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Accueil du site > Actualités > Politique > Critique du volontarisme politique

Critique du volontarisme politique

Après le modèle social français, c’est maintenant avec « une certaine manière de faire de la politique » que Nicolas Sarkozy a envie de rompre. L’entreprise peut paraître moins audacieuse et moins risquée que la précédente, elle est en tout cas symptomatique d’un discours ambiant qui fait du volontarisme politique la solution à tous nos maux.

Qu’on ne se méprenne point : je préfère les hommes et les femmes politiques volontaires plutôt que les résignés, mais je pense qu’il y a une sorte d’imposture intellectuelle à réduire les grands problèmes auxquels notre pays est confronté à des questions de méthode ou de "logiciel" politique. C’est un peu comme si un mathématicien, confronté à un problème qu’il ne parvient pas à résoudre, proposait comme unique solution de changer de calculatrice. Les problèmes sont en fait plus complexes, il n’existe pas, dans la plupart des cas, de solution qui satisfasse tout le monde. Prenons le cas du financement des retraites, quelle que soit la manière dont on envisage le problème, il faudra bien "fâcher" certaines catégories de la population, qu’il s’agisse des actifs si l’on choisit d’augmenter la durée ou le montant des cotisations, ou des retraités si la solution retenue est de diminuer les pensions. Dans ce problème fondamental comme dans tant d’autres, le volontarisme politique ne change rien, ce qui compte c’est la pédagogie, la manière d’engager les réformes et de trouver un "compromis social" entre les diverses composantes de la société.

En voulant "redonner à la politique ses lettres de noblesse", on fait plus que condamner simplement les années Mitterrand-Chirac, on tente de réintroduire la morale dans la décision politique. Plutôt que de pointer les complexités des problèmes à traiter et la rapidité des mutations du monde qui nous entoure, on met en cause le courage et la volonté des dirigeants actuels. Cette vision morale de la politique est très largement partagée par nos concitoyens, elle ne me paraît pas pour autant juste. Je pense en effet que l’immense majorité des responsables politiques ont une réelle envie de tout faire pour améliorer la situation de leur pays, ils y consacrent tout leur temps et leur énergie. Dans ce domaine, ce ne sont pas d’ailleurs ceux qui affichent le plus leur engagement qui sont le plus efficaces, et on confond trop souvent la qualité du travail accompli avec l’activisme médiatique, comme le dit un problème normand qu’il n’est nullement la peine de traduire : "Grand disou, petit faisou".

Sous l’ère des médias et de la politique spectacle, la seule chose qui compte est de convaincre qu’on fait plutôt que de faire. Il y a là un grand danger pour la démocratie, car les intérêts de court terme et la popularité deviennent l’alpha et l’oméga de la politique. Or, pour résoudre des problèmes complexes, il faut de la durée et de la continuité. La France est-elle condamnée depuis 1789 à ne vouloir avancer que par révolutions, plutôt que par réformes successives ? Est-ce en cassant systématiquement ce qu’a accompli le gouvernement précédent que l’on parvient à mettre notre pays sur le chemin de la prospérité ?

En fait, derrière cette exaltation du volontarisme politique, il y a un mal bien français, l’idée que la politique peut régler tous les problèmes. Les Français surestiment les marges de manoeuvre de ceux qui les gouvernent, ils s’imaginent que tout est politique. Là encore, l’histoire de France telle qu’elle est enseignée explique ce trait de caractère très singulier. Les Français attendent un homme (ou une femme) providentiel(le), comme le furent Napoléon ou de Gaulle, et qui mettrait fin aux petites combines du personnel politique. Car si les Français se piquent de politique, ils se méfient de ceux qui y consacrent leur vie ; en ce sens, ils ont une vision très bonapartiste du pouvoir.

Le risque est grand que le débat présidentiel, plutôt que d’éclairer les Français sur les grands enjeux politiques à venir, ne se réduise à un choix entre un homme qui entend régler les problèmes par sa volonté et son hyperactivité, et une madonne qui se fait fort de nous les faire oublier et de nous emmener dans un doux rêve, le temps d’une campagne électorale... Dans tous les cas, je prédis que les lendemains d’élection seront l’occasion d’une sévère gueule de bois pour le peuple français.


