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Accueil du site > Actualités > Politique > De la démocratie : légitimité électorale et corruption

De la démocratie : légitimité électorale et corruption

Ne tournons pas autour du pot. L’épine dorsale des démocraties aujourd’hui, ce qui fait qu’elles ont ce label, n’est ni la vertu, ni le bien du peuple. Le traitement infligé au peuple grec est exemplaire à cet égard. Une mafia de corrompus, et l’Union européenne, ainsi que le FMI ne voit pas d’autres solutions que de conduire le pays à une catastrophe annoncée. Ce qui labélise, contre vents et marées l’appellation démocratique, ce sont les élections, et la légitimité qu’elles procurent, légitimité accompagnée d’une quasi-totale irresponsabilité. Prenons le cas de l’Espagne, où chaque semaine les juges apportent les preuves d’une corruption (en particulier d’une double comptabilité) qui dure depuis presque vingt ans. 

A quels résultats conduisent ces révélations ? A rien. Les dirigeants s’arcboutent sur leur légitimité électorale, la revendiquent haut et fort, comme pour narguer ceux qui voudraient nettoyer les écuries. Cette situation, banale en soi, pose un problème philosophique majeur. Quelles est la responsabilité des électeurs dans cette histoire ? Elle semble être totale, et définitive, en ce sens que malgré toutes les preuves qu’on peut apporter, l’électeur se rend docilement aux urnes et approuve par son vote, la pérennité du système. En ce sens, on pourrait presque affirmer que les vrais corrompus ne sont pas les dirigeants, mais ceux qui les élisent. Ce ne serait pas faux. On peut cependant remarquer, à la décharge de l’électeur, que le système démocratique a bétonné sa forteresse en érigeant peu à peu des barrières qui empêchent presque tout réel changement. La barrière principale est le bipartisme, qui fige la vie politique dans une fausse alternance, une alternance dans laquelle les électeurs ne votent plus pour, mais contre…

Si l’on prend le cas actuel de la France, un constat s’impose : la différence entre le gouvernement précédent et l’actuel ne saute pas aux yeux. C’est qu’ici, les preuves sont claires. Les français n’ont pas voté pour le PS, ou Hollande, mais contre Sarkozy. Alors, il faut reconsidérer totalement la vacuité d’un système qui mène au pouvoir un homme et un parti arrivés les mains dans les poches après quelques années d’attente. Car il est clair que le PS français n’a jamais procédé à des analyses sérieuses quand il était dans l’opposition. Ce qui a eu lieu, ce sont des batailles d’ego, des luttes pour le pouvoir personnel. Il est admis aujourd’hui que si DSK n’avait pas été mêlé à cette affaire de mœurs aux Etats-Unis, il aurait été certainement élu. Cela aurait-il changé grand-chose ? je ne le pense pas, car il aurait sûrement fait la même politique, avec les mêmes hommes.

Les électeurs avisés auraient pu avoir cependant la puce à l’oreille quand le candidat Hollande a présenté ses « propositions ». Des propositions ne sont pas un vrai programme, et de programme, le PS n’en a pas. L’impression qu’il donne aux français, de lois en reculades continuelles, est celle d’un gouvernement qui navigue au jour le jour, en attendant que ça passe. Et tout ce monde se proclame démocrate et européen (c’est presque un pléonasme…). 150 millions de chômeurs n’agitent pas les peuples européens, ni leurs dirigeants, quand ils ne sont pas ignoblement rayés par des déclarations optimistes ou mensongères. Que faire devant cette situation ? Tout citoyen aujourd’hui est confronté à ce problème. Les analyses sont là, les études également. Tout est connu, et archi-connu. Manque seulement non la volonté, mais la mise en œuvre effective qui découlerait logiquement de celles-ci. Or rien ne se passe, ou à la marge.

