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Accueil du site > Actualités > Politique > Droit de grève, service minimum et service public

Droit de grève, service minimum et service public

Le cocktail du mois d’août se présente sous la forme d’un faux débat, non, en fait sous la forme d’un débat en bikini, débat extra light, débat régime.

Certes, l’une des mesures phares du programme de Sarkozy et de l’UMP réside dans la mise en place de ce service minimum indispensable pour que deux principes clés de la démocratie soient respectés : le droit de grève et la liberté de travailler.

Presque inutile de le dire, la valeur travail était en danger, nous l’avons compris, Sarkozy, la droite et ses alliés de gauche vont rétablir cette valeur clé de la société. Pour ma part, aucun inconvénient à ce que le travail soir mieux valorisé - je suis comme monsieur Tout-le-monde -, toute peine mérite salaire. Mais le débat est en fait biaisé. Par qui ? Chacun verra la paille dans l’œil de l’autre, et c’est donc des pailles que je vais mettre en évidence.

"Service minimum, pour quoi faire ?" pourrait-on dire tant les gouvernements successifs ont mis en place des solutions alternatives beaucoup plus logiques. Ainsi, l’alarme sociale a permis de réduire le nombre de jour de grèves dans la fonction publique et plus précisément dans les deux sociétés qui posent problème, la RATP et la SNCF, puisque ce sont elles qui sont visées.

Les Franciliens et les "usagers" des transports ferroviaires sont, dans l’ensemble, agacés par la vétusté des trains et des lignes hors TGV, comme si le TGV avait pompé tout le fric et toute la réduction de distance pour laisser se qui se trouve à moins de 100 km de Paris à plus d’une heure de train (hors retards s’entend). Le débat se situerait donc plutôt là, ce serait bien d’avoir un service minimum (c’est à dire un standard acceptable) plutôt que le minimum de service (on se fout du client). Pour les pouvoirs publics, ce débat est moins intéressant puisqu’il implique l’État et les Régions dans l’investissement des moyens de locomotion et dans le fonctionnement.

Service minimum, évidemment, puisque deux "droits fondamentaux" de la société française entrent en collision : le droit de grève et le droit, la liberté, de travail. Deux actions individuelles, puisque la grève est un acte individuel piloté par une assemblée collective qui met en avant l’intérêt des employés (le terme "ouvrier" ne représente plus suffisamment la réalité de l’emploi en France pour cantonner la grève à la catégorie ouvrière), contre l’intérêt particulier de se rendre à son travail sans en être entravé par un mouvement qui ne nous concerne pas, même s’il peut nous toucher.

Or, la dialectique des opposants au service minimum, en tout cas celle qui s’est exprimée à la radio dans les "auditeurs ont la parole", a vite montré que les principaux défenseurs du droit de grève à l’ancienne sont des "fonctionnaires", ardents défenseurs de leurs droits, derniers remparts du droits des salariés du privé (je n’exagère même pas).

À l’écoute d’une telle dialectique, j’aurais envie, par ma plume clavistique, de pourfendre ces malheureux défenseurs d’une autre époque. Je les aurais bien attaqués bille en tête défendant cette idée géniale de s’annoncer comme gréviste ou non-gréviste 48 heures avant la grève, en particulier dans la fonction publique qui n’est pas menacée de licenciement vengeur. D’ailleurs, c’est bien de dire qui va faire grève ou pas 48 heures avant, pour ceux qui sont fonctionnaires, pour les enseignants et pour les cheminots en particulier. En effet, l’époque où l’on habitait dans le même village que ses parents et beaux-parents, frères et sœurs, est révolue, et faire garder les enfants à l’improviste est un exercice fort inconfortable. Il est vrai que ce n’est pas notre confort qu’ils défendent, mais leurs intérêts et les nôtres, nos intérêts fondamentaux, comme si parfois notre confort d’aller travailler n’était pas un intérêt fondamental.

Donc conflit ! Personnellement, j’hésite, grève pas grève, j’attends de voir le dernier moment (dès fois qu’il fasse beau ; à moins qu’une déclaration de dernière minute ne mette le feu aux poudres ; un bon conflit ça laisse des souvenirs ça soude, tout comme 6 semaines passées dans un loft). Concrètement donc, je valide la déclaration 48 heures à l’avance, chacun de toute façon doit savoir ce qu’il va faire, et puis tiens, si je change d’avis je me mets en grève. Ah non, plus le droit ? Bon restons calme, le sujet ne touche que les transports de voyageurs terrestres (mince même pas les profs !).

J’allais oublié le vote à bulletin secret (celui-là même qui fut organisé dans les universités et qui - oh surprise ! - montra que tout le gratin estudiantin n’était pas si favorable que cela au blocage des universités), voilà une très bonne idée. Avant, quand il fallait lever le piquet de grève, les camarades se tenaient bien les coudes et, comme dans toute bonne assemblée, le leader syndical pouvait - dans un silence religieux où chacun palpe la tension de l’autre, par des coups d’œil appuyés - intimer l’ordre moral de suivre la consigne des chefs. Il fallait donc à la question "qui est pour la levée du piquet ?" il fallait, j’y arrive, lever le bras, et, comme on se serre les coudes, ce n’était pas évident (même pour l’abstention qui constitue la deuxième question), les risques de se retrouver au placard comme traître à la cause pour desserrage de coudes étaient élevés. Finalement, donc, le camarade en chef concluait qu’à l’unanimité la grève se poursuivait, les coudes demeurant toujours serrés (et pour certains les dents aussi).

S’il fallait aujourd’hui faire un choix et négocier ce projet de loi (d’ailleurs pourquoi encore un projet de loi ?), je retiendrais la dernière mesure (le vote à bulletin secret), qui est une mesure démocratique dans les rapports entre les employés, syndiqués ou non. Pour le reste, il me semble plus essentiel de responsabiliser tout le monde par des règles négociées entre syndicats et patronat. Le succès d’une grève repose aussi en grande partie sur le soutien de l’opinion publique et du poids que l’on a dans cette grève.

Par contre, syndicats et organisations patronales pourraient lister des thèmes de grève avec des droits concordants, la grève à la japonaise avec affichage des revendications en interne, et visible à l’extérieur pour certains types de conflits, et, pour des conflits dits vitaux, l’arrêt de travail classique.

