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Accueil du site > Actualités > Politique > Contre-pouvoirs : des garde-fous à la cacophonie

Contre-pouvoirs : des garde-fous à la cacophonie

La présidente de région Poitou-Charente décide de ne pas accorder de subvention aux entreprises qui embauchent des CNE/CPE. Des élus Verts, en Ile-de-France souhaitent aller dans le même sens. Cet épisode, encore une fois, pose la question de la lisibilité de nos dirigeants et du bon fonctionnement de notre système.

La gauche, en 2004, a emporté la quasi-totalité des régions. Parmi les facteurs de ce succès, on ne peut négliger le paramètre « ras-le-bol » qui a transformé ces élections locales - de même que tous les scrutins depuis 2002 - en simple consultation nationale, sorte de photo instantanée de l’humeur populaire vis-à-vis de son gouvernement. C’est une dérive protestataire stupide, mais ce sont aussi les aléas de la démocratie et... c’est ainsi.

Fort logiquement, les nouveaux exécutifs ont trouvé là des laboratoires pour promouvoir leurs idées, leurs talents et exercer un contre-pouvoir face à un gouvernement jugé autiste et de toutes façons conspué, puisqu’étant du « camp d’en face ».

Jusque-là, rien à dire, sinon que lorsque les scrutins sont animés soit par la panique collective, soit par quelque ras-le-bol hors-sujet, lorsque les élections ne servent plus qu’à protester et à sanctionner, c’est la légitimité des élus qui pose alors question (celle des électeurs, heureusement, ne se discute pas) .

Si les contre-pouvoirs sont nécessaires au bon fonctionnement d’une démocratie, jusqu’où doit-on les laisser s’exercer ?

Une région peut-elle décider de ne pas accorder de subvention à une entreprise qui embaucherait en CNE/CPE, alors même que la loi mettant en place ces contrats est adoptée (au terme d’un processus dont la méthode se discute, c’est vrai) ?

Certes, la région Poitou-Charente est hautement symbolique. Sa présidente, tout en évitant soigneusement de dépasser les bornes posées par son parti (et son conjoint), aurait tort de bouder les sondages d’opinion à son égard, et ne perd pas une occasion de signaler qu’elle existe, qu’elle résiste, qu’elle agit. Là encore, rien que de normal ! Mais la portée de son geste ne se limite pas à une simple résistance médiatique, et il n’est pas sûr que tous en aient réellement conscience.

Tout d’abord, lorsque la préoccupation principale, en France, concerne le chômage, il y a quelque chose de choquant à voir un dirigeant politique sanctionner une entreprise qui embaucherait... Et si, après tout, hors toute idéologie, les contrats type CNE/CPE, dans le cas précis de cette entreprise, étaient appropriés ? Et si, après tout, en l’absence de ce type de contrat, l’entreprise avait été dans incapacité d’embaucher ? Est-ce qu’en agissant ainsi, Ségolène Royal ne prend pas le risque de pénaliser des entreprises pour des motifs idéologiques et, par conséquent, l’emploi ?
D’autre part, la France est en crise. Le régime politique, les institutions françaises sont en crise. Parmi les responsables de cette crise, on peut citer notamment la perte de crédibilité des dirigeants et une certaine dilution des principes républicains. Or, nous avons ici une dirigeante politique qui, par principe, par idéologie, par démagogie, va faire barrage à la loi ! Comment comprendre, comment admettre qu’un principe républicain de base, l’égalité de tous devant la loi, soit ainsi mis à mal dans une espèce de mouvement de colère (dans le meilleur des cas), voire d’opportunisme ? Qui plus est par une - probable - prétendante à l’Elysée !
Et comment s’étonner, après ça, que les Français n’expriment plus que des ras-le-bol désabusés, désenchantés, découragés de croire en une quelconque crédibilité du politique ?

