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Demantèlement des 35 heures : la dernière tentation droitière de la majorité ?

Après avoir mis en place le travail du dimanche (tout en donnant la possibilité de réduire les compensations pour les salariés !), réduit de plusieurs dizaines de milliards les cotisations sociales patronales, et tout en se préparant à proposer un projet de loi de déchéance de nationalité, et si la majorité mettait en place un autre projet, oh combien emblématique, que la droite n’osait pas faire, la remise en cause des 35 heures  ?

 
La grande embrouille Badinter
 
François Hollande est décidément le roi de l’embrouille politique. Il maitrise une forme de communication très sophistiquée, dont on ne pourra juger l’efficacité qu’au printemps 2017. En effet, il parvient à dépasser la droite par sa droite, en mettant en place des mesures emblématiques que l’ex-UMP n’osait même pas lancer, y compris Nicolas Sarkozy  ! Mais François Hollande fait réaliser à ses équipes une chorégraphie très complexe. D’abord, il sonde l’opinion en envoyant des éclaireurs, puis il fait réaliser des rapports, et enfin, il embrouille tout le monde avec des projets dont la complexité camoufle l’agenda. Et il occupe tout l’espace politique par des débats internes à sa propre majorité. Car finalement, de l’aile gauche du PS à Emmanuel Macron, que reste-t-il comme position dans le cadre actuel ?
 
Comme pour les baisses de cotisations sociales et la compétitivité, avec le rapport Gallois, nous avons eu droit au rapport Combrexelles en septembre pour préparer le terrain. Puis Emmanuel Macron a joué son rôle de pointe libérale du dispositif en parlant de « mettre fin ‘de facto’ aux 35 heures  » avant que Manuel Valls ne dise que « la dérogation aux 35 heures n’est plus une transgression  ». Mais François Hollande semble penser que la remise en cause trop frontale du fétiche des années Jospin est sans doute trop dangereuse. Du coup, le rapport Badinter vient à point nommé, puisqu’il permet de « remettre les droits des salariés au cœur du code du travail  » selon le Monde, alors qu’il facilite surtout la remise en cause des 35 heures par des accords d’entreprise, comme pour le travail du dimanche.
 

Ce faisant, l’agenda du président de la République est assez machiavélique. Suivant les pratiques de Tony Blair, alors même que la primaire de la droite approche, c’est son camp qui remet en cause les 35 heures  ! Mais que restera-t-il aux Républicains en 2017 pour exister ?


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41 réactions à cet article    


  • raymond 26 janvier 2016 10:57

    Ce que j’ai observé dans mon entreprise, c’est que la direction n’y était pas favorable, en effet supprimer les 35 heures c’est supprimer les jours de RTT et donc c’est aussi augmenter chaque salarié d’environ 1/2 mois de salaire.


    • Le421 Le421 26 janvier 2016 19:00

      @raymond
      Il faut aussi supprimer tout ce qui a été fait pour aider les entreprises qui n’embauchent pas, à commencer par le CICE et tout le reste...
      Il en est où Gattaz avec son million d’emplois ??

      Il a fait passer au pilon les pinn’s.
      Il croit qu’on a oublié !!

      http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150601.OBS9916/gattaz-et-le-million-d-emplois-c-est-pas-moi-c-est-les-autres.html


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 janvier 2016 11:13

      Il reste encore quelques mois à cette équipe.

      Cette initiative est la dernière en date,
      mais put-être pas l’ultime tentation !
      Et si ce n’étaient que des tentations !
      Ils ont déjà « péché », non ?

      • bakerstreet bakerstreet 26 janvier 2016 13:19

        @M de Sourcessure
        Sinon il y a la tentation du coup d’état. Enfin ne l’appelons pas comme ça, on dira « la prolongation de l’état d’urgence ! » Qui exclura ou du moins retardera les élections. Déjà le parlement européen se pose tout de même des questions sur cette prolongation, totalement inepte. Une bombe et on repart pour trois mois, six mois....


