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Accueil du site > Actualités > Politique > Des profs aux 35 heures, c’est royal !

Des profs aux 35 heures, c’est royal !

Non contente de n’avoir pu différencier le nucléaire civil du nucléaire militaire, madame Royal s’est de nouveau illustrée par sa médiocrité dans l’ignorance des dossiers et confirme que derrière un cygne peut se cacher une oie. Toute ressemblance avec les méthodes lepénistes ou sarkozystes dans la communication politique n’est peut-être pas fortuite et il s’agirait alors d’une manœuvre destinée à faire parler de soi.

Nul lecteur ne pourra m’opposer une appréciation corporatiste des déclarations de madame Royal, puisque je n’enseigne pas pour le "mammouth", et même si je compte au sein de cette administration de précieux amis.

Madame Royal veut donc obliger les professeurs du secondaire à travailler 35 heures dans leur établissement scolaire, complétant leurs cours par un soutien scolaire gratuit, dans le but d’éviter que des parents aient recours à des solutions externes payantes, donc discriminatoires. Idée intéressante et noble, malheureusement peu applicable en l’état actuel, pour différentes raisons expliquées ci-après.

1. Quels sont les différents statuts d’un professeur du secondaire dans le public ?

Professeur dans les établissements secondaires public d’enseignement général, c’est quatre statuts pour un même métier :

- Les agrégés. Titulaires d’une maîtrise (minimum), ils sont reçus au concours de l’agrégation. Les agrégés externes passent ensuite une année en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Ce sont des fonctionnaires de l’Etat.

- Les certifiés. Titulaires d’une licence (minimum), ils sont reçus au concours du CAPES. Les certifiés externes passent ensuite une année en IUFM. Ce sont aussi des fonctionnaires de l’Etat.

- Les vacataires et les contractuels. Titulaires d’une licence (au minimum), ils n’ont passé aucun concours. Ce ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat. Les uns sont rémunérés pendant les vacances scolaires, pas les autres. Leur volume horaire hebdomadaire est variable. Ce sont des « professeurs kleenex ». Leur rémunération horaire tourne autour de 33 euros bruts.

2. Quel est le temps de travail d’un professeur du secondaire dans le public ?

Il faut distinguer le temps de travail en classe défini contractuellement, et le temps de travail hors classe, très variable.

2.1. Le temps de travail en classe

Le volume horaire hebdomadaire d’un professeur dans un établissement scolaire est de 15 heures pour un agrégé et 18 heures pour un certifié. Celui des vacataires et contractuels dépend de leur contrat. Chaque chef d’établissement dispose en outre de la faculté d’imposer aux certifiés comme aux agrégés une heure supplémentaire par semaine.

2.2. Le temps de travail hors classe

A ce temps de travail présentiel (c’est-à-dire en établissement scolaire) s’ajoutent :

- la préparation des cours : la règle indique qu’une heure de cours en classe équivaut à une heure de préparation à la maison. En réalité, la multiplication des outils pédagogiques ramène ce temps de préparation à une demi-heure par heure de cours environ. Cela ne s’applique pas aux professeurs qui préparent intégralement leurs cours sans outil, or leur nombre est important.

- la correction des copies  : le volume horaire consacré à la correction des copies est très variable. Il dépend du nombre de classes, de l’effectif par classe, de la matière (un professeur de maths passe en moyenne moins de temps à corriger qu’un professeur de philosophie, sans vouloir leur faire offense), du niveau (les classes à examens demandent bien plus de travail), et bien sûr du nombre de devoirs. Cela représente environ six heures de correction par semaine. Encore une fois, ce chiffre est très contestable puisque très variable.

- les autres tâches pédagogiques ou administratives : les conseils de classe, les réunions parents-professeurs, les projets (interdisciplinaires ou non), les sorties, les rencontres avec les parents, les formations continues prises de plus en plus sur le temps de repos. Les professeurs principaux et les coordonnateurs de disciplines (un par matière par établissement) ont encore une charge de travail supplémentaire. Cela est difficilement quantifiable.

En réalité, le temps de travail d’un professeur fonctionnaire n’est pas unique. On peut retenir qu’en moyenne un professeur de collège travaille de 35 à 45 heures par semaine, quand son collègue fait 45 à 60 heures hebdomadaires, voire plus. Cela se complique encore lorsque le professeur est présent dans deux établissements ! Bien entendu, chaque lecteur pourra donner quelques exemples de professeurs coupables de paresse, mais c’est une donnée statistique normale lorsqu’on mesure les centaines de milliers d’enseignants.

3. Pourquoi les professeurs ont-ils autant de vacances ?

On m’objectera à raison que les professeurs ont beaucoup de vacances. Mais celles-ci se réduisent chaque année ; la rentrée scolaire se fait plus tôt, et la sortie, plus tard. Que fait un professeur de ses vacances ? Sa rémunération l’empêche de passer quatre mois par an à Ibiza, aussi emploie-t-il une part importante de ses vacances à étudier (ce qui le renforce dans sa discipline), à préparer ses cours, assister à des conférences, tenir un site Internet où des élèves pourront trouver des ressources pédagogiques gratuites, ou encore à participer à des activités associatives utiles à la collectivité.

Deux raisons principales viennent étayer l’abondance de vacances. D’abord ils enseignent à des enfants, qui doivent également se reposer. Ensuite, cela tient à leur rémunération (salaire, primes et ISO) qui est annualisée. La rémunération principale d’un professeur nouvellement agrégé se monte à environ 1400 euros net par mois, et un professeur certifié, 1300 euros nets par mois. Si les professeurs bénéficiaient, comme la plupart des salariés, de cinq semaines de congés payés, il faudrait considérablement augmenter leur rémunération. Plus clairement, la modeste rémunération des professeurs du secondaire (en raison de leurs qualifications, diplômes et assimilation aux fonctionnaires de catégorie A) est compensée par l’octroi de congés plus importants.

