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Accueil du site > Actualités > Politique > Des élection présidentielles ?

Des élection présidentielles ?

Au travail, pendant les repas de famille, au bistro, on aurait presque l’impression que les français ne parlent plus que de l’élection présidentielle à venir : « T’as vu Sarko à la télé hier soir ? il était mal », « Moi je l’aime bien Hollande mais il a un charisme de moule », « Qu’est-ce qu’ils lui ont mis à Marine ! », « Quel populiste ce Mélenchon »… Et à mesure que l’échéance électorale se rapproche, les émissions télévisées, radiophoniques et les numéros spéciaux « présidentielles 2012 » se multiplient. Pourtant même si l’audience explose et que les journaux recommencent à se vendre, la grande question que chacun se pose demeure : « Pour qui tu vas voter ? »

Car on ne peut pas dire que l’éclairage médiatique soit d’une grande luminosité. Entre les commentaires des petites phrases insignifiantes des candidats, les questions faussement impertinentes communiquées à l’avance, et les interprétations douteuses des derniers sondages aussi fiables que les prédictions d’une voyante, la politique s’est vidée de son contenu.

A moins de deux semaines de l’échéance électorale, les jours défilent sans que les questions qui nous concernent tous soient abordées. Pourtant on aurait presque l’impression d’assister à un débat démocratique. Les candidats se prêtent volontiers à la joute verbale. Mais sur ce terrain, on ne retrouve que le jeu d’agression de la phrase insignifiante qui fait le buzz. Et ce n’est pas pour déplaire aux professionnels de l’information, qui en font leur choux gras. On peut bien écouter les positionnements de chaque candidat sur les sujets en vogue dans les sondages ou sur l’actualité : oui ! Le personnel politique semble même s’en satisfaire. Il ni a aucun problème lorsqu’il s’agit de dévoiler les propositions de leur programme au compte goûte. Et chacun vient réciter sa petite leçon, soigneusement écrite par l’agence de communication du parti.

Exit les projets de société, le choix d’un mode de vie, cette année on ne parlera que de survie : « Comment réchapper à la crise ? ». Quelle ambition ! À en croire les partis majoritaires, il ne s’agirait que de désigner le meilleur gestionnaire pour pouvoir contenter les marchés. Puisque toute personne considérée comme crédible par les médias nous explique à longueur de discours que nous n’avons pas vraiment le choix. Un problème central s’imposerait de lui même, ce serait cette dette « colossale » que la France aurait contracté et que les français seraient obligés de rembourser. Pour une fois le message est clair : « Il faut se serrer la ceinture ». Ce qui est plus troublant c’est que personne ne nous parle des ces jours meilleurs, qui viendront peut-être ? Comment ? Personne ne semble avoir d’idée. Et a vrai dire, c’est assez pratique pour une classe politique décrédibilisée depuis des années, par des promesses qui n’ont jamais été tenues et des recettes miracles qui n’ont jamais marché. Au moins en promettant du sang et des larmes, les électeurs ne pourront pas être déçus.

Mais puisque tous sont d’accord sur l’essentiel, il faut bien se démarquer autrement que par la couleur de la cravate conseillée elle aussi par ces experts de la publicité. Alors à l’image de la lessive qui lave plus blanc que blanc, ils sont réduits à n’être que des produits marketing , qui se différencient sur des points de détail. Entre démagogie, langue de bois, slogans vides de sens et demi-vérités la France découvre les prétendants à sa gouvernance. Pourtant à en voir les journalistes rentrer dans Sarko, on croirait presque voir la liberté d’expression ressuscitée. Mais le simulacre est encore plus pitoyable quand ce sont ceux-là même qui l’ont porté au pouvoir à coup de sujets sur l’insécurité ou sur les dangers de l’islam, qui le flingue lorsque son bilan n’est plus défendable. Pour avancer, il faut toujours se mettre dans le sens du vent, c’est bien connu. Et comme pour rattraper leur manque de clairvoyance durant les sept dernières années, ils entonnent un faux-air de rébellion. Comment espèrent-ils regagner un semblant de crédibilité, en étant toujours du bon côté du manche ?

