Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Crise ou accident du système capitaliste ?

Crise ou accident du système capitaliste ?

L’idée d’une régulation de l’économie par le marché comporte des contradictions qui font douter de sa réalité. La conception politique et économique mise en œuvre par Sarkozy sous les directives d’A. Minc repose sur l’analyse des comportements d’agents économiques privés qui cherchent à maximiser leurs profits au moyen de leurs transactions marchandes. Cette politique économique est incapable de prendre en compte l’activité des entreprises comme lieux de mise en valeur du capital, elle méconnait le rôle du travail et celui de l’argent. Elle ne peut comprendre la crise comme aspect endogène de l’accumulation. Le rôle économique réel des marchés comme lieux de circulation du capital, est confondu avec leur caractère régulateur de l’activité économique.

Il en résulte une méconnaissance du caractère de l’intervention économique de l’Etat, considérée comme une atteinte à l’autorégulation des marchés et donc de l’économie. Les orientations idéologiques sont claires « moins d’Etat, moins de services publics, plus de marchés », mais elles ne s’appuient pas sur une analyse du passé et du présent. On le constate en examinant la politique industrielle, et la politique économique et financière, qui sont discutées dans le contexte des mesures de déréglementation et de dénationalisation.

Depuis la fin des années 1970, aux Etats–Unis et en Grande Bretagne, une des formes les plus spectaculaires de l’intervention étatique consiste à effacer certaines traces de son propre passé. Déréglementation des transports, démantèlements des entreprises publiques, vente d’une partie du capital des sociétés nationales à des actionnaires privés, allègement ou suppression des mesures de contrôle des banques et des institutions financières. Cette politique est inséparable du démantèlement de la classe ouvrière organisée en syndicats indépendants, affaiblie par la délocalisation industrielle internationale, et la dépréciation relative du facteur travail. Une nouvelle économie mondiale accentue et précipite le dépérissement relatif des Etats nationaux

Les dépenses publiques ne sont plus jugées que sur des critères d’utilité et de rentabilité. Les seules dépenses qui soient délibérément accrues sont les dépenses militaires, justifiées par le besoin d’avoir un Etat fort pour une domination stratégique.

Les « fondamentalistes » libéraux admettent l’augmentation des dépenses militaires, mais aussi la réduction des dépenses sociales. Ce sont d’abord les ouvriers qui sont touchés, puis les autres catégories de salariés. Les récessions ou crises ne sont pas des problèmes, mais des solutions, elles font partie de la restauration des équilibres des marchés.

Cette conception fondamentaliste de la crise semble différer profondément de la loi de SAY, selon laquelle une crise générale est impossible.

Dans la théorie économique classique, l’offre et la demande sont censées s’ajuster de manière naturelle, si bien que ces crises apparaissaient comme des accidents plutôt que comme un élément du système.

Selon M. Friedman, il n’y a pas eu de crise inhérente au système économique, en 1929 et après. Un événement exogène s’est produit, une énorme erreur commise par un dirigeant de la Banque centrale américaine, qui fait partie de l’appareil d’Etat considéré comme extérieur à l’économie. Au lieu d’adapter l’offre de monnaie aux besoins des demandeurs, le dirigeant fautif en restreignit le volume, ce qui entraina l’effondrement des échanges, et enfin une crise générale.

Marx, pour sa part, considérait que l’offre et la demande ne s’ajustaient que de manière exceptionnelle.

Pour comprendre la dette des Etats, la crise du système capitaliste actuelle et l’instabilité des marchés, il est utile de lire la théorie de la marchandise chez Marx et son extension au capital réel, d’une part, et l’extension du capital réel au capital fictif en passant par le capital financier, d’autre part.

Ecrit par A.K pour Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/02/27/crise-ou-accident-du-systeme-capitaliste/


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • chapoutier 5 mars 2012 10:48

    bonjour robert gil.

     il faut prendre en compte le caractère mafieux de l’économie mondiale pour appréhender réellement ce qu’est la dette des nations.

    depuis 30 au moins, l’argent sale représente chaque année 20% du PIB mondial. cette extraordinaire accumulation d’argent sale à généré le blocage des salaires et la « lutte » contre l’inflation . c’est cet argent sale qui est rentré dans le circuit économique mondiale et qui est à l’origine de la plus grande bulle spéculative de l’histoire économique : le dette des états.


    • loco 5 mars 2012 17:29

       Bonsoir,
       La régulation du marché par l’équilibre entre offre et demande ? Osons un petit exemple : une société lève des fonds et construit, fort cher car elle a des intérêts dans les grosses firmes auxquelles elle confie la construction, des immeubles. Vient l’achèvement et la mise en location. Le loyer demandé est basé sur un prix du M2 tel qu’aucun locataire ne peut se l’offrir, ni présenter les garanties voulues ( contre-coup de la société « à deux vitesses »).
       Que se passe-t-il alors ? le manque de demande amène-t-il une baisse des prix de l’offre ? Baisse qui risquerait une contagion nuisible à la rentabilité des autres immeubles du parc de la société en cause. Que nenni, pas de baisse, l’immeuble reste vide. Comment alors créer une rentabilité pour les actionnaires ? Simplement en levant des fonds sous une autre raison sociale, pour racheter l’immeuble plus cher, afin de dégager une plus-value rémunératrice.
       Avec, en fait de « régulation » un immobilier en pyramide de Ponzi coquettement baptisé « bulle immobilière » et condamné à ce mode de prévarication à l’infini.


      • pi erre pi erre 5 mars 2012 18:31

        Système de levier utilisé sans la moindre mesure ;
        l’état renfloue les banques et leur permet de prendre encore plus de risque ;
        Aucun vrai contrôle et une dérégulation qui donne la possibilité de créer des
        produits aussi vampires que pourri que absurde, a vendre avant la chute ;
        cadeau fiscaux fait à ceux qui nous prêtent ;
        Et puis la bce et la fed n’investisse que dans les joueurs de casino,
        on crée une économie vampire qui n’a rien a voir avec le vrai marché de
        produit réel et on lui donne un max d’argent qui vient de nulle part, plus
        la possibilité d’en créer avec les réserves fractionnaire.
        Ils peuvent parier à la baisse en plus ! Vendre des actions avant de les
        avoir acheté, comme ça ils ruinent les entreprises avant de les racheter..
        Et elle ont aussi acheté nos gouvernement, comme ça le bien être des
        peuples n’a aucune valeur face au profit et à l’esclavage passif.
        C’est un autre moyen de ruiner les marché honnête et utile, et de les
        remplacer par des multinationale psychopathe..
        ... ...
        On a pas seulement abandonné la régulation, on a aussi offert des
        armes atomiques pour la détruire..
        99,9% prenez conscience ! Il me semble que c’est la seule chance qui
        reste et la seule pacifique !
        0,1% il est temps de faire un deal car vous allez tout perdre alors que
        nous sommes enclin a vous donnez trop d’avantage car il y a rien de
        plus amusant que de voir le bal des riches inbèciles !
        Mais la on rigole plus. 


        • herbe herbe 5 mars 2012 21:14

          Et notre seul « prix nobel » d’économie (les guillemets sont importants, mais c’est une sacrée distinction) Maurice Allais toujours aussi méconnu (malgré sa distinction, c’est un comble ! )ainsi que ses idées :


          • John_John John_John 6 mars 2012 01:43

            Quand la dépense publique représente 56% du PIB et que l’Etat régule la plupart des secteurs de l’économie via des interventionnismes permanents, il ne faut pas s’attendre à une auto-régulation des marchés ! 



Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Robert GIL

Robert GIL
Voir ses articles







Palmarès