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55 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 12 janvier 2007 10:45

    il a pas fini de nous les casser ! smiley

    entre ruptitude et bravitude , quel choix cornélien ! smiley


    • le mave 12 janvier 2007 11:25

      On dit que la démocratie est le moins mauvais système politique , mais plus ça va plus je me demande si une bonne vieille monarchie ne serait pas préférable . Quand je me dis qu’on pourrait avoir à choisir entre « le petit homme » et « la mégère » je me demande si un monarque ne serait pas préférable ; Les candidats des grands partis sont ceux ou celles qui ont le mieux su manoeuver ,magouiler ,trahir renier promettre pour devenir « Le candidat » . Ils ne sont pas les meilleurs pour gouverner mais les meilleurs pour se placer . Avec un roi on aurait une chance de tomber de temps en temps sur un bon ,là on est sur d’avoir les plus mauvais.


    • annie (---.---.52.19) 13 janvier 2007 14:06

      MMMIIIIAOOOUUUUUUUUUU !!!


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 12 janvier 2007 10:55

      Après les années langue de bois, où les politiciens de disaient rien et ne faisait rien.

      On va avoir les années langue de Sarko (du nom du premier à aavoir lancé l’idée), où les politiciens diront tout et leurs contraire et où ils ne feront rien.

      Au final, je me demande si on y gagne quelque chose ???


      • (---.---.227.100) 12 janvier 2007 16:47

        Les vrais chiffres des véhicules incendiés la nuit du 31 jeudi 11 janvier 2007 06h18

        Exclusif. Dix jours après le réveillon de la Saint-Sylvestre, Europe 1 a enquêté pour dresser le bilan complet du nombre de véhicules incendiés cette nuit-là. Le 1er janvier, le ministère de l’Intérieur a arrêté son décompte à 6 heures du matin en établissant le bilan officiel à 396 véhicules incendiés (dont 83 par propagation). Or, ce chiffre est loin de la réalité. Après avoir contacté toutes les préfectures, Europe 1 révèle qu’au moins 683 véhicules ont été incendiés durant la nuit de la Saint-Sylvestre. Une enquête réalisée par Guillaume Biet.


      • Martine B (---.---.143.78) 12 janvier 2007 20:46

        il a vraiment pas l’air sympathique ce type,et en plus de son cynisme ,il a comme une mine qui ne donne pas confiance,devinez ce que les gens choisiront entre ange et démon........moi,j’ai ma petite idée..... ! smiley


      • Comité Cicéron 12 janvier 2007 22:39

        Un ange, Ségolène ? Hm ! En tout cas le vêtement blanc est habilement joué, et Jimmy Carter l’avait emporté après les années Nixon en jouant sur l’angélisme : mais il était vraiment angélique, et concernant Ségo c’est moins clair même s’il faut reconnaître la force de sa candeur.

        Un démon, Sarko ? Oui, c’est vrai, à coup sûr. Un « bad boy », qui pourrait jouer sur le registre de George Bush s’il s’était « racheté » comme on dit dans ce lointain pays américain.

        L’ange à la Carter a vraiment ses chances. Mais les Français ne sont pas des américains et préféreront peut-être le côté diaboliquement courageux de Sarkozy !


      • (---.---.225.122) 15 janvier 2007 17:10

        Dans la créche provençale Marie-Chantal ne serait pas l’ange Bouffarèu mais plutôt lou ravi

        (Lou Ravi personnage emblématique de la crèche, s’étonnera toujours de ce qu’il voit )


      • particulier (---.---.50.206) 12 janvier 2007 10:57

        « En fait, derrière cette exaltation du volontarisme politique il y a un mal bien Français, l’idée que la politique peut régler tous les problèmes...Les Français attendent un homme (ou une femme) providentiel(le) »

        Tout à fait d’accord avec ces remarques. Tout le monde est conscient que des réformes sont indispensables et qu’elles seront par nature impopulaires, mais tout le monde refuse aussi de voter pour quelqu’un qui risque de les mettre en place. La france attend l’homme politique providentiel qui viendra « imposer au peuple » ces réformes qui la sauveront de tous les maux. Attendre oui car, par nature, cet homme ne pourra arriver au pouvoir suite à une élection. Les grands hommes de notre histoire se sont imposés, ils n’ont jamais été élus. On s’achemine vers une nouvelle élection qui ne donnera malheureusement pas au vainqueur, quel qu’il soit d’ailleurs, la possibilité de mettre en place le programme qu’il défend.


        • seb (---.---.12.18) 12 janvier 2007 11:11

          Il dit tout et son contraire ce brave type :

          Il est pour le CPE ensuite il est contre. Il émet des critères stricts pour les « naturalisations » et il contourne ses critères pour ceux de Cachan. D’autres attendent et pourtant ils sont dans les critères strictement définis. Il dit non aux privations des groupes énergétiques (ministre de l’économie) maintenant il est pour.

