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Accueil du site > Actualités > Politique > Distinction objective de la gauche et de la droite

Distinction objective de la gauche et de la droite

Ce qui rend le débat politique français stérile, c’est qu’il baigne en permanence dans un océan de considérations morales souvent simplistes. Ainsi, la plupart des gens qui se disent de gauche estiment que le but de la droite est uniquement de favoriser les riches aux dépens des classes populaires tandis que la majorité des personnes de droite pensent que la gauche est incapable de gérer le pays puisqu’elle ne pense qu’à dépenser. Bref, l’immoralité pour les uns et l’incompétence pour les autres, tel semble être le coeur du débat politique français. Pourtant cette thèse ne résiste pas à l’examen des faits : plusieurs conquêtes sociales ont été réalisées sous des gouvernements de droite qui, s’ils cherchaient simplement à faire plaisir aux riches, n’auraient aucune chance de se faire élire tant ses derniers sont minoritaires. De l’autre côté, si on regarde l’évolution des performances économiques de la France (essentiellement le déficit et la croissance) au cours de ces dernières années, on observe que les gouvernements de gauche ont des performances au moins comparables à celles de la droite.


Une autre approche, qui vient de l’utilitarisme économique, serait de dire que chaque individu se détermine en fonction des intérêts qu’il a à voter pour tel ou tel parti. Le but des responsables politiques serait alors de coaliser suffisamment de groupes d’individus pour obtenir la majorité. On aboutirait à une sorte de lutte des classes qui aurait au moins le mérite d’être parfaitement rationnelle. Cependant, on n’observe rien de tel quand on analyse la composition des électorats des grands partis politiques : tous possèdent une base populaire importante et trouvent le soutien d’une partie des classes plus favorisées. Bien entendu, un certain déterminisme social subsiste, on trouve ainsi plus d’ouvriers au PS qu’à l’UMP et plus de chefs d’entreprise à l’UDF qu’au PCF, mais ils sont beaucoup plus nuancés qu’on pourrait le croire au premier abord.

La principale raison à cette situation, c’est que les grands partis républicains, quand ils sont au pouvoir, recherchent davantage un optimum social que la satisfaction de revendications catégorielles. Les Français ont en effet horreur du clientélisme, du corporatisme et du communautarisme ; ils ont, contrairement à ce qu’on entend souvent, largement conscience de ce qu’est l’intérêt général. La première chose à faire pour aller plus loin dans le débat politique que de s’en tenir à des jugements moraux simplistes et erronés est donc de faire sien le postulat suivant  : le but des principaux partis politiques est d’améliorer le bien-être de la population.

Cette formulation est suffisamment vague pour permettre de distinguer la droite de la gauche. En effet, chaque camp à des opinions différentes sur les objectifs à atteindre pour augmenter ce bien-être et surtout sur les moyens d’y parvenir. Dès lors, un débat politique serein peut s’installer, valeurs contre valeurs, méthode contre méthode. On en revient toutefois à l’interrogation initiale : qu’est-ce qui distingue les gens objectivement de droite des gens objectivement de gauche ? Selon moi, il s’agit principalement de la place accordée à la responsabilité individuelle face à la responsabilité collective.

Si on schématise, à droite on pense que c’est l’individu lui-même qui est responsable de ses réussites et de ses échecs tandis qu’à gauche on pense que c’est le contexte social qui prévaut. A partir de là, les principales oppositions politiques deviennent plus claires : la gauche réclame un Etat social fort, qui mutualise les risques, qui répartisse les richesses pour combler les inégalités sociales tandis que la droite estime qu’il faut encourager ceux qui prennent des risques et laisser aux individus la responsabilité de s’assurer face aux aléas de la vie par le biais d’organismes privés. Pour le dire autrement, on pourrait affirmer que ce qui distingue le plus la gauche de la droite aujourd’hui, c’est leur degré d’adhésion à la sociologie et notamment la distinction qui existe entre corrélation et causalité.

