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Accueil du site > Actualités > Politique > Comment serait le monde s’il était organisé comme le Web (...)

Comment serait le monde s’il était organisé comme le Web ?

Le fonctionnement du Web actuel, qui va de plus en plus vers une tendance collaborative, autogérée, communautaire et décentrée, fait réfléchir sur la question de savoir si ces principes sont applicables à la politique.

Imaginons qu’une communauté politique (Etat, ville...) soit organisée de la même manière que le Web. Les changements majeurs seraient les suivants.

- La communauté est choisie et non imposée de fait

Dans l’état actuel des choses, je ne choisis pas mon pays ni ma ville : ma communauté m’est imposée par ma naissance. Sur Internet, je choisis ma communauté en fonction de mes centres d’intérêt, et cette communauté est déterritorialisée. Ses membres sont localisés aux quatre coins du globe, et ne sont réunis que par des centres d’intérêt communs.

Une organisation politique sur ce mode signifierait l’absence de communauté terriroriale ayant force d’autorité, la communauté territoriale n’étant pas autre chose qu’un groupe comme un autre : celui des gens qui s’intéressent à tel espace géographique, comme d’autres s’intéressent aux poissons rouges ou aux ours polaires.
Dans le monde réel, l’attachement au sol est d’ailleurs une valeur qui s’estompe, puisque le territoire n’est plus nécessaire à la survie. On passe progressivement d’une communauté territoriale à un ensemble de communautés d’intérêts. Je me sens plus proche de certaines personnes qui vivent loin de chez moi mais qui partagent mes centres d’intérêt que de mes plus proches voisins, avec lesquels je ne partage rien d’autre que l’ascenceur et le vide-ordures.

- Cela pose la question de l’autorité

Si l’autorité n’est plus liée au territoire, d’où vient-elle, et qui a une légitimité pour exercer le pouvoir ?

Revenons à Internet. Les règlementations qui émanent des Etats ne sont pas efficaces sur le Web. L’amendement 2257 aux Etats-Unis concernant l’activité des sites X a développé une migration massive des serveurs hébergeant ces sites vers l’Europe. L’interdiction française des casinos en ligne n’empêche pas non plus la présence de ces sites, en français et accessibles depuis la France. Les serveurs sont simplement relocalisés.

Alors, c’est la jungle ? A vrai dire, pas du tout. On ne fait pas n’importe quoi sur Internet. On est sanctionné par la communauté. Tout simplement parce que l’information circule.
Par exemple, si je souhaite acheter un produit dans un magasin "en dur", il existe un risque que le produit soit défectueux, et que je sois victime d’une arnaque. D’où la nécessité de contrôles par des organismes comme la Répression des fraudes, émanant de l’Etat.
Pourtant, j’éprouve un sentiment de sécurité plus fort lorsque j’achète sur Internet : en consultant des forums et des sites d’avis de consommateurs, j’accède à des centaines ou milliers de témoignages de clients. Je sais de quoi il retourne, et bien mieux qu’en consultant une hypothétique autorité de répression des fraudes.
Les comportements néfastes sont aussi sanctionnées par les acteurs du réseau : les spammeurs par leurs hébergeurs, eux-mêmes ayant des comptes à rendre à plusieurs autres acteurs, qui eux-mêmes... etc. Il en va de même de l’escroquerie.

En réalité, l’autorité est communautaire et décentrée. Elle se limite à l’essentiel et n’impose pas de choix moraux ou idéologiques. Tous font partie de l’autorité. En témoignant sur un forum ou un blog d’une mauvaise expérience avec un commerçant, en signalant à un ISP les pratiques abusives d’un spammeur, je fais partie de l’autorité, comme des millions d’autres individus.

Et si je suis injuste, en pratiquant cette autorité ? Si le commerçant dénoncé était en réalité honnête, et que le spam signalé était pure invention ? Mon faux témoignage, noyé dans la masse des autres, sera analysé comme marginal, et considéré comme n’étant pas digne de confiance. L’autorité devient démocratique, comme sur e-bay où la confiance que l’on peut accorder à un vendeur est mesurée par les témoignages de ses clients, et non par des vérifications menées par un organisme d’Etat ayant le monopole du contrôle.

L’individu s’approprie collectivement l’autorité... Ce n’est pas une utopie, c’est la réalité, vécue quotidiennement par les internautes que nous sommes.


- Mais alors, qui est en charge de l’éducation, de la culture ?