La question n’est pas de savoir si l’on est pour ou contre le CNE/CPE, elle s’est d’ailleurs également posée lorsque certaines collectivités locales ont décidé, par conviction ou par clientélisme, de ne pas appliquer la fameuse « journée de solidarité » le lundi de Pentecôte, mais il s’agirait tout de même de définir des limites à l’opposition démocratique. On ne peut certes pas empêcher un mandat local de servir de tremplin aux ambitions d’un individu, mais jusqu’à quel point devons-nous le tolérer ? Pouvons-nous laisser ledit individu jouer avec la crédibilité, l’autorité de l’Etat, dans le seul but d’en briguer le poste suprême ? Certes, le chef actuel de l’Etat prouve, d’une certaine façon, que oui, nous le pouvons. De là à trouver que c’est une raison valable...

Du reste, quelles auraient été les réactions, si les régions s’étaient livrées au même type de chantage pour lutter contre l’instauration des 35 heures, également discutables aussi bien sur le fond que sur la méthode ?

Ainsi, si l’on peut se réjouir du poids politique que prennent les régions, il serait peut-être nécessaire et urgent de maîtriser les possibles interférences et les capacités de nuisance entre les différents échelons de la représentation. Car le problème ne se limite pas aux régions. Avec cet exemple, bientôt, ce sont les mairies, les conseils généraux, pourquoi pas les communautés d’agglomérations qui entreront ainsi, au mépris de tout, en opposition stérile avec l’Etat, voire entre eux, pour profiter d’une tribune, d’un tremplin et surfer sur tous les mécontentements...


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21 réactions à cet article    


  • marc p (---.---.224.225) 23 mars 2006 11:02

    Bonjour, je ne suis ni favorable au cne ni au cpe qui ne sont pas adaptés à la culture économique et manageriale française (trop de « pas vu pas pris », trop de recherche d’effets d’aubaine, trop de frilosité en leur absence). Je suis même capable de voter pour une femme du ps aux presidentielles par ce que c’est une femme, pour bien marquer l’interchangeablilité des sexes en l’espèce... Pourtant j’attendais votre article car il est indéniable que l’attitude de me Royale ouvre la porte à un inconnu bien inquiétant... On a raison de critiquer, des Sarko et des Villepin électoralistes, à condition de ne pas tomber dans les mêmes dérives... Bien à vous Marc P


    • Sam (Paris) (---.---.108.229) 23 mars 2006 14:30

      Ségolène Royale à raison il faut pousser les entreprises à délocaliser là ou on les aident à créer des emplois.

      Et surtout ne pas faire comme l’Irlande, vous avez vu le résultat ils ont au moins 4.5% de chômeurs, comment ils peuvent supporter ça les irlandais !!! - En plus comme ils n’avaient pas assez de pauvres ils en ont importé de Pologne, HONTEUX !

      Y a t’il quelqu’un pour nous chanter une petite Marseillaise ?


      • (---.---.212.160) 23 mars 2006 14:53

        Si une entreprise embauche une personne avec le CPE,elle touchera des aides de la part de l’Etat. Le fait qu’une région ne veuille pas accorder ses subventions à cette même entreprise, ce n’est pas faire barrage à la loi. La loi sur le CPE n’engage en rien les régions à subventionner les entreprises (heureusement !). Vous parlez ensuite du fait de pénaliser une entrepriseen ne lui accordant pas de subventions, c’est faux. Toutes les entreprises ne touchent pas de subventions des régions. SI elle en touche c’est une aide mais si elel n’en touche pas elle n’est pas pénalisée. Une région pourrait très bien accorder des subventions aux entreprises qui embauchent des jeunes en CDI (c’est un exemple), ça n’irait pas à l’encontre des intérêtes des jeunes.


        • Mathieu 23 mars 2006 15:36

          Mon propos porte surtout sur la méthode employée que je trouve puérile et donc indigne de toutes les fonctions politiques, dont la suprême.

