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Accueil du site > Actualités > Politique > Créons un groupe de travail

Créons un groupe de travail

A ma grande honte, la création de la RGPP m’avait totalement échappé en 2007. Des déclarations gouvernementales récentes, à l’issue de la tenue du deuxième Conseil, comme quoi la réduction des dépenses publiques s’appuierait sur les travaux du CMPP, ont ressuscité mon attention défaillante. De grands mots comme « rigueur » ont fusé. Pour comprendre de quoi il s’agissait, je me suis tapé les 180 pages du premier rapport d’avancement. Le lecteur trouvera ici quelques notes et impressions de lecture disparates.

Résumons d’abord le projet. La « révision générale des politiques publiques » est une démarche interministérielle de rationalisation de l’Etat. Elle est décrite sur un site particulier, dont toutes les informations présentées ici sont extraites. Elle est pilotée par un Conseil de la modernisation des politiques publiques, présidé par le président de la République, et suivie par un Comité de suivi constitué d’une brochette de hauts fonctionnaires et singulièrement d’un représentant de la « société civile », M. Pébereau.

Le premier Conseil a eu lieu le 12 décembre 2007 et a pris une première série de décisions. Le deuxième Conseil a eu lieu le 4 avril 2008, et a pris une deuxième série de décisions, et également évalué l’avancement de la première série. Le troisième aura lieu en mai 2008.

C’est l’annonce de certains éléments de la deuxième série, comme la fin des cartes de famille nombreuse SNCF, qui a provoqué quelques remous. Il me semble toutefois prudent de se méfier des effets d’annonce, au vu de la polémique qui a suivi cette décision. Cet article est donc consacré uniquement à la première série de décisions.

Pour que le lecteur qui n’a pas lu ce rapport puisse s’en faire une idée sommaire, je vais citer ici les décisions considérées par le rapport comme les principales par ministère, avec pour chacune un énoncé lapidaire, puis éventuellement en italique des extraits cocasses concernant l’état d’avancement.

Equipement

Restructuration du ministère

Fusion des directions régionales et des directions départementales

Agriculture

Restructuration du ministère

Fusion de l’AUP et du CNASEA, des établissements d’intervention agricole, des directions départementales, des organismes de suivi

Création de directions régionales

Immigration

Une seule instruction des demandes de naturalisation et de visas : un groupe de travail a été installé le 8 janvier, il s’est réuni à nouveau le 11 février. Une série de contacts a été établie avec la Commission européenne, et une réunion s’est tenue le 13 mars à Bruxelles

Intérieur

Informatisation de la délivrance de titres

Diminution du contrôle des collectivités territoriales

Justice

Restructuration du ministère

Regroupement des services territoriaux

Obligation du recours-précontentieux : une mission a été confiée à un groupe de travail

Allègement des procédures pénales : pas débuté

Etudes d’impact des lois : une première réflexion a été menée

Suppression du traitement du divorce par consentement et de contentieux routiers : la ministre de la Justice a installé le 18 janvier 2008 une commission

Premier ministre

Suppression de trois "Hauts Conseils" : le Haut Conseil du secteur public ne s’est pas réuni depuis 2002

Informatisation de renseignements et de publications

Culture

Restructuration du ministère

Regroupement des services d’inspection

Fusion de RFI, France 24 et TV5

Restructuration du CNC

Réorganisation de la gestion des musées, fusion de deux, transfert d’autres aux collectivités locales : au terme de plus d’une vingtaine de réunions, ayant associé tous les acteurs, la DMF, avec l’assistance méthodologique de Cap Gemini, a transmis à la ministre ses premières conclusions le 3 mars dans un cas, et dans un autre : les études de faisabilité sont toujours en cours

Défense

Vente d’immeubles

Fusion DSPRS/Onac : une équipe de projet, un comité de pilotage et une commission de suivi ont été créés

Economie

Fusion AII/OSEO

Budget

Informatisation des contrôles de fraude : Éric Woerth a entamé une série de déplacements sur le terrain en France afin de mobiliser les différents acteurs

Santé

Conditionnement de relèvements de tarifs conventionnés à la tenue d’objectifs globaux

Plusieurs points frappent à la lecture. Ils sont énumérés ci-dessous en vrac.