Vous connaissez Wikipedia ? C’est une encyclopédie collaborative à laquelle chacun peut participer. Si un sujet vous intéresse, vous pouvez modifier les articles que vous souhaitez, et en écrire de nouveaux, en acceptant qu’ils soient modifiés par d’autres utilisateurs.
Les modifications sont contrôlées collectivement par la communauté liée à tel ou tel thème, et le "vandalisme" (destruction d’un article ou modifications ayant pour but de nuire) est évité grâce à des procédures spécifiques.
Au début, personne n’y croyait, et j’étais moi-même convaincu de l’échec des wikis, en termes de pertinence. Or, il faut constater que c’est un succès, puisque Wikipedia a été considérée par de nombreux experts comme équivalente aux encyclopédies "papier" sur de nombreux thèmes.
La différence est la neutralité et la présence de tous les points de vue possibles sur un sujet, les utilisateurs peuvant apporter leur propre vision des faits ou des sujets.
Des projets similaires liés à l’actualité existent, comme AgoraVox, où chacun peut soumettre sa perception des faits d’actualité. C’est autrement plus riche qu’un journal traditionnel, où souvent une seule opinion est exprimée.

Pourquoi parler de Wikipedia et d’AgoraVox ? Tout simplement pour montrer que l’individu n’a pas besoin d’une autorité centralisée pour avoir accès à la culture. Au contraire, il élargit son champ de vision en considérant les multiples opinions et traitements possibles d’un fait. Comparer le contenu d’un manuel scolaire moyen à celui d’un projet comme Wikipedia suffit pour le comprendre.

- Ok, je veux bien... mais l’autorité territoriale est quand même nécessaire ! Ne serait-ce que pour gérer les ordures ménagères...

Et pourquoi pas une communauté territoriale, plutôt qu’une autorité  ? Les communautés Internet se regroupent autour de centres d’intérêt, qui peuvent être le territoire. Ce qui n’implique pas que tous les habitants de tel territoire soient obligés de faire partie de telle communauté. Qui mieux que celui qui s’intéresse à un sujet est capable de le gérer ?

Il existe des forums, une blogosphère, des communautés sur différents supports, à propos de la ville de Lyon. Tous les internautes lyonnais n’en font pas partie, si le sujet ne les intéresse pas, ou qu’ils ne souhaitent pas s’y impliquer. Pourtant, il y a certainement des non-Lyonnais qui en font partie, pour la simple raison qu’ils éprouvent un intérêt pour cette ville.

Voilà pour la dissociation des mots autorité et territoriale. On préfèrera parler ici de communauté liée à un territoire (mais n’y habitant pas forcément et n’incluant pas tous ses habitants, mais ceux qui en font le choix).

Ensuite, vient la question de la gestion. Une communauté peut-elle gérer un territoire ?

A la question de savoir si une communauté peut gérer un projet, la réponse est clairement oui. Voir à ce propos les communautés liées aux distributions Linux ou au logiciels GNU, qui parviennent à des résultats qui surpassent en qualité ceux obtenus par les géants industriels du logiciel, grâce à un fonctionnement collaboratif : ce qui est fait par l’un est amélioré par l’autre, et les décisions sont prises de manière communautaire.
Ce qui n’exclut d’ailleurs pas la concurrence : si mes orientations sont différentes, libre à moi de créer ou de rejoindre une autre communauté, ce qui explique la présence de différentes distributions de Linux, complémentaires et concurrentes à la fois.

L’organisation de type communautaire, qui parvient à créer des systèmes d’exploitation ou une encyclopédie surpassant en qualité les équivalents créés sur un mode d’organisation traditionnel, ne serait pas capable de gérer le ramassage des ordures ? Simple question. Et réponse évidente.

Il est aussi difficile de conclure un billet comme celui-ci que de manger un yaourt en faisant du ski...

Alors, si on changeait ?


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46 réactions à cet article    


  • Petit 12 octobre 2006 13:49

    Utopique. :)

    Mais bon si tu abandonnes l’idée un pouvoir légal ayant le monopole de la violence, tu sombres vers l’anarchie.

    Personnelement ton histoire de commerçant m’a fait rire par ce que si les tribunaux ne marchaient pas, les commerçants ne se generaient pas pour te niquer la gueule et c’est pas quelques commentaires qui les en empêcherait. Sans parler des situations de monopole.


    • (---.---.139.120) 12 octobre 2006 14:25

      Tu n’as rien compris ! Mais alors, rien du tout !


    • Petit 12 octobre 2006 20:32

      Dommage pour moi alors. Mais tu m’aides pas. smiley


    • youkeo youkeo 12 octobre 2006 21:01

      Merci de vos commentaires, qui permettent d’enrichir le débat. Voici, vu d’un autre angle, ce que l’application des technologies issues d’internet pourrait apporter à la démocratie :

      - lundi : le fil RSS de ma commune m’amène sur une page de vote concernant la construction d’un rond-point dans mon quartier. ça devenait nécessaire pour désengorger le carrefour en question. Hop, je vote et je relaye l’info sur le blog communautaire du quartier.

