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Accueil du site > Actualités > Politique > Congrès de Reims : soyons modernes... soyons de gauche !

Congrès de Reims : soyons modernes... soyons de gauche !

Le Congrès de Reims arrive en pleine débâcle financière provoquée par les dysfonctionnements que l’action des gouvernements socialistes a très largement cautionnés depuis 1983.

Alors... ou bien nous continuons sur la voie d’une molletisation du Parti socialiste : à gauche toute dans l’opposition et à droite toute au gouvernement ; ou bien nous faisons le choix d’une ligne de gauche qui affirme clairement ce que nous ferons.

Je vais une fois de plus me prêter ici à ce que nous savons faire de mieux : parler de nous-mêmes alors que notre rôle serait d’être aux côtés des gens qui souffrent.

C’était le bon temps...

En 1981, la victoire de François Mitterrand fut une joie sans nom pour le peuple de gauche. Les premières réformes nous enthousiasmèrent alors que les Etats-Unis avec Ronald Reagan imposaient au monde leur potion conservatrice dont on mesure aujourd’hui les effets mortifères au niveau de l’économie mondiale. 1 % des plus riches aux Etats-Unis "possèdent" 25 % du PIB.

N’est pas de gauche qui veut !

Les élites hors-sol embarquées dans le sillage de la mitterrandie si elles continuent de se réclamer à gauche - ce qui reste tout de même à démontrer - n’ont jamais été de gauche. Leur perméabilité, leur porosité, leur goût des limousines et des ors de la République sont autant d’éléments explicatifs de la purge libérale de 1983-1984. Ayant choisi le camp de la gauche par pur opportunisme dans certains cas, ces hommes et ces femmes sortis de l’ENA nous ont conduits dans une impasse idéologique qui emprunte davantage au trou noir qu’au vide sidéral. Ces malfaisants, comme disait Vincent Peillon, sont toujours à l’œuvre au Parti socialiste.

A droite toute !

La conversion des "socialistes" au libéralisme économique a fait que les Français n’ont vu aucune différence entre les cures d’austérité de Jacques Delors, de Pierre Bérégovoy ou d’Edouard Balladur. Les Français, loin d’être des veaux, finissent toujours par préférer l’original à la copie. De 1983 à 1993, la Bourse de Paris a vu sa capitalisation passer de 225 à 2 700 milliards de francs rien que pour les actions. La gauche a su pratiquer une politique de classe, contre les classes qu’elle était censée défendre de la violence économique qui se déchaînait sur l’ensemble de la société française. Il est toujours pathétique chez les "socialistes" d’entendre que la seule réforme authentiquement de gauche fut la suppression de la peine de mort, là où l’Europe, quelques années plus tard, l’imposait à l’ensemble de ses pays adhérents. En 1985, sous un gouvernement de gauche, naissaient les Restos du cœur.

L’Europe, ce machin

Ah... l’Europe ! Parlons-en. Comment est-il possible d’avoir accepté le principe de l’exercice d’une concurrence libre et non faussée qui est à l’origine du recul des services publics et de la désindustrialisation active qui a généré tant de chômage ? Au nom de l’euro ? Comment est-il possible d’avoir cautionné une BCE qui nous prive des outils qui monétisent nos déficits ? Les Américains ne sont même pas allés jusque-là et, dans la crise actuelle, en faisant racheter des bons du Trésor par la Fed, les pigeons de la crise financière sont les Européens. Les gesticulations du chef de l’Etat n’y changeront rien. "Quand on est con, on est con", nous disait le poète (1). Que dire enfin de ces "socialistes" qui, au nom de leur conviction empruntant davantage à l’orthodoxie libérale, ont voté "oui" au mini-projet européen de Lisbonne !

On ne peut pas tout... privatiser

On dit de Lionel Jospin qu’il fut l’un des meilleurs Premiers ministres qu’ait connu la France. L’autosatisfaction a des vertus. La façon dont ont été faites les 35 heures a amené un blocage des salaires pour les plus modestes, là où les entreprises ont bénéficié de gains de productivité financés par le contribuable. C’est sûr : il y a de quoi être content quand on sait que ce sont les cadres qui en auront tiré le plus grand profit. Sarkozy, depuis, cherche à corriger l’injustice faite aux ouvriers en leur intimant de travailler plus pour gagner plus même le dimanche.

En deux ans, sous Jospin, le gouvernement français n’aura jamais autant privatisé : plus d’un millier d’entreprises ont quitté le secteur public alors que la destruction des emplois industriels s’accélérait. Faut-il être à ce point complètement déconnecté des réalités pour ne pas s’en apercevoir ? En 2002, les Français ont sanctionné Jospin. Son projet de l’aveu du candidat n’était pas socialiste. A Wilword, Jospin avait même déclaré que l’Etat ne pouvait pas tout, parlant des Michelins qui subissaient un énième plan social. Alors que nous étions aux manettes, Jospin et Fabius arbitrèrent contre la réforme des cotisations et pour la baisse des impôts.

Ces grands "socialistes"

Dans l’opposition depuis 2002, nous avons la chance d’avoir des représentants "socialistes" au niveau de l’OMC et du FMI. Pascal Lamy, un converti de plus à l’ordre - devenu désordre - libéral prône le libre-échange comme outil de développement des peuples. Bien sûr. Les crises de la faim de 2007 sont dues pour l’essentiel aux potions du Dr Lamy et de ses sbires. Imposant le libre-échange et les importations très largement subventionnées, les pays en voie de développement ont, en partie, détruit leur agriculture vivrière pour mieux exporter. L’idéologie de l’OMC s’appuie sur la théorie de l’avantage comparatif développée par Ricardo en 1817. A défaut d’être original, ce grand socialiste s’est converti en prêtre du dogme.

