Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Chirac 73 ans : état d’urgence

Chirac 73 ans : état d’urgence

Manifestement ce n’est plus un tabou que de parler de l’âge du capitaine. Jacques Chirac fête aujourd’hui ses 73 ans. Pendant longtemps le sujet ne devait pas être évoqué. Son entourage, au premier rang duquel sa fille Claude, veillait à ne pas ébruiter l’évidence : le chef de l’Etat prenait, comme tout un chacun, un an de plus chaque année. Pour un peu, le portrait de Dorian Gray aurait été en place de devenir le livre de chevet d’un président en mal d’espérance. Ainsi, lampe à bronzer, lentilles de contact, prothèse auditive, aussi savamment dissimulée que niée, prompteur et look jeune devaient nous donner l’illusion d’un homme éternellement « dans le coup », à l’esprit toujours vif, et apte à répondre aux défis de notre temps.

Hélas, un (petit) accident vasculaire cérébral eut raison de ce bel ordonnancement. Et l’hospitalisation, durant près d’une semaine, au Val de Grâce, aura anéanti toute la tactique consistant à entretenir la chimère d’un éventuel troisième mandat, dans l’unique but de couper cours aux velléités d’un seul homme, honni entre tous, Nicolas Sarkozy.

Car telle était devenue la stratégie et l’obsession présidentielles : barrer la route de l’Élysée au ministre de l’Intérieur, président du parti majoritaire, devenu coqueluche d’une opinion publique inquiète et désabusée. Alors que celui-ci caracole dans les sondages, 72 % des Français considèrent que Jacques Chirac a une faible influence sur la politique intérieure, et 60 % sur l’Europe.

Président du déclin

Le gâteau d’anniversaire a un goût amer. Et à 18 mois de l’échéance présidentielle, on ne voit pas ce qui pourrait redorer le blason d’une fin de règne délétère, tant Jacques Chirac paraît avoir perdu sur tous les fronts. La fracture sociale, dont il avait fait son cheval de bataille en 1995, n’a cessé de s’accroître sous ses deux mandatures. Le chômage n’est jamais passé durablement en dessous de 10 %, atteignant plus de 30 % dans les banlieues difficiles dont les derniers embrasements montrent combien nous avons failli dans notre politique d’intégration et d’égalité des chances. Jusqu’à l’Europe, dont le rejet du traité constitutionnel, le 29 mai, a sonné comme un camouflet cinglant infligé au Chef de l’État.

Passons sur les affaires qui ont scandé les deux mandatures de la chiraquie en déconfiture : emplois fictifs de la mairie de Paris, marchés truqués des lycées d’Île-de-France, pour lesquels le président de la République n’aura été épargné de toutes poursuites qu’en raison de son « irresponsabilité pénale. » De même, les frais de bouche de l’hôtel de ville ne le toucheront pas pour cause de prescription. Et nous pouvons gager que l’enquête de la brigade financière concernant les voyages gratuits concédés à Bernadette Chirac par la société Euralair, aujourd’hui en liquidation, se solderont par un classement sans suite au parquet de Paris.

En définitive, pour la postérité, Jacques Chirac restera comme l’homme qui, pour répondre au désarroi de toute une population, fera resurgir une loi d’exception, au relent colonialiste du bon vieux temps de l’Algérie française. Il n’y a guère que les entreprises du CAC 40 qui auront matière à se réjouir : cette année sera celle d’un record, celui de leurs bénéfices.

On ne vit pas la même réalité

Mais au-delà de l’échec d’un homme, c’est celui de toute une politique. En pleine campagne pour le référendum européen, le 14 avril 05, sur TF1, l’incompréhension dont il faisait montre face aux questions des jeunes, présents sur le plateau, est aussi celui d’un système de pensée. « On ne vit pas la même réalité », avait relevé un des participants. » Tout était dit.

Car il serait facile de faire porter à un seul homme la responsabilité du réel déclin dans lequel nous sommes englués. Majorité, comme opposition, se sont trouvées inaptes à répondre aux défis d’une société en perpétuelle mutation. Le rôle des partis politiques comme celui des syndicats est, avant tout, de participer à l’élaboration d’une conscience collective, condition nécessaire à la pérennité du lien social aujourd’hui distendu. Or, ils se sont transformés en simples écuries partisanes, plus préoccupées de destinées électoralistes que de préserver l’intérêt public et d’anticiper les enjeux de demain.

Il est assez paradoxal et pathétique de voir les difficultés de notre classe politique à faire émerger de nouvelles personnalités. Si la lutte pour les discriminations a quelque pertinence, elle commence par l’ouverture au monde, et aux générations montantes, de nos élites dirigeantes.

