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De la méthode sarkozyste en communication politique

Avec la présidentielle 2007, la communication politique a pris un tournant sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, et s’inspire autant de la communication lepéniste que des méthodes de marketing direct. Plus incisive, plus agressive, plus manipulatrice, elle a même surpris les journalistes qui n’ont su poser les bonnes questions. Si Nicolas Sarkozy devient président de tous les Français, il devra son élection avant tout aux spin doctors, d’autant que son programme n’a pas enthousiasmé l’économiste Elie Cohen dans le dernier « Ripostes » sur France 5. Ce billet propose donc de décrypter quelques moments clefs de la Sarkocom.

1. Le copié-collé de la méthode Le Pen

La méthode Sarkozy, c’est avant tout un copié-collé de la méthode Le Pen, ce qui explique en partie que son jumeau en communication soit arrivé 4e au premier tour, avec - il faut le souligner - un nombre important de voix. Une méthode efficace puisqu’elle en appelle à l’affect, non à l’intellect. Le cœur de cible est la personne qui exprime un mal-être et une frustration, accompagnées d’un fort désir de revanche.

Nicolas Sarkozy ne cesse donc de fustiger les élites parisiennes dans chaque passage télévisé, dans chacun de ses discours, et parvient à faire oublier que son entourage et lui-même appartiennent à cette élite de longue date. Nicolas Sarkozy n’a certes pas intégré l’ENA, mais comme il n’a que très peu exercé son métier d’avocat parisien, il ne connaît pas mieux le milieu du travail qu’un énarque « pur jus » et se trouve aussi déconnecté de la réalité qu’eux. Pas plus que Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy ne peut comprendre les préoccupations des ouvriers, employés, cadres, chômeurs, étudiants, petits patrons ou encore Rmistes puisque les théories ne remplacent pas la pratique.

Cette revanche contre les élites parisiennes s’accompagne d’un populisme exacerbé, et le peuple est mis à contribution à travers toutes ses composantes, de l’ouvrier au grand patron. Nicolas Sarkozy prétend incarner le peuple en se positionnant comme le candidat de la France et des Français, non des partis. Cette posture gaullienne ne fera pourtant pas oublier que Nicolas Sarkozy est le président d’un parti de droite quand le Général était président du RPF, un parti qui entendait dépasser les clivages gauche-droite. Dans le discours de Rouen, le peuple est cité 38 fois, la France 112 fois, l’adjectif français 57 fois, la République 34 fois et la démocratie 6 fois seulement. Cet appel systématique au peuple entraîne un rassemblement identitaire autour d’un candidat et relègue le programme au second plan. Une stratégie qui flatte le peuple est d’autant plus efficace en période de crise identitaire, et répond à une réelle attente de toutes les couches sociales, soit la consécration de son slogan « ensemble ».

Si Jean-Marie Le Pen s’est approprié le symbole de Jeanne d’Arc, Nicolas Sarkozy s’en est également réclamé. Mais le candidat de l’UMP est allé plus loin puisqu’il en a appelé à Blum, Jaurès et de Gaulle, en les inscrivant dans une histoire commune de la France. Ce serait pourtant oublier deux faits importants. D’abord, l’Histoire de France ne s’enseigne plus par les personnages historiques. Cette Histoire à papa est heureusement révolue puisqu’elle n’offrait qu’un champ d’exploration très limité à l’historien, et simplifiait l’enseignement de l’Histoire. Il s’agit donc d’une vision passéiste de l’Histoire de France. Ensuite, si Blum, Jaurès, Jeanne d’Arc et de Gaulle appartiennent bien au patrimoine commun de la France et des Français, le programme et la politique de Nicolas Sarkozy en sont très éloignés. Et si « la pucelle d’Orléans » voulait libérer la France du roi, Blum et Jaurès voulaient fonder une France socialiste. Ces deux derniers personnages ont été les candidats d’un parti, d’une certaine vision de la France, non de toute la France. De même, de Gaulle était le candidat d’une droite sociale, une singulière alchimie que l’on ne retrouve pas dans le programme de Nicolas Sarkozy. Monsieur Jean-Marcel Jeanneney, ancien ministre de de Gaulle ne s’y est pas trompé, qui a écrit une lettre (publiée dans le Nouvel Observateur) où il annonçait voter pour Ségolène Royal en laquelle il trouvait un peu du Général.

Autre stratégie empruntée directement au leader du Front national : la stratégie du martyr. Nicolas Sarkozy, attaqué de tous côtés par le Front TSS (Tout sauf Sarkozy) se construit une image de victime comme l’a fait Le Pen, et prétend qu’on attaque sa personne, non son programme. Le candidat au second tour se construit donc une virginité qui va de facto décrédibiliser les attaques ad hominem. Ce serait pourtant oublier trois faits importants. D’abord, Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royal ont essuyé de la part de leurs adversaires des propos aussi virulents, sans susciter une désapprobation aussi vive. Ensuite, la Ve République s’assimile à une monarchie républicaine où la personnalité du président compte autant que son programme. Enfin, la majorité des Français n’a pas lu les programmes, et le suffrage exprime plus l’adhésion (ou le rejet) d’une personnalité que d’un programme. Une voix étant égale à une autre, et la France ne comptant que peu de spécialistes dans les domaines socio-économiques, ce qui importe, c’est trouver le cœur des Français.

Cœur des Français exalté dans un renouveau nationaliste qui s’appuie sur des racines chrétiennes, des auteurs classiques (pourtant les milieux parisiens soulignent la pauvreté culturelle de Sarkozy), une lecture singulière du passé. La religion tient une place importante dans la communication sarkozyste, non pas parce qu’il est lui-même pieux, mais parce que la religion (du latin religere qui signifie relier) est un refuge en situation de crise. L’appel aux auteurs classiques (au sens commun, non au sens de courant littéraire) comme Corneille, Flaubert ou encore Malraux sont de nature à rassembler les Français autour d’un passé culturel glorieux, et porte un message rassurant : le souvenir en guise d’avenir. Le plus étonnant, et peut-être le plus dangereux, est la lecture singulière du passé. En effet, le discours de Rouen aborde le rôle positif de la colonisation, auquel Diderot (parmi d’autres auteurs) avait répondu par la négative en 1772 (date d’écriture) dans Supplément au Voyage de Bougainville. Diderot fait en effet dire par l’intermédiaire d’un chef tahitien qui s’adresse à Bougainville : « Laisse-nous nos mœurs ; elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons. ». Cette référence au passé colonial de la France cadre assez mal avec le programme du candidat de l’UMP qui annonce ne pas traiter avec des gouvernements corrompus ni avec ceux qui attentent aux droits de l’homme, d’autant plus qu’il est proche d’Omar Bongo (le Nouvel Observateur), de Bouteflika ou encore de Sassou N’Guesso, réputés pour être de "grands démocrates".

Régner sur la peur est le dernier volet emprunté à Jean-Marie Le Pen. La peur de l’immigré, de l’autre, de l’insécurité, de la mondialisation et des trotskistes sont autant de facteurs qui poussent les Français à céder à la bile plus qu’à l’esprit ; à cette mauvaise partie de nous-mêmes qu’il est facile d’éveiller. Or, régner sur la peur, c’est asseoir une domination efficace sur autrui qui trouve alors refuge dans l’image d’un chef fort et s’apprête à abandonner ses libertés publiques en échange d’une illusion de sécurité. Parce que Nicolas Sarkozy est moins une menace pour la démocratie (les institutions ne sont pas en danger) que pour nos libertés publiques, comme l’est Bush pour celles de son pays. Les menaces, intimidations et pressions dénoncées par tant d’acteurs de la vie politique et sociale le disputent aux lois liberticides déjà adoptées ou en cours d’adoption (cf. les nombreux articles consacrés à ce sujet sur Agoravox ou ailleurs).

2. Les méthodes du marketing direct au secours d’un programme incertain

Dans un précédent billet (Le Guide du votard), j’avais souligné combien le programme économique de Nicolas Sarkozy manquait d’ambition, relevait plus de mesurettes, et s’attachait seulement à effacer les effets des 35 heures. J’avais conclu que ce programme relevait avant tout d’un pari. Il semble donc que l’économiste Elie Cohen, dans le Ripostes du 29 avril (qui vit s’opposer François Hollande et Jean-Pierre Raffarin) en soit arrivé aux mêmes conclusions, et l’ancien Premier ministre eut toutes les peines à éluder les questions de fond. Malgré tout, le programme économique du candidat de l’UMP soulève davantage l’adhésion des Français que celui de Ségolène Royal, non parce qu’il est meilleur sur le fond, mais parce qu’il emploie les techniques du marketing direct.

Le meilleur dirigeant peut être propriétaire de la meilleure idée, du meilleur service ou du meilleur produit, s’il ne sait pas comment les vendre, cette propriété est vaine. L’important n’est plus la rose mais la communication faite autour d’elle. Je ne vais prendre qu’un seul exemple, tiré d’une expérience personnelle. Il y a longtemps maintenant, l’un de mes anciens étudiants qui avait créé une société de prestation à domicile, vint me demander conseil puisqu’il ne parvenait pas à faire décoller son activité, malgré ses connaissances du business, ses moyens financiers, et sa force de travail. Il tarifait sa prestation à l’heure, pour un coût élevé vu la spécificité de son métier et affichait ce tarif dans sa communication. Je lui ai demandé quelle était la durée moyenne de son intervention - à peu-près 20 minutes -, et lui ai conseillé de vendre son service sur la base de 16 minutes (pour éviter que l’on calcule mentalement le coût horaire) auquel il fallait ajouter les frais de déplacement. Le tarif horaire se trouvait virtuellement divisé par sept (en reportant les frais de déplacement hors tarif de la prestation), et les clients ont commencé à affluer puisqu’ils considéraient la prestation bon marché !