Prenons un exemple simple, on observe qu’une certaine partie de la population a un taux de chômage plus important que la moyenne nationale. L’interprétation 100% de gauche est de dire qu’une ou plusieurs des caractéristiques de ce groupe sont des handicaps sociaux (discrimination par exemple) qui sont la cause de leur faible taux d’activité. A l’inverse, l’interprétation 100% de droite est de dire que ce groupe possède des propriétés intrinsèques qui font qu’il est moins productif que le reste de la population, ce qui explique son fort taux de chômage. Aucun de ces deux raisonnements ne peut être considéré comme faux sur le plan de la logique, il traduit simplement le fait qu’à partir de la même corrélation observée, il y a deux manières d’envisager la causalité (de la société vers le groupe ou du groupe vers la société).

Bien entendu, peu de gens sont complètement de gauche ou complètement de droite au sens où je l’entends ici, il n’en reste pas moins qu’un engagement politique réfléchi résulte selon moi avant tout d’une certaine vision de l’homme et de sa capacité ou non à s’affirmer face au contexte. L’histoire des individus joue un rôle crucial dans la construction de cette vision de l’homme. Plutôt que de devenir qui on est, on est ce qu’on est devenu. Pour illustrer ce propos, j’aimerais m’arrêter sur deux catégories complètement opposées, une de gauche et l’autre de droite. Les premiers, qu’on pourrait appeler la "gauche caviar" (au sens noble du terme) sont ceux issus d’un milieu aisé qui ont choisi le camp d’une classe sociale qui n’était pas la leur. Une des motivations possible de ce choix peut être une sorte de culpabilité d’avoir profité d’une situation favorable sans l’avoir pleinement mérité, c’est-à-dire admettre que sa responsabilité et son mérite individuel n’a pas joué un rôle crucial dans la détermination de son niveau social. Face à eux, on trouve des personnes issues d’un milieu modeste, qui ont réalisé une forte ascension sociale et qui ont choisi un camp qui n’était, là non plus, probablement pas le leur au départ. On peut justifier ce choix par simple opportunisme si on en reste à l’opposition gauche/droite héritée de la lutte des classes,. Je pense plutôt que ce qui justifie cet engagement, c’est que ces personnes sont persuadées que, si elles ont réussi malgré leurs handicaps initiaux, c’est que la réussite individuelle tient avant tout du mérite et de la volonté personnelle, pas du contexte social.

Ce qui vient complexifier cette équation politique, c’est que d’autres facteurs que la simple opposition gauche/droite (telle que nous l’entendons en France) interviennent également dans l’engagement politique. On peut ainsi citer l’opposition entre le progressisme (assez proche du libéralisme) et le conservatisme. Pour moi, ce dualisme est très largement indépendant du clivage gauche/droite tel que je l’ai défini. On peut ainsi trouver des libéraux et des conservateurs à gauche comme à droite. La France a ceci de particulier que les libéraux économiques sont souvent conservateurs sur le plan des moeurs et réciproquement, pourtant, dans beaucoup d’autres démocraties (aux Etats-Unis par exemple), c’est cette tension libéralisme/conservatisme qui est au coeur du débat politique. D’ailleurs, en anglais, liberal signifie "de gauche". On touche là à la principale spécificité française : alors que dans de nombreux pays c’est autour de la question de la liberté que se déterminent les principales forces politiques, chez nous c’est le débat autour de l’égalité qui prévaut. Comme l’a écrit Tocqueville, la France a la passion de l’égalité, ne pas en être conscient, c’est ne rien comprendre à notre pays.


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21 réactions à cet article    


  • Jean MOLO (---.---.136.74) 29 janvier 2007 12:03

    Jean MOLO, élu local, donne son explication sur le rapport gauche droite, selon la théorie des ensembles , c’est ici : http://www.dailymotion.com/video/x1265i_sex-politique-et-parite


    • Julot (---.---.230.84) 29 janvier 2007 20:40

      Historiquement, on pourrait ramener le débat à « qui croit en Dieu » et donc à une affaire de morale. Pour la gauche, l’homme est bon et pervertit par la société. Pour la droite, l’homme doit s’améliorer et il est responsable de chacun de ses actes.