      • Le p’tit Charles 26 janvier 2016 11:25
        Les 35 heures sont une illusion que le gouvernement met en avant pour masquer son incompétence à sortir le pays du trou..mais ça marche avec les Français bercés depuis longtemps par les mensonges qu’ils adorent.. !

        • Croa Croa 26 janvier 2016 12:34

          Non certainement pas la dernière smiley
          vus que son truc c’est d’y aller petit à petit. La possibilité de baisser la majoration des heures supp. c’est le pied dans la porte pour régler son compte à la durée légale du travail.


          • Le421 Le421 26 janvier 2016 18:55

            @Croa
            Le duo Valls-Macron me fait penser à Starsky et Hutch. L’un faisais le méchant et l’autre le gentil...
            Pinocchio va !!


          • JL JL 26 janvier 2016 13:04

            35 heures ou pas 35 heures, c’est la valse hésitation préférée du Medef qui voudrait bien comme toujours, avoir le beurre et l’argent du beurre.


            Je m’explique : dans une société pas trop esclavagiste, il faut une limite à la durée légale du temps de travail salarié.

            Pour d’inciter les travailleurs à faire de heures supplémentaires il faut en augmenter le coût : Sarkozy avait trouvé la martingale, avec son « travailler plus pour gagner plus’ » en faisant payer le surcoût par la collectivité.

            La défiscalisation des heures sup était anticonstitutionnelle, c’est ce que j’ai dénoncé il y a maintenant 9 ans dans mon article 35 heures et heures sup.

            • bakerstreet bakerstreet 26 janvier 2016 18:42

              @JL
              Depuis que cette loi a été voté, de toute façon, le pouvoir d’achat a chuté en conséquence, et peut être davantage, car il faut rappeller qu’il n’y a eut aucune augmentation de salaire chez les fonctionnaires depuis 2010, si je me souviens, et encore était ce là une hausse ridicule...Donc, tout ce qui a été gagné à été épongé, et sans doute davantage, cette loi ayant été concédé dans l’échange de reculs importants sur les heures sup.

              Il a été donné une enveloppe énorme aux patronat, sans aucune contrepartie. 41 milliards envolés, collectés sur l’impôt. Tous les jours Bruxelles fait marcher sa planche à billet pour relancer l’inflation, et donne massivement aux investisseurs, qui placent en bourse....Qui est à la tête de l’avion fou ? ...Un scootériste !

            • bakerstreet bakerstreet 26 janvier 2016 13:14

              Je n’y crois pas du tout. Tout cela n’est qu’agitation afin de susciter inquiétudes, puis soulagement, qui sera alors perçu comme une victoire par les travailleurs. Supprimer les 35 heures mathématiquement provoquerait forcément des licenciements en masse dans les entreprises...Ingérable !

              Les supprimer en augmentant les salaires évidemment en proportion me semblait la seule solution à peu près possible pour eux, car elle aboutirait à une augmentation de la consommation, donc un redémarrage de l’inflation, ce qui serait économiquement intéressant, mais ça ne semble même pas être le cas de l’hypothèse...
              Donc d’un coté comme de l’autre cette politique de gribouille basée sur la peur et le suspense bidon sur fond de posture et de coups de menton, porte la marque de ceux qui la portent. 

              • zygzornifle zygzornifle 26 janvier 2016 14:56

                La des 35H amènera une forte poussée du chômage ...... mais le gouvernement truquera les chiffres comme d’hab .....


                • zygzornifle zygzornifle 26 janvier 2016 14:57

                  la plupart des jeunes gens que je connais sont en contrat de 28H voire 20h alors pour eux 35H c’est déjà inespéré .....


                  • Le421 Le421 26 janvier 2016 18:53

                    @zygzornifle
                    Ben ouais.
                    Dans la période de mes 40 ans, j’avais trouvé un boulot « royal » de 21H/semaine.
                    Qu’est-ce que je faisais le reste du temps ??
                    Du black*.
                    Pas peur de le dire.
                    Mais finalement, c’est l’état qui se fait baiser.
                    Pire, à l’époque, en embauchant 21H, y’avais une baisse de charges !!
                    Double jackpot !!