          C’est une girouette qui ne vit que pour le pouvoir. Il se fout complètement du sort des français.

          le pire : RUPTURE totale, maintenant rupture tranquille... C’est un conservateur smiley


        • Comité Cicéron 12 janvier 2007 22:42

          Vous voilà bien pessimiste !

          S’il y a un pays où les réformes ont été faites, c’est les US et l’Angleterre : précisément les pays démocratiques avec un bipartisme.

          Alors pourquoi pas en France ? C’est vrai que ce serait la première fois, car nous avons l’habitude d’attendre le naufrage pour changer de cap.

          Mais pourquoi pas cette première fois ? C’est possible. Maintenant il faut que celui ou celle qui saura vraiment faire les réformes soit effectivement choisi... A nous de jouer !


        • annie (---.---.52.19) 13 janvier 2007 13:47

          Mais quelles réformes ? celles de l’ultra-libéralisme ? parce que s’il y a une chose qui met tout le monde d’accord,c’est bien les réformes ,oui mais le tout est de savoir lesquelles,du coté Sarko ça serait plutot « l’enculerie »des masses........avec toujours les mémes arguments ringards,en fait tout n’est que tromperies.....


        • Bca (---.---.150.204) 12 janvier 2007 11:07

          Segolette : d’ou vient-elle ?

          Je vous conseille fortement ce lien :

          http://odeurs.homedns.org/modules/Discography/mp3/segolene.mp3

           smiley smiley


          • Mister Gottt (---.---.53.204) 12 janvier 2007 21:08

            Merci beaucoup !


          • miaou (---.---.252.221) 12 janvier 2007 11:45

            Il ne faudra pas confondre non plus volontarisme et agitation.


            • (---.---.12.18) 12 janvier 2007 11:47

              Il a dissout le groupe TRIBU KA mais on ne l’a pas entendu sur l’agression raciste dont ont été victime deux « éboueurs » d’origine mauritanienne.

              Silence radio chez Sarko alors deux poids deux mesures ???

              Réaction de Kemi Seba :

              Kemi Seba, leader de la Tribu Ka, organisation de communautariste africaine dissoute par Nicolas Sarkozy, a fait savoir qu’il exigeait de Nicolas Sarkozy qu’il réagisse « et fasse dissoudre la Ligue de Défense Juive », impliquée selon lui dans cette agression. « Si le ministre de l’Intérieur ne fait rien, des gens, des pères de familles, des Noirs mais aussi des Blancs et des Beurs, iront eux-même demandé des comptes, non pas aux riverains de la rue des Rosiers qui se sont interposés, mais à la LDJ elle-même », a annoncé Kemi Seba


              • Citoyen ordinaire 12 janvier 2007 11:52

                A l’auteur,

                Le volontarisme politique habite surement nos candidats, mais reste aussi surement au stade de leurs rèves, car la réalité leur ôte sans doute toute illusion de pouvoir en l’état actuel appliquer les idées qu’ils défendent si bien en période pré électorale, tout en continuant à gouverner, ce qui est quand même leur objectif principal de carrière.

                En effet, ils doivent respecter quelques principes et mécanismes auxquels la grande majorité des électeurs est viscéralement attaché au point ou toute transgression qu’ils pourraient oser tenter les bouteraient ipso facto à l’écart du pouvoir.

                Or, paradoxalement, l’application de ces principes et mécanismes sont responsables pour l’essentiel du mal vivre que suscite notre stagnation économique et sociale.

                Ces principes et mécanismes qui engloutissent le budget de l’Etat et paralysent le système économique sont pour l’essentiel :

                1/ Le maintien d’un Etat providence qui doit absolument assumer, avec sa cohorte de fonctionnaires, toutes les fonctions sociales du pays et notamment :

                - l’assurance maladie : pas question de la privatiser même si les compagnies d’assurances spécialisées et équipées peuvent mieux faire

                - la retraite : dont le principe sacro saint de répartition doit être maintenu, même s’il conduit à un gigantesque déficit ; la capitalisation et les fonds de pensions sont bannis, car à conotation capitalistique.

                - Le chomage : qui doit rester bureaucratisé et sans rapport avec les besoins des entreprises en main d’oeuvre

                - Le travail : sous strict contrôle Etatique, dont la durée maximum doit rester règlementée et confinée à un minimum, et dont les pourvoyeurs doivent être lourdement taxés et sanctionnés lorsqu’ils licencient.

