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Accueil du site > Actualités > Politique > Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours (...)

Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours ?

La disparition du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire a ému tout le monde. Une référence morale vient de partir. Mais déjà, certains veulent le « dépouiller ».

Le 17 avril 2008 à 11 h 20 (heure de Paris), hospitalisé depuis huit jours pour des problèmes de cœur, Aimé Césaire s’est éteint à presque 95 ans. Il allait fêter son anniversaire dans deux mois, le 26 juin.

Dès cette annonce, hélas prévisible, les médias ont très vite rappelé son brillant parcours et les symboles qu’il a représentés. Une très longue existence pour un homme de taille assez petite. Il avait déjà été fêté l’an dernier à l’occasion de son anniversaire notamment avec une lettre de Nicolas Sarkozy qui lui exprimait sa « profonde sympathie ».

Un écrivain au vocabulaire musclé

Il est communément appelé le « chantre de la négritude », qu’il a véritablement "élaborée" entre autres avec son ami Léopold Sedar Senghor, futur président du Sénégal, qu’il avait rencontré pour la première fois au lycée Louis-Le-Grand en... 1931 (le Guyanais Léon-Gontran Damas faisait aussi partie de cette prodigieuse "équipée").

La négritude, c’est un concept finalement assez flou, aussi littéraire que politique, favorable évidemment à la décolonisation, mais, avant tout, qui visait à rappeler que les hommes de couleur sont autant capables d’atteindre les sommets intellectuels et littéraires que les "autres". Une sorte de « fierté d’être nègre » et un rappel révolté contre l’Occident juché sur « le plus haut tas de cadavres de l’humanité ».

Ses mots sont particulièrement musclés, vifs, vibrants, dynamiques. Le rythme est original et soutenu, le style est très reconnaissable. Il peut heurter, il hurle parfois, il réveille toujours.

Un court exemple tiré d’un site qui lui est consacré.

« Et sur ce rêve ancien mes cruautés cannibales :

(...)
Je me cachais derrière une vanité stupide le destin m’appelait
J’étais caché derrière et voici l’homme par terre, sa très
fragile défense dispersée,
Ses maximes sacrées foulées aux pieds, ses déclamations
pédantesques rendant du vent par chaque blessure.

Voici l’homme par terre
Et son âme est comme nue
Et le destin triomphe qui contemple se muer
En l’ancestral bourbier cette âme qui le défiait. »

Un vieux briscard du paysage politique

Mais, parallèlement à sa vie de poète et d’écrivain, Aimé Césaire était un vieux routier de la politique française et antillaise.

Engagé par le Parti communiste qui vit en lui l’espoir de la Martinique (avec pertinence), il le quitta très vite après la mort de Staline et resta très indépendant (fondant son propre parti) tout en s’étant rapproché petit à petit du Parti socialiste.

En fait, il était un véritable baron local : depuis la Libération, indéboulonnable maire de Fort-de-France pendant plus d’un demi-siècle (il quitta la mairie seulement en 2001, il avait déjà 87 ans !), insaisissable député de la Martinique pendant aussi près d’un demi-siècle (de la Libération à la seconde cohabitation) et impliqué également dans les collectivités locales martiniquaises (au Conseil général pendant presque vingt ans, au Conseil régional qu’il présida brièvement juste avant les nouveaux pouvoirs de la décentralisation aménagée par Gaston Defferre).

Toujours très estimé, peut-être pas toujours apprécié, parfois très en colère (notamment contre l’article 4 de la loi du 23 février 2005 à propos de la mémoire et de la décolonisation) et avec une langue rarement dans sa poche.

L’un de ses premiers engagements politiques fut de faire sortir la Martinique du stade colonial, notamment par sa départementalisation en 1946.

L’Antoine Pinay des Antilles

Au fil des décennies, il était devenu une sorte d’Antoine Pinay des Antilles, chez qui on se rend pour avoir son onction, ses avis, sa photo...

Il avait fini par accepter de recevoir Nicolas Sarkozy en mars 2006 (alors ministre de l’Intérieur) où il voyait en lui, quand même, malgré son opposition, un dynamisme et un volontarisme exceptionnels (paroles qui furent compliments pour le futur candidat).