Quand Nicolas Sarkozy annonce qu’en travaillant cinquante minutes de plus par jour, on verrait son salaire augmenter de 15%, il ne procède pas autrement. Cinquante minutes paraissent beaucoup moins qu’une heure, et personne ne fera l’effort de calculer mentalement le nombre d’heures travaillées sur un mois. Le prospect a donc l’impression d’un effort limité. En plus, les 15% de salaire en sus ne correspondent à rien de concret puisque dans la réalité, cela ne se passera pas ainsi. En effet, de nombreux salariés font des heures supplémentaires non payées, et la détaxation de ces dernières ne conduira pas les entreprises à faire l’effort financier nécessaire : ce qui est gratuit est toujours moins cher que ce qui est payant. D’autre part, de nombreuses catégories de travailleurs ne rentreront pas dans cette revalorisation du travail : les cadres, ceux qui travaillent à la commission, les professions libérales (même lorsqu’elles externalisent certains services comme l’accueil téléphonique), une grande partie des commerçants et des artisans, sans compter les chômeurs (...). Au final, cette mesurette ne concernera qu’une minorité de travailleurs. Quand bien même, cette détaxation des heures supplémentaires ne prend pas en compte les coûts liés au monde du travail quand on sait qu’en l’état actuel (suicides, dépressions, usage de stimulants...), celui-ci est déjà important.

Le fameux « travailler plus pour gagner plus » est une excellente trouvaille, un slogan publicitaire que nous retenons tous facilement, mais que nous n’analysons ni sur la forme, ni sur le fond. Le témoignage d’un collègue enseignant en ZEP m’a alerté, lorsqu’il m’a affirmé que des parents Rmistes avaient voté Sarkozy parce qu’ils pensaient gagner plus. Ces derniers, Rmistes depuis longtemps, assimilent leur revenu à une rémunération et retiennent du message le « gagner plus ». En effet, « gagner plus en travaillant plus » a le même sens que « travailler plus pour gagner plus », mais ne produit pas le même effet. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler le slogan de la banque LCL, et agit dans le cortex comme un message subliminal qui associe l’adverbe « plus » au travail et au gain, un peu comme à la loterie, alors qu’en situation de concurrence internationale, le lien cause-conséquence ne peut se satisfaire d’une telle simplification. Pour autant, « travailler plus pour gagner plus » n’est pas « travailler plus pour vivre mieux ». En effet, ne sont pas envisagées les conséquences sociales et économiques d’une présence supplémentaire au travail. Parce que travailler plus, c’est avoir moins de temps et moins de savoir-faire pour se trouver une compagne (ou un compagnon), pour s’occuper de ses enfants ou tout simplement pour s’occuper de soi. Dans un cas, comme dans l’autre, l’appel à des prestataires externes (coach en séduction ou sites internet pour les rencontres ; nounous et soutien scolaire pour les enfants ; hommes toutes mains pour le bricolage...) vont venir grever le budget supplémentaire dégagé par un surcroît de travail. Mieux encore, cette marge budgétaire dégagée par les heures supplémentaires pourrait être compensée par une augmentation du prix des biens et services essentiels. En effet, la fixation du prix d’un produit ou d’un service se fait au moyen de l’évaluation de trois paramètres principaux : le prix de la concurrence, la marge sectorielle, et une étude de marché qui comprend le calcul d’un prix d’acceptabilité, c’est-à-dire que le nombre d’acheteurs est déterminé en fonction d’un ratio entre la perception du coût d’un produit (ou service), et la perception de sa qualité. Aujourd’hui, le consommateur paye davantage le conditionnement d’un produit et sa marque que le produit lui-même, et dans ces conditions, un pouvoir d’achat légèrement plus fort pourrait être absorbé par le coût d’un conditionnement plus élevé ou une réévaluation de la marque. Autrement dit, le consommateur ne pourrait acheter guère plus de produits ou de services qu’aujourd’hui à moins de travailler nettement plus.

Le plan de communication de Nicolas Sarkozy pourrait être davantage disséqué, mais le lecteur trouvera dans ce billet matière à réflexion. Et si l’on peut déplorer que la communication remplace progressivement la réflexion chez tous les candidats, Nicolas Sarkozy est le premier à être allé aussi loin dans cette approche.


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24 réactions à cet article    


  • isabel 3 mai 2007 10:40

    Bravo pour cet article loin des querelles stériles anti-sarko ou anti-ségo. Il apporte un point de vue ouvert à la discussion. N’oublions pas une chose : la vie politique c’est de l’émotion mais aussi de la reflexion. Je trouve que cette campagne politique marketing du XXI siècle ne doit pas nous faire oublier que l’être est un homme doué de raison.


    • Max 3 mai 2007 11:19

      Personne ne critique l’alliance le Ségolène Royal avec l’extrême gauche, dont les idéologies ne sévissent plus qu’en Corée du Nord, à Cuba, et autres pays où il fait bon vivre, curieux...

      Elle appelle au rassemblement des républicains de progrès, or, elle s’allie avec des partis qui véhiculent des idéologies aboutissant à des dictatures.

      Je souhaiterais des éclaircissements là dessus, pourquoi nous à gauche stigmatiser Sarko et sa recherche de voix à l’extrême droite si c’est pour accepter sans rien dire les voix de l’extrême gauche...

      Les idéologies d’extrême gauche, c’est tout de même plusieurs dizaines de millions de mort ce dernier siècle...


      • Christophe 3 mai 2007 11:48

        Voici l’exemple d’un commentaire ultra-dogmatique digne d’un communiqué de presse du kremlin du temps de Brejnev ou de la maison blanche du temps de « W » Bush.

        C’est drôle car l’auteur argumente justement que la communication de Sarkozy s’adresse à ce type de comportement. Vous êtes donc un bon exemple du « marché cible » de Sarkozy !