      Cette analyse permet le plus souvent de dissocier qui est de droite ou de gauche, ainsi que l’orientation des medias ou des institutions.

      Exc, la justice avantage le coupable au détriment de la victime. C’est que le coupable n’en est pas un. La justice est donc de gauche en France.

      Pour le reste, je suis assez d’accord avec la définition posée dans l’article et j’en félicite humbnlement l’auteur.

      Le hic, c’est qu’en France il y a une profonde méconaissance économique. Ce qui explique les enfantins « la droite c’est des gros patrons riches ».

      Et un individualisme égoiste qui explique le « j’en ais rien à foutre de mon prochain ».


    • jlouis (---.---.226.28) 30 janvier 2007 11:17

      Bravo a l’auteur pour cet excellent article.

      Je voudrais l’illustrer en citant l’exemple d’Alternative Liberale (http://www.alternative-liberale.fr). Nous nous positionnons non pas sur un axe gauche-droite. En effet, nous sommes pour plus de liberte individuelle (depenalisation des drogues douces, alignement du mariage sur le pacs, respect de la propriete prive, choix de sa secu, de sa retraite, etc.) et aussi plus de liberte economique (simplification de l’administration fiscale, diminution des charges, remplacement des allocations par un revenu d’existence identique pour tous, etc.) Voir pour plus de details le programme d’Alternative Liberale (http://www.alternative-liberale.fr/chantiers/programme.htm)

      Notre parti ayant 9 mois d’existence, nous constatons que nos adherents viennent d’un peu tous les horizons. Nous constatons qu’environ 50% des adherents/sympatisants viennent de droite et 50% de gauche.

      Non, vraiment, nous ne pouvons nous situer sur un axe droite/gauche. Nous nous opposons en fait au conservatisme et a l’etatisme, a toute forme de corporation et de privilege.

      privilege ?

      par exemple nous sommes contre le fait qu’un professeur agrege fasse 15h de cours par semaine pour un salaire plus important qu’un professeur certifie qui lui effectue 18h de cours.

      Nous sommes contre le fait qu’un fonctionnaire paie moins de charge sociale qu’un employee du secteur prive, et beneficie d’une meilleure retraite. Plus globalement, nous sommes contre le fait que le statut de fonctionnaire soit different de celui d’employe prive.

      Nous sommes contre les corporatismes tel que celui de l’ENA, de polytechnique ou des Ecoles Normales Superieures.

      Nous sommes aussi contre la professionalisation des elus politiques : nous sommes donc contre le cumul des mandats, mais encore plus : contre le fait de faire plusieurs mandats consecutifs.

      Nous sommes contre le fait que l’etat s’occupe de gerer nos moeurs, et la facon dont nous gerons notre argent.


    • Vive la République Vive la République 29 janvier 2007 13:31

      Comme d’habitude, je profite de ces commentaires pour faire de la pub pour mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com qui est très bien (si si je vous jure) et sur lequel vous retrouverez d’autres réflexions générales sur la vie politique et sur la campagne présidentielle.


      • (---.---.155.99) 29 janvier 2007 14:18

        Limiter le champs d’observation politique a un debat droite-gauche est deja favoriser une thèse : celle de la gauche longtemps uniquement marxiste et qui ne voit en face que LA droite.

        Or, bien avant que la gauche s’invente plurielle, la droite l’etait.

        Il y a une droite nationale, souverainiste,centralisatrice , autoritaire qui privilegie toujours ce qui renforce la France contre ce qui la divise et l’interet general sur les interets particulier. Gaulliste, Lepeniste, bonapartiste, Colbertiste, elle de nombreuses occurences. Hiers sous le controle du RPR, cette droite est desormais de plus en plus clairement revendiquée par le FN. Il faut dire que les renoncements des gaullistes a leurs valeurs est evident et que ce n’est pas le recul de Mam et la desertion de Dupont Aignan de l’UMP qui viendront me contredire...

        Il y a une droite chretienne democrate, humaniste et sociale. Elle n’oublie pas ceux qui sont tombés en route et leur tends la main. Non dans une politique de justification de l’assistanat a vie, mais dans une logique du "aide toi et le ciel (et nous) t’aiderons). Paradoxalement Rocard est le plus bel exemple de cet esprit avec le RMI et sa dimension d’insertion revendiquée au depart. Aujourd’hui, c’est clairement l’UDF son heritière.