Quiconque travaille dans des unités de soins psychiatriques et autres maisons de repos pourra témoigner d’une sur-représentation du corps enseignant parmi les patients. Etre en présence de 25 à 40 adolescents pendant 15 à 18 heures par semaine est une source de fatigue et de stress qu’il faut expérimenter avant de pouvoir juger d’augmenter le temps de travail.

4. Pourquoi les professeurs sont-ils rares à donner des cours particuliers ?

Madame Royal a peut-être été abusée par les publicités d’entreprises et associations de soutien scolaire qui proposent contre rémunération un professeur. Il s’agit de publicités qui jouent sur l’absence de normalisation du qualificatif de professeur ou enseignant. Plus clairement, n’importe qui peut se qualifier de professeur. J’enjoins donc les parents qui font appel à ces organismes d’exiger par contrat qu’on leur attribue un professeur avec une expérience en établissement scolaire s’ils veulent avoir un enseignant qualifié. Sinon, ils se verront envoyer en grande majorité des étudiants. Tout le reste, ce n’est que du discours de commercial.

Chaque établissement scolaire dispose d’une enveloppe d’heures supplémentaires, les HSA, les HSE et les HTS. Il y en a peut-être d’autres, je ne les connais pas toutes. Seule une poignée de professeurs est disposée à prendre ces heures supplémentaires, pourtant mieux rémunérées que les cours particuliers. Pourquoi un fonctionnaire de l’Education nationale irait-il alors proposer ses services à une société de soutien scolaire qui lui offrira une rémunération horaire de 9 à 18 euros, qui n’inclut pas le temps de déplacement ?

Pour connaître un ancien professeur qui a monté une société de cours particuliers à Paris (et qui n’engage effectivement que des professeurs expérimentés), et pour avoir enquêté auprès d’un responsable (dit « pédagogique ») d’une franchise nationale de soutien scolaire, voici ce qu’il en ressort :

- il n’y a quasiment pas de professeurs certifiés ou agrégés (donc fonctionnaires) à travailler pour eux, par rapport à leur effectif. Les rares fonctionnaires sont en disponibilité ou en temps partiel

- il y a effectivement des vacataires ou des contractuels qui enseignent pour eux, surtout pour le premier type d’entreprise. Pour le second (la franchise), ils sont peu nombreux, par rapport aux étudiants. Cela se comprend lorsqu’on connaît le fonctionnement de ces franchises : faible rémunération, pas de contrat de travail, cotisations sociales basées sur un forfait « employé de maison », etc. Et puis, les étudiants sont plus malléables et correspondent donc mieux à la volonté de faire un maximum de profit de leur part.

Se pose alors la question des enseignants qui donnent des cours « au noir ». Ils existent, c’est vrai, mais ne représentent qu’une faible minorité, pour trois raisons au moins :

- un professeur qui donne des cours particuliers ne recrute pas ses « clients » parmi ses élèves, sauf s’il est sollicité par des parents

- un professeur ne dispose pas de la puissance financière des organismes de soutien scolaire pour faire connaître ses activités

- ils n’en ont pas le temps.

Les professeurs (ceux que je connais) qui donnent des cours particuliers ne dépassent guère les quatre heures par semaine.

Les cours particuliers dispensés en dehors des collèges et lycées par des professeurs fonctionnaires, à temps plein, c’est donc un phénomène largement minoritaire.

5. Pourquoi, pour des raisons matérielles, est-il impossible d’obliger les professeurs à passer 35 heures par semaine en établissement scolaire ?

Il s’agit là de la démonstration la plus objective du ridicule des propos de madame Royal. En effet, les principaux et les proviseurs manquent de salles en l’état actuel. Multiplier par deux le temps de présence des professeurs, d’accord, mais pour les mettre où ? Et surtout, quand donner ces cours de soutien ? Seront-ce des cours particuliers ou des cours de groupe ?

Permettez-moi, chers lecteurs, de m’écarter de l’exposé objectif des éléments conduisant à rejeter les récents propos de madame Royal pour laisser cours à quelques réflexions.

Soit madame Royal croit réellement ce qu’elle a énoncé, et j’aurai peur de lui donner mon suffrage car un chef d’Etat se doit de maîtriser un certain nombre de dossiers clefs.

Soit madame Royal ne croit pas ce qu’elle a énoncé, et n’a voulu qu’attirer l’attention sur elle, et j’aurai peur de lui donner mon suffrage tant la manipulation et le populisme sont indignes d’un chef d’Etat.

Soit madame Royal a été manipulée, et j’aurai peur de lui donner mon suffrage car un chef d’Etat se doit de prendre des précautions pour éviter cela.

J’observe enfin que si les programmes de messieurs Le Pen, Sarkozy et de madame Royal sont différents, leurs méthodes sont identiques. Des phrases choc et du people pour attirer l’attention, du populisme pour séduire, une figure autoritaire pour rassurer.

Le jour où nous aurons à nous exprimer dans les urnes, nous ne devrons pas oublier que nous voterons certes pour un programme, mais aussi pour une méthode.


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91 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.53.14) 15 novembre 2006 10:29

    Bravo, excellente remise des compteurs à zéro. La démagogie ségoléniste doit être dénoncée et combattue.


    • melanie (---.---.121.158) 15 novembre 2006 18:47

      Ségolène Royal ne fait que relayer un leit-motiv très répandu auprès des français concernant le temps de travail des enseignants, leurs sacro-saintes vacances.

      Je suis la fille de deux enseignants en Français , j’ ai entendu cette litannie des horaires enseignants et des vacances toute mon enfance.

      Et toute mon enfance aussi,j’ai vu mes parents corriger des copies le soir, dans un silence religieux, corriger des copies le week-end , et passer les vacances en gite rural parce qu’effectivement ils ne touchaient pas un salaire de nabab.

      Je trouvais qu’ils avaient une « vie de cons » , quand je comparais avec les parents de mes amies qui travaillaient dans le privé en étant payés le double.

      Ca s’appelait la conscience professionnelle.

