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Accueil du site > Actualités > Politique > Déni et conformisme en politique

Déni et conformisme en politique

J'observe, que dans la vie politique française (notamment), les individus qui ont une charge politique vont de bon gré vers un consensus général en suivant le groupe auquel ils se rattachent. (Qu'ils soient dans l'opposition ou pas ne change rien à l'affaire.)

Ainsi, il n'est pas surprenant de constater que sur un thème de société qui divise (par exemple, le mariage pour tous), les députés votent en groupe à quelques exceptions près de la même manière que leur groupe d'appartenance. Qu'ils soient de tel ou tel bord.

D'où la question : Y a-t-il un syndrome de Panurge (puisqu'il existe un syndrome de la chaise vide) qui expliquerait en politique, le moutonisme ? 
Quelle est l'opposition au sein du parlement qui s'exprime contre l'Union européenne, contre le traité transatlantique, contre la désinformation en Syrie, en Lybie...

Si oui, comment s'exprime-t-elle ?

C'est là tout l'objet de cet article, auquel il faut associer l'assentiment ou la manipulation du peuple... 

Pour ce faire, reprenons quelques définitions (déjà proposées dans un article antérieur) : 

Qu'est-ce que le conformisme, et à contrario : son contraire ?

  • Le conformisme (définition Wikipédia) se définit comme l'attitude sociale qui consiste à se soumettre aux opinions, règles, normes, modèles qui représentent la mentalité collective. L'exemple type est celui du mouton qui suit le troupeau (dans cette courte vidéo de individuum :Vidéo n°1.)
  • A ce conformisme s'oppose un autre conformisme qui s'intitule anticonformisme et qui se définit par rapport au conformisme (un exemple type : le mouvement punk, selon Vidéo n°2, c'est un conformisme d'opposition (pour conserver la similitude du mouton : Au lieu d'être blanc, il serait noir dans ce cas)
  • Enfin et surtout, il reste une catégorie, plus disparate, qui est celle des non-conformistes : soient des individualités qui vont plus librement en vertu de leur affect ou de leur conscience. (Vidéo n°3 : L'individu pris en exemple ne calque plus son comportement sur le groupe, mais selon son affect actif.


Voici un exemple de non conformisme : Combattre les manipulations politico-médiatiques via le député belge Laurent Louis
Seul contre tous dans un parfait inconfort. (Puisque mis au pilori par les médias...)
Il est intègre dans son rôle, puisqu'il clame ce que son engagement et ses valeurs politiques lui disent de ne pas taire.
Bref, il fait son travail sans se soucier de sa carrière et du qu'en-dira-t-on ! 

Sa conscience souveraine, alliée à son discernement, arbitre sur ce qu'il doit faire, relayer et donc :

Etre, en conformité avec ses pensées, en dehors de tout conformisme ou anticonformisme (puisque dans les 2 cas, il y a inflexion aux codes du groupe de rattachement)
Avoir des valeurs distinctives en politique, les affirmer et s'y tenir, est, à mon sens, une exception de type non-conformiste qui infirme ou dénie une règle implicite de soumission ou d'adhésion. (C'est selon...)
Que ferait le général de Gaulle, aujourd'hui, si par l'enchantement de la fiction, il reprenait les manettes de "la république".
Sans doute verrait-il les turpitudes d'un très mauvais œil ! Mâcherait-il ses mots devant 577 députés qui ruminent de concert ? 
J'ai l'impression que bien des châteaux de cartes s'écrouleraient avec une médiacratie disqualifiée en queue de peloton...

Synthèse :

Je vous propose donc une dernière vidéo n°4 (en fait la 8eme et dernière vidéo de la série Individuum) qui nous dit en substance que l'individu doit chercher à trouver le juste milieu entre être soi et se fondre avec le comportement du groupe, sachant que :

  • Nos comportements sont régis par un civisme aveugle et qu'il faut donc connaître ce fait.
  • Ce que disent les autres n'est pas forcément judicieux et que le cas échéant quitter le groupe est salutaire.
  • L'adoption d'une posture est destinée à plaire à autrui, oui, mais autrui en est-il digne ?