                - La fiscalité dont on accepte le poids à condition qu’elle sanctionne le capital, la richesse, le talent, de manière à niveler les couches sociales favorisées vers la moyenne de revenus nationale.

                - L’enseignement et la recherche qui ne se conçoivent que publics, sous tutelle...et sous payés

                2/ Par voie de conséquence, l’enfermement du Politique dans un carcan idéologique qui empèche toute réforme de fond et contraint à la manoeuvre démagogique.

                Certains raillent l’étrange convergence politique de nos deux partis majeurs qu’ils qualifient d’UMPS. Le terme est bien choisi car la convergence est flagrante dans les actes si elle ne l’est dans les promesses.

                Mais cette convergence ne fait que reflèter le bloc idéologique défendu par la très grande majorité de tous ceux qui vont aux urnes et de de tous ceux qui solidement organisés en groupes de pression veillent à ce que rien ne change.


                • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 12 janvier 2007 18:43

                  Cher Citoyen Ordinaire,

                  Votre propos met en évidence au moins deux phénomènes :

                  le premier est que notre système démocratique n’est plus adapté à la réalité des faits dans la mesure ou les deux principaux partis politique sont à 49%/51% des voix. Ceci conduit à une dictature de la majorité se jouant à quelques dizaines de milliers de voix. Au moins l’Allemagne à démontré qu’il était possible dans un cas similaire au notre de créer une coalition réunissant le centre-gauche et le centre-droit et le résultat porte ses fruits vue le redressement du pays.

                  Le deuxième phénomène démontre, à gauche comme à droite, que l’électorat français ne se satisfait plus du langage traditionnel des appareils des partis, dogmatique et autiste des éléphants de gauche comme de droite. Ceci à mis en avant des acteurs moins ancrés dans le dogme et apportant une nouvelle dialectique. Le premier à avoir compris cela fut Bernard Tapie.

                  La France souffre d’un mal que je nommerais le « syndrome de 1789 » et qui nous pousse à des réactions révolutionnaires du type Anti-CPE et nous a conduit à écarter le principe des retraites par capitalisation ce qui va mettre d’ici une dizaine d’année nos retraités dans une situation de misère sociale si rien n’est fait avant.

                  La question maintenant est la suivante : serons-nous capable d’appliquer les bons remèdes pour nous sortir de la situation ou nous ont mis nos gouvernements depuis 20 ans ? - Les sociaux-démocrates allemands y sont bien arrivés en appliquant des réformes qui ont redressé leur pays malgré la réunification.

                  Comme disait un politicien anglais au XVIIIème siècle :

                  « Ceux qui n’appliquerons pas des remèdes nouveaux, devront souffrir des maux nouveaux car le temps est le plus grand des innovateurs »

                  Mais après réflexion peut-on appeler démocratie un système qui laisse un parti représentant 15/17% des électeurs sans représentation parlementaire alors qu’un autre représentant à peine 5% est lui représenté et cela pour la seule raison que l’on est pas d’accord avec ses idées ?

                  PS. Je ne suis pas du FN, c’est un luxe que je ne peux me permettre.


                • Citoyen ordinaire 12 janvier 2007 19:43

                  Cher Bateleur du Tarot,

                  La très grande majorité des électeurs exige :

                  - 1/que globalement, les acquis sociaux ne soient pas remis en question, ni dans leur principe, ni dans leur mécanismes quand bien même il est amplement prouvé que ces derniers sont archaïques et déficitaires.

                  - 2/ que nos dirigeants surmontent ce handicap majeur, rendent la France prospère, réduisent le chomage, accentuent les bénéfices sociaux, diminuent les impôts.

                  - 3/ que le capital soit pris en otage et surtaxé

                  C’est le syndrome du père noël qui obligent nos politiques à repondre à l’incohérence par la fabulation. Logique.

                  Ceux, minoritaires, qui exigent de vraies réformes ne parviennent qu’à destabiliser le sytème à un point tel que les élus accèdent au pouvoir avec à peine 20% des votes et gouvernent sans légitimité démocratique. Exercice à haut risque.

                  Le Sydrome de 1789 n’émergera pas avant que les leçons de l’incohérence aient été suffisamment cuisantes pour que syndrome du père noël disparaisse du domaine de la raison et reprenne sa place au royaume des songes.

                  Le réveil alors sera dur...


                • Jaï (---.---.214.98) 12 janvier 2007 12:18

                  Sarkozy ne va rien rompre du tout, dans la mesure ou Chirac va se réprésenter pour permettre à Le Pen d’être au second tour face à Ségolène Royal.

