Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Cherche opposition

Cherche opposition

A un an et demi des élections présidentielles, le doute n'est plus permis, la gauche est en train de dilapider ses chances de renvoyer Louis de Funès, Louis XXI (de 21 ème siècle) à ses chères expertises.

La gauche ? Vous avez dit la gauche ?

Le PS n'est le principal parti d'opposition que par défaut. Rien ne laisse penser qu'il soit réellement de gauche, son passé mittérandien qui n'aura tenté l'expérience redistributrice que les quelques mois ayant suivi l'élection de 1981, son passé récent, arcbouté sur le fil de luttes intestines, entre des leaders tous plus bourgeois les uns que les autres, son présent , incapable d'accoucher de la moindre mesure pouvant apporter une solution ou un espoir de gauche à la grave crise identitaire du capitalisme, son futur qui s'annonce encore plus sombre avec pour toile de fond une luttes de polochons sans merci entre anciens éléphants et jeunes loups. De qui parlent les socialistes ? d'eux-mêmes, il y a longtemps que le peuple n'est plus la tasse de thé des salons de la social-démocratie.

Les gens de gauche ne votent plus socialiste depuis belle lurette, Front National pour certains, Ecolo à la rigueur, ce qui revient au même au plan des idées, ou du manque d'idées. Car autant le PS vise un électorat privilégié souhaitant au bout du compte protéger un patrimoine de classe moyenne, autant les verts prônent une société de développement durable qui permette de continuer sur la base des dégradations globales sans changer véritablement le cours des inégalités et notre façon de vivre. 

Donc un PS qui n'est pas de gauche et des verts qui sont tout sauf des écolos, voilà l'attelage brinquebalant proposé aux classes moyennes pour se débarrasser du pitre vadrouillant. Déjà, ces deux piliers de le la soi-disant opposition portent en eux la responsabilité de la défaite des retraites, on se souviendra longtemps des déserteurs roses et verts au moment des mouvements de contestation d'automne contre la loi Fillon. 

La raison fondamentale pour laquelle le PS est incapable de monter au crénau est que la social-démocratie n'a cessé ces dernières années de singer la purge néo-libérale, proposant une simple variante des thèses de destruction sociale, acceptant la mondialisation sans barrières des marchandises et la construction de murs anti-migrations. Aucune approche économique ne différencie le tour de vis budgétaire proposé par le gouvernement de droite britannique des gouvernements de gauche espagnol, portugais ou grec, la méthode est la même, réductions des dépenses d'état, des effectifs de l'administration publique, coupures dans ce que l'on appelle les dépenses au lieu de les appeler investissements. Le mot d'ordre est : privatisations tous azimuts, private is beautiful.

Sur le front écolo, la contradiction n'est pas moins prégnante, les bataillons verts ne sont que des transfuges sans complexes des refouloirs socialistes, des amoureux de la bouffe bio, nature OGM, 4X4 au biocarburant, pistes enneigées au canon, ils sont partisans des week-end aux Maldives. La logique écolo n'a rien d'une modification des comportemens, il s'agit plutôt d'accompagner la folie consumériste en tachant de la rendre acceptable, c'est à dire compatible avec une moralité de bobos. Voilà ce qu'on appelle développement durable, qui puisse durer le plus longtemps possible, jusqu'à ce que nous ne soyons plus là, en se foutant des futures générations.

On ne voit rien là de très révolutionnaire, ni du coté rose, ni du coté vert, alors que l'équilibre des éco-systèmes dépend avant tout d'un rééquilibrage des richesses à l'échelle planétaire. Cela veut dire une relocalisation des productions ce qui va à l'encontre de la mondialisation qui n'est que l'accaparement des richesses par quelques oligarchies. Régis Debray dans son apologie des frontières explique comment il faut empêcher la circulation des marchandises et des devises pour éviter la main-mise des plus forts, et libérer la circulation des individus. Partage des richesses veut dire augmentation des impôts pour les plus riches et pas seulement pour les classes moyennes, cela passe par une lutte sans merci contre les paradis fiscaux, refuge de tous les excès , de toutes les spoliations, de tous les notables, des classes respectables qui elles n'ont déjà plus de frontières et de bornes à leur folie. 

Cela veut dire pour l'Europe, la disparition de la Principauté de Monaco, du Liechtenstein, d'Andorre, l'arrêt de toutes relations commerciales avec la Suisse, de l'incarcération de tous les évadés fiscaux. Cela passe dire pour la France par la mise en examen de Liliane Bettencourt pour détention de comptes illicites en Suisse.

Reste l'horripilante prière frontiste, sur fond de fausses solutions nationalistes à vouloir empêcher la marée migrante, piège sans espoir des déçus du système, comme si le drapeau adoucissait la misère.

Reste la gauche qu'on dit extrême et qui n'est que solidaire, comme pour se rassurer sur le montant du débours, comme pour se dire qu'on ne va quand même pas donner toutes nos économies pour les grandes causes. Reste l'écologie fondamentaliste, qui n'a pas de parti qu'un parti pris, qui n'est que la priorité accordée aux équilibres fondamentaux, avant nos préoccupations nombrilistes de fourmis ouvrières, la vraie écologie qui n'est que la primauté accordée à la préservation de l'air, de l'eau et de la terre de nos enfants.


Moyenne des avis sur cet article :  3.5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Nanar M Nanar M 15 décembre 2010 12:12

    Les gens de gauche ne votent plus socialiste depuis belle lurette.
    Exact, ils votent Front de Gauche


    • logan 15 décembre 2010 14:39

      Nan mais chut, le front de gauche n’existe pas pour l’auteur. Le NPA et LO non plus ^^
      A moins bien sur qu’il classe tout ce petit monde ( 10 à 15% des électeurs quand même ) dans la gauche extrême a qui il ne dédie qu’une seule toute petite phrase, il la considère surement tellement marginale que cela ne vaut pas la peine d’en parler.


      • sleeping-zombie 15 décembre 2010 14:39

        ou restent chez eux.


        • latitude zéro 15 décembre 2010 16:16


          Vous cherchez une opposition ?
          Vous en avez marre des écolos tartufes du « tous coupables » financés par Areva ... ?

          Vous avez à coup sûr lu Hervé Kempf « pour sauver la planète sortez du capitalisme » et « Comment les riches détruisent la planète », brandi et recommandé par Hugo Chavez à Copenhague en 2009.

          Alors à vous de faire le pas et de voter au mieux de vos idées en 2012 !


          • kiouty 16 décembre 2010 10:15

            Deja, un bon point de départ, ce serait de ne pas miser entièrement sur l’état pour faire tous des changements à titre individuel ou local.

            On est tous des révolutionnaires sur clavier, mais qu’en est-il de l’engagement dans des associations ou pour des causes parmi tous les révolutionnaires en pantoufles ?

            Et sinon, un bon point de départ pour juguler la dérive néo-libérale : sortir de l’Europe, en prenant connaissance de l’UPR : Union Populaire Republicaine.

            Voyez deja cette analyse du ridicule des hommes politiques qui font tout pour nous faire croire que les peuples ont voix au chapitre en ce qui concerne l’Europe « quelle Europe voulons-nous ? »

            http://upr63.fr/wp-content/uploads/2009/04/mensonge-quelle-europe.pdf

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès