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Accueil du site > Actualités > Politique > Désordres dans l’espace politique français

Désordres dans l’espace politique français

Tout le monde s'y retrouverait beaucoup mieux, si en votant pour un parti de gauche, on était sûr de voter pour un parti qui par ses actes concrets, privilégie la lutte contre le chômage (et donc les dépenses d'investissements), et la rémunération du travail (salarié, indépendant, ou entreprenarial), plutôt que la rémunération de la propriété du capital (immobilier, financier ou actionnarial). Pour cela il faudrait que les « valeurs » des partis de gauche telles qu'ils les conçoivent, soient en phase avec les intérêts que la gauche devrait défendre par ses actions concrètes. Ou pour le dire avec les mots de Marx, il faudrait que dans la pensée des partis de gauche, ce qui est de l'ordre de la « superstructure » (leurs « idéologies », ou leurs conceptions des « valeurs » auxquelles ils adhèrent), soit en phase avec les intentions qu'ils devraient avoir en matière « d'infrastructure » (les intentions qu'ils devraient avoir concernant l'organisation économique concrète, et donc les intérêts qu'ils devraient servir objectivement).

Or justement, dans l'espace politique français d'aujourd'hui, les électeurs ont bien du mal à distinguer la gauche et la droite, et cela se comprend parfaitement, puisque les partis de gauche ont beau affirmer leur adhésion à des « valeurs de la gauche », la plupart d'entre eux n'en sont pas moins objectivement au service du capital, bien plus qu'au service de l'emploi et du travail. D'énormes manques de lucidité les ont en effet conduits à concevoir les « valeurs de la gauche », de telle manière qu'elles leur commandent de privilégier objectivement par leurs actes les revenus du capital aux revenus du travail et aux investissements ! Histoire d'embrouiller encore plus les choses, l'extrême droite voyant que la plupart des partis de gauche ne sont objectivement plus au service des classes modestes et moyennes, et voyant que celles-ci s'en sont aperçues, a décidé depuis peu de préconiser des mesures qui privilégient l'emploi et les revenus du travail, en espérant que les classes moyennes et modestes reconnaitraient leur intérêt là où il est. Avec d'ailleurs un certain succès, grâce aussi à l'appui du système médiatique, qui sait bien que les votes pour l'extrême droite sont stériles.

Au final, si on classe les courants politiques de gauche à droite selon les « valeurs » auxquelles ils disent adhérer, alors on les obtient dans leur ordre naturel. L'extrême gauche dit adhérer aux « valeurs » les plus à gauche, puis vient la gauche radicale, puis la gauche modérée, puis la droite gaulliste, puis la droite libérale, puis vient enfin l'extrême droite qui dit adhérer aux « valeurs » les plus à droite. Mais si on classe les courants politiques de gauche à droite selon qu'ils soient objectivement plus au service de l'emploi et du travail, ou plus au service du capital, alors l'ordre des partis est complètement chamboulé ! La gauche radicale est objectivement le plus au service de l'emploi et du travail, puis vient la droite gaulliste, puis l'extrême droite, puis l'extrême gauche, puis la gauche modérée, et enfin la droite libérale qui est objectivement le plus au service du capital. Les deux courants qui alternent au pouvoir, gauche modérée et droite libérale, sont donc les deux courants qui sont objectivement le plus au service du capital. Comme par hasard...

Tout cela est illustré par le graphique suivant, qui place les courants politiques sur un espace à deux dimensions, la dimension horizontale étant celle des « valeurs » auxquelles les partis disent adhérer, et la dimension verticale étant celle des intérêts qu'ils servent objectivement. Plus un courant dit adhérer à des « valeurs » de gauche et plus il est placé à gauche sur le graphique. Et plus un courant est objectivement au service de l'emploi et du travail, plutôt qu'au service du capital, et plus il est placé en bas sur le graphique. Si les « valeurs » des courants telles qu'ils les conçoivent, étaient en phase avec les intérêts qu'ils devraient objectivement défendre, alors les courants se positionneraient le long de la diagonale qui part d'en bas à gauche et va vers le haut à droite : plus un parti serait à gauche (dirait adhérer à des « valeurs » de gauche), et plus il serait en bas (serait au service du travail et de l'emploi). Une flèche représente un déplacement d'un courant, de la position qu'il devrait avoir, vers la position qu'il a effectivement ; et une flèche est étiquetée par la raison du déplacement qu'elle représente : un manque de lucidité pour un courant de gauche, ou une opération séduction adressée aux classes modestes et moyennes pour l'extrême droite.