      J’ ai été commerciale dans l’Industrie Pharmaceutique, je connais bien les dérives du privé et du salariat Kleenex.

      Si, je devais choisir, je choisirais la sécurité de l’emploi public, étant donné la dégratation inéxorable du marché de l’emploi privé.

      Le seul « avantage » des enseignants à l’heure actuelle est la sécurité de l’emploi -en étant titularisé bien sûr- et il est non négligeable.


    • (---.---.58.76) 15 novembre 2006 23:09

      oui, j’imagine bien le prof de math d’un collège « préparer » ses cours pour trois classes différentes. Pour chaque cours il va réfléchir pendant une heure à la chose suivante : (a+b).(a+b)=... c’est vrai il faut bien une heure pour réfléchir si on choisi l’exemple où a=2 et b=3 pour une classe et ensuite on se concentre : Et si pour ma deuxième classe je prennais 3 et 5 ? ou 4 et 2 ? C’est vrai, c’est difficile tout ça... Autant de mauvaise foi pour défendre son bout de gras me choque ? Ben non, le lundi c’est la poste qui fait grève, le mardi c’est les profs... Et surtout ne changeons rien. Ce qui m’ennuie un peu c’est le résultat de ces ardents travailleurs : des dizaines de milliers de gosses arrivent en sixième sans maitriser un minimum le français et le calcul. 5 ans en primaire pour un tel résultat, c’est inquiétant. Mais c’est vrai, ce n’est pas le sujet : le sujet c’est le bien-être des profs. J’ai encore dérappé. Hors sujet : ZERO.


    • fanpat (---.---.182.99) 15 novembre 2006 10:31

      encore un article anti royal , le troisiéme aujourd hui ! désolée, mais je zappe, trop c’est trop !


      • LE CHAT (---.---.75.49) 15 novembre 2006 10:47

        t’as raison , on s’en fout royalement !


      • (---.---.96.184) 15 novembre 2006 18:33

        ils ont la peur au ventre !


      • Le furtif (---.---.44.211) 15 novembre 2006 10:58

        Dans ma salle des profs , la seule qui ose se dire pour

        • est assez aisée pour ne travailler que 9 heures par semaine soit en 1/2 poste
        • n’est pas assez altruiste pour laisser passer les indemnités de prof principal (un jeune prof ne saurait pas quoi en faire)
        • n’est pas trop stressée par les projets de Ségolhaine en raison de son départ à la retraite très proche...

        L’ignorance crasse de la dame Royal sur les conditions de vie et de salaire des profs est révoltant...Ce qui l’était tout autant sur la video c’est l’areopage de rieurs autour d’elle.

        Au fait ......j’espère qu’elle les ignore , car sans cela............Hein ???? cher fanpat ?

        Le furtif


        • am (---.---.23.177) 16 novembre 2006 05:14

          « ne travailler que 9 heures par semaine soit en 1/2 poste ».

          1/4 poste pour le prive


        • duong (---.---.123.107) 15 novembre 2006 11:01

          Gabriel Cohn-Bendit publie une tribune tout aussi explicite, où il rappelle que c’est suite à cette proposition de Ségolène Royal qu’il la soutient depuis le début de l’année :

          http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/217106.FR.php

          Par ailleurs dans cette tribune, Gabriel Cohn-Bendit estime que ce changement d’organisation de l’Eduication Nationale se ferait sur la base du « volontariat ». Or, dans tous les articles que j’ai lus depuis janvier sur ce sujet, comme dans la « fameuse » vidéo (version « additive » incluse), je n’ai jamais lu ceci, je n’ai lu que « faire les 35 heures à l’école ».

          Ca n’est quand même pas compliqué à dire : « volontariat ». Sarkozy, lui, l’a dit clairement : des heures supplémentaires rémunérées pour le soutien scolaire rémunérées sur la base du volontariat.

          Pourquoi ce que Sarkozy dit clairement, madame Royal ne peut le dire clairement, notamment à la commission du projet PS ?

          Si on ne veut pas créer des controverses pour rien au pays des Gaulois, il faut s’exprimer clairement : si on s’exprime clairement et sur une base « réalisable » (y compris en termes de moyens matériels), alors un dialogue constructif peut s’engager ; dans le cas inverse, on peut provoquer des manifestations pour des malentendus. C’est quand même un problème, non ?

          Par ailleurs, je précise que madame Royal n’est en aucun cas « manipulée » sur cette question : elle est parfaitement consciente de ce qu’elle dit, et qu’elle a redit à plusieurs reprises. Elle a quand même été ministre de l’enseignement scolaire.


          • aldébaran (---.---.162.39) 15 novembre 2006 14:11

            Ce connard de Cohn Bendit fait non seulement tous les choix pourris ( vert, partisan du oui et je passe des choses encore pires-demandez à Marine !)mais il continue à donner des leçons quand on ne lui demande rien ! J’avais cru comprendre que si le Non l’emportait il rentrerait dans une profonde déprime !! en fait c’est cela , il est perturbé !! Encore une fois même s’il faudrait apporter quelques corrections (suis ancien prof) bravo à l’auteur de l’article et non à la bobo-blairo-bigotte


          • Marie Pierre (---.---.149.251) 15 novembre 2006 14:38

            @ Aldébaran,

            Vous confondez Gabriel et Daniel Cohn Bendit. Gabriel Cohn Bendit s’est illustré en créant et pilotant un lycée à St Nazaire, lycée « autogéré » mais où il s’impliquait énormément. Les enseignants y étaient recrutés sur la base du volontariat. Les élèves étaient virés de toutes les écoles, il les accueillait avec un projet.


          • Sam (---.---.110.8) 15 novembre 2006 15:00

            aldébaran

            Arrête, tu te fais du mal ! Ce petit opportuniste de Daniel Cohn-Bendit est un autre, un autre passé également sous les fourches libérales. smiley


          • Sam (---.---.110.8) 15 novembre 2006 15:02

            Article le plus clair et le plus hônnête que j’ai lu sur le sujet.