De nombreux progrès ont été réalisés dans la gestion des conflits au sein des services de transports de voyageurs, pourquoi donc aller au casse-pipe aujourd’hui ?


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40 réactions à cet article    


  • BAERTJC 1er août 2007 10:55

    Ah que c’est beau d’y croire encore..... ! Service minimum pour officialiser le minimum de service. Voilà pour la communication en direction des sinistrés intellectuels précoces sortis de notre système éducatif défaillant. En minimum de service lui aussi. Il faut dire qu’avec des joueurs nains la partie n’allait pas se révéler de haute tenue. Syndicats ultra minoritaires en France (moins de 7% des salariés) et gouvernement aligné sur 1m65. petites vues, petites prises de bénéfice en pèriode de sécheresse plus propice au bronzing qu’à l’agitation neuronale. La France demeure gouvernée par des minorités agissantes (y compris à l’Assemblée dont 467 députés ont été élus à la majorité plus que relative de 35% des inscrits). La France de la frime, du fric....et de la triche va bien. merci pour Elle.


    • jakback jakback 1er août 2007 11:01

      Prenons en exemple les pays nordiques, citer si souvent comme modèle sociale. Interdisons le droit de grève aux fonctionnaires, servir l’état, a ne pas confondre avec se servir de l’état.


      • tvargentine.com lerma 1er août 2007 11:23

        Soyons réaliste et faisons un constat :

        En France,le droit de grêve est inscrit dans la constitution mais les fonctionnaires les plus activistes en ont fait un instrument de pression afin d’obtenir ce qu’ils ne sont pas capable d’avoir par la négociation ou une meilleure participation et l’acceptation des valeurs d’une économie de marché.

        Donc,les otages,c’est les usagers.

        Ensuite vous faites un dangereux parallèle entre le TGV et les lignes vétustes des train en Ile de France.

        Il est bon,ici de rappeler que les non-investissements dans les transports collectifs en Ile de France il y a 10 ans n’ont pas été fait car dans les critères de l’Europe (il y a 10 ans !),les transports publics n’existent plus et ils etaient prévu à la concurrence.

        Pour infos,les socialistes ont approuvés et non pas faient les investissements public régionaux qu’il aurait fallu faire et dont nous aurions besoin aujourd’hui.

        Ils ont du se dire : « pourquoi faire des investissements public,puisque demain cela sera privatisé »

        Ensuite,il conviendrait plutot de supprimer les départements pour constituer de vrais région.

        Exemple en Ile de France,création d’une région Paris Ile de France unique avec de vrais pouvoirs et election au suffrage universel d’un gouverneur de Paris par les habitants de Paris Ile de France.

        Nous aurions donc,une même vision pour tous les habitants de l’Ile de France dans le domaine des transports,au lieu de voir une ultra minorité de gauchiste imposer le vélo et construire un nouveau mur de Berlin autour de Paris,ne pas faire d’infrastructure moderne pour tous.

        Nous n’aurions plus des Paris-Plages,ni des projets démagos mais de vrais investissements dans l’interet public des habitants de l’ Ile de France

        Donc,ici,le droit de grêve est assez secondaire

        C’est avant tout une modernisation de notre société qu’il convient de faire,afin de pouvoir évoluer


        • Forest Ent Forest Ent 1er août 2007 14:47

          Dans le fait de dire : « tous les gouvernements depuis 30 ans ont participé à l’étranglement financier du système ferroviaire », il y a une grande part de vrai.

          J’y mettrai quand même un gros bémol : le lancement par Gayssot en 1997 d’une vague de contrats de plan Etat-Région qui a relancé en partie le transport régional, et que l’UMP a poursuivie ensuite.

          Pour ce qui est de la régionalisation, elle est déjà faite en ce qui concerne les transports. En IdF, c’est le STIF qui décide. Ca n’a rien à voir avec Paris-plage, qui est une action municipale.


        • Djanel 1er août 2007 15:19

          Lerma tu parles comme un socialo « soyons réaliste ». T’invites les autres à réaliser ce que tu ne peux pas, tout en y participant avec le mot« nous »

          Boileau ma frase est-y bonne ?


        • BAERTJC 1er août 2007 16:04

          Evoluer facile à dire....dites nous un peu comment vous verriez les choses positivement. Certains disent.. ;les fonctionnaires au boulot, grève interdite puisqu’ils ne courent aucun risque...d’autres disent...il faut que les travailleurs, les travailleuses, exigent des patrons plus de fric et moins de boulot, en faisant grève on obtient déjà moins de boulot....et enfin, les chinois et d’autres pays émergents de l’Asie Pacifique disent...ils sont« cons » ces français, ils pourraient bien produire sur place ce qu’ils nous obligent à produire à leur place...etc,etc.. Donc, vous, oui vous qui voulez évoluer, vous verriez cela comment ?


        • guillaume 3 août 2007 11:24

          Il est clair que le service minimum est une vue de l’esprit.

          Il faut voir ce qu’il se passe ailleur et ce qui a tété en France. Les services minimum ne marchent nulle part, car c’est un terme flou. Où commence le minimum et ou s’arrête-t-il ? Le plus juste serait de pratiquer comme aux Etats-Unis des règles et des mesures claires. Là-bas le droit de grève dépend des Etats. En fait il est à peu près total partout, mais la reconnaissance légale des syndicats varie suivant les Etats. Il faut savoir que cette reconaissance est un privilège octroyé à des corporations en vue de représenter les employés ou les métiers. Il est facile de balancer entre trop de reconnaissance et pas assez. Les Etats avec des travailleurs très syndiqués donnent beaucoup d’importance aux syndicats et vice-versa. Par ailleurs aux Etats-Unis, la fonction publique, qui bénéficie à peu près des mêmes avantages qu’en France même si ce n’est pas écrit et que ça dépend de chaque administration. Seule différence : interdiction de faire grève. Ce n’est pas illogique. Si on est au service de l’Etat, faire grève, signifie qu’on fait grève contre l’Etat lui-même, sa démocratie, ses élus, tout en étant soi-même électeur. Ce serait pas très logique.

