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De Villepin chez 2Villepin

Si le principe même du militantisme repose sur la loyauté et la disponibilité, force est de reconnaître qu’en la matière les partisans de Dominique de Villepin se distinguent souvent, notamment au sein de la blogosphère, par leur enthousiasme et leurs qualités d’information. C’est aujourd’hui encore le cas du blog 2Villepin qui accueille sur sa page, dans une forme de mise en abyme virtuelle, la raison ultime de son existence : Dominique de Villepin en personne.

Villepin 10-08.jpg

L’ancien Premier ministre s’est en effet livré à l’occasion des quarante ans des premiers pas sur la Lune à un exercice de chroniqueur, sur le thème : "40 après la Lune, quel défi pour l’humanité ?" La veille, l’un de ses lieutenants les plus farouches, le député de l’Hérault Jean-Pierre Grand, avait introduit la série éditoriale, et Fred, le rédacteur du blog, nous promet pour demain l’avis d’Hervé Mariton - un autre villepiniste convaincu - sur la question.

Dire que Dominique de Villepin se tire bien de l’exercice serait un doux euphémisme : pour qui a un tant soit peu d’affection pour la langue française et un minimum d’intérêt pour la chose publique, c’est toujours un plaisir assez savoureux de lire les mots précis et les expressions sculptées de l’homme du 14 février 2003. Lui le sait, et en joue sans complexe, de même qu’il ne rate jamais une occasion de mettre en valeur les écrits d’autres auteurs - comme lors de cette lecture inattendue d’une correspondance plutôt gauloise de Maupassant au salon du livre de Vannes.

Ici, Dominique de Villepin adopte un ton beaucoup plus grave. Dès les premières lignes, l’habileté rhétorique vient au secours de l’idéal politique, comme lorsqu’il déclare, dans une apologie de la conquête humaine, que "nos racines plongent dans notre avenir". Et la conquête la plus urgente, c’est celle d’un "continent presque inconnu, [...] celui de l’humanité". Selon lui - et c’est la notion qui rythmera son texte - c’est par la "responsabilité" collective, tant dans les domaines géostratégiques que sur le plan écologique, que l’humanité relèvera avec succès les défis du XXIème siècle :

"Cette fois, pourtant, l’aventure ne concerne pas seulement trois ou quatre champions nationaux, mais l’ensemble des pays du monde, sans séparer de façon définitive acteurs et spectateurs de l’exploit."

Le symbole de cette volonté commune pourrait être, suggère-t-il, "un pas emblématique à l’échelle mondiale pour déclarer l’eau bien public mondial et en réguler les usages". Certes, cela sonne un peu comme une utopie. Tout comme, durant des siècles, la perspective de marcher sur la Lune. Une preuve supplémentaire, décidemment, que Dominique de Villepin fut à la hauteur de l’exercice. 

http://lapolitiqueetmoi.hautetfort.com/


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6 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 21 juillet 2009 11:11

    Il est intéressant de constater que Dominique de Villepin embraye ainsi sur une vision sociétale proche de celle de François Bayrou. Mais faute de parti politique, DdV aura du mal à fédérer les déçus de droite du Sarkozysme, bien plus disciplinés qu’au parti socialistes.


    • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 21 juillet 2009 12:32

      Le 10 juin 09, Nicolas Demorrand de Fr-Inter a reçu dans son 7-10 Dominique Galouzio de Villepin, ex directeur de cabinet d’Alain Juppé 93-95, ex secrétaire général de la présidence de la République 95-02, ex ministre des Affaires étrangères 2002-04, ex ministre de l’Intérieur 2004-05, et enfin ex Premier ministre 2005-07…Mais ses grandes ambitions se sont heurtées à un certain Nicolas Sarkozy et depuis plus rien, le placard ou plutôt les emmerdes judiciaires à cause d’une certaine affaire Clearstream. Tout ça est bien joli en apparence avec en plus une propension à un certain culte de sa personne, portant beau, écrivain (poésie, littérature, histoire) c’est sûr qu’à coté de sa majesté Sarko 1er il peut passer pour un génie et un éphèbe. Mais hélas  il existe une face cachée du personnage bien moins étincelante, le joli verni cache pas mal de turpitudes et de cynisme, avec un climax à l’époque ou il était  directeur de cabinet d‘Alain Juppé alors ministre des affaires étranges, pardon étrangères…Nous sommes en 1994 au Rwanda pendant 3 mois avril, mai, juin, plus d’un million de personnes sont massacrées dans d’horribles conditions (un record en aussi peu de temps).