        La troisieme droite est historiquement ...la gauche. C’etait les liberaux qui au depart ne defendaient pas que les libertés economiques, mais aussi TOUTES les libertés.

        Donc reduire les droite a UNE droite, plutot liberale est un contresens et une reduction. C’est neanmoins compatibles avec les thesards de l’UMP, parti unique des droites.


        • (---.---.155.99) 30 janvier 2007 09:32

          Oupss, j’avions oublié de signer

          Non666


        • t-h (---.---.4.54) 29 janvier 2007 15:17

          Bon article qui offre matière à réflexion et à débat. Je trouve qu’il est utile de recadrer ces idées lorsque aujourd’hui on se fixe plutôt sur les personnes. Il est important de savoir ce que le parti de chacun représente et le poid qu’il va avoir dans les décisions d’un gouvernement.


          • Gwendal (---.---.73.200) 29 janvier 2007 19:18

            Article objectif et qui prend de la hauteur sans toutefois être trop intello. L’exercice est difficile. Bravo.

            Pour commencer, je dirais que je suis d’accord avec Tocqueville, sous réserve qu’il s’agisse d’égalité républicaine, c’est à dire pas de privilèges. D’accord aussi sur les comparaisons gauche droite, quoique j’aurais donné plus d’importance aux aspects historiques, républicains, etc.

            La comparaison du paysage politique français avec les bipartismes américain et britanniques que fait l’auteur de l’article est très pertinente. Mais cette analyse présuppose le bipartisme comme un fait acquis, ce qui est loin d’être le cas. Peut-être la montagne que S. Royal proposait de gravir est elle une façon d’évoquer cette question.

            Sur les bipartismes évoqués, on remarquera qu’aucun ne se définit clairement par rapport au libéralisme, même si chez nous le libéralisme est plutôt connoté à droite, et chez les anglo-saxons à ce qui pour eux serait de gauche.

            Disons qu’en France, si bipartisme il y a, il s’agit d’un bipartisme artificiel, découlant plus de notre mode de scrutin majoritaire que d’idéologie. On pourrait se demander, quid de la proportionnelle par exemple.

            Dans une nation moderne convertie à l’économie de marché (excepté la gauche antilibérale), on peut classer les questions politiques pertinentes en deux ordres :

            Le premier est quantitatif et renvoie à la question posée du plus ou moins d’état. Cette question primordiale concerne l’exécutif. (Un keynésien dirait : peu d’état quand l’économie va bien, plus d’état quand ça va mal), et renvoie au fait majoritaire déterminé démocratiquement : bipartisme, fait majoritaire, alliances, etc.

            Le second ordre, évidemment est qualitatif : il s’agit du mieux d’état dans le cadre fixé par le premier ordre. Cet ordre concerne le législatif : quel état ? Cette question renvoie à l’intérêt de la nation, au consensus (droite gauche), à l’expertise, à la consultation populaire (référendum).

            Mais ceci présuppose une vie politique mature, ce qui est loin d’être établi.


            • julien (---.---.52.224) 29 janvier 2007 19:34

              Je ne trouve pas cette vue réductrice. Au contraire, même s’il est vrai qu’en grattant sur le vernis de la gauche et de la droite unis, on distingue de nombreuses divergences d’opinions et visions pour la France.

              Je ne suis toutefois pas tout à fait d’accord avec le postulat ennoncé. Certe le but des Partis est d’améliorer la vie des Français, mais ce n’est pas toujours le but premier des candidat présentés par ces partis. Derriére les idées il y a des hommes.

              Un des dangers de la politique actuellement, en dehors d’une campagne plus médiatique que politique, c’est l’utilitarisme dont vous parlez mais dont vous diminuez l’importance.

              De plus vous négligez certaines différences importantes entre la gauche et la droite, même si vous mettez bien en lumiére la principale.

