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Clearstream, le retour des bonimenteurs

Les débuts imminents du procès Clearstream font sortir du bois une pléthore de bonimenteurs prêts à tout pour sauver leur peau. De Lahoud à Gergorin, en passant par Bertrand, c’est une véritable partie de bonneteau qui est en train de se dérouler sous nos yeux….

Rappel des faits

L’affaire Clearstream remonte au mois de juillet 2004. Dominique de Villepin est alors ministre de l’Intérieur. Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, et son subordonné Imad Lahoud se procurent au mois de novembre 2003 des listings de comptes occultes via la chambre de compensation internationale Clearstream, située au Luxembourg. C’est le journaliste Denis Robert, ayant enquêté sur cette affaire, qui confie à Imad Lahoud le fichier contenant les célèbres listings.

Le général Philippe Rondot est alors chargé d’enquêter sur ces listings, dans lesquels figurent, à compter de la date du 9 Janvier 2004, les noms de plusieurs personnalités politiques Jean-Louis Gergorin joue le rôle du corbeau : à partir du mois de mai, il envoie anonymement au juge Renaud Van Ruymbeke, des listings falsifiés dans lesquels apparaissent le patronyme hongrois de Nicolas Sarkozy : Nagy-Bocsa.

Dominique de Villepin, informé de la falsification par le général Rondot, aurait selon l’accusation eu le tort de laisser faire Jean-Louis Gergorin et de n’avoir rien tenté pour stopper la procédure judiciaire.

Gergorin frappe le premier

Le vaste jeu de dupes médiatiques a redémarré jeudi dernier avec la sortie du livre du journaliste Frédéric Charpier, « Une histoire de fous : le roman noir de l’affaire Clearstream ». L’auteur nous promettait de l’originalité ainsi que des « documents méconnus ou inédits » mais force est de constater que, niveau scoop, c’est plutôt le désert de Gobi.

Le journaliste défend l’hypothèse que Dominique de Villepin, contrairement à ses déclarations, aurait continué à voir Jean-Louis Gergorin après le 9 Janvier 2004. Le problème de l’ouvrage est qu’il s’appuie essentiellement – pour ne pas dire uniquement – sur le témoignage de l’ancien vice-président d’EADS, qui depuis le procès s’est maintes fois contredit.

La thèse que défend Frédéric Charpier disculpe évidemment Jean-Louis Gergorin , qu’il présente comme un simple exécutant d’un ordre venant d’en haut, c’est-à-dire de Chirac lui-même, Dominique de Villepin n’étant dans cette affaire qu’un simple messager.

Le retour d’Imad Lahoud

Mais aujourd’hui, le JDD frappe à son tour en nous dévoilant un procès verbal jusque là tenu secret, qui aurait été enregistré le 9 décembre 2008, soit quelques jours après la clôture de l’enquête. On pourrait bien sûr s’interroger sur la parution opportune de ce scoop de la part d’un hebdo que l’on sait proche du pouvoir, et ce un an après les faits et seulement 20 jours avant le début du procès.

Le journaliste Jacques-Marie Bourget de Bakchich écrit dans un très bon papier que ce journal s’est mué en un « carquois plein de flèches empoisonnées destinées aux ennemis de Nicolas Sarkozy, le « frère » de son propriétaire [...] L’heure de la rentrée a sonné, il s’agit de conditionner l’esprit du public à la thèse de l’accusation : le bon et doux Nicolas Sarkozy a été la pauvre victime d’un complot alimenté par le fourbe Villepin ».

On peut également se poser des questions sur la nature d’un procès verbal versé au dossier «  in extremis », sans que les éléments nouveaux aient été au préalable communiqués à la défense. Mais revenons-en aux déclarations d’Imad Lahoud. Il réaffirme aujourd’hui avoir modifié les listings et y avoir inséré le nom de Nicolas Sarkozy, mais déclare que ce «  travail a [été fait] à la demande de Jean-Louis Gergorin  ».

Il rajoute : « C’est Gergorin qui m’avait donné le modèle manuscrit et je n’ai fait que recopier sur une feuille Excel le modèle… le jeu du secret était de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy… Je savais que la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin. C’est ce que m’a dit Jean-Louis Gergorin… ».

Quel crédit donner à ces nouvelles accusations ? Tout sonne faux chez Imad Lahoud, de son prétendu diplôme décroché à Normal Sup à ses missions vaudevillesques d’espionnage à la DGSE. On ne compte plus le nombre d’affabulations qu’il a montées de toutes pièces. Même ses fréquentations reconnaissent sa mythomanie.