Tous ces éléments relatifs au quant-à-soi, on pourrait aussi les valider à l'occasion d'élections et se demander si un individu qui aspire à des fonctions publiques, est du type conformiste ou non-conformiste, suiveur habile et malléable ou personnalité intrinsèquement insoumise ou charismatique...
Le fait est, que pour être député, il faut être intronisé par un parti politique, c'est-à-dire parrainé, médiatisé, financé et donc coopté par l'organe de promotion et de pouvoir qu'est le parti, puis être élu...
Celui ou celle qui est choisi, devra donner de gages et montrer patte blanche.
D'ailleurs, l'élu doit-il attribuer son élection à son parti qui l'a promu, aux médias qui l'ont mis en perspective ou au peuple ? 
Ainsi, il est un agent du système "démocratique", mais vicié par les partis et verrouillé par le truchement de l'alternance en trompe l'œil.
Le non-conformiste est une parole dangereuse pour l'ordre établi, une épine dans le pied du système.
(Laurent Louis en est un rare exemple)

Pour résumé (en musique) :

En regardant occasionnellement la chaine parlementaire, j'observe de manière caricaturale un hémicycle avec 2 entités (pour faire simple) l'une jouant de la flute ou du violon (c'est selon), sous des applaudissements éparses, et l'autre qui invective à l'unisson ou avec parcimonie ou somnole. (C'est selon...)
Notre assemblée nationale compte 577 députés, qui jouent de concert à tour de rôle dans l'hémicycle. Edouard Herriot disait :

" La politique est un chapitre de la météorologie. La météorologie est la science des courants d'air. "

Si ce spectacle de thé dansant est coutumier, il est l'expression d'un formalisme et d'un conformisme : La démocratie aurait-elle besoin de moutons blancs, noirs ou roses ?
Qu'a-t-on besoin de 577 députés qui discutaillent à l'identique, selon la règle du droite vs gauche, ou "kifkif (bourricot)" soit : le libéralisme libertaire de la gauche contre le libéralisme identitaire de la droite.
Conformistes ou anticonformistes, les débats parlementaires n'en demeurent pas moins une orchestration bien huilée qui perdure et dans laquelle chacun à sa place se conforme aux usages feutrés.
(Nous verrons plus loin pourquoi cette longévité perdure...)

à la question : 

Un syndrome expliquerait-il, en politique, l'équivalant du mouton de Panurge ?

La réponse est sans doute multiple : l'arrivisme, la fatuité, l'avidité, l'égocentrisme, la facilité, la lâcheté, le renoncement ou l'impuissance...
Je vais néanmoins clore ce chapitre de manière plus positive, avec cette citation de Charles de Gaulle (à mon sens virtuose du sens moral et politique dans l'histoire) : "Tout peut, un jour, arriver, même qu'un acte conforme à l'honneur et à l'honnêteté apparaisse en fin de compte, comme un bon placement politique."
 

Pourquoi les peuples votent-ils pour des carriéristes ?

C'est à mon sens la grande question !