Mais, comme un autre illustre nonagénaire (l’ancien ministre gaulliste Jean-Marcel Jeanneney), son soutien pour l’élection présidentielle était allé naturellement vers Ségolène Royal qui passa une partie de son existence en Martinique, qu’il accompagna même, malgré sa santé fragile, à une réunion électorale à Fort-de-France le 26 janvier 2007, lui attribuant confiance et espérance. Il fut même le président d’honneur du comité de soutien de Ségolène Royal.

Plus tard, le Premier ministre François Fillon le rencontra également lors de sa visite en Martinique le 5 janvier 2008 où il rappela que le premier maire noir de la métropole était le Martiniquais Raphaël Élizé, élu en 1929 maire de... Sablé-sur-Sarthe, ville dont François Fillon a été maire pendant vingt et un ans.

Des éloges unanimes

Un dernier dialogue pour François Fillon avant son hommage d’hier : « Proche d’André Breton [qui s’installa en Martinique pendant la guerre], le poète Césaire ne craignait ni la force des images ni leurs ruptures. Il laissait naître de sa colère des chants puissants et durs. Il mettait ses morts au service de la lutte pour la dignité humaine, en particulier celle des peuples colonisés et humiliés ».

Naturellement, toute la classe politique française (et évidemment au-delà, puisque Césaire était un "monstre sacré" à la fois de la vie culturelle et de la vie politique) a fait part de son émotion dans la plus grande des sincérités.

Le président Nicolas Sarkozy a déclaré à Neufchâteau que « c’est toute la nation française qui est en deuil » ajoutant : « Par son appel universel au respect de la dignité humaine, à l’éveil et à la responsabilité, il restera un symbole d’espoir pour tous les peuples opprimés ».

Son prédécesseur Jacques Chirac a parlé d’un « homme de lumière » et l’ancien président du Sénégal, Adbou Diouf, actuellement secrétaire général de la Francophonie, a fait part de la « très grande émotion de toute la famille francophone ».

L’ancienne candidate socialiste, Ségolène Royal, a évoqué « un homme de conviction, de création, de témoignage, qui fut sa vie durant un éveilleur de conscience, un éclaireur de notre temps, un démineur d’hypocrisie, un porteur d’espoir pour tous les humiliés, un combattant inlassable de l’humaine dignité » (avec un style d’ailleurs qui se rapproche bien d’Aimé Césaire lui-même).

Responsable de l’Outre-Mer, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé des obsèques nationales pour dimanche 20 avril 2008 et son secrétaire d’État à l’Outre-Mer Yves Jégo (maire de Montereau) est déjà parti hier pour participer aux trois jours d’hommage.

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a annoncé aux députés un hommage à leur ancien collègue pour le 29 avril 2008 en début de séance.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë envisage déjà de donner le nom d’Aimé Césaire à un lieu de la capitale en hommage à ce « progressiste passionné, combattant de la fraternité universelle, éveilleur des âmes et des consciences ».

Une salle d’étude du lycée Louis-Le-Grand portera d’ores et déjà le nom de l’ancien étudiant qui s’y réunissait souvent avec Senghor et Pompidou.

Sincérité et surenchère

Mais on commence à assister, lors de la disparition d’une personnalité hors du commun et finalement, à la fin de son existence, très consensuelle malgré son militantisme très marqué, à des sortes de surenchères pour exprimer son affliction, comme dans une sorte de concours à l’émotion dont le gagnant aurait la reconnaissance posthume de la personnalité.

Et, dans ce cadre, la demande au Panthéon fait bien. Cela fait mode et, surtout, cela fait subtil.

Ainsi, Ségolène Royal est parmi les premiers à demander l’entrée au Panthéon du poète comme « éminent symbole d’une France métissée ».

Le député centriste (et maire de Drancy) Jean-Christophe Lagarde (que j’apprécie par ailleurs) a également demandé cette "panthéonisation" par une lettre adressée à Nicolas Sarkozy où il évoque « l’humanisme actif et concret » d’Aimé Césaire.

Le député socialiste Victorin Lurel, président du Conseil régional de Guadeloupe et l’historien Claude Ribbe lui ont emboîté le pas.