      • Tristan Valmour 3 mai 2007 12:18

        Ne vous inquiétez pas Max, on verra moins de T80 sur la place de la Concorde que leurs équipages sur la Côte d’Azur. smiley

        Les pères de nos institutions ont anticipé le cas. Le plus danger institutionnel pourrait venir d’une réforme du Conseil Constitutionnel qui ouvrirait légalement la voie à un changement de régime.


      • PasKal 4 mai 2007 09:27

        Ré-écoutez la fin de la DECLARATION DE SARKOZY DE NAGY BOCSA LE SOIR DU 1ER TOUR !

        « Vive la République ...mais AVANT TOUT et SURTOUT : VIVE LA FRANCE ! » (sic).

        La conception de TOUS NOS CHEFS D’ETATS (sans exception AUCUNE, de quelque bord politique qu’il provienne ...hormis Pétain !), depuis que nous sommes en République, a toujours été :

        "LA REPUBLIQUE ET LA FRANCE SONT ’UNE’ et INDIVISIBLE.

        PAS DE HIERARCHIE ENTRE ’LA REPUBLIQUE’ ET ’LA FRANCE’

        ET DISENT TOUJOURS : « VIVE LA REPUBLIQUE ET VIVE LA FRANCE ! ».

        Or, par cet (apparemment) anodin : « ...mais AVANT TOUT et SURTOUT... » SARKOZY laisse transparaitre son MEPRIS POUR LA REPUBLIQUE qu’il place EN DESSOUS et donne une préférence pour « LA FRANCE », ...très exactement à l’image de ce que faisait PETAIN !

        A ce niveau, C’EST PLUS QU’UN SIMPLE « LAPSUS »...

        A ce niveau, c’est évidemment le reflet de ce que SARKOZY pense au plus profond de lui-même : « IL HAIT LA REPUPLIQUE. SEUL UN REGIME AUTOCRATIQUE ET AUTORITAIRE DE TYPE ’VICHYSTE’ LUI PLAIRAIT. »

        Qu’il cherche à rayer la « République » pour revenir à « l’Etat Français » de Vichy et il y aura une GUERRE CIVILE !

        Si tel devait être le cas, je dis clairement à Sarkozy et sa à ’bande’ : « PARCE QUE MA FAMILLE EST EN FRANCE DEPUIS PLUS DE MILLE ANNEES JE NE RESTERAI PAS LES BRAS CROISES A LE REGARDER METTRE A BAS LA REPUBLIQUE. TOUT COMME MA FAMILLE A COMBATTU PETAIN POUR RETABLIR LA »LIBERTE« , LA »REPUBLIQUE« ET LA »DEMOCRATIE« SUR LE SOL DE NOTRE »NATION« , DE NOTRE »PATRIE", SUR LE SOIL DE FRANCE ...JE LE COMBATTTRAI, AVEC LES MÊMES ’ARMES’ S’IL LE FAUT !


      • tvargentine.com lerma 3 mai 2007 11:58

        En 1984 un livre écrit par des spécialistes de la communication et par des spécialistes de la psychologie du travail est paru sous le titre :

        « COMMUNICATION ou MANIPULATION »

        Je dois dire qu’en relisant ce bouquin on décripte facilement la méthode de Nicolas Sarkozy.

        Se servir des médias amis pour communiquer des messages et se servir des médias pour manipuler l’opinion public comme il l’a fait jusqu’à présent,puisqu’il prétend avoir un bilan ,celui d’avoir vaincu l’insécurité.

        Franchement,avec le débat que nous avons vu entre les 2 candidats,SEGOLENE ROYAL à su mettre Nicolas SARKOZY dans ses contradictions entre communication & manipulation.

        Le masque est tombé et prenons le pari ici,que Ségolène ROYAL sera élue de justesse. 50,8% - 49,2


        • Popov De Kerl Popov De Kerl 3 mai 2007 14:22

          La seule chose que madame royal a réussi a prouver c’est que, incapable de pousser monsieur sarkosi a s’énerver avec des idées ou des mots, elle s’est elle même enerver esperant dans une derniere tentative assez pitoyable obtennir de monsieur sarkosy une bourde qui aurait pu lui faire gagner des voix

          Le regard figé (et pas sur sarkosy mais sur la caméra contrairement a ce qui a été dit), le discours vague comme durant une bonnne partie de la campagne, elle a encore fait preuve d’un manque de précision, d’un manque de chiffrage, et a Encore (Troisieme ou quatrieme fois) changer la principale priorité de mandat

          Mon principal reproche tien en un chiffrage irréaliste de son projet, elle a de bonnes idées mais les mettre en oeuvre ruinerait la france (comme a l’habitude de la gauche)

          Quand a monsieur sarkosi, trop effacé, trop plat, et manquant de combativité, il a tellement voulut ne pas s’enerver qu’il en a oublier de combattre. Ses idées suffisements precises pour etre utilisables et les directions qu’il veut donner a la france suffisements bien présentées sont son plus gros points forts.

          Un résultat mitigé ou la « crise » de madame royal l’a plus déservit qu’autre chose, s’ennerver de cette manière et manquer de sang froid sur un sujet comme celui la, a montrer une grosse faille dans cette femme qui a pourtant montrer au long de cette année qu’elle avait la carrure d’un président.