            Ca fait plaisir, enfin. smiley


          • oldnaive (---.---.164.147) 16 novembre 2006 08:27

            Gaby est le frère de Dany

            il fut, il me semble militant anarchosyndicaliste de la tendance « Ecole Emancipée »

            je le crédite d’une véritable expertise de l’Ecole

            rien à voir avec les propos rudimentaires de Mme Royal

            maintenant, s’il la soutient...

            stratégie ? amollissement ? compassion ?


          • Pierre Tramo (---.---.196.69) 15 novembre 2006 11:07

            Le plus délicieux, c’est ce qu’elle a écrit dans un des hebdo des socialistes. Exactement l’inverse !


            • (---.---.155.78) 15 novembre 2006 15:04

              Bonjour Pierre. Vous auriez éventuellement la référence de cet hebdo auquel vous faites allusion, ou éventuellement un lien internet (au cas où il serait disponible sur le net) ? Merci


            • Sam (---.---.110.8) 15 novembre 2006 12:07

              Soit madame Royal croit réellement ce qu’elle a énoncé...Soit madame Royal ne croit pas ce qu’elle a énoncé, et n’a voulu qu’attirer l’attention sur elle... Soit madame Royal a été manipulée..

              Soit Royal ne croit pas à ce qu’elle dit, mais a voulu capter la sympathie des bas de plafonds tendance SOS Educ.

              PS : Royal poulet, Royal aux olives, Royal mouton-raisins secs, Royal royale...Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage !Stop, bourrage ! smiley


              • (---.---.96.184) 15 novembre 2006 18:36

                Et je rajouterai : Vive Royal !


              • cumulus (---.---.46.24) 15 novembre 2006 12:09

                Je ne comprends pas cet article. Il y a de mauvaises habitudes qui ont été prises.

                Maintenant, il s’agit de faire travailler les profs dans l’établissement, 5 jours par semaine et si possible 48 semaines par an. C’est conforme à leur contrat de travail et cela correspond à un besoin car il faut une présence au milieu des ces jeunes. Il faut savoir que les plus pauvres ne partent pas en vacances.

                S’il le faut, on installera des Algecos.

                C’est grosso modo ce qui se passe aux US. Il y a une meilleure relation entre profs et gamins. L’institution et les finances publiques s’en portent mieux et cela a un impact positif su la sécurité.


                • MrPiment MrPiment 15 novembre 2006 14:27

                  Il faut savoir que les plus pauvres ne partent pas en vacances.

                  On peut toujours trouver une situation pire, doit-on pour autant toujours tirer vers le bas ?

                  S’il le faut, on installera des Algecos.

                  Je crois que vous n’avez pas connu ce que c’est que de travailler dans un truc pareil ; et je le dis en tant qu’ancien élève. Aller dans ces trucs pour soit crever de froid ou de chaud on préférerait éviter au possible même pour 1 heure de cours, alors assigner les profs dedans tout la journée...les pauvres je les plains !

                  Pour ce qui est de la référence aux US je suis loin de vouloir que l’éduction nationale française ressemble à ce qui se passe là-bas !

                  Le problème c’est quand les profs n’ont même pas tout le matériel adéquat pour faire cours (manque voire absence) et ce fasse à des gamins de plus en plus difficile (les raisons de cela dans un autre débat), les astreindre à rester dans un établissement ne sera pas une solution au problème de fond de l’école. Si encore on leur fournissait un bureau comme les profs de fac mais c’est tout juste si les établissement arrive à avoir du matériel informatique qui fonctionne et en nombre suffisant (vécu inside : style classe de 31 sans demi-groupe dans l’emploi du temps et 17 postes dont 4 HS)...

                  Pour ce qui est de la sécurité ce n’est pas parce que les profs resteront dans l’établissement que cela va s’arranger :
                  - Ils ne sont pas la pour ça ; quand vont-ils faire leur travail si ils doivent aussi passer leur temps à faire la police ? Pourquoi ne pas augmenter le nombre de surveillants ? Ah oui économie, économie... Notre pays est un de ceux qui investit le moins dans l’école en Europe.
                  - Récemment dans le collège près de chez moi un gamin s’est enfui en pleine journée de l’établissement (c’est interdit), à menacé un autre élève avec un couteau dans la rue et est revenu balancer un fumigène dans la cours. Résultat 1 jour d’exclusion... Que faut-il faire pour avoir 1 semaine d’exclusion ? 1 meurtre ? A oui j’oubliais pas de vague c’est mauvais pour les stats du ministère...
                  Un autre avait été exclu 1 semaine chez lui la semaine avant la toussaint ; bref il a eu 3 semaines de vacances. Ce genre de punition grotesque se sait très vite parmi les élèves...

                  Qu’il y ait tous les profs en permanence je ne vois pas en quoi cela empécherait ce gamin à recommencer (ou ses copains à l’imiter), ils savent ce qu’ils risquent : presque rien.


                • gem gem 15 novembre 2006 12:32

                  Je ne suis pas d’accord sur le fond, mais ça reste un bon article. Au moins pour une fois ça parle des idées mise sur la place publique, sur un sujet crucial pour la vie des gens, et pas de la forme prise ou de ce que ça signifie pour la compétition pré-électorale...

                  Merci au passage à Duong pour cet excellent rappel de l’article de GABRIEL Cohn-Bendit, qui administre la preuve que ce qu’on nous décrit comme « impossible » est d’ores et déjà une réalité à l’étranger, dans des pays qui ont semble-t-il d’excellent résultats... Et tant pis pour Sam, l’expert en « bas-de-plafond »


                  • duong (---.---.123.107) 15 novembre 2006 13:36

                    Dans ces pays, les profs sont mieux payés (Royaume-Uni, Scandinavie...) et il y a des locaux.

                    Si on veut faire ça, il faut clairement dire qu’on va augmenter les impôts.

                    C’est ça le courage politique !