          Bien sûr que la loi n’impose pas aux régions de subventionner les entreprises, bien sûr que j’ai exagéré en disant que ces dernières seraient « pénalisées », mais que pour des raisons politiciennes un Conseil régional fasse des pieds-de-nez (sur l’air de « bisque-bisque-rage ») aux entreprises qui utilisent un outil mis à leur disposition (quelle que soit notre opinion de l’outil), je trouve ça minable et assez détestable comme exemple.

          C’est un chantage indigne auprès des entreprises, même si les subventions ne sont pas un dû, ni un besoin. Et plutôt qu’une opposition démocratique, constructive, aux personnes ou aux idées, j’y vois un profond mépris non pas des hommes auxquels elle s’oppose mais de la fonction politique elle-même.

          Et l’on s’étonne que les français manifestent le même mépris ?


        • Hikaru (---.---.194.249) 23 mars 2006 15:38

          Bonjour,

          Je trouve la logique de cet article tout à fait discutable. Certes, l’attitude de S.Royal est probablement plus une posture médiatique liée à ses ambitions présidentielles qu’autre chose. Mais au nom de quoi serait-elle forcée de subventionner des entreprises si elle ne le juge pas souhaitable ? Pourquoi n’aurait-elle pas le droit de favoriser celles qui créent des emplois pérennes, et de laisser celles qui créent des emplois jetables se débrouiller toutes seules ? C’est une politique tout à fait raisonnable.

          Si elle menaçait d’interdire le CPE dans sa région, je comprendrais, elle outrepasserait effectivement ses pouvoirs. Mais là l’article prétende que la présidente de région élue par ses concitoyens n’a pas à décider le la répartition des subventions financées par les impôts de ses concitoyens. Au fond il demande simplement que sous un gouvernement central de droite les contre-pouvoirs soient également de droite. Jolie conception du contre-pouvoir.


          • Mathieu 23 mars 2006 15:55

            Bonjour

            Je reconnais que l’argumentation de votre premier paragraphe se tient. Et je reconnais qu’une majorité au pouvoir est libre de faire l’usage qu’elle juge bon de l’argent public. Je trouve néanmoins plus que regrettable la posture médiatique, justement. Et à elle seule, je pense qu’elle n’est pas exempte de conséquences sur l’intérêt et le respect que portent les français à la chose politique.

            Par contre, dans votre deuxième paragraphe, je ne sais pas si je me suis mal exprimé ou si vous avez lu entre les lignes voire entre les interlignes pour déduire tout ça. Qu’un pouvoir ou un contre-pouvoir soit de gauche ou de droite m’est parfaitement égal (cette notion de gauche/droite me semble souvent prétexte à des querelles de chapelles plutôt qu’à de vrais débats). Je ne m’étonne pas que l’opposition ait voulu utiliser les régions comme laboratoires et y exercer un contre-pouvoir, c’est de bonne guerre même si ce n’est pas la fonction d’un Conseil régional mais je regrette que ces contre-pouvoirs soient exercés sans souci des conséquences (ceci dit je regrette tout autant l’inconséquence de ceux qui exercent les pouvoirs).


          • Sam (Paris) (---.---.108.229) 23 mars 2006 16:04

            La morale de tout ça : n’essayez pas de pousser les entreprises à créer des emplois pour les jeunes c’est TRES mal vu par la gauche... qui cherche depuis 4 ans un programme à proposer aux français.

            Pourquoi Mme Royale et Mr Hollande ne proposent pas quelque chose ? - Ils seraient plus crédibles que d’essayer par tous les moyens de casser une mauvaise idée qu’ils n’ont pas eu.


          • Hikaru (---.---.194.249) 23 mars 2006 17:37

            @Mathieu :

            Pour préciser ma réaction à l’article :

            - Je suis d’accord avec l’idée que cette prise de position de S.Royal est principalement une posture. En cela elle m’énerve sans doute autant que vous.