          • Philippe D Philippe D 3 mai 2007 14:37

            Bel article, pas très éloigné de la masturbation intellectuelle !

            j’avoue avoir décroché assez vite et ne pas bien comprendre toutes les réflexions forcément très intelligentes de leur auteur.

            « Le plan de communication de Nicolas Sarkozy pourrait être davantage disséqué, mais le lecteur trouvera dans ce billet matière à réflexion. »

            On attend avec impatience une dissection enfin complète, 200 pages au moins.

            Gros tirage en perspective !


            • Dalziel 3 mai 2007 14:51

              Une méthode efficace puisqu’elle en appelle à l’affect, non à l’intellect.

              Depuis quand est-ce qu’on gagne des élections en s’appuyant sur l’intellect des électeurs et trices ?

              Il faut sortir de l’imagerie d’Epinal de feue l’instruction civique, si vous voulez comprendre le monde dans lequel vous vivez !!!

              Vous croyez, vraiment, vous, Tristan Valmour, que les innombrables tentatives de diabolisation de Sarkozy - dont je ne suis pas un supporter - en appelle à l’intellect du corps électoral ?

              Si la réponse est oui, je vous conseille de lire quelques ouvrages sur les techniques utilisées pour vendre un président des Etats-Unis, à une majorité de consommateurs de politique...


              • fonsdel 5 mai 2007 18:42

                « Depuis quand est-ce qu’on gagne des élections en s’appuyant sur l’intellect des électeurs et trices ? »

                on est d’accord sur le constat, mais on peut se battre pour changer les choses non ?

                ne pensez vous pas que la democratie ca se merite ?


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 3 mai 2007 16:03

                Excellente analyse de la méthode de communication Sarkozy. Fidèle aux habitudes de son premier maître Pasqua, il s’appuie sur la droite dure. N’oubliant pas les enseignements de son mâââître en second Balladur, il séduit les vieux. Inféodé aux grands actionnaires, il fustige les revenus indûs des laissés pour compte du système.

                Ajoutons : conventionnel comme un grand bourgeois, il clame haut et fort qu’il brise des tabous en sortant des horreurs, et affirme sa détestation de mai 68. C’est vrai que ces jeunes qui cassent tout, et ces ouvriers qui réclament, quel désôôôrdre, n’est-ce-pas ?

                Vieux dans l’âme, il éxècre les jeunes et leur sous-espèce, les djeunes. Regardez son comité de soutien : à côté de Doc Gyneco, terrifiant intellectuel en révolte, Johnny, Sevran l’idole des maisons de retraite, il ne manque plus que Stone et Charden, ou Pascal Danel (oui oui, les Neiges du Kilimandjaro, 1969, vous vous rappelez ?).

                Inculte en sciences et même je crois en tout, il débat doctement avec Michel Onfray de l’origine génétique de la pédophilie et du suicide, comme si il y connaissait quelque chose. Remarquez, l’autre non plus n’y entrave que pouic. Travailler plus (longtemps), punir plus (certains), gagner plus (enfin, pas tous), tout un programme... En fait, son seul programme.

                La suite de son programme ? « Tiens toi droit » (pour le retour à la valeur vertébrale, non au laxisme ligamentaire et à l’anarchie scoliotique), « Mouche ton nez et dis bonjour à la dame » (pour la valeur respect des vieilles dames, contre le scandaleux état sanitaire des enfants de RMIstes). Avec peut-être un tabou de plus à briser : « Retire les mains de tes poches » (valeur transparence).

                Et aucun journaliste pour le critiquer, tout le monde le trouve « convaincant », « pugnace », « brillant », pourquoi pas lui donner le Prix Nobel de la Paix (ou de Génétique), tant qu’on y est ? ... Ah, le pouvoir de la presse libre...

                Le pouvoir de Sarkozy, c’est surtout la médiocrité des autres.


                • florilège florilège 3 mai 2007 16:10

                  Effectivement, il était assez pitoyable de voir sarkozy chercher inlassablement l’approbation et le soutien dans les yeux des journalistes plutôt que d’oser la confrontation avec la « grande dame » droite dans ses valeurs en face de lui.

                  Pourquoi ? Parce que mis à part les valeurs « refuge » dont il s’empare, (telle la valeur « travail » dont il s’arroge l’esprit en ne prononçant pourtant que la lettre - Car en effet, quelle est la légitimité pour ce candidat de s’emparer de cette valeur, lui qui appartient à un gouvernement qui a notoirement révélé son incapacité à faire reculer le chômage... - Mis à part donc les valeurs refuge dont il s’empare, il est quasiment impossible d’entrevoir les valeurs humaines sur lesquelles il fonde sa position. Il les cache. Il s’affiche « décomplexé », mais toute son attitude traduit au contraire un grand complexe d’infériorité mêlé à ce qui ressemble de près à un égo « d’enfant roi ».

                  C’est pourquoi le candidat peine à exister en dehors de son rôle d’enfant persécuté. Il cherche dans les témoins journalistes, l’assentiment, la validation qui fera exister son discours car il n’est pas fort intérieurement, il sait que le secret de ce qui le meut réside beaucoup plus dans une problématique intérieure, personnelle et complexe que dans des valeurs humanistes fondatrices qu’il n’a pas.