Les décisions ressortent pour la plupart du travail normal d’un cabinet ministériel. Les remonter à un Conseil interministériel public est sans doute à la fois leur faire trop d’honneur et ne pas leur faciliter la vie. Cela oblige à se demander si le Premier ministre délègue suffisamment ses responsabilités. Si tant est qu’il en ait, car on peut noter que Matignon est mentionné comme un ministère parmi d’autres. Tant qu’à faire, pourquoi pas l’Elysée  ? Qui décide de quoi dans ce gouvernement ?

La langue de bois est un peu plus pompière que d’habitude. Il y a plein de bonnes intentions, une ambition mesurée, mais une déclinaison entre Courteline et Grand Cabinet de Conseil, ce qui est proche, mais avec un style moins percutant dans le deuxième cas. Le lecteur aura remarqué qu’un Grand Cabinet est explicitement cité dans le rapport, et le rédacteur ne peut s’empêcher de se demander combien la RGPP coûtera, et si l’on n’avait pas pu arriver plus directement à un résultat pareil, en s’appuyant sur des compétences existant et une organisation plus traditionnelle.

Ce texte n’a pas le niveau de maturité ni de synthèse pour une communication publique. C’est un texte de cuisine administrative interne. Si certaines de ces actions débouchent, voire produisent des résultats, il sera bien temps de s’en vanter, mais ce n’est visiblement pas mûr. Il est imprudent de dire au grand public que l’on s’agite en commissions et groupes de travail. Le souci de communication semble l’avoir emporté sur le souci de gestion.

Cette démarche semble beaucoup consister en un rebrassage des structures ministérielles. Il est logique que, par exemple, l’Equipement nouveau, le MEEDDAT, qui est la fusion de plusieurs ministères existant, ait besoin de se réorganiser en conséquence. Mais n’aurait-il pas mieux valu se poser la question avant de les fusionner, et le changement permanent des périmètres est-il bien rentable ? Pourquoi avoir alors, par exemple, séparé Finances et Budget et créé un ministère de l’Immigration ?

Sur le fond, la démarche suivie semble, malgré son jargon consultocratique, saine et de bon sens sur le principe. Mais il semble dangereux de vouloir rapprocher prématurément ce genre d’actions de la réduction de la dépense publique de fonctionnement. En effet, une restructuration d’administration ne diminue pas le nombre de postes. Au mieux, elle peut permettre de créer une structure favorable à une diminution future. Mais cette dernière ne proviendra que d’un décalage lent retraites/embauches. Et ceci ne crée une diminution de dépenses de fonctionnement que si les postes ne sont pas remplacés par une sous-traitance au même prix. Or, le rapport est sur ce point honnête : il précise bien que la moitié des postes dépendent de l’Education, mais ce ministère n’y figure pas, et les premières décisions le concernant ne sont pas censées y apparaître avant le Conseil de mai 2008. Les objectifs le concernant sont d’améliorer les résultats de l’enseignement. Il est difficile de faire un lien direct avec une baisse d’effectifs.

Quant au deuxième employeur, la Défense, on voit bien apparaître dans la deuxième série de décisions une notion de « mutualisation » de fonctions, et « d’externalisations » dont il reste à démontrer qu’elles coûteront ainsi moins cher (rappelons-nous le Walter Reed), mais la principale piste d’économies semble être la réduction du nombre de sites. Ca a été le cas aussi pour la Justice, avant la RGPP. Cela demanderait une reformulation de la doctrine de Défense que ce genre de démarche gestionnaire ne semble pas envisager.

Les choix significatifs en matière budgétaire, et donc politiquement difficiles, semblent pour la plupart reportés. Mais ressortent-ils vraiment de l’exécutif ?