                  Le but de la manoeuvre sera d’empêcher toute rupture et de garantir la continuité de la domination d’une certaine classe sociale sur la société civile qui garantie l’enrichissement des énarques de gauche comme de droite, ainsi que les classes bureaucratiques vivant de l’économie subventionée directement ponctionnée sur la création de richesses.

                  Peut importe qu’il y ais des chômeurs car la paix civile est largement achetée par de nombreux avantages sociaux, l’inéficassité de la police permet également aux plus malins d’obtenir des revenus complémentaires grâce aux commerce parallèle.


                  • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 12 janvier 2007 18:56

                    @Jaï

                    J’ai bien peur que tu aies raison mais cette fois-ci je ne suis pas certain que les voix de droite iront à Ségolène Royal. Chirac à déjà fait le même coup à Giscard en faisant passer Mitterand, c’est un vieux politicard qui ne pardonne rien à ses ennemis d’hier.

                    Pour Le Pen c’est le meilleur scénario possible !


                  • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 12:54

                    Les résultats de l’action politique ne sont jamais jugés en tant que tels, mais à travers les informations que les médias en présentent, et sur lesquels les hommes politiques ont fini par s’aligner. Par la force des choses, ils ont dû vendre leur âme à TF1, et ne sont plus que des figures du show-biz. Ils ont renoncé à une action réelle et se contentent de l’image qu’ils peuvent en donner.

                    D’où l’importance de la pluralité des médias, qui n’est pas acquise aujourd’hui. Si vous en doutez, je vous invite à consulter mon site libre et gratuit :

                    http://forestent.free.fr/

                    Il faudrait considérer que les médias constituent un pouvoir réel qu devrait obéir à des règles. Une opportunité a existé avec internet de rétablir cette pluralité. Le « système » a essayé de la « flinguer » avec la loi DADVSI, dont nous n’avons pas fini d’évaluer les conséquences désastreuses, et qu’il me semble que trop peu de gens ont devinées, faute d’information honnête.

                    Cette loi a été soutenue par l’UMP et beaucoup de gens du PS. Néanmoins, celui qui l’a fait passer in extremis est Sarkozy, qui a ainsi affermi pour quelques temps la tutelle sur le politique des médias, qui l’ont mis là où il est. Ce n’était pas inévitable, car la situation était très incertaine.

                    Pour ces raisons, il me semble qu’il est important pour la santé de notre pays que Sarkozy ne puisse être élu, mais ceci ne constitue pas pour autant un acte de foi dans le PS, qui a toutes ses preuves à faire sur ce thème.


                    • Anthony Meilland Anthony Meilland 12 janvier 2007 13:25

                      Salut Forest Ent.

                      J’aime bien ton site mais il y a quand même quelques raccourcis.

                      Par exemple, j’ai failli mourir en cliquant sur Marianne et en arrivant sur le groupe Carlyle !!! En faite, Marianne est détenu à 40% par Marianne finance (les fondateurs du journal JFK et MS), à 25.4% par Chaisemartin (qui est conseiller européen de Carlyle), à 24% par Thierry Verret et Guy Sitbon, et les 11% restant à deux petits actionnaires. Donc c’est un peu gros le lien entre Marianne et Carlyle. Putain, si JF Khan était mort, il se retournerait dans sa tombe !!!


                    • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 14:22

                      Merci de la remarque. Je vais modifier. N’hésite pas à me signaler tout autre point qu’il te semble devoir falloir corriger. C’est très aimable à toi.

                      Sur ce point en particulier, la participation de Chaisemartin ne me semble pas négligeable, pas plus que l’intérêt de Carlyle et des fonds en général pour les médias européens. Le rachat de ProSiebenSat1, PagesJaunes, ... par KKR et sa tentative sur Vivendi ont une signification.

                      Qu’est-ce qui devrait être le plus choquant à propos de JFK : que je linke Marianne sur Carlyle, ou bien qu’il soit associé à de Chaisemartin ? smiley


                    • Anthony Meilland Anthony Meilland 12 janvier 2007 14:33

                      Effectivement ce mec semble assez trouble. J’ai survolé l’article de Marianne à son sujet (celui que tu citait et qui est encore en ligne). Mais il est important de montrer que 40% du capital est entre les mains des fondateurs, qui garde donc une minorité de blocage et le controle du contenu éditorial du journal.

                      Autre question : je ne trouve pas le nouvel obs dans la liste des journaux ? Est-ce un oubli de ta part ?