En 2008 déjà, il affirmait avoir ajouté le nom de Nicolas Sarkozy alors qu’il se trouvait dans le bureau d’Yves Bertrand. Mais lorsqu’il lui a été demandé de décrire ce fameux bureau, il en a été incapable…

Yves Bertrand règle ses comptes

Quant à Yves Bertrand, l’ex-patron des RG français, il revient du diable vauvert pour une interview sans concession dans le dernier numéro de Marianne. Il déclare que « Nicolas Sarkozy a été informé de cette affaire bien plus tôt qu’on ne l’a dit  ». Il affirme d’ailleurs que dès le départ Fréderic Lefèbvre et Pierre Charon (conseiller proche du président) se sont empressés de l’accuser d’être le responsable du trucage des listings.

L’ex-patron des RG confie qu’ils « ont tellement cherché à [lui] faire endosser le bidouillage des listings qu’ [il] a fini par trouver cet acharnement suspect. Cherchait-on en m’accusant à protéger quelqu’un d’autre ? ». Pour Yves Bertrand : « Les listings de Clearstream sont une manipulation grossière visant précisément à faire porter le chapeau aux chiraquiens. »

Des déclarations intéressantes si on examine les déclarations du juge d’instruction Van Ruymbeke, cette semaine sur France Infos. Il déclare lui aussi que durant son enquête Nicolas Sarkozy « n’a eu de cesse de l’agresser ». Il rajoute : « Jamais il ne m’a informé du complot qui soit disant se tramait contre lui… ». Interrogé en tant que témoin lors du procès, il déclare qu’il n’hésitera pas à remettre «  les choses d’équerre ». On peut s’en réjouir.

Yves Bertrand a également profité de cette entrevue pour répondre aux déclarations d’Imad Lahoud et les rendre immédiatement caduques : « Dans le cadre de l’instruction de l’affaire Clearstream, il a eu l’occasion de déclarer qu’il m’avait rendu visite dans mon bureau. Place Beauvau, et que je lui avais tenu la main au moment d’ajouter des noms aux listings. C’est tellement énorme que personne, bien sûr, ne l’a cru. Il suffit de consulter le registre des visiteurs, rue des Saussaies pour constater qu’il n’a jamais franchi le sas pour venir me voir. »

Dans cette vaste partie de poker menteur, Nicolas Sarkozy joue une grand part de sa crédibilité politique. Si l’instrumentalisation de ce procès est avérée, l’accusation peut très vite se retourner contre lui. C’est pourquoi il n’hésite plus à abattre ses dernières cartes via des médias qui sont devenus de véritables relais du pouvoir.

Pour comprendre les tenants et aboutissants de ce procès, la mise en perspective est donc indispensable. D’ailleurs quand Yves Bertrand est questionné sur le nom de l’instigateur de cette affaire politique, il livre cette problématique : « A qui profite le crime ? Celui qui répond à cette question dispose déjà d’une partie de la réponse ».

par mardi 8 septembre 2009 - 52 réactions
yahoo
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  • Par lord_volde (xxx.xxx.xxx.185) 8 septembre 2009 11:27
    lord_volde

    J’avais parcouru une jolie note exposée par le journaliste d’investigation Thierry MESSAN disponible sur le Réseau Voltaire (Voltairenet.org) qui en substance indiquait que l’affaire Clearstream avait été montée de toutes pièces par des proches de sa majesté Sarkozy 1er contre le 1er ministre de l’époque ; lequel avait osé humilié le gouvernement Bush lors de la fameuse présentation des preuves comico-tragiques visant à faire accroire au monde entier que l’Irak disposait d’ADM (armes de destruction massive). Le Président Chirac et son premier Ministre devaient payer l’affront fait aux soldats du capitole de la puissante Oligarchie élitiste US. Les personnages ou plutôt les acteurs de ce mauvais scénario, hormis l"’honnête et scrupuleux" accusé Dominique de VILLEPIN, vont s’acharner à convaincre les juges que le 1er Ministre en exercice avait pris part à ce grand manège en orchestrant un mini complot tendant à mettre en cause le Sinistre 1er flic de France de l’époque à l’aide d’une falsification d’un listing mentionnant l’identité et les comptes bancaires off shore de la soit-disant victime, sauf coup de théâtre inattendu. En arrière plan de ce machiavélique stratagème se joue, en effet, une autre partie à laquelle le public peu averti n’a évidemment pas accès et qui consiste à obtenir, par le biais de tractations discrètes, le retrait de Monsieur de VILLEPIN de la scène politique et son concours, en cas de besoin, aux opérations d’intoxication de l’opinion publique pouvant faciliter la mise en place d’un système dynamique de coertition et de contrôle diminuant les libertés publiques et instaurant une emprise en maille serrée d’une partie de la population lourdement paupérisée par les crises et les réformes à venir s’ajoutant aux précédentes.
    Derrière l’affaire Clearstream qui se concluera (je prends les paris) par de nombreuses relaxes accordées à certains protagonistes de l’histoire dont, in fine, M. de VILLEPIN profitera et quelques condamnations relativement légères dont celle évidente de M I. LAHOUD, qui a déjà exécuté une peine privative de liberté à l’occasion de l’instruction, se joue dans l’ombre une autre pièce essentielle qui renforcera les tenants de la ligne atlanto-sioniste en vue de favoriser l’émergence d’une vaste alliance débouchant inéluctablement sur le nouvel ordre mondial oligarchique et élitiste tant attendu et tant appelé par son Altesse sérénissime Nicholas 1 er de Sarkoland ("...et je dis bien que personne ne pourra s’y opposer"). 