Répondant très vite (sur RTL), la ministre de la Culture, Christine Albanel, a même donné son accord de principe, car « Césaire aurait certainement sa place au Panthéon, qui rend hommage aux grands hommes qui ont servi notre patrie » tout en restant prudente en laissant l’initiative à Nicolas Sarkozy : « une décision, évidemment, qui doit être prise au plus haut niveau ».

Panthéoniser, pour quoi faire ?

Je ne doute évidemment pas de la sincérité des demandes, mais je ne doute pas non plus de leur ego suffisamment habile pour vouloir l’associer au destin d’un grand homme.

Le discours d’André Malraux lors du transfert des cendres du résistant Jean Moulin reste à jamais gravé dans la mémoire de la République française.

Sorte de sanctuaire républicain qui accueille les canonisés de la République, le Panthéon est une sorte d’exposition des personnalités françaises marquantes.

À qui cela sert-il ? Aux disparus dont le corps est de toute façon réduit en poussière dans l’humilité du deuil... ou aux vivants ? Pourquoi vouloir faire resurgir une sorte de vague religion républicaine ?

Ne faudrait-il pas plutôt gratifier les vivants méritants ? Les honorer et les aider dans leurs engagements pour réaliser encore d’autres actions bénéfiques à la République plutôt que de se tourner sans arrêt à son livre d’images d’Épinal ?

Ce ne sont que des questions évidemment.

Humilité et enracinement

J’ai cependant la nette impression qu’Aimé Césaire, qui n’a pas semblé vouloir de l’Académie française (le jour même de sa mort, elle élisait l’évêque d’Angoulême, Mgr Claude Dagens, au fauteuil de René Rémond) dans laquelle son ami Senghor avait siégé (au fauteuil occupé maintenant par Valéry Giscard d’Estaing), était avant tout un homme humble et enraciné, attaché à sa terre martiniquaise, et qu’il n’aurait eu aucune envie de cette proposition presque indécente.

Il sera enterré sans cérémonie religieuse. Évitons toutes les cérémonies religieuses.

Laissons Aimé Césaire désormais reposer en paix chez lui et parmi les siens.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2008)

Pour aller plus loin :

Quelques textes d’Aimé Césaire à goûter avec saveur.

Documents joints à cet article

Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours ? Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours ? Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours ? Disparition : Aimé Césaire au Panthéon ou le bal des vautours ?

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16 réactions à cet article    


  • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 18 avril 2008 17:35

     

    Article qui réagit à l’actualité et qui rappelle brièvement que " la négritude" c’est une sorte de « fierté d’être nègre ». A partir de ce constat les lecteur sur AgoraVox ont un élément de réflexion et de débat sur les thèses que défendait cet personnalité politique martiniquaise et qui était aussi écrivain.

     

     

    Le mot " négritude " a pour racine le mot " nègre ", mot de langue portugaise, qui est actuellement souvent perçu comme péjoratif en français mais qui en portugais signifie noir. Est-ce qu’en langue française on peut alors utiliser comme équivalents des mots comme " blackitude ", " schwarzitude ", " noiritude " etc ?

     

     

    Par rapport au concept défendu par " la négritude " peut on aussi s’attendre à ce que des citoyens défendent le concept de " la blanchitude " par exemple ? 


    • docdory docdory 18 avril 2008 17:47

       @ Sylvain Rakotoarison

       

      Tout à fait d’accord avec vous pour m’étonner de cette nouvelle " Césairomania " posthume .

      J’ai l’impression qu’on en fait quand même un peu trop à la mort d’Aimé Césaire . Personnellement , j’ai été sidéré que son décès ait été , ce matin , quasiment la seule question d’actualité traitée par France -inter . Cela témoigne encore une fois du décalage profond qui existe entre les médias et ceux qui les écoutent .

      J’ai demandé à plusieurs personnes de mon entourage s’ils avaient déjà lu du Aimé Césaire . Plus des trois quarts n’en avaient jamais entendu parler , et personne de ma connaissance ( à commencer par moi , bien que j’en avais déjà entendu parler ) , n’a jamais lu une seule de ses oeuvres ! ( Il faut dire que l’immense majorité des gens , lorsqu’ils lisent de la littérature , lisent des romans et non de la poésie , ce qui explique cette méconnaissance ) .

      Alors , laissons donc cet homme être enterré sous le soleil de Martinique , et non dans la fraîcheur austère du Panthéon !

      Il serait intéressant qu’Agoravox lance un sondage en deux questions :

      1°) Aviez vous entendu parler d’Aimé Césaire avant sa mort ?

      2°) Avez vous déjà lu des oeuvres d’ Aimé Césaire ?

      J’en lirai peut-être un jour , si j’ai le temps , mais on ne peut pas tout lire !

       

       

       

       

       

       


      • impertinent3 impertinent 18 avril 2008 18:38

        Moi, ce qui me gêne beaucoup, c’est la récupération dont A. Césaire fait l’objet. Entendre son éloge dans la bouche d’un Fillon ou d’un Sarkozy, c’est à vomir.

        Il font l’éloge de quelqu’un qu’ils n’auraient pas hésité à descendre le cas échéant.

        Ils font l’éloge d’un homme engagé, profondément engagé à gauche et pas d’une gauche caviar à la DSK, Royal ou Jospin (je ne peux pas tous les citer, ce serait trop long), mais d’une gauche révolutionnaire.

        lls font l’éloge d’un homme qui s’est toujours battu contre l’exploitation de l’homme par l’homme, à commencer par l’une des plus grande injustice, le colonialisme et le racisme.

        Ils font l’éloge d’un homme qui rêvait de détruire ce qu’ils rêvent de consolider : le néo-libéralisme, la paupérisation de la plus grande partie de la population. La précarisation du plus grand nombre pour mieux dominer.

        Alors, comme je le disais en préambule, ils sont à vomir.


        • daniel 18 avril 2008 20:07

          Je ne sais pas si Césaire aurait accepté cette idée de Panthéon. Ce qui est certain c’est qu’il a toujours détesté la France, l’Occident (voir les phrases sur "le plus haut tas etc..." qui raméne à l’obscénité comptable victimaire et vindicative- d’autant que l’occident visé a un visage précis : l’homme blanc coupable de tout, peint en prédateur nature.

          Mais il ne viendrait à personne (j’espére) de porter au Panthéon un homme dont le grand mérite aurait été de prôner la "blanchitude" , de vitupérer des excommunications contre tel ou tel peuple , par exemple celui de Shaka Zoulou ou des rois du Bénin , qu’il jugerait juchés sur les "plus hauts tas de cadavres et d’esclaves de l’humanité"...

          Quand à "l’éminent representant d’une France métissée" c’est une plaisanterie douteuse. Il pronait la "fierté noire" Césaire. Pas la fierté métisse, ou la fierté du partage ou de l’amitié.

          Ou simplement la fierté d’être un homme qui fait ce qu’il pense devoir faire et vit en respectant les autres hommes en les considérant comme ses semblables.

          Je ne nie pas l’importance, le rôle qu’a pu jouer Césaire en Martinique.

          Ceci dit des gens comme LePen , Marchais, ont joué des rôles politiques aussi importants. A mes yeux celà ne justifié pas le Panthéon .

          Quant à l’hypocrisie de nos politiques prêts à jouer les paillasses et les récolteurs de crachats pour quelques votes , c’est sans doute le plus navrant. D’autant que l’ami de Cesaire , Senghor a été carrément méprisé par les mêmes...

           

           

           

           

           

           


          • Innsa 18 avril 2008 20:32

            Un article sur un homme noir, tous les pseudo intello de bas etage sortent : Oui negritude, blanchitude,blackitude ; merditude... quelle intelligence !

            Vous avez trouvé ca tout seul ?

            Commencez d’abord par lire et comprendre l’oeuvre de l’écrivain qui S’IL AVAIT ECRIT UN SEUL MOT ANTI-BLANC, ca se saurait, et il serait taxé non de poete, mais de raciste ou d’incitateur a la haine raciale (comme il se devrait d’un tel homme)

            Comme ce n’est pas le cas, il suffit de lire ses textes pour le savoir !

            Merci donc de le lire, et ensuite de poster des commentaires


          • Jacinto Lopera 18 avril 2008 20:28

            Discours sur le colonialisme : Aime Cesaire

            "...et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XX siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, ...qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’inde et les nègres d’Afrique."