                      Il appartient au groupe Perdriel


                    • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 21:29

                      Merci. Je vais ajouter ça. smiley


                    • parkway (---.---.18.161) 12 janvier 2007 13:40

                      eh bien talleyrand, je ne connaissais pas cet info,mais j’ai tout de suite « senti » le bonhomme.

                      les écrit ça parle !


                    • Vive la République Vive la République 12 janvier 2007 15:20

                      La dernière fois, vous m’aviez dit que je roulais pour Sarkozy, cet article devrait vous convaincre que tel n’est pas le cas. Arrêtez de voir des complots partout et acceptez le débat d’idées. Votre remarque n’a pas d’intérêt et vous ne vous montrez pas du tout à la hauteur de votre pseudo en jouant ainsi les « flics », prenez plutôt Fouché !


                    • Vive la République Vive la République 12 janvier 2007 15:25

                      Si cet article vous a intéressé, venez nombreux sur mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com pour aborder plusieurs questions de fond à propos de la campagne électorale.


                    • ZEN zen 12 janvier 2007 15:34

                      @ Talleyrand

                      Exactement. La campagne électorale est commencée...Intéressant d’aller voir les lectures préférées de l’auteur : Eric le Boucher, entres autres...


                    • www.jean-brice.fr (---.---.10.153) 12 janvier 2007 15:39

                      Pour talleyrand : j’avais déjà remarqué, mais il n’est pas le seul ...


                    • Vive la République Vive la République 12 janvier 2007 15:50

                      Talleyrand,

                      Je ne sais pas pourquoi j’ai sali ce brave Fouché dans l’affaire, c’est Fouquier-Tinville qui vous correspond le mieux. De manière générale, je comprend mal comment vous pouvez admirer un homme politique libéral et moderne comme Talleyrand avec vos idées d’arrière-garde. Cet homme avait compris avant les autres que le développement économique prévalait sur les conquêtes territoriales et que l’instruction publique et la liberté de la presse étaient deux priorités.

                      En ce qui concerne mes lectures on voit encore toute la partialité de certains sur Internet, on aurait pu dire que je recommande également Jacques Attali et Daniel Cohen (qui ne passent pas pour être particulièrement à droite), mais on préfère diffuser une information incomplète, je dois bien m’y résigner.

                      Terminons cette discussion stérile par une citation du bon Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. »


                    • Marsupilami Marsupilami 12 janvier 2007 15:50

                      @ Talleyrand

                      Excellent blog Charles-Maurice. J’étais persuadé qu’un être tel que toi avait un blog extaordinaire, très éloigné du narcissisme individualiste moutonnier du commun. J’avoue que je ne suis pas déçu. Une extraordinaire pensée emportée dans le mouvement fractal et chaotique post-moderne d’une implacable logique binaire complexifiée par la multiplicité des interactions entre les noumènes derridiens. J’en suis resté Iphone d’admiration. Moi qui avais des réticences à m’ouvrir un blog personnel et autoréférent destiné à faire connaître aux autre-moi-même onanistes la diversité de mes préoccupations de mon moi-je, je crois que je vais céder à cette manie. Mais avant, je me tâte encore...


                    • parkway (---.---.18.161) 12 janvier 2007 13:36

                      « je pense en effet que l’immense majorité des responsables politiques ont une réelle envie de tout faire pour améliorer la situation de leur pays, »

                      houlaaaaahhh !!! t’es grave toi !

                      des noms ! des noms !

                      vite !


                      • Olive (---.---.248.18) 12 janvier 2007 14:57

                        OK pour la critique, mais de toutes les façons, il est probable que la proportion d’électeurs qui croient à ce volontarisme est relativement faible.

                        Ce qui fait vraiment flipper les citoyens, c’est au contraire la CERTITUDE que les politiques publiques passées et futures ne changeront rien à l’affaire.

                        Le volontarisme politique, c’est du folklore électoral. Le sentiment d’abandon et le vote résigné sont la réalité. La rue sera le Parlement de cette réalité.

                        A moins qu’à la place de volontés stériles, on propose aux électeurs des choix difficiles quand l’occasion se présente. Et non des gadgets appelés « Région », « Rupture tranquille » etc...

                        Hommage ironique du vice à la vertu, le candidat du FN est le seul à proposer un vrai choix de société global et cohérent (en résumé : l’Albanie en charentaise et béret). Aurais-t-il le courage et le front de l’appliquer, à la différence de François Mitterrand ? (souvenez vous : l’Albanie à la Rose). J’espère personnellement que l’on ne le saura jamais.