On peut alors envisager plusieurs pistes. La première est que le capitalisme, dont les démocraties (j’emploie volontairement le mot au pluriel, car le singulier n’a qu’une existence fictive) a gagné, et qu’il faut s’en accommoder. La mondialisation va faire d’immenses dégâts, mais tout cela se régularisera dans une ou deux générations. Il y aura eu des millions de victimes, mais cela passera pour profits et pertes nécessaires de la régulation du système. L’Europe sera alors complètement dirigée par une bureaucratie non élue, qui dictera sa loi. Paradoxe d’un système démocratique qui aboutira à une espèce de dictature soft dans laquelle les élections auront été complètement vidées de leur sens. C’est ainsi que l’on comprend les réticences des tribunaux allemands, aux compétences bien plus étendues que les nôtres, devant certaines initiatives. On dit qu’il s’agit de préserver l’Allemagne, ce qui est sans doute vrai, mais s’y ajoute également une défiance viscérale face à la bureaucratie européenne.

Alors que faire ?

Première solution : rentrer dans sa tanière. Ne plus aller voter. Se désintéresser complétement de toute forme de politique. Se désinformer volontairement. Posture que l’on peut qualifier d’égoïste, mais qui évite d’avoir des ulcères ! Mais position qui n’est pas si éloignée de celles de centaines de milliers de jeunes, pour qui la possession d’un Ipad ou d’un Smartphone est plus importante que le régime qui nous gouverne. On pourrait ajouter à cela que chaque élection est le lieu d’un théâtre quasiment surréaliste où une grande majorité des électeurs ne sait pas pourquoi il vote…

Deuxième solution. : Attendre que la situation pourrisse à un point tel que des partis qualifiés de mineurs entrent en scène. Le cas du FN en France est intéressant. Tout a été fait pour que les petits partis n’existent pas, au nom d’une certaine stabilité politique. Mais cette stratégie peut se retourner contre ses auteurs quand la masse des électeurs devient suffisamment importante, et change la règle.

Troisième solution : descendre dans la rue. Des barricades, des grèves générales, éventuellement un changement de régime…

Et après ?

L’Histoire nous apprend que chaque révolution populaire a été confisquée par d’autres (1830, 1848,1871, 1968…) et qu’elle s’est transformée en son contraire. Jamais la chambre n’a été aussi à droite qu’après les événements de mai 68 ! Il ne s’agit pas seulement d’abattre un régime, il faut être capable d’en proposer un autre, et ce n’est pas le plus simple. En fait, une révolution, ce sont des idées, et une personne (ou plusieurs…) qui incarnent fortement ces idées, qui vont être capables, contre vents et marées, de les expliquer, de la mettre en pratique et de rester logiques…On dit que les français ont une mentalité un peu messianique. Ce n’est pas totalement faux, et pas si idiot que l’on voudrait l’entendre. Le cas De Gaulle est exemplaire à cet égard. Malgré des zones d’ombres, ou carrément noires, cet homme se sentait porteur d’une mission, et il a réussi à convaincre les français de la légitimité de celle-ci. Il a été le Jeanne d’Arc moderne, à tel point que comme pour la pucelle, nombreux sont ceux qui se réclament de lui, bien qu’en réalité leurs idées (quand ils en ont) soient aux antipodes de la pensée gaulliste.

Ce qui irrite le plus celui qui voudrait éventuellement changer le monde, c’est qu’il se trouve pris entre plusieurs feux. Il y a d’une part l’idéologie capitaliste qui véhicule avec elle un certain confort, une certaine idée du progrès. La question se pose alors de savoir e que l’on est prêt à perdre, et ce n’est pas une question rhétorique. Toutefois, il est à craindre que le temps choisisse pour nous, et change complètement la donne. Au nom d’une certaine stabilité, et d’un progrès illimité, il se peut qu’un jour tout cela se fissure et finisse par craquer.