L'espace politique français d'aujourd'hui, sur deux dimensions : « valeurs » et intérêts objectivement servis.

Dans la suite je complète cette vision de l'espace politique français (vision très empreinte de ma subjectivité, qui est proche de la gauche radicale et de la droite gaulliste, ou encore, du « souverainisme » de gauche ou de droite gaulliste). Je décris (toujours aussi subjectivement), chacun des six courants que j'ai distingués dans cet espace : les partis qui lui appartiennent, ses « valeurs » telles qu'il les conçoit, les raisons pour lesquelles on peut dire qu'objectivement, il est plutôt au service de l'emploi et des revenus du travail, ou plutôt au service des revenus du capital, et quand c'est le cas, les raisons pour lesquelles ses « valeurs » telles qu'il les conçoit ne sont pas en phase avec les intérêts qu'il devrait objectivement défendre.

La droite libérale.

Partis de droite libérale : UMP (Sarkozy), Nouveau Centre (Morin)

Parti qui donne parfois l'impression d'appartenir à la droite libérale, tout en donnant parfois aussi l'impression d'appartenir à la gauche modérée : Mouvement Démocrate (Bayrou).

La droite libérale est, de par ses « valeurs », au service de l'intérêt du capital. C'est elle en effet qui s'adresse aux français les plus riches en leur disant explicitement qu'elle défendra leurs intérêts, et en maintenant avec eux une relation de confiance, par des choix qui les avantagent et les protègent. Avec l'aide du système médiatique, elle peut aussi s'adresser à d'autres électorats (de droite gaulliste ou d'extrême droite) pour être élue, mais elle s'adresse à ces derniers beaucoup plus par les discours que par les actes.

Quand elle est au pouvoir, les intérêts qu'elle sert objectivement sont en phase avec ses « valeurs ». Elle est favorable à l'exposition des travailleurs français à une concurrence portant sur le critère du coût du travail, avec les travailleurs des pays pauvres et émergents, par une désactivation des frontières par rapport aux mouvements de biens (« libre-échange »), de capitaux, ainsi que, dans une certaine mesure, de personnes. Cela met les travailleurs exposés à cette concurrence, souvent peu qualifiés, au chômage, ou exerce sur leurs revenus une pression à la baisse. Mais cela profite aux travailleurs non exposés à la concurrence des pays pauvres et émergents, et aux détenteurs du capital, grâce au plus bas prix des biens fabriqués par des travailleurs payés moins cher, et grâce au meilleur rendement des placements et investissements directs dans des entreprises qui paient le travail moins cher.

La droite libérale est favorable à une politique monétaire « monétariste » (néo-libérale), qui restreint le crédit, et donc raréfie le capital, ce qui lui donne plus de valeur et de rendement, mais qui en même temps rend plus difficile pour les entreprises d'obtenir des financements pour leurs investissements, ce qui n'est pas bon pour l'emploi.

Elle est favorable à la dérèglementation du système financier, ce qui permet aux spéculateurs de gagner de l'argent sans avoir à gérer des risques, mais qui rend le crédit moins disponible pour financer des investissements.

Elle est favorable à la dérèglementation du marché du travail, ce qui affaiblit les salariés face à leurs employeurs.

Elle est favorable à la privatisation et dérèglementation de secteurs comme l'énergie, les transports ou la grande distribution, ainsi qu'à la dérèglementation du secteur immobilier, ce qui augmente les loyers, marges, marges arrières et donc prix.

Enfin, elle est favorable à ce que les impôts soient bas, particulièrement pour les plus riches (en proportion du revenu).

Chômage de masse, manque de moyens de l'État, plus bas revenus pour la majorité des travailleurs, hauts loyers et prix augmentés par des hautes marges et marges arrières, mais enrichissement des plus riches, sont les conséquences logiques des choix qu'elle préconise et fait quand elle est au pouvoir.

La gauche modérée.

Partis de gauche modérée : courants dominants du PS (Aubry, Royal, Hollande, Valls, Delanoë), Europe-Écologie (Duflot, Joly)

Parti qui donne parfois l'impression d'appartenir à la gauche modérée : Mouvement Démocrate (Bayrou)

Partis qui donnent parfois l'impression d'appartenir à la gauche modérée, tout en donnant parfois aussi l'impression d'appartenir à d'autres courants de gauche : « aile gauche » minoritaire du PS (Montebourg, Hamon), Parti de Gauche (Mélenchon), Parti Communiste (Laurent).

De par ses « valeurs », la gauche modérée devrait être beaucoup plus au service de l'emploi et des revenus du travail qu'elle ne l'est. Mais par manque de lucidité, elle conçoit certaines de ses « valeurs » de telle manière que celles-ci lui commandent d'être, objectivement, par ses actes, presque autant au service des revenus du capital que la droite libérale.

La conception que la gauche modérée a de « l'Europe », lui commande de ne pas envisager de sortir de l'euro, et de respecter les traités et directives européens, qui exigent le libre-échange, la liberté de circulation des capitaux, l'ouverture des frontières aux personnes même quand celle-ci est instrumentalisée par le patronat pour maintenir des salaires au plancher, une politique monétaire monétariste, et de nombreuses dérèglementations et privatisations.

La conception que la gauche modérée a de « l'Ouverture » au reste du monde, lui commande à nouveau de désactiver les frontières par rapport aux mouvements de biens et personnes et parfois capitaux. Pour la gauche modérée, il est donc bon en soi d'exposer les travailleurs français à une concurrence avec ceux des pays pauvres et émergents, qui porte sur le critère du coût du travail.

Enfin, une partie de la gauche modérée conçoit la « Liberté » de la même manière que les penseurs néo-libéraux, c'est à dire, comme le fait d'avoir peu d'impôts y compris sur les plus riches, peu d'entreprises nationalisées et autres interventions de l'État, des frontières désactivées et peu de règlementations à respecter, et une politique monétaire empreinte de monétarisme.

Par rapport à la droite libérale, la gauche modérée reste tout de même favorable à un peu plus de réglementation, un peu moins de privatisation, et des impôts plus importants pour les plus riches.

Mais cela n'empêche pas qu'engluée dans ses conceptions sans lucidité de certaines des « valeurs » qu'elle considère comme les siennes, la gauche modérée fait objectivement très peu de choses à côté de ce qu'il est possible de faire, pour lutter contre le chômage, ainsi que pour réduire les inégalités.

L'extrême gauche.

Partis d'extrême gauche : Nouveau Parti Anticapitaliste (Poutou), Lutte Ouvrière (Arthaud)

Parti qui donne parfois l'impression d'appartenir à l'extrême gauche : Parti Communiste (Laurent).

Que ferait l'extrême gauche si elle était au pouvoir ? Instaurerait-elle une économie communiste, où on mettrait vraiment tout l'appareil productif en commun ? Ou commencerait-elle par réformer peu à peu l'économie telle qu'elle est aujourd'hui ?

Toujours est-il que, si l'extrême gauche n'est ni peut-être pour le respect des traités européens, ni assurément pour une conception néo-libérale de la « Liberté », elle conçoit souvent « l'Ouverture » avec le même manque de lucidité que la gauche modérée : la conception qu'elle a de cette « valeur » lui fait souvent considérer comme bonne en soi, l'exposition des travailleurs français à une concurrence portant sur le coût du travail, avec les travailleurs des pays pauvres et émergents.

A part ça, l'extrême gauche est pour beaucoup de règlementations, nationalisations, et impôts pour les plus riches, et surement aussi une politique monétaire keynésienne, facilitant le crédit pour l'investissement.

L'extrême droite.

Partis d'extrême droite : FN (Le Pen), Parti de la France (Lang).

Longtemps l'extrême droite a été aussi libérale que le droite libérale sur les sujets économiques, voire même plus : en voulant encore moins d'impôts et de règlementations, sauf sur l'ouverture des frontières aux personnes, et en ayant une idée de la politique monétaire encore plus monétariste que le monétarisme, avec le retour à l'étalon or.

Mais depuis un certain temps une grande partie de l'extrême droite change sa doctrine économique, pour l'adapter aux intérêts des salariés des classes modestes et moyennes. Au moins dans les discours, si ce n'est pas aussi dans un programme économique sérieux, l'extrême droite se rapproche des programmes de droite gaulliste et de gauche radicale.

Toute l'extrême droite garde comme particularité d'être pour la « préférence nationale », c'est à dire pour que les étrangers résidant et travaillant en France ne bénéficient pas autant que les français de la solidarité nationale française.

C'est donc par ses idées sur la société française, bien plus que par ses idées économiques, que l'extrême droite se particularisait hier et se particularise aujourd'hui.

La droite gaulliste.

