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Accueil du site > Actualités > Politique > Climat social : l’avertissement lucide de… Tocqueville

Climat social : l’avertissement lucide de… Tocqueville

Nicolas Sarkozy en est persuadé lui-même, il est le phare de ce monde, le guide clairvoyant des peuples, le messie tant espéré qui va sortir notre société de ses ornières et l’amener vers des lendemains qui chantent...

Un objectif que Nicolas Sarkozy, du haut de sa toute-puissance autoproclamée, a jusque là poursuivi d’une curieuse manière. En laissant filer les déficits au mépris de la rigueur gestionnaire. En accroissant la dette de manière irresponsable et dans des proportions jamais vues sous la Ve République. En détricotant le droit du Travail et en asséchant les moyens de l’Inspection chargée de le faire respecter. En rabotant non les niches fiscales (elles n’ont jamais été aussi profitables aux détenteurs de hauts revenus) mais les effectifs et les ressources des services publics de l’Éducation et de la Santé. En tentant de réformer la Justice pour la rendre plus docile aux ordres d’une Chancellerie elle-même soumise à la volonté élyséenne. Et surtout en multipliant les initiatives fiscales en faveur des amis du pouvoir, des grandes fortunes ou des lobbies marchands, relais d’un gouvernement déconnecté des réalités du terrain et sourd à l’aggravation des injustices et des inégalités.

Ajoutons à cela une fascination ostentatoire pour le luxe et le clinquant, une propension compulsive à la mégalomanie, le maintien en poste de ministres se gobergeant sans vergogne aux frais du contribuable, et le tableau sera complet.

Nicolas Sarkozy ne s’y serait pas pris autrement s’il avait voulu désespérer non seulement les classes populaires, très durement touchées par la mondialisation libérale et la crise économique, mais également les catégories socioprofessionnelles médianes, victimes elles aussi d’une politique inéquitable et délibérément mise au service des classes supérieures, du capital et des grands capitaines d’industrie.

Comment s’étonner, dès lors, que des velléités de rébellion, des rêves de révolte naissent et mûrissent ici et là ? Certes, rien ne laisse présager, en l’état actuel de la société française, un embrasement imminent, tant les ouvriers et les employés, trop souvent confrontés au chantage à l’emploi et repliés sur un individualisme délétère, sont devenus frileux et craintifs. Mais il est des volcans dont les éruptions ne sont guère précédées de signes annonciateurs, des violentes tempêtes qui se lèvent soudainement sur un océan qui, jusque là, faisait le gros dos en contenant sa fureur.

De tels climats d’incubation, la France en a déjà connus. Écoutons à cet égard le discours de l’un des plus brillants analystes de la chose politique, de l’un de ceux qui a le mieux compris ce que devrait être une démocratie digne de ce nom :

« La France avait jeté dans le monde, la première, au milieu du fracas du tonnerre de sa première révolution, des principes qui, depuis, se sont trouvés régénérateurs de toutes les sociétés modernes. Ça été sa gloire, c’est la plus précieuse partie d’elle-même. Eh bien ! Messieurs, ce sont ces principes-là que nos exemples affaiblissent aujourd’hui.(…) On dit qu’il n’y a point de péril, parce qu’il n’y a pas d’émeute. On dit que, comme il n’y a pas de désordre matériel à la surface de la société, les révolutions sont loin de nous. Messieurs, permettez-moi de vous dire que je crois que vous vous trompez. Sans doute le désordre n’est pas dans les faits, mais il est entré bien profondément dans les esprits. Regardez ce qui se passe au sein de ces classes ouvrières qui, aujourd’hui, je le reconnais, sont tranquilles. Il est vrai qu’elles ne sont pas tourmentées par les passions politiques proprement dites, au même degré où elles ont été tourmentées jadis. Mais ne voyez-vous pas que leurs passions, de politiques, sont devenues sociales ? Ne voyez-vous pas qu’il se répand peu à peu dans leur sein des opinions, des idées, qui ne vont point seulement à renverser telles lois, tel ministère, tel gouvernement même, mais la société, à l’ébranler sur les bases sur lesquelles elle repose aujourd’hui ? N’écoutez-vous pas ce qui se dit tous les jours dans leur sein ? N’entendez-vous pas qu’on y répète sans cesse que tout ce qui se trouve au dessus d’elles est incapable et indigne de les gouverner ; que la division des biens faite jusqu’à présent dans le monde est injuste ; que la propriété repose sur des bases qui ne sont pas équitables ? Et ne croyez-vous pas que, quand de telles opinions prennent racine, quand elles se répandent d’une manière presque générale, quand elles descendent profondément dans les masses, elles doivent amener tôt ou tard, je ne sais pas quand, je ne sais comment, mais elles doivent amener tôt ou tard les révolutions les plus redoutables ? Telle est, Messieurs, ma conviction profonde : je crois que nous nous endormons à l’heure qu’il est sur un volcan, j’en suis profondément convaincu… »

Ces paroles fortes et d’une étonnante actualité ont été prononcées par Alexis de Tocqueville le 27 janvier 1848 à la Chambre des Députés. Moins de 5 semaines plus tard éclatait une nouvelle révolution. Elle contraindra Louis-Philippe à l’abdication et débouchera sur la proclamation de la IIe République.

Nicolas Sarkozy et ses amis politiques, zélés serviteurs du grand patronat et promoteurs d’une réforme des retraites particulièrement injuste car touchant de manière écrasante les humbles en sauvegardant les intérêts des puissants et des riches, feraient bien de méditer ce précédent !

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125 réactions à cet article    


  • marc berger marc berger 21 juin 2010 10:13

    Très bon article de synthèse. Espérons que les consciences se réveillent, l’été sera peut etre porteur d’un retour à des valeurs plus humaines et à une solidarité plus marquées.


    • Fergus Fergus 21 juin 2010 10:34

      Bonjour, Marc, et merci pour ce commentaire.

      Je ne fais évidemment pas de pronostic, ce genre d’exercice étant, en matière sociale, des plus aléatoires. Cela dit, on sent effectivement monter le mécontentement dans la population depuis l’annonce du projet gouvernemental de réforme des retraites. L’injustice flagrante de ce projet, ajoutée aux motifs de rancoeur qui s’accumulaient depuis des mois, voire des années, créent un nouveau climat dont personne ne peut savoir sur quoi il débouchera à la rentrée.

      Une chose est sûre : Sarkozy et ses amis craignent maintenant, si l’on en croit les bruits qui courent, une mobilisation beaucoup plus forte que prévu jeudi prochain. Le climat de pourrissement autour de l’équipe de France n’y est d’ailleurs pas étranger tant il fait resssortir les parallèles avec le sommet d’un état où l’amour obsessionnel de l’argent et la vulgarité sont emblématiques d’une dérive de la fonction présidentielle. Ajoutons à cela les pitoyables affaires qui concernent les ministres (Amara, Joyandet, Blanc, Woerth et sans doute quelques autres à venir), et le tableau sera complet.

      Certes, il n’y a pas d’émeutes, mais de la même manière qu’une plante peut en quelques heures surgir du désert pour peu qu’elle bénéficie d’un peu d’eau, il suffira peut-être de quelques gouttes de scandale pour que naisse la rébellion !


    • Gabriel Gabriel 21 juin 2010 10:25

      Bonjour Fergus,

      Le type est irrécupérable car atteint d’une pathologie lourde. Mythomane, égocentrique et mégalomane. Donc très bon sujet d’analyse pour les premières années en psychiatrie. Cela dit, l‘entourage est à son image, cela me fait penser au gouvernement de Vichy, la tête courbée et la culotte baissée. Seule bonne nouvelle au tableau, les yeux ainsi que les esprits s’ouvrent et la révolte couve. Amicalement    


      • Fergus Fergus 21 juin 2010 10:42

        Bonjour, Gabriel.

        Je crois en effet que Sarkozy est irrécupérable tant sont grands sa mégalomanie, son égocentrisme et son mépris foncier des pauvres et des faibles.

        Oui la révolte couve, mais nul ne peut dire, comme Tocqueville, quand elle éclatera, si elle éclate un jour. Mais il est évident que le peuple français gronde. Un grondement que les autistes au pouvoir n’entendent pas ou ne veulent pas entendre, prisonniers d’une action politique de caste au service des puissants.

        Salutations amicales.


      • NEPNI NEPNI 21 juin 2010 10:45

        je me demandais comment une révolution tel que 1789 pouvait avoir lieu aujourd’hui, sans trouver la solution......

        Mise en place d’un gouvernement révolutionnaire avec priorité de chasser le gaspi et la corruption, tout homme corrompu et/ou gaspilleur du bien puplic se verra confisquer tout ses avoir en plus de la prison et de la dénonciation publique ! ça evitera les têtes coupées

        je sais c’est naïf mais il y a de l’idée


        • Fergus Fergus 21 juin 2010 11:05

          Bonjour, Nepni.

          Sans attendre un hypothétique Grand Soir, il suffirait, dans un premier temps pour assainir le milieu politique, d’interdire le cumul des mandats, de rendre inéligible à vie tout élu condamné pour abus de biens sociaux, trafic d’influence ou corruption et de rendre publique la déclaration de patrimoine de tous les élus nationaux.


        • perlseb 21 juin 2010 19:42

          Gouvernement révolutionnaire d’un jour qui deviendra gouvernement corrompu de bourgeois avec le temps.

          Pourquoi tant de révolutions (1789, 1830, 1848, 1871) pour une absence totale de résultat sur le long terme ?

          Parce qu’à chaque fois, on a recréé les conditions de l’abus avec la concentration du pouvoir.

          Ce qu’il faut, une fois pour toute, c’est supprimer le pouvoir, supprimer le gouvernement et remplacer cela par la démocratie directe ou république numérique (idem au niveau des entreprises : remplacer toutes ces dictatures hautement hiérarchiques par de l’autogestion). Bref, interdire une fois pour toute la concentration du pouvoir, toujours contraire à l’intérêt du peuple et contraire à la notion de démocratie. Nous avons, pour la première fois dans l’histoire, les moyens techniques d’un tel projet. Pas de leader merci : à leader intègre et de possible bonne foi, succède bien vite la pire des raclures pour un éternel recommencement pathétique.


        • Fergus Fergus 21 juin 2010 20:20

          Bonsoir, Perlseb.

          D’accord avec votre constat : les révolutions ne sont le plus souvent que des ruptures provisoires. Pour séduisant que cela soit, supprimer les gouvernements pour instaurer des démocraties directes me semble toutefois relever d’une sympathique utopie. La solution pour moi passe par le maintien des gouvernements, mais soumis à des contre-pouvoirs réels et à de stricts contrôles parlementaires. A cet égard, la démocratie participative me semble aller dans le bon sens, les élus devant à échéances régulières en cours de mandat venir justifier les raisons de leurs choix, de leurs échecs et de leurs éventuelles carences. Mais, mis à part quelques collectivités scandinaves ou allemandes où cela fonctionne bien, le recul n’est encore véritablement significatif.


        • perlseb 21 juin 2010 20:46

          Pouvoir, contre-pouvoir, contrôleurs de la vraie indépendance du contre-pouvoir, contrôleurs de la vraie indépendance des contrôleurs du contre-pouvoir... A la fin, un système de plus en plus complexe où personne ne sait qui fait quoi, ni qui dirige.

          Nous n’avons pas fini d’avoir des désillusions avec un système qui concentre le pouvoir et croit pouvoir le déconcentrer avec des règles. Non, il n’y a pas d’autres solutions que la démocratie directe qui est ultra-simple et véritablement démocratique. Mais le constat est là : tout le monde veut être chef (un jour ou l’autre) et personne ne veut d’une certaine égalité. L’échec de l’humanité dans la mise en place de la démocratie peut se résumer par l’absence de volonté réelle d’un tel système égalitaire. La démocratie est utopique parce que personne n’en veut.

          La démocratie est belle dans l’idée, mais on préfère instinctivement (= de façon purement animale : nous sommes des singes, organisés naturellement de façon hiérarchique) qu’un petit génie prenne une excellente décision pour le groupe plutôt que le groupe s’autogère. Et nous avons le résultat pitoyable qui se répète sans cesse avec l’histoire : celui qui est à la tête est très loin d’être un petit génie et les décisions qu’il prend sont favorables à ses intérêts et à ceux de ses amis mais certainement pas à ceux du plus grand nombre. Nous avons la dictature que nous méritons.


        • paul mohad dhib 22 juin 2010 12:03

          Salut perlseb , fergus et nepni...

