Il est écrit ici et là que cette campagne n’a pas intéressé les Français, et que les débats ont été peu audibles. Pour ce qui me concerne je me suis intéressé à ma région, celle où je vote : l’Ile de France.
On ne peut pas tout à fait dire que le débat d’idée n’a pas eu lieu. Il s’est fait sur la trame de ce qui relève des responsabilités des régions, à savoir peu de chose. La décentralisation ayant essentiellement renforcé le pouvoir des communes et des départements. Le poids budgétaire des régions est nettement inférieur à celui des départements et des communes.
L’ordre de grandeur sur les dépenses globales donne 13% pour les régions, 31,5% pour les départements et 55,5% pour les communes.
L’éducation et les transports (mais aussi la formation professionnelle) ont été au centre des échanges politiques. Ceci-dit rien n’empêche à ce qu’une région ne s’arroger des droits d’intervention non prévu par la loi. Ainsi en Ile-de-France a-t-il été questions à l’initiative de Jean-Paul Huchon de questions liées à l’emploi.
Du fait du désengagement incessant de l’état, la fiscalité des collectivités territoriales a terriblement augmenté ces dernières années.
De 2004 à 2009 les dépenses des régions ont augmentées de 53 % (essentiellement lié au transfert de charges dus aux personnels de l’administration des lycées). Mais tout ceci n’est pas lisible par l’électeur moyen. Franchement le moindre sondage démontrerait à quel point les français ne connaissent même pas le nom du Président qui dirige leur région ; Il y a deux notables exceptions avec le Poitou Charente du fait de la présence de la très remuante Ségolène Royale et du Languedoc Roussillon en raison des diatribes de son président sortant George Frêche.
Donc quoi qu’en dise les observateurs politiques le vote sera de toute évidence un vote de politique générale. Mais ce qui me semble le plus intéressant à retenir viendra après, à savoir la réforme des collectivités territoriales voulue par le Président Sarkozy. Celui-ci n’a pas osé sauter le pas salutaire qui aurait consisté à supprimer les départements et à ramener les 22 régions à 6 oui 8, de manière à doter la France d’une organisation territoriale administratives qui la rapprocherait des grands Etats européens, particulièrement ceux qui nous sont proches comme : l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
Avec au passage un regroupement autoritaire de nos 36 000 communes afin de « nettoyer » le tissu inextricable de la dizaine de structures juridiques autorisant actuellement des regroupements de communes.
Sarkozy ne l’a pas fait (Mitterrand non plus, qui n’a pas voulu céder en 1982 aux instances de Gaston Defferre qui l’abjurait de le faire) il a reculé devant la bronca de plusieurs milliers d’élus. Donc comme a son habitude il nous a « brocanté » quelque chose d’assez bancal : la création de « conseiller territoriaux » qui siègeront à la fois dans le cadre du département et celui de la région…. Il fallait le faire !!! Certes au passage on supprime tout de même un « paquet » d’élus. Le plus drôle c’est la réforme du mode de scrutin qui se dessine, Sarkozy entend imposer en France un scrutin à un tour( comme au Royaume Uni) avec, le bruit court , une dose de proportionnel !! Traduction, c’est le candidat arrivé en tête qui sera élu… regardez bien le résultat des régionales qui donnera probablement tout ou parti du pouvoir aux socialistes (au deuxième tour par le rassemblement des listes PS, Verte et Front de Gauche), mais nombreuses seront les régions où les listes UMP arriveront en tête au premier tour.
L’opération permettra de diminuer de 6000 à 3000 le nombre d’élus. Il est tout de même étrange que ce sujet si important et qui touche en profondeur à la fois à notre organisation territoriale, mais aussi à l’attachement que nous pouvons avoir à la démocratie n’ai été pour ainsi dire jamais abordé par les candidats aux présentes (et bientôt défuntes) élections régionales. Car la prochaine fois le « jeu » sera radicalement différent. Il semble que les différents partis (et je les mets tous dans le même panier) aient signé un pacte du silence sur ce sujet remisé à plus tard.
Quel étrange pays la France….qui n’arrive pas à débattre des vrais sujets, avec ce drôle de mélange d’intérêts entre les partis politiques et les médias qui savent toujours « s’arranger » entre aux tout en maintenant l’illusion que les débats existent et que l’affrontement des idées a bien eu lieu.
Il est bien regrettable qu’au lieu de s’affliger du peu d’intérêt des débats, on ne se soit pas saisi de cette occasion pour ouvrir un large débat sur l’avenir de notre organisation administrative. Ainsi aurions nous pu voir quelles auraient été les audaces des uns et les lâchetés des autres.