                  • gem (---.---.117.250) 15 novembre 2006 16:54

                    « mieux payé », par rapport à quoi, par rapport à qui ? En brut ou en net, ou en net d’impôts ? Combien ont-ils de vacances, sont-ils soumis à une sélection plus forte (pendant l’activité), comment se comparent-ils aux notres en terme d’efficacité, etc. ? Attention aux formules simplistes

                    Une formule « vérité », où les profs ont moins de vacances et une meilleure paye, n’est-elle pas préférable à une formule « on s’enc... en couronne » où chacun se fait justice soi-même des turpitudes de l’autre ?


                  • arnes (---.---.76.71) 15 novembre 2006 18:19

                    Mieux payer les profs qui au dela de la transmission du savoir font en sorte que ce savoir soit approprie par les eleves, oui, c’est evident.

                    Faut il augmenter les impots, non, il faut se debarasser des profs qui se contentent de degurgiter des cours sans interesser les eleves et des sureffectifs d’administratifs inutiles etablissant des programmes dont la debilite est proportionnelle au nombre de niveaux hierarchiques de la sus dite administration.

                    En resume : faire moins et mieux.


                  • Hervé (---.---.28.185) 15 novembre 2006 20:22

                    Arnes : Merci pour la profondeur de votre analyse ! On sent toute l’humilité d’un travailleur consciencieux et dévoué, dont le talent n’a d’égal que la modestie.


                  • (---.---.113.30) 15 novembre 2006 13:17

                    Un petit nombre confieront l’avenir de nos enfants chez un spécialiste privé coûteux du brouillard tôle-metaphysique élevé :"Tristan Valmour (GROLAND) Profession : professeur du français, philosophie, histoire et culture générale dans un établissement privé[SIC !] d’enseignement supérieur".

                    RE :"Des profs aux 35 heures, c’est royal ![Agoravox 15.11.06 Non contente de n’avoir pu différencier le nucléaire civil du nucléaire militaire"[Tristan Valmour].


                    • maxime (---.---.89.183) 15 novembre 2006 13:25

                      Malheureusement, les candidats à la candidature au PS, n’abordent que tres peu les problemes et les reformes a entreprendre au sein de l’education nationale.

                      Cela est peut-etre du au fait, qu’il n’est pas simple de reformer une institution qui reprensente plus d’un milion d’electeur potentiel ! Et qu’il est fortement probable que toute reforme demandera surement des efforts à cette populations.

                      En tout cas, ce sujet est revelateur de la faiblesse actuelle de l’etat. L’etat n’est plus capable de se reformer ou de faire appliquer les lois pour l’interet commun. Il est obligé de faire avec les interets particulier, qui priment bien souvent sur l’interet commun dont il est censé etre le garant !

                      Concernant le temps de travail des enseignants et votre argumentation laissez moi rigoler.

                      Je suis assez jeune, je connais personnelement plusieurs enseignants (plutot dans le secondaire). Certain sont des « pure player », cad ENS/agreg, d’autres sont passé par des parcours plus classique, et encore d’autre se sont « repliés » vers l’enseignement apres avoir fait une grande école de commerce ou d’ingénieur. Je ne suis moi-meme pas enseignant, mais j’ai du assurer des formations dans le cadre de mon activité professionelle.

                      Premierement, je suis d’accord avec vous sur le fait qu’enseigner, a fortiori a une population de jeune, est un travail haracant. Il faut tout le temps etre ’au taquet’. Il est quasiment impossible de faire ca 8h par jour, 5 jours sur 7. Donc je comprend tout a fait que les enseignants n’aient « que » 18/15h d’enseignement à assurer par semaine.

                      Cependant, dire qu’il faut 1/2 h pour preparer 1h de cours, c’est vraiement de la desinformation. Il faut au moins 4h ou 8h pour preparer 1h de cours ... la premiere année. 1h la 2eme année pour se remettre dans le bain ... et les années suivante, 5 min sont suffisantes pour repasser sur son poly. Ensuite, si vous avez la chance d’avoir plusieurs classes du meme niveau ... ce temps de préparation est mutualisé.

                      Donc, Mesieurs les enseignants, arreter de nous faire croire qu’il faut 1/2h pour preparer 1h de cours.

                      Concernant la correction, 6h par semaine est une valeur haute ... mais acceptable.

                      En fait, je pense que la proposition de Ségolène est un peu à coté de la plaque. Je serais plus d’avis d’obliger les prof à rester leur 35h dans le lycée/collège, mais pas forcement de s’occuper des éleves. Ces 20h de travail, seront consacrées aux taches ’annexes’ que vous avez decrites : correction de copie, preparation des cours, ...etc.

                      Nous pourrons alors tous constater que vous n’avez pas assez de 35h pour faire votre travail et augmenter vos effectifs en consequence ... cependant j’en doute ... puisque je suis intimenet convaincu que c’est le contraire qui va se passer.

                      C’est bien pour cette raison, que le corps enseignant est fortement opposé à toute réforme.


                      • Tristan Valmour 15 novembre 2006 13:48

                        A Maxime,

                        Je suis désolé de vous contredire, mais le temps de préparation moyen d’un cours est bien d’1/2 heure. Cela tient compte de l’expérience du prof et du renouvellement des programmes. Au début, il met plus de temps à préparer ses cours, après bcp moins. Mais vous soulignez un point essentiel : la particularité de cette profession ne permet pas d’imposer des normes applicables à tous en l’ETAT ACTUEL. N’oubliez pas la signification de « En l’ETAT ACTUEL ». C’est important.


                      • Tristan Valmour 15 novembre 2006 13:42

                        Bonjour à tous

                        1. Il fallait lire « On peut retenir qu’en moyenne un professeur de collège travaille de 35 à 45 heures par semaine, quand son collègue DE LYCEE fait ses 45 à 60 heures hebdomadaires, voire plus. » Il manquait donc le nom « lycée ».

