d"aide", tu deviens juste un client qui rapporte


          • Absurde Absurde 3 décembre 2008 18:35

            @Foufouille :

            Froid, galère, fierté... de crever seul ? en martyr d’un jour ? La fierté, Foufouille, c’est comme l’honnêteté : une vertu de cadavre.
            Tous les mecs à la rue que j’ai connu, à part un ou deux barges vraiment atteints, auraient fait le tapin, s’ils avaient eu le physique adéquat, pour retrouver le confort et la tiédeur d’un plumard aux draps propres entre quatre murs en parpaings véritables. Et une femme, et une bagnole, et la petite vie qu’on vit presque tous ici, nous qui n’avons pas la plus traître conscience de la chance qu’on a de n’avoir que ça à faire, taper nos conneries sur des ordinateurs rutilants. 

            Je les voyais loucher sur l’Alfa-Roméo de passage, s’exorbiter sur les cuisses de la fille qui passait, envier le manard à l’arrière de son camion, se dire que le vaguemestre de la BNP qui passait tous les jours devant eux avec son gros sac plein de courrier et ses problèmes de gonzesse qu’il ne trouvait pas et de magnétoscope qui lui bouffait les bandes, il avait quand même une sacrée putain de vie autrement plus joyce que la leur. 

            C’est quoi les conneries mielleuses du travailleur social, comparé à cette régression au stade néandertalien ? Ce que pèsent en concret les mots de ces pauvres gens, du baragouin de réunion, moyennant quoi on en retire de menus avantages si on juge pertinent de faire un petit peu la pute. C’est comme le sermon que se tapaient les clodos du Bronx contre une soupe servie par les moines capucins qui les recueillaient. Lis Henry Miller, mon pote. Avant de devenir une institution vivante, il a passé du temps à la rue. Il en a même profité pour nous y pondre ses meilleurs volumes. 


          • foufouille foufouille 3 décembre 2008 21:13

            @ absurde
            celui qui va vivre ds les bois en a vraiment marre, quitte a crever
            marre d’etre pris pour un client, un con, d’etre considere comme coupable, marre du "si on veut on peut du travailleur social", qu’on lui disent "c’est mieux", vos animaux (piquer) seront bien ala SPA, le studio (10m2) c’est bien, etc ..........

            faut pas croire que les sdf sont des debile profonds


          • Absurde Absurde 4 décembre 2008 06:00

            @Foufouille :

            Ecoute, je suis souvent dans les bois et j’y croise surtout des sangliers. Bon, il y a le bois de Vincennes, le bois de Boulogne, il y a des babas-freaks qui vont passer l’été dans des hameaux abandonnés à la montagne... mais ce qui peut être un choix les premiers temps devient un délire au bout de quelque temps, tu ne crois pas ? En tout cas, moi ça me gène que des gens vivent dans des trucs pareils alors qu’en face de chez moi il y a un immeuble inhabité qui appartient à l’Etat français, et qu’il y a partout ailleurs d’autres immeubles inhabités qui appartiennent à l’Etat français et aux collectivités locales, et que pendant ce temps des guignols en costard et en tailleur organisent des réunions avec sauteries de luxe pour parler du logement. Non Foufouille, on n’est plus du temps des aborigènes, on est du temps des lâches. 


          • foufouille foufouille 4 décembre 2008 11:10

            chez moi aussi, il y a des sangliers et des chasseurs
            je vois pas en quoi c’est un delire. une galere certainement car ils sont mal equipe
            dans ton immeuble, ceux la, ils iraient pas
            il suffirait de leur donner une yourte (2000€ pour 15m2) et chaufage poele a bois
            la yourte est considere comme une tente, mais pas tres demontable
            il y a d’autres solutions comme le terrain de loisir. mais les maires sont rarement d’accord pour acceuillir des sdf
            si ils devaient habiter ds du "dur", ils faudrait les envoyer a la campagne
            autour de chez moi, la moitie des villages sont vides


          • John Lloyds John Lloyds 3 décembre 2008 12:58

            Hirch est un vendu au capitalisme ; il a trahit sa cause première de laquelle il a été extirpé, qui était la philosophie des compagnons d’Emmaus. Il a beau parader devant les caméras, la situation s’est empiré depuis sa venue, l’assoc du DAL a même été condamnée à 12000€, un comble pour des mecs qui ne demandent que leur droit, un toit.

            Il peut toujours nous jouer la fanfaronnade de l’humanisme sur TF1, ça ne restera qu’un caniche de la grande machine à broyer.