  • D'abord, y-a-t-il un choix ?
    Qui intronise, choisit, propulse ou marginalise les hommes politiques ?
    Qui, sinon l'autorité qui façonne le pouvoir politico-médiatique...
    En d'autres termes, les peuples sont conviés à s'exprimer par le vote (dans les clous) pour donner une légitimité à l'un des candidats du système.
    (en dehors des clous, pas de salut : Laurent Louis est un spécimen rare et probablement un contre-exemple en sursis.)
  • L'homme est un être social qui favorise l'adhésion. Il est donc sujet à l'endoctrinement ou renoncement puisqu'il ne peut vivre facilement sans l'autre.
    Maints conformismes dans l'histoire témoignent d'une soumission admirative ou bienveillante au leader d'opinions sans scrupule.
  • Le contrôle social, orchestré par le mainstream, facilite la déstructuration des liens sociaux, soient :
    Mutations, divorces, athéisme, précarisation, perte de sens avec le mariage gay, la théorie du genre...) favorise le déracinement et la manipulation.
  • Le doute associé à une fragilité comportementale décrite ici : Effet de Hasch, explicite l'entrée des individus dans un moule de consentement.
  • Un mensonge rassurant est mieux accueilli qu'une vérité dérangeante.
  • Le déni, (c'est l'incroyable capacité à dévier la réalité).
    Il découle d'un sentiment d'impuissance à assumer la réalité, et s'exprime par le refus d'admettre son impuissance devant cette dépendance. (liée à l'impuissance et l'incompréhension) Le déni permet de s'aveugler, pour ne pas voir ce qui dérange. Citation de P.McCartney : "Si les abattoirs avaient des fenêtres, nous serions tous végétariens". Ainsi, comme ils n'en ont pas, Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes tronqués possibles.

Conclusion : la manipulation en toute iniquité et impunité...

C'est incroyable pour ceux qui sont éveillés, (qui, à l'instar de Néo dans le film Matrix ont pris la pilule rouge), d'observer cette inconscience collective et cette torpeur du peuple devant la parole médiatique et parfois satanique quand on sait la réalité inversée.
La phrase de Jésus Christ dans la bible (Mathieu 13.9 ou Marc 4.10...), : "Que Celui qui a des oreilles pour entendre, entende !", prend ici, dans notre siècle déboussolé, des dimensions étonnantes et détonantes.
Souhaitons donc que l'année 2014, soit l'année de la quenelle, c'est à dire celle du dévoilement pacifique...


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34 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 3 janvier 2014 08:54

    Oui, le besoin de se conformer à l’opinion ambiante est très présent et permet de demeurer dans le groupe ou d’échapper à la crainte de se marginaliser.
     Conformistes, suivistes, moutons, faibles ... peu importe le terme, c’est aussi la recherche de sécurité ou le refus du conflit. Or, nous parlons ici de la majorité d’entre nous. S.Hash a effectivement bien démontré ces processus.
    Si l’on ajoute le réflexe d’obéissance, démontré par S.Milgram, on a la plupart des ingrédients qui font que les masses suivent celui qui décide.

    J’ai envie d’ajouter les différents traits de personnalité qui peuvent encore nous différencier : Actifs-réactifs-proactifs-suivistes ... On sait également que peu d’entre nous prennent des initiatives, sont à même de faire des choix personnels (peut être 10%).

    Par conséquent, pour reporter toutes ces différences à notre situation actuelle et à l’éventualité d’une action (surement plutôt une ré-action) à la mainmise des Elites par l’intermédiaire de l’Etat, on doit considérer qu’il n’y a qu’une petite partie d’entre nous qui prendra des initiatives et « mènera le bal ». Les autres suivront, réagiront ... attendront de voir.
    Et il est important de savoir qu’il en est toujours ainsi. Même une très bonne initiative ne regroupera pas la totalité d’entre nous.

    A moins que ... le ras le bol soit tellement important que tous ces processus soient évacués et que tout le monde (enfin disons beaucoup) se lève. C’est également possible et surement la très grande peur des gouvernants et « Elites ».

    « Ils ne sont grands que parce que nous vivons à genoux ».


    • devphil30 devphil30 3 janvier 2014 08:54

      Très bon réflexion et très bon article.

      Merci pour cet contribution


      • Pierre Régnier Pierre Régnier 3 janvier 2014 11:05

        Merci pour cet article (et pour les deux images qui l’illustrent si bien).