De l’autre côté, il y a l’Etat. Ce dernier est une sorte de Janus. A la fois Garant d’une certaine unité, et en fin de compte auteur des errements quotidiens de la vie politique. L’Etat est un monstre, dit-on, et il est vrai qu’on peut se poser des questions importantes à son sujet. Ainsi, lorsque celui-ci commence à ne plus être capable, comme en France, de maintenir une certaine éthique républicaine, on peut se demander à quoi, ou qui il sert. En fait, il semble bien que la notion même d’Etat soit aujourd’hui mise à mal. Sommes-nous en train de revenir à une balkanisation de l’Europe ? C’est possible, d’autant que l’idéologie de l’Union européenne est férocement antiétatique. Pour elle, les Etats sont les ennemis à abattre. Ce dont elle rêve, c’est d’une Europe des régions, bien plus dociles, et tournées presque exclusivement vers le profit. Les années à venir vont voir le conflit entre l’Espagne et la Catalogne se concrétiser peut-être par un référendum d’autodétermination, L’Ecosse va aussi voter en ce sens, et que dire de la Belgique ?. Si les résultats des élections aboutissent à une séparation, il est à prévoir que l’effet domino jouera. Est-ce mieux, est-ce pire ? Difficile de trancher. Chacun juge selon ses intérêts, toujours contradictoires. L’Etat s’est construit sur la destruction patiente de l’ordre féodal, qui reposait sur une illusion : je te protège, et tu travailles pour moi. Le jeu n’était pas équitable, et a fini par ne plus pouvoir être joué. Aujourd’hui, force est de constater que l’idée d’Etat n’a pas bonne presse, et pour de bonnes raisons. Droite et Gauche se sont évertuées, depuis Mitterrand à détricoter patiemment les domaines régaliens pour les vendre à bas prix au privé, privant de fait l’Etat de ressources. L’exemple des autoroutes est exemplaire..

Autre possibilité, fonder un nouveau parti. Selon la Commission nationale des comptes, plus de 230 organisations ont le statut de partis politiques. C'est le Canard enchaîné qui ressort l'information dans son édition 2 décembre 2008. Pourquoi tant de partis ? L’explication est simple : Les financements des partis et des campagnes électorales sont plafonnés. En revanche, un particulier peut donner à plusieurs partis politiques. Et des partis politiques peuvent également financer d'autres partis, sans aucune limite cette fois-ci. Voilà pourquoi la France compte près de 230 partis politiques comme l'explique le Canard enchaîné : "Si une entreprise ne peut en aucun cas financer un parti, un autre parti est en droit de le faire. D'où l'avantage de créer plusieurs formations politiques. Soit pour permettre de savants mouvements de vases communicants. Soit pour permettre à une même personne de verser plusieurs contributions". Rue89, dans son édition du 23 décembre 2013, explique la création d’un nouveau parti, le parti « nouvelle donne » qui doit « créer la surprise » aux européennes. Avec quelques personnalités (l’humoriste Bruno Gaccio, la sociologue Dominique Meda, le philosophe Edgar Morin, l’urgentiste Patrick Pelloux...C'est un peu un inventaire à la Prévert...), l’économiste Pierre Larrouturou, 49 ans, conseiller régional d’Ile-de-France, vient de lancer Nouvelle Donne, un nouveau parti politique qui entend « créer la surprise » lors des prochaines élections européennes. Nouvelle Donne est issu du Collectif Roosevelt 2012, un club de réflexion animé par Larrouturou, qui tente de diffuser ses idées en Europe. Inutile de dire que ce parti, dans l’état actuel des rapports de forces politiques, n’aura jamais qu’une existence croupion, et très peu d’influence sur les grands choix politiques. Il est à craindre qu’aujourd’hui, un parti ne soit pas la bonne solution pour changer la donne !

Investir les mass-médias, par où tout passe désormais ? Travail à long terme et vraisemblablement utopique tant ceux qui font la télé ont intérêt à la pérennité du système ! C’est un peu comme espérer des fonctionnaires européens autre chose qu’une attitude férocement arcboutée sur leurs privilèges ! Sartre y avait pensé, en son temps, dans la conclusion de «  Qu’est-ce que la littérature  ?  » en 1947  : «  Comment agréger à notre public en acte quelques-uns de ces lecteurs en puissance  »  ?  «  Recourir à de nouveaux moyens  : ils existent déjà  ; déjà les Américains les ont décorés du nom de «  mass média  »  ; ce sont les vraies ressources dont nous disposons pour conquérir le public virtuel  : journal, radio, cinéma.