Et puis, à gauche, nous avons la chance d’avoir DSK au FMI. Ministre de l’Economie, il réclamait à cor et à cri le développement du financement des retraites par capitalisation. Heureusement, pour les Français, les projets de ce grand économiste n’eurent pas le temps de se réaliser. On en mesure aujourd’hui toute l’inanité.

La modernité, c’est être enfin de gauche !

Les socialistes au pouvoir à l’exception de 1981 et de 1982 ont toujours fait le contraire de ce qu’ils ont dit. Avec les TUC devenus emplois jeunes en 1997, avec le RMI, la CMU alors que les déremboursements faisaient rage, nous n’avons fait que de rafistoler là où les Français attendaient que nous fassions autre chose que le contraire de ce que nous avions dit. Anciens rocardiens, Hamon et Lienemann sont aujourd’hui catalogués sur l’aile gauche du Parti socialiste, là où ils me semblent que ce sont des socialistes restés fidèles à leurs idéaux et leurs convictions.

Si nous faisons le choix collectivement de soutenir ces hommes et ces femmes qui nous ont conduits dans l’impasse, alors nous n’aurons aucune chance de gagner en 2012 et les Français choisiront Bayrou pour s’opposer à Sarkozy.

"La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent", nous disait Albert Einstein.

(1) Je ne parle pas du chef de l’Etat dont on ne peut pas dire qu’il soit un imbécile.


Autres éclairages


Morceaux choisis de la "pensée socialiste"

  • De Vincent Peillon : "Moi, je ne suis pas du tout pour la suppression des stock-options."
  • De Manuel Valls : "Je veux aider la gauche avec la pensée libérale."
  • De Bertrand Delanoë : "Chacun admet aujourd’hui que l’Etat n’est plus adapté à notre réalité économique, sociale et même technologique."
  • De DSK : "L’investissement en actions doit encore être développé."
  • De Jaurès : "Ce que la vie m’a révélé, ce n’est point l’idée socialiste, c’est la nécessité du combat."

Encore merci à l’excellent François Ruffin.


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7 réactions à cet article    


  • Mapie 4 novembre 2008 14:26

    Bien que n’étant plus membre du PS à ce jour et ceci contre mon gré, je souscris tout à fait à cet article. Il semble que nous ayons perdu de vue l’essentiel, le fait que nous sommes de gauche. Sur le terrain nos petites querelles de clocher semblent bien loin des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens et les réponses que nous tentons d’apporter sont inaudibles, balayées par les petites phrases assassines. Il est temps de reprendre la main et de proposer une alternative de gauche crédible.


    • Musardin Musardin 4 novembre 2008 15:01

      Le rapprochement des deux termes gauche et parti socialiste me semble être devenu un oxymore depuis le 10 juillet 1940 et ceci est confirmé depuis le 4 février 2008


      • kolymine 4 novembre 2008 16:45

        me semblait que c’etais un oxymore depuis le 25 decembre 1920 et le congres de tours, avec ce crétin de Léon Blum.


      • Adrian Adrian 4 novembre 2008 19:32

        Et l’échec cuisant du programme commun ?


        • titi 4 novembre 2008 23:30

          J’allais le dire...

          de même :
          "Les premières réformes nous enthousiasmèrent alors que les Etats-Unis avec Ronald Reagan imposaient au monde leur potion conservatrice dont on mesure aujourd’hui les effets mortifères au niveau de l’économie mondiale"
          alors que les effets mortifères au niveau de l’économie nationale de ces réformes "enthousiasmantes" ont eux été mesurés dès 1983... smiley


        • maxim maxim 5 novembre 2008 00:37

          ce que retiens ,c’est que pendant sa campagne ,alors qu’il y avait 1 million de chômeurs ,il avait déclaré " le chômage ,j’en fais mon affaire etc etc ....."

          à la fin de son règne 3 millions de chômeurs !

          ah oui ,j’oublie ,Mauroy quand il était premier ministre de Mitterand ,alors que le chômage augmentait ,lui faisait remarquer un journaliste ....

          le gros Quinquin ,il a répondu " il ne faut pas confondre chômage structurel et chômage conjoncturel !..."

          le mec qui entendait ça à l’époque alors qu’il se retrouvait sans boulot ,il devait vachement être avancé de savoir dans quelle catégorie de chômeur il se trouvait !

          autre chose ,en 81 ,j’’étais à mon compte depuis 3 ans suite à un licenciement " structurel " .....dans le BTP ....

          quand la gauche est passée nous avons eu plein de défection de chantiers ,de la part de clients qui ont préferé ne plus dépenser et même envisagé de se barrer à l’étranger avec leur fric ,

          il y en a même qui se sont réellement sauvés,au point que les hommes d’affaires Français ,n’avaient pas le droit d’emporter plus de 2000 france de l’époque hors des frontières ,on était comme en URSS ,c’est vrai que c’était le rêve de la gauche !

          et c’est encore le rêve d’une certaine gauche !


          • ZEN ZEN 5 novembre 2008 11:46

            Le docteur Dupin s’est penché sur le malade . Son diagnostic :

            "En matière de privatisations, la gauche plurielle a réalisé en trois ans un programme plus important que n’importe quel autre gouvernement français" (Revue Socialiste 07/2000)

            -« C’est la gauche du Vieux Monde qui ressemble de plus en plus à la gauche américaine », ( Lipset)

            - Jean-Pierre Le Goff remarque les efforts pathétiques de la gauche pour « maintenir ensemble les morceaux d’une identité éclatée », oscillant sans cesse entre ses conceptions traditionnelles et « une fuite en avant moderniste  » censée lui attirer les bonnes grâces des couches sociales montantes.

            "Sortir la gauche du coma" :

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