        Le conformisme, Ricquet, est principalement, de nos jours, le résultat de "l’impérialisme publicitaire". Celui qui l’a défini, explicité et combattu pendant des années dans Le Monde diplomatique a rassemblé les éléments de ce combat dans un livre :

        De l’idéologie aujourd’hui ( François Brune, éd. Parangon 2005)

        Il a montré différentes facettes du conformisme conforté par les médias :

        Les médias pensent comme moi (François Brune, L’Harmattan, 1997)

        Médiatiquement correct ! (François Brune, Parangon 2004)

        Il a montré sous quelle(s) forme(s) Big Brother fait aujourd’hui notre manière de voir, de penser, de subir :

        Sous le soleil de Big Brother, précis sur « 1984 » à l’usage des années 2000 (François Brune, l’Harmattan 2000)

        Je ne sais lesquels de ces livres sont encore aujourd’hui disponibles mais, bonne nouvelle, celui qui a annoncé tous les autres, le grand classique d’il y a trente ans vient d’être ré-édité :

        Le bonheur conforme, essai sur la normalisation publicitaire (François Brune, éditions de Beaugis 2013)

         

        Ps : Il me paraît important par ailleurs de lire et faire lire, en complément du vôtre, le texte plus long, plus difficile à commenter... que ddacoudre a publié en même temps sur Agoravox sous ce titre  :

        Pour cette année 2014 je vous souhaite de reprendre le pouvoir, d’inventer la traçabilité sociale et la comptabilisation humaniste

         

        Je vous souhaite moi-même, Ricquet, une bonne année.


        • Pierre Régnier Pierre Régnier 3 janvier 2014 11:07

          A propos, Ricquet, du "Mozart de la formule littéraire" auteur de celle que vous rapportez dans votre profession de foi (on dit aujourd’hui « profil ») je l’admire moi-même au point que j’ai trouvé utile de dire récemment dans Agoravox combien merveilleusement le chante Natasha Bezriche :

          http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/natasha-bezriche-va-chanter-ferre-143163

          Je n’en suis que plus à l’aise pour dire que, dans ce petit affrontement avec Nougaro, que j’ai découvert tout récemment, c’est selon moi ce dernier qui a raison contre Ferré :

          http://bouddhanar.blogspot.fr/2011/10/ni-dieu-ni-maitre-le-clash-entre-leo.html

          Ceci pour dire aussi que Laurent Louis, par vous mis en valeur, ne s’exprime pas sans une certaine démagogie (sans argumentation sérieuse pour appuyer tout ce - et tous ceux - qu’il dénonce), laquelle déssert finalement une intention que j’approuve.

          Cordialement.


          • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 12:01

            Merci beaucoup pour les liens !


          • Oliver Trets Oliver Trets 3 janvier 2014 11:29
            Il manque des facteurs clefs à cette démonstration : la société de consommation permet de régler la « longueur de la laisse » qui rend vivable beaucoup de situations sociales pourtant révoltantes. Vous devriez vous renseigner sur le travail sociologique de certain anti-conformistes notoire pour compléter votre propos : Pierre Carle ou Bourdieux sont éclairants sur le sujet et vous éviterez de faire autant d’impasses.

            Le « système » c’est comme la « pensée unique » : c’est un concept abscons dont personne ne revendique l’appartenance. Bref, c’est du vide.

            Quant à la quenelle, c’est un geste soi-disant anti-système, mais l’on n’en voit maintenant que des mises ne scène par des antisémites. Je vous met au défi de trouver une personnalité sportive, politique ou artistique qui revendique encore ce geste en 2014 alors qu’il y en a eut tant depuis quelques années.

            Les complotistes comme Dieudonné sont efficaces quand il faut agir « contre », à contrario, l’action publique pour apporter de nouvelle solutions pour les causes qu’ils défendent sont inexistantes (Elles sont où les prises de positions pour des idées neuves pour améliorer le sort de certaine populations immigrés stigmatisées en France, ou même des solutions concrètes pour défendre les palestiniens ?).

            La quenelle est un aliment mou et inerte : quand on la jette contre un mur, elle s’écrase et le mur ne tremble pas.