Il est cependant inutile de rêver. La presse, qu’elle soit télévisuelle ou de papier, est possédée par des grands groupes financiers peu enclins eux aussi, à ceux que les choses changent.


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14 réactions à cet article    


  • howahkan Buddha Marcel. 27 janvier 2014 12:19

    Dans un monde ou la compétition qui est élimination de la majorité est imposé à tous des l’école , aucun humain amical, serviable, collectif, non motivé par des motifs de gain mais par l’intelligence humaine du groupe soudé, ne peut absolument pas arriver à un poste clé, car ce genre de personne est repéré puis éliminé .....

    Le cerveau habituel qui est le notre a perdu sa fonction « intelligente » Universelle il y a déjà longtemps, des milliers d’années sauf exceptions ici et là, l’intelligence est globale et Universelle avant tout, ; on a juste gardé la fonction mécanique d’analyse ( le fameux QI) qui divise pour analyser, « moi » et l’objet de l’analyse...dans ce schéma non intelligent « moi » a toujours raison le tout multiplié par 7 milliards., ceci pour faire trop court..mais aller dans le fonctionnement de chaque cerveau devrait être le fait de chacun or.........ceci n’est jamais fait....chaque « moi » envahit le champs extérieur..........du moins c’est ce qu’il croit....dans mes aventure « intérieures » involontaires j’ai vu clairement et le vois souvent que envahir l’exterieur est en fait à la base un mouvement de fuite intérieur....pour faire simple on croit conquerir l’univers mais on fuit quelque chose...........

    mais quel serait le lien avec l’article ? la société n’existe pas sans les humains, elle est l’interaction toujours violente de la somme des buts personnels de chacun ..à ce jeu qui gagne ? les plus violents ! ceux qui n’hésiterons pas à tuer ,en fait à faire tuer aujourd’hui

    l’auteur dit : La première est que le capitalisme, dont les démocraties (j’emploie volontairement le mot au pluriel, car le singulier n’a qu’une existence fictive) a gagné, et qu’il faut s’en accommoder. La mondialisation va faire d’immenses dégâts, mais tout cela se régularisera dans une ou deux générations. Il y aura eu des millions de victimes, mais cela passera pour profits et pertes nécessaires de la régulation du système.

    le capitalisme pour moi a gagné des le début ,il y a déjà au moins 5000 ans voir plus..le troc pour gagner sur l’échange avant l’argent préfigurait déjà le monde actuel ... la pseudo gauche ( que j’appelle bolchevo-capitaliste, voir la vrai histoire de qui -quoi , est-sont ces bolcheviques))n’est qu’invention , une fausse opposition crée par le capital pour leurrer ceux qui ont un vrai boulot qu’il y aurait une opposition au capital guerrier, toutes les guerres sont faite par et pour le capital, dites le a votre banquier !! ,

    Il y a bien sur le vrai travail de tous les jours pour faire ensemble les nécessités vitales sans qui l’humain n’existe plus depuis longtemps....le leurre droite gauche vient de tomber grâce a Manuel Valls, cela est soi une faute, soi volontaire , je ne sais pas...conclusion : d’opposition à la puissance du parasite qui ne travaille jamais il n’y a plus, de manière organisée ..
    il y a résignation de l’auteur et globale ce qui peut se comprendre bien sur.

    Pour moi c’est parce que en fait que veux la masse prise comme nombre , sinon la même chose que les élites...+ de tout si possible ..mais ceci bien sur sera nié avec fermeté ...seul personne ne survit....

    les élites financieres c’est juste des gagnants inevitables issus du jeu auquel on joue presque tous : le monopoly...

    mais en y jouant ,n’étant plus intelligent on n’en perçoit aucune des conséquences sauf une : je peux gagner..............1 gagnant et des millions de perdant.....les autres conséquences, tricherie, vol , truquage, violences, guerres, massacres, destruction de culture, asservissement , pollution, destruction d’espèces vivantes , abus de pouvoir ,pseudo justice aux ordres, tortures etc etc ne sont pas perçues....je dis ceci est un aveuglement volontaire...