Les conditions de sa réélection, en 2002, imposaient au chef de l’État une responsabilité particulière face à la Nation, qu’il a été incapable d’assumer.

« Il était encore étudiant à l’ENA. Il m’avait dit, en me montrant la magnifique préfecture de la Corrèze : " Vous voyez, si je réussis mon concours de sortie, un jour vous serez peut-être la femme du préfet, vous habiterez cette maison." Je l’avais cru. Enfin, pas vraiment. Si, un peu quand même... Mais le destin en a décidé autrement. Moi, ça me paraissait plutôt bien, de devenir la femme du préfet de la Corrèze. Et voilà que trente ans plus tard, je l’accompagnais à l’Élysée ! », conte Bernadette Chirac dans son livre (Conversations avec Patrick de Carolis, Plon).

En définitive, la Corrèze aura bien mérité de Jacques Chirac. La France ? C’est moins sûr.

Photos : AFP - dessin : Placide


Moyenne des avis sur cet article :  1/5   (1 vote)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • argoul (---.---.18.97) 29 novembre 2005 11:40

    Un bel hommage au plus immobiliste des Présidents. Mais vous auriez pu insister sur sa réussite personnelle un peu plus : Premier Ministre ou Président, voilà quelqu’un qui a été au pouvoir le plus longtemps depuis les débuts de la Vème ! Il est sûr et certain que la France a besoin d’une élite plus ouverte - et plus jeune. Le réquisitoire de Denis Jeambart sur M. J. Chirac et à ce sujet sans appel. Mais l’intérêt général s’est effacé avec cette « génération moi-je » au profit de la pure réussite individuelle. Qu’importe « la France » si « moi-je » règne longtemps ! Ce qui signifie non seulement que les problèmes ne sont pas réglés (selon l’adage IVème République qu’il n’y a aucun problème que le temps ne réussisse règler de lui-même), mais que la communication impose la démagogie et qu’il n’est pas de querelle idéologique qui tienne si l’on réaffirme les avantages Zacquis. Le réel se venge à sa manière : la France est désormais ridicule sur le plan international (combien de divisions ?), isolée en Europe (le « moi-je » - qui touche presque toute la caste politique - donne trop de leçons), ringarde en économie (misère de la recherche universitaire, misère des pertes d’emplois, encore pire si l’on met en rapport le nombre d’agents de l’Etat par habitant en France, dont l’emploi est garanti...). Les entreprises du CAC 40 ne font leurs bénéfices qu’à l’international - voyez Carrefour ! - elles ne restent « françaises » que par inertie, leurs actionnaires passant peu à peu dans les mains étrangères - puisque la démagogie et l’incantation ont empêché de créer des fonds d’épargne suffisants dans notre pays. La vieillesse est un naufrage ; je crains cependant qu’elle ne concerne pas uniquement le Président. Les Français l’ont élu (à 82% !), il les représente plutôt bien dans leur frilosité et leurs contradictions. C’est la France qui est vieille dans sa tête, aujourd’hui, ne croyez-vous pas ?


    • Fabien Verfaillie (---.---.81.3) 29 novembre 2005 12:21

      Son âge n’est pas vraiment le plus grand des problèmes pour tenir un pays.

      Je pense qu’il ne faut pas oublier que notre président a été ré-élu, certes, mais plus par défaut qu’autre chose !

      Sans doute que c’était la première fois en France que l’élection ne s’est pas jouée sur un programme mais sur la peur...

      Après ça, on ne pouvait pas lui demander grand chose... avouez, messieurs et mesdames de gauche que ce second tour, nous avons tous prié.

      C’est difficile de lui demander aujourd’hui de rassembler les français. Il le sait. Nous le savons. C’est par défaut qu’il est là...


      • Jacques Goguy 2, rue du Fief de la Croix 79330 St-Varent (---.---.57.11) 2 décembre 2005 22:38

        Jamais la France n’a été aussi mal depuis que Chirac est président !