            • Arnaud69 Arnaud69 3 janvier 2014 11:49

              C’est marrant vous avez le mêmes résultats d’analyse sémiologique qu’un certain wesson ....
              Coïncidence certainement...


            • Oliver Trets Oliver Trets 3 janvier 2014 11:54

              Nous sommes 99% à faire parti du « système », ce n’est pas étonnant que nous soyons tous du même avis.


            • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 12:00

              Nous sommes sur un forum...

              Donc : si mes propos te semblent limités, tu peux les complémenter...
              à vouloir alourdir un texte, pour rendre une pensée ambitieuse et cernée, on prend le risque d’être ennuyeux pour le lecteur lambda.
              c’est d’ailleurs tout l’intérêt des liens (qui permettent une autre lecture affinée)...
              à toi d’en ajouter, pour ma part, je veux que ça reste sobre et digeste.

              (Pour Dieudonné : Tu n’as rien compris...
              Mais comme ce n’est pas mon sujet du jour, je n’en piperai mots.)

            • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 13:21
              J’ai changé d’avis.
              Tu dis : « La quenelle est un aliment mou et inerte : quand on la jette contre un mur, elle s’écrase et le mur ne tremble pas. »

              Alors pourquoi tout ce bruit orchestré autour de la quenelle ?
              Tout ce mépris accusatoire des politiques et des perroquets de presse ?
              La réponse est entre autre ici :
              Demande à cette jeunesse lucide : http://www.youtube.com/watch?v=Da7iIJKWjXw

            • Arnaud69 Arnaud69 3 janvier 2014 13:42

              @ Ricquet

              Un GRAND merci pour la vidéo.
              Amitiés Fraternelles !

               smiley 


            • doctorix doctorix 5 janvier 2014 00:18

              Dans le lien de Ricquet, il faut lire les paroles :

              (Sur l’air du chant des partisans)
              François, la sens-tu, qui se glisse dans ton cul, la quenelle ?
              C’est ça, la quenelle, ça n’a rien d’antisémite, c’est juste anti-système.

            • Robert GIL ROBERT GIL 3 janvier 2014 11:35

              Les citoyens ont peur du changement et s’obstinnent a voter pour ceux que les medias presentent comme « capables » et denigrent les autres. Il est là notre malheur, les élus de notre parlement, y compris européens, ne défendent, dégagés de toutes obligations pendant toute la durée de leur mandat, que les intérêts de leur parti, de leur gouvernement et de leurs idéologies, qui ne coïncident bien souvent qu’avec leurs propres intérêts. La carrière politique enrichit bien plus que le travail salarié, et même, pour une grande majorité entrepreneuriale ; voyez le niveau de vie de celles et ceux qui depuis plus de trente années dirigent par alternance notre pays avec tout le bonheur que nous pouvons constater..........

              voir : ILS NOUS PRENNENT POUR DES CONS, PARCE QUE L’ON EST DES MOUTONS !


              • Arnaud69 Arnaud69 3 janvier 2014 11:52

                Je vous l’ai déjà dit, changer pour faire VOTRE URSS pour tous, vous pouvez repasser cher héritier de Marcel Cachin...


              • claude-michel claude-michel 3 janvier 2014 13:28


                « Déni et conformisme en politique »....Non..Déni la malice..La politique est un lieu peu fréquentable...tout le rebut de la société s’y trouve.. !

                • Morpheus Morpheus 3 janvier 2014 15:49

                  Je préférerai préciser « la politique par l’oligarchie », pour faire la différence entre la politikè (la lutte de pouvoir) et la politeia (la gestion commune de la cité, consistant en principe à résoudre les problèmes - plutôt que les réguler).


                • Arnaud69 Arnaud69 3 janvier 2014 13:52

                  Message des Français de la diversité à Mr François Hollande VIDÉO

                  Bonne année Mr le « président »  smiley 


                  • Morpheus Morpheus 3 janvier 2014 15:46

                    @ Ricquet

                    Il me semble que tu confonds le phénomène du conformisme et de l’instinct grégaire, propre à un peuple gouverné, et le mécanisme nécessairement partisan des factions politiques qui gouvernent (ce que nous appelons à notre époque les « partis politiques ») .