                    *Ah, je précise... Parfois pour mon patron, bien sûr.
                    Je sais, c’est pas bien beau, mais comme on dit, la faim justifie les moyens. Hein ? La fin !! Ah bon !!  smiley


                  • Le421 Le421 26 janvier 2016 18:49

                    Bêtement... J’ai remarqué que le pauvre Badinter avait tendance à « sucrer les fraises ».
                    Je pense qu’à sa place, ils auraient du faire appel au vieux Dassault.
                    Ah bé non !! Y’en a qui disent qu’il couche avec Mélenchon...  smiley


                    • Bernard 26 janvier 2016 20:37

                      En Suisse ils bossent 42 heures.......Je ne connais pas beaucoup de suisses qui cherchent du travail en France par contre les français se pressent pour bosser en Suisse.


                      • tonimarus45 26 janvier 2016 23:20

                        bernard-bonjour- on compare generalement la france a l’allemagne ;;voici lu dans l’express


                         « »« . Toujours est-il qu’en Allemagne, dont la compétitivité est souvent comparée à celle de la France, le temps de travail annuel est légèrement inférieur (1413 heures)... »« »


                      • tonimarus45 26 janvier 2016 23:21

                        @tonimarus45— erreur « lu dans le point »


                      • tonimarus45 26 janvier 2016 23:25

                        bernard— et encore toujours du point

                        «  »"« »• Productivité

                        Les Français sont-ils vraiment moins « compétitifs » que les Allemands, les Britanniques ou les Américains ? Du point de vue de la productivité, rien n’est moins sûr. Celle de la main-d’œuvre française par heure travaillée s’élevait à 45,40 euros en 2011, d’après Eurostat. Une performance qui se situe dans le haut du palmarès européen, tandis que la moyenne des Vingt-Sept s’établit à 31,90 euros et celle de la zone euro à 37 euros. À noter que la France devance l’Allemagne (42,30 euros) ou encore la Suède (44,40 euros)....


                      • tonimarus45 26 janvier 2016 23:43

                        @Bernard—et encore pris sur le net

                        «  »« En 2002, dans les compagnies suisses la semaine de travail moyenne était de 41,5 heures donnée clef sur le marché du travail publiée par l’Office Fédéral de la Statistique) »«  »
                         j’ajoute que la duree moyenne de la semaine en france est de 41 ;2 mais les ouvriers français sont bien plus competitifs(comme je vous l’ai deja ecrit)


                      • tonimarus45 26 janvier 2016 23:45

                        @Bernard—et j’ajouterais si en france la duree legale augmentait de 7 heures par semaine, combien de chomeurs en plus ???????


                      • devphil30 devphil30 27 janvier 2016 07:55
                        Belle idée encore de ces socialistes qui ont oublié leur histoire passée pour assurer financièrement leur court futur.
                        Quand il faudrait réduire le temps de travail , ils veulent l’augmenter et envisage des réduire les indemnités chômage, en maintenant la France en état d’urgence pour assurer leur confort sans trop de manifestations pour des questions de sécurité. 

                        2017 sera une année chaude , pleine de changement ou alors c’est fini 

                        Les républicains n’auront plus rien pour exister et les socialistes version Hollande seront désavoués.

                        Les échanges de bon procédé entre amis touchent à leur fin , de même que l’on entend parler des régions qui présider par la droite ou la gauche feraient appel à toutes les volontés pour une gestion commune entre les LR et le PS.

                        Dans la tourmente il faut se serrer les coudes et on ne sait ce que sera 2017 ......

                        De la pourriture politicienne sans aucune hauteur de vue , ni action pour la France 

                        Philippe 

                        • tonimarus45 27 janvier 2016 13:29

                          @devphil30—bien dit


                        • legrind legrind 27 janvier 2016 08:06

                          Les 35h ont été une connerie monumentale point barre.


                          • tonimarus45 27 janvier 2016 13:25

                            @legrind— surement que vous pensez que en augmentant la semaine du travail cela resorbera le chomage ?????


