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Dames de cœur, dames de compagnie ou dames patronnesses

A l’heure où les débats sur la parité fleurissent dans les entreprises comme les crocus dans les prés, il est intéressant de faire un point sur la place des dames dans la sphère politique du moment.

Tout d’abord il faut rappeler les chiffres impitoyables de la représentation des femmes dans les deux Assemblées : 18,5 % à l’Assemblée Nationale et 21,8 % au Sénat. Passons rapidement sur les 13,8% de maires françaises et nous conviendrons que 30% de femmes présentes à l’élection présidentielle (Marine Le Pen, Nathalie Arthaud et Eva Joly) frise la surreprésentation…

Penchons-nous maintenant sur le rôle qu’elles tiennent dans notre vie politique. Car derrière un homme politique il y a désormais une femme qui a de moins en moins l’apparence d’une potiche ou d’une bobonne comme le furent Yvonne de Gaulle, Claude Pompidou ou Anémone Giscard d’Estaing. L’élection de François Mitterrand marqua à la fois un tournant dans la vie politique comme pour celle de la place de la femme dans cette même vie. Danielle Mitterrand, femme engagée et libre fut ainsi la première dame à défendre de nobles causes, rôle que tint avec moins de panache Bernadette Chirac, instigatrice tout de même d’une opération pièces jaunes qui perdure.

Venons en maintenant aux éminences et femmes de l’ombre dont le premier symbole fut Cécilia Sarkozy, femme à poigne qui préféra finalement l’amour et sa liberté aux ors de la République mais n’influa pas moins sur les choix politiques de son mari jusqu’à son élection en 2007.

Cécilia marqua aussi à sa manière le début de l’époque des femmes d’image. Belle et rebelle (toujours mieux que moche et remoche), l’éphémère première dame céda sa place à Carla, moins indomptable, dont l’image colle parfaitement aux standards du moment. Car la femme de l’homme politique moderne doit maintenant séduire à l’image de son candidat de mari. « Ce type doit ne doit pas être si mal puisque cette belle femme a été séduite par lui… » Voici en substance ce que nous susurrerait notre inconscient dans l’esprit des communicants. Paris Match, le magazine d’Arnaud Lagardère, ami de Nicolas Sarkozy ne titrait-il pas récemment sur l’atout charme de François Hollande, Valérie Trierweiler ? Notons aussi au passage que si DSK avait été candidat en lieu et place de François Hollande, l’atout Anne Sinclair du candidat n’en eut pas été moins charmant ni influent. Car il s’agit bien aussi d’influence tant dans le cercle privé que dans celui des cabinets de campagne. Avez-vous noté combien les porte-parole des deux principaux candidats (Nathalie Kosciusko-Morizet et Najat Vallaud-Belkacem), en dehors des points qu’elles rapportent au scrabble étaient télégéniques ? Seul François Bayrou n’a pas entièrement sacrifié à l’image même s’il a dû intégrer son épouse Babeth qui n’est pas à proprement parler une égérie dans sa campagne aux côtés de sa porte-parole Marielle de Sarnez dont les principaux atouts ne reposent pas que sur le physique.

Mais force est de reconnaître que la réciproque n’est pas forcément vraie. Concernant les trois candidates à l’élection présidentielle 2012, il n’est pas exagéré de dire qu’en dehors de Marine Le Pen qui a dû faire une petite place à son compagnon dans sa campagne, Nathalie Arthaud et Eva Joly subissent peu d’influence du sexe opposé pour diverses raisons et ont d’ailleurs choisi de ne pas s’embarrasser d’intermédiaire pour distiller la bonne parole.

Ces phénomènes ne sont pas propres à la France mais davantage à une civilisation où l’image influe énormément sur la popularité. Nul n’ignore désormais les rôles d’Hillary Clinton, de Barbara Bush, de Cherie Blair ou de Michelle Obama. En revanche on se demande encore quelle influence a « Monsieur Merkel » (selon une gaffe célèbre de Nicolas Sarkozy, ignorant que le mari de la chancelière s’appelait en réalité Joachim Sauer, professeur à l’Université d’Humboldt) sur la politique européenne.




par Félicien Arcuel mercredi 21 mars 2012 - 1 réaction
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