Le rédacteur ne peut s’empêcher de rebondir sur le point d’apparence ridicule qu’est, dans le domaine de la Justice, « l’étude d’impact des lois ». Il s’agit d’obliger l’Assemblée à se poser la question, avant de voter une nouvelle loi pénale, de savoir quelle surcharge elle risque d’induire pour les tribunaux. De la part d’un parti gouvernemental qui a fait voter tous les six mois depuis 2002 une nouvelle loi pénale inutile après chaque fait divers, c’est de l’humour noir. Je serais très curieux de connaître aussi l’estimation du coût de traitement induit par la loi DADVSI.

Mais, tant qu’à faire, la question du coût des nouvelles lois devrait se poser et être traitée pour chacune. La quasi-totalité des lois sont d’initiative gouvernementale, mais ne sont accompagnées d’aucun devis sérieux, et l’on demande ensuite aux députés de voter un budget sans faire le bilan économique de l’action législative passée. Si la RGPP implique une révision des missions de l’Etat, sera-telle soumise à l’Assemblée  ? Comment se fait-il que la LOLF ne soit presque jamais citée dans une démarche de « modernisation des politiques publiques » ? (Elle n’est citée que quatre fois sur l’ensemble du site dans des textes de détail.) Est-elle officiellement enterrée ? Combien a-t-elle coûté  ? Ce détail du rapport illustre encore une fois l’état de subordination du législatif à l’exécutif.

Enfin, de manière plus anecdotique, le choix de M. Pébereau comme seul représentant de la « société civile » à haut niveau du projet me semble sujet à caution. Il est vrai qu’il a été le maître d’œuvre d’un rapport sur les finances publiques, mais qui n’a consisté finalement qu’en un plaidoyer pour la privatisation des assurances « santé » et « retraite ». Et ses fonctions de président du Conseil de surveillance de BNP, membre du Conseil d’AXA, administrateur de Pargesa (principal actionnaire de Suez), de Total, sans parler de Lafarge, Saint-Gobain et EADS, ne plaident pas entièrement pour un jugement serein. A moins qu’il ne s’agisse d’importer dans l’administration toute la compétence des banques pour la gestion saine et prudente ?

Bon, mais ce n’est pas tout, j’ai bientôt une réunion du Comité de pilotage de suivi de la simplification des Commissions de simplification des structures administratives, et il faut que je ponde encore une centaine de slides.


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13 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 14 avril 2008 10:30

    Merci pour cet article

    Derrrière ces mesures et projets,cette volonté de "rationaliser l’Etat", ici très brouillonne, je pense qu’il y a une logique, qu’on retrouve partout en Europe :

     

     

    Quand la logique des entreprises privées dénature les missions et le fonctionnement des services publics...
    De l’efficacité, bien sûr, du résultat quantifiable à tout prix et à court terme, non...