          pour moi perlseb ,tu fais un constat, un constat de ce qui est reel, avec le pouvoir, des révolutions qui se terminent en eau de boudin tres vite, car le profiteur de base est toujours la a l’affût, et la première chose dont il a besoin est la passivité du groupe, ce qui arrive de suite, car il n’y a pas de groupe en fait, il y a seulement des gens qui vivent au même endroit...
          il y a des milliards d’entités humaines, qui ne sont pas reliées, sauf par intérêt, d’ailleurs les seuls qui « coopèrent » sont les profiteurs du collectif, car avec un tel cerveau humain de compétition, seul l’appât du gain fait travailler ensemble vraiment..mais pour fonctionner , je le répète le groupe abusé doit être passif, se laisser faire, vouloir d’un chef, et je pose la question : pourquoi vouloir d’un chef ??
          On peut expliquer la société, les systèmes, écrire des centaines de livres, couper les têtes, comme dit perlseb, on reviendra toujours a la même situation, la on peut et on doit se dire  : mais pourquoi ?
          Et la c’est le vide total, pas de réponse, on entre dans l’inconnu, ce qui nous sert de cerveau, que j’appelle notre cerveau analytique ou ego, un programme de survie ( techniques.,sciences,arts,etc...) qui je trouve fonctionne en automatique, comme celui qui fait fonctionner le corps d’ailleurs, cet ego/programme qui analyse SA mémoire et finit toujours par une conclusion binaire oui/non, son opinion, ce programme est le créateur , l’origine de 100% de ce qu’est une société et une vie d’humain, personnellement en tant qu’individu et groupe je considère l’humain comme un échec , même si un bon marketing va mettre seulement en avant des réalisations techniques a la gloire de notre génie, en oubliant évidemment toute la noirceur de nos psychés...
          oublions la société et commençons avec soi même, sommes nous réellement si différents de l’objet de nos critiques ? ? ? ?
          ....chacun avec ses opinions basées sur ses expériences , ses capacités, ses propres inclinaisons, etc etc ..tout ceci résultant d’une « analyse »automatique, ca se fait tout seul,....on peut dire : c’est comme cela, avec fatalisme...
          l’être humain va de gentil a tortionnaire, le tortionnaire on voit, c’est l’optimum du sadisme, le gentil c’est moins facile a déterminer, il y a le gentil qui n’accepte pas l’autorité et va le cas échéant répondre a la tentative de pression sur sa personne, et il y a le gentil par passivité, qui ne ferait pas de mal a une mouche, mais va se laisser dominer par soucis de non implication dans le collectif...la aussi on peut en faire des tonnes, a quoi bon ?
          je crois discerner que nous sommes tous en fait sur le registre ego, moi-je, avec des variantes précitées..
          dans ma vie, après maintes péripéties, je dis, pour moi même, voila mon problème...a savoir ce moi qui fonctionne tout seul d’une certaine façon, totalement englué et perdu entre désirs et peurs...la c’est ma conclusion, des expériences qui amènent des changements profonds, qui en amènent d’autres, qui peuvent ôter cette insatisfaction ou cette douleur permanente de la vie, par la compréhension de + en + profonde de la nature de notre esprit....qui nous montre a quel point nous sommes similaires dans notre fonctionnement, et que selon l’occasion, le barbare qui sommeille en chacun pourra se réveiller....
          après des milliers d’années de fonctionnement automatique destructeur et barbare, soyons net, nous devons nous emparer de ce sujet, sujet échafaudé par des gens tel le Buddha, et d’autres, mais tout ceci s’est avéré insuffisant , regardons autours de nous...l’occidental en costard cravate a le vernis qui craque, il commence a ne plus pouvoir cacher qu’il est une brute qui souffre, et c’est precisemment cette souffrance qui l’amène a faire souffrir, tel un exorcisme perdu d’avance..
          ce n’est pas en restant le cul sur une chaise, ceci dit dans un sens psychologique, que une transformation va se passer....on prend le problème totalement a l’envers en commençant par la fin, a savoir : on veut un autre système !!!
          alors que ce qui se passe est la résultante logique ,et entièrement prévisible de notre vie passée entièrement sous le contrôle d’un « programme automatique appelle ego ou cerveau analytique, qui est un outil, mais sa capacité a imaginer, indispensable pour les techniques chacun peut voir cela, devient LE problème quand il s’agit de la vie entière, qui alors , on est obligé de le supposer est bien plus qu’un moment a passer dans un corps sous l’emprise dictatoriale d’une partie de notre cerveau, cette partie qui conclu automatiquement et toujours par : j’aime donc je te veux, je n’aime pas donc je te tue....c’est terrible,..
          on est totalement prisonnier d’un programme, qui devrait nous servir d’outil, mais sa capacité a imaginer lui procure l’illusion qu’il est un tout magnifique, mais ce tout est écrasé par la peur de sa fin qu’il voit, la est le tournant dramatique, notre ego se détourne de ce qui est » vrai",nie le reel et passe une vie dans une quete impossible de ce qu’il veut, si c’est pour construire un abris, ca marche, quand il ne s’agit pas de techniques ca donne notre monde de guerres et de violence permanente, de souffrance auxquelles on ne comprends rien....
          c’est le sujet d’une vie, la naissance physique, et la je paraphrase Socrate qui parlait de seconde naissance, la naissance psychologique, la première naissance n’est pas de notre fait, la deuxième sera de notre fait ou jamais....la douceur de la vie résidera ou pas dans l’harmonie entre ces deux naissance.....
          naître a soi même veut dire ici, ne plus vivre que sur les capacités de notre ego/cerveau analytique, mais de découvrir d’autres capacités, qui ne finissent pas en conclusions binaires, qui nous font aimer/posséder ou ne pas aimer/tuer....
          faute de remonter a l’origine du problème humain et le détruire, la ou le mal prends naissance, il ne sera pas possible de transformer notre monde, nos sociétés, qui ainsi iront toujours du moins pire au plus horrible, mais quand le guerrier devient le messager de la paix, alors c’est tres mal barré...non ? la question est énorme ,mais simple..ne pas commencer par la complexité ou on ne va rien comprendre est alors salutaire, je pense..
          salutations..