              Je pense que ce type d’article est extrément positif car il améne le lecteur à dévelloper une vision globale. Il faut dépasser le vote du charisme, de tradition familliale ou de classe, pour concevoir l’intérêt général comme but.

              Et la dessus un grand travail est à faire. Des camps hummanito-militaires, des boucliers fiscaux renforcés... il est assez dommages que ces propositions et leur adhésion découle plus souvent de relent idéologiques que d’une réflexion murement réfléchie.

              Chaque citoyen devrait avant d’aller voter oublier ses convictions passés, son statut social, ou l’apriori que lui donne un candidat.

              Chaque citoyen devrait réfléchir sur les roles et les fonctions qu’il pensent incomber à l’Etat, et en fonction de cela et du positionnement des partis sur ces sujets, se décider.

              Chaque citoyen devrait opposer vision contre vision, projet contre projet, loi contre loi, et se décider en totale connaissance de cause.

              Cela peut sembler évident pour certains, mais rares sont ceux qui font réellement cette démarche.

              Avez vous derniérement consulté le programme du parti communiste avant de vous prononcer pour Nicolas ou Ségoléne ? Vous n’êtes pas communiste ? Moi non plus, pourtant l’enjeux et de taille, et chaque candidat mérite une attention importante car nos choix d’aujourd’hui nous engagent pour demain.

              L’acte citoyen ce n’est pas seulement voter, c’est aussi analyser la situation comme une décision à prendre de la plus grande importance.

              Bon j’ai un peu dévié du sujet... On se refait pas. C’était mon appel citoyen du 29 Janvier smiley


              • Flashstony (---.---.14.71) 29 janvier 2007 21:59

                Je trouvé déplorable aujourd’hui de s’acharner à définir un clivage gauche-droite. Votre article le fait bien et je suis d’accord dans les grandes lignes mais j’ai aussi l’impression que là n’est pas le problème.

                Regardez les divers courants écologistes. Certains se revendiquent de gauche, d’autres de droite. Mais ils sont avant tout écologistes ( si si on y croit smiley ).

                Regardez les grands partis. Ils ont des courants, et les sensibilités sur des sujets aussi important que la famille ou le religieux peuvent etre trés trés variées au sein des ces courants.

                On a donc beaucoup d’axes d’orientation politique secondaire. On a un plan politique et non un axe politique. Voire une sphere politique ? Un espace à n-dimension smiley ?

                Si on regarde à l’étranger, on découvrira par exemple qu’en Israel la gauche et la droite se définissent plutot par rapport à la position sur la Palestine. Les considérations socio-économiques sont secondaires, mais ca provoque quand meme une vie politique trés dispersée avec une assemblée tres fractionnée.

                J’ai l’impression qu’en France on évolue de plus en plus vers un changement d’axe principal de référence. La question est de savoir vers quel axe on se dirige, et si on va y arriver sans trop de casse.


                • Vive la République Vive la République 29 janvier 2007 22:16

                  Merci pour toutes ces contributions plus intéressantes les unes que les autres. Laissez moi apporter quelques réponses et compléter certaines remarques.

                  A Julot, je pense que la gauche et la droite pense que l’homme est bon par nature d’une certaine façon. La différence, c’est que la gauche pense qu’il faut l’aider à s’épanouir dans la société alors que la droite pense qu’il faut le protéger de la société, de lui laisser plus de libertés individuelles pour qu’il puisse réellement s’épanouir. La justice n’est de ce point de vue, ni de gauche.

                  A la personne qui dit qu’il y a plusieurs droites, je suis d’accord avec vous même si je ne choisirais pas les mêmes familles que vous exactement. Cependant la question c’est pourquoi ces courants divers se retrouvent (au moins au second tour) et choisisse de soutenir le candidat de gauche ou celui de droite.

                  A Gwendal, je pense que la France est autant divisée gauche/droite que les autres pays. Si les électeurs ont tendance à s’éparpiller c’est parce que le système électoral le permet (au premier tour on choisit, au second on élimine). Cela nous amène au paradoxe suivant : les grands partis sont faibles mais très largement représentés au Parlement car l’élection se fait en deux tours. Je ne suis pas pour changer ce système car la France a besoin de majorités stables et bien tranchées. Pour résoudre le problème de l’éparpillement, la seule solution, c’est de faire comme en Angleterre : un seul tour et le premier arrivé a gagner, là vous pouvez être sûr que le PS et l’UMP feront beaucoup plus de voix.