    Fonction publique : le désastre annoncé de la « culture du résultat » :
    "...Une révolution, à la fois peu médiatisée et porteuse de graves périls, est en train de se produire : la profonde démoralisation de la fonction publique française. Elle touche la plupart de ces piliers de l’Etat que sont les fonctionnaires des finances, des préfectures, des hôpitaux, les policiers et les gendarmes, sans parler des enseignants, des juges, etc..Un des volets importants est l’introduction de la supposée « culture du résultat » généralisée par la « LOLF ». De quoi s’agit-il ? Ce terme barbare désigne la « loi organique sur les lois des finances » votée sous le gouvernement Jospin et qui est depuis bientôt huit ans la bible de la réforme de l’Etat (un député socialiste, Didier Migaud, a même fondé un « club des amis de la LOLF »). Outre une réforme profonde de la comptabilité publique – dans le sens de la complication, bien sûr - elle institue un « pilotage par objectifs » des services fondé sur des résultats chiffrés ayant l’ambition de « mesurer la performance »... Cette réforme qui fait illusion aux yeux de l’opinion repose en effet sur plusieurs erreurs.
    D’abord la plupart de ces indices de résultats peuvent être manipulés et, n’en doutons pas, le sont déjà. Les gendarmes savent depuis belle lurette comment se placer au bord des routes pour faire le plus de PV possible tout en laissant à découvert des endroits plus dangereux mais où il est difficile de « coincer » les automobilistes...
    On ne saurait comparer l’activité de l’Etat dont les finalités sont multiples et dont l’efficacité ne peut se juger que par des critères complexes pas toujours quantifiables et celle d’une entreprise dont un indicateur unique, le profit , dit si elle marche bien ou mal.
    Au demeurant, il est erroné d’assimiler l’Etat à une série de programmes ou à des « actions » : il est d’abord le garant de la stabilité, de l’ordre et de la justice : à quel « programme » se rattachait saint Louis rendant la justice sous un chêne, prototype il est vrai bien lointain, de la puissance régalienne ...et de la justice de proximité ?
    Réduite à quelques indicateurs, l’activité d’un organisme sera infléchie en fonction de ceux-ci : par exemple un commissariat de police laissera tomber les multiples petits services qui assurent ses bonnes relations avec la population parce qu’ils ne sont pas pris en compte dans les statistiques...Une partie de ces primes est indexée sur les résultats, mais généralement à l’échelle du service dans son ensemble et non pas des individus, ce qui accroît un peu partout les tensions.
    Surtout le pouvoir discrétionnaire de la hiérarchie, jusque là limité par les règles d’ancienneté ou le contrôle des commissions paritaires, est élargi. Les fonctionnaires ont le sentiment d’être livrés pieds et poings liés à l’arbitraire de leurs chefs, petits ou moyens, cela à une époque où bien peu de gens apprennent encore dans leur famille ou à l’école ce principe éthique élémentaire que l’exercice d’un pouvoir quel qu’il soit est subordonné à un souci de justice, cette ascèse dont on sait combien elle est difficile, selon laquelle il faut savoir faire abstraction de ses sentiments personnels. ..Le découragement se trouve aggravé par une réformite tout azimut, fondée sur l’idée qu’une structure dynamique se doit de bouger pour bouger, sans considération de la nécessité réelle des réformes. Après la « rationalisation des choix budgétaires », la déconcentration, l’évaluation, le dernier gadget à la mode est la « révision générale des politiques publiques » : des cabinets d’audit privés, très peu au fait de la culture et des spécificités du secteur public mais payés très chers, déstabilisent les uns après les autres les services en remettant systématiquement en cause leur utilité (alors qu’un décorticage empirique des procédures eut suffi à faire des économies)... Erreur totale de conception, ignorance profonde de la spécificité de l’organisation de l’Etat, de la culture propre à la fonction publique française, inefficacité par rapport au principal objectif qu’une politique authentiquement libérale doit d’abord s’assigner, la diminution de la charge fiscale : tels sont les ressorts de la dérive inquiétante à laquelle nous assistons. Tous les penseurs libéraux ont dit que l’économie de marché exige un Etat sobre mais solide garantissant au moindre coût les règles du jeu. C’est en sens inverse que l’on va : un Etat mou et démotivé, toujours obèse et de moins en moins efficace. Voilà à quoi mène le pseudo-libéralisme brouillon de nos élites politico-admistratives. " (Roland Hureaux)

    La modernisation de la gestion de la fonction publique

    Le Gouvernement accélère son offensive contre la Fonction publique

    L’AGCS - Vers la privatisation totale des services publics


    • Roland Verhille Roland Verhille 14 avril 2008 10:50

      Oui, on ne sait s’il faut rire, ou comme je le pense pleurer de tout cela.

      Que les administrations publiques opèrent une analyse de leurs structures et de leurs modes d’action n’est pas mauvais en soi. Mais effectivement, comme vous le remarquez, cela relève du travail courant de tout organisme. C’est essentiellement le travail des « chefs ». Que je sache, il n’en manque pas dans les administrations publiques. Il semble qu’ils ne font pas leur travail, puisqu’une structure exceptionnelle « hors structures » est constituée pour faire ce qui n’a pas été fait depuis des dizaines d’années.