                          • tonimarus45 27 janvier 2016 13:28

                            @legrind- les 35 heures ont ete une idee geniale qui si elles avaient etes bien appliquees auraient une action encore plus forte sur le chomage


                          • legrind legrind 27 janvier 2016 21:52

                            @tonimarus45

                            Manifestement vous n’êtes pas un chef-d’entreprise qui essaye de garder ses parts de marché, d’en gagner, d’exporter dans un environnement concurrentiel ouvert. 

                          • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 13:33

                            En Suisse 42 heures par semaine presque pas de chômeurs 


                            En France 35 heures par semaine  6 millions de chômeurs .



                            • tonimarus45 27 janvier 2016 14:13

                              @rocla+- bonjour- en france la duree moyenne de la semaine de travail est de 41,2heures.Par contre l’ouvrier français est parmi les plus competitifs d’europe

                              Certains m’ont reproche de faire des copies colles d’article de journeaux defendant le liberalisme comme le point pourtant beaucoup y gagneraient a les lires ces copies colles,,, ?????

                            • tonimarus45 27 janvier 2016 14:23

                              @rocla+- et bien sur en augmentant la semaine de 7 heures il y aura moins de chomage ??

                              Vous pensez qu’un patron qui pourra avec moins d’employes honorer son carnet de commande et donc sa charge de travail gardera des ouvriers dont il n’a plus besoin ??or le carnet de commande des entreprises n’est pas extensible et depend du pouvoir d’achat des français .Pouvoir d’achat qui est en baisse permanente
                              Ceci dit la suisse est un paradis fisacal rien avoir avec les autres pays europens dont l’allemagne que soudain on ne compare plus a la france ;etonnant non ??


                            • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:06

                              En Suisse 42 heures par semaine presque pas de chômeurs 


                              En France 35 heures par semaine 6 millions de chômeurs .

                              je peux mettre la ligne d’ en haut en bas et remonter 
                              celle du bas en haut  dans le cas où vous comprendriez 
                              mieux ...


                              • foufouille foufouille 27 janvier 2016 15:12

                                @rocla+
                                c’est normal car en france, il faut faire payer la retraite des commerçants et artisans par les salariés.
                                http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-2102.pdf


                              • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:11

                                En tant que travailleur frontalier, travaillant en Suisse, vous êtes soumis au droit du travail suisse (sauf accord contractuel contraire).

                                Le droit du travail suisse est beaucoup plus souple et libéral que le droit du travail français. Il est donc important que vous en connaissiez les principaux rouages afin d’éviter les mauvaises surprises. 

                                Oubliez alors le contexte français, vous entrez dans un nouveau monde !


                                Il faudrait faire voyager nos gauchistes à oeillères pour voir ce qui se passe 

                                dans le restant du monde .


                                • foufouille foufouille 27 janvier 2016 15:21

                                  @rocla+
                                  surtout dans les pays avec la retraite à 70 ans et pas 58.
                                  si la caisse de retraite du commerçant fait faillite, il retourne bosser.


                                • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:15

                                  Allors que le gouvernement annonçait mercredi 4 novembre une simplification du Code du travail, France 2 s’est rendue en Suisse souvent citée en exemple pour la souplesse de son Code. Première comparaison : le Code du travail français compte 3 600 pages, le suisse à peine 200. Ce Code ne compte qu’une centaine d’articles. Il n’y est pas question de SMIC, ni de règles en matière de licenciement. Cette grande liberté des entreprises est toutefois encadrée par des accords par secteur d’activité ou des conventions collectives.

                                  Trop peu de protections

                                  Pour les syndicats helvètes, les travailleurs manquent de protections : « En Suisse vous pouvez travailler chez le même employeur pendant 30 ans, vous n’allez pas percevoir une seule indemnité si vous êtes licencié. Demain, n’importe quel employeur peut vous licencier (...) pour incompatibilité d’humeur », commente Nuno Dias, du syndicat interprofessionnel UNIA. Pour les syndicats, seuls 40 à 50% des salariés bénéficient d’une convention collective.


                                  Note de Rocla , 


                                  La réalité  est que le salarié touche un salaire , a une protection sociale , des congés payés . 