      - mardi : je suis un lien posté sur un forum, qui m’informe sur la nécessité de voter en ligne pour ou contre un projet de loi sur “l’économie numérique”. Comme le sujet m’intéresse, je transmets le lien à mes contacts en leur exprimant mon opinion à ce sujet. Certains ne sont pas d’accord, on en discute sur leurs blogs. Un débat citoyen naît, dans lequel chacun aura son mot à dire, par son vote. (l’époque du lobbying ? c’était le moyen-âge...)

      - mercredi : je lis un billet sur la réforme des retraites. Il faut que je vote pour ou contre avant jeudi, et je ne me suis pas encore assez documenté sur le sujet. Un coup de skype à deux ou trois collègues pour savoir ce qu’ils en pensent, un tour sur wikipedia pour approfondir, et je pense pouvoir me faire une opinion fondée sur des bonnes bases pour le vote de jeudi.

      - jeudi : encore un SPAM pour que je vote pour la loi Nicolas Royal et que j’accepte leurs idées toutes faites. Marre de me faire prendre pour un abruti, comme si on était encore en 2006 et que je n’avais pas mon mot à dire...

      - vendredi : le fil RSS de mon département m’indique un référendum sur une réforme du réseau de transports publics. Oulah ! ils veulent supprimer l’arrêt de bus qui dessert mon quartier. J’imprime des tracts réalisés avec Scribus et je passe chez le boulanger, le boucher, et les commerçants du coin, pour les sensibiliser. J’en parle aussi sur le forum du quartier, et je signe la pétition que j’ai découverte par le Wiki du département.

      - Samedi : le budget de la commune est publié sur son site internet, comme le veut la loi. Une communauté de spécialistes (comptables et économistes) de la région signale sur leur forum que l’adjoint au maire a commis des abus. Je vérifie la véracité des faits, et je coche la case “bloquer” dans mon gestionnaire de vote, en face du nom de l’adjoint (extension pour firefox 16.1).

      - Dimanche : pas de vote aujourd’hui. Par contre, la parroisse du coin organise un référendum interne après la messe sur Utube 12.5 et son homélie collaborative par webcam, pour élire les membres de l’association parroissiale. Bon, comme je ne suis pas croyant, ça ne me regarde pas. Mais j’en informe mon voisin, membre de la paroisse, pour qu’il ne rate pas l’élection.

      C’est-y-pas-beau le web 52.0 ? (je sais, je rêve, mais techniquement, c’est possible...)

      L’accès au web pour tous, c’est une nécessité non seulement pour l’accès à l’information, mais parce que la démocratie directe y devient possible. Preuve que c’est possible : en Estonie, pays pilote en matière d’internet, l’accès à internet est inscrit comme droit dans la constitution, et les lieux publics connectés permettent à tous ceux qui n’ont pas d’ordinateur à la maison d’avoir accès au vote électronique (qui a cours dans ce pays) et à l’information qu’ils souhaitent.


    • Traroth (---.---.177.186) 13 octobre 2006 10:39

      L’idée, c’est que si un cyber-commerçant escroque les gens, il va devoir arrêter très vite son activité, car son comportement sera vite connu un peu partout et qu’il n’aura plus de client. Et un commerçant ne peut pas arnaquer de non-clients.


    • Petit 13 octobre 2006 17:46

      J’ai répondu juste en dessous. Et j’avais bien compris, donc j’apprécie moyennement de m’être fait prendre pour un con.


    • Offset (---.---.73.17) 12 octobre 2006 14:29

      « Mais bon si tu abandonnes l’idée un pouvoir légal ayant le monopole de la violence, tu sombres vers l’anarchie. »

      Pourquoi « sombrer » ? Tout dépend ce que tu entend par Anarchie, mais comment les gens fesaient pour vivre avant l’existance d’un etat fort comme l’on a aujoud’hui ? Il se sont organisés localement, car les moyens de communications étaient limités.

      « Personnelement ton histoire de commerçant m’a fait rire par ce que si les tribunaux ne marchaient pas, les commerçants ne se generaient pas pour te niquer la gueule et c’est pas quelques commentaires qui les en empêcherait. »

      Ha ? Imagine, tu as site de commerce en ligne anarque.com : il n’envoie que 1 coli sur 2, et encore en mauvais état. Il te facture quelque fois plusiseurs fois et il n’assure pas de service client. Tu crois que le site va marcher ?