          En france, non seulement le centre du syndicalisme et des grèves c’est la fonction publique, mais en plus la France sur-reconnaît le syndicalisme qui ne représente qu’une infime frange de travailleurs. Elle octroie en plus seulement aux syndicats dits de la Libération des droits très étendus, et par conséquent on ne peut parler de liberté syndicale. Le problème est là et non dans le service minimum, qui ne demandera qu’à être transgressé.


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 10 août 2007 17:37

          La Constitution dit précisément :

          Alinéa 7 du Préambule de 1946 :« Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. »


        • nephilim 1er août 2007 11:57

          cette loi va remettre en cause le droit de greve dans notre pays. Et ce que vous ne comprenez pas c’est que le droit de greve n’est pas reservé aux fonctionnaires mais a tout les salariés meme ceux du privés !! demandé aux salariés de sfr moulinex et j’en passe. les seuls que cela derange sont les patrons et cette loi va encore dans leur sens le salarié lui bientot n’aura plus le droit de parole seulement celui de travailler plus qd le patron lui dira sans aucune contrepartie sauf celle de la fermer.


          • nephilim 1er août 2007 12:01

            Et fait pas chier Lerma les trains de banlieu parisienne ne representent pas tout les salariés de france et moi habitant en province je m’en tape des usagers de la sncf et du metro.


          • nephilim 1er août 2007 14:47

            Mais Calmos je ne suis pas fonctionnaire, je suis cadre dans le privé mais a la difference de vous je ne crache pas sur des acquis par pure jalousie !! les fonctionnaires ne sont pas tous des connards comme vous le sous entendez et lorsqu’ils font grêve ce n’est pas uniquement pour leur salaire. 22500 disparitions de fonct.... je trouve cela enorme d’autant plus qd nous sommes les 1er à nous plaindre des services hospitaliers, des transports de l’education de nos enfants je ne suis pas partisan du tout privé car celui ci a tendance à répondre uniquement à un souci de rentabilité : tu paies je t’eduque et te soigne tu n’as pas d’argent travailles plus pour gagner plus si ya du boulot dans ta branche, sinon crêve. Alors oui au droit de grêve pour permettre au salarié de se defendre et de montrer les derives de nos patrons ou politiques. je rajouterais que c’est anormal qu’il y est si peu de syndiqué car en generale le salarié du privé ce syndic une fois qu’il apprend que sa boite va fermer ou virer à tour de bras, et c’est helas trop tard. un syndicat fort et pas necessairement de Gauche comme cela semble vous perturber est un tres bon rapport entre le patron et le salarié. Mais si vous etes Patron Calmos je comprend votre crainte et oui il (le syndic) vous empeche de vous enrichir et pourrais vous obliger de redistribuer vos benefices equitablement :)


          • Djanel 1er août 2007 15:09

            Pourquoi ne pas prévenir une semaine à l’avance.C’est une bonne idée.On pourrait faire mieux. Un moi à l’avance. Et pourquoi ne pas supprimer le droit pour le remplacer par le droit de protestation. L’ouvrier gréviste tout en travaillant porterait sur son dos un écriteaux qui signalerait à son patron : « je suis en grève ». çà marche au japon.


          • Djanel 1er août 2007 15:10

            Pourquoi ne pas prévenir une semaine à l’avance.C’est une bonne idée.On pourrait faire mieux. Un moi à l’avance. Et pourquoi ne pas supprimer le droit de grève pour le remplacer par le droit de protestation. L’ouvrier gréviste tout en travaillant porterait sur son dos un écriteaux qui signalerait à son patron : « je suis en grève ». çà marche au japon.


          • BAERTJC 1er août 2007 16:07

            Pour une fois vous avez raison...mais il faut bien vous lire. Oui le patron peut la fermer...la boutique ! Alors ces grèves et ce minimum de service.....on laisse la place aux chinois pour qu’ils sachent la fermer ?


          • Halman Halman 1er août 2007 17:19

            Oui Neplim, dans mon administration les cgtistes on le les voit jamais à leurs postes. Ils sont en permanence en heures syndicales, quand ils parlent de nos conditions de travail ils sont à coté de la plaque tellement ils ne les connaissent pas eux mêmes.


          • patroc 1er août 2007 12:24

            Cette loi concerne tous les travailleurs, du privé comme du public, seul le service minimum étant spécial aux transports (à d’autres services d’état bientôt comme l’éducation,...). Le reste, c’est pour tous.


            • TSS 1er août 2007 13:22

              97% des ennuis et des retards dûs à la vetusté du materiel,des infrastructures,du manque de personnel !!3%dûs aux greves mais il est plus facile de s’attaquer au droit de grève que de sortir le chequier pour reparer surtout quand la plus grosse part de l’argent va au TGV !

              prendre exemple sur les pays nordique OK !

              au Dk ils ont obligation de 6 à 9 h et de 15 à 18 h et le reste du temps les voyages sont gratuits pour l’usager.c’est l’idéal mais il y a un mais ! en France c’est illegal et les sanctions penales sont tres dures et pourtant cela permettrait de debloquer bien des situations !!


              • meta-babar 1er août 2007 14:28

                Merci de rappeler que le service minimum, on l’a tous les jours dans le rer, et ça ne me parait pas être la faute des syndicats.


              • Gazi BORAT 1er août 2007 14:28

                Je ne pense pas que Mr Sarkozy et ses sbires se préoccupent des usagers dans leur projet de service minimum.

                Ils appartiennent à un milieu social où l’on n’est pas dépendant des transports en commun.

                Malgré l’évolution apprue dans le sillage de Nicole Notat d’un syndicalisme dit « de lutte » vers un syndicalisme dit « de proposition », la lutte sociale reste basée sur un rapport de force.

                En cas de mouvement de rejet par les salartiés d’une réforme impopulaire, comme le plan Juppé en 1995, les grandes struictures de transport en commun, comme la SNCF et la RATP, par le formidable pouvoir de blocage qu’il peuvent exercer, sont un élément déterminant lorsqu’un bras de fer comme celui des grêves de 95 est engagé.