        • perlseb 24 juin 2010 14:01

          Merci paul, pour ce commentaire.

          Bien évidemment, le problème de nos sociétés est à rechercher dans notre égo. Mais à chaque génération, à chaque nouvelle naissance, la même naïveté resurgit croyant avoir compris que le problème venait des autres.

          Effectivement, chacun doit faire son auto-critique pour pouvoir « naître une deuxième fois » et atteindre la maîtrise et le désintérêt matériel (tout cela sans lien avec la religion ou avec un quelconque dieu hypothétique). Mais le cerveau de l’homme est parfois un lourd handicap : il a tendance a lui faire croire qu’il est loin de l’animal (technique, abstraction possible) quand il se comporte dans les faits comme n’importe quel animal : la nature est très forte, et il est illusoire de croire pouvoir s’en extraire même en tant qu’humain. Il faut apprendre à l’accepter et à la connaître.


        • paul mohad dhib 24 juin 2010 14:24

          Salut perlseb...merci de ton mot
          illusoire de pouvoir s’en extraire...apprendre a l’accepter et a connaître...a propos de cette animalité..dis tu...alors c’est foutu, fini, la souffrance sans fin est promise a l’humain, l’observation aussi car tu conclue definitivement, or tu ne sais pas si il y a un chemin en dehors de l’animalité démente de l’humain,
          ..et justement le cerveau analytique /ego quand il ne sait pas, au lieu de dire je ne sais pas, ce que tu aurais du dure, comme il pense toujours en absolu par rapport a ce que lui sait, il conclu : c’est impossible, comme tu le fais, comme nous le faisons, et le piège se referme alors une fois de plus sur la possibilité de voir, le « je ne sais pas » devient : « ce n’est pas possible. » car cet ego analytique veut une réponse, c’est son programme automatique qui le veut, il ne peut rester sans réponse, impossible, même si c’est faux il est content avec une réponse.....j’en ai souvent fait l’expérience avec moi ,sur les autres aussi, ce besoin d’une réponse...même fausse...cette impossibilité de rester dans le : je ne sais pas..ce qui est en fait notre réalité la plupart du temps, ,mais le mensonge a soi même passe inaperçu
          c’est la un des problèmes de notre cerveau qui n’a rien a voir avec notre animalité mais avec le fait que ce programme automatique déconne.....son avis relatif devient verite absolue....c’est d’ailleurs pour cela que l’on ne supporte pas une opinion differente, une couleur de peau différente, une religion différente etc etc...
          l’heure de l’école....j’arrête donc
          si ca t’interesse on peut continuer
          amicalement


        • Fergus Fergus 24 juin 2010 18:44

          Bonjour, Perlseb et Paul.

          « Je ne sais pas » vs « C’est impossible » est également à croiser avec la réalité et la représentation que nous en avons. D’où une relativité plus grande encore de l’avis que nous émettons, sachant que les représentations d’une même réalité peuvent considérablement varier d’un individu à l’autre...


        • perlseb 25 juin 2010 00:09

          Je ne prétends pas être sûr de moi sur les avis que j’émets. Pour ce qui est de l’animalité, elle est d’abord physique et indissociable (l’homme ne peut pas prétendre n’être qu’un cerveau). C’est en ce sens que l’homme ne pourra jamais s’extraire de l’animalité : il faut bien manger, se reproduire...

          Pour ce qui est du mental, bien évidemment c’est un peu plus compliqué. Mais la nature nous influence tellement dans nos comportements. Bien souvent, les hommes (et sûrement les femmes, mais je ne préfère pas parler à leur place) ne se rendent pas compte à quel point leur vie entière est basée sur la nécessité de plaire à l’image qu’ils se font de l’autre. C’est très sexuel et c’est la nature qui donne cette raison de vivre : un combat de gènes diront certains. On peut dompter ce combat consciemment : ne pas vouloir se reproduire, ne pas chercher particulièrement à plaire en restant discret... et se demander à quoi peut bien servir la vie d’un être vivant sans sa reproduction. Je n’ai bien évidemment aucune réponse, mais le fait de se reproduire ne répond pas non plus à cette question. La reproduction nous rappelle simplement que nous sommes des animaux et donne un sens à notre vie de parents (ce sens est donc provoqué par notre nature animale, ce n’est pas un trait humain).

          Je n’ai aucune réponse sur le sens de l’humain, ni de l’humanité (qui vit, je pense, des heures sombres et qui vont peut-être s’assombrir encore plus). Et cela ne me gêne pas. Il faut juste profiter un peu de cette vie, sans empêcher les autres d’en profiter également. Et pourtant, même ce but est presque impossible à atteindre : nous sommes indirectement responsables de la marée noire américaine, et notre génération inconsciente met peut-être un terme à l’avenir de l’homme, qui sait ? En plus, je ne suis même pas anthropocentriste. Pour la survie des animaux, je souhaiterais presque l’extinction de l’homme. Seulement, il est vrai que, sans l’homme, il n’y a pas beaucoup d’animaux pour trouver la Terre belle et se rendre compte à quel point la vie et l’univers sont complexes.