Partis de droite gaulliste : Debout La République (Dupont-Aignan), Union Populaire Républicaine (Asselineau).

La droite gaulliste a une conception du « Mérite » par le travail, qui justifie que le partage de la richesse entre détenteurs du capital et salariés soit un peu moins en faveur des salariés, que ce qu'il devrait être aux yeux d'une gauche telle qu'on l'imagine. Le « Mérite » par le travail, ce n'est pas seulement le temps de travail ou l'effort, mais aussi les responsabilités exercées, la difficulté de la tâche, le travail d'apprentissage plus ou moins difficile de la tâche. La droite gaulliste n'aime pas non plus qu'il y ait des aides trop abondantes pour les chômeurs, et sans au moins une contrepartie.

Mais contrairement à la droite libérale, de par sa conception du « Mérite » par le travail, ainsi que de par sa conception élevée de « la France » et de son peuple, la droite gaulliste fait passer la croissance, la prospérité du pays, et la lutte contre le chômage, avant les intérêts des détenteurs du capital. Il faut attendre des gens qu'ils travaillent, mais pour être juste il faut le leur permettre. Aux yeux de de Gaulle, les intérêts des détenteurs du capital sont bien moins importants que la grandeur de « la France » et de son peuple, qui passe par la prospérité de la France et par l'activité méritante, et non l'inactivité, du peuple français. Et puis, la droite gaulliste a une conception plutôt généreuse de « la France », qui lui commande de faire en sorte que chaque membre du peuple français, y compris les salariés, aient quand même une plutôt bonne condition, et de faire en sorte que chaque membre de ce peuple trouve sa place dans l'appareil productif. Selon la légende, de Gaulle aimait profondément la France et le peuple français, et avait une haute idée de lui même qui lui commandait de se comporter de manière honnête et loyale. Richelieu, Louis XIV, Colbert ou Napoléon, sont d'autres icônes qui passent pour ne pas avoir été particulièrement de gauche, tout en ayant été très étatistes.

Et contrairement à la gauche modérée, la droite gaulliste n'a pas une conception de telle ou telle « valeur », qui lui commanderait de faire le contraire de ce qu'on attend d'elle. Sa conception de « l'Europe » ne lui commande pas de faire ce que disent aujourd'hui de faire les traités européens, ce qui lui permet d'être pour une activation des frontières par rapport aux mouvements de biens (« protectionnisme »), de capitaux et de personnes, et donc une protection des travailleurs français par rapport à la concurrence sur le coût du travail avec les pays émergents. Elle parvient aussi à être pour une sortie de l'euro et une politique monétaire plus keynésienne, pour une réglementation et nationalisation partielle du système financier, et des secteurs comme l'énergie, les transports, la grande distribution, ou l'immobilier.

Toutes ces mesures devant avoir pour effet de relancer efficacement la croissance, lutter efficacement contre le chômage, et de réduire les inégalités qui aujourd'hui sont très marquées.

Sa conception de « l'Ouverture » et de la « Liberté » ne lui interdisent pas non plus ces choses. En matière « d'Ouverture », la droite gaulliste préfère aider les habitants des pays pauvres par des aides pour qu'ils développent leur propre appareil productif, plutôt qu'en permettant à certains habitants des pays pauvres de venir s'intégrer dans l'appareil productif français pour pas cher, surtout lorsque cette immigration est instrumentalisée par le patronat pour maintenir des salaires au plancher, et aggrave une situation de chômage de masse.

La gauche radicale.

Partis de gauche radicale : Mouvement Républicain et Citoyen (Chevènement), Mouvement Politique d'Éducation Populaire (Nikonoff).

Partis qui donnent parfois l'impression d'appartenir à la gauche radicale : « aile gauche » minoritaire du PS (Montebourg, Hamon), Parti de Gauche (Mélenchon), Parti Communiste (Laurent).

Comme la gauche modérée et l'extrême gauche, la gauche radicale veut réaliser les conditions du bonheur des français, et donc lutter contre le chômage et les inégalités.

Mais contrairement à ces deux autres courants de la gauche, la conception qu'elle a de « l'Europe », de « l'Ouverture », et de la « Liberté » ne lui commandent pas de faire le contraire de la poursuite de cet objectif très terrestre de « changer la vie » des français. Comme l'extrême gauche, elle ne conçoit jamais la « Liberté » de manière néo-libérale. Et elle est prête à faire à peu près tout ce que la droite gaulliste est prête à faire, parfois quand même avec moins de franchise, plus de négociations ou de flou : protectionnisme, politique monétaire keynésienne, règlementations, interventions de l'Etat voire nationalisations, réforme profonde voire sortie de l'euro. Elle a tout de même plus de mal que la droite gaulliste à voir l'immigration comme un possible instrument de maintien des salaires au plancher et facteur d'aggravation d'une situation de chômage de masse.

