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Accueil du site > Actualités > Politique > De l’usage du référendum

De l’usage du référendum

En ce qui concerne le référendum, l’Italie nous montre une plus grande ouverture d’écoute et organise très souvent la prise du pouls populaire. Voici les résultats d’un petit sondage réalisé en ligne auprès d’internautes belges, pays dans lequel le référendum est interdit.

Les participants au sondage organisé par www.cybervote.be sur le référendum (ouvert le 01/09/05, 123 participants à ce jour) nous le confirment, il existe un réel engouement pour l’organisation de consultations populaires dans notre pays. Les internautes sont pour à près de 90%.

Les libéraux le souhaitent depuis des années. Côté socialiste, on est beaucoup moins chaud. 55% des cybervotants pensent effectivement que ce sont les libéraux les plus favorables à l’organisation de consultations populaires sur des sujets importants. Moins de 9% (! !!) sont convaincus par la volonté des socialistes, les autres (36,54%) sont sans opinion sur cette question.

Certains expliquent entre autres qu’un référendum à l’échelon fédéral comporterait le risque de stigmatiser les différences entre le Nord et le Sud du pays. Il risquerait d’y avoir des différences entre la Wallonie et la Flandre. Et chacun de rappeler la consultation populaire de 1950 sur le retour de Léopold III, consultation populaire qui avait fortement divisé francophones et Flamands...

Si en Belgique le vote est obligatoire, c’est que le gouvernement tient à ce que chacun d’entre nous s’exprime. Toutefois, lorsqu’on désire s’exprimer, il n’y a plus personne pour nous entendre... A la question : "Avez-vous le sentiment que le pouvoir politique écoute assez les citoyens ?", ils sont 86% à répondre par la négative.

L’interdiction en Belgique

Dans certains pays européens, on considère quand même les citoyens comme pas tout à fait sots. Une dizaine des 25 pays de l’Union ont demandé l’avis de leurs citoyens sur l’acte fondamental européen.

La question est certes fortement complexe, et requiert de la part du politique un devoir d’information, d’explication et de débat, comme cela l’avait été en France. Chirac, face à Delarue et Fogiel, dans un débat d’un genre nouveau, des millions de livrets sur la Constitution ont été envoyé à tous les Français... La discussion va dans les deux sens. Ce référendum fut toutefois l’otage d’une population face à un gouvernement depuis trop longtemps impopulaire.

Les questions sont variées. Ainsi, les Italiens ont récemment pu s’exprimer sur un assouplissement de la loi sur la procréation médicalement assistée.

De la Boulè grecque à Porto Allegre

Dans la Grèce antique, la Boulè était assez comparable à une assemblée ou à un sénat ; y siégeaient 500 citoyens tirés chaque mois au hasard, sans distinction de compétences ou d’enthousiasme de ses membres. L’idée d’une démocratie participative n’est donc pas nouvelle...

Nos représentants élus sont certes moins émotifs et plus réfléchis que l’opinion publique. Que serait-il advenu, au milieu des années 1960, si l’éventuel lancement d’une bombe thermonucléaire sur Hanoï avait fait l’objet d’une consultation populaire ? Il faut inventer les moyens de surmonter cette hyperémotivité du public.

Dans les années 1970, les autorités suédoises invitèrent la population à participer à la formulation de la politique énergétique. Le gouvernement institua un stage d’information de 10 heures afin de permettre d’acquérir des connaissances sérieuses sur diverses options énergétiques (solaire, géothermique...). Alors qu’on attendait un maximum de 10 000 inscriptions à ces séances privées et publiques, ce sont plus de 80 000 Suédois et Suédoises qui se lancèrent dans les débats. Leurs recommandations furent officiellement prises en compte.

Autre exemple, la ville de Porto Alegre (1,3 millions d’habitants, Brésil) a créé un système révolutionnaire de budget participatif, où les individus de la municipalité ont la liberté de renforcer les structures de délibération pour la gestion publique du budget et des politiques sectorielles, ainsi que pour l’élection des directeurs et conseillers éducatifs dans le réseau des établissements scolaires municipaux. Finalement, c’est la population elle-même qui tranche sur les priorités en investissements. Et c’est bien normal...

Conclusion

Il existe des moyens très efficaces, bien que sous-employés, de combiner la participation directe des citoyens et la représentation, dans un système nouveau de démocratie semi-directe (participocratie).

Par exemple, on pourrait ainsi attribuer aux parlementaires un certain bonus (modulé en fonction de l’importance de la majorité exprimée lors du plébiscite) si les citoyens se prononcent dans le sens de leurs décisions. Les desiderata des électeurs n’auraient pas automatiquement force de loi, mais ils auraient un poids spécifique.

Ceci serait facile à mettre en place, grâce aux technologies de communication actuelles.

Les décideurs politiques se montrent encore trop frileux à ce sujet.