                        • Céline Ertalif (---.---.9.238) 12 janvier 2007 15:13

                          Je suis globalement d’accord avec cet article. Il y a un volontarisme qui devient ostensible... à mesure que l’emprise réelle des élus politiques nationaux sur la société française diminue.

                          Cette emprise diminue pour différentes raisons. Cela fuit par un effet de concentration : construction européenne, économie mondialisée, concurrence faite par les grandes entreprises aux états, etc. Et cela fuit aussi par des effets de dillution : société plus développée et plus complexe qui devrait nous conduire à une réelle décentralisation, en lieu de quoi nous avons une confusion permanente des pouvoirs d’une France désespérement bonapartiste qui a une sainte trouille du fédéralisme et qui réduit souvent les pouvoirs publics à l’immobilisme.

                          L’intérêt général ne se réduit pas à l’intérêt de la France. La France n’a peut être pas beaucoup d’avenir, mais la Bretagne ou l’Europe en ont peut être un... Tout le discours très à la mode sur le déclin est pour l’essentiel un effet du prisme parisien. Non seulement la croyance à « la politique qui peut tout règler » est excessive, mais le sous-entendu qui réduit la politique à la politique nationale est dévastateur.

                          Nous ne sommes pas sortis des scories de l’idéologie nationaliste. Je vois si souvent les yeux ronds de mes interlocuteurs lorsque j’évoque le nationalisme français : eh bien oui, l’idéologie nationaliste ce n’est pas que pour les autres ! La politique, ce n’est pas que la France. La démocratie n’est pas que nationale. Le volontarisme de Sarkosy est surfait. Je crois que beaucoup de nos concitoyens le ressente, mais pour autant je crois qu’ils ont encore quelques difficultés à saisir le lien avec la sur-évaluation culturelle de la dimension nationale que nous a légué notre vieille idéologie nationaliste si installée que l’avons avalée et digérée au point de l’oublier.


                          • JIPI (---.---.146.179) 12 janvier 2007 15:16

                            SARKOZY VIENT DU MEME SERAIL QUE LA CLIQUE AFFAIRISTE QUI GOUVERNE SI JE PUIS DIRE LE PAYS DEPUIS 20 ANS...

                            C EST LE ROI DE L ESBROUFFE : PLUS DE FLICS ? OUI ! AU BRODE DES ROUTES POUR FAIRE CHIER LES AUTOMOBILISTES OU BINE PRESENTS EN CENTRE VILLE OU CA CRAINT RIEN...

                            POUR RESTER AU POUVOIR CETTE CLIQUE A BESOIN DE CREER UNE APPARENCE DE RENOUVEAU : SEGO SARKO SONT LA. SEGO EN BIKINI NICHONS EN AVANT SARKO EN GIROUETTE AGITEE... MAIS DERRIERE EUX C EST LES MEMES !!! SEGO SERA OCNTRAINTE DE FAIRE AVEC LES VIEUX CROUTONS DU PS DSK FABIUS ET LES AUTRES DE LA GAUCHE PRIMATE, IDEM POUR SARKO QUI DRAINERA LES SEMPITERNELS HABITUES DES MINISTERES FEUTRES ET MAGOUILLEURS EN TOUS GENRES...

                            DIRE QUE 60 % DES FRANCAIS SONT PRETS A SE FAIRE PRENDRE AU PIEGE !


                            • Vinrouge (---.---.240.214) 12 janvier 2007 16:10

                              Pourquoi opposer volontarisme et pédagogie ? Il me semble plus juste d’opposer volontarisme et gestion. Pour moi, être gestionnaire, c’est faire en sorte que l’environnement, qu’il est difficile de changer, ne menace pas certains acquis, certaines catégories, sa propre carrière (!) etc. ; être volontariste c’est considérer que des actes peuvent infléchir l’environnement. J’associerais donc volontiers la gestion au présent et le volontarisme au futur.

                              J’ai le sentiment que les dirigeants actuels, hommes politiques ou chefs de grandes entreprises, sont plus gestionnaires que volontaires.