            • Innsa 18 avril 2008 20:43

               

              Savez vous que « la déclaration universelle des droits de l’homme » au moment de son écriture excluait l’homme noir ? il s’agissait uniquement d’égalité entre homme blancs !

              C’est seulement après la seconde guerre mondiale qu’on a songé a inclure dans l’espèce humaine les noirs et leur appliquer également les droits de l’homme ?

              L’extrait que vous avez publié fait partie d’un texte plus long qui dénonce ce fait !

              Merci donc de l’avoir publié


            • Jacinto Lopera 19 avril 2008 08:22

               

              Jules Ferry :

               

               

               

               

              « ......... les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races Inférieures ».
              Pour finir avec cette phrase la défense de ses campagnes colonisatrices devant l’assemble nationale française le 28 juillet 1885 :
              « Qu’a l’évidence la déclaration des droits de l’homme n’a pas été écrite pour les Noirs de l’Afrique équatoriales bien sur ».

              • Innsa 19 avril 2008 09:52

                Je vous conseille fortement le livre d’Odile Tobner « Du racisme français, quatre siècles de négrophobie »


              • Jacinto Lopera 19 avril 2008 09:34

                Dans tous ses hommages de la société française, du gouvernement à Aimé Césaire il y a beaucoup de HIPOCRESIE de notre part, nous les occidentaux.


                • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 19 avril 2008 10:51

                  Merci de vos interventions.
                   

                  Hier, une dépêche indique que la famille semble plus attachée à ce qu’Aimé Césaire repose près des siens.
                   

                  Le Panthéon doit-il devenir la dernière demeure d’Aimé Césaire ? Alors que le poète antillais n’est pas encore enterré dans sa terre natale, les obsèques nationales ayant lieu dimanche prochain, un certain nombre de personnalités françaises ont très vite donné leur sentiment sur la question. Première à réagir et à lancer le débat, Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes qui a prévu de se rendre à l’enterrement a demandé dès jeudi après-midi l’entrée d’Aimé Césaire dans le tombeau des grands hommes. Le député-maire de Drancy (Nouveau centre) Jean-Christophe Lagarde, a fait une requête en ce sens, dans une lettre au président Nicolas Sarkozy. Dans la soirée de jeudi, la ministre de la Culture Christine Albanel a affirmé que "c’était une très belle idée". L’auteur du "Cahier d’un retour au pays natal" avait "tous les titres, de par sa personnalité, son oeuvre et son message pour figurer au Panthéon", a jugé la ministre. Avant d’affirmer, dans le Parisien-Aujourd’hui en France de samedi qu’il n’est "pas évident" que le poète "ait souhaité quitter sa terre, même pour le Panthéon".
                   

                  Vendredi matin, ce fut au tour de François Bayrou de réagir sur le sujet. Le patron du MoDem a estimé au contraire qu’il valait mieux "laisser dormir" le poète martiniquais "sous le soleil de Martinique". "Pour ma part, je laisserais Aimé Césaire dormir au milieu des siens, dans la terre et sous le soleil de la Martinique qu’il a tant aimée", a souligné le patron du MoDem. "La famille bien entendu et le gouvernement décideront", a-t-il toutefois souligné.


                  Pour l’Elysée, "l’ heure est au recueillement"



                  Sur place depuis jeudi, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer a donné son sentiment vendredi matin sur France Info, affirmant qu’il "n’avait pas l’impression que la famille du poète souhaitait qu’il soit enterré ailleurs que sur ses terres, après s’en être entretenu avec eux". "Quoi qu’il en soit, c’est une décision qui revient au président de la République après discussion avec les familles", a également précisé l’entourage d’Yves Jégo.