      Quelques personnes vont se faire arnaquer au début, mais la confiance dans le site va descendre très rapidement et aura la réputation d’un site pas fiable, et qui arnaque ses clients. Avant, il y avait le problème de l’information. C’était assez difficile de connaitre des expérience d’autres personnes facilement avant d’acheter quelque part (d’ou les systèmes étatiques). Au niveau de ta ville, tu connaissais des gens qui sont déjà allé a tel magasin qui t’ont dit que c’était bien, sérieux. Mais dès que ce n’était plus dans un endroit que tu connaissais, tu étais démunie, l’information était très difficilement accessible. Aujourd’hui, il suffit de chercher avant des témoignages et on sent tout de suite la température. Le « rayon de confiance » augmente avec les moyens de communication : local il y 100ans, national lors de l’invention de la presse et du téléphone, mondial maintenant grâce a Internet : As tu moins confiance dans amazon.com que dans amazon.fr ?

      La réputation est très importante. En dehors du bien, le site te vend aussi de la confiance. Préfèrera tu acheter un DVD sur un site presque perso, inconnu au bataillon, ou sur fnac.com ?


      • (---.---.44.72) 12 octobre 2006 18:04

        Je pense que même les vielles communautés avaient une « sorte » de régulation. Il y a toujours eu des « Organisateurs » ou des leaders d’opinion, donc une forme de centralisation des pouvoirs déléguée par la communauté à des personnes présenties comme étant celle qui pouvaient prendre certaines résolutions.


      • Petit 12 octobre 2006 20:37

        Sombrer a peut-être une connation négative mais le système d’autorégulation/gestion par contrat sans passer par un Etat c’est la définition même de l’anarchisme.

        on suppose d’ailleurs que c’était le mode de gouvernement d’un certains nombres de tribus préhistoriques.

        Si le commerçant envoie un colis sur deux et qu’il n’y a pas d’institution judiciaire, il y a 1 personne sur 2 qui ne reverra jamais son argent. A moins de se faire justice soi-même. Après que la boutique ferme c’est un autre problème.


      • David (---.---.92.11) 12 octobre 2006 14:36

        Assez pertinent. Je me retrouve la dedans effectivement il y a des sites ou l’autorité est général et pas le fait d’un individu ou un groupe d’individu...


        • Marsupilami (---.---.47.84) 12 octobre 2006 15:02

          Du grand n’importe quoi cet article. Fantasme de playstation et de cour de récréation pour bébés anarchistes. Le monde réel n’est pas dans un ordinateur.


          • agor (---.---.65.148) 12 octobre 2006 16:37

            Et pourtant, à voir le nombre de commentaire que vous laissez, Marsupilami, il semble bien que l’ordinateur occupe un grand espace de votre réalité...

            Et réagir de façon si reflexe, en recrachant une prose stéréotypée, illustre pourtant une grande crainte, mon cher Marsu. Auriez vous peur de quitter les jupons de votre société, qui forme les individus à craindre leur liberté, leur autonomie, leur capacité à s’organiser ?...


          • yang (---.---.11.142) 12 octobre 2006 16:48

            @Marsupilami

            On te parle pas d’ordinateur, on t’expose un modèle, à paufiner certes, mais crédible, de société ou chaque individu aurait son mot à dire. Et si t’as une meilleure idée pour réformer cette politique française (ou d’ailleur) vieillissante qui me semble déjà anarchique, ne te gêne pas.


          • Laurence (---.---.158.12) 12 octobre 2006 15:11

            Au sujet de Wikipédia, deux petites rectifications : « le »vandalisme« (destruction d’un article ou modifications ayant pour but de nuire) est évité grâce à des procédures spécifiques. » et « La différence est la neutralité et la présence de tous les points de vue possibles sur un sujet » :

            Ce n’est pas toujours le cas sur Wikipédia : sur la version anglaise, l’article sur les frères Bogdanov est presque 100% négatif contre les sujets, parce qu’il a été écrit presque exclusivement par des détracteurs « ayant pour but de nuire » aux jumeaux. Et le vandalisme vient de l’intérieur : ce sont les arbitres de Wikipédia qui ont sciemment écarté aussi bien les Bogdanov eux-même que les éditeurs qui essayaient de les défendre (bannissement définitif !) et qui n’ont gardé que les « Wikipédiens » qui s’étaient montrés les plus insultants envers eux. Les pages web qui donnent une image positive des Bogdanov ont été aussi censurées des « Liens externes », seuls les sites qui les critiquent ont été gardés dans cette rubrique...