                  A Julien, vous avez très bien compris le sens de mon article, ce que je cherche à faire, c’est à objectiviser le plus possible l’engagement politique. Pour cela il faut le soustraire à tous les préjugés (familiaux, sociaux,...) qui nous entourent. Peu de gens effectuent cette démarche car comme je l’ai écrit, le débat est souvent caricaturé à une simple question morale.

                  A Flashstony, je suis d’accord que tout ne se ramène pas à un axe droite/gauche, il y a beaucoup de sensibilité politiques différentes, pourtant, au bout du compte, chacun est obliger de se déterminer et doit choisir s’il est plutôt de droite ou plutôt de gauche. Je vais prendre le contrepied de vos deux exemples. Aujourd’hui à quoi assiste t-on autour de l’écologie politique ? Plutôt que de constituer une alternative politique, ce thème est repris par les grands partis, pour le dire autrement, la majorité des gens pensent aujourd’hui que l’écologie est un sujet trop sérieux pour être laissé aux seuls écologistes. En ce qui concerne Israël, je suis en désaccord avec vous, mise à part la dernière élection (victoire de Kadima), les derniers scrutins se sont tous joués sur des questions économiques et sociales. La laïcité est également un thème majeur des campagnes (avec l’opposition Shaas et Shinouï).

                  Encore merci pour vos commentaires.

                  VLR http://vivelarepublik.blogspot.com


                  • Julot (---.---.230.84) 29 janvier 2007 23:12

                    Si on remonte dans le temps de l’analyse droite gauche, on traverse toute sorte d’époque. Quel rapport entre aujourd’hui et les écrits de marcel pagnol par exemple.

                    Au début du siècle denier c’était royalistes contre républicains, etc.

                    Peux-t-on aujourd’hui raisonner sans prendre en compte le monde. Il y a effectivement autant de droites et de gauches qu’il y a de pays.

                    Il faudrait dans ce cas, pour survivre, inventer un nouvel ordre politique, qui assure la défense de l’individu et de aussi de la collectivité.

                    Actuellement, je sent que je système est en train de bouillir. Il y a encore 5 ans, je n’aurai jamais envisagé une telle discussion. La plupart des sujets polémiques etaient abordés uniquement par les extrèmes.

                    Nous pouvons être sur que dans les 10 prochaines années, notre pays va subir des transformations radicales.

                    Bref, cela va être surtout une question de courage et de volonté. Pour le moment nous sommes en train d’établir le diagnostique. Après, il va falloir se soigner.


                  • (---.---.176.127) 29 janvier 2007 22:22

                    ben non.

                    tout c’est des fariboles.

                    Tout simplement, en sortant de l’ENA, on choisit son camp en fonction des perspectives de carrière espérées.

                    La droâte, la gôche, tout ça c’est du bla-bla.

                    jojo


                    • (---.---.206.132) 30 janvier 2007 12:04

                      Il y a aussi opportunisme tout simplement. Il est de notoriété publique qu’à sa sortie de l’ENA Ségolène Royale s’est tournée vers la gauche parce que, la droite n’offrait aucun poste intéressant susceptible d’être rapidement libre.


                      • gem gem 30 janvier 2007 12:20

                        pareil pour Lénine et de nombreux révolutionaires historiques : intelligents et instruits, demandant en vain une place à leur mesure (telle qu’ils l’estimait eux-même) dans l’appareil d’état, ils partent à la conquete de la citadelle... et la renforce une fois qu’elle leur est tomber dans les mains.


                      • castling (---.---.29.218) 30 janvier 2007 12:41

                        Super article. J’aurais mis 50 vote positif si j’avais pu.