            - En revanche je trouve que vous jetez le bébé avec l’eau du bain en affirmant que parce qu’elle est soutenue par des bouffons médiatiques, l’idée de réserver les subventions aux entreprises qui pratiquent le CDI est mauvaise. Elle est peut-être simplificatrice, j’en conviens. Mais il me paraît raisonnable que les subventions favorisent l’emploi pérenne. Vous semblez craindre les conséquences de ce choix mais quelles seraient-elles ? Une entreprise qui touche des subvention actuellement pourra continuer d’embaucher en CDI si elle veut les garder. Si elle veut profiter du CPE elle perdra les subventions. Est-ce si scandaleux ? A mon sens c’est un deal raisonnable entre la collectivité et l’entreprise : tu crées des emplois pérennes on t’aide, tu crées des emplois précaires tu te démerdes.

            C’est pour ça que si je me sens d’accord avec votre réaction « épidermique » à la déclaration de principe politicienne pour transformer le conflit du CPE en voix à la présidentielle, je ne suis pas du tout d’accord quand vous dites (si j’ai bien compris) que le choix de réserver les subventions aux entreprises qui proposent des emplois stables est irresponsable.

            @Sam :

            >>> n’essayez pas de pousser les entreprises à créer des emplois pour les jeunes c’est TRES mal vu par la gauche <<<

            Je dirais plutôt : essayez si vous voulez de passer la nième mesure d’inspiration neo-libérale, mais ne vous étonnez pas que la gauche voie ça mal, même si vous racontez que ça va créer de l’emploi. Rien ne prouve que le CPE créera des emplois pour les jeunes, c’est juste une opinion partisane.

            >>> Pourquoi MmeRoyale et MrHollande ne proposent pas quelque chose ? <<<

            Là au moins on est d’accord. Ils semblent penser que la meilleure stratégie pour parvenir au pouvoir dans 1 an est de dénoncer en bloc tout ce que font leurs concurrents. Le pire est qu’ils ont probablement raison. On a un système politique où l’important c’est de dire des phrases choc à la télé, et ils se vautrent dedans. Comme leurs adversaires d’ailleurs. C’est le niveau zéro du débat, c’est regrettable. Ca fait une chose sur laquelle PS et UMP sont d’accord, au moins : la politique comme spectacle bouffon pour neuneus.


          • Sam (Paris) (---.---.108.229) 23 mars 2006 18:44

            Quand vous dites :

            Je dirais plutôt : essayez si vous voulez de passer la nième mesure d’inspiration neo-libérale, mais ne vous étonnez pas que la gauche voie ça mal, même si vous racontez que ça va créer de l’emploi. Rien ne prouve que le CPE créera des emplois pour les jeunes, c’est juste une opinion partisane.

            Cela veut dire que de vouloir inciter les entreprises à créer des emplois qu’elles n’auraient pas créé c’est néo-liberal et partisan, sans même voir si effectivement cela créé des emplois pour les jeune de moinsde 26 ans !

            Je trouve votre réaction TRES partisane du coup. Donc il vaut mieux PAS d’emploi qu’un emploi précaire d’au moins deux ans, ben oui vu que c’est néo-libéral.


          • Hikaru (---.---.194.249) 23 mars 2006 19:02

            Ca veut dire qu’on peut croire que les dirigeants d’entreprises, encouragés par la possibilité de licencier sans difficulté, créeront des emplois pour les jeunes, mais qu’on peut aussi croire qu’ils ne créeront que des emplois qu’ils auraient créés de toute façon, et qu’ils en détruiront plus. Je pencherais plutôt pour la deuxième option, et j’admets que c’est partisan. Souvent on entend présenter la première option comme une vérité absolue et non une opinion. Je maintiens que c’en est une.

            La création d’emploi, c’est une promesse qui est faite à chaque mesure de ce genre, depuis les soi-disant 400000 emplois que la suppression de l’autorisation administrative de licenciement était censée créer.


          • Sam (Paris) (---.---.108.229) 23 mars 2006 19:18

            Continuez à discuter sans fin cela fait avancer les choses.