                Depuis des décennies qu’ont été entamé dans toutes les grandes entreprises des processus de restructuration visant à une externalisation maximum et au recours le plus large possible à la sous-traitance, il devient de plus en plus difficile, pour les syndicats de rassembler en raison d’une telle atomisation des structures.

                Ce problème avait été à l’origine du fait que, à l’époque de la reconstruction d’après-guerre, avaient été encouragé les créations de petites entreprises de transport routier plutôt que de grandes compagnies en raison d’un danger d’implantation syndical plus important que dans de petites unités à caractère souvent familial.

                Il fallait, à l’époque, contrebalancer le pouvoir des syndicats ferrovières face à une SNCF centralisée.

                Les luttes syndicales restent un bras de fer entre le patronat (pardon, le MEDEF) et les centrales syndicales, de ce côté-là, rien n’a changé..

                Par contre, cette compassion manifestée par le gouvernement actuel pour le confort des usagers empêchés d’aller travailler n’est qu’une vaste hypocrisie..

                gAZi bORAt


                • Algunet 1er août 2007 14:53

                  Service minimum vs droit de grève.

                  Ancien militaire je n’avais pas le droit de grève et je ne le regrettais pas, de plus il n’y a pas de syndicats au sein de l’armée excepté pour le personnel civil, résultat : service maximum dans le respect de l’individu, de ses devoirs et de ses droits.

                  Ce droit que je n’avais pas a toujours été pour moi un honneur, une fierté : je démontrais par là que j’étais au service de la nation et non l’inverse, ce qui au demeurant ne m’empêchait pas d’être revendicatif envers mes supérieurs, qui ont su me le rendre par la sanction des notations, clé de l’avancement. Petit rappel, la promotion à l’armée se fait par un subtil mélange d’ancienneté (expérience) de mérite (notation) et de diplômes (formation continue).

                  Tout cela pour dire qu’il me semble qu’il n’est pas choquant que les fonctionnaires du service public n’aient pas le droit de grève, par principe. Car, après tout, les « avantages » tant décriés par le privé qu’ont les fonctionnaires sont en fait des compensations d’un service rendu au profit de la collectivité, dont celui majeur de la continuité du service public.

                  De plus je dénie aux syndicats et aux grévistes la prérogative de faire grève pour défendre mes intérêts, ceux des bénéficiaires du service public, cela est du ressort de l’usager et de ses représentants (l’état), il y a comme un coté démagogique avec ce « on vous prend en otage lors d’une grève mais on le fait pour votre bien ! De plus vous devriez nous remercier ». Que ces gens s’occupent de leurs intérêts propres en respectant celui des autres, cela sera déjà bien suffisant.


                  • nipalm nipalm 1er août 2007 20:08

                    Je profite du dernier paragraphe pour préciser que l’expression « prendre en otage » est aussi un cas de démagogie flagrant pour ce qui concerne les grèves.

                    Outre le fait qu’elle n’a rien à voir avec une réel prise d’otage et que son but est clairement de discréditer les grèvistes, on pourrai aussi rajouter que cette expression n’est jamais utiliser par la presse (vu que c’est elle qui l’a inventer) contre les employeurs quand, par exemple, ceux ci « prennent en otages » les usagers des cliniques ou hopitaux pour imposer des heures supplémentaires non payé à leurs employés ou les empêcher de faire grève.

                    Pour ceux qui s’intéresse au traitement des mouvements sociaux par la presse je recommande ce site : http://www.acrimed.org/rubrique118.html


                  • Algunet 2 août 2007 08:35

                    Pas si démagogique que ça...

                    Définition d’un otage : Personne dont on s’empare et qu’on utilise comme moyen de pression contre qqn, un État, pour l’amener à céder à des exigences.

                    Le gréviste par son action s’empare en fait d’une partie de la vie des usagers : impossibilité de travailler donc le gréviste touche au portefeuille de l’usager, privation du droit de circuler, retenu contre son gré… L’usager n’a pas d’autre choix, il est agressé. Comme cette action est un moyen de pression contre les « patrons », l’usager est donc en plus une monnaie d’échange contre sa volonté.

                    Alors où est la démagogie ? Moi je ne vois là que chantage sur le plus faible pour faire plier l’ennemi idéologique. Je maintiens donc que ces « prises d’otages » son des abus du droit de grève.


                  • nipalm nipalm 2 août 2007 17:57

                    Je maintient que ce terme est exagéré. Un otage n’est pas libre de ces mouvement alors que l’usager si, il n’est pas « retenu contre son gré » dans la gare ou à l’arrêt de bus, et son « droit de circuler » n’est pas supprimer mais perturbé (contrairement à un contrôle de police par exemple), d’ailleur dans ce genre de situation il n’est pas rare de voir des usagers partir pour une autre ligne de transport car elle ne font jamais grève toutes en même temps (sauf cas exeptionnel si rare qu’il ne mérite pas une loi à lui tout seul) et celle qui font grève sont rarement totalement bloquer. Pour ce qui est du portefeuille des usagers, sa m’est déjà arriver d’etre bloquer dans les transport à cause d’une grève et sa ne m’as pas empêcher d’aller travailler (je suis evidemment arriver en retard, d’autan plus que je travaillais à l’autre bout de Paris,).

                    Maintenant que les grévistes entrainent leurs employeurs à trahirent les promesses que ces derniers ont fait à leurs clients, c’est le principe de toute grève et on peu trouver sa injuste pour le client mais c’est la seul arme réelement efficace dont dispose les employés, tout en sachant que sa les pénalisent eux aussi car il ne sont pas payé (ce qui fait qu’il ne l’utilisent que dans des situations qu’ils jugent graves).


                  • A supprimer - Merci ! 12 août 2007 18:05

                    (.....) Le contempteur de la grève n’en a rien à foutre de l’intérêt général. Il emmerde l’intérêt général. Il contribue rageusement à son massacre, il le piétine avec joie. Ce nom “d’otage” qu’il se donne, claironné jusqu’à la nausée au cours des dernières semaines et qui suggère l’implication forcée d’un tiers dans un conflit qui ne le concerne en rien, dit bien à quel point il ne veut rien avoir à faire avec ses semblables, à quel point il ne veut rien avoir à faire avec rien, vivre dans l’illusion qu’il est seul au monde, embarqué dans aucune histoire, impliqué dans rien, membre d’aucune communauté, même si pour cela il lui faut nier l’évidence. Pour lui, on dirait que la “prise d’otage” a commencé le jour où il s’est rendu compte que la Terre était aussi habitée par d’autres gens que son papa, sa maman, le chien et lui. Il ne connaît que ses petites affaires, et les autres, au fond, il les hait. (.....)