                        plus serieusement il serait grand temps de transcender ce clivage franchement obsolete, On pourrait en faire un corollaire de la loi de goldwin uniquement pour la france : une conversation politique mene generalement au bout de quelques minutes a ce clivage. la discussion se retrouve au point mort (d’un cote les riches egoistes de l’autre les faineants assistes).

                        Votre article prouve que l’on peut depasser cette idee sterile.

                        Bvo

                        Salutations

                        Cast


                        • decurion (---.---.240.52) 30 janvier 2007 17:06

                          Sauf quelques exceptions insignifiantes,l’humanité n’a jamais connu d’autre système, que l’exploitation de l’homme par l’homme. Il y a mathématiquement, plus d’exploités que d’exploiteurs, et logiquement il devrait y avoir plus d’opposants au système, que de partisans.

                          Ce qui est flagrant, c’est que bien que ce système perdure et se maintienne depuis des siècles, il n’existe aucun parti politique qui s’en déclare officiellement le partisan.

                          Ainsi donc, ce qui est raisonnablement absurde, est réellement possible.Dans le paysage politique, qui nous entoure, le courant le plus proche de l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est le libéralisme, et il faut bien constater, que malgré le poids dont il dispose, il prend garde à ne pas franchir certains tabous.

                          Le fait est que l’exploitation de l’homme par l’homme, durcit les conditions de cet exploitation, alors qu’officiellement chaque parti politique, entend agir pour le bien du peuple.

                          Ce qui est mathématiquement vrai, c’est qu’un certain nombre d’opposants déclarés au système en vigueur, font exactement le contraire de ce qu’ils prétendent, et le bilan de nos sociétés, à ce jour, en est la preuve concrète.

                          un mensonge n’est crédible, que s’il contient une part de vérité, et pour distinguer objectivement les droites et les gauches, il ne suffit pas de mettre en lumière les parts de vérités qu’elles contiennent, mais de retrouver l’origine du mensonge lorsqu’il existe.

                          Il y a la réalité concrète, et l’image que l’on a de cette réalité.Entre les deux, il y a une alchimie, qui échappe à la volonté du spectateur. De même qu’il y a l’exploiteur et l’exploité, il y a le pouvoir et les administrés.Dans l’idéal, le pouvoir doit répondre à la demande des administrés,La réalité est différente, et le pouvoir est contraint de recourir à des artifices pour se maintenir. Il n’est un secret pour personne, que le pouvoir utilise toute une gamme de recettes pour rester en place. Qu’elles soient sournoises ou brutales, elles existent, et nous les connaissons. Malgré tout, comme si nous étions victimes d’une lobotomie générale, nous occultons cette réalité, alors que ce devrait etre notre principal sujet de préoccupation.

                          Il est de bon ton, de se référer à des valeurs, à des principes, Nous avons des idéaux, des sensibilités, et nous les exprimons,lorsque l’occasion s’en présente, sauf que cette expression, que l’on voudrait libre, passe par le carcan imposé des règles établis.

                          Dés sa sortie du ventre maternel, l’etre humain est littéralement agressé dans le but de modifier sa personalité.Il est évident, que chaque passage au moule de l’éxistence, l’est dans un but bénéfique, n’empêche que lorsque la volonté s’exprime, bien malin celui qui pourrait déterminer dans l’expression, le poids de l’éducation reçue en amont.

                          qu’elle est dans l’évolution de nos sociétés, la part pré-écrite dans nos gènes, et celle issue de la manipulation ?

                          Si j’en juge, un commentaire précédent, etre anti-libéral, implique d’etre pour le mariage homo. Ailleurs, on ne peut etre écologistes, sans etre végétariens, voire même végétaliens.Pratiquement, il n’est plus possible, d’avoir une opinion indépendamment du pré-emballage dans laquelle on l’enferme.

                          Est ce une fatalité, ou un defaut de notre éducation ? Est il logique, que l’entrée sur la scène politique soit subordonnée ou accompagnée d’une intrusion dans la vie privée des individus ? Il faut bien admettre, que le pouvoir corrompt non seulement celui qui l’exerce, mais également ceux sur qui on l’exercent.