            Excusez les néo-libéraux de ne pas vouloir vous laisser dans votre merde, regardez l’état de la France et faites nous encore de beaux discours pour nous prouver que ici c’est mieux qu’ailleurs.

            Les jeunes qui veulent bosser vont maintenant en Angleterre, en Espagne, aux US, et les entrepreneurs créent désormais leurs entreprises également en Angleterre et en Espagne.


          • Hikaru (---.---.194.249) 24 mars 2006 11:11

            >>> Continuez à discuter sans fin cela fait avancer les choses. <<<

            OK smiley

            Pour faire avancer les choses il vaut mieux avoir l’accord de la population, sinon au bout d’un certain nombre d’« avancées » elle descend en masse dans la rue et on se retrouve bloqué.

            On gagnerait à « discuter sans fin » pour décider s’il est préférable de se rapprocher d’un modèle à l’anglo-saxonne ou à la scandinave, s’aperçevoir que la 2e option pourrait remporter l’adhésion du public, et proposer des améliorations de l’assurance chômage et de la formation en échange de l’assouplissement du droit du travail.

            Ou on peut mettre sa tête dans le sable, ignorer qu’il n’y a qu’une minorité dans le pays qui croit à l’efficacité d’une politique neo-libérale extrémiste, mener tout de même une telle politique, et ensuite se plaindre que dès qu’on essaie quelque chose les gens s’opposent. A mon avis, il faut quand-même une bone dose d’intoxication idéologique pour trouver cette approche constructive.

            >>> faites nous encore de beaux discours pour nous prouver que ici c’est mieux qu’ailleurs. Les jeunes qui veulent bosser vont maintenant en Angleterre, en Espagne, aux US, <<<

            Rêve-je ou entends-je un beeau discours qui « prouve » qu’ailleurs c’est mieux qu’ici ? Ou alors les beaux discours sont-ils acceptables s’ils vont dans ce sens là ?


          • brigetoun (---.---.69.126) 23 mars 2006 16:25

            avant de dire que rien n’est proposé vous êtes vous renseigné ? et une région n’a-t-elle pas le droit de choisir par exemple une entreprise qui se préoccupe du développement durable plutôt qu’une autre ? ne peut on penser que la démarche est la même ?


            • Mathieu 23 mars 2006 16:27

              Vous dites : « et une région n’a-t-elle pas le droit de choisir par exemple une entreprise qui se préoccupe du développement durable plutôt qu’une autre ? ne peut on penser que la démarche est la même ? »

              C’est précisément dans ce sens que je reconnais que l’argumentation se tient.


            • Sam (Paris) (---.---.108.229) 23 mars 2006 16:48

              Pour répondre à votre question : OUI cela fait 4 ans que j’attend que le parti socialiste propose un programme pour l’emploi et de réduction du chômage qu’il a d’ailleurs en partie contribué à créer.

              Si vous pensez que la réaction de Mme Royale est en mesure d’inciter les entreprises à ne pas délocaliser alors...

              Certains agissent, d’autres en parlent mais cela ne va pas plus loin. Parlez nous de la réformes des Universités, de l’éducation, de la formation, quels ont été vos résultats ?


            • Vianney (---.---.156.26) 23 mars 2006 22:35

              La bonne mesure n’aurait-elle pas été d’accorder les subventions à toutes les entreprises qui embauchent et de demander le remboursement de cette subvention dans l’hypothèse où l’emploi créé devait être détruit avant par exemple 24 mois. Et ce quel que soit le type de contrat : CDI, CPE, CNE...


            • Mathieu Morel (---.---.44.33) 24 mars 2006 08:55

              Hikaru, je ne m’offusque pas de la décision d’accorder ou non des subventions aux entreprises selon tel ou tel critère (même personnel, c’est humain et pas forcément illégitime) mais d’une méthode, d’un clientélisme qui illustre un certain mépris pour la chose politique, le débat et la décision démocratique.

              Mépris qu’on s’étonne ensuite de retrouver chez les français.

