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Accueil du site > Actualités > Politique > Dimanche d’affrontement à distance…

Dimanche d’affrontement à distance…

Entre début et fin d'après-midi, François Hollande puis Nicolas Sarkozy se sont livrés entre colère et pugnacité à l'exposé de leurs ambitions. L'un, légèrement irrité par des documents compromettants concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007 par Kadhafi auquel il rétorque qu'il ne faut pas croire ce que disent les membres de sa famille… L'autre se reprenant dans les pieds un retour inopiné d'un Dominique Strauss-Kahn tombé dans un anniversaire* où du statut d'invité surprise qu'il pouvait tenir dans le coeur de Julien Dray, il retourna illico à celui de personnage indésirable qu'il était et ce n'est pas son étonnement livré à la presse quant au fait qu'il ne la soupçonnait pas d'oser "aller si loin" qui l'aurait empêchée de tout simplement aller le chercher là où il était… Climat people pesant pour l'un, ambiance secret défense et financement occulte dans la manche de l'autre ; toujours est-il que si François Hollande et Nicolas Sarkozy ont rempli tous les deux leur salle aujourd'hui, entourés chacun d'un maximum de militants, il n'est pas certain qu'ils parviennent à faire le plein des voix dans une semaine avec ce qui risque encore de se glisser sous leur manteau comme affaire ou comme bilan qui se transforme en listing aménagé par le scandale…

 

L'état d'esprit

À Bercy les socialistes du Parti Socialiste voient approcher la victoire et sentent, la musique aidant, monter l'euphorie d'une victoire qui pour eux paraît imminente même si certains points obscurs ne sont pas encore explicitement exprimés. Notamment en ce qui concerne l'éclatement de l'accord de garantie obtenu par Martine Aubry au sujet de l'ouverture qui pourrait être faite à d'autres personnalités du PS si celui-ci était appelé à gouverner… Si François Hollande gagne, il se pourrait bien qu'il fasse voler en éclat cette entente de principe devenant alors inadéquate par rapport à la responsabilité de la fonction qu'il serait amené à occuper. Pourquoi, du coup, avoir fait courir la rumeur que ce ne seraient que des socialistes qui gouverneraient ?… Hum, hum, tactique électorale oblige et hormis l'inflexibilité affichée au départ pour qu'un maximum de citoyens adhèrent au PS, n'y aurait-il pas eu également le désir de maintenir une barrière pour que des Rama Yade refusent de signer le soutien à Sarkozy ? Pour que des Fadela Amara, Corinne Lepage ou des Martin Hirsch ou bien encore un Jacques Chirac viennent appeler à voter François Hollande au premier tour ?… En tout cas le jeu semble avoir fonctionné et s'il se prolonge au second tour, les familles que rassemblent ces personnalités "centrales" et pourtant à droite risquent d'accentuer l'écart qui sépare Nicolas Sarkozy de François Hollande dans la course finale au fauteuil élyséen…

 

Le résultat

Le loup ne semblant pas vouloir sortir du bois à Toulouse c'est donc François Hollande qui entame ce Dimanche d'affrontement à distance dans un palais omnisports plein à 22000 seulement… Prise de confiance intégrale au regard des chiffres du 1er tour à l'époque de Mitterrand qui place la gauche en meilleure position mais rien n'est acquis et il en reste à ce projet, cette volonté, cet espoir qu'il faut sans cesse chercher pour être mérités…

Pour Sarkozy ce serait un sacrifice que de perdre XX siècles de chrétienté, de Lumières, d'humanisme et de révolution mais pour en arriver là, aux crises où nous sommes, c'était peut-être pas la peine de rappeler tout ce que de sang à coulé durant cet écart entre le saut que fait Nicolas Sarkozy dans un si lointain passé et la situation économique actuelle liée à l'état des salariés inquiets pour leurs droits et sujets à une hausse des suicides considérable…

 

Politiquement

"La France ne s'est pas construite sur la méfiance, le mépris ou la peur de l'autre" pose sans conditions un François Hollande au dépassement de nous-mêmes et des frontières sur une déclaration toute orientée vers l'altruisme et des notions précises d'égalité, de République et d'Europe… "Partout on nous espère, on nous attend"… Croissance et progrès sont attendus pour redonner foi en l'avenir… la transition énergétique devient l'épice qui redonne goût en l'avenir et prédispose à l'investissement pour que l'économie puisse s'orienter différemment… L'éducation et la culture en remparts à l'exclusion, à l'isolement et au communautarisme n'ont pas besoins d'identicité** spécifique pour conduire l'Europe. Pas pour Nicolas Sarkozy qui lance que "ce n'est pas une maladie que d'avoir une identité" et que nous pourrions lui signaler que ce serait plutôt à force de trop lourdement insister dessus que cela a fini par faire maladif !

Non-instrumentalisation de la religion dans le débat public et respect de la dignité humaine cimenteront les relations entre les citoyens dans le cadre des lois de la république. Le droit de vote accordé aux étrangers aux élections municipales n'entravera en rien leur impossibilité à devenir Maire mais sera la juste affirmation de la citoyenneté pour quiconque paye des impôts. Ce n'est donc pas une capitulation devant le régime des Mosquées comme voulaient le suggérer des esprits sujets à l'instrumentalisation religieuse… Re Mehra et re Montauban et ré-instrumentalisation du discours de Sarkozy à Toulouse bien décidé à caricaturer la gauche de la si réductrice pensée unique… Uniquement si elle gagne, ce serait unique !

Des règles nouvelles seront instaurées sur les marchés et les investissements sans que d'infondées menaces puissent laisser planer la froideur et la réticence… Engagement clair pour un mémorandum européen que François Hollande enverra à tous les membres des pays qui gouvernent l'Europe tandis que pour Sarkozy emmuré dans son patriotisme et ses frontières multiples, il n'y a que ce qu'a égoïstement institué Mme Merkel qui puisse le sauver. Et si pour lui "tracer une frontière entre le faut et le vrai… est un long travail de civilisation" dans lequel il compte bien s'inscrire, que de temps à perdre encore !

Structurellement chez François Hollande, de nouvelles fondations érigeront l'économie sous l'impulsion d'une Banque européenne de l'investissement, d'euro-bons (E-bonds) et d'aides à la formation pour ne pas laisser les salariés en traîne… Quand pour sa part à Toulouse, Nicolas Sarkozy estime que "les partisans de la lutte des classes n'ont rien compris à la Nation" que ne se trompe-t-il pas depuis le "non" au TCE car ce n'était certainement pas pour voir des différences de salaires si élevées d'un bout à l'autre de l'Ue et à l'intérieur de chaque pays qui la représente comme résultante des Accords de Lisbonne ; encore moins pour en comptabiliser les malheureux licenciés pour qui le chômage et l'exploitation dépassent la simple idée de Nation. Ou encore lorsque tout le monde ne dispose de la même accessibilité aux soins en matière de santé selon qu'on soit français ou étranger, qu'on dispose d'une bonne mutuelle ou pas... 

Enfin une nouvelle stratégie se dessine aux yeux de François Hollande dans ce que signifie le rôle d'un chef d'État chargé de rassembler, rassurer et unir… Lorsque face à "une mondialisation sans règles, à une Europe sans volonté, à une France sans repères" Nicolas Sarkozy mets les devoirs des Français au service des frontières de sa politique économique, François Hollande ne promet rien mais trace les lignes directrices qui redonneront du pouvoir d'achat aux salariés et permettront d'éloigner les menaces du chômage. Nicolas Sarkozy de son côté décline ce qu'être Français dans sa conception, avec autant d'insistance, n'aurait rien d'extrêmement dangereux à l'appliquer comme il l'a déjà fait pendant cinq années et qu'il envisage encore de renforcer les 5 années à venant. Sous son descriptif de géographie politique agrémentée de frontières et de nations il "ne veut pas laisser la France se diluer dans la mondialisation" mais néanmoins elle semblerait s'y être pourtant si bien fondue grâce au néolibéralisme qu'il a soutenu sans concessions durant tout son quinquennat qui s'achève…

Inégalités à combattre au PS, exigence sélective pour l'Ump ne manqueront pas de s'affronter dans la confrontation habituelle du débat de l'entre-deux tours fixé au mercredi qui précède le vote du choix au travers duquel Nicolas Sarkozy risque de masquer son bilan mitigé et contradictoire derrière une crise ramenée à toutes les sauces mais dont tout le monde omet toujours d'en mentionner les ingrédients et les composantes politico-économiques qui l'ont fait naître de peur d'égratigner à la moindre allusion l'avenir des formations majoritaires qui se sont entendues dans le projet européen. Et si cela ne lui suffit pas il brandira sans gêne jusqu'à l'exaspération de nos consciences le spectre du patriote de la nation attaché à ses frontières qui guide le monde vers ses pires catastrophes. 

 

*Ils ne s'y sont pas laissés trompés par un "trouble fête" les invités d'honneur qu'étaient Pierre Moscovici, Ségolène Royale et Manuel Valls… Manu militari ils s'en sont allés ! ! !

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/29/lanniversaire-de-dray-dsk-fait-fuir-royal-valls-et-moscovici-231666

 

**http://www.eclairement.com/Robert-Frank-Une-histoire II] Grille de lecture


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3 réactions à cet article    


  • chapoutier 30 avril 2012 15:59

    http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120425124707/#ixzz1tW4vuEz6


    Ziad Takieddine déclare dans Jeune Agrique que le "système Sarkozy est en train de tomber"
    Dans cette interview,Ziad Takieddine, l’homme d’affaires franco-libanais, annonce qu’il va y avoir bientôt « une affaire du Qatar »



    • Henri Francillon Henri Francillon 1er mai 2012 13:51

      Vous êtes soit un grand naïf, auteur, soit partie prenante de la manipulation.
      Cet affrontement est en effet factice et permet simplement de diviser le peuple pour mieux régner sur lui.
      Comment pourrions-nous faire confiance à deux hommes qui ont trahi le peuple ouvertement (Traité de Lisbonne), dont l’un (Sarkozy) a démontré pendant 5 ans ne tenir aucune de ses promesses et dont l’autre (Hollande) truque les votes au PS et ruine la région dont il est responsable ?
      Comment pourrions-nous croire ces gens qui d’un commun accord ont donné la souveraineté du pays à l’UE, et qui annulent de ce fait les promesses qu’ils nous tiennent ?
      Comment voire une opposition entre deux partis qui pratiquent le même vote au sein de l’UE ?
      Comme je ne vous présuppose pas de mauvaise intention, je vous conseillerai de vous réfléchir un peu au lieu de réagir comme un mouton qu’on mène à l’abattoir avec son assentiment.


      • laurentgantner laurentgantner 1er mai 2012 14:08

        il n’y a même pas à contredire ce que tu dis mais ne pas rester avec Sarkozy et travailler à plus d’améliorations dans un Mémorandum européen avec les socialistes vaut mieux que jouer la carte de la crise économique en poursuivant le soutient aveugle aux banques... Voter n’a jamais été l’esprit moutonnier qu’on mène à l’abattoir ! Hélas, et c’est conforme à la démocratie capitaliste, mais les deux candidats restants bien qu’ils se ressemblent sur leur origine ; diffèrent pourtant ô combien quant à leur destination !

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