Par rapport à la droite gaulliste, elle a aussi un projet de partage de la richesse entre salariés et détenteurs du capital qui soit plus en faveur des salariés, et elle est prête à taxer un peu plus les plus riches. Un projet qui plait à la gauche radicale est aussi celui des entreprises coopératives : permettre aux travailleurs qui en sont capables et le veulent, de posséder eux-mêmes, de manière collective, les entreprises dans lesquelles ils travaillent, et de gouverner de manière démocratique ces entreprises.


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24 réactions à cet article    


  • herbe herbe 24 septembre 2011 13:31

    Merci pour cet « instantané » !
    Peux être faudra qu’il faudra continuer à suivre la dynamique ...car je ne suis pas sûr que les positions sont définitivement fixées ...vous l’évoquez d’ailleurs par exemple pour l’extrême droite ...


    • Kalki Kalki 24 septembre 2011 16:12

      wouh Deux dimensions ... on s’améliore ...

      Votez pirates, votez citoyennistes

      vous ne serez pas dèçus


    • samuel_ 24 septembre 2011 14:10


       ! COMPLEMENT !

       Dans la partie sur la gauche modérée, j’ai oublié de décrire les conceptions possibles de « l’Europe », de « l’Ouverture », et de « la Liberté », qui soient alternatives à celles de la gauche modérée.

      ---------------------------

      « L’Europe » pourrait aussi se concevoir de manière compatible avec la démocratie et d’autres modes d’organisation économique que le néo-libéralisme, comme une Europe des démocraties nationales.

        « L’Ouverture » pourrait aussi se concevoir de manière compatible avec le principe de solidarité nationale.

        La « Liberté » peut aussi se concevoir autrement que de manière néo-libérale. A la manière de Marx et John Kenneth Galbraith, on peut considérer qu’elle a pour condition que les rapports de force soient équilibrés. A la manière d’Amartya Sen, on peut concevoir sa nature, comme l’ensemble des possibilité offertes à un être humain de devenir heureux, et on peut chercher à concilier sa conception avec un principe de solidarité.


      • RougeVif 24 septembre 2011 14:47

        Amusant ce graphique, où chacun y verrait de quoi glisser un peu plus telle ou telle case. Je ne peux m’empêcher de le faire d’ailleurs, vous m’en excuserez smiley

        Mon attention se portera sur l’extrême gauche. Je trouve incongru d’associer le NPA et LO, ce dernier n’ayant jamais cherché de compromis avec la gauche, ni même avec le NPA depuis qu’il n’est plus LCR. Sa sous-exposition médiatique par rapport au NPA est d’ailleurs un signe (positif) à mon humbe avis.

        Aussi le parti trostkyste ne souhaite pas le pouvoir, il souhaite y porter les travailleurs (ouvriers, bas-fonctionnaires, etc). Sorte de démocratie participative comme on dit aujourd’hui.

        Tout ceci pour faire (très) court bien sûr.

        Cordialement.

         


        • samuel_ 24 septembre 2011 14:55


           Je vous avoue que j’ai commis la faute envers LO, de ne pas me renseigner sur leur rapport au protectionnisme / libre-échange. C’est le seul parti que j’ai positionné sur l’espace politique en n’étant pas tout à fait sur de sa place.
           Par contre je sais que le NPA est un parti libre-échangiste, comme le MEDEF et l’OMC, mais bien sur par un altruisme sans lucidité plutot que pour servir les interets du capital. C’est ce qu’a montré le journaliste de « Fakir », Francois Ruffin, en questionnant Besancenot sur ce sujet.

           TOUTES MES EXCUSES A LO SI JE ME SUIS TROMPE, ET SI ILS SONT POUR DU PROTECTIONNISME


        • samuel_ 24 septembre 2011 21:47


           Oui enfin, j’ai vérifié, dans un tract de 2009, LO s’est positionné contre le protectionnisme, comme le NPA. De plus, dans ce tract, LO affirme que la droite libérale de Sarkozy est protectionniste !