                    Je te propose de lire cette note sur la suppression générale des partis politiques écrite par Simone Weil en 1940 et qui est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Il apparait assez clairement que le problème au sein d’un parti politique ne vient pas tant d’un supposé « suivisme », mais bien de la raison d’être du parti politique, qui est de constituer une faction unitaire dont le but est, par tous les moyens, de convaincre le peuple de voter pour lui afin de vaincre dans une lutte de pouvoir (soit pour accéder au pouvoir, soit pour le conserver) et cela s’inscrit dans une durée visant à pérenniser une carrière politique professionnelle qui, par nature, sépare le gouvernant des gouverné, sépare l’élite du peuple, et se faisant, par construction, un politicien professionnel ne peut pas défendre le peuple (« Aristote avait déjà compris qu’un politicard professionnel ne peut pas défendre le peuple, tout simplement parce qu’il n’est plus dans le peuple, et on savait encore au début du XIXe siècle, en somme, que la gauche ne se construit pas dans les institutions de l’État mais dans celles que l’État ne reconnait pas comme telles » dixit Sam sur un autre blog).

                    Cordialement,
                    Morpheus


                    • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 16:25

                      Merci Morpheus.

                      Quand tu parles de Simone Weil, (même si tu dis en 1940), précisons qu’il s’agit de : Simone Adolphine Weil, (philosophe)
                      afin de ne pas la confondre avec la politicienne.

                      Ton commentaire est le bienvenu, je lirai l’article ultérieurement.
                      Je ne pense pas confondre, puisque je parle ici du conformisme (non pas du peuple) mais des individus politiques qui se carrièrisent, et qui pour durer suivent le troupeau...

                      Les moutons bêlent aussi dans les palais de la république...

                    • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 20:07

                      J’ai lu la  note sur la suppression des partis politiques de Weil.

                      C’est effectivement une pensée incontournable, relative au sujet de mon article.
                      J’invite donc chacun à y consacrer quelques minutes.

                      Pour simplifier, la thèse développée par Weil, dit : 
                      Parti = Poison + Asservissement des élus + Ruine de la pensée individuelle.
                      Citation : « Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice. »
                      Y a-t-il une contradiction, ou une antithèse à la réflexion de Weil qui serait développée ailleurs ?

                      Car, il faut bien avouer, que le parti, dans la définition qui en est donnée, est un organe de pouvoir uniquement contre-productif, infertile et malsain.)
                      Il n’est pas étonnant donc, que les élus soient en disgrâce politique et affective...
                      Ils n’ont rien à dire et se couchent...

                      Merci pour l’éclairage.

                    • almodis 4 janvier 2014 19:57

                      merci à vous , Morpheus , pour cet article de la grande Simone Weil ; cela va tout à fait dans le sens de ce que nous avons besoin de lire , c’est d’une actualité criante et me conforte dans mon militantisme pour une DEMOCRATIE REELLE , dont le site de Chouard se fait l’écho , jour après jour !

                      les milliers de commentaires sur le dit site ne sont ils pas encourageants ?

                      savez vous qu’il existe un « petit » mouvement qui porte ce nom , Démocratie réelle, et qui s’est lancé dans l’aventure des Européennes , en appliquant le système du TIRAGE AU SORT ?


                    • Morpheus Morpheus 4 janvier 2014 20:29

                      @ almodis

                      Je suis au courant, oui, Mr Chouard a relayé cette initiative smiley

                      Morpheus


                    • donino30 donino30 3 janvier 2014 18:30

                      Remarquable article Ricquet, du début à fin et sa savoureuse conclusion. La constitution ne protège plus du tout la république et les citoyens du carriérisme politique.