                    Extrait de « J’en chie, donc je suis », Mona Chollet, Périphéries du 24 juin 2003.


                  • Forest Ent Forest Ent 1er août 2007 14:55

                    Cette loi est en trompe-l-oeil. Elle s’inscrit avant tout dans un registre affectif, en tentant d’offrir aux électeurs UMP une sorte de revanche sur leur fantasme, le « fonctionnaire-gréviste-stalinien-... » Il n’y a qu’à lire les commentaires ici pour le voir.

                    Dans la réalité, il s’agit d’un texte très technique pour préciser le droit du travail, étant entendu que le droit de grève ne peut pas être remis en question et que le « service minimum » ne peut donc pas exister.

                    Le préavis de 48h n’est pas choquant, mais il peut être annulé. Cela risque de pousser les intentions à la hausse et dégrader finalement le service résiduel obtenu !

                    Quand au vote à bulletin secret, je ne vois toujours pas à quoi il va s’appliquer, puisque c’est in fine chaque salarié qui décide ou pas de faire grève, et aucun vote ne peut le lui imposer.

                    Tout ça, c’est de l’affichage, et ne change strictement rien au fonctionnement des transports et aux problèmes des usagers. La démarche Idrac d’alerte sociale suffisait.

                    Ca passe le temps...


                    • Vilain petit canard Vilain petit canard 1er août 2007 16:06

                      D’accord avec vous sur le côté cosmétique de cette loi. Je travaille depuis 4 ans à temps partiel dans le service public, et, en cas de préavis, on a toujours rempli un formulaire 24 à 48 heures à l’avance pour signaler si on est en grève ou pas ; cela permet d’assurer justement le service malgré la grève. Et tout le monde trouve ça normal.

                      Donc cette fameuse loi va nous imposer, avec force braillements, de faire exactement ce qu’on fait déjà depuis plusieurs années !

                      Tout ça n’est pas très sérieux, c’est comme si on faisait passer une loi d’urgence contre..., je ne sais pas, moi, tiens : contre le passage aux feu rouge.


                    • Reinette Reinette 1er août 2007 15:06

                      Sous la couronne d’épine du Grand Changement, là où fulminent les diatribes exhortant à plus de sueur, à la tête des hordes spéculatrices éprises de revanches sociales, s’avance la France des démolitions.

                      Pleins pouvoirs, passage en force et poigne punitive sont les attributs princiers des tout derniers hérauts des « courageuses refondations qu’exige le défi européen ». Feu vert pour de nouvelles coupes sombres dans tous les budgets publics et sociaux (sécurité sociale, retraites, santé, éducation, culture et recherche, transports...), ultime débridement des privatisations et licenciements à large échelle.

                      Afin de donner un plus bel éclat au rallongement du temps du travail et au « gel » des salaires, la dernière collection des statuts précaires saura ravir grands et petits... patrons. C’est qu’ils jubilent, surtout les grands, sans trop en faire état, néanmoins. Et s’estimant encore lésés : « Le vent de réforme souffle mais il n’est pas encore assez fort ».

                      Qu’on fasse inscrire au fer rouge sur les tapisseries des salles à manger françaises la devise sociale du millénaire naissant qu’ânonneront les « veaux » et leur progéniture : « travailler plus, plus longtemps, pour beaucoup moins et crever plus tôt » ! Plus grand monde n’y échappe. Tout le monde est dans le coup. Comme a pu dire la marionnette de latex : « pour que la France s’enrichisse, les Français doivent apprendre à s’appauvrir... » Ou, du moins, les Français qui jusque là s’imaginaient être à l’abri. Beaucoup, en effet, découvrent, effarés et pantois, la face hideuse du monstre froid et l’étendue de son appétit.

                      S’il y a la France du bas-milieu en voie de déclassement et d’effritement, il en est une autre qui connaît la musique jusqu’à la moindre de ses modulations guerrières.

                      C’est lorsqu’on est environné de tous les dangers qu’il n’en faut redouter aucun ; c’est lorsqu’on est sans ressources qu’il faut compter sur toutes ; c’est lorsqu’on est surpris qu’il faut surprendre l’ennemi [comme dit Sun Tse dans L’Art de la guerre].

                      Parions que les lois Sarkozy (last but nos least) et les crédits exponentiels alloués à la police, à l’armée et aux bagnes révèleront la véritable finalité de leurs mises en place !


                      • Reinette Reinette 1er août 2007 15:23

                        TIBAULT METRO DODO

                        Consulter la base étant un principe d’importation récente à la CGT, on conçoit que sa mise en œuvre prenne du temps. Faut rédiger les formulaires, les imprimer, les envoyer...

                        « Moi ils m’ont toujours pas consulté » rouspétait un cégétiste. « D’ailleurs c’est inutile : là-haut ils se doutent bien qu’on est pas d’accord. » C’est tout le problème des militants : ils n’y connaissent rien en stratégie au long cours.

                        La CGT siège à la direction de la puissante Confédération européenne des syndicats (CES), qui prône avec ferveur le « dialogue social »... ENTENDEZ : un syndicalisme d’accompagnement où chacun se tient très bien à table (la CES a fait un triomphe à la Constitution européenne).

                        Bien sûr, la CGT reste « libre » d’exprimer une opinion autonome. Mais si elle dit « non » trop fort, elle peut dire adieu à ses nouveaux amis et aux fonds communautaires qui vont avec. Cruel dilemme.

                        En fait, la stratégie de la CGT était limpide : laisser la CFDT devenir un appendice-croupion du Medef et se substituer à elle dans le rôle du « partenaire social » ventru et responsable.

                        D’où le frein tiré par Thibault-boulo-dodo lors du conflit sur les retraites au printemps 2003. D’où aussi l’accord sur la « prévention des conflits » signé en novembre 2004 avec la direction de la SNCF, faisant passer le préavis de grève de 5 jours à 3 semaines.