        Avec 2000 milliards d’euros de dette, les français sont en droit de demander des comptes, à la mafia qui gouverne. Est incriminé le fond de garantie des retraites ; 900 milliards d’euros. Un passé pas très lointain ne connaissait pas le chômage, les ouvriers travaillaient 60 heures par semaine, pour cette raison les caisses de retraites, et de sécurité sociale étaient pleines. Depuis avec madame 35 heures, et Chirac qui a volé des entreprises qui ne lui appartenaient pas, la délocalisation des usines, Chirac en voyage en Chine avec des chefs d’entreprises pour qu’ils s’installent dans ce pays. Le racket fiscal, location de compteurs électriques, d’eau, de gaz, abonnement téléphonique etc... toujours plus pour le bien être des plaideurs de la chambre des députés, et Sénateurs. Les vautours qui dirigent le pays, en demandent toujours plus, le chauffeur la voiture les repas aux frais de la princesse, 70% pourcent d’augmentation pour leur quoi ... ?. Avec Breton le fossoyeur de France télécom, ces marauds nous prennent pour des mongoliens quand ils nous disent qu’il y a moins de chômeurs en France. La plus grande entreprise de France l’ANPE. Dans un état sans liberté, sans justice, avec les sous des contribuables à tous les coins de rue seront installés des caméras pour traquer les contestataires du système, si le fils d’un parlementaire commet un délit la bande vidéo sera effacée. Les lois sont faites pour le peuple, pas pour les voyous de la république. A quoi servent les députés et les Sénateurs. A faire moins de chômeurs Les Ministres. Des personnes qui ont raté la comédie française. Le Président. La copie de Crésus dernier souverain de Lydie à la différence de Chirac il était intelligent. Ce mardi 29 novembre Chirac fête ses 73 ans, avec ses années de mauvais services pour les français, ce chômeur ou plus tôt ce voleur vit au croché du peuple, dans son palais doré de l’Elysée bien au chaud. Pendant ce temps le peuple souffre agonise dans les rues ; combien y aura-t-il de mort cet hiver de froid et de faim. Scandaleux. Pour dissuader les pauvres d’Afrique de venir en France. Faire un film et le diffuser en Afrique, sur la misère du peuple français, le chômage, emplois précaires, des innocents en prison, sous tutelle ou curatelle, en psychiatrie, les suicides, la maltraitance des citoyens par l’autorité française. Il serait plus sage de les aider dans leur pays. La France corrompue par mille vices, et affaiblie par ses haines et ses divisions. Pour mentir au ciel même, et braver les enfers belliqueux, sans craindre d’encourir la mort, et l’anathème. De Jacques Goguy un homme en colère qui réclame justice. Sur Google faire tabourier notaire : suire flic : guillot flic : tribunal de bressuire : jacques goguy : st-varent : chirac le voyou etc...


      • michel lerma (---.---.59.247) 29 novembre 2005 19:06

        Analyse implacable d’un homme politique qui aura été à l’image d’homme politique d’avant guerre,une sorte de social-radical sans projet précis de société.

        La question que personne n’ose posée et que je pose en qualité de citoyen républicain : Ne serait t-il pas mieux pour la France que Mr Chirac démission afin d’avoir un vrai débat de société dans notre pays et d’avoir un homme politique élu sur un projet de société Mr SCHRODER en allemagne à montrer que le courage politique marque l’histoire avec un grand H Seul les imbéciles veulent attendre 2007 mais si vous regardez bien autour de vous ,vous constaterez qu’a part l’économie parallèle qui à pignon sur rue maintenant ,rien de décolle en France. Et si l’économie parallèle décolle c’est que Mr Chirac et ses courtisans ,après avoir m’y les caisses de l’Etat en faillite en super-cadeaux à une minorité de très riche,à m’y les forces de police à tondre la population à cout de PV (les chiffres d’affaires des PV sont explicites !) Et pendant que le fonctionnaire de police court après le citoyen pour le tondre,il ne peut pas courir après le voyou ou le receleur. En effet,cela coute de l’argent de courir apres le voyou alors que mettre un PV il suffit de tendre le bras !

        Le role de la police dans un Etat de droit républicain c’est d’appliquer les lois votées par les députés du peuple.

        Pas de tourner la tete pour ne plus voir la réalité

        15.000 morts parce qu’il a fait trop chaud et il n’a pas daigné quitter ses vacances ! Non ce n’est pas un accident,avec le bilan qu’il a aujourd’hui ,c’est un crime contre les Français.

        Il était en vacances aussi pendant les émeutes ?

        Et sa fracture sociale !

        Presentons lui la FACTURE SOCIALE en exigeant sa démission,quitte à manifester à la place de la Concorde afin qu’il parte et que les Français puissent avoir un vrai débat de société

        ECHANGER C’EST PROGRESSER

        Sinon,il ne sert à rien de pleurer et de pleurer,pleurer,...pendant 18 mois !!!

        La presse (Le Monde,Libération) n’a pas le courage de demander à Mr Chirac de partir,normal,ils recoivent des aides de l’Etat et leur dépendance est telle qu’ils n’ont plus la liberté de parole ,quand on pense à toutes les leçons de morales qu’ils donnaient dans leurs éditos à Jospin on en reste sur le Q

        Ils ont peur de quoi ??????

        Oui,vous aussi vous pensez la même chose

        Ils ont peur de Nicolas Sarkozy qu’ils les à mis à sa botte et qui prefere attendre 2007.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès