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De l’écologie dans le cadre d’une politique d’éthique globale

Alors que la survie même de la planète, et donc celle de l’Homme, se pose, l’urgence est là de permettre une mutation avant tout « culturelle » de nos gouvernants et citoyens. La notion de l’Environnement (social, celui du cadre de vie et du travail, bien sûr de la Nature...) doit être prise désormais au sens le plus large, aussi pour que nous prenions tous conscience de l’ampleur de cette question vitale. La « Nature » rappelle l’Homme au meilleur de sa « nature », au meilleur de lui même, dans un état d’esprit de responsabilité pour l’intérêt général. En ce sens, ce « SOS » écologique peut faire renaitre notre société, dans le sens retrouvé de la communauté Humaine.

Des accords de Kyoto à la conférence de Nairobi et au rapport de l’économiste Nicolas Stern, l’urgence se confirme d’une action forte au niveau écologique. D’après le rapport de Stem, les dérèglements de l’activité économique et sociale seraient comparables à ceux qui ont suivi les deux grandes guerres mondiales. Les données autant que l’urgence d’agir fondent aujourd’hui une exigence : le temps est venu de d’une action de grande ampleur, aux coeurs des pays comme au niveau international. A cet égard, la France porte une attente et des devoirs particuliers.
 
Le pays de la Charte des Droits de l’Homme et de la Charte de l’Environnement se doit assurément d’être au premier plan dans ces domaines. Riche de son noble passé au regard des Droits des citoyens, il peut mieux que quiconque rappeler aujourd’hui aux « Devoirs » qui incombent aux « citoyens du monde ».
 
Les problèmes se situent aujourd’hui à l’échelle d’une mondialisation dramatique des conséquences de la débauche en consommation énergétique, induite par la révolution industrielle des pays occidentaux. Une croissance démographique inégalée, les répercussions préjudiciables de progrès technologiques non maîtrisés, l’exploitation excessive des ressources naturelles planétaires, la destruction parfois définitive de la bio-diversité, pour toutes ces raisons la France se doit d’initier cette exigence de responsabilité et d’éthique, dans l’intérêt réciproque de tous les pays autant que dans la solidarité avec les générations futures.
 
La nécessité absolue de réduire l’émission de gaz à effet de serre étant acquise (risque de voir monter la température moyenne de plus de 2°C d’ici à 2035), cette menace écosystémique marque aujourd’hui les consciences. Lutter contre les émissions de CO2 étant évalué au coût de 1% du PIB mondial par an, nous nous situons encore dans le champ des possibles et la volonté politique garde toute sa capacité d’action.
 
 
DE L’ECOLOGIE CIVIQUE ET CITOYENNE
 
1. FORMER LES CITOYENS
 
- L’Education et la Formation précoces à l’Ecologie doivent sans tarder s’inscrire dans les programmes scolaires autant que dans la formation des enseignants. Faciliter l’accès du peuple aux avancées scientifiques détenues par les pouvoirs publics relève de la logique de démocratie participative ; la prise de conscience en temps réel des conséquences de la pollution et atteintes au milieu naturel va créer une « écologie attitude », individuelle et collective. L’Education a un rôle premier s’agissant de ce « vivre ensemble », dans un développement programmatique initial à l’Eveil à la Nature. Donc, une formation préalable des enseignants pour tendre à celle des citoyens, dès l’origine. 
 
- Une nouvelle approche de l’Emploi (au besoin dans une prise en compte rémunérée et novatrice de « l’activité ») doit s’inscrire logiquement en suite des modules d’éducation évoqués. Alors que l’Allemagne compte aujourd’hui plus d’un million et demi de travailleurs oeuvrant dans les nouvelles technologies de l’Environnement, la France n’en comptabilise que 400 000.
 
Au regard du fort engagement des plus jeunes dans les ONG et le milieu associatif, de nouveaux cadres d’emplois exigent de voir le jour (y compris dans le service public, outre les adjoints administratifs chargé des Jardins et Espaces verts ou Gardes Forestiers..), dans une réelle prise en compte des motivations et formations écologiques. L’on parle notamment ici et là de la nécessité d’Inspecteurs en ces domaines en parallèle de ceux qui oeuvrent au niveau Sanitaire, de la sécurité et de la Santé publiques, ou du Travail.
 
 
2. RESPONSABILISER LES CITOYENS
 
Alors que la Charte de l’Environnement, conjointe désormais à notre Constitution, énonce « le devoir de toute personne de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement » (Article 3), cette responsabilisation appelle donc à un surplus de devoir clairement établi. Le cas échéant dans une pratique de réparation des atteintes à l’environnement incombant à tout citoyen. Même si l’appel à la conscience de chacun peut sembler plus naturel dans un ordre aussi vital des choses, l’on ne doit désormais exclure l’élaboration et l’application de sanctions judiciaires réelles.
 