                                  Ceux qui veulent plus d’ avantages et en même temps plus 

                                  de risques  se mettent à leur compte .





                                  • Shawford Shawford 27 janvier 2016 15:20

                                    @rocla+

                                    Antenniste, boulanger et maintenant juriste ?

                                    Je te préfère encore en travelo milanaise, carlita smiley


                                  • foufouille foufouille 27 janvier 2016 15:23

                                    @rocla+
                                    et le marchand de tapis retraité reçoit 200€ de retraite.


                                  • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:18

                                    On a pas vu de nombreux frontaliers suisses venant travailler en France .


                                    Qu’ est ce qui pourrait bien se cacher derrière cet état de fait ?

                                    • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:21
                                      Nombre de cantons de la Confédération ont déjà aboli le statut de la fonction publique. Une véritable révolution

                                      Sous la grande coupole du Palais fédéral, « la Mamelle », comme le surnomment avec ironie les Bernois, c’est une conjuration susceptible d’ébranler l’Europe entière qu’ourdissent, ce 21 janvier, les députés de la Confédération, discrètement réunis en commission, dans la salle 3. Ce jour-là, les représentants du peuple commencent leur examen de la nouvelle loi sur « le personnel de la Confédération », comprenez : la fonction publique. Objet du complot : abolir le statut du fonctionnaire helvétique et le remplacer par une convention collective. Adieu la garantie de l’emploi, vive la flexibilité ! Il s’agit, tout bonnement, de rapprocher, au plus près, les structures de l’administration de celles des entreprises privées. D’ « alléger le mammouth » suisse - dont la surcharge pondérale reste, il est vrai, toute relative, en comparaison avec le voisin français. Mais l’exposé des motifs du projet présenté par le gouvernement de la Confédération ne laisse place à aucune ambiguïté. Chaque terme est lourd de sens. « Les mutations rapides de l’économie et de la société exigent que l’Etat également soit disposé à se réformer. Dans un contexte de globalisation croissante, l’efficacité du secteur public est un atout majeur dans la concurrence que se livrent les sites économiques. Vu les ressources limitées, les administrations doivent être capables, au moyen de structures flexibles, de gérer des processus axés sur des objectifs. » 