  • Par John Eastwood 2 (xxx.xxx.xxx.58) 8 septembre 2009 14:01

    L’affaire CLEARSTREAM, ce n’est pas cette petite histoire débile de faux listing, c’est l’histoire du double fond de la boite noire de la finance mondiale révélée par Denis ROBERT.

    Mais quand les politiques ont été informés de cette affaire, qu’ont-ils fait ?

    L’un à rajouté le nom de son rival pour détruire sa carrière. L’autre l’a laissé faire pour mieux se venger et détruire aussi sa carrière....

    Ils sont à vomir, et ceux qui suivent cette affaire comme ils suivraient DALLAS, sans même s’interesser une seule seconde à l’activité de cette lessiveuse financière, sont encore plus décevants.

    Si demain, je vois et prends en photo un homme qui poserait une bombe atomique dans les sous sols de ma ville, je n’irais pas informer les politiques, par peur qu’ils utilisent cette information pour servir leur course effrénée au pouvoir, plutot que pour sauver les millions de Français.

  • Par mathilde (xxx.xxx.xxx.20) 8 septembre 2009 11:51

    Dominique de Villepin ne choisira pas entre peste et choléra....laissons-nous surprendre, et souhaitons à " l’autre" de très grosses et vilaines colères dignent de sa petitesse !

  • Par lord_volde (xxx.xxx.xxx.185) 8 septembre 2009 11:46
    lord_volde

    version rectifiée :
    J’avais parcouru une jolie note exposée par le journaliste d’investigation Thierry MESSAN disponible sur le Réseau Voltaire (Voltairenet.org) qui en substance indiquait que l’affaire Clearstream avait été montée de toutes pièces par des proches de sa majesté Sarkozy 1er à l’encontre du 1er ministre de l’époque ; lequel avait osé humilié le gouvernement Bush lors de la fameuse présentation des preuves ridiculesques examinées lors d’une séance du conseil de sécurité de l’ONU visant à faire accroire au monde entier que l’Irak disposait d’ADM (armes de destruction massive). Le Président Chirac et son premier Ministre devaient payer l’affront fait à la soldatesque du capitole de la glorieuse et puissante Oligarchie impérialiste et élitiste US. Les personnages ou plutôt les acteurs de ce mauvais scénario, hormis "l’honnête et scrupuleux » prévenu Dominique de VILLEPIN, vont s’acharner à convaincre les juges que le 1er Ministre en exercice avait pris part à ce grand manège en orchestrant un mini complot tendant à mettre en cause le Sinistre 1er flic de France de l’époque à l’aide d’une falsification d’un listing mentionnant l’identité et les comptes bancaires off shore de la soit-disant victime, sauf coup de théâtre ultime et inattendu. En arrière plan de ce machiavélique stratagème se joue, en effet, une autre partie à laquelle le public peu averti n’a évidemment pas accès et qui consiste à obtenir, par le biais de tractations discrètes, le retrait de Monsieur de VILLEPIN de la scène politique et son éventuel concours, en cas de besoin, aux opérations d’intoxication de l’opinion publique pouvant faciliter la mise en place d’un système dynamique de coertition et de contrôle amenuisant le spectre des libertés publiques et instaurant une emprise en mailles serrées l’emprise de la population lourdement paupérisée par les crises et les réformes à venir, s’ajoutant aux précédentes.
    Derrière l’affaire Clearstream qui se concluera (je prends les paris) par de nombreuses relaxes accordées à certains protagonistes de l’histoire dont, in fine, M. de VILLEPIN profitera et quelques condamnations relativement légères dont celle évidente de M I. LAHOUD, qui a déjà exécuté une peine privative de liberté à l’occasion de l’instruction, se joue dans l’ombre une autre pièce essentielle qui renforcera les tenants de la ligne atlanto-sioniste en vue de favoriser l’émergence d’une vaste alliance débouchant inéluctablement sur le nouvel ordre mondial oligarchique et élitiste tant attendu et tant appelé par son Altesse sérénissime Nicholas 1 er de Sarkoland (« ...et je dis bien que personne ne pourra s’y opposer »). 

    Monsieur de VILLEPIN est donc confronté à un dilemme des plus dramatiques pour lui, qui s’articule autour de l’alternative suivante : soit le retrait, soit la disgrâce.

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