                  C’est pourquoi il fuit le regard de la « grande institutrice » qui le sonde et le met en face de ses contradictions. Il se recroqueville sous la grêle car cette autorité-là, il ne l’a pas, elle lui fait peur, et pour cause : elle vient de l’intérieur...

                  Sarkozy n’a pas d’intérieur. C’est sans doute pour cette raison qu’en ce monde aux paradigmes renversés, il était prédestiné à occuper la fonction phare du ministère... de l’intérieur. Avec les difficultés que l’on sait, certes.

                  Pour ce qui est de la présidence de la France, il y faudrait une toute autre connaissance de soi et une toute autre capacité à la gouvernance de soi.

                  Seul un nanisme ou un non aboutissement de la présence intérieure peuvent expliquer de la part de ce candidat un si grand dévouement aux principes manipulateurs de la communication.

                  Lorsque l’on « est », a-t-on tant besoin de manipuler ?


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 3 mai 2007 16:57

                    Je suis assez d’accord avec vous. Moi je le verrais plutôt en narcissique pervers qu’en enfant persécuté, mais bon, les diagnostics psychiâtriques à distance, hein... voir quand même la distinction entre narcissisme à tendances perverses et la personnalité borderline, les exemples de narcissisme valent le coup... ça rappelle très fort quelqu’un !


                  • JL JL 5 mai 2007 11:35

                    Des Sarkozistes ont dit que Nicolas Sarkozy avait regardé PPD pendant le débat, parce qu’il ne « trouvait pas » le regard de Ségolène Royal.

                    Tout le monde sait que Sarkozy regarde toujours un autre que celui à qui il parle. Mais regardez le bien, dans la vidéo proposée ci-dessous. Vous noterez que cette fois, il regarde la caméra, donc ses interlocuteurs. Mais il ne tient pas en place ! Il est incapable de vous regarder sans gigoter.

                    Nicolas Sarkozy n’est pas net. Est-ce que c’est parce que toute sa personne ment, quand elle ne s’adresse pas à une foule dont on sait que le QI est égal au plus bas de celui des participants ? Une foule qu’il peut faire rugir de plaisir quand il lui désigne des boucs émissaires ?

                    Regardez bien cette vidéo, elle mérite le détour : http://www.sarkozy.fr/


                  • JL JL 5 mai 2007 11:37

                    Sarkozy a une fois de plus, reconnaissons lui ce mérite, dans ce débat avec son adversaire fait un hommage (du vice) à la vertu lorsqu’il a dit à Mme Royal que la capacité à garder son calme faisait partie des qualités nécessaires à un chef d’état.

                    En effet, Ségolène a manqué la réplique qui eût fait mouche, si elle avait dit qu’en l’occurrence il devait parler pour lui !

                    On a dit que c’était un débat de premiers ministres. C’est faux, et Ségolène Royal, qui avait préparé un débat de présidentiables, est tombée dans un piège, dont elle s’est sortie fort bien.

                    Quel était le piège ? Sarkozy n’est pas un vrai présidentiable, et la démonstration en a été faite : il s’est présenté comme un bon élève, calme et gentil mais prometteur, il s’est présenté en candidat premier ministre.

                    Qui est le vrai Sarkozy ? Celui qui harangue les foules en s’adressant aux instincts les plus bas, ou l’hypocrite qui n’ose pas regarder la maîtresse en face, tout en lui donnant en douce, des coups de pieds de l’âne ?

                    Qui imagine un individu pareil dans les instances internationales pour représenter le France ? A part pour trahir, comme il l’a déjà fait ?


                  • Céline Ertalif Céline Ertalif 3 mai 2007 23:59

                    Je trouve cet article incomparablement plus intéressant que le guide du Votard placé l’autre jour en une.

                    Je partage l’idée que Sarkosy nous emmène plus loin que les autres dans l’usage du marketing en politique. Il est le plus professionnel devant la caméra, mais aussi derrière... avec des relations tout de même très particulières de proximité avec les médias, autant dans le contact avec les journalistes qu’avec les patrons de presse. Sans être patron lui-même, il est berlusconien.

                    Le moment le plus fort de l’intervention de Sarkosy a été dans l’introduction : « je serai le président qui veut des résultats ». Un numéro dans lequel il est excellent. Sarkosy ne cesse de mettre en avant sa volonté. Alors que la caractéristique majeure de la situation politique actuelle, c’est le repli objectif des moyens de l’Etat et du premier de ses représentants.

                    Il est quasiment impossible à un candidat d’expliquer que le poste pour lequel il concourt est une valeur à la baisse. Mais en allant vers cette mise en scène de la volonté, Sarkosy va très loin dans l’illusionisme à contretemps. Sauf que, là aussi, il flatte les français qui ont une perception ancienne et plus nette de la nation que de ses nouveaux concurrents publics (UE, collectivités locales) et surtout que de ses nouveaux concurrents privés (multinationales, lobbies internationaux).

                    Le sarkosysme, c’est d’abord cette affirmation de volonté. La réalité, c’est l’affaiblissement de la France et la nécessité de réorganiser le maillage organisationnel pour gérer l’intérêt public. Une trop grosse contradiction pour que cela ne finisse pas mal.