          Je trouve quand même que nous avons une chance inouïe aujourd’hui : des connaissances phénoménales, qui ont mis des siècles à être accumulées sont disponibles et consultables presque gratuitement. Mais il est très dur de constater à quel point notre organisation sociale n’a absolument pas progressé depuis l’Egypte ancienne (hiérarchie ou système pyramidal), même si les connaissances nous montrent qu’autre chose serait théoriquement possible. Quelque part, ce déphasage (entre l’organisation sociale et les belles idées que l’on nous enseigne) est gênant. Alors peut-être que Agoravox permet de se déculpabiliser un peu en se disant que l’on n’est pas juste un complice passif de ce système ? Peut-être, plus simplement, que « l’éducation des médias » (possession, caprice, égoïsme, comédie,...) touche beaucoup plus de monde que l’éducation nationale : la gène ne serait ressentie que par peu de personnes ? Mais ça devient assez prétentieux de ma part... Peut-être, encore plus simplement, que l’homme n’est qu’un animal raté, qu’il le ressent en permanence (haine intérieure incontrôlable vis-à-vis de la nature) et qu’il n’aurait jamais pu survivre sans son intelligence et ses mains inutiles devenues indispensables. L’humain, contrairement à l’animal, est peut-être condamné au mal-être, mais, quelque part, j’aurais envie d’espérer que non. Il est possible que cet espoir ne soit lié qu’à notre âge et à la conscience de notre mort que l’on voit plus ou moins loin, sans pour autant savoir quand. Il y a quand même des consciences (comme la mort) qui dérangent tous les humains (même en acceptant cette animalité qu’est la mort) et que les animaux n’ont vraisemblablement pas à gérer.

          Il faudrait avoir une conscience pour les choses agréables et rester animal pour les autres. Mission impossible, sauf pour nos chefs, apparemment dépourvus d’empathie ? Finalement, le problème, c’est la conscience, autrement dit, le fait d’être humain : la boucle est bouclée. Notre organisation sociale est conçue pour des crocodiles.


        • Fergus Fergus 25 juin 2010 10:59

          Bonjour, Perlseb.

          Enormément de choses dans votre dernier commentaire.

          Faut-il parler d’animalité pour les fonctions essentielles (nourriture et reproduction) alors qu’elles sont le propre de tous les organismes vivants. Ce notion d’animalité vient évidemment de notre proximité physique avec les animaux, et de fait, il serait stupide de nier cette part d’animalité que nous portons tous. Mais la conscience, et ce qui en découle pour la majorité d’entre nous (morale, respect d’une vie sociale, empathie pour les faibles) n’est pas un vain mot.

          Personnellement, ce n’est l’homme qui me rend pessimiste, bien qu’il soit capable des pires débordements, mais les institutions et les systèmes en place, effectivement faits pour des crocodiles car ils sont impuissants à canaliser les pulsions des uns et les volontés dominatrices des autres.


        • perlseb 25 juin 2010 12:25

          Merci pour la réponse Fergus.

          Je crois qu’il y a un lien entre le physique et l’esprit assez fort. Et je crois rejoindre en ce sens paul mohad dhib.

          L’humain ne doit pas ignorer ce pour quoi la nature l’a initialement programmé : se battre pour survivre (contre les autres espèces mais aussi contre ses semblables lors de la reproduction et lorsque la nourriture se fait rare). On ne se débarrasse pas d’un tel « programme » sans un affrontement lucide.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 21 juin 2010 10:55

          Bonjour fergus,

          La prochaine république sera numérique et le premier à l’envisager la gagnera. http://www.desirsdavenir.com/
          Ces hommes et femmes qui ont marqué l’histoire le doivent à leur capacité à être visionnaire sur le long terme, et non seulement comme nos grands destructeurs en chef, juste sur la guerre à venir...
          Merci de rappeler à nos mémoires la lecture de ce témoignage vivant de lucidité.


          • Fergus Fergus 21 juin 2010 11:15

            Bonjour, Lisa Sion, et merci pour ce commentaire.

            Je crois effectivement que le numérique jouera dans l’avenir, et sans doute dès 2012 en France, un rôle esentiel.