        • Mikileaks Mikileaks 24 septembre 2011 16:11

          Bonjour
          Le Parti de Gauche (PG), n’est pas l’aile gauche du PS comme votre « graphique » semble bien vouloir nous le présenter....
          Il n’est pas non plus un parti de gauche « radicale » ni d’extrême gauche.
           Le Parti de Gauche de JL Mélenchon est un parti de gauche à part entière. Comme son nom l’indique : LE PARTI DE GAUCHE .
          JL Mélenchon a quitté le PS en 2008 pour fonder le Parti de Gauche. (au cas ou vous ne le sauriez pas....)
          Le fait de le présenter comme étant l’aile gauche du PS est une manœuvre de récupération(?) ne visant sans aucun doute qu’à le dissoudre.
          Merci de bien vouloir lire le programme du Front de gauche avant de poster des affirmations troubles.


          • samuel_ 24 septembre 2011 16:45


             Primo, je précise dans le texte que je donne ma vision subjective de l’espace politique français, et non la vérité indiscutable et universelle.

             Secondo, toujours dans le texte, je n’ai pas dit que Parti de Gauche = Parti Communiste = aile gauche du PS. J’ai seulement positionné ces trois partis dans un triangle entre gauche radicale, gauche communiste, et gauche modérée.

             Tertio, le Parti de Gauche, le Parti Communiste, et l’aile gauche du PS, ont des positionnements flous et variables, c’est pourquoi je les ai positionnés dans un triangle qui relie plusieurs positions. Il est arrivé à Mélenchon et Genereux de se dire favorable au protectionnisme, mais depuis qu’ils se sont alliés au PC, ils sont beaucoup plus muets sur ce sujet. Ils ne veulent pas appliquer le traité de Lisbonne mais veulent quand même garder l’euro coute que coute, sans meme un plan B à la Chevenement : est-ce parce que l’euro favorise l’emploi et la reduction des inegalités dans la zone euro ? Le Parti Communiste se dit solidaire avec les ouvriers qui subissent des delocalisations, pourtant on n’a pas tres bien compris si il considere oui ou non comme une bonne chose en soi d’exposer ces memes ouvriers français a la concurrence sur le cout du travail avec les pays emergents. L’un de ses membres, Andre Gerin, parait pour le protectionnisme, mais pas les autres. Enfin, l’aile gauche du PS s’est souvent dite pour du protectionnisme, par les voix de Montebourg comme de Hamon ou ses proches. Elle a aussi beaucoup critique le traite de Lisbonne. Mais il semble que Hamon et ses proches se soient mis en sourdine sur ces sujets, ou bien aient carrement adouci leur discours, depuis qu’ils se sont rangés derriere Aubry ou ont obtenu des postes de deputes européens. Quant a Montebourg, ses propositions concretes sont assez floues et moderees : respecter le traite de Lisbonne ? Faire du protectionnisme meme si les autres pays européens n’en veulent pas et que ça reste interdit par les traites et directives ? Sortir de l’euro ?

             Donc,
             Merci d’accepter qu’on puisse avoir une vision subjective de l’espace politique français,
             Merci d’accepter qu’on puisse y positionner à cote les uns des autres des partis differents mais proches,
             Et enfin merci d’accepter qu’il ne soit pas toujours tres facile de comprendre quels sont les positionnements exacts des partis, parce que eux memes sont parfois assez flous et variables.


          • RougeVif 24 septembre 2011 17:50

            ok pour LO Samuel, pas de problèmes sur les nuances, car comme vous le soulignez ci-dessus il est difficile de positionner tout cela tant certaines girouettes sont flexibles.

            Je prends l’exemple du trop peu courtois Mikileaks et son front de gauche : sa promiscuité avec le PS sur votre graphique prendra tout son sens lors du 2ème tour des présidentielles. Mélenchon a déjà fait allégence au PS pour la victoire finale, contre quelques strapontins comme il est de coutume évidemment. Ne changez rien de ce coté-là du graphique donc !

            Cordialement.


            • samuel_ 24 septembre 2011 20:22


               Si si je parle d’Europe Ecologie et de l’Union Populaire Republicaine.
               Je classe EE dans la gauche modérée, a la fois dans le texte et dans le graphique
               Et je classe l’UPR dans la droite gaulliste, dans le texte et le graphique aussi.
               
               Par contre je n’ai pas parlé de République Solidaire (Villepin), que j’aurais classé a cheval entre gauche moderee et droite liberale, comme le Modem.
               Et je n’ai pas parlé du Parti Radical (Borloo) que j’aurais classé dans la droite libérale.

               Les deux dimensions de ma classification etant « valeurs » et « au service de quels interets », elle ne permet pas de faire de difference entre EE et les courants dominants du PS. Pour faire la distinction il faudrait rajouter une dimension « sensibilité à l’écologie » ou quelquechose du genre. Mais alors dans ces cas la on pourrait encore rajouter plein d’autres dimensions, et la vision perdrait en simplicité. Il y a juste ces deux dimensions parceque c’est l’arbitrage que j’ai eu envie de faire entre simplicité et précision (plus c’est simple moins c’est precis, plus c’est precis moins c’est simple).


            • onetwo onetwo 24 septembre 2011 21:13

              Mélenchon ne participera à aucun gouvernement socialiste, les journalistes ne lui posent même plus la question.

              Cordialement.


            • RougeVif 24 septembre 2011 21:55

              Qui as dit que Mélenchon serait ministre ? En revanche je met ma main à couper qu’il y enverra ses seconds. Idem avec les écolos. Au secours ils nous refont le coup de la Gauche plurielle !


              • non667 24 septembre 2011 22:13

                a samuel
                D’énormes manques de lucidité les ont en effet conduits à concevoir les « valeurs de la gauche », de telle manière qu’elles leur commandent de privilégier objectivement par leurs actes les revenus du capital aux revenus du travail
                manque de lucidité ?
                c’est vous qui manquez de lucidité et épiloguez à partir d’un postulat faux !
                en 1983 quand le ps a pris un virage de 180 ° à droite il savait parfaitement ce qu’il faisait et qu’en baptisant politique de rigueur ce virage il trompait  le socialisme le vidant de contenu économique pour ne garder que des mesures droit de l’hommesque ( bilan de leurs années de gouvernance  : suppression de la peine mort ! funeste 35 h ! même pas le droit de vote aux étrangers !!! :, s’en mettre plein les fouilles p. pelat,r. dumas  smiley smiley smiley smiley )

                en plus vous épiloguez sur un faux débat droite/ gauche sans évoquer le vrai qui est libéro-mondialo-américano -capitalisme vs nationalisme indépendantisme


                • samuel_ 24 septembre 2011 23:01


                   smiley

                   « Trahison », ou « Manque de lucidité », dans les deux cas il y a une idéologie erronée qui justifie des choix erronés.
                   « Manque de lucidité » c’est si en plus on s’imagine qu’ils croient eux memes en cette ideologie qui justifie leurs choix, ou si, comme moi, on veut simplement dire les choses de manière adoucie, sans les accuser.
                   « Trahison », c’est si en plus on s’imagine, au contraire d’un simple « manque de lucidité », qu’ils ne croient pas en l’ideologie par laquelle ils justifient face aux français leurs choix erronés.
                   J’ai choisi « manque de lucidité » pour ne pas me prononcer sur la question de savoir si oui ou non, ils croient en leur ideologie. En plus je me dis qu’ils y croient vraiment : en 1983, quel interet avaient-ils a choisir leur construction européenne telle qu’ils l’ont faite, plutot que de tenir leur promesse de « changer la vie » des français ? A part de decevoir leur electorat et de perdre plein d’elections par la suite, ce qui n’a pas manqué ?

                   Si vous regarder le clivage « au service des revenus du capital » / « au service des investissements (lutte contre chomage) et des revenus du travail », en fait il correspond aussi au clivage « mondialistes » / « autonomistes », puisque la reactivation des frontieres est au service de la lutte contre le chomage et des revenus du travail en France.
                   Sur le graphique, les 3 courants les plus en bas, gauche radicale, droite gaulliste et extreme droite, ce qui veut dire, les 3 courants les plus au services des investissements et des revenus du travail, sont aussi les 3 courants « demondialisateurs ».
                   Et les 3 courants les plus en haut, extreme gauche, gauche moderee et droite liberale, c’est à dire les 3 les plus au service du capital, sont aussi les 3 courants « mondialistes »


                • Ariane Walter Ariane Walter 24 septembre 2011 22:22

                  Etude très intéressante. Merci.


                  • samuel_ 24 septembre 2011 22:43


                     Merci a vous aussi Ariane


                  • LE CHAT LE CHAT 24 septembre 2011 22:36

                    l’extrême gauche immigrationniste et internationaliste est une complice objective des capitalistes et des milieux financiers ,elle nuit aux interets de ceux qu’elle prétend défendre , l’immigration apportant une concurrence supplémentaire pour les salaires , les logements et les prestations sociales dANS un pays comptant déjà plus de 8 millions de pauvres .