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10 réactions à cet article    


  • zut (---.---.20.126) 3 mai 2006 14:02

    Pourquoi ne pas créer un site Web où les abonnés proposeraient des sujets de referendum, en éliraient un parmi cette liste en début de mois, débattraient tout le mois de ce sujet sur un forum, puis voteraient oui ou non en fin de mois. Et ainsi de suite. Si un mois est trop court, une autre durée pourrait être choisie (par vote bien sur ;)

    Cela permettrait de faire avancer les débats et peut-etre même d’influencer nos politiciens en cas de réel succès du site (faut pas rêver qu’en même)

    Je ne serais pas étonné qu’un tel site existe déjà ou qu’il n’ait finalement pas rencontré beaucoup de succès. Mais ça serait intéressant d’avoir cela sur AgoraVox en parallèle.


    • zoï (---.---.58.60) 3 mai 2006 17:02

      Certes, mais un enjeux réel demeure le principal moteur du succés des référendum là où ils existent.


    • Aymeric (---.---.100.34) 3 mai 2006 15:44

      En France aussi le référundum est très largement sous-utilisé, je pense que la Suisse est le meilleur exemple Européen dans le domaine.


      • zoï (---.---.58.60) 3 mai 2006 17:46

        Il est sous-utilisé parce que la constit française ne veut pas qu’il soit à l’initiative des citoyens. Car en ce cher vieux pays, on ne veut surtout pas entendre parler de démocratie réelle. Pourtant, le référendum d’initiative populaire serait un vrai contre-pouvoir entre les mains des citoyens... Et c’est cela qui, précisément, dérange les « élites » politiques : que le citoyen lambda puisse avoir son mot à dire et, comble de l’horreur, puisse exiger des comptes à ceux qu’il a élu. En fait, la démocratie est l’inavouable bête noire de nos « représentants ». Quand on a compris ça, on a compris l’essentiel de la vie politique française, et le trou noir autour duquel elle gravite depuis des lustres cesse d’être un mystère sans fond et sans remède.


      • Scipion (---.---.75.221) 3 mai 2006 18:57

        Le problème, en Italie, c’est qu’il est fréquent que le pouvoir politique ne tienne aucun compte de leurs résultats.

        Il n’est pas inutile de le savoir...


        • Aymeric (---.---.100.34) 4 mai 2006 11:21

          En bref la Démocratie Représentative n’est pas démocratique.

          Y a t-il un seul candidat pour 2007 en France qui a parlé de rendre notre démocratie un peu plus participative ?

          Et après on va nous reprocher de ne pas voter ou de voter blanc.


          • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 4 mai 2006 11:58

            Ségolène en parle, mais resultat des courses : elle se fait taxer de démagogie...


          • Aymeric (---.---.100.34) 4 mai 2006 11:28

            Après reflexion je me dis que la situation en Belgique même si elle n’est pas plus enviable que la notre (en France), a au moins le mérite d’être moins hypocrite.

            Les politiques se foutent tout autant de l’avis du peuple (en dehors des élections bien sur ;) ), mais au moins en Belgique ils ne s’en cachent pas.

            Les « Démocratie Populaires » sont des dictatures d’un parti « populaire », la « Démocratie Représentative », c’est la dictature des représentants.

            A quand une VRAIE démocratie démocratique ?


            • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 4 mai 2006 11:57

              Le problème du referendum est que assez souvent, en France, il se transforme en plébicite (ou contre-plébicite) du pouvoir en place. Et assez souvent, ce sont les intérêts particuliers qui priment sur l’intérêt général (le débat Chirac-jeunes sur le referendum du TCE était clair en ce sens : la question principale était ’Qu’est-ce-que le TCE peut m’apporter à moi, dans mon quotidien ???’).

              Là où l’exemple Suisse est intéressant par rapport à la France, c’est que les referendum ne servent pas de plébicite, mais de prise de décisions entre deux options (ex : option A : plus d’impôts mais maintien du service public/ option B : moins d’impôts mais moins de service. Il y a eu un referendum de ce type récemment et les Suisses ont accepté la hausse des impôts...).

              C’est le problème en France, le referendum ne permet pas de trancher entre deux options mais de valider les décisions d’en haut...


              • Scipion (---.---.44.111) 4 mai 2006 22:58

                En Suisse, l’initiative ne peut pas se transformer en plébiscite, puisqu’il n’est pas organisé par le gouvernement, mais demandé par les auteurs de l’initiative, qui ont récolté des signatures dans ce sens.

                En France, les électeurs sont appelés à voter « oui » s’ils sont d’accord avec le gouvernement, d’où la tentation de voter contre le gouvernement plutôt que sur l’objet en question.

                « Il y a eu un referendum de ce type récemment et les Suisses ont accepté la hausse des impôts... »

                En fait, il ne s’agit pas « des Suisses », mais des habitants d’une ville, ou d’un canton... J’en ai vaguement entendu parler, parce que ce genre d’information ne fait pas recette dans le pays même. J’ai pu constater, en revanche, qu’il fait, généralement, beaucoup rire les Français.

                Ils démontrent ainsi à quel point le sens civique leur fait défaut. Et à quel point le référendum d’initiative populaire serait étranger à leur culture.

                Le Pen s’en fait le promoteur, parce qu’il en espère le rétablissement de la peine de mort ou l’abolition de la loi Gayssot, mais il réagirait certainement très mal face à 500’000 signatures réclamant une consultation sur la libéralisation totale du cannabis ou sur l’octroi du droit de vote aux étrangers...

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