                              En ce qui concerne les chefs d’entreprise, deux éléments troublants : la structure des chiffres d’affaires des entreprises et le cursus des grands patrons français.
                              - dans beaucoup d’entreprise industrielles, le chiffre d’affaires est davantage généré par des opérations financières que par des capacités de production (exemples : pour les constructeurs automobiles, la vente des voitures est une source de trésorerie, utilisée ensuite pour proposer des solutions de financement, des contrats d’assurances, etc. ; pour les énérgiticiens, même combat, la vente de pétrole sous toute forme, de gaz, d’éléctricité est une source de trésorerie pour spéculer à la Bourse de l’énergie )

                              - les patrons français sont aujourd’hui principlament énarques, ils sont passés par des cabinets ministériels, bref, ce sont de brillants administrateurs mais ils ne sont en rien des entrepreneurs, qui croient en leur « bébé » ! Evidemment, ils ne sont pas là par hasard, mais placés par les actionnaires dont ils GERENT les actifs et qu’ils font fructifier par les mécanismes évoqués précédemment.

                              En somme, les chefs d’entreprise ne sont plus des personnes qui ont un rêve, un idéal, l’envie d’innover ou de faire progresser l’humanité, mais des super gestionnaires de portefeuilles de personnes parfois indumment enrichies, et souvent individualistes.

                              Ces pratiques ne sont pas si éloignées que celà de la politique : nous cherchons aujourd’hui le meilleur gestionnaire de ce que nous avons gagné et conquis, mais nous faisons là preuve du même égoïsme que les actionnaires ! Nous cherchons en effet celui qui maintiendra les retraites, l’assurance chômage, la sécurité sociale, la réduction du temps de travail, etc. à leurs niveaux d’aujourd’hui, sans forcément penser à demain.

                              La génération qui commence à travailler va devoir affronter des problèmes qu’aucune autre génération n’a eu : ses parents, qui ont préféré être libres, indépendants et profiter de la vie plutôt que d’élever une nombreuse progéniture braillarde et emmerdante, exigent aujourd’hui le maintien de la retraite par répartition. C’est une évidence, il n’y aura plus assez d’actifs pour la payer, d’autant plus, qu’ils sont nombreux dans cette nouvelle génération à vouloir suivre l’exemple de ses parents (c’est-à-dire en faire le moins possible et profiter, tout en voulant les mêms avantages que ceux qui triment...). Voici donc l’optimiste modèle de société que j’entrevois : une petite population pas si riche (parce que les autres seront partis) essorée par le travail et les prélèvements, des gens du même âge qui, au mieux, se moqueront des premiers parce qu’ils travaillent trop, des retraités craintifs et pleurnichards (« C’était mieux avant »), tout celà dirigé par des gestionnaires de plus en plus cyniques, qui gèreront le confort des plus nombreux et non le progrès de tous !

                              Uen deuxième opposition possible est donc volontarisme contre conservatisme. Historiquement le volontarisme est donc plutôt de gauche, alors qu’aujourd’hui, incarné par Sarkozy, il est plutôt de droite. Je regrette profondément que le PS, renforçant cette image, ait choisi comme candidate la comptable de ses espoirs de victoire, et non une personne désireuse de changer notre environnement.

                              Alors, moi, je dis oui au volontaristes, car ils ne sont en rien opposés aux pragmatiques (que l’on appelle un peu trop souvent girouettes...) !


                              • Gerald (---.---.70.230) 12 janvier 2007 18:57

                                Excellent commentaire, à mon avis. Cela fait d’ailleurs plaisir car j’ai l’impression qu’Agoravox est trusté par de doux rêveurs plus ou moins gauchistes et pour qui Sarko est un dangereux ultralibéral, alors que c’est, au mieux, un centre droit. Pour savoir ce qu’est l’ultralibéralisme, il faut aller voir du côté des républicains de droite aux USA. Ou mieux du côté de la Russie de Elstsine. Mais un Sarkozy qui ne met même pas en première ligne de son programme « Suppression pure et simple des 35h » et en deuxième : « Suppression pure et simple du Code du travail remplacé par 5 pages maxi lisibles par tout un chacun » n’est jamais qu’un social démocrate à la Schröder (qui avait probablement plus de courage). Sarkozy ou Royal, ce seront toujours les fonctionnaires qui gagneront jusqu’au jour où... (cf. livre de Philippe Jaffré, Le Jour où la France a fait faillite).


                              • Regis (---.---.197.98) 12 janvier 2007 21:51

                                Sauf que le sarko ça fait un moment qu’il est sur le devantde la scène, et on ne voit rien de volontaire. Il y a une grosse différence entre « faire » et « je ferai », et pour l’instant, comme depuis 25 ans, ça sent le « je ferai » et comme d’habitude, on ne verra rien arriver.

                                Il n’y a jamais autant de volontarisme qu’avant les élections, mais hélas, celles-ci une fois passé, on retombe vite dans le conservatisme !!!

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