                    • moebius 4 mai 2007 10:55

                      La droite que ce soit celle de Chirac ou celle de Sarkosy croit a « la volonté » Chirac n’en avait plus assez de « volonté » peu à peu il avait sombrer corps et ame dans « le laxisme de gauche » qui est l’absence de volonté. Sarko c’est le renouvellement de « la volonté », une volonté neuve, inflexible et conquérante c’est le fameux « coup de balai » traditionnel de la réaction modernisé par « le coup de karcher » parce que trés concrétement « la volonté » passe par le plaisir sadique et pervers d’infliger une souffrance à soit meme ou à l’autre. La communauté retrouve tout son sens dans ce bonheur partagé dirigé contre une victime expiatoire. « Le coup de la volonté » cet archaisme sensé résoudre tout les problémes nous y avons droit a chaque campagne de la droite. Dans ce discours glauque, il y a toujours plus de volonté pure et dure a la droite de la droite comme il y a toujours plus de victime a la gauche de la gauche et c’est a chier.


                      • moebius 4 mai 2007 11:00

                        et si la droite aime les coups elle en aurra en retour,c’est automatique, aussi sur que deux et deux font quatre et ça aussi c’est « à chier »


                      • JL JL 5 mai 2007 11:43

                        En disant tout et son contraire, Sarkozy crée un sentiment d’insécurité. Puis il se présente comme le champion de l’ordre, rassurant ainsi les peureux et les sots. En effet, seuls ceux qui croient, à l’inverse de ceux qui savent, se laissent duper. Ségolène Royal est peut-être catho, mais les adeptes de la pensée magique lui préfèrent Sarkozy.

                        La pensée magique ! L’apparence plutôt que le fond ! Le mandarinat plutôt que la compétence ! Tout cela que mai 68 a remis en cause, Sarkozy veut le liquider. Demain il va dire que les lumières ont obscurci le ciel et sont responsables du réchauffement planétaire.


                        • JL JL 5 mai 2007 11:45

                          Et tous ceux qui croient en la force de la volonté d’un agitateur illuminé, ambitieux et obscurantiste applaudiront.


                        • JL JL 5 mai 2007 12:11

                          Les talibans qui détiennent un français en otage auraient prolongé leur ultimatum jusqu’à demain soir « pour ne pas perturber les élections françaises ».

                          Doit-on croire une telle affirmation ? Ces gens seraient vraiment trop aimables ! Quelle délicatesse !

                          Une autre version me paraît plus crédible. En effet, si le gouvernement avait eu l’intention de céder, il n’aurait pas attendu demain soir pour annoncer une libération victorieusement acquise. D’autre part, les talibans n’ont aucune raison de favoriser l’élection de Sarkozy, sauf si quelqu’un les a ’convaincu’.

                          Je crains que notre compatriote ne soit déjà supplicié à l’heure qu’il est.

                          J’espère me tromper.


                          • prgrokrouk 6 mai 2007 14:07

                            AgoraVox n’est pas un espace d’expression démocratique. C’est une maison de (pré)retraite où se bousculent des planqués et des fonctionnaires. Un tas d’incapables à la recherche de consécrations narcissiques se bousculent pour leurs CACAs éditoriaux. Des posts DRAMATIQUES à quoi il faut ajouter bien des notations SOURNOISES, ajoutent à ce RIDICULE.


                            • gongombre 11 mai 2007 21:18

                              May 10, 2007

                              Pétain to Sarkozy French National Revolution

                              By JOHN HELLMAN

                              In his first speech to supporters after his election on May 6, 2007 Nicolas Sarkozy said the time had come for radical change in France : « The French have spoken. They want to break with the old ideas and way of doing things. That’s why I’ll make certain values honourable again. Work, for example, as well as authority, moral principles and respect. » M. Sarkozy was elected with the overwhelming support of voters over 65, many of whom were fearful of ’civic unrest’ France had been experiencing, particularly in the two months of riots of 2005. In the context of a divided and troubled national community Sarkozy’s appeal had a certain similarity with the famous summons of Philippe Pétain, in 1940, for France to undertake a National Revolution with the slogan « Travail, Famille, Patrie ». The wide support for Nikolas Sarkozy’s call for radical change in the French presidential elections of May 2007 can reminder us that from July 1940 the French government faced little opposition in abandoning many of the basic principles of liberal democracy, and of the Declaration of the Rights of Man. Sarkozy, like Pétain, promised to change France dramatically, engender a great national transformation, in the months following his taking power. In fact war-time France under Pétain would change more radically in a few months than at anytime since the Revolution of 1789 with widespread deportations, forced resignations, demotions, confiscations of property and internments of both French citizens and immigrants. Marshall Pétain’s National Revolution put troublesome, often foreign, minorities in their place and make a hard-working, prideful and moral ’France for the French’. Those who resisted this agenda were treated harshly as France, particulary by 1944, became a country which was Fascist or National Socialist in all but name. France in 2007 seems again tempted to abandon liberal democracy in the hope to restoring law and order in a strong, renewed national community.