                                      • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:22

                                        Joseph Leu, président (PDC, Parti démocrate-chrétien) de la commission des Affaires politiques du Parlement, plaide : « Ce texte d’avant-garde ouvre la voie à une gestion moderne, plus libre, à une nouvelle culture fondée sur la confiance. » M. Leu est modeste. En fait, il s’agit non pas d’une évolution, mais d’une révolution. Avec ce nouveau texte, le fonctionnaire devient un simple employé : jusqu’ici, il était nommé pour une période de quatre ans renouvelable. A la différence de ce qui se passe en France, où il l’est à vie. Désormais, les licenciements de fonctionnaires seront possibles, à tout moment, « en cas d’insuffisance dans les prestations ou de la diminution en demande du personnel ». Pas question de laisser survivre des administrations obsolètes, à l’exemple du ministère français des Anciens Combattants, dont l’évocation, ici, suscite une commisération polie mais franchement sarcastique. Le salaire ne dépendra plus uniquement de l’ancienneté mais sera calculé, en partie, d’après la prestation individuelle. La sacro-sainte grille des traitements, soigneusement fixée par les députés, vole en éclats : ce sont les directions d’administration qui établiront maintenant, elles-mêmes, l’échelle, en tenant compte du marché de l’emploi et des besoins de chaque branche. C’est promis, les postes et les chemins de fer lutteront à l’avenir à armes égales avec leurs concurrents du privé. En finir avec des règlements interminables Au sein de l’Office du personnel fédéral, à Berne, la cheffe d’état-major, Sonia Weil, désigne sur une étagère trois classeurs noirs : « C’est la bible : tout y est. Les critères de promotion féminine, le nombre de mètres carrés pour chaque fonction, le type de mobilier pour un chef de bureau, etc. Mais la pratique montre, chaque jour, qu’on a besoin de plus de souplesse. Il est temps d’en finir avec ces règlements interminables. »
                                        Et les vieilles habitudes hiérarchiques. Mission est désormais donnée aux ronds-de-cuir d’endosser les habits de « managers ». En discussion depuis une décennie, cette réforme de l’administration a reçu un coup d’accélérateur avec la dérive des finances publiques. « En moins de dix ans, la Confédération a vu sa dette passer de 40 à 100 milliards de francs suisses, explique Michel Barde, secrétaire général de la Fédération romande des syndicats patronaux. Le ralentissement de la croissance rend intenable le statu quo et notamment la progression automatique des dépenses. » A Genève, la dette s’élève à 10 milliards pour un budget de 5 milliards. Rien de catastrophique pour un pays de l’Eurolande, mais assez pour mettre le feu au lac aux yeux de nos voisins helvètes, si économes. « Les salaires dans le privé baissent, note François Bellanger, professeur de droit à l’université de Genève. La précarité s’étend. Et l’opinion, dans ces conditions, n’accepte plus ce qu’elle perçoit comme des privilèges exorbitants donnés en apanage à la fonction publique. Face à la montée de l’endettement, l’Etat veut augmenter les impôts. Mais il n’est pas si facile, ici, d’augmenter une quelconque CSG. Car le peuple n’est pas d’accord. Comme il l’a encore montré, lors du référendum du 20 décembre dernier, à Genève, par son refus du plan d’assainissement budgétaire. » Les patrons, eux aussi, poussent à la roue. « L’économie privée n’est plus en état de garantir la sécurité de l’emploi public dans un pays chaque jour davantage tributaire de l’économie mondiale », insiste Geza Teleki, à l’Union économique de Bâle. Dans ce dernier canton, un fonctionnaire peut partir à la retraite dès 60 ans quand un employé du privé, lui, doit attendre cinq ans de plus s’il est un homme, deux s’il est une femme. Un avantage parmi d’autres, désormais ouvertement remis en question. 



                                        • rocla+ rocla+ 27 janvier 2016 15:23

                                           Bâle, où, à l’instar d’autres cantons alémaniques, le statut des fonctionnaires locaux a déjà été supprimé, c’est un nouvel état d’esprit qui s’installe dans les administrations publiques. Le fonctionnaire est désormais investi d’une nouvelle ambition : servir le citoyen. Anecdotique mais révélateur : le bureau du « contrôle des habitants » a été rebaptisé en « service pour l’habitant ». A Zurich, l’emploi à vie sera supprimé le 1er juillet prochain. Mais l’heure est déjà au reengineering des directions. Les écoles apprennent l’autogestion. Dans le secteur de la santé publique, le coût des opérations, de l’hospitalisation, de la qualité de l’accueil sont évalués sur un mode comparatif, établissement par établissement, afin de fixer des critères qui s’imposeront à tous. Face à ce vent de libéralisation, inspiré du new public management, en vogue notamment dans la lointaine Nouvelle-Zélande, les syndicats de la Confédération (à l’exception du Cartel de Genève, minoritaire, qui campe sur un refus systématique) ont d’emblée joué la carte du compromis. La fin de la garantie de l’emploi ? « On ne s’y est pas accroché, reconnaît Bernard Niquille, secrétaire de l’Union fédérale du personnel des administrations et des entreprises publiques. On voit bien ce qui se passe. Il fallait dépoussiérer la loi. » Plutôt que de descendre dans la rue - ô horreur ! - ou de prendre les usagers en otages - « Ça, c’est bon pour les Français » - les syndicats cherchent, dans les négociations en cours, à limiter la portée du changement. Sans savoir très bien jusqu’où aller. Car ils sont bien conscients que, en cas de blocage, la réforme serait portée directement devant le « souverain », comme on appelle ici les électeurs, par un référendum qu’ils seraient assurés, de leur aveu même, de perdre. « Un groupe minoritaire jouissant de privilèges exagérés ne pourra jamais en imposer le maintien contre la volonté du peuple qui, à tout moment, à son initiative, peut demander l’abolition d’un texte », résume François Bellanger. 


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