    car pour une majorité d’humain vivre c’est gagner..........on répète bêtement le conditionnement appris des l’école, que vivre c’est niquer les autres, mais bien sur ce fait sera aussi nié...........

    l’illusion, est de croire qu’il y a un système, or il n’y a que des humains dont certains se laissent mettre en esclavage pour certains motifs qui doivent être compris pour s’en debarasser......changer de système ne veut rien dire de profond et radical sans changement des humains....

    se rendre compte que nous sommes le système , tous ,est le début de quelque chose..mais pour avancer sur ce chemin il faut apprendre le fait que a partir de la ce qui est a venir est inconnu ..............je dois vivre ma vie comme étant une inconnue ..or la non plus il n’y a pas grand monde a vouloir aller par là......

    or avancer en territoire inconnu ou « moi je » est totalement concerné...donc j’arrête de fuir....n’est plus dans nos capacités...........sauf exceptions....

    il n’y a aucun autre choix que d’arrêter la compétition partout ou elle existe et ceci d’une manière volontaire issue d’une envie globale..................... des millers d’années de guerre, guerre qui est pure competition, donne 100% raison à ce que je dis.....

    pour cela comprendre tout ceci est la clé......changer radicalement n’est ni possible , ni impossible c’est au deal de ce choix simpliste binaire, il y a juste aucun autre choix possible sauf le pire encore et toujours

    nous sommes ces sociétés immondes, activement ou passivement..

    merci à l’auteur ..


    • Daniel Roux Daniel Roux 27 janvier 2014 13:36

      N’écrivons pas « démocratie » mais illusion démocratique. Il est clair que depuis l’annulation du résultat du dernier référendum, la voix du peuple, par Sarkozy avec la complicité active de Hollande, nous n’avons jamais été en démocratie, mais seulement sur la voie de la démocratie.

      D’accord avec l’auteur, nous ne votons pas « pour une politique » mais contre. En réalité, nous votons pour le « moins pire ». Surtout depuis que les électeurs ont appris que « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient. »

      Ce qui est paradoxal, est que le PS est un parti de centre droit, économiquement et politiquement, avec quelques évolutions sociétale codifiées déjà actées par les français. Les français sont majoritairement de droite, conservateurs, embourgeoisés. Ils n’ont pas envie d’une révolution. Hollande correspond tout à fait à ce que souhaite la majorité des électeurs, surtout après la catastrophe du quinquennat de Sarkozy, l’incompétent.

      C’est ce qu’a bien compris l’opposition. Sarkozy a toujours été un boulet dont on voudrait bien se débarrasser mais pour le remplacer par qui ? En désespoir de cause, on ressort celui qui affirmait être « droit dans ses bottes » contre les français qu’il avait poussé dans la rue, celui qui a été condamné pour indélicatesses, celui qui tel Fido, chien fidèle, a mangé la soupe que lui servait son maître jusqu’à la lie.

      Tout vaut mieux que Sarko, l’incroyable mais je crains le pire.


      • Emmanuel Glais 27 janvier 2014 13:45

        Vous avez de bonnes sources pour ce que vous dites sur les tribunaux allemands ? J’aimerais en savoir plus.


        Sur l’analyse de l’essor relatif du régionalisme en Europe, je ne suis pas certain que celui-ci indique une baisse des attentes envers l’Etat. Au contraire, il y a derrière le fantasme de créer un Etat plus solide autour d’une vraie Nation. 

        • MKL 27 janvier 2014 14:07

          Bon alors selon vous tout est foutu, aucune solution en vue.

          Nous sommes donc voués à attendre l’avènement du totalitarisme et de la 3ème guerre mondiale !