      Vous avez omis de relever que, parallèlement à cet exercice, il y a eu celui de l’ineffable Attali et de « sa » commission, et celui en cours d’organisation de l’Assemblée nationale. Il faut aussi ajouter les trois discours du Président de la république, ceux devant chacune des deux réunions de ce conseil (12/12/2007 et 4/04/2008) et celui fait à Cahors le 8/04/2008. Il faut encore relever tous ces discours ( ?) d’une nuée de gens sur le thème de « la Réforme », les échos des journalistes là-dessus, et les agitations des « corps intermédiaires ». Le tout laisse l’impression d’une armée de diables se débattant dans un bénitier.

      Et quel bénitier ? Celui des autres pays européens, ceux qui ont organisé leur solidarité au moyen de la monnaie unique et dont fait partie la France. Ces pays ont agi depuis 1990 pour rationaliser leur état. La France ne l’a pas fait, et sabote ainsi la compétitivité de l’Europe et ses performances économiques. Ils ont progressivement serré la corde autour du cou de l’état français manquant systématiquement aux obligations qu’il a souscrites vis-à-vis d’eux, et ne cessant de les bercer de promesses de retour à la discipline commune. Nicolas Sarkozy est maintenant attendu au tournant de sa présidence, il s’agite pour ne pas être étranglé par les pays « présidés ».

      Mais à nouveau, tout cela ne semble être que de l’esbroufe. Voyez les discours du Président ayant voulu « cadrer » l’objectif à atteindre : nous rendre le point de croissance chassé par les politiques antérieurs, en traitant le fautif, les 150 milliards d’euros excessifs de dépenses publiques (environ 15%). Avez-vous entendu des discours des autres et des articles de presse sur ce qui aurait dû faire beaucoup de bruit ? Avez-vous vu trace de cet objectif dans ces pages et pages de « cuisine administrative » assaisonnée à la «  langue de bois  ». On en est à grappiller 5 milliards, 10 peut-être, à comparer à un déficit annuel du budget d’au moins 50 milliards, sans mettre en face les dépenses nouvelles. Quel spectacle de l’inefficacité des services publics !

      Pourquoi pareille impuissance ? Vous avez entendu dans les années 50 le ramdam sur la « direction participative par objectifs » de la Cegos, celui sur la «  RCB, Rationalisation des Choix Budgétaires », sa nouvelle mouture sous l’appellation de « LOLF » rebaptisé maintenant « RGPP, Révision Générale des Politiques Publiques  ». Tout cela consiste à appliquer des règles bureaucratiques de gestion à des organismes dépourvus de celle qui s’impose naturellement, avec ses sanctions naturelles implacables, aux entreprises privées. Il s’agit de l’impératif de ne pas dépenser plus que ce que les acquéreurs des produits marchands versent au producteur, à peine de mort. Pour les services publics, une marée de millions d’agents ne cesse de déployer son énergie pour obtenir de l’état le budget le plus plantureux.

      C’est tout simplement non maîtrisable, prétendre le contraire n’est que vue de l’esprit.

       


      • Ceri Ceri 14 avril 2008 10:51

        on attend avec impatience le 3è volet de cette super réforme

         

        et c’est particulièrement inquiétant de voir une multiplication de mesurettes qui auront un effet mineur et à court terme, parce qu’à long terme ces mesures vont se révéler contre productives.

        Et c’est aussi très inquiétant de constater que personne n’arrive plus à suivre l’ensemble des réformes de Sarko dans tous les domaines. On est en inflation réglementaire, on ne s’y retrouve plus, on n’arrive pas à voir la cohérence de tout ça (mais je suppose qu’il n’y en a pas ; ce serait la 1ere fois avec sarkoléon...)

         


        • Le péripate Le péripate 14 avril 2008 10:59

          On perdra son temps à se pencher sur le contenu brouillon de ce machin...

