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par Fredon vendredi 29 janvier 2010 - 23 réactions Ecouter en mp3 (Readspeaker)
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Cohn-Bendit offre ses services au PS

Il voit loin le libéral-libertaire -c’est ainsi qu’il se définit- son cap, c’est l’élection présidentielle de 2012. Il vient de dévoiler sa stratégie devant l’association de la presse parlementaire dont il était l’invité le 27 janvier.

Il a lancé une véritable proposition d’alliance dès le 1er tour de la présidentielle derrière le candidat du PS…à condition que ce dernier laisse aux Verts une cinquantaine de circonscriptions pour les législatives qui suivront.

Cela dans l’hypothèse où les Verts obtiendrait 13% aux régionales sur leurs propres listes, soit la moitié du score des listes PS selon les pronostics de leur bouillant leader qui, n’étant pas candidat à la présidentielle estime que les Verts n’ont pas de candidat qui dépasse leur espace politique !

Rappelant les 1,57% de Voynet au scrutin précédent, il a déclaré : « Au mieux, si nous présentons un candidat, on fera quoi… 3, 4, 5 % ? La perspective de la garantie d’un groupe parlementaire autonome est tout de même plus exaltante… »

Evidemment ils négocieront le programme de l’éventuel futur candidat, encore que Cohn-Bendit pense qu’il ne sera pas élu face à Sarkozy mais qu’il est possible d’obtenir une majorité différente aux législatives !

Les grandes manœuvres en vue des présidentielles ont commencé et pour DCB les régionales en sont la première étape. Mais il me semble que, contrairement aux apparences, il cherche à stimuler ses troupes : »faîtes un bon score aux régionales dans la foulée des Européennes et ensuite on monnayera notre influence en vue des présidentielles et des législatives, quitte à nous effacer devant le PS à la première et à exiger plus à la seconde. »

On est dans la démarche typiquement politicienne pour ne pas dire dans la cuisine électorale qui consiste à parler des alliances, des candidats, des sièges…avant le contenu. Encore qu’avec Cohn-Bendit on sait qu’il ne milite pas pour une alternative anti-capitaliste, il n’y croit pas et il n’est pas le seul à gauche.

Le PS non plus, s’il s’oppose aux aspects les plus impopulaires de la politique de Sarkozy, ne se revendique pas de la remise en cause du libéralisme, au plan national comme européen et donc de la recherche d’une majorité qui conteste les choix et les critères qui sont à l’origine de la crise, qui est celle du capitalisme. Il pratique le grand écart entre une contestation qui colle au vécu de l’électorat populaire soumis à rude épreuve en termes de pouvoir d’achat, d’emploi, de sécurité sociale…et une gestion qui ne s’attaque pas à la racine du mal que l’on prétend combattre.

On l’a encore vu récemment avec la déclaration de Martine Aubry sur les retraites, prête à des concessions, aussitôt saluées par Sarkozy et que le bureau national du PS a dû rectifier. A quelques semaines des Régionales, ça risquait d’être mal compris.

Réagissant aux propos de Cohn-Bendit, Manuel Valls, candidat PS à la candidature, a aussitôt applaudi à deux mains aux offres de service du leader écologiste : « Parler d’une cinquantaine de circonscription me paraît tout à fait intéressant et moi je me réjouis parce que je prône cette idée déjà depuis plusieurs mois", a-t-il notamment déclaré le lendemain sur France-Info. On s’en serait douté. Voilà des préoccupations qui ne manqueront pas d’aller droit au cœur de toutes les victimes d’une crise et d’un système que l’on s’efforce de leur présenter comme indépassable, seulement amendable à la marge, à la limite moralisable voire réformable ? Mais lorsque les réformes se traduisent par autant de reculs sociaux, de privatisations de services publics, cela s’appelle des contre-réformes. Et quand les profits des « grands » du CAC40 et les salaires de leurs patrons atteignent les sommets que l’on sait, cela s’appelle de la provocation, une insulte à la souffrance sociale. Il ne s’agit pas de dire que droite et PS, c’est pareil ! Mais de savoir si on veut préparer une alternance dans le cadre du libéralisme ou si on veut ouvrir une perspective réellement anticapitaliste, auquel cas le vote du premier tour aux régionales aura une importance déterminante. C’est le sens de la démarche du Front de gauche, dans le prolongement du mouvement social. René Fredon

http://www.lefigaro.fr/politique/20...

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