                      Hier, le Général de Gaulle démissionnait de sa fonction de président pour un référendum perdu à 48%. Aujourd’hui, sous la même république et donc la même constitution, des sondages allemands situent François Hollande à 9% d’opinions favorables, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... Le Parti va même jusqu’à oser affirmer que si la rupture avec l’opinion est si forte, c’est parce que des décisions « courageuses » sont prises et donc « forcément impopulaires à court terme ». 

                      L’ignominie des politiciens de la 5ème république est aujourd’hui sans limite, et il est maintenant évident qu’ils ne rédigeront pas une nouvelle constitution d’eux mêmes. Il faudra qu’on les aide quelque peu à tenir le crayon, 230 ans après la dernière vraie expression démocratique du pays.



                      • Piotrek Piotrek 3 janvier 2014 18:34

                        Excellent article.

                        Globalement je pense que nous avons tous ce que nous méritons. La faillite de la politique, de la société ou de l’économie.

                        Tout le monde veut manger du bio du terroir mais personne ne veut plus le travail contraignant qu’est labourer la terre ou traire les vaches tous les matins.
                        Tout le monde veut sa retraite ou son épargne au meilleur taux, mais savons nous exactement ce que fait le banquier pour obtenir ces pourcentages ?
                        Tout le monde veut des fruits exotiques et du café bon marché, des habits pas chers, mais fait-on l’effot de connaitre les conditions de production de tous ces produits ?

                        Tout le monde veut des politiques d’élite, mais c’était le cadet de nos soucis avant que la crise nous tombe dessus.

                        Nous ne prenons même pas la peine de nous questionner pleinement sur nos certitudes.

                        La France est une victime de la crise qui touche tous les niveaux ?

                        Il faut reformuler totalement toutes les questions, il ne faut plus penser France, Etats-Unis, Russie, il faut penser qui sont les responsables dans chaque pays et qui sont les victimes. Il faut penser mondialement, les similarités entre les problèmes des différents pays sont frappantes, pour qui veut bien ouvrir les yeux


                        • Arnaud69 Arnaud69 3 janvier 2014 18:41

                          Ricquet

                          J’oubliais de saluer votre excellent article, lu et relu et sauvegardé.  smiley


                          • Ricquet Ricquet 3 janvier 2014 20:45

                            Un article du 4 septembre 2013 (que je découvre ) sur l’assimilation des Chocs et le taux de déni...


                            (à lire)



                            • ddacoudre ddacoudre 4 janvier 2014 00:23

                              bonjour ricquet

                              très bon article, je rajouterais seulement que jésus à chassé les marchands du temple et nous nous leur avons donné le pouvoir.

                              cordialement et bonne année.http://ddacoudre.over-blog.com/article-pour-cette-annee-2014-je-vous-souhaite-de-reprendre-le-pouvoir-d-inventer-la-tra-abilite-sociale-et-121860597.html.


                              • zygzornifle zygzornifle 4 janvier 2014 10:26

                                Payez les politiques au SMIC et il y aura des gens responsables et de valeur au gouvernement, tous ceux que nous connaissons diparaitrons et iront s’engraisser ailleurs, le pays sortira de la crise et de la récession, continuez comme maintenant et nous irons au mieux vers la misère qui mènera à la révolution ou au pire à la guerre civile....


                                • almodis 4 janvier 2014 13:29

                                  sortez de la, ; pensée unique , et découvrez DEMOCRATIE REELLE :

                                   http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/contre-election-europeenne-129970


                                  • gogoRat gogoRat 4 janvier 2014 15:35


                                    • Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n’avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne. Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l’État : on peut dire alors qu’il n’y a plus autant de votants que d’hommes, mais seulement autant que d’associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin quand une de ces associations est si grande qu’elle l’emporte sur toutes les autres, vous n’avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique ; alors il n’y a plus de volonté générale, et l’avis qui l’emporte n’est qu’un avis particulier.

                                    Livre II _ chapitre 2.3 du Contrat social de JJ Rousseau !