                    • RougeVif 25 septembre 2011 10:43

                      @LE CHAT :

                      Vous avez raison, c’est tellement mieux de bâtir un mur haut de 50 mètres tout autour de notre pays avec des tourelles un peu partout pour y vivre heureux, juste entre nous, au lieu de dénoncer frontalement cette concurrence entre travailleurs. Votre projet d’avenir pour l’Humanité fait froid dans le dos, comme tout ceux qui cèdent à cette mode depuis une dizaine d’année du national-protectionnisme, qui me rappelle ces maires qui virent les clodos de leur commune pour régler le problème. L’avenir est à l’internationalisme, l’Histoire n’a pas vocation à reculer mais à avancer. Sauf lorsque des fous fascistes rétro-pédalent, avec la bénédiction des Grands capitalistes qui n’ont aucune envie de périr.

                      Pour rappel la planète est ronde, alors ce qui est repoussé loin dans l’horizon revient forcément un jour par derrière.

                      Miaou.


                      • LE CHAT LE CHAT 25 septembre 2011 18:33

                        les fascistes rouges au pouvoir ,ça donne des génocides comme au Cambodge , non merci !


                      • RougeVif 25 septembre 2011 22:38

                        Miaou ?

                        Et moi de rétorquer que les fascistes « blancs » c’est un génocide par an quelque part dans le monde, et vous de me répondre les goulags, et moi la colonisation puis Hitler/Mussolini puis la CIA en Amérique latine, etc...

                        Bref discussion sans aucun intérêt merci je passe mon chemin.

                        Cordialement.


                      • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 25 septembre 2011 12:58


                        Vision subjective, mais bien vu quand même...


                        • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 25 septembre 2011 18:41

                          Panorama intéressant, surtout pour ceux qui, comme moi, se situent en dehors du champs démocratique...


                          Tout cela est bien dérisoire.

                          • Emmanuelle 30 décembre 2011 23:41

                            L’Union Populaire Républicaine (UPR) de François Asselineau est un parti de rassemblement (divers donc si vous voulez à tout prix donner un classement), pourquoi donc la classer vous donc droite-gaulliste ??

                            c’est un mouvement de rassemblement dont les adhérents sont de droite, de gauche, du centre, des verts mais aussi des anarchistes et des abstentionnistes...
                            Ce n’est pas non plus un mouvement gaulliste, il y a une page spécifique sur leur site.

                            Lorsque l’on souhaite faire un classement des partis politiques, la moindre des choses est de se renseigner un minimum sur les partis dont on souhaite parler.

                            www.u-p-r.fr


                            • Emmanuelle 30 décembre 2011 23:57

                              Voici le Programme de l’Union Populaire Républicaine :

                              1. Défendre l’indépendance politique et économique de la nation
                              2. Rétablir la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français.
                              3. Etablir la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères.
                              4. Rétablir une société de libertés.
                              5. Etablir le respect de la personne humaine et l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
                              6. Instaurer une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie. et la suite
                              7. Assurer la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général.
                              8. Intensifier la production nationale.
                              9. Faire retour à la nation des grands moyens de production nationalisés, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques.
                              10. Favoriser la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
                              11. Garantie d’un niveau de rémunération et d’un logement assurant à chaque citoyen et à sa famille sécurité et dignité.
                              12. Reconstitution d’un syndicalisme indépendant.
                              13. La santé pour tous.
                              14. Elevation et sécurité du niveau de vie des agriculteurs et souci de qualité des aliments.
                              15. Une retraite permettant à tous de profiter dignement et pleinement de la vie.
                              16. Permettre à tous les enfants d’avoir accès à la culture la plus développée de façon à obtenir une élite non de naissance mais de mérite.
                              17. Rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle.
                              18. Redonner toute la priorité à nos liens avec le monde francophone.
                              19. Référendums sur des sujets clés qui méritent un large débat national.
                              20. Sujets non abordés dans le programme.
                              Conclusion. Une présidence citoyenne

                              Des extraits
                              - Renationalisation de TF1 mais aussi l’eau, EDF, GDF, les autoroutes, france telecom...
                              - Nucléaire, immigration : des référendums sont prévus
                              - Sur le terrorisme
                              - Le vote blanc
                              - ed, gdf, la poste, france telecm..

                              Si avec cela vous les classez à droite...

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