Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Donner des leçons, un jeu politicien très tendance !

Donner des leçons, un jeu politicien très tendance !

Voici quelques événements récents, plutôt des paroles et des discours que des actions et autres faits valant pour événements marquants.

Il faut dire que l’époque est à la quête des phrases. Depuis des années, les déclarations ont un impact plutôt phénoménal grâce notamment aux caisses de résonances médiatiques et à l’avènement d’un sujet humain assez typique de notre époque. Le sujet égotique, moral et narcissique. Alors d’un côté, nous avons les susceptibilités réceptrices et de l’autre, les artificiers des blessures affectives. D’un côté on blesse par des phrases pas forcément calculées, et d’un autre côté on s’indigne et tout ce monde bien trop bavard règles ses comptes par les médias interposés qui finissent par croire que la vie se joue en paroles. Qui ignore les propos de Georges Frêche, Pascal Sevran, Jean-Marie Le Pen etc. ? Et parfois des échanges musclés à l’Assemblée assortis d’excuses le lendemain. Un certain Premier Ministre Villepin regrettant d’avoir blessé François Hollande. Tout ceci est du passé qui se recompose régulièrement.

Récemment, le sujet égotique du monde politique se prend à donner des leçons. Trois exemples récents. Christian Estrosi, maintenant maire de Nice et libre de parole vis-à-vis de son parti, se plaît à fustiger régulièrement quelques membres de l’UMP et notamment Patrick Devedjian jugé inutile pour le Président, notamment à cause du récent accident de parcours à l’Assemblée où l’on se demanda où était les troupes qui auraient dues être présentes lors du vote sur la question des OGM. Certains n’auraient pas entendu la sonnette paraît-il. Devedjian aurait dû s’en inquiéter et faire passer un audiogramme à ses Députés, pour un éventuel sonotone en prévision. Estrosi n’en est pas à son premier jugement. Déjà il y a quelques semaines, il jugeait improductif le travail de l’UMP. Bref de quoi agacer et les journalistes de titrer malicieusement, pour mettre un peu d’huile sur le feu, Estrosi flingue encore ses amis de l’UMP. En remettant régulièrement une petite couche. De quoi agacer.

Autre passe d’armes verbales, un bon mot de Jean-François Copé lors d’un plateau télé avec Laurence Ferrari posant une question, somme toute classique, sur le cumul des mandats et Copé de répondre par une attaque ad hominem tout aussi classique et de dire à la pauvre journaliste qu’elle sait aussi y faire question cumul des postes dans les médias, avec une belle carrière. Ensuite, séquence habituelle. Le zapping et une réponse qu’on pourra juger très corporatiste de la part de Jean-Michel Aphatie qui en preux chevalier d’honneur de la profession, se pique de quelques rodomontades contre ce propos jugé ô combien gravissime pour la presse. On le sent à cran Aphatie. On apprend aussi à cette occasion qu’il regarde le zapping, une source d’information impartiale et très objective ! On soupçonne aussi qu’Aphatie s’est senti sérieusement visé, lui qui enchaîne le studio de RTL et le plateau de Canal et qui contre attaque en nous gratifiant d’une lourdingue rhétorique censée nous expliquer que le cumul des mandats, c’est pas pareil que le cumul des emplois.

Un autre fait plutôt inhabituel. Sarkozy, sans doute vexé du couac des OGM, ainsi est désigné ce fameux vote, et agacé par ces fonctionnaires qu’il juge un peu trop visibles, surtout quand ils sont dans la rue, s’est fendu d’une déclaration intempestive dont l’intention, si elle est louable dans le contenu, représente dans la forme une provocation. Bref, par discours et répliques interposées, le bon monde politique règle ainsi ses comptes, sans qu’il y ait une cible définie à l’avance. Il faut snipper sur les affects dès qu’une occasion se présente. Evidemment, les propos du Président ont été perçus comme une gifle par les syndicats. Et sans doute, l’intention y était, venant de l’Elysée. Sarkozy ne nous surprend plus. On s’y est habitué.

Les petites phrases sont anciennes mais récemment, il semble que la provocation, l’invective, le reproche, le jugement, les attaques personnelles, soient devenus plus habituelles. Comme si c’était un mode de communiquer propre à notre époque, par médias interposés. Et dont la forme agressive participe d’une impuissance généralisée du politique à résoudre les grandes questions alors que cela avait été promis. Cette impuissance suscitant de la part des politiciens des agressions à répétition. Mais la presse, elle aussi en mauvais passe, se plaît à pratiquer ce jeu des piques et n’est pas si innocente. Bref, une sorte d’opérette de boulevard se joue, avec des échanges méchants et musclés. On juge, on jure car on ne peut pas conjurer le marasme actuel. En plus, les récents chiffres de la croissance en Allemagne au premier trimestre, 6 % en extrapolation annuelle selon Le Monde, une extrapolation un peu hasardeuse mais qui fait mouche et donc, notre Président qui peine à aller chercher un point se sent mouché. Alors, autant se défouler sur quelques boucs émissaires, quelques têtes, pour préventivement, se défendre contre des analyses sérieuses sur l’impuissance de la France et ses gouvernants.


Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • IMAM ATHEE 17 mai 2008 19:53

    Juste pour signaler que le Tall ci-dessus est un faux.

    Il y a 2 moyens de vérifier : cliquer sur mon pict pour accéder à ma fiche et voir mes anciens posts, et regarder mon ip qui commence en général par xxx.x19


  • La Taverne des Poètes 17 mai 2008 22:36

    Si t’es pas Tall, détale !


  • Marc P 17 mai 2008 14:23

    Oui Bernard,

    ce qui paraît nouveau c’est qu’on règle des comptes personnels ou encore liés à des tensions entre des groupes ou partisans politiques par exemple en public, on ne lave plus son linge sale en famille ou à huis clos...

    Le public par média interposé est pris à témoin ou à partie ; on cherche à s’attirer mensongèrement ou démagogiquement son soutien pour écraser ceux qui font obstacles à des projets personnels d’un groupuscule... de cette façon , le putsh et le contre-putsh à défaut de la révolution sont permanents...

    Des papiers comme le votre sont les bienvenus et salutaires pour démasquer et démonter ces méthodes indignes autant que vulgaires et poplistes...

    (au fait y a t il une omerta sur ce qui est artrivé à Finkielkraut ds riposte il y a 8 jours, la vidéo sur avox ne reflète rien de ce que l’émission a donné à entendre et on ne peut pas la commenter...)

    Cordialement.

    Marc P


    • wiztricks 17 mai 2008 20:30

      Un groupe constitué que ce soit une famille, une équipe d’employés ou les militant d’un parti politique ont une certaine vocation à vivre et à partager pour le meilleur et pour le pire.

      Comme dans toutes communautés, il y a occasionnellement des frictions. Régler ses comptes en public, c’est prendre le risque de blesser, d’humilier et de créer de tels ressentiments que la cohésion du groupe s’en trouve fragilisée. Exclure du groupe de façon punitive et définitive est beaucoup plus sain - pour le groupe.

      La encore, le président qui devrait montrer l’exemple n’a aucune retenue. Il ne faut pas s’étonner que ses lieutenants veuillent se montrer encore meilleur que lui...

      - w

       


      • IMAM ATHEE 18 mai 2008 00:23

        Une fois n’est pas coutume, j’aime assez votre analyse qui me semble plutot pertinente.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès