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Accueil du site > Actualités > Politique > Cuba et la rhétorique des droits de l’homme (2/2)

Cuba et la rhétorique des droits de l’homme (2/2)

Analysons à présent la situation des droits de l’homme en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en République tchèque.
 
Les droits de l’homme au sein de l’Union européenne
 
 La France
 
Selon Amnistie International (AI), de graves violations des droits de l’homme persistent en France. Ainsi, la police est responsable « de recours excessif à la force et de mauvais traitements qui, dans un cas au moins, ont entraîné la mort d’un homme ». Ali Ziri, un Algérien de 69 ans, « est mort après son interpellation le 9 juin [2009] à Argenteuil », suite à un contrôle de routine. Selon AI, Ziri a été frappé par les forces de l’ordre lors de son arrestation et de son transfert au poste de police en compagnie d’un ami. « Un mois plus tard, le parquet à classé l’affaire sans suite, affirmant que les investigations menées par la police d’Argenteuil n’indiquaient pas que des mauvais traitements aient eu lieu ». La famille de Ziri a alors exigé une contre-expertise à l’Institut médico-légal (IML) de Paris. Cette nouvelle autopsie « relevait de multiples hématomes sur le corps d’Ali Ziri et indiquait que la mort résultait probablement d’une asphyxie mécanique ». Une information judiciaire a alors été ouverte mais AI note que « les policiers mis en cause n’avaient pas été suspendus de leurs fonctions ». L’organisation dénonce également l’impunité dont jouissent les responsables de ces exactions. Ainsi, « outre la lenteur de leur progression, les enquêtes sur ces allégations menées par les organes chargés de l’application des lois et par les autorités judiciaires semblaient souvent manquer d’indépendance et d’impartialité1 ».
 
 AI souligne également le cas d’un autre homicide commis par la police en janvier 2005. L’IML de Paris a rendu son rapport à ce sujet en juillet 2009. « Leur rapport d’expertise indiquait que la mort de cet homme résultait d’une violente secousse et que le témoignage d’un policier affirmant qu’Abou Tandia s’était jeté contre un mur était contredit par les constatations médicales ». Le juge d’instruction a refusé de demander l’audition des policiers responsables du crime2.
 
 AI dénonce également « la surpopulation extrême et le manque d’hygiène dans le centre de rétention de Mayotte », ainsi que les conditions de vie dégradantes des migrants de Calais dont les campements de fortune ont été rasés par les autorités3.
 
 L’organisation note la création deux nouveaux fichiers policiers destinés à recueillir des informations sur des personnes considérées comme représentant une menace pour l’ordre public. Selon elle, « des inquiétudes subsistaient toutefois en raison de l’ampleur des données personnelles collectées sur des personnes qui n’étaient accusées d’aucune infraction, y compris sur des enfants dès l’âge de 13 ans, et de la formulation vague des critères d’inclusion dans ce fichier, qui concernait notamment les personnes dont l’activité […] indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique4 ».
 
Le 14 juin 2010, la France a exigé de Cuba qu’elle libère « tous les prisonniers d’opinion et de conscience5 », sans délai. Cuba, de son côté, affirme que personne n’est emprisonné pour des délits d’opinion mais pour avoir reçu un financement du gouvernement des Etats-Unis, chose que les dissidents eux-mêmes reconnaissent.
 
En revanche, Paris reconnaît officiellement la présence de « prisonniers politiques », par la voix de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice. Le quotidien Le Monde relate cette réalité dans un article du 31 janvier 2009 :
 
« Interrogée sur la promesse du gouvernement de rapprocher les détenus corses, "MAM" assura : "Il faut être pragmatique. Vous avez 28 places à la prison de Borgo (près de Bastia) et 26 sont occupées..." Avant de préciser : "En plus, sur les 26, huit sont des prisonniers politiques." La surprise l’emporte alors dans la petite mairie de Calvi où elle se trouve. "Prisonniers politiques" ? L’Etat a toujours refusé de qualifier ainsi ceux qu’il considère comme des prisonniers de droit commun ou des terroristes, alors que les nationalistes corses, eux, revendiquent ouvertement cette appellation6 ».
 
L’Allemagne
 
Selon AI, les autorités allemandes ont fait usage « de preuves apparemment extorquées sous la torture » dans le cadre d’une affaire de terrorisme international. « L’acte d’accusation du parquet s’était fondé pour partie sur des déclarations faites par l’accusé pendant sa détention au Pakistan, durant laquelle il affirmait avoir été battu et privé de sommeil ». L’organisation souligne également que « des enquêteurs allemands avaient interrogé un témoin détenu à Tachkent en présence d’agents du Service de la sécurité nationale d’un pays, l’Ouzbékistan, où la pratique de la torture est systématique7 ».
 
L’Allemagne a expulsé des « terroristes présumés dans des pays où ils risquent d’être torturés ou de subir d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ce qui est contraire aux obligations internationales » de la nation8.
 
Berlin a également participé au programme de détentions secrètes de la CIA, malgré une enquête du Parlement allemand excluant toute implication des pouvoirs publics et des services du renseignement. « Pour Amnesty International, cependant, l’enquête et le rapport fournissaient suffisamment d’éléments prouvant que l’Allemagne était complice de violations des droits humains ». Par ailleurs, la Cour constitutionnelle fédérale a considéré que « le gouvernement avait violé la Loi fondamentale parce qu’il n’avait pas communiqué à la commission d’enquête parlementaire certains documents utiles, en arguant du fait que, dans l’intérêt de l’État, ils devaient rester confidentiels9 ».
 
L’Allemagne a procédé à l’expulsion de plusieurs demandeurs d’asile vers leur pays d’origine, où ils ont été arrêtés et torturés par les autorités. Plusieurs Roms ont également été expulsés vers le Kosovo, malgré les risques encourus. Selon AI, « le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est déclaré préoccupé par ces expulsions10 ».
 
L’organisation note que les migrants en situation irrégulière et leurs enfants « n’avaient qu’un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et à des voies de recours en cas de violations de leurs droits du travail », en Allemagne11.
 
Selon AI, les forces de l’ordre ont été impliqués dans le décès d’une personne en garde à vue. Par ailleurs, l’Allemagne, dans le cadre de l’OTAN, est responsable d’un raid aérien meurtrier qui a coûté la vie à 142 personnes près de Kunduz en Afghanistan, le 4 septembre 2009. « Sous la pression, trois hauts responsables gouvernementaux et militaires ont été contraints de démissionner en novembre12 ».
 
Enfin, Berlin n’a toujours pas ratifié la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe. Il y a une raison précise à cela révélée par l’organisation : « L’Allemagne continuait d’être un pays de destination et de transit pour les femmes utilisées à des fins d’exploitation sexuelle », pays où la prostitution est légale13.
 
L’Espagne
 
D’après AI, les actes de torture et autres mauvais traitements de la part de la police et des forces de sécurité sont monnaie courante en Espagne. « Cette année encore, des cas de torture et d’autres mauvais traitements mettant en cause des représentants de la loi ont été signalés ». L’organisation note qu’après l’installation de systèmes complets de vidéo-surveillance dans les postes de police autonome de Catalogne, les plaintes pour violences à l’encontre des policiers ont diminué de 40% par rapport à l’année précédente. « La police nationale et la Garde civile n’avaient toutefois pas encore mis en œuvre ces mesures ». Au total, plus de 230 plaintes « pour tortures et autres mauvais traitements infligés par des représentants de la loi » ont été déposées en 2009. L’organisation ajoute que « les autorités n’ont pris aucune mesure pour créer une commission indépendante chargée de traiter les plaintes contre la police, malgré les recommandations formulées à maintes reprises par les organes internationaux de défense des droits humains, notamment par le Comité des droits de l’homme [ONU]14 ».
 
Plusieurs policiers responsables de meurtres n’ont toujours pas été mis en examen en Espagne. D’autres, coupables de coups et blessures, ont été condamnés à de simples amendes (600€). AI fait part d’une « augmentation des contrôles d’identité à caractère raciste effectués par la police », et dénonce les atteintes aux droits des migrants et des demandeurs d’asile15.
 
Par ailleurs, « les autorités ont maintenu au secret des personnes soupçonnées de participation à des activités liées au terrorisme, bien que les organes internationaux de défense des droits humains aient à plusieurs reprises exhorté l’Espagne à renoncer à cette pratique ». Ainsi, « en vertu de la législation en vigueur, les personnes détenues au secret voient leur possibilité de bénéficier d’une assistance juridique très fortement restreinte et courent un risque accru d’être maltraitées ou torturées ». Le Comité contre la torture de l’ONU a condamné ces pratiques. Plusieurs cas de torture ont été dénoncés en Espagne16.
 
L’Espagne s’est rendue coupable d’atteintes graves aux droits des enfants. « Des mineurs vivant dans les maisons pour enfants gérées par les pouvoirs publics ont subi des violations de leurs droits fondamentaux. Les informations recueillies ont fait état de plaintes pour négligence, médication forcée, recours excessif à la force et violences psychologiques et physiques de la part du personnel17 ».
 
La situation des femmes est également un motif de préoccupation. La violence domestique continue de faire des ravages en Espagne. AI remarque que « les mesures des pouvoirs publics face aux autres formes de violences liées au genre, notamment la traite à des fins d’exploitation sexuelle, [sont] insuffisantes », et regrette qu’« aucune structure officielle ne permet[te] d’identifier les victimes de trafic sexuel ou de leur faire bénéficier d’une assistance18 ».
 
AI dénonce la présence persistante de discriminations dues à des critères ethniques et d’origine en Espagne. Les recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale [ONU] et l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes n’ont pas été appliquées. L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne regrette que l’Espagne ne dispose pas d’un organe national pour lutter contre les discriminations19.
 
En Espagne, les disparitions forcées ne sont toujours pas inscrites parmi les infractions réprimées par le Code pénal. L’Audience nationale refuse ainsi d’enquêter sur les disparitions forcées datant de la guerre civile et de la dictature de Franco. Plusieurs tribunaux pénaux locaux ont qualifié la découverte de charniers « d’infractions de droit commun et ont clos les enquêtes aux motifs que les crimes présumés étaient prescrits20 »
 
La République tchèque
 
En République tchèque, les Roms « se sont heurtés à une hostilité croissante de la part de la société tchèque dans son ensemble ». Ils souffrent « de ségrégation en matière d’enseignement, de logement, et de discrimination dans le travail ». Les agressions à l’encontre des populations rom sont fréquentes et les autorités judiciaires refusent de dissoudre les milices du Parti des travailleurs, « une formation d’extrême droite dont les militants organisaient des patrouilles prenant pour cible les Roms ». La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance a dénoncé « la montée des propos haineux contre les Roms dans les débats publics et de la multiplication des manifestations de groupes d’extrême droite », et a regretté que les pouvoirs publics refusent « la mise en oeuvre énergique des lois interdisant toutes les formes de violence raciste ou d’incitation à la haine ». Ainsi, une famille rom a grièvement été brûlée suite à l’incendie criminel de leur logement21.
 
La discrimination contre les enfants roms est également répandue en République tchèque. La Cour européenne des droits de l’homme note que Prague s’est rendu coupable « de discrimination contre des enfants roms en les plaçant – parce qu’ils étaient roms – dans des écoles spéciales ». Selon AI, « la ségrégation rest[e] la règle dans les établissements scolaires ». L’organisation ajoute que « les jeunes Roms étaient toujours sur-représentés dans les écoles primaires et les classes pour élèves souffrant d’un « handicap mental léger », ou étaient rassemblés dans des « écoles et des classes du système classique qui leur étaient réservées », lesquelles « dispensaient souvent un enseignement de qualité inférieure ». Le système d’enseignement tchèque a « tendance à exclure les élèves ayant des besoins pédagogiques particuliers ». D’après un rapport portant sur la discrimination, « près de la moitié des élèves roms scolarisés dans le primaire redoublaient ou étaient orientés vers des écoles spéciales ». Par ailleurs, la justice a débouté plusieurs plaignants roms qui avaient dénoncé des cas avérés de discriminations22.
 
Les Roms sont victimes « de pratiques ségrégationnistes en matière de logement ». La Cour européenne des droits de l’homme a regretté la passivité du gouvernement à ce sujet23.
 
Des cas récurrents de « stérilisation forcée des femmes roms » persistent en République tchèque. La Cour constitutionnelle a rejeté la demande d’indemnisation d’une femme rom « qui avait été illégalement stérilisée24 ».
 
AI dénonce enfin des cas de « torture et autres mauvais traitements » de la part des autorités. Ainsi, « certains établissements psychiatriques continuaient d’utiliser des lits de contention, y compris en l’absence de tout risque pour les patients ou pour leur entourage ». Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants avait recommandé en 2004 que les « lits-cages soient immédiatement retirés du service et que les lits à filet soient eux aussi abandonnés dans les meilleurs délais », sans succès25.
 
Le Royaume-Uni
 
Le Royaume-Uni s’est rendu coupable de « violations graves des droits fondamentaux de personnes détenues à l’étranger », notamment de « torture et autres mauvais traitements » réalisés par des « agents des services britanniques du renseignement ». Les autorités ont refusé toute enquête indépendante à ce sujet et les responsables britanniques auraient en outre tenté de dissimuler l’implication du Royaume-Uni dans ces affaires26.
 
Londres a été impliqué dans le programme de « restitutions » mené par la CIA, en référence aux personnes enlevées illégalement, participant ainsi aux exactions commises par les autorités étasuniennes. Les autorités britanniques ont également fait usage de preuves obtenues sous la torture27.
 
Le Royaume-Uni a expulsé plusieurs personnes vers des pays où elles risquaient « de subir des violations graves de leurs droits fondamentaux, notamment d’être torturées ». La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a également dénoncé plusieurs cas de violations du « droit à la liberté » des ressortissants britanniques incarcérées sans inculpation ni jugement28.
 
AI dénonce les « ordonnances de contrôle » qui permettent aux autorités « de restreindre, sur la base d’éléments tenus secrets, la liberté, les déplacements et les activités de personnes soupçonnées d’implication dans des actes de terrorisme ». Plusieurs personnes sont actuellement détenues sans raison précise29.
 
En Irak, les autorités britanniques se sont rendues coupables d’actes de torture et de plusieurs assassinats dans les centres de détention gérés par le Royaume-Uni. Ainsi, Baha Moussa est mort « en Irak après avoir été torturé pendant 36 heures par des soldats britanniques30 ».
 
En novembre 2009, le Parlement a adopté une loi relative aux coroners qui confère à l’exécutif « le pouvoir d’ordonner la suspension d’une enquête du coroner (laquelle est menée en cas de mort violente, subite ou suspecte), d’ouvrir d’autres investigations dans le cadre de la Loi de 2005 relative aux commissions d’enquête, au motif que ces dernières seraient compétentes pour rechercher les causes d’un décès31 ».
 
La police et les forces de sécurité ont « fait un usage disproportionné de la force, utilisé des armes telles que des matraques et des boucliers durant des charges contre des manifestants et retiré intentionnellement leur matricule ». Selon AI, « sur des enregistrements vidéo publiquement accessibles et datés du 1er avril, on a pu voir un policier portant un casque et une cagoule frapper Ian Thomlinson à coups de matraque sur le mollet puis le faire tomber. Au moment du premier contact, Ian Thomlinson, un marchand de journaux de 47 ans, tournait le dos à une rangée de policiers antiémeutes et s’éloignait à pied, les mains dans les poches. Il s’est écroulé et est mort peu après ». Ce n’est qu’après la diffusion de l’enregistrement vidéo que la police a reconnu qu’un contact avait eu lieu avec Ian Thomlinson32.
 
En février 2009, le parquet d’Angleterre a annoncé que « les éléments de preuve n’étaient pas suffisants pour conclure qu’il y avait eu infraction de la part de la police dans l’affaire de la mort de Jean Charles de Menezes, un Brésilien tué par balle à Londres en 2005 par des policiers ». Selon AI, « cette décision semblait entériner l’impunité pour cet homicide33 ».
 
AI dénonce également l’impunité pour des « homicides à caractère politique » commis par le passé au Royaume-Uni, avec la « complicité de l’État ». Elle cite plusieurs cas dont ceux de Patrick Finucane, « avocat, éminent défenseur des droits humains », de Robert Hamill, de l’avocate militante des droits humains Rosemary Nelson et de Billy Wright34.
 
AI note enfin des discriminations à l’égard des Roms, des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants. L’organisation dénonce également la détention administrative appliquée à des enfants et des femmes. Par ailleurs, la violence contre les femmes et les filles reste un problème récurrent au Royaume-Uni35.
 
Conclusion
 
Au vu des rapports d’Amnistie internationale, il est difficile pour l’Union européenne de prétendre que la Position commune de 1996, toujours en vigueur, se justifie par la situation des droits de l’homme à Cuba. En effet, les principales nations du Vieux continent présentent également de graves violations des droits humains, souvent pires que celles commises à Cuba. L’autorité morale de Bruxelles devient ainsi discutable à plus d’un titre36.
 
L’Espagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, reconnaît que l’actuelle Position de l’Europe des 27 à l’égard de Cuba est difficilement défendable en raison de son caractère discriminatoire et du manque de crédibilité de Bruxelles. Elle a ainsi appelé à mettre un terme à une politique qui n’a pas porté ses fruits et qui a fortement terni l’image de l’Europe au sein du continent latino-américain, opposé en grande majorité à toute sanction arbitraire contre Cuba37. La voie de la normalisation des relations entre La Havane et Bruxelles passe par l’élimination de la Position commune.37
 
Notes
 
1Amnesty International, « Rapport 2010. La situation des droits humains dans le monde », mai 2010. http://thereport.amnesty.org/sites/default/files/AIR2010_AZ_FR.pdf (site consulté le 7 juin 2010), pp. 115-17.
 
2 Id.
 
3 Id.
 
4 Id.
 
5 El Nuevo Herald, « Francia vuelve a pedir excarcelación de presos de conciencia cubanos », 14 juin 2010.
 
6 Isabelle Mandraud, « Un grain de sable dans la visite de ‘MAM’ en Corse », Le Monde, 31 janvier 2009.
 
7Amnesty International, op. cit., pp. 14-15.
 
8 Id.
 
9 Id.
 
10 Id.
 
11 Id.
 
12 Id.
 
13 Id.
 
14Amnesty International, op. cit., pp. 101-04
 
15 Id.
 
16 Id.
 
17 Id.
 
18 Id.
 
19 Id.
 
20 Id.
 
21 Amnesty International, op. cit., pp. 270-72
 
22 Id.
 
23 Id.
 
24 Id.
 
25 Id.
 
26 Amnesty International, op. cit., pp. 275-79
 
27 Id.
 
28 Id.
 
29 Id.
 
30 Id.
 
31 Id.
 
32 Id.
 
33 Id.
 
34 Id.
 
35 Id.
 
36 El Nuevo Herald, « LaUE aplaza revisión de la Posición Común hacia La Habana », 15 juin 2010.
 
37 El Nuevo Herald, « Moratinos critica ‘posición común’ de UE », 1er juin 2010.
 
 
Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Sorbonne-Paris IV et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).
Disponible en librairie et sur Amazon :
 
Pour toute commande dédicacée, contacter directement : lamranisalim@yahoo.fr , Salim.Lamrani@univ-mlv.fr

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23 réactions à cet article    


  • asterix asterix 12 juillet 2010 11:58

    Réthorique de communard ! Le titre dit qu’il va causer des droits de l’homme à Cuba et énumère une longue litanie de ce qui se passe ailleurs.
    A Cuba, il ne se passe rien, c’est le paradis du prolétaire. J’y ai vécu plusieurs années. A mon avis, nous ne devons pas parler du même pays !
    A ne pas te relire.


    • zelectron zelectron 12 juillet 2010 14:12

      @asterix
      il y a aussi la Corée du Nord, le Belarus, la dictature marxiste militaire Birmane etc...
      la liste est si longue... sans oublier les paradis perdus dont chacun chante les louanges du genre Cambodge des Kmers rouges et consorts.
      Dommage qu’on ne puisse infliger à l’auteur un peu de goulag, ou d’hôpital psychiatrique, de Sibérie ou de prison spéciale dissidents sans oublier un peu de procès de Moscou et un zeste d’interrogatoire du KGB (le tout en même temps ?).
      Cet auteur voit les pailles des yeux de ses voisins et pas du tout la forêt de poutre de ses propres appendices oculaires.


    • leypanou 12 juillet 2010 15:09

      Vous avez raison : parlons de Cuba, comme çà, on n’a pas à parler de la France ! Je vous souhaite d’être victime bientôt d’une petite bavure bien faite dans la patrie des droits de l’homme où on vous servira votre petit déjeuner avec des croissants lors de votre garde-à-vue !


    • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:28

      La Chambre de Commerce des Etats-Unis a surpris les congressistes en annonçant qu’elle s’apprêtait à « surveiller les votes » sur le projet bipartite visant à rétablir le droit des citoyens de ce pays à voyager à Cuba, ainsi que la possibilité de vendre des aliments à l’île selon les règles normales du commerce international.

      Le ton utilisé dans les lettres écrites pour soutenir l’assouplissement des mesures contre Cuba n’avait jamais donné lieu à des menaces, comme c’est le cas aujourd’hui. Bruce Josten, responsable du lobby de la Chambre, a déclaré qu’une surveillance s’exercerait sur le décompte des votes si la proposition - approuvée le 30 juin au sein du Comité de l’Agriculture par 25 voix contre 20 - devait arriver en séance plénière.

      L’avertissement, plutôt inusité, s’est produit à la suite d’une plainte déposée par la Commission fédérale des élections dénonçant l’achat de votes par le Comité d’action politique, U.S. Cuba Democracy (PAC), qui dirige le lobby cubano-américain ultraconservateur de Miami, et qui « a investi plus de 73.000 dollars au cours des quatre premiers mois de 2010 pour empêcher le vote du projet.

      Le PAC a « fait don » de près de 11 millions de dollars à quelque 400 candidats et législateurs entre 2004 et 2008. Si l’on en croit les informations contenues dans le document du groupe indépendant Public Campaign, 53 législateurs démocrates ont reçu plus de 16 000 dollars chacun et au moins 18 d’entre eux ont ensuite changé de position.

       Les républicains Iliana Ros-Lehtinen, Lincoln et Mario Diaz-Balart et le sénateur démocrate Robert Menendez sont les plus gros bénéficiaires des dons

       Un sondage réalisé en 2008 par World Public Opinion a indiqué que 70% des Etasuniens sont favorables à ce que les citoyens de ce pays aient le droit de voyager à Cuba. Parmi les Cubano-Américains, 55% se sont prononcés contre le dénommé embargo.

      Un exemple éloquent est celui du représentant fédéral Mike McIntyre, démocrate de la Caroline du Nord, qui a révélé s’être entretenu avec les républicains de Miami Lincoln et Mario Diaz-Balart sur l’expérience vécue par leur famille dans la Cuba de Fidel Castro : il a changé son vote à la suite de cet entretien « à cause des horreurs que (les Diaz-Balart) avaient subies ».

      Or, on ne sait que trop que la famille en question s’occupait essentiellement de soutenir la tyrannie de Batista : le fondateur de la dynastie, le grand-père de Lincoln et Mario, Rafael J. Diaz-Balart, conseiller juridique de l’United Fruit Company à Banes -par ailleurs berceau de Fulgencio Batista-, a été ministre du gouvernement entre 1952 et 1958 ; son fils, Rafael, le père des deux congressistes, était quant à lui vice-ministre. 

      Debbie Wasserman Schultz, démocrate de Weston, a reçu 75 700 dollars du Comité ; Kendrick Meek, démocrate de Miami, figure en huitième position sur la liste. Le républicain du Montana Denny Rehberg a cessé d’être un fervent adversaire du blocus pour voter en faveur des interdictions, après avoir reçu 10 500 dollars du PAC.

      Le législateur Tom De Lay, leader de la majorité, a empêché en 2004 le rétablissement du droit des Etasuniens à voyager à Cuba, alors que le projet avait été voté à une large majorité par les deux Chambres, suite à une initiative des deux partis. De Lay avait fait disparaître le projet avec la complicité des Diaz-Balart.

      L’interdiction de voyager à Cuba a été établie il y a près d’un demi siècle, en janvier 1961, par le président Dwight Eisenhower. A la fin de son mandat, le président William Clinton, avait assoupli les conditions requises pour voyager à Cuba afin de gagner une certaine influence dans l’île. Mais le président George W. Bush a rétabli l’interdit : une façon de remercier les ultras cubano-américains pour les fraudes perpétrées en Floride, qui lui permirent de dépouiller le candidat Al Gore de la victoire aux élections présidentielles.

      Le projet HR 4645 est soutenu par 62 congressistes, notamment le démocrate Colin Peterson, président du Comité de l’agriculture de la Chambre, et le républicain Jerry Moran, du Kansas, ainsi que par plus de 140 organisations commerciales, sociales, économiques, politiques et religieuses, notamment, la Chambre de Commerce, le Conseil national du Commerce extérieur (NFTC en anglais), qui regroupe plus de 300 importantes entreprises des Etats-Unis ; l’USA Engage et l’Association des agents de voyages (ASTA), qui ont également envoyé des lettres aux législateurs pour soutenir le projet. De même que le Conseil des églises (protestants) et la Conférence des évêques (catholiques) des Etats-Unis ; le National Grain and Feed Association (NGFA) et l’American Farm Bureau Federation ; et le Fund for Reconciliation and Development et la National Corn Growers Association.

      L’ancien chef du Commandement Sud, le général James Hill ; l’ex-directeur du Bureau national du contrôle des drogues, le général Barry MacCaffrey ; l’ex-chef de l’Etat Major, Colin Powell, et neuf autres membres des Forces armées de ce pays, ont reconnu que « la politique actuelle d’isolement de Cuba a échoué ». José Miguel Vivanco, directeur exécutif de la division pour les Amériques de Human Right Watch, s’est exprimé dans le même sens au cours d’une audience devant le Congrès. Tous les acteurs sont d’accord sur le fait que cette initiative ne suppose pas la fin de l’embargo (blocus), et que les Etats-Unis ont un intérêt tout particulier dans l’affaire.

      Bruce Josten, vice-président exécutif de la Chambre de Commerce, a mentionné une étude réalisée en mars dernier par l’Université A&M du Texas, qui révèle que si certaines restrictions sur les exportations vers Cuba étaient levées, on pourrait en attendre un boom des ventes évalué à 365 millions de dollars, la création de 6 000 nouveaux emplois et un impact économique évalué à quelque 1 100 millions de dollars pour son pays. Mais le Congrès continue de subir la pression des pots-de-vin distribués par la mafia de Miami avec l’argent du gouvernement.

      Steven Yoder, président de la Junte de la politique commerciale de la NGFA et de l’U.S. Grains Council, affirme que l’embargo porte préjudice aux éleveurs et aux agriculteurs. En 2008-2009, Cuba a été le dixième acheteur de maïs des Etats-Unis. Pour conserver ce marché, Yoder admet qu’il faut lever l’obligation de payer d’avance et d’utiliser les banques de pays tiers, deux des aspects inclus dans le projet H.R. 4645, et supprimer les quotas qui accompagnent de coutume ces autorisations. Il demande également que les conditions de paiement soient identiques à celles qui sont appliquées aux exportations des Etats-Unis à destination d’autres pays. De cette manière, Cuba n’aurait pas à payer d’avance et en cash avant que le bateau ne quitte un port des Etats-Unis avec la marchandise destinée à l’île.

      Le projet pourrait être débattu à la Chambre après le 8 août et, selon les rumeurs, il faudrait qu’il obtienne 13 votes de plus que ceux dont il bénéficie actuellement. Au Sénat, le démocrate Byron Dorgan et le républicain Mike Enzi ont manifesté leur confiance de réussir à faire voter une loi identique à celle de la Chambre. Mais le Cubano-Américain Robert Menendez, président du groupe démocrate au Sénat, a menacé de recourir à la méthode flibustier, à savoir parler sans arrêt, pour que la séance soit suspendue. La lutte promet d’être difficile.


    • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:44

       59 journalistes ont été tués dans le monde au cours du premier semestre 2010, ce qui représente une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente, selon une information de l’ONG suisse Presse Emblème Campagne (PEC), a révélé l’agence espagnole EFE.

      Le rapport a recensé les crimes commis dans 25 pays. L’Amérique latine se révèle le continent le plus dangereux avec 24 professionnels de l’information assassinés depuis le début de l’année, suivie par l’Asie (14) et l’Afrique (9).

      La PEC signale que le Mexique, où 9 journalistes ont été tués est le pays où la profession de journaliste semble la plus exposée. Il est suivi par le Honduras (8) ; le Pakistan (6) et le Nigeria et les Philippines, avec 4 chacun, alors qu’en Russie, de même qu’en Colombie, 3 journalistes ont été assassinés.

      Le nombre de victimes, alerte l’ONG, est en augmentation, comme le démontrent les chiffres de cette année et le chiffre record de 2009, qui est de 122 assassinats, contre 91 en 2008. •



    • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:50

       Cuba présente de meilleurs indicateurs de santé que les pays développés

      A affirmé le président de l’Association internationale de pédiatrie

      José A. de la Osa

      LES indicateurs de mortalité infantile à Cuba, aussi bien pour la première année de vie que chez les enfants de moins de cinq ans, « sont meilleurs que ceux observés dans les pays développés, aux budgets nationaux très supérieurs », a affirmé à La Havane le Dr Chok-wan Chan, président de l’Association internationale de pédiatrie (IPA pour ses sigles en anglais), lors de l’Atelier international d’expériences sur la prévention en matière de santé infantile.

      « Lorsque je compare les statistiques de santé aux Etats-Unis avec celles de Cuba, celles de Cuba se révèlent supérieures », ce qui l’a amené à considérer que l’île caraïbe est « un bon exemple » pour avoir atteint des indicateurs positifs, résultat de la volonté politique du gouvernement révolutionnaire, de son système de santé universelle et gratuite, du niveau d’éducation atteint par l’ensemble de la population, et le travail de ses professionnels.

      Dans ses paroles de clôture de l’Atelier, la Dr. Elisabeth Mason, directrice du Département de santé de l’enfant et de l’adolescent de l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré devant les représentants de dix pays de la région qu’elle ne connaissait qu’un seul système de santé « aussi bon que le cubain », faisant référence à l’Angleterre.

      Elle a précisé que si l’on compare les budgets investis dans la santé annuellement par les Britanniques avec ceux de Cuba, « cela équivaut à comparer une goutte d’eau avec un immense réservoir »


    • Julius Julius 12 juillet 2010 21:40

      Oui, Cuba a également le plus grand gnome dans le monde. Et le plus vieux zombie - Fidel Castrat.


    • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2010 13:19

      @L’auteur,
       Question principale : « avez-vous mis les pieds à Cuba ? »
       Si oui, quand ?


      • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:37

        LE général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, s’est entretenu dans l’après-midi du mercredi 7 juillet avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume d’Espagne, Miguel Angel Moratinos, et l’archevêque de La Havane, le cardinal Jaime Ortega Alamino. Cette rencontre, à laquelle assistait également le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez, a porté sur des questions d’intérêt commun.

        Auparavant, le chef de la diplomatie espagnole avait été reçu par le camarade Raul pour faire le point sur l’état des relations bilatérales et sur plusieurs sujets de l’actualité international. Le ministre cubain des Relations extérieures participait également à cette réunion.


      • ELCHETORIX 12 juillet 2010 17:21

        bonjours l’auteur , merci pour votre bel aticle !
        CUBA SI , l’empire ultra-libéral NO !
        Vive CUBA démocratique !
        El commandante siempre viva !
        RA .


        • JJ il muratore JJ il muratore 12 juillet 2010 18:34

          @ l’auteur. Joli travail d’Administy International !
          Une question : comme ils ne peuvent rien dire sur Cuba pour n’être pas autorisés à enquêter cela veut donc dire que les droits de l’Homme sont respectés à Cuba ?
          Vi, vi, vi, je vois la belle logique à l’oeuvre ! 
          C’est pas avec des vacataires commes vous que l’Université sortira de son marécageux marasme ! 


          • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:40

             

            La Chambre de Commerce des Etats-Unis a surpris les congressistes en annonçant qu’elle s’apprêtait à « surveiller les votes » sur le projet bipartite visant à rétablir le droit des citoyens de ce pays à voyager à Cuba, ainsi que la possibilité de vendre des aliments à l’île selon les règles normales du commerce international.

            Le ton utilisé dans les lettres écrites pour soutenir l’assouplissement des mesures contre Cuba n’avait jamais donné lieu à des menaces, comme c’est le cas aujourd’hui. Bruce Josten, responsable du lobby de la Chambre, a déclaré qu’une surveillance s’exercerait sur le décompte des votes si la proposition - approuvée le 30 juin au sein du Comité de l’Agriculture par 25 voix contre 20 - devait arriver en séance plénière.

            L’avertissement, plutôt inusité, s’est produit à la suite d’une plainte déposée par la Commission fédérale des élections dénonçant l’achat de votes par le Comité d’action politique, U.S. Cuba Democracy (PAC), qui dirige le lobby cubano-américain ultraconservateur de Miami, et qui « a investi plus de 73.000 dollars au cours des quatre premiers mois de 2010 pour empêcher le vote du projet.

            Le PAC a « fait don » de près de 11 millions de dollars à quelque 400 candidats et législateurs entre 2004 et 2008. Si l’on en croit les informations contenues dans le document du groupe indépendant Public Campaign, 53 législateurs démocrates ont reçu plus de 16 000 dollars chacun et au moins 18 d’entre eux ont ensuite changé de position.

             Les républicains Iliana Ros-Lehtinen, Lincoln et Mario Diaz-Balart et le sénateur démocrate Robert Menendez sont les plus gros bénéficiaires des dons

             Un sondage réalisé en 2008 par World Public Opinion a indiqué que 70% des Etasuniens sont favorables à ce que les citoyens de ce pays aient le droit de voyager à Cuba. Parmi les Cubano-Américains, 55% se sont prononcés contre le dénommé embargo.

            Un exemple éloquent est celui du représentant fédéral Mike McIntyre, démocrate de la Caroline du Nord, qui a révélé s’être entretenu avec les républicains de Miami Lincoln et Mario Diaz-Balart sur l’expérience vécue par leur famille dans la Cuba de Fidel Castro : il a changé son vote à la suite de cet entretien « à cause des horreurs que (les Diaz-Balart) avaient subies ».

            Or, on ne sait que trop que la famille en question s’occupait essentiellement de soutenir la tyrannie de Batista : le fondateur de la dynastie, le grand-père de Lincoln et Mario, Rafael J. Diaz-Balart, conseiller juridique de l’United Fruit Company à Banes -par ailleurs berceau de Fulgencio Batista-, a été ministre du gouvernement entre 1952 et 1958 ; son fils, Rafael, le père des deux congressistes, était quant à lui vice-ministre. 

            Debbie Wasserman Schultz, démocrate de Weston, a reçu 75 700 dollars du Comité ; Kendrick Meek, démocrate de Miami, figure en huitième position sur la liste. Le républicain du Montana Denny Rehberg a cessé d’être un fervent adversaire du blocus pour voter en faveur des interdictions, après avoir reçu 10 500 dollars du PAC.

            Le législateur Tom De Lay, leader de la majorité, a empêché en 2004 le rétablissement du droit des Etasuniens à voyager à Cuba, alors que le projet avait été voté à une large majorité par les deux Chambres, suite à une initiative des deux partis. De Lay avait fait disparaître le projet avec la complicité des Diaz-Balart.

            L’interdiction de voyager à Cuba a été établie il y a près d’un demi siècle, en janvier 1961, par le président Dwight Eisenhower. A la fin de son mandat, le président William Clinton, avait assoupli les conditions requises pour voyager à Cuba afin de gagner une certaine influence dans l’île. Mais le président George W. Bush a rétabli l’interdit : une façon de remercier les ultras cubano-américains pour les fraudes perpétrées en Floride, qui lui permirent de dépouiller le candidat Al Gore de la victoire aux élections présidentielles.

            Le projet HR 4645 est soutenu par 62 congressistes, notamment le démocrate Colin Peterson, président du Comité de l’agriculture de la Chambre, et le républicain Jerry Moran, du Kansas, ainsi que par plus de 140 organisations commerciales, sociales, économiques, politiques et religieuses, notamment, la Chambre de Commerce, le Conseil national du Commerce extérieur (NFTC en anglais), qui regroupe plus de 300 importantes entreprises des Etats-Unis ; l’USA Engage et l’Association des agents de voyages (ASTA), qui ont également envoyé des lettres aux législateurs pour soutenir le projet. De même que le Conseil des églises (protestants) et la Conférence des évêques (catholiques) des Etats-Unis ; le National Grain and Feed Association (NGFA) et l’American Farm Bureau Federation ; et le Fund for Reconciliation and Development et la National Corn Growers Association.

            L’ancien chef du Commandement Sud, le général James Hill ; l’ex-directeur du Bureau national du contrôle des drogues, le général Barry MacCaffrey ; l’ex-chef de l’Etat Major, Colin Powell, et neuf autres membres des Forces armées de ce pays, ont reconnu que « la politique actuelle d’isolement de Cuba a échoué ». José Miguel Vivanco, directeur exécutif de la division pour les Amériques de Human Right Watch, s’est exprimé dans le même sens au cours d’une audience devant le Congrès. Tous les acteurs sont d’accord sur le fait que cette initiative ne suppose pas la fin de l’embargo (blocus), et que les Etats-Unis ont un intérêt tout particulier dans l’affaire.

            Bruce Josten, vice-président exécutif de la Chambre de Commerce, a mentionné une étude réalisée en mars dernier par l’Université A&M du Texas, qui révèle que si certaines restrictions sur les exportations vers Cuba étaient levées, on pourrait en attendre un boom des ventes évalué à 365 millions de dollars, la création de 6 000 nouveaux emplois et un impact économique évalué à quelque 1 100 millions de dollars pour son pays. Mais le Congrès continue de subir la pression des pots-de-vin distribués par la mafia de Miami avec l’argent du gouvernement.

            Steven Yoder, président de la Junte de la politique commerciale de la NGFA et de l’U.S. Grains Council, affirme que l’embargo porte préjudice aux éleveurs et aux agriculteurs. En 2008-2009, Cuba a été le dixième acheteur de maïs des Etats-Unis. Pour conserver ce marché, Yoder admet qu’il faut lever l’obligation de payer d’avance et d’utiliser les banques de pays tiers, deux des aspects inclus dans le projet H.R. 4645, et supprimer les quotas qui accompagnent de coutume ces autorisations. Il demande également que les conditions de paiement soient identiques à celles qui sont appliquées aux exportations des Etats-Unis à destination d’autres pays. De cette manière, Cuba n’aurait pas à payer d’avance et en cash avant que le bateau ne quitte un port des Etats-Unis avec la marchandise destinée à l’île.