            J’ai raconté la « genèse » de cet article particulièrement partial et malveillant dans : « Wikipédia et l’affaire Bogdanov : »encyclopédie libre« ou dictature virtuelle ? »

            Donc, j’espère juste que votre société basée sur le « modèle » du web serait un peu plus bienveillante et démocratique que l’est Wikipédia ! smiley


            • lss (---.---.20.193) 12 octobre 2006 22:52

              En France, on rencontre le même problème avec Jean Pierre Petit vis à vis duquel il semble de plus en plus que seuls ses détracteurs aient droit de cité...

              Y aurait-il une malédiction qui pèse sur les sites et organismes institutionnels (ou assimilés)dès qu’ils dépassent une certaine taille ou s’agit t’il d’une censure ? Si tel était le cas, cela signifirait qu’il y a un grave problème qui se cache derrière, lequel ? Mystère, mais cela suggère un contrôle voulant du politiquement correct... c’est nuisible à la démocratie.


            • Traroth (---.---.177.186) 13 octobre 2006 10:52

              Concernant les frères Bogdanov, les choses ne se sont pas passés comme le crie Laurence sur tous les toits depuis plus d’un an.

              Jean-Pierre Petit a participé en personne à Wikipédia (en français). Il a été exclus définitivement pour une raison très simple (en plus de son comportement belliqueux et systématiquement hostile à toute forme de critique) : il a écrit deux lettres aux employeurs de deux des administrateurs (eux-même chercheurs en physique) qui cherchaient à l’empêcher de supprimer toute forme de critique à son égard (pour information, sur Wikipédia, le fait de contribuer à un article sur sa propre biographie est mal vu, à la base. La même remarque vaut aussi pour Igor Bogdanov), pour se plaindre de leur comportement, en abusant de son autorité morale et de son prestige. Merci de revoir vos jugements à la lumière de cette information.


            • Traroth (---.---.177.186) 13 octobre 2006 11:14

              Un article très intéressant et qui offre une approche novatrice. De nouveaux pouvoirs vont émerger, on commence déjà à le voir. Reste à vérifier s’ils auront la force de contreblancer les forces existantes, en particulier les entreprises multinationales, dont on peut penser qu’elles sont malheureusement les vraies super-puissances.


            • Zocio (---.---.173.67) 12 octobre 2006 15:32

              Une vertu du web est l’auto gestion dans une matrice imposée mais libertaire.

              A partir d’un simple jeu de formules, il redéfinit des limites, des groupes et des territorialités en permanence, comme dans la Nature, où la complexité émerge et grouille à partir d’un lot de loi fondamentales ad hoc.

              Non opaque, il tend à éviter la déresponsabilisation (plus personne ne rend plus de compte à personne —> corruption pyramido sociétale en cascade)(ex : dénoncer les tricheurs de petites annonces et les pollueurs de forum), idéalement à rapprocher et dynamiser les internautes par affinités (Meetic version free) lorsque celles-ci ne servent pas uniquement à des fins marketing.

              Au fait, quel sociologue ou quel mouvement prône-t-il, la restructuration des sociétés par affinités (ex : les socialistes au sud de la Loire, les ump au Nord, les fumeurs à l’Est, les non fumeurs à l’Ouest, etc. - juifs, arabes, fondamentalistes, athées, pro et anti peine de mort, 4x4, pilule, vitesse... - et chacun vivra beaucoup mieux dans son coin) et non par héritage ou colonisation territoriale ?

              Les pro-mélangistes vont bondir (et l’issue de la consanguinité leur donne raison, mais où se situe le seuil de déchéance ?) et crier au fascime eugénique anti-solidaire, voire à la haute trahison, mais est-il possible, au moins théoriquement, de transgresser pou rles étudier, des tabous appliqués abondamment, et hypochritement, dans la pratique (des semences de pétunia aux spermatozoïdes de l’étalon de service en passant par nos chiens de race, nos potagers et nos choix de consommation ou de clics quand on nous laisse ce choix) ?

              L’ordre qui naît spontanément du chaos est de loin préférable au chaos qui résulte de l’ordre imposé.


              • agor (---.---.65.148) 12 octobre 2006 16:29

                Article remarquable de pertinence, dont les critiques seront certainement à la mesure de l’impact des idées qu’il participe à propager.

                Ce n’est en rien une utopie ! Et aucun autre modèle de société ne pourra égaler les capacités d’adaptation de celui décrit ici. Nous assistons à la fin des dinosaures sociaux qui furent adaptés à une époque bientot révolue...

                Et pour faire suite au commentaire précédent : « L’ordre ne peut naitre que du désordre, car seul le désordre permet des associations nouvelles ». (Henry Laborit).


