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Accueil du site > Actualités > Politique > Comment Merkozy défait ce qu’a fait Sarkel à Deauville

Comment Merkozy défait ce qu’a fait Sarkel à Deauville

Les commentateurs sont très rares à avoir noté que le (dés)accord européen d'hier est l'exact opposé de ce que le couple franco-allemand avait imposé sans concertation il y a un an lors du sommet de Deauville et qui avait été le véritable déclancheur de l'année de tourmente que vient de vivre l'Euro. Retour sur une monumentale erreur stratégique qui illustre les défauts profonds du leaderchip franco-allemand.

Le tapis rouge est déroulé, le beau temps est au rendez-vous, Nicolas Sarkozy, debout dans le soleil d'ocotobre 2010, acceuille fièrement ses homologues allemande et russe, tellement excité qu'il peine à réprimer des mouvements nerveux de l'épaule.

C'est le sommet de la présidence francaise, hein, et on va voir ce qu'on va voir ! Bon !

C'est l'occasion de sauver l'Euro après avoir sauvé le monde et notre président ne va pas laisser filler une si belle occasion.

C'est pas les marchés, hein, qui vont dicter leur loi à celui qui a sauvé le monde en 2008 et réformaté le capitalisme ! Non mais ! Bon.

D'ailleur Merkel est presque d'accord avec lui.

Certes, elle ne veux pas mettre la main à la poche pour aider les PIIGS, ces pays qui, comme cela commence à se sentir en Grèce, commencent à avoir du mal à refinancer leur dette publique.

Mais Frau Merkel accepte de rayer d'un trait de plume les sanctions automatiques prévues par le straités de stabilité de l'Euro et qui empechent Sarkozy de creuser à sa guise le déficit pendan,t la période préélectorale...

Alors ni une ni deux, puisque le grand président et mein chancelière sont d'accord, inutile d'en parler aux pays subalternes : les Merkozy annoncent de but en blanc que les dettes souveraines, soit les pays les remboursent tous seuls, soit les créanciers privés s'assoient dessus.

La Banque centrale a tiré la sonnette d’alarme, le Parlement européen a protesté.

Mais on va pas s'laisser enquiquiner, hein, par ces problèmes d'intendence. Bon. C'est qui l'chef ? hein ?

Ce n'est pas une mauvaise idée en soi, mais pour que cette arme ultime fonctionne, il ne faut surtout pas en parler avant de déposer le bilan. Or tenir sa langue, ce n'est pas le fort de notre président. C'est donc tout le contraire que font les Merkozy en 2010 : Ils annoncent que les préteurs essuiront seuls l'ardoise et ensuite ils interdisent à la Grèce de déposer le bilan.

Evidemment la réaction des préteurs n'a pas été celle escomptée. Les financiers ont commencé à fuir les bon du trésor non seulement de la Grèce mais aussi des autres des PIIGS.

Les taux d'emprunt de ces pays ont flambé, asphyxiant la Grèce puis le Portugal puis l'Irlande et maintenant l'Italie et la Belgique.

Un an plus tard, ce ne sont plus les "petits" qui morflent : l'incendie a gagné les finances françaises et allemandes.

Alors, à Paris, Merkel et Sarkozy dédisent Sarkozy et Merkel. Mieux vaut tard que jamais diront les Grecs et les Portugais du fond du gouffre où la plaisanterie les à jeté.

La France accepte donc le rétablissement des sanctions automatiques en échange de quoi l'Allemagne accepte que la BCE puisse participer - si elle le souhaite- au refinancement des pays surendettés, via le FMI et le MES*.

Et là encore cela est imposé aux autres pays membres qui sont priés de suivre les pas de ce couple qui danse un tango endiablé deux pas en avant, deux pas en arrière.

Enfin, pas tous, la Grande Bretagne et quatre autres danseurs ont manifestement du mal à suivre ce mouvement à contretemps des marchés qui sont en réalité ceux qui jouent la musique sur laquelle nous sommes priés de danser.

Evidemment, tout ce fiasco ne doit pas étre connu des citoyens français.

S’ils connaissait l'énergie avec laquelle l’Elysée, a bloqué oute automaticité des sanctions lors des négociations du 6 pack, jusqu’en août dernier, ils trouveraient moins triomphale l'annonce de l'accord qui vient d'étre faite.