                                    • le moine du côté obscur 5 janvier 2014 10:04

                                      L’homme est un animal social qui pense qu’en dehors du groupe il n’existe pas. Or moi ça ne me gêne pas de ne pas penser comme les autres et j’écoute donc ma conscience. Je peux éviter de faire des choses pour ne pas que ça nuise à des proches mais j’ai mes limites, mes lignes rouges. Parce quand on se met à tout accepter pour rester dans le groupe, un jour on vous demandera de commettre des abominations pour prouver votre loyauté au groupe. Et là que ferez-vous ? Car plus vous vous soumettez plus ceux qui ont le pouvoir veulent en abuser ! Je comprends donc les « lâches » sans les excuser même si je pense qu’à un moment donner il faut choisir entre le confort et sa conscience.


                                      • Pingouin094 Pingouin094 7 janvier 2014 15:55

                                        L’article est lui même un courrant d’air, fait de phrase toute faites et qui n’apportent rien.

                                        En effet, pour étudier un prétendu « conformisme » des votes à l’assemblée nationale des députés, il faudrait se poser la question sociologique de ce que sont les députés à l’intérieur d’un parti, comment sont-ils désignés.

                                        Par exemple, est-il étonnant que l’immense majorité des députés socialistes aient voté pour le mariage pour tous ?
                                        Le mariage pour tous était un élément majeur de campagne à la fois du président de la république et des élections législatives. En conséquence, c’était un point du programme sur lequel les députés ont été élus.
                                        Est-il donc sociologiquement parlant surprenant que les députés désignés par le parti pour représenter un programme vote majoritairement pour ce programme à l’assemblée nationale. Peut-on parler de « conformisme » là dessus ?

                                        Idem pour l’europe, le marché transatlantique. De manière « surprenante », les députés votent en conformité avec la position de leur parti. Et si on s’interresse dans le détail au vote, on note que sur les sujets clivants au sein d’un parti, il y’a un nombre non négligeable de votes contre.
                                        Je pense par exemple non pas au mariage pour tous (pas du tout clivant au sein des élus socialistes) mais à l’ANI ou à la réforme des retraites où plusieurs députés socialistes de l’aîle gauche du PS ont voté contre.

                                        Bref, on ne doit pas parler de conformisme en politique pour analyse le fait (relativement naturel) que les membres d’un même parti défendent grosso-modo la même orientation politique.

                                        A la rigueur, on pourrait s’interroger sur le processus de sélection des députés, qui fait que ce sont rarement les esprits frondeurs et marginaux d’un parti qui sont désignés par le parti pour la députation (ce qui s’explique vu qu’ils doivent être consensuels entre les différents courrants de leur circonscription pour fédérer)...

                                        Donc beaucoup d’air pour un phénomène qui s’explique naturellement et facilement.


                                        • Ricquet Ricquet 7 janvier 2014 18:10
                                          Je te cite : « L’article est lui même un courant d’air, ... »
                                          Les courants d’air ont le vent en poupe depuis si longtemps...
                                          «  La politique est un chapitre de la météorologie. La météorologie est la science des courants d’air.  »
                                          Ainsi, tout le monde est d’accord...

                                          Pour le reste, tu as raison, les élus de la république devraient être désigné sous l’intitulé de :
                                          Un désigné de la république.
                                          Un profiteur du système...
                                          c’est à dire, en définitive, Un usurpateur et de surcroît : un mouton discipliné.


                                        • Alex RVP Alex RVP 9 janvier 2014 08:16

                                          Salut Ricquet,



                                          Pour répondre à ta question, il s’agit d’estimations personnelles.

                                          Suivant ce lien, tu trouveras une version revue et corrigée de l’article. Ça fait un moment que j’avais cette version sur mon pc mais je ne l’ai publiée qu’hier (suite à ton message). Dans cette dernière version je précise et corrige un certain nombre de points. J’y précise, par exemple, en fin d’article, que certains chiffres sont d’estimations personnelles. 

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