            • Forest Ent Forest Ent 3 décembre 2008 13:09

              C’est bien dur d’être la caution sociale d’un gouvernement libertarien. Il y a déjà eu 20 rapports là-dessus. La seule vraie réponse, c’est le logement social. Ce qui pourrait le relancer est assez curieusement l’immoralité du Président. Ses copains du BTP ont du mal à vendre des logements.


              • morice morice 3 décembre 2008 13:21

                qu’il se moque du monde ?


                  • hans lefebvre hans lefebvre 3 décembre 2008 13:23

                    Martin Hirsch ou le parcours improbable d’un homme qui va à reculons. N’aurait-il pas mieux fait de rester à Emmaüs qui œuvre au quotidien, association ancrée dans la réalité, plutôt que de rejoindre un gouvernement qui l’utilise comme caution morale ? Il doit-être question d’ego, non ? Voici un document indispensable concernant le mal-logement en France http://www.fondation-abbe-pierre.fr/publications.php?filtre=publication_rml


                    • philou 3 décembre 2008 13:37

                      Ne soyons pas trop durs avec Martin Hirsh... Ca doit pas être rose pour lui tous les jours avec la bande d’affreux du gouvernement. Que pourrait-il faire ? Partir en claquant la porte ? Sarko dirait alors : "Vous voyez, je lui avais donné la possibilité de travailler pour les pauvres, et lui, il s’est cassé (comme un pauv’con)". Partir sans claquer la porte ? C’est alors Boutin qui s’occuperait de nos pauvres, quelle chance pour eux ! Rejoindre la joyeuse bande du PS ? Là, il serait sûr et certain de plus rien avoir à faire pendant un certain temps. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a ; moi, je ne le juge que sur ses intentions, car il n’a pas les moyens de faire ce qu’il veut vraiment. Et j’ai aussi lu son article et je suis d’accord avec lui sur beaucoup des constats qui y sont faits.


                      • Absurde Absurde 3 décembre 2008 18:40

                        Il n’a pas l’air franchement malheureux de son sort, l’abbé Hirsch, t’inquiète pas pour lui. Il aurait même un petit peu l’air d’un énarque sûr de récolter sa légion d’Honneur à la prochaine commémo. 

                        S’il était autre chose qu’un pauvre type, tu ignorerais jusqu’à son existence, et nous aussi. 


                      • Yohan Yohan 3 décembre 2008 19:57

                        L’abbé Hirsch finit par se ramollir comme tous les autres au contact du pouvoir et des ors de la république. Il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier. D’ailleurs, les hommes politiques ne devraient jamais être autorisés à en faire carrière. Un mandat et basta


                      • Absurde Absurde 4 décembre 2008 06:04

                        Encore un point d’accord entre nous : l’utopie du mandat électif unique et non renouvelable. Assortie pour moi de la substitution du droit de vote à un permis de voter sanctionné par un examen de culture générale. 


                      • TSS 3 décembre 2008 13:43

                        martin Hirsh est venu promouvoir le RSA à Chartres(lu dans un journal)alors que le deputé maire va supprimer

                        l’allocation au centre d’hebergement sous pretexte que le les SDF ne sont pas tous chartrains...c’est assez

                        risible !!


                        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 3 décembre 2008 14:52

                          " Mais Martin Hirsh ne pense pas une seconde que si les résultats sont maigres, c’est parce que les crédits sont tout simplement insuffisants. Et si les besoins sont loin de se tarir, c’est qu’il y a là une raison de plus de mettre le paquet sur ce problème ! " Propos de financier ! Toujours plus de milliards pour toujours autant de SDF !

                          Ma proposition :

                          Réduire le budget de l’armée de l’équivalent de ce que les milliers d’appelés coûtaient, et destiner les 20 casernes désaffectées à l’usage des SDF, avec pour chacun, une clé donnant dans leur chez soi. La simple destination des budgets anciennement consacrés à loger et nourrir des milliers d’appelés suffirait à sortir un nombre équivalent de SDF de la rue. 

                          Ces dizaines d’hectares batis en plein centre ville que représentent les casernes et les centaines d’hectares des bases miltaires désaffectées ajoutée à l’énorme part de budget que l’armée gaspille suffisent à regler immédiatement ce problème récurrent ( qui revient en arrière ) sans un centime de taxe en plus ni aucune NOUVELLE augmentation d’aucun budget supplémentaire. ET CELA DES AUJOURD’ HUI.

                          C’est encore André Prévot qui définissait le mieux le fonctionnement du politique : L’art...d’ajourner les difficultés !

                          Tel que le montre parfaitement bien cette vidéo qui témoigne du trésor dont regorge ce site, http://www.agoravox.fr/edition_du_jour.php3?date_du_jour=2008-12-02 Quand les politiques se battent, c’est juste pour être calife à la place du calife.

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