Pour paraître plus neutre ils jouent la carte du pluralisme en invitant la fille du borgne. En faisant croire qu’ils l’a prenne au sérieux, ils participent à crédibiliser le nouveau ravalement de façade d’un front national présentable et ouvert à tous. Non le Front-National n’a jamais été un parti raciste ! Personne pour se plonger dans l’histoire de l’extrême droite en France, lui rappeler comment pendant des années ce parti a poussé à la ratonnade, abritant des skinhead qui cassaient du « bougnoule » et du « négro ». Bien sûr le FN a changé, ce n’est plus un ramassis de vichystes, de nostalgique du troisième Reich ou de l’Algérie française, voyons ! Il n’y a pas besoin de lire entre les ligne pour comprendre qui sont les bouc-émissaires désignés : les immigrés comme d’habitude. Les musulmans plutôt, c’est plus pratique depuis le 11 septembre : tous des terroristes, qui prennent le métro avec une bombe cachée sous la Djelaba, des talibans exciseurs et persécuteurs de femme. Et le drame toulousain constitue un trop beau prétexte pour ne pas sauter sur l’occasion. Facile ! Mais depuis plus de 10 ans qui a préparé le terrain du FN : débat sur la burka, l’identité nationale, les prières de rue… Samuel Huntington et ces idées nauséabondes de Choc des Civilisations répandues par les croisés Bush et Sarkozy ont fait leur bout de chemin. Jusqu’à gauche on vient sur ce terrain, au point même les anciens de SOS racisme ont quelque chose à reprocher aux musulmans. L’ islamophobie semble avoir gagné le cœur d’une partie des français.

En même temps voter pour Hollande qui n’a de socialiste que le nom, ça fait pas rêver ! Il a le même projet socio-économique que Sarkozy. Mais on ira quand même pour le geste. Pas pour le vote utile non, celle là ils nous l’ont assez faite ! Mais dégager l’homme qui a détruit le semblant de société française qu’il restait paraît être une priorité. Pour 2012, le vote sanction pourrait être une bonne option. Car si le petit Nicolas, a détruit ce qui restait de service public, il a surtout réussit à convaincre les gens de ne plus vouloir vivre ensemble : faignants de chômeurs, salops de pauvres, privilégiés de fonctionnaires et j’en passe.

En dehors de l’élection et de la faible perspective qu’elle offre, il serait peut-être temps de renouer avec la réflexion. Car si l’on se fait voler nos voies, c’est avant tout parce-qu’on s’est fait voler nos voix. Et c’est à nous tous de pallier au manque d’imagination et la sécheresse idéologique de notre époque. Pouvoir dire autre chose que ce qui est admis par la pensée du politiquement correct, c’est déjà le début d’un changement. Se réapproprier le discours politique est une étape fondamentale sur la route qui conduit à une action concrète, inscrite dans la réalité.


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2 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 13 avril 2012 10:15

    C’est un entretien d’embauche basé sur le look..


    Avez-vous entendu Eva Joly sur A2 , elle nous a plu parlé de son activité passé de juge d’instruction que de son programme.

    D’accord elle répond aux questions mais elle peux faire dévier la conversation en l’orientant sur son programme 

    C’est quoi le programme de sarko ???
    A part jouer à zorro depuis 5 ans , il nous promet quoi ????

    J’ai trouvé cette émission superficielle , c’est juste pour les entendre et les voir.

    A contrario , Nathalie Arthaud , Philippe Poutou ont été excellent et incisif.
    Mélenchon n’a pas été assez incisif à mon sens.
    Le temps imparti était trop court et les candidats n’avaient pas la possibilité de s’exprimer sans être interrompu fréquement.

    Philippe 


     



    • Croa Croa 13 avril 2012 20:23

      Oui, la réflexion plutôt que la télévision !

      On peut aussi surfer sur Internet, les programmes y sont présentés en détail : La bonne information se mérite !

      De nombreuses associations ont aussi leurs idées sur les candidats, certaines ayant carrément interrogés les candidats sur les thèmes dont elles s’occupent. Là aussi il faut savoir chercher !

      Il y a du bon chez certains petits et moyens candidats et en ce qui me concerne je crois savoir pour qui voter !

      Malgrès les amuseurs publics de la télé,
      Une démocratie est possible !
       smiley

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Auteur de l'article

Diego Perez


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