                • connecteur (---.---.178.235) 12 octobre 2006 16:45

                  est-il possible de renoncer à sa nationalité française et de devenir apatride en attendant de choisir ou postuler à la nationalité qui me conviendrait, même virtuelle ?

                  j’ai entendu dire que l’on pouvait ne plus cotiser à la SS, mais à des assurances privées comme aux USA, et donc augmenter sensiblement son salaire et les profits de son patron, l’administration (qui joue là sa branche, sa situation de rente) faisant des pieds et des mains pour freiner nonobstant la pub et la circulaire européenne de ce nouveau droit.

                  un peu comme la négation de l abstention ou du vote blanc par les meilleurs d entre nous, dûment sélectionnés et contrôlés il va de soi.


                  • frédéric9 (---.---.232.32) 12 octobre 2006 17:09

                    Excellent article. En effet, nous allons sans doute vers un affaiblissement des Etats territoriaux et les conséquences sociales et politiques seront majeures, même si elles nous semblent difficiles à cerner.

                    Il est probable que les Etats territoriaux lutteront sans relache contre cette évolution et lui déclareront une guerre ouverte, car c’est leur survie et la légitimité de leurs représentants qui est en jeu.

                    Ce phénomène s’appelle : la mondialisation. Et nous n’avons pas fini d’en entendre parler !


                    • Philippe VIGNEAU (---.---.82.132) 12 octobre 2006 17:30

                      votre reflexion n’est possible que dans un web ou l’anonymat n’existe pas...


                      • yoan (---.---.97.23) 12 octobre 2006 17:50

                        c’est un article interessant. Un poil utopiste mais envisageable. j’aime bien la comparaison a la fin, aussi smiley


                        • Claud83 (---.---.24.100) 12 octobre 2006 19:08

                          Je trouve l’article intéressant et l’utopie est nécessaire même dans un monde structuré smiley


                          • gem (---.---.117.250) 12 octobre 2006 19:21

                            d’accord avec marsu cette article est idiot.

                            Le monde réel est un monde irréversible, qui peut être contrôler physiquement, dans lequel la violence marche, et marche même très bien. On tue un journaliste, et basta, finit son enquête pénible. On coupe le courrant, on saisit les presses, et fini la presse libre.

                            Le monde d’internet est très différent. Impossible de se débarraser de quelqu’un comme ça. On est immortel. Au pire, on peut se faire jeter d’un lieu très fréquenté (wikipedia, par exemple), mais on pourra soit se réincarner dans une autre identité soit se réfugier dans une autre communauté plus acceuillante. Et ça vaut aussi bien pour les martyrs que pour les trolls.

                            Les implications pour l’organisation sociales en sont considérables. Internet permet des choses qui serait désastreuses dans le monde réel. Les effets de foule y sont dévastateurs... et sans conséquences ! Les tyrannies y sont extremes ... et sans plus de conséquences ! wikipedia est un excellent exemple : je ne connais pas l’affaire Bogdanov, mais j’en ai suivi d’autre, et il est parfaitement vrai que certains comportements que j’y ai vus, appliqués dans le monde réel, vaudraient à leurs auteurs la prison à vie, voire la peine de mort ... mais justement ça n’est pas dans le monde réel ! Et heureusement.

                            Imaginer qu’une transposition du monde virtuel vers le monde réel est envisageable est plus qu’absurde : c’est excessivement dangereux !


                            • agor (---.---.65.148) 12 octobre 2006 20:13

                              ...et je confirme que votre commentaire ne critique en rien l’article. Vous illustrez une différence en mettant en avant le totalitarisme de nos sociétés réelles (tuer un journaliste), face à l’ubiquité du réseau, et en concluez qu’Internet permet des choses désastreuses... pourtant votre exemple illustre surtout le danger réel de nos sociétés controlées...

                              Votre racourci démontre un a priori reflexe dès que vous sentez poindre l’ébauche d’un liberalisme (où l’on retrouve en effet là le cri du Marsupilami). Mais il n’en est pas question ici !

                              Cet article ne prone pas la transposition du virtuel au réel : il illustre la pertinence des principes collectifs de nos réseaux appliqué à nos sociétés, et rend concret, vécu, des expériences virtuelles. Je trouve cela très pertinent et sans a priori.

                              Internet ne résoudra pas tout, n’est pas une solution en soi, n’est pas exempt de failles, mais cela ne signifie pas qu’il ne peut être une source d’inspiration nouvelle pour nos sociétés à bout de souffle... de plus en plus rigides et inquiètes, et d’un totalitarisme bien médiatisé.

                              voulez vous rejeter l’apport d’internet ?

                              Faut-il lire la Pravda, ou agoravox ?!