          Je regrette mais perso je préfère tenter encore quelque chose, même sans garantie de résultat, et Nouvelle Donne me parait être une piste intéressante (il faut dire que je suis Larrouturou depuis un bout de temps, je l’ai rencontré à plusieurs reprises et le bonhomme m’inspire plutôt confiance)


          • gogoRat gogoRat 27 janvier 2014 14:51

             Cautionner, en bloc, un tel texte sans tempérer cette caution par des « réserves » explicitées ... c’est ce que nous propose la technique de plussage de ce site.
             Heureusement, cette technique est complémentée par la possibilité et la liberté de s’exprimer à son tour. Dont acte ! (ci-après)
             Sans quoi nous serions piégés ici par le même artifice que celui dont abusent nos élus ! (à savoir : faire cautionner ou rejeter en tout-ou-rien un fourre-tout )
             (Cette réplique, fourre-tout elle aussi, sera conclue par une suggestion ; quelle pertinence à plusser-moinsser tout ceci en vrac ? Seules des expressions concises, claires, « atomisées », ont des chances de pouvoir donner lieu à une notation pondérée significative et constructive ... )

            >>> Remarques perso. sur des points-clé du présent article :

            1.  « Ce qui labélise, contre vents et marées l’appellation démocratique, ce sont les élections, et la légitimité qu’elles procurent, légitimité accompagnée d’une quasi-totale irresponsabilité. »
            >>> Les techniques de légitimation ont pour but ontologique d’établir une légitimité procédurière, publique, unique, qui s’oppose forcément à l’infinie multiplicité des « légitimité morale » propres à chacun (dans sa « vie privée »).
             C’est effectivement l’abus procédurier et irresponsable d’une légitimation s’appuyant sur une légitimité morale particulière et douteuse ... qui nous fait douter du bien-fondé du processus.
            1. « La barrière principale est le bipartisme, qui fige la vie politique dans une fausse alternance, une alternance dans laquelle les électeurs ne votent plus pour, mais contre… »
            >>> Voter contre ne serait pas un mal en soi ! Au contraire, quoi de plus naturel et de plus vrai que de savoir ce que l’on veut éviter, ou ce dont on ne veut plus, avant-même que de savoir déterminer ce que l’on souhaite ou ce qui nous serait profitable !
             Sans doute aurions-nous avantage à prendre en compte ce fait pour améliorer nos techniques de consultations citoyennes ... Cependant, ce qui est totalement inadmissible, c’est de transformer le rejet d’un point ciblé en un prétendu choix pour « n’importe quoi pour peu que ce ne soit pas exactement cette cible » ! La présentation dichotomique et niaise que nos candidats servent aux électeurs, relève à la fois de l’irrespect des populations et de la « fatitude » de ces arrogants.
            1. « Les français n’ont pas voté pour le PS, ou Hollande, mais contre Sarkozy. »
            2.  « il faut reconsidérer totalement la vacuité d’un système qui mène au pouvoir un homme et un parti arrivés les mains dans les poches après quelques années d’attente. »
            >>> jusqu’à quel point, jusqu’à quel pourcentage d’abstention/non-vote, peut-on considérer que les électeurs exprimés représentent « les Français » ....
            La vacuité de la légitimité procédurière qui nous abuse peut déjà être approchée par la vacuité des bureaux de vote ...
            1. « 150 millions de chômeurs n’agitent pas les peuples européens, ni leurs dirigeants, quand ils ne sont pas ignoblement rayés par des déclarations optimistes ou mensongères »
            >>> ces 150 millions sont des citoyens (électeurs potentiels) avant d’être des chômeurs (voire, plus tard des dits « assistés ») : plus ou moins inconsciemment, ils sont déjà niés en tant que tels par le vocable par lequel on les nomme. ( Aurait-il été légitimement établi qu’ils aient voté pour l’idée que leur dignité et leur reconnaissance sociale ne puisse passer que par l’obtention d’un contrat de « travailleur » salarié ? )
            1. « Il ne s’agit pas seulement d’abattre un régime, il faut être capable d’en proposer un autre, et ce n’est pas le plus simple »
            2.  « De Gaulle » ....
            3.  « celui qui voudrait éventuellement changer le monde »
             >>> Vision réductrice, péremptoire (... et fermée !) du champ des possibles.
             Ceci laisse entendre que tout ne serait question que du choix d’un bon régime, d’un homme providentiel, ou d’un visionnaire ?
             Aurait-il été démontré qu’une transformation du regard lui-même que nous portons sur le monde (ou sur les « régimes », quels qu’ils soient) ne serait pas à même de transformer autant le monde que ses « régimes » ?
             ( cf John Lennon :
            « Avant de vouloir faire la révolution pour les autres, faites d’abord la révolution dans vos têtes. » )
             voir aussi, plus bas, une suggestion de technique démocratique orthogonale à tout régime
            1.  « Pourquoi tant de partis ? »
            >>> C’est dans la logique-même du scrutin !
            - qu’elle soit intuitive comme chez JJ Rousseau lorsqu’il se rendait compte qu’il n’y a pas plus de voix différentes que de « brigues » politiciennes
            - ou qu’elle soit mathématiquement démontrée par le théorème du jury de Condorcet :
             ... la pertinence du résultat du vote est améliorée par le nombre de votants indépendants et un minimum compétents.
            1. « les vraies ressources dont nous disposons pour conquérir le public virtuel  : journal, radio, cinéma. »
            >>> là je prends peur ! Public virtuel ! Voilà où nous mène la dérive d’une notion de « personne morale » ... La France, personne morale incarnant toutes les autres « personnes morales » et immorales qu’Elle abrite autant que des Français graduellement virtualisés jusqu’à être niés, deviendrait le seul objet d’une « Démocratie » ... absolument virtuelle !