                        2. Ce n’est pas un article contre madame Royal qui est peut-être une charmante dame. Mais il met la candidate madame Royal devant ses mensonges ou son ignorance, ce qui au vu de ses fonctions précédentes est inadmissible.

                        3. Toutes les informations sont objectives. Ma subjectivité est annoncée par la phrase « Permettez-moi, chers lecteurs, de m’écarter de l’exposé objectif des éléments conduisant à rejeter les récents propos de madame Royal pour laisser cours à quelques réflexions. ». On trouvera également une critique dans le chapeau.

                        4. Cet article ne dit nullement qu’aucune réforme n’est souhaitable. Au contraire, il faut réformer avec courage. Mais les réformes annoncées seront catastrophiques :
                        - Le travail des profs du secondaire et des profs de prépa sera soumis aux profs de fac (ça commence déjà à être le cas dans certains établissements) ;
                        - Les inspecteurs de l’Education Nationale ont pour mission de préparer les profs à faire autre chose qu’enseigner, dans leur carrière ;
                        - On prépare les élèves à devenir utiles à la société, non à se construire. Bref, on veut des veaux et des robots consommateurs et producteurs.
                        - On prépare les esprits à accepter la privatisation de l’enseignement, pour satisfaire aux accords européens. Voir la réunion des ministres de l’éducation en Grèce, cet été. Personne n’en a parlé. Pourtant il y a eu des manifestations monstres d’étudiants.

                        5. Il y a une grande précarité parmi les profs contractuels et vacataires. Quant aux fonctionnaires, ils sont bien mal rémunérés. Et dans l’enseignement supérieur, c’est pire ! Seuls les maîtres de conf sont épargnés. Je connais bcp d’ATER et autres profs de fac qui complètent leurs maigres revenus par des petits boulots (vendeur de poissons aux halles, changer les pubs sur les caddys, etc. Véridique). Quel gâchis de compétences !

                        6. M. Cohn-Bendit a parlé des systèmes éducatifs des pays nordiques. Mais il n’a nullement exposé leur fonctionnement. Plus performante ? Selon quels critères ? Je pense qu’il est très difficile de comparer des systèmes selon des normes communes. QUe dire alors des écoles publiques en Angleterre où on n’apprend pas la grammaire anglaise ?

                        7. Des matières comme l’Histoire, la philosophie et la littérature ne sont certes pas très utiles à la société. Mais ces matières permettent de se construire, de s’autonomiser, de réfléchir sur soi et le monde, donc d’avoir la capacité à s’opposer à un système. C’est fondamental. On supprime ou on réduit cela, alors c’est la porte ouverte à la dictature. Les dictatures s’installent en contrôlant l’enseignement puis en modifiant la constitution. Pourquoi avons-nous la possibilité de « penser ce qu’on pense » ? Parce que nous avons été imprégné d’histoire, de philosophie et de textes littéraires. Les matières comme les maths, les SVT, la physique-chimie, l’économie sont absolument fondamentales, mais elles n’expliquent pas l’Homme comme être humain. Or nous sommes tous des êtres humains. Les réformes qui se préparent vont gommer cela. Il y a un vrai danger.

                        Bonne journée à tous smiley


                        • melanie (---.---.121.158) 15 novembre 2006 19:33

                          Oui, j’ai lu il y a un an un ouvrage d’Yves le GOFF concernant la privatisation de la sociéte et de l’éducation, notamment, selon les critères de marketing économique issu des entreprises : « La barbarie douce » d’Yves le GOFF aux éditions de poche La découverte.

                          Cette mutation est insidieusement en marche.

                          La lecture de cet essai très bien documenté avec directives internes en pièces jointes, fait froid dans le dos.


                        • Job (---.---.131.234) 15 novembre 2006 13:42

                          Bien, vôtre article. Très structuré. Facile à lire et à comprendre. Quelques points faibles, mais sans impact général sur l’état des lieux.

                          Par contre pour Ségolène, rien de neuf dans ce qu’elle dit.

                          Piqûre de rappel, trois extraits de Wikipédia :

                          Extrait 1 :

                          « Du 4 juin 1997 au 27 mars 2000, elle est ministre déléguée à l’Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l’Éducation nationale Claude Allègre. Elle abandonne alors son mandat de député qu’elle reconquiert en juin 2002. Durant son mandat, elle s’attache à l’aide aux enfants défavorisés ou en difficultés scolaires avec la relance des zones d’éducation prioritaire, la création de fonds sociaux pour les élèves (comme le fonds social pour les cantines scolaires), la création des heures de soutien scolaire ou encore la création des classes et des premiers internats-relais. »

                          Extrait 2 :

                          « Son ministère est marqué par ailleurs par l’Affaire Montmirail et la »circulaire Royal« . À la suite du suicide de Bernard Hanse, S. Royal se trouva au centre d’importantes polémiques d’une part au sujet de la circulaire préconisant le recours immédiat au Parquet, sans confrontation ou enquête préliminaire et d’autre part au sujet de ses déclarations mettant en doute l’innocence de Bernard Hanse (qui sera prouvée et reconnue après une enquête). »

                          Extrait 3 :

                          "Les faits :

                          Bernard Hanse, professeur d’éducation physique et sportive au collège de Montmirail (Marne), n’a pas supporté l’accusation calomnieuse de pédophilie prononcée contre lui par un élève. Le 10 juin 1997, l’enseignant se donnait la mort. Peu après, l’enfant qui avait accusé son professeur ne tarda pas à se rétracter. Bernard Hanse sera finalement innocenté de toute accusation par la Justice et officiellement réhabilité par le ministre délégué aux affaires scolaires, Xavier Darcos, à l’Assemblée nationale le 4 mars 2003.