                            • gem gem 13 octobre 2006 09:54

                              vous n’avez rien compris à ce que j’écris

                              Alors je vais simplifier (tant pis pourla caricature) : je dis qu’Internet c’est le pire des totalitarismes, remplis de millions de Staline, Hitler et Pol Pot et d’encore plus de petites frappes stupides pour les suivre. Je dis que tout cela est supportable et de peu d’importance dans un monde virtuel, mais qu’appliquer au monde réel ça serait un cauchemard.

                              Je dis qu’il est stupide et dangereux de croire qu’on peut s’inspirer des jeux MM, de GTA, et des salons de chat pour organiser la société !

                              voilà. Ainsi simplifié, vous avez compris ?


                            • agor (---.---.65.148) 13 octobre 2006 13:35

                              Alors je vais simplifier aussi...

                              J’avoue avoir plus peur de ce que je vois aux informations de 20h, fait de faits divers pires encore que GTA, et de pubs infantiles, que sur Internet, qui devient notre territoire.

                              En ce sens, je continue à penser qu’Internet illustre la capacité des individus à s’organiser, et peut inspirer nos sociétés, ce que dit l’article.

                              De toute façon, ce n’est pas nos opinions ou debats qui changeront ce que l’on voit se préparer actuellement... nos sociétés meurent, et le réseau diffuse.


                            • frédéric9 (---.---.232.32) 12 octobre 2006 20:04

                              A Gem :

                              Qu’appelez-vous « monde virtuel » ? Le monde d’Internet ?

                              Dans ce cas ce monde est aussi réel qu’un autre, la meilleure preuve est que nous y sommes !

                              L’article parle de la mise en place de solidarité « transversale » entre les hommes, grâce au développement de la communication. Il me parait très pertinent.

                              Ce phénomène existait déjà avant internet d’ailleurs, mais pour l’expérimenter il fallait voyager ou partir vivre à l’étranger, internet en permettra la généralisation.

                              Celà consiste seulement à se sentir plus solidaire d’un étranger partageant les mêmes intérêts que soi, que de la plupart des français ne les partageant pas.

                              Et celà aura sans doute pour résultat d’affaiblir les solidarités nationales, qui se basent uniquement sur la proximité physique et géographique.


                              • gem gem 13 octobre 2006 10:15

                                et non, le monde virtuel n’est pas aussi réel que l’autre, le seul, le vrai, celui dont vous pouvez REELLEMENT disparaitre définitivement sans espoir de retour, celui qui vous fait sentir pour de bon la faim ou les plaisirs, celui ou votre présence est continue et non rythmé par vos connexions et déconnexions à votre gré (ou au gré de votre matériel...) .

                                L’article propose de supprimer purement et simplement nos système territoriaux pour les remplacer par des communautés internet. L’article parle de gérer les ordures ménagères comme si nous étions sur internet ; comme si la gestion des ordures, avec ce que ça implique de contraintes, avait le moindre rapport avec un projet de logiciel ou la rédaction d’un article de wikipedia (et dieu sait si les articles wikipediens peuvent être mauvais, justement, comme c’est bizarre, dès que ça concerne la politique) !

                                Désolé, je n’y crois pas et même je trouve ça excessivement dangereux.

                                C’est dangereux pour une autre raison : c’est que ça implique un système de rétroaction, du virtuel vers le réel. Un big brother qui ne serait pas seulement un télécran, mais aussi un robot avec une grosse matraque, en somme, obéissant aux ordre de la foule d’internautes. Un carnage.


                              • agor (---.---.65.148) 13 octobre 2006 13:41

                                Désolé, mais je ne vois vraiment pas en quoi Internet illustre la potentialité du carnage que vous évoquez !

                                Big brother est dangereux quand il est aux mains d’une minorité (le pouvoir, l’état), pas quand il est accessible à tous.


                              • gem gem 13 octobre 2006 16:23

                                alors là c’est le bouquet ! Vous n’avez décidement rien compris à à big brother, si vous croyez qu’il est aux mains de quiconque ! big brother est big brother, c’est lui le patron, aux mains de personne.


                              • agor (---.---.65.148) 13 octobre 2006 17:06

                                « big brother est big brother »... ah oui ! je comprends mieux maintenant.

                                Et c’est ca qui fait peur, parce que donner de la liberté aux individus, c’est mettre tout plein de méchants partout, à la solde de big brother.

                                Non, vraiment, je continue à croire que les valeurs du Net valent mieux que ce que je vois de nos sociétés, faites de guerres de territoire, de conflits idéologoqiques, de faits divers anxiogènes, et de spectacle publicitaire infantilisants.

                                Alors, il est où Big brother ? Même nos ’grandes’ élections ne sont plus qu’un cirque marketing pour satisfaire l’illusion de la démocratie, et la paix sociale...

                                Et que Big Brother vienne me dire le contraire !