                              Post-war France had difficulty coming to terms with what really happened during Pétain’s Révolution Nationale. Foreign historians doing research in Paris as late as the 1960s talked more freely and frankly with one another about what had happened in war time than was possible with even close French friends. All historians had to be wary of the sensitivities of the French historical establishment, and of powerful French interest groups such as the Communist Party, in seeking out archival materials or interviews. The French still tended to see their country as having been liberated by the Resistance, while few of their countrymen had collaborated with the Germans. The French establishment had little interest in encouraging the study of the more painful and divisive elements aspects of war-time France —particularly while a committed ’lobby’ in academic, publishing and cultural life actively worked to defend the image of Pétain and his regime.

                              French historians of World War II ignored those considerable archival records of the Germans who had occupied France, which —once perused - had to make French monographs seem incomplete and effect a revolution in French historical understanding. Yet archives relating to home grown, large scale French fascist or national-socialist groups often seemed inaccessible —as did records of the French government’s internment of Communists, immigrants, and Jews, and the major French and Swiss logistical contributions to the German war effort (and of the allied bombings intended to disrupt them). Foreign historians discovered widespread French resentment at the damage done by allied bombardments, at the activities of several Resistance groups and fear of them among the general population. The German occupation of France was found to have been experienced differently than « the Gospel according to de Gaulle » would have it.

                              Imitation of German racial policies suggested that the French « National Revolution » of 1940-44 was in fact more « fascist » that that of countries usually categorised as such, and the fading of the Resistance myth revealed a more accurate picture of the evolving attitudes of ordinary people. Fresh post-war historiographical trends such as the « histoire des mentalités » and the history of memory were revealed to have been born in the « New Middle Ages » of the German occupation. Initiatives to rethink health and create a « new man » under Vichy had included those of brilliant Nobel Prize winners. Rethinking the entire historical process, the personal sense of time, in elite leadership schools inspired by « original National-Socialism » or communitarian personalism changed the memories and sense of self of young people to fit the European New Order.

                              In recent years, extreme right wing « non-conformist » ideas of the 1930s have reappeared in different - neo-conservative —guise. Racism and exclusionary language, taboo in much public discourse since the German Occupation began reappearing in highbrow literature, philosophy, and political discourse to the point where an historian caused a minor scandal by pointing this out.

                              As few as ten people, mostly Paris-based, have shaped what has been taught and published about fascism and World War II in France. Nicolas Sarkozy seems to favour the enduring centrality of French academic, political, publishing, and journalistic life —despite the hesitancy in France’s academic establishment to discard the « immunity thesis » (the idea that France was immune to the fascist virus that infected much of pre-war Europe —a point of view completely discredited outside of France). Despite his documented wartime racism, and Sciences Po student protests, that institution named its new library after a prominent professor who altered his lectures there along racist lines in occupied Paris. The victory of Nicolas Sarkozy (who studied at Science Po), despite what a number of observers described as his fascist and racist characteristics, suggests that remembering France’s disgraced « National Revolution » under Pétain is important. M. Sarkozy has found faults in Islamic religious culture’s effects on women intolerable but not the effects on women of those paternalistic, totalitarian and anti-liberal Catholic ’new movements’ which favoured his candidacy or the repressive policies of Israeli political leaders like Sarkozy’s long-time friend Benjamin Netanyahu.

                              In a speech in Nice on March 30, 2007 Nicolas Sarkozy provided an intimation of the role of the memory of Pétain’s National Revolution in the French and Christian Revolution in which he would, once elected President, engage France. He intended, he said, restore a sense of pride in being French by encouraging the acceptance of the history of France as it was, and rejecting the initiatives of those who would make younger people feel a need to expiate for the ’supposed’ sins of their fathers, or forefathers. France, he said, « had no need to be embarrassed about her past ». All of the French were not Pétainists and if certain French people denounced Jews to the Gestapo, others ’beaucoup plus nombreux’ risked their lives to help them. And in the colonies, too, there were many good people who did not exploit anyone, who built roads, hospitals, schools, and who taught or were care-givers, who had planted vineyards and orchards on arid soil and then, when they had to choose « between the suitcase and the coffin », left everything behind. Respect was due these displaced colonialists, and those indigenous people who fought to defend the French colonial empire. In the April 22 -May 6 elections, Sarkozy said, French people had to chose ’entre ceux qui sont attachés à l’identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d’existence qu’elle n’a même pas d’identité.’ He had already proposed, three years earlier, that the government abandon separation between Church and state and help restore French national identity by subsidizing religious schools.

                              According to Nicolas Sarkozy, France has not remembered the Vichy regime, or the war in Algeria, in the way they should be remembered : as part of France’s essence, her fundamental identity. But to follow President Sarkozy and resurrect a strong sense of French identity by remembering Vichy and Algeria « without embarrassment » would be to forget that Pétain’s National Revolution and the French Colonial Empire inflicted great sufferings on, even cost the lives of, hundreds of thousands of innocent people.

                              John Hellman, is Professor of History, at McGill University and author, most recently, of The communitarian third way Alexandre Marc’s Ordre Nouveau, 1930-2000 (Montreal ; Ithaca : McGill-Queen’s University Press, 2003).


                              • Bernard Dugué Bernard Dugué 15 mai 2007 20:08

                                Bonsoir Tristan,

                                Ce commentaire fait suite au votre de ce jour. N’ayant pas reçu votre message via u-blog (pb de messagerie) ce post vous conduira vers mon adresse mail, bdugue at wanadoo.fr

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Tristan Valmour


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