            Pour ce qui est de la stature d’un chef d’Etat, il est évident qu’il ne peut y avoir de grandeur d’un pays si son chef est étriqué et sans vision. Tel est pourtant le cas de la France, dirigée par un homme à l’égo hypertrophié bien qu’à l’évidence il ne sache pas tenir le cap du navire et avance au jugé, multipliant les coups de barre à tort et à travers, au risque de faire chavirer l’embarcation


          • dom y loulou dom 21 juin 2010 13:35

            bonjour fergus

            je crois que nous assistons plutôt à une destruction très volontaire de l’occident


          • Fergus Fergus 21 juin 2010 14:23

            Bonjour, Dom.

            Je ne crois pas trop à cette hypothèse, tant les chefs d’états occidentaux gèrent leurs affaires au mieux de leurs intérêts propres, parfois de leurs intérêts nationaux, mais presque toujours sans réel projet de société. Mais je peux me tromper...


          • Céphale Céphale 21 juin 2010 11:05

            Bonjour Fergus, et merci pour ce discours de Tocqueville, qui peut s’appliquer exactement à la situation actuelle. Que peut-on penser ? la date de l’explosion d’un volcan est imprévisible.


            • Fergus Fergus 21 juin 2010 11:18

              Bonjour, Céphale.

              Le discours de Tocqueville est en effet d’une remarquable actualité.
              Quand à l’explosion d’un volcan, nul ne peut effectivement la prévoir, mais le fait est que la température du magma est en train d’augmenter et avec elle la concentration des gaz...


            • gimo 21 juin 2010 11:28

              bonjour Fergus bon article 


              Qui peut croire à cette  démocratie !!!
              qui peut croire que rester sans rien faire cela aura un effet bienfaisant !!!
              qui peut croire que avec un vote cela peut changer !!!!(duperie)le système en verouillé
              par la cupidité des hommes sans foi ni respect 

              ET pourtant !!! des pauvres ÂMES le croient 
               je pense que c’est part dépit et la peur
              des lendemains incertains 
              mais le future est toujours incertain sauf le passé et le présent
               qui fait que les gens sont lâche et de même dubitatifs
              QUE l’attente comme illusion est pire que le mal
              sur cette vie il faut savoir
              choisir et ce qu’on veut 
              On ne peut pas être assis sur deux chaises surtout (une déjà pourrie)
              c’est cela le drame il faut du (courage de vivre) no se laissé vivre
              car la douleur la plus intense est de savoir la vérité et bien souvent 
              l’ennemi le plus vrai et le plus mauvais c’est bien nous même
              car Talleyrand disait déjà
              « le pire que le mal !!!!! est de savoir et ne rien faire »

              merci 
              cordialement


              • Fergus Fergus 21 juin 2010 12:40

                Bonjour, Gimo, et merci pour ce commentaire.

                La citation de Talleyrand est en effet criante de bon sens. Puissent les Français avoir l’audace de prendre leur destin en main au lieu de se replier frileusement sur une situation qui pourtant ne fait que se dégrader !


              • dom y loulou dom 21 juin 2010 13:37

                oui gimo

                on arrête d’attendre le jour où l’on comprend que celui sur lequel on attend c’est nous-mêmes


              • non667 21 juin 2010 14:30

                à gimo qui cite :

                « le pire que le mal !!!!! est de savoir et ne rien faire »
                 il y a pire que le pire
                il y a les autruches bisounours qui ne veulent pas savoir
                 elles + les bénéficiaires du système sont majoritaires : /-)


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 21 juin 2010 11:53

                Très bonne évaluation de la situation...

                Imaginer qu’il y ait un contexte electromagnétique (improbable) empêchant toute diffusion de programmes de télévision (tête de réseaux câblés, tour eiffel, satellite, streaming), les familles seraient forcées de pallier à la vacuité et finiraient par se parler, sortir et aller à la rencontre des autres.

                On peut toujours revêr...


                • Fergus Fergus 21 juin 2010 12:45

                  Bonjour, Lucien.

                  On peut toujours rêver effectivement.
                  Rêver de moins d’individualisme et de plus de solidarité.
                  Rêver que les Français sortent de l’état de sidération impuissante dans lequel les maintiennent des médias au service des puissances politiques.
                  Rêvons ensemble...


                • dawei dawei 27 juin 2010 20:44

                  C’est marrant je pensait exactement à ça hier !
                  Mais est tu sur que ça soit si improbable ?
                  Ne pense tu pas qu’un groupe d’activiste très décidé ne puisse pas être capable de couper les transmission télévisuelles de force soit en sabotant tous les émetteurs, soit en brouillant les transmissions. Je suis sur que ça ferait du bien à tous, un bon sevrage d’une semaine minimum. Je pense que nous en avons les moyens, l’idéal (lui improbable) étant que chacun se débarrasse de lui même de la TV. Dans les fait, la TV est de moins en moins populaire car elle est remplacée par internet qui je pense, même si certains se focaliseront sur le pire (« le tout à l’égout »), est moins pire que la TV car plus sociale, plus ouvert et plus démocratique... pour l’instant...