En résumé :
Une responsabilisation réelle des citoyens n’excluant pas la sanction et réparation pour atteintes à l’Environnement (au même titre que les nuisances sonores, abandon de déchets..), la mise en place rapide de formations appropriées pour les Enseignants jusqu’aux citoyens, la prise en compte de ces connaissances dans le cursus scolaire, et la création de nouveaux emplois de proximité en charge de l’Environnement.
 
 
3. CREER UN NOUVEL ENVIRONNEMENT
 
- L’Habitat étant logiquement associé au « vivre ensemble », un effort devra être fait de la part des Pouvoirs Publics pour tendre à l’instauration d’une TVA à taux zéro sur les énergies renouvelables autant que sur les matériaux de bio-construction dans l’accès à la propriété et la rénovation.
 
- Le Transport
Les véhicules recourant aux bio-carburants nécessitent des réductions fiscales ou facilités financières identiques.
L’objectif étant d’anticiper et de préparer l’après-pétrole, dans le recours notamment au solaire et au bois, favorisant d’autant les énergies faibles en carbone. Le cas échéant oser l’application d’une taxe-carbone à définir pareillement à la notion de « pollueur-payeur », avec discernement et mesure. La promotion des transports collectifs autant que du co-voiturage fondant le même objectif.
 
D’une façon générale, les aides, réductions fiscales, primes à l’achat et subventions (notamment celles attribuées aux agriculteurs) doivent s’inscrire dorénavant dans ce préalable écologique.
 
Autant de mesures concrètes pour responsabiliser les individus et promouvoir un cadre de vie participant d’un nouvel Environnement.
 
 
DE L’ECOLOGIE AU NIVEAU DE L’ETAT
 
1 UNE LOI PROGRAMME
 
La Charte de l’Environnement ayant pour le moins fondé une prise de conscience et « officialisation » des enjeux, l’instauration, à court terme, d’une Loi Programme s’impose à notre pays :
 
- Qu’il s’agisse de la diversification énergétique, des transports individuels et collectifs, de l’économie de l’Eau, du développement durable, de la sauvegarde de la biodiversité (aussi marine), ou plus largement des modes de production et de consommation nouveaux,
 
- Qu’il s’agisse aussi de la formation et la responsabilisation des citoyens évoquée plus haut et la mise en place de nouveaux codes du vivre ensemble,
 
- Qu’il s’agisse encore de la réappropriation et la maîtrise globale de l’Environnement (social, écologique), la gestion des processus de quotas dans un même rapport de proximité avec le milieu industriel (des abus étant constatés) et le monde agricole,
 
- Qu’il s’agisse enfin de l’effort à investir pour soutenir la recherche et l’innovation en ces domaines,
 
tout cela requiert une démarche cohérente d’ensemble au plus haut sommet de l’Etat et les Pouvoirs Publics devront coordonner l’action sur tout le territoire.
 
 
2 Une Organisation Internationale de l’Environnement (OIE)
 
Face à la dimension planétaire de l’enjeu et outre la nécessité d’actions à l’échelle nationale, une responsabilité première incombant donc à notre pays (des Droits aux Devoirs de l’Homme), la France se doit de proposer la création d’une Organisation Internationale de l’Environnement (à l’image de l’OMC, de l’ONU…). L’action des Pouvoirs Publics nationaux veillant à l’application de principes de précaution et de réparation sur leur territoire exigeant par là même, une démarche commune au niveau Européen et International. Dans l’appel à la responsabilité d’Etat, notamment de la Chine et de l’Inde, à commencer par les USA (accords de Kyoto).
 
 
DE L’ECOLOGIE A LA PENSEE PROGRESSISTE ET HUMANISTE
 
Face à cette « Vérité qui dérange » selon le Film porté par Al Gore, l’ancien candidat démocrate à la Présidence américaine, comme plus récemment le film « Home » de Yann Arthus-Bertrand, seule une pensée humaniste et progressiste peut démontrer ici toute sa traduction concrète dans une acception renouvelée des termes d’ « Environnement » et de « Patrimoine ».
 
Il s’agit de l’exigence de placer l’Homme au coeur des systèmes et enjeux économiques et sociaux ; face aux excès du Libéralisme Boursier et « financiériste » portant au vase clos de la production et de la consommation ad vitam eternam ; face à la marchandisation de l’être humain lui-même, à l’évidence, seul un grand et nouveau mouvement de Pensée (autant politique que culturel, voire philosophique…) semble indiqué ici pour fédérer les développements logiques de ses exigences premières et vitales. L’Environnement (au travail, dans le « vivre ensemble » des beaux quartiers aux HLM banlieusards..), le Patrimoine (du cadre de vie comme celui de valeurs communes humanistes..), l’exigence de responsabilité et d’éthique (« poli-éthique ») tout cela fonde un même courant de Pensée.
 
Une certaine « culture politique » est à porter face à la seule politique stérile et dangereuse des conservateurs de droite et de gauche (dans le sens politicien retirant toute la grandeur historique du Politique, au sens noble).
 
De toute évidence, l’Ecologie vient :
 
- en retour parallèle de l’Homme au coeur d’une société occidentale plongée dans un « économisme » sans fin ni finalité
 
- dans un retour à la Nature (humaine aussi) par le biais de la culture (pensons à Jean-Jacques Rousseau !).
 
 
Cette « politique culturelle » novatrice et humaniste suppose de créer un rapport nouveau avec les citoyens. Un dialogue permettant de dépasser le seul lien d’intérêt marchand, pour se situer au niveau de l’éthique, des Droits et Devoirs de l’Homme. Face à sa planète comme face à son prochain.
 
Le rapport de Nicolas Stem évalue les frais supposés des ravages climatiques et environnementaux à la hauteur des désastres financiers générés par les deux guerres mondiales ; faisons que la troisième guerre soit une « Guerre de Paix », celle de l’Homme contre sa propre folie, et pour sauver sa planète.

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6 réactions à cet article    


  • Elisa 31 août 2009 15:33

    « celle de l’Homme contre sa propre folie »

    Voilà toute l’ambigüité de cet article : que désigne le mot « Homme » ? s’agit-il de l’humanité toute entière prise dans une sorte de frénésie universelle de consommation, auquel cas il n’y a aucune responsabilité, aucune responsabilité, juste une nécessité de conversion vertueuse dont le coût sera hélas absolument inégalitaire : la taxe carbonne en est une illustration. Sous prétexte d’urgence, dixit Cohn-Bendit, ceux qui sont les plus piégés par le système capitaliste seront les plus taxés relativement à leurs revenus.

    De manière plus générale cette écologie qui se prétend « humaniste » est une machine à évacuer les responsabilités historiques, elle se croit efficace en prônant la révolution des esprits alors qu’elle aboutit consciemment ou non à refuser d’affonter les véritables fauteurs de désastres environnementaux.

     Plutôt qu’une taxe carbone ou le covoiturage, ne srait-il pas plus utile de s’en prendre au système dominant de production qui génère des coûts de transports et des situations d’esclavage par la division internationale du travail actuelle.

    C’est un système de propriété et de production qui détruit l’en vironnement et non un défaut universel de l’humanité.


    • Croa Croa 31 août 2009 23:24

      « C’est un système de propriété et de production qui détruit... » Tout à fait ! Mais c’est aussi un défaut de l’humanité.

      Il faut expliquer que derrière tout ça il y a un système de domination, de l’espèce humaine sur la vie en général mais aussi d’une oligarchie sur le reste de l’espèce humaine.

      L’auteur est passé à coté car il crois qu’une simple prise de conscience des citoyens suffirait à inverser la tendance !!!! D’ailleurs quels citoyens ? D’évidence nous sommes toujours et plus que jamais de simples sujets ! 


    • Le péripate Le péripate 1er septembre 2009 00:32

      Les Témoins de Gaïa ne font pas recette sur Avox.


      • Le péripate Le péripate 1er septembre 2009 00:40

        En terme de marché politique, les Témoins du 11/9 n’ont pas beaucoup de chances d’accéder à autre chose qu’un marché marginal, une secte quoi. Le potentiel des Témoins de Gaïa est autrement inquiétant.


      • Blé 1er septembre 2009 08:09

        L’urgence à mon avis est de mettre en place une écologie des esprits.

        Je subis ce que la classe dominante a les moyens d’imposer et je devrais me sentir responsable ? Responsable de quoi ?

        Les bateaux de luxe qui se bercent dans les ports, les courses d’automobiles, les démonstrations d’avions pour les vendre aux « riches », les allés et venus des hommes d’affaires, la déforestation à grande échelle, la monoculture pour spéculer, qui en parle ?
        Ai-je vraiment besoin de pêches qui viennent d’Argentine ? Pendant ce temps nos producteurs n’arrivent pas à vendre leurs fruits et les jettent sur la chaussée.

        Le fait que je sois bien éduqué et responsable de mes actes, me donne t-il les moyens de modifier la productivité à outrance, l’exploitation des sols et sous sols pour engraisser les actionnaires ?

        Il serait temps de comprendre que la liberté de nuire des uns (une minorité) avec la bénédiction du gouvernement ne donne pas la liberté d’agir et réagir aux autres, le gouvernement envoie les forces de l’ordre (le plus grand nombre).


        • Pepe de Bienvenida (alternatif) 3 septembre 2009 17:11

          Le coup de la prise de conscience qui descendrait des cieux nimbée de lumière, on nous l’a déjà fait. Non, mine de rien le problème de la « survie de la planète » pose la question (aucune question n’est taboue) du bien fondé de la démocratie. Parce qu’après tout, à « gauche » on remet en cause à juste titre le dogme de la « main invisible du marché », mais qu’est-ce que la démocratie, sinon la main invisible du marché électoral, où l’on suppose que la majorité des intérêts et préoccupations individuels va converger vers une solution collective appropriée ? Si l’on regarde du côté du dilemme du prisonnier, il est permis d’en douter, et cette démocratie nous réservera encore bien d’autres bonimenteurs à talonnettes.

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