             Il m’est alors difficile de ne pas conclure sans revenir à ma marotte .
            Quatrième solution : CA DO !

             CAhiers de DOléances officiels !


            • howahkan Buddha Marcel. 27 janvier 2014 15:02

              il n’empêche que tout ceci est bien loin d’une des bases du comment ne jamais vivre ensemble pacifiquement mais toujours en guerre , pour le plaisir du malin qui les organise avec votre vie et ses armes..

              la racine de tout ceci est la compétition partout..vivre c’est combattre ,la preuve le gorille mange bien une banane !!

              La compétition est élimination, elle crée des millions de perdants aujourd’hui pour un gagnant ...........

              alors le choix est simple oui ou non pour garder la compétition..

              si vous dites oui, alors inutile de gueuler ce monde et le pire qu’il engendre comme guerres et massacres est le votre

              si vous dites non, alors faut s’organiser....

              notre choix est là, le reste est pour faire oublier que une issue au crime organisé qui dirige il y a ,bien sur smiley


              • efzed 27 janvier 2014 16:33

                Heureusement l’espoir à un nom : l’UPR smiley


                • almodis 27 janvier 2014 16:52

                  4 e solution !

                  passer - enfin - à la démocratie , la vraie que nous n’avons JAMAIS connue !

                   http://www.democratiereelle.org

                  nous ne sommes pas un parti , nous ne pomperons pas le fric des autres formations , nous avons été tirés au sort , pour une CONTRE ELECTION EUROPENNE


                  • Stalouk 27 janvier 2014 16:59

                    Article intéressant, avec une analyse pertinente de la situation.
                     
                    L’auteur a compris pas mal d’arnaques et en fait une bonne synthèse, mais à mon avis il manque une partie :
                    Dans nos régimes, la « démocratie » est un leurre, le mécanisme de l’élection fait que précisement le peuple ne décide rien et se contente de désigner des élus. C’est donc un piège démocratique, et il faut refuser d’utiliser le mot démocratie au singulier ou au pluriel pour désigner nos régimes. (Thèse de Chouard)
                     
                    Ce qui m’intéresse c’est la partie « Que faire » ?
                     
                    Comme l’auteur le dit, l’histoire nous montre que les révolutions successives ont été confisquées.
                    Il faut donc impérativement bien comprendre contre qui ont fait la révolution et qu’est ce qu’on veut mettre en place AVANT de faire cette révolution, seule solution de mon point de vue.
                     
                    Une seule méthode : L’éducation populaire.
                    On se passe le mot entre nous, à la base, via des universités populaires, Internet, des conférences... et sans compter sur l’aide des partis, de l’éducation nationale ou des médias.
                     
                    Si nous n’y arrivons pas nous aurons mérité notre dictature..