            Le projet pourrait être débattu à la Chambre après le 8 août et, selon les rumeurs, il faudrait qu’il obtienne 13 votes de plus que ceux dont il bénéficie actuellement. Au Sénat, le démocrate Byron Dorgan et le républicain Mike Enzi ont manifesté leur confiance de réussir à faire voter une loi identique à celle de la Chambre. Mais le Cubano-Américain Robert Menendez, président du groupe démocrate au Sénat, a menacé de recourir à la méthode flibustier, à savoir parler sans arrêt, pour que la séance soit suspendue. La lutte promet d’être difficile.



          • Michel Maugis Michel Maugis 12 juillet 2010 18:47

            L’impossible bonheur

            J’AI promis d’être l’homme « le plus heureux du monde si je me trompais », et mon bonheur, hélas, durerait bien peu.

            La Coupe du monde de football n’est pas encore terminée : la finale aura lieu dans six jours.

            Quelle occasion extraordinaire perdront alors l’empire yankee et l’Etat fasciste d’Israël pour dévier l’esprit de l’immense majorité des habitants de la planète de leurs problèmes fondamentaux !

            Qui se sera rendu compte des plans sinistres ourdis par l’empire contre de l’Iran et de ses grossiers prétextes pour l’attaquer ?

            Je me demande ce que font pour la première fois dans l’histoire les navires de guerre israéliens dans les eaux du Golfe persique, du détroit d’Ormuz et de l’espace maritime iranien.

            Peut-on supposer que les porte-avions nucléaires yankees et les bâtiments de guerre israéliens repartiraient de là, la queue entre les jambes, au cas où pourraient s’exécuter les exigences contenues dans la Résolution 1929 votée le 9 juin 2010 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, laquelle autorise l’inspection des navires et des avions iraniens sur le territoire de n’importe quel Etat et, en l’occurrence, en haute mer ?

            Cette Résolution stipule aussi que l’inspection des bateaux iraniens ne se réalisera pas sans le consentement de l’Iran et que le refus ferait l’objet d’une analyse.

            Elle autorise aussi à saisir les biens inspectés s’il se confirmait que ceux-ci en violent les dispositions.

            Un Iran désarmé a été victime d’une cruelle guerre contre l’Irak au cours de laquelle les masses des Gardiens de la révolution nettoyaient les champs de mines en avançant dessus.

            Ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai rappelé dans des Réflexions précédentes que Mahmoud Ahmadinejad avait été le chef des Gardiens de la révolution dans l’Ouest iranien qui supporta le gros de cette guerre.

            Des années après, un gouvernement iraquien enhardi dépêcha une bonne partie de sa Garde républicaine au Koweït pour annexer cet Emirat arabe riche en pétrole, qui fut une proie facile.

            Cuba avait des liens étroits avec le gouvernement iraquien et lui avait prêté, tout le temps qu’il n’était en guerre avec personne, d’importants services de santé. Notre pays s’efforça de le persuader d’abandonner le Koweït et de renoncer à la guerre qu’il avait déclenchée à partir de vues erronées.

            On sait aujourd’hui qu’une médiocre ambassadrice yankee, qui avait d’excellentes relations avec le gouvernement iraquien, l’induisit à commettre cette erreur.

            Bush père attaqua son ancien ami, à la tête d’une puissante coalition à forte composante arabo-islamo-sunnite de pays approvisionnant en pétrole une bonne partie des nations industrialisées et riches, laquelle avança depuis le sud de l’Irak pour couper le repli sur Bagdad de la Garde républicaine qui put atteindre la capitale en raison de la prudence de l’infanterie de marine et des forces armées des USA, commandées par Colin Powell, un général prestigieux qui fut ensuite secrétaire d’Etat de George W. Bush.

            C’est par pure vengeance qu’on utilisa contre elle des projectiles contaminés à l’uranium appauvri afin de tester pour la première fois les dommages qu’ils pourraient causer aux soldats ennemis.

            L’Iran, cette nation qui professe la religion musulmane chiite et qui est aujourd’hui menacée par des forces des trois armes, ne ressemble en rien à la Garde républicaine qu’ils ont attaquée impunément en Irak.

            L’empire est sur le point de commettre une erreur irrémédiable sans que rien ne puisse l’en empêcher. Il avance inexorablement vers une destinée sinistre.

            Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que les quarts de finale de la Coupe du monde de football se sont bel et bien déroulés. Ainsi, les supporteurs ont pu suivre des parties passionnantes où l’on a vu des choses incroyables. En trente-six ans - seul l’ordinateur permet de faire de pareils calculs –, les Pays-Bas n’avait jamais perdu une partie de coupe du monde un vendredi.

            Et le fait est que le Brésil a été éliminé en quarts de finale : un arbitre s’en est chargé. C’est du moins l’impression que n’a cessé de répéter un excellent chroniqueur de la télévision cubaine, bien que la FIFA ait validé ensuite la décision de l’arbitre.

            Un peu plus tard, ce même arbitre a laissé le Brésil avec seulement dix joueurs à un moment décisif, alors qu’il restait encore à jouer plus de la moitié de la deuxième mi-temps. Ce ne fut sûrement pas son intention.

            L’Argentine a été éliminée hier. L’équipe allemande a, dès les premières minutes, surpris sa défense trop confiante et son gardien, et a marqué par l’intermédiaire de son milieu de terrain Müller. Par la suite, les avants argentins ont eu au moins dix occasions de but contre une pour les Allemands, mais sans marquer une seule fois. C’est au contraire l’Allemagne qui a marqué trois buts de plus, et même la chancelière fédérale Angela Merkel applaudissait à tout rompre.

            Ainsi, de nouveau, une des équipes favorites a perdu, et plus de 90 % des supporteurs cubains en sont restés abasourdis.

            L’immense majorité des amateurs de ce sport ne savent même pas sur quel continent se trouve l’Uruguay. Une finale entre pays européens serait la chose la plus incolore et antihistorique depuis que ce sport a vu le jour.

            En revanche, des événements se sont déroulés dans l’arène internationale qui n’ont rien à voir avec les jeux de hasard, mais bel et bien avec la logique élémentaire qui régit les destinées de l’empire.

            Une série de nouvelles est tombée les 1er, 2 et 3 juillet.