                        Un texte salué comme « historique et prometteur » par le camarade ministre de l’époque, Gilles de Robien, qui espèrait bien que la CGT « saura prévenir les conflits » liés à l’implacable processus de privatisation du rail (multiplication de filiales marchandes, personnels au rabais, guichetiers reconvertis en commerciaux, etc...).

                        Autre signe de la pente graisseuse suivie par Thibault-boulo-dodo : la participation des gros bonnets confédéraux à toutes sortes de bandes organisées.

                        AINSI de la commission Camdessus, du nom de l’ex-patron du FMI, dont le rapport préconisant un CDD de 5 ans et l’enrôlement obligatoire des chômeurs avait reçu la signature de Christian Larose, le secrétaire général de la fédération CGT du textile. Camdessus s’était abondamment servi de cet alibi pour marteler que ses « propositions de bon sens » sont « aussi bien de gauche que de droite »...

                        Pourtant, c’est bel et bien la CGT qui dans bien des boîtes fournit les derniers remparts à la toute-puissance patronale. On s’en voudrait de désespérer les gravats de Billancourt. Mais puisqu’il paraît que l’heure est à la démocratie interne, les gars de Carrefour, Daewoo, Moulinex, Danone, etc...etc... ont intérêt à sauver la baraque avant qu’elle soit bradée aux promoteurs.


                      • A supprimer - Merci ! 12 août 2007 18:01

                        Juste une remarque : la CFDT n’est plus un syndicat, mais la branche salariale du Medef...


                      • Reinette Reinette 1er août 2007 15:37

                        MERCI BERNARD !

                        « Il faut continuer à faire bouillir la marmite ! », clame Bernard Thibault, le chef-cégété.

                        (Mais à petit feu et sous un épais couvercle, comme les grévistes marseillais ont pu en faire l’expérience.)

                        En fait de marmite, la casserole cégétiste fait plus de bruit que de grabuge. Lourde à traîner pour le mouvement, mais pas si encombrante pour le pouvoir.

                        Les derniers grévistes ont dû rire jaune, le 15 juin 2003 au soir, en voyant Bernard Thibault expliquer chez Christine Ockrent que « le mouvement n’en est qu’à ses débuts ».

                        Chaud devant, camarades ! Le coupé au bol de la CGT vous annonçait pour l’été « un pique-nique place du Trocadéro » : entre peaux de sauciflard et crèmes anti-UV, une lutte sans pitié.

                        Et ce n’était pas tout : « l’irréductible de Montreuil », comme le surnomment les médias, faisait trembler le pouvoir sous la menace d’une « pétition aux députés et aux sénateurs ». Si après ça, Raffarin n’avait pas jeté au feu sa réforme des retraites, c’est qu’il n’était vraiment pas sympa.

                        « On n’est pas en 1936 », croit savoir Thibault. T’as raison, gars, les temps ont changé. On voit mal les mineurs de Germinal organiser un pique-nique sous la tour Eiffel. Ou les mutins du Potemkine adresser une pétition à leur commandant.

                        A la CGT, ça discute entre gens comme il faut. Ça négocie. Ça commande des sandwiches pour le dimanche.


                        • Reinette Reinette 1er août 2007 15:49

                          BERNARD & Cie

                          « Oui, il faut continuer à faire bouillir la marmite ! »

                          En veillant à ce qu’elle ne déborde pas, les deux pieds debout sur le couvercle.

                          Et en interdisant aux syndicats « kamikazes » (SUD, CNT, coord’ enseignante...) de monter à la tribune.

                          Heureusement, il y a les autres. La CFDT, qui a au moins le courage de baisser culotte au grand jour. La FSU, version prof de la CGT. La supérette FO, où l’on trouve de tout, bonne vieille droite rancie, trotskistes plus pépins que noyaux. L’UNSA, qui a récupéré les débris de la concurrence, dont les vieux fachos casseurs de grévistes de l’ex-CSL. Les cathos mous de la CFTC. Ou les cadres sup’ de la CGC...

                          En torpillant une grève, tous ces pros du double langage laissent le gouvernement à l’ivresse du charcutage des retraites, de la Sécu, du droit de grève (service minimum), des Rmistes (RMA), d’EDF, de la Poste... De quoi remettre le feu sous la marmite.

                          Mais pour que la vapeur ébouillante Matignon, les gens vont devoir apprendre à régler eux-mêmes la cuisson. Et à débrancher le thermostat des pique-niqueurs.


                        • Halman Halman 1er août 2007 17:13

                          Déjà dire que dans l’administration on le licencie pas c’est une légende qui a la vie dure.

                          Je suis fonctionnaire, et des gens se font virer du jour au lendemain pour faute grave.

                          Quand un représentant CGT des transports public nous annonce à l’émission de Calvi sur la 5ème que le droit de grève des transports publics est un droit et n’a pas de conséquences dans les autres administration, c’est tout simplement faire preuve d’irresponsabilité.

                          Car quand la SNCF et la RATP font grève comme en 1995, ce sont aussi les infirmières et les aides soignants qui ne peuvent plus aller travailler, ce sont les patients laissés dans des services en large sous effectifs et qui sont nettement moins bien soignés.

                          Quand la RATP fait grève, c’est aussi les patients des hôpitaux qui trinquent !

                           smiley


                          • cniko 1er août 2007 17:33

                            Avant de s’attaquer au droit de grève, sachant que les procédures mises en oeuvre à la RATP ont porté leur fruit et qu’en outre la majorité des retards annuels sont liés à des problèmes techniques (un jour de grève reste cependant dure à digérer lorsque l’on met plus de 2h à rejoindre le bureau) , on peut se demander pourquoi le gouvernement ne s’est pas en premier lieu attaqué à la représentativité des syndicats ?
                            Les syndicats tels qu’ils existent aujourd’hui en France ne représentent qu’eux mêmes et encore seulement ceux qui le dirige dans la plupart des cas. A des fins électoralistes on voit les représentants faire de la surenchère réactionnaire (et non révolutionnaire car il faut bien garder ses privilèges. La vision qu’à notre société du rôle des syndicats est biaisé par le manque d’intellignece de nos syndicats actuels et par leur non représentativité organisée. Les mentalités doivent changer à tous les niveaux. Les employeurs ne doivent plus voir les syndicats et leurs représentants comme des ennemis mais comme des partenaires. Pour se faire les syndicats doivent avoir une véritable légitimité et renouveller leurs dirigeants. En Allemagne les syndicats sont puissants, représentatifs et de véritables partenaires.