                              • rock.marshall41 (---.---.47.157) 12 octobre 2006 21:27

                                L’idée en soit n’est pas mauvaise, et d’ailleurs on sent vers les nouveaux partis politques (pas spécialement français) une évolution, typée s’y on y regarde de plus près au fonctionnement du web.

                                Pour l’instant c’est off et l’ont ne sent rend pas encore compte, mais petit à petit, le contre-pouvoir qui est propre à internet et surement une de ses plus belle forces, aura beaucoup plus de puissance qu’il n’en a actuellement.

                                Après internet, ne peut fonctionner sans énergie et pc et tout le maillage qui en résulte autour, les futurs acteurs de demains, ce sont eux.


                                • fredleborgne (---.---.42.134) 12 octobre 2006 23:33

                                  Beaucoup de promesses non tenues dans le titre, mais en fait, on n’en veut pas à l’auteur. En effet, sa légèreté sur le sujet et un peu de pertinence nous entraineraient presque à le suivre. Cà change des lourdes et trop complètes démonstrations. En fait, si je partage son avis sur certaines communautés internautes, je ne le partage pas du tout sur certains internautes et sur les sites marchands. Mais c’est un avis, inspiré par les procés des majors du disques, la loi DADvSI et ses horreurs liberticides, et la vulgarité de la publicité sur la plupart des sites... Et ne parlons ni des moteurs de recherches « préférentiels », ni des référencements sujets à caution ou des noms de domaine asservis par les marques...


                                  • (---.---.37.70) 13 octobre 2006 00:21

                                    « Une organisation politique sur ce mode signifierait l’absence de communauté terriroriale ayant force d’autorité, la communauté territoriale n’étant pas autre chose qu’un groupe comme un autre : celui des gens qui s’intéressent à tel espace géographique, comme d’autres s’intéressent aux poissons rouges ou aux ours polaires. »

                                    T’es Lepéniste ? Contre le Métissage et la Mixité ?!?! Tu veux virer tes voisins immigrés ? Désolé, mais ce n’est pas ca la République, et tu DOIS vivre avec des gens qui ne sont pas comme toi, que même tu detestes, et on ne te demande pas ton avis, car c’est ca la Mixité.


                                    • Chiens et chats, loups et lions, légumes et mauvaises herbes (---.---.33.169) 13 octobre 2006 05:40

                                      Pourquoi députés ou sénateurs ne vont-ils pas élire domicile ou se promener en famille, et en boubou, un jour de marché à la station Saint-Denis (93) ?

                                      La république serait donc un modèle de paix imposée et non suscitée fondée sur un antagonisme permanent (ex : droite-gauche) ?

                                      Les équilibres artificiels pètent tôt ou tard (à moins de domestiquer la liberté de penser individuelle en élevage clos, processus en cours pour retarder la fin de l ’ancien Monde ou le cycle sempiternel guerre-paix//démocratie-dictature//engraissement-purge), au contraire des équilibres naturels fondés sur la destruction du contestataire et l’avènement de la complémentarité (ton jardin si mimi est dans la réalité un champ de bataille classé X).

                                      On mesure ici le décalage irréconciliable, porteur de conflit, entre formatés du cibolo passéistes et visions futures (germes de présent que d’aucuns s’évertuent à exfioler au Monsanto de la bien pensance).


                                    • Dictature de la plus grosse minorité (---.---.33.169) 13 octobre 2006 06:21

                                      Les parasites sont à fond pour la mixité.

                                      Les parasités beaucoup moins, mais chut, interdit de se gratter ou flytoxer : parasite = créature du Bon Dieu = espèce protégée et, de fait, privilégiée.

                                      L’économie florissante du prosac et de la médecine palliative de masse va décidément de pair avec la santé morale de notre clergé politique.

                                      En ce sens, la fabrique à crétins est loin d’être un échec pour tous.


                                    • agor (---.---.65.148) 13 octobre 2006 14:04

                                      A faire un commentaire aussi con, on sent en effet que vous avez besoin d’une mixité imposée pour être fréquenté, et que vous la défendiez.

                                      Nos enfants se crèent des réseaux de contacts mondiaux, dépassant les langues et les frontières, et vous voudriez me faire croire que ces principes vont à l’encontre de la mixité ?

                                      Imposez, imposez... ca va imploser !!!


                                    • usaf (---.---.115.196) 13 octobre 2006 09:53

                                      Selon le modèle du réseau le monde provoquera un conflit constant de la municipalité du réseau avec les décisions conventionnelles de vieilles autorités comme l’exemple suivant montre.The Nobel Peace Prize for 2006 will be announced on this page on Friday 13 October at 11:00 a.m. CET..

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