            Elles tournent toutes autour d’un fait : les grandes puissances représentées au Conseil de sécurité des Nations Unies et ayant droit de veto, plus l’Allemagne, ont, le 2 juillet, exhorté le gouvernement iranien à « répondre promptement » à l’invitation qui lui a été faite de reprendre les négociations sur son programme nucléaire.

            Le président Barack Obama avait signé la veille une loi qui élargit les mesures existant contre les secteurs énergétique et bancaire de l’Iran et qui sanctionne les compagnies qui feraient des affaires avec Téhéran. Bref, blocus rigoureux et étranglement de l’Iran.

            Le président Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays reprendra les conversations fin août et a souligné que le Brésil et la Turquie, les deux seuls membres du Conseil de sécurité qui se sont opposés aux sanctions, le 9 juin, devaient y participer.

            Un haut fonctionnaire de l’Union européen a averti, d’un ton hautain, que ni le Brésil ni la Turquie ne seraient invités à prendre part aux négociations.

            Il n’en faut guère plus pour tirer les conclusions pertinentes.

            Aucune des parties ne cédera : l’une, par arrogance de puissant ; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme.

            Le peuple iranien, aux traditions culturelles millénaires, se défendra sans aucun doute des agresseurs. Il est incompréhensible qu’Obama croie sérieusement qu’il se pliera à ses exigences.

            Le président et les leaders religieux de ce pays, s’inspirant de la Révolution islamique de Ruhollah Khomeiny, le créateur des Gardiens de la révolution, des forces armées modernes et du nouvel Etat iranien, résisteront.

            Quant à nous, les peuples pauvres du monde, qui n’avons pas la moindre responsabilité dans le colossal imbroglio créé par l’impérialisme, situés dans ce continent-ci au sud des Etats-Unis, ou situés à l’Ouest, au Centre et au Sud de l’Afrique, et les autres du reste de la planète qui pourraient s’en sortir indemnes, nous ne pouvons que faire face aux conséquences catastrophiques de la guerre atomique qui éclatera sous peu.

            Je n’ai, hélas, rien à rectifier et j’assume pleinement la responsabilité de ce que j’ai écrit dans mes dernières Réflexions.

            Fidel Castro Ruz

            Le 4 juillet 2010

            17 h 36


          • L'enfoiré L’enfoiré 13 juillet 2010 09:59

            Juanita Castro (76 ans) vient d’écrire un livre "Fidel y Raoul mis hermanos« .
             »Un demi-siècle de castrisme ? Un désastre pire qu’en 1959 dans certains cas, d’après elle.
            Son frère Fidel était son héros jusqu’en 1964.
            Trahir l’idéal de la démocratie, de la liberté, de la justice, elle n’a pu le supporter.
            Depuis 1964, elle a été dissidente de la pensée de son frère Fidel et Raoul et s’est réfugiée au Mexique et en Floride.
            Elle raconte son enfance. L’arrogance de Che Gevara.
            En 1961, Fidel disait "Avec la révolution, tout. Contre la révolution, rien".


          • Julius Julius 12 juillet 2010 21:36

            Les dictateurs communistes trouvent toujours les idiots utile dans les pays occidentaux. Rien n’a changé depuis l’époque de Staline et de Mao. Honte à vous !


            • phiconvers phiconvers 13 juillet 2010 01:23

              Tiens ça faisait longtemps, ce petit télégraphiste de la dictature castriste...
              On comprend en tout cas mieux qu’avec de tels enseignants, l’université française produise des hordes de chômeurs aux diplômes totalement dévalorisés...
              Cuba a le potentiel pour être un pays riche où la population peut voyager et profiter d’une situation géographique de rêve. Mais c’est une grande prison où des gens formés doivent se contenter de salaires de misère (15 dollars en moyenne par mois pour un médecin) en voyant des prolétaires européens et candiens se payer sur leur île des vacances à 1000 euros.
              Et les turpitudes de tous les autres pays n’enlèvent rien au fait qu’il n’y a pas eu d’élections libres à cuba depuis plus de cinquante ans. Il y a encore au paradis castriste plus de 100 prisonniers politiques. Et la population dans son ensemble reste fliquée par un infâme maillage de collabos du régime, les fameux « comités de défense de la révolution ». A Cuba, et c’est ce qui rend difficile la solution, tout le monde tient tout le monde par les couilles.
              Quant à l’abruti qui ose dire qu’à Cuba, il n’y a pas de journalistes assassinés, qui aurait intérêt dans le régime cubain à descendre les loyeux collabos de Gransma ou Juventud Rebelde.
              Il est absolument hallucinant qu’une apologie de la dicture castriste puisse encore être publiée en France.


              • Jean-paul 13 juillet 2010 02:12

                ELCHETORIX revolutionnaire marxiste en pantoufles devant son ordinateur qui n’a jamais mis les pieds a Cuba .
                Si stupide qu’il ecrit Vive Cuba Democratique et apres el commandante siempre viva .
                Ce sont juste des mots pour lui ,bien tranquille en France .


                • L'enfoiré L’enfoiré 13 juillet 2010 13:33

                  Z’avez pas vu ou entendu l’auteur du billet ?
                  Pas la moindre réponse ou commentaire.
                  Cela en devient inquiétant.


                • Jean-paul 13 juillet 2010 13:46

                  Des dizaines d’articles et l’auteur n’a jamais repondu a un commentaire .
                  Et Agoravox continue a publier ses articles pro Castro .


                  • L'enfoiré L’enfoiré 13 juillet 2010 15:27

                    C’est un problème qui remonte à la source, en effet.
                    Joël de Rosnay, fondateur, essayez de trouver de ses articles avec des commentaires de sa plume.
                    De multiple fois signalé, d’ailleurs.


                  • CharlotteàGaza CharlotteàGaza 28 juillet 2010 18:33

                    Monsieur Lamrani vous êtes honnête, on sent que vous aimez les gens et la justice.

                    Il serait intéressant aux critiques anti Lamrani de ce fil d’énumérer toutes les actions commises par le Gouvernement Cubain contre son peuple avec des références à l’appui afin d’alimenter une discussion possible. Au lieu de n’exprimer votre mécontentement avec pour arguments seuls des diffamations et du mépris envers l’auteur ; ayez l’aimable pertinence de débattre de façon constructive. C’est ainsi que vous souhaiteriez qu’il vous réponde ?

                    J’ai un cadeau pour vous tous, une vidéo à regarder et à diffuser. Cela se passe en France
                    au pays des droits de l’homme.
                    http://www.dailymotion.com/video/xe66yr_africain-mal-logee-vs-crs-incroyabl_people
                     

                    Je suis sûre qu’à Cuba cela ne se passe pas comme cela.


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