                    • claude-michel claude-michel 27 janvier 2014 17:07

                      Excellent article sur le fonctionnement de notre société décadente...++


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 janvier 2014 11:08

                        La France n’est plus démocratique, puisqu’elle est dans une Union européenne qui ne l’est pas non plus. Selon ses constructeurs c’est « du despotisme éclairé ».
                        Pas éclairé par la démocratie, en tous cas.

                        Les membres de la Commission européenne ou de la BCE, ou du FMI, ne sont pas élus, mais se cooptent entre eux.

                        Les Traités européens ont transférés à des non élus les droits régaliens qui permettaient de mener des politiques intérieures nationales.

                        Ceux qui sont élus (en France ou au Parlement européen), n’ont pas de pouvoirs de décisions, et ceux qui décident ne sont pas élus...

                        Les décisions sont prises par la BCE, le FMI ou Bruxelles.
                        Les Gouvernements exécutent.

                        L’auteur a oublié de dire qu’à aucun moment les Français n’ont été consultés sur le principe même de notre appartenance à l’ UE :

                        * Le Traité de Rome n’a fait l’objet d’aucun referendum.
                        * Le Traité de Maastritch portait sur l’élargissement à d’autres pays.
                        * Celui de Lisbonne portait sur la Constitution européenne.

                        A aucun moment, il n’ a été demandé aux citoyens s’ils voulaient vivre avec les Lettons ou les Autrichiens, ou les Grecs, à perpétuité...

                        Cela semble un détail, mais c’est bien là, le point de départ de la fin de la démocratie. Pour qu’il y ait démocratie, il faut qu’il y ait un « demos », un peuple.

                        Or, il n’y a pas de peuple européen.
                        Ce ne sont pas les élections, ou le mode de scrutin qui signe la démocratie, mais l’existence du peuple devant lequel des engagements sont pris et à qui on doit rendre des comptes.

                        C’est la raison pour laquelle il faut sortir de l’ UE.

                        Hollande ne rend pas des comptes au peuple, mais à ceux qui prennent les décisions, à la Troïka.


                        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 janvier 2014 11:09

                           Sur la nécessité d’un « démos » pour qu’il y ait démocratie, voici l’avis d’une spécialiste en Droit Constitutionnel. « Démocratie et Europe »


                          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 janvier 2014 11:39

                            Résumé de l’intervention d’ Anne Marie Pourhiet, spécialiste en Droit Constitutionnel, chez Taddéi :

                            « Arrêtez de mettre le mot démocratie à toutes les sauces !
                            C’est la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe qui a pris un arrêt le 30 Juin 2009, et c’est une référence en la matière. Cet arrêt dit :

                             »Il n’y a pas de peuple européen, il n’y a donc pas de démocratie européenne possible. En conséquence, le pouvoir final et le dernier mot doit rester dans les Parlements nationaux, et pour l’ Allemagne, qui a un système fédéral, aux Landers.« 

                            La démocratie ne se résume pas au vote, il faut que les élus représentent »un corps« , un »démos« , qui existe aux USA, mais pas chez nous.

                            Exemple, au Sénat, est arrivé un texte européen sur les discriminations, à transposer en droit français. (70% de nos lois sont des transpositions des directives européennes)

                            Un sénatrice a fait remarquer que cela était un texte communautariste qui ne correspondait pas à la tradition républicaine française, ni même au droit latin.

                            Elle a été renvoyée dans ses buts par la Secrétaire d’Etat, qui a expliqué qu’il fallait recopier le texte MOT A MOT. (Qu’en cas de refus) la Cour de justice européenne donnait tort dans la quasi totalité des cas.

                            Voilà à quoi sert le Parlement français : à recopier mot à mot des directives d’inspiration anglo-saxonne. »


                            • Llambias Robert 31 janvier 2014 11:40

                              En complément à ce que j’ai écrit à la fin de mon article (sur la presse), je recommande la lecture du texte de Karl Kraus : Les derniers jours de l’humanité (version scénique) (Marginal/Agone), et l’excellente préface de Jacques Bouveresse sur l’ignominie du monde journalistique. 

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