                • Fergus Fergus 27 juin 2010 22:39

                  Bonsoir, Dawei.

                  On ne peut évidemment pas souhaiter que la solution passe par le sabotage ou l’activisme. Mais il est évident qu’il faudra bien, tôt ou tard, que les citoyens se prémunissent contre la manipulation médiatique. Internet peut contribuer à cette prise de conscience, mais le meilleur allié est peut-être la télévision elle-même tant la médiocrité des programmes peut avoir un effet dissuasif.


                • dawei dawei 28 juin 2010 10:48

                  En tout cas je connais de moins en moins de monde qui n’a pas internet et de plus en plus de monde qui n’a pas la TV. Nous sommes sur la bonnes voie !!


                • Taverne Taverne 21 juin 2010 12:51

                  Salut Fergus,

                  Le silence qui précède la révolution est aussi la révolution. C’est un silence fait de découragement, de rancoeur et de désespoir qui laisse croire au pouvoir que le peuple s’est résolu à tout supporter. Mais c’est trompeur...

                  (Voris)


                  • Fergus Fergus 21 juin 2010 13:10

                    Bonjour, Paul.

                    Entièrement d’accord avec cette pertinente remarque. A cet égard, l’histoire de France devrait donner quelques sueurs froides au pouvoir. Mais il n’y a de pire sourd ou de pire aveugle...


                  • Taverne Taverne 21 juin 2010 15:03

                    Tocqueville aurait pu ajouter qu’on ne sait pas toujours à l’avance d’où viendra le premier coup de feu. Dans un climat explosif, tout peut faire détonateur, y compris une rébellion d’équipe nationale de football...


                  • zadig 21 juin 2010 12:53


                    Bonjour Fergus.

                     J’ai bien apprécié cet article.

                    Je deviens pessimiste, j’ai bien peur que la situation actuelle ne dure longtemps.

                    Plusieurs raisons à cet avis :
                    La formidable force de la propagande.
                    Le chacun pour soi qui ne fait qu’empirer.
                    La trahison d’une bonne partie de l’élite.
                    La difficulté pour des leaders éventuels à émerger de la masse.
                    Un indiscutable problème de société qui étreint d’inquiétude une bonne
                     partie de la population.
                    Le clientélisme.
                    Etc

                    Cordialement

                    Ps
                    Il faudrait un escadron de st Michel (Rennais)


                    • Fergus Fergus 21 juin 2010 13:19

                      Bonjour, Zadig.

                      Pour toutes ces raisons, je suis également très dubitatif sur d’éventuels risques d’embrasement social. La colère et le ressentiment n’en montent pas moins dans différentes catégories de la population, et notamment dans les classes populaires où de nombreux électeurs de Sarkozy se sentent désormais trahis.

                      Ces sentiments seront-ils suffisants pour jeter dans la rue des gens manipulés par les médias et endormis par la propagande politique ? Pas sûr. Le salut passe pourtant, sinon par une bien hypothétique révolution, du moins par une mobilisation massive contre les agressions sociales. Croisons les doigts...

                      Cordiales salutations à vous aussi.


                    • etonne 21 juin 2010 13:10

                      Nous nous battureront pour chasser l’inculte ignoble

                      du verbe batturer , source :

                      “Quelles qu’avaient pu être avant la guerre leurs opinions, ils se batturent…”  (discours de Nicolas Sarkozy, Londres, 18 juin 2010)


                      • Fergus Fergus 21 juin 2010 13:30

                        Bonjour, Etonné.

                        Souhaitons effectivement que les Français choisissent de se « batturer » au lieu de subir les effets de la calamiteuse politique de notre éminent néologiste, un homme qui peut parler de l’« héritation » du général de Gaulle sans tomber dans la « fatitude » !

                        (NS avait employé le mot « héritation » pour héritage le 15 janvier 2007 lors d’un discours de campagne au Mont Saint-Michel, et le mot « fatitude » pour fatuité le 18 avril 2007 au micro de France-Inter. Mais curieusement les médias avaient passé ces lapsus sarkozystes sous silence alors qu’ils en faisaient des tonnes avec la « bravitude » de Ségolène Royal prononcée à la même période !!!)


                      • ZEN ZEN 21 juin 2010 13:12

                        Bonjour Fergus
                        Excellent papier
                        Je suis plutôt pessimiste
                        Je crains qu’il n’y ait pas de réveil, car la plupart des gens sont anesthésiés, fatalistes et prêts à tomber dans tous les leurres et toutes les provocations que sait manier un pouvoir pour durer quand il se sent aux abois
                        Et puis le courage n’est plus une valeur très prisée, pour diverses raisons, qu’il serait long de développer

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