                            C’est ici que doit se porter la réforme du droit de grève : dans la réforme du syndicalisme. Tout le reste n’est que poudre aux yeux et restriction des libertés (hors vote à bulletin secret, qui est une bonne mesure)


                            • cflorian 2 août 2007 09:04

                              le gouvernement continue à brasser du vent en nous faisant croire qu’ils agissent ! on enchaine les lois en créant des tensions mais qui au final n’apporte rien de neuf.

                              le service minimum est une bonne idée, garantir un minimum de transports en commun même en cas de greve. la loi proposée ne garantit rien, elle va sanctionner les entreprises qui ne respectent pas le service minimum et permettre de prévoir le nombre de grévistes. en gros on devrait, en théorie, savoir à l’avance le nombre de train qui circuleront et si ce nombre n’est pas suffisant, l’entreprise sera sanctionnée. en cas de grévistes trop nombreux, impossible de faire rouler 50% des véhicules. le seul moyen d’y arriver serait de requisitionner des grévistes, ce qui est heureusement pour notre démocratie impossible.

                              le vote apres 8 jours de gréves est totalement démagogique, les gréves si longues sont quasi inexistantes en france. de plus il part du principe que les grévistes ont le droit de bloquer et d’empecher les non grévistes de travailler. il serait préférable d’interdire les blocages et les piquets de gréve, la gréve est un droit tout comme le travail. chacun doit être libre de ses choix.

                              plutot que trouver des solutions en cas de conflit, il est préférable de les empecher. mais ce n’est pas à l’etat de s’occuper de ça, les entreprises doivent avoir des régles et un fonctionnement internes permettant un dialogue social évitant les rapports de force.


                              • anonymous 2 août 2007 09:20

                                Les employés des entreprises de transports ne sont pas des fonctionnaires surtout quand on sait que la majorité des entreprises de transports sont des entreprises privées...


                                • Fergus fergus 2 août 2007 10:28

                                  Avant toute chose, il faut savoir que seuls 2% des retards ou carences de service sont dus aux grèves dans les transports publics. 65% sont en revanche dus aux usagers eux-mêmes, et notamment à ceux qui, au quotidien, se promènent sur les voies, tirent sans raison le signal d’alarme ou détériorent le matériel. Le pourcentage restant est lié à des incidents techniques. Ayez bien présents à l’esprit ces chiffres : 2% contre 65% !!!

                                  Dans ces conditions, le « service minimum » dans les transports en commun des grandes agglomérations est une fausse bonne idée doublée d’une proposition démagogique, et Sarkozy le sait parfaitement. Du reste, il existe un service de ce type à Rome basé sur l’un des modèles initialement envisagés. Il a donné lieu, il y a quelques années, à une grève durant laquelle le service n’a été assuré que pendant les plages du matin et du soir. Le point noir, c’est que cette grève qui, hors service minimum, n’aurait donné lieu qu’à deux ou trois jours de fortes perturbations, s’est éternisée... trois semaines ! Trois semaines pendant lesquelles la population, excédée, a pu mesurer à ses dépens les limites de cette pseudo « avancée ».

                                  La solution ne réside donc pas dans le « service minimum », mais dans la mise en place d’une « alarme sociale » (comme à la RATP) qui, dans un délai donné, oblige les employeurs à écouter les revendications des syndicats et à leur apporter une réponse.

                                  En tout état de cause, l’initiative du Président ne vise véritablement qu’à brosser les citoyens dans le sens du poil, à l’image de la loi sur la récidive. Dans la réalité, il ne fait en effet aucun doute que ce service minimum volerait en éclat en cas de conflit dur. Et cela, Sarkozy et ses conseillers le savent également.

                                  Cela ne les empêche pas de claironner, sondages à l’appui, que la majorité des français sont favorables au service minimum dans les transports. Savez-vous que 80 à 85%% de la population n’est pas cliente habituelle des transports en commun. L’avis de ces personnes non directement concernées est uniquement basé sur l’amalgame qui est fait et soigneusement entretenu par la communication gouvernementale entre les grèves (2%) et les dysfonctionnements habituels des lignes de transport (98%) ! Cela me rappelle ces propos hallucinants tenus durant la présidentielle de 1995 par des gens vivant à la campagne et réclamant à cor et à cris des mesures draconiennes pour lutter contre une insécurité à laquelle ils n’avaient, de leur propre aveu, jamais été confrontés, pas plus que leur entourage !

                                  Décidément, il y a d’autres questions autrement plus importantes à débattre en matière de transport, et notamment comment lutter contre la prédominance de la logique comptable dans la gestion des opérateurs, logique qui, de plus en plus, se traduit pas un vieillissement des matériels et des équipements incidentogène et très pénalisant pour les usagers.

                                  Cela dit, il est vrai que les mouvements sociaux dans les transports terrestres occasionnent une gêne réelle pour les voyageurs. C’est pour cette raison que le recours à la grève est devenu beaucoup plus rare que dans le passé et uniquement lorsque des motifs sérieux l’exigent. Pour illustrer cette évolution, il suffit d’observer le taux des grèves à la SNCF, tombé à 0,11% alors qu’il avoisinait les 2% il y a vingt ans.

                                  Ce changement d’état d’esprit est d’autant plus remarquable que, tant la SNCF sur ses lignes de banlieue qu’à la RATP, jamais dans l’histoire de ces entreprises les métiers d’exploitation n’ont été aussi exposés. Savez-vous que chaque agent de conduite ou de contrôle sait en débutant sa carrière qu’il subira une ou plusieurs agressions graves ? Aujourd’hui, les métiers du transport sont devenus les plus dangereux après la police et les pompiers.