Un accord qui a toutes les apparence d'un désacord en réalité, car en pratique l'Allemagne et la France se sont mis d'accord sur le fait de passer sous silence leurs désacords et de laisser la BCE décider de ce qu'elle fera car, on l'oublie un peu vite, la BCE est indépendente et n'est en rien obligée de faire ce que Sarkozy propose qu'elle fasse et que Merkel propose qu'elle ne fasse pas.

Derriere la façade pour la galerie, l'UE est sortie de ce jeu de dupes profondément fragilisée, non seulement économiquement, mais aussi politiquement, tant les rancunes des pays humiliés dans cette affaire seront longues à appaiser.

Mais, bon, hein, soit on aime l'Euro et on va de l'avant, hein, soit on le quitte...

Et la démocratie dans tout ça ?

Ben c'est une autre histoire... Voire de l'Histoire ancienne.
Reste à savoir comment les opinions vont prendre ce nouveau recul de souveraineté.

*Mecanisme de Stabilité Européen


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5 réactions à cet article    


  • xray 9 décembre 2011 17:27


    EUROPE,  LA FAILLITE  

    Dès l’instant où l’on a parlé de construire l’Europe, on pouvait observer que les plus acharnés à « construire l’Europe »  étaient les plus incompétents en tous domaines. On aurait dû se méfier. 

    SARKOZY est l’instrument de l’axe CIA-VATICAN.  Il n’a pas à se soucier des Français. 

    De droite comme de gauche, les politiques sont au seul service du capital de la Dette publique. 

    Face au gigantisme du capital de la Dette publique de l’ensemble des pays européens, chaque pays ne pèse pas lourd. 

    L’euro va vers une faillite irrémédiable !  Elle nous propose un avenir de sang et de larmes ! 

    Se sortir de l’Europe ! Et, vite ! 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2010/06/30/se-sortir-de-l-europe-et-vite.html 

    L’énigme du vol AF 447 ? (La disparition de l’Airbus RIO-PARIS) 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2011/10/24/l-enigme-du-vol-af-447-la-disparition-de-l-airbus-rio-paris.html 



    • Aldous Aldous 9 décembre 2011 20:58

      Pas eu le temps désolé.

      Mais rabattez-vous sur le Monde, vous n’y lirez rien de semblable mais ils ont des correcteurs.
      Moi je ne suis pas pro et ça se voit non seulement par mon orthographe mais aussi par la posture.
      Je ne rédige pas a plat ventre...

    • BA 9 décembre 2011 21:41

      Vendredi 9 décembre 2011 :

       

      Le maintien de la Grèce, qui négocie désormais un « hair cut » de 80 % sur sa dette, n’est même pas certain.

       

      http://www.latribune.fr/opinions/editos/20111209trib000670182/super-mario-priez-pour-nous.html

       

      1- Au début, ils disaient : "Ne vous inquiétez pas : la Grèce remboursera sa dette."

       

      2- Ensuite, ils ont dit : "Ne vous inquiétez pas : la Grèce ne remboursera pas la totalité de sa dette, mais la Grèce remboursera presque toute sa dette."

       

      3- Ensuite, ils ont dit : "Les prêteurs vont perdre 21 % de leur mise."

       

      4- Ensuite, ils ont dit : "Les prêteurs vont perdre 50 % de leur mise."

       

      5- Aujourd’hui, ils disent : "Les prêteurs vont perdre 80 % de leur mise."

       

      6- Et demain ?


        • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 10 décembre 2011 14:33

          En Europe, il n’y aura plus de sommets mais des gouffres où plongeront les économies déja ruinées par l’excès de folie des grandeurs de la France... et de l’Allemagne !

          En effet, ce dernier sommet est « un suicide collectif européen » !

          Ce n’est pas l’accord collectif (des 27) dans le but de poursuivre « l’utopie du projet européen » qui était la solution à la crise, c’est le courage politique (des 25) qu’il fallait mettre pour casser l’orgueil de Sarkozy suivi bêtement par Merkel avant qu’il ne soit trop tard !

          Car si la situation continue ainsi et elle va sûrement en s’aggravant, les pays qui décident aujourd’hui à la place des 25 ne finiront jamais d’éffacer les dettes, de financer les économies en faillite et donc d’obliger leurs peuples à travailler plus plus pour perdre plus !

          Mohammed MADJOUR.

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