      Or il existe des  témoignages,  dont celui de Patrick de Saint-Exupéry reporter au Figaro, il est un des rares journalistes à être sur place, il en fait un bouquin « L’Inavouable, La France au Rwanda » ou il  relate sa découverte des responsabilités de militaires français dans la planification et l’exécution du génocide. Il adresse son récit à D de Villepin et le commence ainsi : 

      « Monsieur le ministre

      Je viens de vous entendre parler des »génocides« rwandais. Ce n’est ni un hasard ni une maladresse vous le savez comme moi. En conscience, vous venez à nouveau de faire votre une logique de négation. Celle-là même qui poussa certains à vouloir qualifier de génocide les bombardements alliés de Dresde, pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de mieux relativiser ce que fut la Schoah.

      J’ai vu, Monsieur le ministre, le génocide rwandais et les massacres qui s’ensuivirent. Dans les à-côtés du crime monstrueux que fut l’extermination des Tutsis rwandais, il y eut des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité commis par ceux qui, aujourd’hui au pouvoir à Kigali, défirent les tueurs. Mais de »génocides au pluriel, il n’y eut point. Si ce n’est dans vos mots, dans votre discours, dans votre désir d’esquiver ce dossier hérité d’une autre présidence mais que paraissez assumer pleinement.

      Monsieur le ministre, ne faites pas mine d’ignorer le distinguo. N’essayez pas de m’expliquer que Dresde égale la Shoah. Vous savez parfaitement qu’un génocide n’est ni un massacre ni un crime contre l’humanité. C’est une extermination. Une extermination rationnnelement décidée et mise en euvre par un Etat".Lisez la suite dans le bouquin.



      • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 21 juillet 2009 12:34

        (suite)

        IL se rend compte en rencontrant des militaires et des officiels français, par leur silence et leur gêne  qu’il ya une grande différence entre la version officielle (la France est intervenue avec Turquoise afin de sauver les Rwandais) et la triste réalité (la France a aidé et soutenu les extrémistes Hutus depuis le début dans la préparation du génocide, pendant, en leur fournissant des armes, en recevant les dirigeants génocidaire à l’Elysée et après en empêchant l’avancée du FPR avec Turquoise, expédition surarmée, et en exfiltrant les chefs génocidaires sur le territoire français)…

         Pour prévenir l’effet du scandale, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, monte au créneau dans Libération. Éprise de paix, la France aurait facilité les Accords d’Arusha et aurait été surprise par le génocide. Elle aurait alors déployé l’opération Turquoise pour mettre fin aux massacres et aurait ultérieurement lancé une enquête parlementaire pour analyser ses erreurs. Depuis, elle aurait tiré les leçons du drame et s’impliquerait plus efficacement. Malheureusement ce plaidoyer de défense de l’État n’est pas crédible. La présence de militaires français aux côtés des responsables du génocide avant et pendant les événements est largement documentée, comme vient de le montrer la commission d’enquête citoyenne mise en place par l’association Survie. Donc ce type ment comme il respire et cherche à minimiser et à cacher ses responsabilités, comme Juppé, comme H Védrine, comme E Balladur, comme B Debré, comme M Roussin, comme C Pasqua et bien d’autres responsables politiques et militaires. Mais les crimes de génocide sont imprescriptibles et une épée de Damoclès est suspendue au dessus de leur tête, ils ne pourront pas échapper toute leur vie à leurs juges.

        Patrick de Saint-Exupéry fini son livre ainsi :

        « Quand à nous, Monsieur...Oui, nous deux. Nous nous trouvons à présent contraints de couper le fil. Sèchement brutalement. Car dès lors, vous intervenez. Vous devenez un acteur. Nous voici parvenus à l’extrémité. A ce point où nous devons nous devons nous séparer. A ce moment où les masques doivent tomber. Vous avez un nom, Monsieur, vous vous appelez Dominique de Villepin. Vous avez également une fonction : ministre des affaires étrangères. 

        En septembre 2003, c’est en tant que tel que vous avez entonné la chanson des génocides.