          Mais, on peut se questionner sur le rôle de l’exécutif : est-ce à l’exécutif d’être à l’origine de la majorité des propositions de lois ? Si oui, à quoi sert le législatif ? Qu’est devenu la séparation des pouvoirs ? Quelle est la connaissance réelle des problèmes d’un pouvoir centralisé et lointain ?

          Nous avons, entres autres, un problème institutionnel. N’importe qui pourrai gouverner la France aussi bien (ou aussi mal), à condition d’avoir de bonne lois.

          C’est une suggestion, mais nous pourrions avoir trois chambres : une chambre exécutive, composée de citoyens tirées au sort, comme les jurés ; une chambre législative élue ; une chambre constitutionnelle composée pour partie de politiques ayant fait leurs preuves dans la chambre législative et de juges, qui chapeauterait le tout.

          Ca a l’air hors-sujet, mais de mauvaises institutions ne peuvent que produire de la mauvaise politique.

           


          • Ceri Ceri 14 avril 2008 11:27

            c’est vrai qu’en plus, la manière dont il décide de tout est complètement anti constitutionnelle (c’est pour ça qu’il veut réviser la constitution d’ailleurs)


          • JoëlP JoëlP 14 avril 2008 11:20

            Bravo pour cette lecture des 180 pages et merci pour la synthèse. J’avais moi aussi zappé la création de la RGPP en 2007. Je suis donc content d’apprendre que la réduction des dépenses publiques va enfin s’appuyer sur les travaux du CMPP.

            "j’ai bientôt une réunion du Comité de pilotage de suivi de la simplification des Commissions de simplification des structures administratives".

            Le CPSS-CSSA, ne serait-ce pas plutôt le comité de pilotage de la simplification du suivi des Commissions de suivi des simplification des structures administratives ? Cela paraîtrait en tous cas bien plus logique.

             cas


            • JL JL 14 avril 2008 11:53

               

              Excellent article.

              ""On peut se questionner sur le rôle de l’exécutif : est-ce à l’exécutif d’être à l’origine de la majorité des propositions de lois ? Si oui, à quoi sert le législatif ? Qu’est devenu la séparation des pouvoirs ?"" (Le Péripate).

              Sarkozy est un chef de bande qui confond gouverner le pays avec gouverner la population. Pour avoir une bonne idée de ce qu’est le sarkozysme il faut séparer la forme et le fond : la forme est bien illustrée par ces anecdotes du genre "casse toi pauvre con", et mieux encore dans le roboratif article d’Argo publié ce jour, mais le fond est bien décrit par Alain Badiou dans son dernier ouvrage : "DE QUOI SARKOZY EST-IL LE NOM ?" Il est évident que pour casser les institutions, il n’a que faire desdites institutions. Quand on veut noyer son chien on ne lui demande pas son avis


              • Le péripate Le péripate 14 avril 2008 12:18

                Je suis d’accord. Mais il restera une institution : l’élection présidentielle. C’est à dire la dictature de la majorité, un système totalitaire. Et n’importe qui qui sera dans le futur élu à ce poste se coulera de suite dans ce moule. Et je persiste à penser que ce n’est pas bon.


              • tvargentine.com lerma 14 avril 2008 11:58

                Une très bonne loi votée par tous les députés

                 


                • Rage Rage 14 avril 2008 17:08

                  Bonjour Forest,

                  J’allais justement pondre un article sur la RGPP.

                  Ton survol en diagonale permet rapidement de prendre le ton : beaucoup de bonnes pensées, beaucoup de comité pour évaluer d’autres comités qui évalueront des propositions qui...etc... et surtout, en diagonale, une énorme marque d’un profond malaise.

                  Il semble que le ministre est lui-même réduit à la simple capacité à pondre des notes. Il fait bosser un cabinet et des commissions, il rédige l’intro du rapport et signe en bas.

                  Et puis quoi ?

                  Et bien rien de concret ou de nouveau. On mutualise - pourquoi pas-, on supprime - à voir-, on élague. Mais change t’on le fond ? Change t’on la donne avec ces économies de bout de chandelle ?