              Par contre, qu’un dirigeant ne veuille pas cautionner une pratique qu’il juge néfaste, ça peut se comprendre et c’est en ce sens que j’ai apprécié votre argumentation.

              Vianney, l’idée d’une sanction en cas d’abus me semble intéressante mais je me méfie de tout ce qui ressemble à une systématisation (surtout par la loi) des subventions aux uns et aux autres. Si on veut aider les entreprises, il faudrait peut-être qu’on arrête de leur pomper de l’argent avant de penser à leur en distribuer. Ca ne change pas grand chose, juste l’état d’esprit.


              • Hikaru (---.---.194.249) 24 mars 2006 17:39

                En fait si je comprends bien vous vous offusquez parce que le spectacle de la politique ressemble plus à un cirque où des clowns échangent des insultes qu’à un débat calme entre adultes. Dans ce cas je vous rejoins.

                J’ajouterai simplement que ces défauts de démagogie, mépris du débat, de la démocratie et de la politique dont font preuve les profiteurs de l’opposition au CPE se retrouvent aussi assez nettement chez les promoteurs dudit CPE.

                Cordialement.


              • perlin (---.---.172.186) 25 mars 2006 08:47

                Article intéressant Mathieu.

                Ne vous inquiétez pas outre mesure. Ségolène Royal est comme tous les éléphants de gauche actuellement : en panne d’idées. Elle est incapable d’avancer un bout de programme, sans qu’il soit une mauvaise copie d’un programme de droite.

                Son idée de restrictions des subventions est tout bonnement inapplicable, elle restera pour ce qu’elle est : une annonce.

                Imaginez un peu quelle position adoptera-t-elle dans le cas d’une entreprise qui recourt simultanément à un CPE pour un poste et à un CDI pour un autre ? Va-t-elle favoriser les entreprises qui recourent aux CDD, intérimaires et autres emplois précaires dès lors qu’elles n’utilisent ni CPE ni CNE ? Va-t-elle au contraire réserver ses subsides aux entreprises qui ne font que des CDI (ce qui à mon avis n’existe pas) ? Et comment va-t-elle réagir quand après avoir fait moulte CDI et reçu un gros paquet de subventions, telle entreprise se verra contrainte à un plan social quelques années plus tard ?

                Je vous parie qu’elle continuera à faire comme avant, comme font toutes les régions, quelle que soit leur couleur : on étudie sérieusement les dossiers sur des paramètres objectifs (la compatabilité et la valeur du projet de développement), des fonctionnaires dont c’est le métier proposent un avis et l’assemblée suit le bon sens. Vous rajoutez 10% de cas magouilleux traditionnels et vous avez le fonctionnement invariable, immuable, de ces institutions.

                N’oublions pas que CPE, CNE, CDI, CDD et tutti quanti, pour une région, c’est d’abord de la taxe professionnelle et ça, c’est la rente de situation de beaucoup d’élus...

                Vous voyez que les garde-fous existent, c’est peut-être même cela qu’il faudrait faire sauter, mais ne comptez pas sur un élu pour le faire, même s’il le dit !


                • par RATA BLANCA ’s Little Wing (---.---.43.89) 25 mars 2006 09:03

                  Cresson/Royal.Ne touchez pas a mon billet. Re :"par perlin (IP:xxx.x02.172.186) le 25 mars 2006 Article intéressant Mathieu.

                  Ne vous inquiétez pas outre mesure. Ségolène Royal est comme tous les éléphants de gauche actuellement : en panne d’idées. Elle est incapable d’avancer un bout de programme, sans qu’il soit une mauvaise copie d’un programme de droite"(Zioniste perlin).


                  • mada (---.---.99.107) 25 mars 2006 11:22

                    Sego en rajoute une couche en traitant le gouvernement de « provocateur », la gauche jette vraiment de l’huile sur le feu ! alors qu’il faudrait plutot un gouvernement d’union nationale comme en Allemagne !

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