                          Si l’on accepte le fait, que le spectacle donné à notre appréciation, est la conséquence d’un jeu d’apparence, il n’y a aucune distinction objective qui puisse etre faite entre la gauche et la droite, dès lors que ces deux tendances sont incarnées par des partis corrompus par l’exercice du pouvoir.

                          Les aspirations émanants des citoyens, ne peuvent pas etre satisfaites, car celà nécessiterait de remettre en question les priorités pré définies.Entre la gauche qui au minimum se fourvoie, et la droite qui va de l’avant, il y a objectivement un point commun, c’est qu’elle permettent de canaliser des espoirs, qu’elles ne sont pas en mesure de concrétiser.

                          Nous savons que le pouvoir, aussi puissant soit il, est trés sévèrement encadré. Les marges de manoeuvres, sont réduites du fait de "contrats’ établis par des institutions non élues. La démocratie, est le type de gouvernement auquel se réfère la plupart des sociétés.Le principe consiste à s’accaparer le pouvoir, en soutenant mordicus qu’il appartient au peuple. C’est une banale escroquerie à laquelle, bon gré, mal gré, nous participons.

                          Dans ce jeu, ou le subterfuge est roi, les « méchants » désignés sont des vrais gentils, et les « gentils » apparents de vrais salauts.

                          Ce qui est clair, dans le scénario proposé, c’est que le libéralisme vaincra, et que l’apogée de l’exploitation de l’homme par l’homme n’est pas atteinte. que ce soit par le baton, ou la raison, l’inéluctable s’imposera.Mais ce qui est sur, c’est que si le bâton intervient, ce ne sera qu’aprés avoir épuisé les ressources de la raison. Il y aura forcemment des bastonnés, mais par cette méthode, on peut espérer, qu’ils ne seront qu’une minorité de paria irréductibles et irrécupérables.

                          Partant du même scénario, il en est pour prétendre, qu’il est possible, de modifier, d’atténuer, de contrer, les méfaits du libéralisme, en mettant ici ou là, un point, une virgule, une parenthèse. C’est de l’escroquerie de bas niveau, avec à la clé des conséquences aisemment prévisibles.

                          Je comprends, qu’en période pré électorale on puisse ressentir la nécessité de remettre les pendules à l’heure, et c’est humain de plaider pour sa paroisse. Sauf que si on veut, réellement parler à dieu, il vaut mieux s’adresser directement à lui et éviter ses « églises ».

                          lorsque toutes les religions, affirment qu’il n’y a qu’un dieu, cela confirme, qu’il n’y a qu’un but, malgré la multitude des chemins. De même lorsque la droite et la gauche, admette comme inéluctable, un fait non advenu, je suis incapable d’imaginer une différence là ou il n’y en a pas.


                          • Gwendal (---.---.73.200) 30 janvier 2007 19:28

                            continuez, n’imaginez pas. smiley


                            • (---.---.156.189) 30 janvier 2007 19:35

                              On comprendra mieux les différences entre la gauche et la droite en lisant les critiques que Nietzsche faisait aux socialistes et au socialisme.

                              Critiques résumées dans cet index :

                              http://perso.orange.fr/Connaissance.ouverte/IN.doc


                              • moebius (---.---.131.4) 30 janvier 2007 23:48

                                Distinctions objectives ? Plutot mythologiques ; Droites mythe de l’individu, gauche celui du collectif... Si ça peut aider ! et à part ça ? ça va comme vous voulez ? Le fond de l’air est frais malgrés la planéte qui fond.


                                • CAMBRONNE CAMBRONNE 31 janvier 2007 11:27

                                  MERCI à l’auteur pour cet excellent article qui recadre bien les différences gauche droite .

                                  Dans la France d’aujourd’hui la différence qui existe entre le PS et l’UMP ou l’UDF , c’est plus ou moins d’Etat, point barre . Pour le reste on trouve plein de clivages à l’intérieur des partis qu’ils soient d’ordre social ou religieux par exemple .

                                  MAM et Ségolène vivent toutes deux « dans le péché » , ce qui aurait été impensable pour MAM à l’époque du Général DE Gaulle et surtout de Tante Yvonne .

                                  Vive la république quand même .

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