                   

                  Joint par LCI.fr vendredi en milieu de journée, l’entourage de Nicolas Sarkozy a estimé "que l’heure était avant tout au recueillement et à l’hommage national à un très grand homme. Le débat s’est emballé mais sur ce genre de sujet, la décision revient aux proches du défunt et le président rencontrera la famille d’Aimé Césaire". L’Elysée n’a prévu de faire aucune déclaration en la matière et prépare le déplacement du chef de l’Etat en Martinique où se rendront également de nombreux chefs d’Etats ou représentants de pays d’Afrique.
                   

                  http://aliceadsl.lci.fr/infos/france/politique/0,,3824635-VU5WX0lEIDUzNg==,00-cesaire-pantheon-politiques-divisent-.html


                  • Fergus fergus 19 avril 2008 11:49

                     Il est amusant de voir Sarkozy se répandre en hommages envers Césaire dont il loue les multiples qualités et l’engagement. Des qualités et un engagement que le Martiniquais a depuis toujours mis au service des démunis et des opprimés, au contraire de son nouvel admirateur, beaucoup plus enclin à favoriser ceux qui sont déjà nantis et à sabrer dans les aides à ces mêmes démunis.

                    Un Sarkozy, plutôt lecteur des Bidochons, qui a récemment découvert, probablement grâce à une fiche de Guaino, que Aimé Césaire était aussi un grand poète et l’intellectuel de la « négritude », concept partagé avec son ancien condisciple de Louis-le-Grand Léopold Sédar-Senghor, autrement dit un homme à mille lieues de l’univers de notre égocentrique et superficiel président.

                     


                    • fouadraiden fouadraiden 20 avril 2008 00:07

                       

                       c’est là sans doute une conséquence de la conditions des Nègres dans leurs rapports aux "Blancs" : un pequenot culturel , président des tous les Français, rendant hommage à un Nègre, dont l’oeuvre est un témoignage de la détresse des siens.quelle situation !

                       

                       tt ce cit démontre combien , et la demande de panthéoniser un Nègre parmi des Blancs en est la parfaite illustration , les Noirs restent tributaires de l’estime de quelques Blancs.l’inverse demeure évidemment inconcevable.

                       

                       la négritude pourtant exigerait de changer cela, car les Noirs , du moins leur émanciation , n’a pas pour condition l’hommage des Blancs.

                      il est étrange de voir les politiques se bousculer alors que les Noirs français restent majoritairement exclus.sans doute encore là un effet de la discrimination positive ou du rôle positif de la colonisation. hommage à un Noir au étriment de tous les autres. 

                      où est la foule française, la blanche bien sùr ,pas la nègre ? car à part les Noirs concernés , qui connaissait l’oeuvre du petit Nègre ?

                       

                       

                       


                    • moebius 20 avril 2008 04:23

                       Qui osera dire que Césaire n’avait plus de lecteur ? et qui seulement le connaissait ? D’aprés le rien que j’en ai lu, j’ai le sentiment que Césaire était partagé, cruellement partagé, écartelé entre le désir d’étre reconnu par une culture qu’il ne reconnaissait pas mais qu’il appréciait tout en se référant a des racines... et qui .. et que... la richesse de son oeuvre tient sans doute dans toutes ces contradictions vécus douloureusement, son humour, son intelligence, sa sagesse aussi... mais je ne le lirais pas pour autant, a quoi bon ! parce que j’ai compris que pour moi et la génération actuelle, s’ il y a des différences de couleur de peau, celles ci, blanche ou noire n’engagent pas tout l’être. 


                      • la fee viviane 20 avril 2008 15:43

                        Que Ségolène Royal soit au nombre des personnes qui rendent un hommage à Aimé Césaire est une évidence, il était de gauche, du côté des opprimés, des discriminées de toutes sortes. il s’était rangé de façon sans équivoque du côté de la candidate pour les élections présidentielles. Que des personnes de gauche y aillent aussi, pas de problème, mais tout ce battage à droite, Je crois que cet homme qui aimait par dessus tout son pays, n’avait que faire de l’hommage posthume et médiatique d’un homme blanc de droite. il avait souvent évoqué la discrimination des femmes et la comparait à celle faite aux noirs. Il étaient de ceux qui avait appuyé le vote des femmes en 1945, car dans notre pays, les noirs ont eu le droit de vote, à condition d’être des hommes avant les femmes !! A bon entendeur salut.


                        • chmoll chmoll 20 avril 2008 18:13

                          z’ont font un d’bazard pour un pouète qui vient d’mourir !!

                          en v’la un creer par chmoll, ouai ouai

                          quand j’etais petit

                          je n’étais pas grand

                          je montrais mon cul

                          à tous les passants

                          heu croyez que j’vais finir au pantheon avec ça ?

                           

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