                                  Cela explique très largement la colère des agents devant un texte qui les montre du doigt alors qu’ils ont déjà réduit de manière très significative la gêne pour fait de grève en signant des protocoles de négociation préalable et en renonçant le plus souvent aux grèves émotionnelles liées à l’agression d’un collègue.

                                  Je le répète encore une fois : aidons plutôt les syndicats à faire pression sur les employeurs pour remplacer les matériels vétustes dont les directions prolongent sans cesse plus la durée de vie jusqu’à la limite de rupture, le gain en sera pour les usagers infiniment plus important. Mais de cela, curieusement, le gouvernement ne touche pas un mot. Il sait pourtant que c’est là, ainsi que dans la multiplication des incivilités, que se situe le véritable noeud du problème en matière de transports urbains !


                                  • lyago2003 lyago2003 8 août 2007 12:55

                                    @ fergus, 100% en accord avec votre analyse, mais il est tellement plus facile de « tirer sur le pianiste ».

                                    Notre société se décompose à la vitesse grand V .


                                    • marc 8 août 2007 23:45

                                      « deux principes clés de la démocratie soient respectés : le droit de grève et la liberté de travailler ».

                                      D’où sort ce postulat bizarre ? le droit de grève est un droit conquis dans le sang. L’autre est glissé par l’auteur à la place du « droit au travail » reconnu par la constitution et pas respecté du tout ;


                                      • GéraldCursoux Cursoux Gérald 13 août 2007 10:09

                                        Aucun salarié du secteur privé ne saurait soutenir, financièrement, le rythme de grève que s’imposent certains Agents du Secteur public. L’usager est donc en droit de se demander quel est l’impact de ces jours d’arrêt de travail sur le bulletin de salaire des grévistes, d’autant que les inconvénients - et parfois les souffrances - qui en résultent pour des millions de gens sont sans commune mesure avec les gains obtenus par les grévistes : une grève des transports dans une grande ville est un « infarctus urbain », rien de moins ! L’origine de ces grèves à répétition tient au fait que les Agents en grève continuent de toucher leurs rémunérations - à taux plein, primes comprises - pendant les jours d’arrêt de travail. Ils utilisent des mécanismes de compensation avec les jours de congés, de repos compensateur, de récupération, de RTT etc., de façon à ce que leur salaire ne soit pas affecté par ces arrêts de travail. Seul le nombre de jours de congés est légèrement réduit... ce qui est très supportable compte tenu de leur importance en valeur absolue - cela n’affecte donc en rien leur « qualité de vie » (pendant que certaines entreprises déposent leurs bilans, et que le stress gagne toute une population). Une de leur préoccupation est en effet de bien négocier ces compensations pour ne rien perdre de leurs salaires, primes, indemnités et avantages de toutes sortes. Il est vrai qu’il est bien tentant pour une Direction d’un Service public, pour conclure un accord au petit matin, de renoncer aux retenues sur salaires ; d’autant que personne n’en parle ! Mais c’est une méthode catastrophique ! Le temps d’arrêt de travail pour cause de grève doit entraîner une perte nette de salaire, accompagnée proportionnellement (prorata temporis), de la perte des primes, des jours de congés, de jours de récupération, de RTT etc., et également de la non comptabilisation des points de retraite... et des autres éléments liés au salaire. Le droit de grève ne peut en effet se concevoir que s’il est accompagné d’une pénalité financière directe. Si tel n’est pas le cas, on est en pleine confusion ; les justes revendications permettent tous les abus. Accepter des compensations entre des jours de grève avec des jours de repos est une insulte au bon sens et permet toutes les dérives : il est tout aussi amusant de passer une bonne journée, avec les camarades en faisant une manif entre Nation et République, qu’avec femme et enfants sur une plage du comité d’entreprise ; il est bien normal de trouver des distractions collatérales en affectant à la grève et aux sympathiques défilés qui renforcent l’amitié quelques jours de congés ! La grève sans perte de salaire, par compensation avec d’autres éléments, est une atteinte au droit du travail ; certains considèrent peut-être qu’il s’agit d’une avancée sociale ! Je ne suis pas de ce Club...


                                        • jean-paul 94 15 août 2007 07:38

                                          Bjra toutes et a tous Voila ce que j’apelle LE REVEIL DES FRANCAIS.Les articles sont tous le reflet de la societe francaise.les clivages reviennent a grands pas.D’un cote les pour ,de l’autre les contres,et au milieu les indecis.Si,on analyse toutes les reactions,on s’apercoit tres vite que chacun adapte sa position en fonction de son propre interet.Les termes qui y sont employes,montre a quel point le sujet est survole.droit de greve,otages,fonctionnaires q’ont met tous dans le meme sac,atteinte a la lberte,revendications,les syndicalistes,les usagers,bref,toute la societe.Mais,dans tous ces messages,chacun a une part de vrai.Et,c’est precisemment,la,que ca se complique.Car,il y a une part de verite dans toutes ces reactions.Le sujet devait etre aborde,mais,pas,de cette maniere.Sur ce sujet,qui touche la quasi-totalite des francais et des francaises,une reflexion doit s’engager avec tous les acteurs.Mais,pour ma part,on ne va pas au bout des choses,ce qui est bon pour l’un n’est pas forcement bon pour l’autre,alors,il faut revoir le probleme differemment.Surtout ne pas faire voter une loi qui serait ,a la fois,populaire et incontournable.Arretons,de vouloir imposer,sans une reflexion approfondie.Et,pour arriver a une solution que j’appelerai transitoire,il faudra un temps assez long pour que tout le monde s’exprime ;je suis sur que la rapidite d’adopter ue loi,ne fera que renforcer le climat de nervosite des differents protagonistes.SOYONS,plutot capables d’ecouter et surtout de comprendre,et,de tirer des conclusions significatives,plutot,que de prendre des decisions qui seront remies a l’ordre du jour dans quelques annees.Mais,au fait,le service minimum devrait etre appliquer a toutes les secteurs d’activites,et, pas seulement,aux transports,aux hopitaux,a l’education nationale.Donc,il faudra proceder avec un maximum de methodologie ;et,celle-ci demande l’ingredient indispensable que l’on n’a malheureusement plus,LE TEMPS.MERCI a tous et a toutes de m’avoir accorder ce temps de lecture-

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