                          La circulaire « Royal » :

                          Du fait de cette affaire, la circulaire dite « Royal » du 25 août 1997 (du nom de la ministre déléguée aux affaire scolaires d’alors, Ségolène Royal) devient la cible de critiques d’enseignants et des défenseurs de la présomption d’innocence. Cette circulaire préconise, en effet, le recours immédiat au Parquet, sans confrontation ou enquête préliminaire (comme cela a été le cas dans l’affaire Montmirail) : « dès qu’un élève a confié à un membre de l’Éducation nationale des faits dont il affirme avoir été victime ». La circulaire est aujourd’hui encore en vigueur."

                          ************

                          J’ajoute que depuis nous avons eu l’affaire dite « d’Outreau ».

                          ************

                          En conclusion, Ségolène défend les faibles, les pauvres, les handicapés et les enfants, en accusant les autres : les profs. Ils ne font rien pour aider les premiers à s’en sortir.

                          çà fait des années qu’elle est comme çà. D’un côté des sentiments louables mais de l’autre des doigts accusateurs et vengeurs.

                          Montagnarde jacobine : à la guillotine les aristocrates du système éducatif qui ne sont pas capables de faire réussir notre jeunesse.

                          Je suis d’accord avec elle, il y a des abus. Beaucoup de professeurs ayant passés leurs examens et concours, dans les années soixante-dix vivent confortablement sans faire d’efforts particuliers. Mais accuser les générations suivantes des échecs du système me paraît grossier et caricatural. Beaucoup de professeurs font des efforts pédagogiques importants alors que les conditions sociales et économiques sont complètement dégradées. Le simple rapport d’asymétrie professeur-élève suppose que l’élève comprenne ce que c’est qu’une relation d’ordre et donc une relation d’égalité. Le nécessaire respect réciproque est lié à celà. Le professeur d’aujourd’hui en est à devoir d’une part justifier de l’intérêt de sa matière près les parents et les élèves et, d’autre part « tenir lieu de parent » en en jouant le rôle alors que ce n’est pas sa mission fondamentale.

                          Je rappelle que l’Education Nationale complète par une formation adaptée l’éducation donnée par les familles. Cette formation est donnée en fonction des élèves et des étudiants. Et certaines familles, en matière d’éducation, sont déficientes, ce qui ne signifie pas qu’elles n’aiment pas leurs enfants...et l’ambiance libérale qui prive les pauvres de travail, de revenus et de dignité n’y est pas étrangère. Et quand ce n’est pas une question de pauvreté, c’est une question de disponibilité. Lorsque le chef de famille ne représente plus rien (affectivement et/ou socialement et/ou économiquement) aux yeux de ses propres enfants que peut alors l’EN ?

                          Ségolène Royal a soutenu le très libéral TCE. Avec Le patron du MEDEF. C’est sûr que les conditions générales de nos existences allaient être améliorées favorisant ainsi l’action des institutions républicaines.

                          On se rappelle aussi du « il faut dégraisser le Mammouth ! ». C’était bien son Ministre de tutelle qui était en cause. Toute une atmosphère...sans enregistrement pour en rendre compte.

                          Moi, je dirai, à cet instant, qu’il y a continuité dans les discours. Simplement, par rapport à hier, on peut capter des traces de ce qui se dit.

                          Besancenot ne veut pas participer à un gouvernement parce qu’il ne veut pas dire et faire en secret le contraire de ce à quoi il s’est engagé. C’est cohérent, raisonnable et juste.

                          On sait donc que derrière des pensées charitables, il y a tout un discours réactionnaire.


                          • melanie (---.---.121.158) 15 novembre 2006 19:44

                            Exellent commentaire qui éclaire certains des angles que j’avais oublié concernant Ségolène - pas pour son « sinistre » de tutelle hélàs- .

                            La conclusion et la remarque concernant le doigt accusateur se Madame Royal en dit long, effectivement, sur son fonctionnement.


                          • Makhno (---.---.177.108) 15 novembre 2006 14:26

                            Panagérique pour prof, tel est cet article approximatif.

                            Je connais quelques jeunes prof qui ont choisi ce métier à cause des vacances exhorbitantes.

                            Quel mauvaise foi ! de nous faire accroire que pour une heure de cours dispensé, le prof a besoin du même temps pour la préparation.

                            Vous n’êtes pas crédible.

                            Pour votre gouverne la longueur des « grandes vacances » date du dixneuvième siècle, et la raison : pour éviter l’absentéïsme des écoliers ruraux pour cause des travaux saisonniers agricoles(fenaison et moisson).

                            Rien à voir avec vos élucubrations.

                            Ce que je constate dans le milieu enseignant, c’est leur suffisance et l’impossibilité de se remettre en question.

                            C’est un milieu fermé aux autres : la traduction par leur syndicalisme quasi corporatiste. Les grandes centrales syndicales(CGT, CFDT, FO, CFTC) sont peu représentatives. D’où aucune ouverture vers les autres professions.


                            • MrPiment MrPiment 15 novembre 2006 14:46

                              Ce genre de commentaire me laisse dubitatif...

                              Soit ils ont beaucoup de vacances mais cela ne gomme pas le problème de la discipline et des moyens (voire mon commentaire plus haut où je donne des exemples).

                              J’ai déjà discuté du fait de rester 35h dans un établissement avec des enseignants et la réponse en général est oui pourquoi pas A LA CONDITION que les moyens associés leur soit fourni, tel qu’un bureau par exemple...

                              La politique à l’heure actuelle étant de limiter au maximum les dépenses alors vous imaginez financer un bureau pour tous profs existants... Ce que j’ai compris c’est que pour eux on va les assigner 35h dans leur établissement sans rien changer à leur condition de travail actuelles déjà peu reluisantes.

                              Quand vous allez au travail, c’est en général à votre entreprise de vous fournir votre matériel, comme le bureau et l’ordinateur sur lequel vous allez travailler ? or les établissement actuels n’ont rien de prévu pour ce changement (tous en salle des profs lol) et bien évidemment ce sera à eux de se payer le portable pour pouvoir travailler...