                  7 milliards d’euros sur 3 ans. Bien, cela fait environ 2,5G€/an soit 5% du déficit annuel à 50G€ et un pouième des 1250G€ de dette.

                  Autrement dit, on va supprimer à grand frais de l’administration de proximité, jouer sur la vague démographique et faire croire qu’on change la donne.

                  C’est faux : structurellement, rien ne change.

                  Toujours autant de "déperdition en ligne", d’aides aux entreprises, d’exonérations à géométrie variable, d’échelons de -non- décision, de faiblesse économique, notamment des "moyennes entreprises".

                  Ca me fait penser aux "rabots" des médicaments : c’est bien, comme ça les patients tombent vraiment malades ou bien perdent en pouvoir d’achat. Qui pour décrier les abus des pharmaceutiques ?

                  Et bien c’est la même chose pour la RGPP : les fonctionnaires sont tous des branlots mais qui leur donnent leurs "ordres" ? S’il n’y avait pas les flics/pompiers/infirmiers, tradition française de plus, qui ferait tout le sale boulot des ordures sur-payées des hautes sphères privées et publiques ?

                  Surement pas M.Pebereau, pourtant payé à lui seul autant que 1000 salariés.


                  • Roland Verhille Roland Verhille 15 avril 2008 09:23

                    Bodidharma est perplexe face à la situation du pays lucidement vue, et aux résultats à attendre de l’échenillage des dépenses publiques en cours. Il n’est pas le seul.

                    C’est qu’il réduit les options à cette seule opération de passage en revue de l’existant, nécessaire mais très loin d’être suffisante, sans modification fondamentale de cet existant.

                    Un organisme tel que l’état se mettant à vouloir presque tout faire lui-même au motif que les dizaines de millions de Français le feraient mal ne peut le faire sans ôter des porte monnaie des Français presque tout ce qu’ils y ont fait entrer par leur travail, pour décider lui-même comment le dépenser.  Deux conséquences : Ceux qui travaillent sentent que cela n’en vaut plus la peine ; et une gestion bien moins efficace du produit du travail des gens. Il y a une impossibilité matérielle de bonne gestion par un organisme composé de millions d’agents. La mauvaise gestion se constate de même dans les entreprises privées démesurées.

                    Alors, tant qu’on ne remettra pas les Français eux-mêmes en selle pour faire peser sur eux le bon emploi de l’essentiel du produit de leur travail, il n’y aura pas de changement, les Français pas sots poursuivront leur « grève sur le tas », et l’état ne parviendra jamais à boucler ses fins de mois.

                     


                    • Forest Ent Forest Ent 15 avril 2008 09:48

                      Je pourrais être tout aussi bien satisfait ou inquiet de ce que cet article n’ait pas provoqué de différence d’appréciation droite/gauche.

                      Il me semble que, quel que soit le niveau que l’on souhaite accorder à la dépense publique, nous pouvons tous nous entendre sur le fait que l’état doit être efficace, bien organisé, et ne pas contenir trop d’entités inutiles ou redondantes (comme dirait Occam). Il me semble qu’il peut y avoir également accord sur le fait que ceci peut difficilement être obtenu en centralisant toutes les décisions à l’Elysée, en privant d’initiative aussi bien l’Assemblée que les Ministères, en créant de nouvelles "structures de simplification" et en faisant massivement appel à des consultants.

                      Là où cela devient à mon avis un peu plus polémique, c’est de savoir qui est le mieux capable de traiter le sujet. Il me semble que l’expérience depuis 15 ans montre que l’UMP/RPR reste la championne des discours creux sur la rigueur et de l’augmentation de la dépense publique. Mais sans doute pas avec 3 longueurs d’avance sur ses concurrents.


                      • chmoll chmoll 15 avril 2008 09:53

                        ben ouié tiens , sarko vas soritr en mobylette,la dati vas s’habiller aux 3 suisses,et moi j’m’appelle coldorack

                         

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