         Ces mots viennent de loin. Déjà, en 1998, vous avez été l’un des rares, l’un des très rares hauts diplomates concernés par le dossier, a ne pas avoir été entendu par la mission d’information parlementaire sur le Rwanda.Un télégramme, dont il est précisé qu’il est signé de votre nom, est toutefois cité dans le rapport « la lumière tue », avez vous déclaré un jour.

        En 1994 au moment du génocide, vous étiez directeur de cabinet d’ Alain Juppé, ministre des affaires étrangères. 

        Vous vous êtes alors montré d’une discrétion exemplaire, tout en agissant activement en coulisses. En pleine opération Turquoise, vous avez même bloqué de votre popre autorité les négociateurs envoyés par Edouard Balladur et François Léotard auprès de la rébellion. Mais surtout, Monsieur le ministre...Au début des années 1990, vous étiez l’adjoint diect de Paul Dijoud au Quai d’Orsay. En 1992, vous vous êtes impliqué, personnellement dans le dossier rwandais. « Vess la fin 1992, je suis allé avec D de Villepin » m’a un jour confié un officier français de très haut rang...

        Vous saviez donc tout, Monsieur le ministre des affaires étrangères.

        Depuis le début"

        Ce génocide, c’est aussi votre histoire. P de St Exupéry"


        • FOUCHER 22 juillet 2009 09:35

          Marcle CHAPOUTIER tente de détourner le débat sur cet interview pour assurer la promotion d’un livre de St Exupéry, livre qui avait mal marché en 2004 lors de sa première édition et qui ne semble pas mieux se porter en 2009 après une réédition étonnnante, même pas augmentée ou si peu , provocatrice et racoleuse, et dont le véritable but pose encore question.

          Quelques semaines à peine après cette seconde édition, vous la trouvez soldée sur Ebay pour quatre francs et six sous...c’est dire !

          Sur le fond, ce romancier qui tente de couvrir ses élucubrations et son militantisme sous le voile pseudo objectif du journalisme, aura à expliquer sa démarche, en compagnie de son éditeur, devant une bonne demi-douzaine de tribunaux français où le citent à comparaître ceux qu’il a cru pouvoir insulter en toute impunité et sans aucune justification.

          Cela Chapoutier a oublié de nous le dire !

          Rendez-vous devant les tribunaux qui auront - enfin - à dire où est le mensonge, où est la manipulation et si le militantisme forcené au service de l’épouvantable pouvoir actuellement en place à Kigali (lire Amnesty International et Human Right Watch à ce sujet, entre autres ) peut encore se dissimuler dérrière des attitudes soit-disant citoyennes.


        • tvargentine.com lerma 21 juillet 2009 19:00

          Pourquoi n’est il toujours pas en Prison après la tentative de destabilisation qu’il a fait envers un homme politique qui aspirait à la fonction suprème ???

          Il n’est même pas un élu du peuple,juste un magouilleur qui aurait voulu faire un coup d’Etat bonapartiste

          qu’il s’explique sur Clearstream et arrêtez de lui cirer les chaussures

          http://www.tvargentine.com


          • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 23 juillet 2009 00:23

            @fouché

            "assurer la promotion d’un livre de St Exupéry, livre qui avait mal marché en 2004 lors de sa première édition et qui ne semble pas mieux se porter en 2009 après une réédition étonnante"

            Je ne me suis nullement préoccupé du tirage ni du succès de ce livre, il faut vraiment avoir l’esprit dérangé autant que tordu pour utiliser un argument aussi idiot (ou d’autres raisons que je devine facilement). Ce bouquin est pour moi le document historique d’un témoin qui était sur place au Rwanda pendant le génocide (très peu de journalistes français étaient présents on comprend pourquoi) dont s’est rendu complice actif D de Villepin. C’est un fait historique je n’y peux rien c’est comme ça, ce n’est pas parce que ce triste personnage et ses complices échappent à la justice (impunité organisée au plus haut niveau de l’état) que ce qui s’est vraiment passé n’a pas existé. Le crime de génocide est imprescriptible, donc ils seront toujours susceptibles de passer en jugement, un jour ou l’autre.

            Quand aux tribunaux, pour le moment ils s’intéressent surtout à D de Villepin si bien qu’ il va passer au tribunal pour l’affaire Clairstream. Vos arguments sont si ridicules et inconsistants qu’ils nient l’évidente réalité, à tel point que vous n’avez pas un seul lien sérieux afin d’étayer vos élucubrations, alors que j’en ai mis huit sur mon post.

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