                            • Tristan Valmour 15 novembre 2006 15:02

                              A Makno

                              Où voyez-vous qu’il s’agit d’un panégyrique pour prof ? J’ai bien reconnu que des profs (sans citer de nombre ou de pourcentage) ne faisaient pas leur travail. Un vieil article du Point disait qu’on trouvait 1/3 de bons profs, 1/3 de profs moyens et 1/3 de mauvais profs. Comme dans toute profession, je crois.

                              Quant au tps de préparation, relisez-moi. Je n’ai pas dit 1h de prépa pour 1h de cours. J’ai dit que c’était la règle, mais qu’en réalité (si on prend en compte l’expérience, le renouvellement des programmes, les outils), cela ramène à 1/2 de prépa. Désolé, mais je le maintiens. Cela n’empêche pas effectivement des profs de « recracher » exactement le même cours d’une année sur l’autre.

                              Le XIXè est révolu, pourtant les gdes vacances sont restées. Pour les raisons évoquées : rémunération annualisée et faible. Il y en a peut-être d’autres (industrie touristique, etc.)

                              Certains enseignants sont effectivement suffisants et croient tout savoir. Mais on trouve le même problème partout.

                              Citez-moi un milieu ouvert aux autres professions ? Je n’en vois pas bcp.

                              Le syndicalisme enseignant n’est certes pas représentatif.


                            • (---.---.155.78) 15 novembre 2006 15:13

                              Et bien s’ils ont choisi ce métier pour les vacances « exhorbitantes », ils vont vite exploser en vol, car pour tenir le coup entre les vacances « exhorbitantes » il faut avoir autre chose : ça s’appelle la vocation.


                            • Hervé (---.---.28.185) 15 novembre 2006 20:36

                              Makhno : quelle finesse dans la généralisation ! Assurément un grand esprit. Il est facile de déballer des lieux communs généralistes, cela vous évite de refléchir.


                            • Marie Pierre (---.---.149.251) 15 novembre 2006 15:00

                              Il semble que dès que le mot Cohn Bendit est lâché, personne ne fait attention au prénom.

                              L’article de Libé fait référence à Gabriel Cohn Bendit (frère de Daniel). Fondateur du lycée autogéré de St Nazaire.

                              Par ailleurs, il ne parle absolument pas des 35 heures, mais d’un échange heure de cours/heure de présence.

                              Je suis entièrement d’accord sur le fait que Ségolène Royal semble dire n’importe quoi, sans connaissance réelle du terrain. Mais je ne sais de cette video que ce que la radio ou les journaux en ont dit.


                              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 15 novembre 2006 15:01

                                Deux choses discutables dans vos propos :

                                SR n’a pas confondu le nucléaire civil et le nucléaire militaire en ce qui concerne l’Iran car pour les dirigeants de ce pays, en qui nous avons toutes d’excellentes raisons de ne de ne pas faire confiance dès lors qu’ils refusent tout réel contrôle, l’un peut être le moyen de l’autre, c’est ce qu’a conclut l’agence internationale pour le non-prolifération. SR est donc tout à fait en accord avec la diplomatie onusienne sur ce sujet. Ce sont les dirigeants iranniens qui risquent, si nous n’y prenons pas garde, de confondre les deux et non elle ! Le fait qu’elle signale que pour les dirigeants iranniens c’est la même chose nous rappelle à plus de réalisme politique

                                En ce qui concerne les 35 heures au collège elle a délaré qu’elle était disposée à en négocier les conditions : prenez là au mot et acceptez,par exemple à corriger dans votre établissement et vous n’aurez plus à travailler le WE et le soir ! De plus arrêtons de corriger en douce chez soi ; on peut évaluer les élèves pendant l’activité pédagogique et en leur présence ; c’est même plus facile et plus sérieux qu’à la maison

                                J’ai passé, comme mes collègues, 38ans de carrière à évaluer des performances pour lesquelles nous n’avions ni le temps, ni la disponibilté de former nos élèves (ce qui explique les cours particuliers). Changeons nos manières de faire : elles aboutissent au désastre pour les élèves en difficulté.

                                Cela changerait positivement les choses pour les élèves et pour vous aussi.


                                • Tristan Valmour 15 novembre 2006 15:23

                                  Monsieur Reboul,

                                  Des réformes sont effectivement nécessaires, mais ce n’était pas le sujet de l’article.

                                  Vous savez bien que les établissements ne sont pas équipés pour faire travailler les profs 35 h au collège.

                                  Vous devinez également que si ces moyens étaient débloqués, les profs devraient également travailler chez eux. Comme les salariés auxquels on « offre » un ordinateur.

                                  L’évaluation des performances des élèves est à revoir en effet. Je dirai même plus. Elle devrait être faite par des profs qui ne suivent pas d’ordinaire les élèves. Car il m’apparaît difficile d’être juge et partie. Dans le privé, des audits sont réalisés. Pas dans l’EN.

                                  Sinon, vous écrivez « cela changerait positivement les choses pour les élèves et pour vous aussi ». Pour moi, ça ne changera rien car je ne travaille pas pour l’EN. Mais cela ne m’empêche pas de m’Y intéresser.

                                  J’ajoute qu’il faudrait bannir les discours idéologiques dans l’EN, et supprimer les IUFM. Vous savez bien que le métier d’enseignant s’apprend sur le tas. Plus que de savoir, il s’agit de savoir transmettre. Vous savez aussi que ce qui est appris dans les IUFM n’est pas appliqué sur le terrain parce que ça ne marche pas.

                                  Donc, recrutement des profs au niveau licence, et multiplication des devoirs en fac pour les jauger, avec introduction de la didactique. Ensuite, on les envoie sur le terrain pendant un an, voire deux. Ils apprennent leur métier au contact des élèves les plus faibles, à leur faire du soutien en groupes de 8 maximum. On l’a le soutien, sans augmenter le budget de l’EN. Qu’en pensez-vous M. Reboul ? Au passage, apprenez que j’aime vos interventions, même si nous ne sommes pas toujours d’accord.

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Auteur de l'article

Tristan Valmour


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