Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Drôle de fascisme méthodologique ? L’Etat au service d’une (...)

Drôle de fascisme méthodologique ? L’Etat au service d’une France oligarchique et corporatiste

Liminaire sur la pensée politique. Chaque époque de la civilisation délivre une pensée politique déterminante, écrite par quelques penseurs tout aussi déterminants. Aristote et Platon pour l’époque classique revisitée par la scolastique médiévale. Puis penseurs modernes avec des étapes successives, Machiavel, Hobbes, Rousseau, Hegel. L’Etat moderne est au centre de la pensée politique. Puis les maîtres du soupçon qu’on peut aussi désigner comme des génies égarés. Marx et Nietzsche. Le 20ème s’est trouvé face à un entrelacs de doctrines politiques parfois saisissantes mais bien impuissantes face au cours de l’Histoire et au développement des industries. Avec quelques penseurs à sauver, Ellul, Strauss et pourquoi pas Brzezinski et Lasch. A partir des années 1970, les maîtres du passé et les génies égarés ont fait place aux intellectuels pleurnicheurs, parfois amuseurs et aux bonimenteurs médiatiques. Un élève demande à son maître comment parvenir à l’état de zénitude. Le maître lui répond : tu vois cette pile d’assiettes dans l’évier, commence par faire la vaisselle. Un citoyen demande comment comprendre la vérité politique. Je lui réponds : tu vois cette pile de bouquins sur les étagères, BHL, Onfray, Attali, Bourdieu, Lordon, Todd, Rosanvallon, Jorion, Chouard, Stiegler, Lenoir, Ariès… eh bien commence par descendre tout ça à la cave !

A l’âge technumérique, il faut repenser la politique. Non sans prendre note des philosophies passées mais surtout en prenant acte du monde qui se trouve en face et va vers un inexorable cours technologique. Il faut être pragmatique (au sens de Peirce) pour comprendre le monde et savoir le réguler ou l’utiliser. Il faut être pragmatique transcendantal pour comprendre le monde et faire qu’il change.


L’actualité récente a offert aux Français l’occasion de redécouvrir qu’il existe des groupuscules anti-fascistes dont malheureusement, un des membres décéda lors qu’une bagarre violente. En face, des méchants, le crâne rasé et d’infâmes tatouages. Voilà, c’est évident, le fascisme est dans la république. Le fascisme, ce sont eux, les skinheads d’extrême-droite et bien sûr l’opinion publique gobe ce que racontent les médias de masse qui en fait sont les médias d’Etat. Vous verrez pourquoi. Mais avant, il est nécessaire de recadrer les événements et de qualifier les réalités. Ces groupuscules ne sont pas constitués d’éminences grises au service d’un concept de société fasciste. Ils sont en vérité, à droite comme à gauche, issu du croisement entre l’idéologie et l’hooliganisme. La mort de ce jeune élève de Science Po est tout aussi choquante que celle d’un jeune lors d’un affrontement entre gangs de cité, ou entre supporters de foot. Le fascisme comme régime politique caractérise non pas quelques agités de la société mais un système dans son ensemble qui rassemble un gouvernement, une population sur un territoire et l’ingrédient essentiel, un Etat. Sans oublier un autre élément sans lequel la mayonnaise fasciste ne prend pas. Il faut des médias complices, qu’on peut désigner comme médias de masse ou encore médias d’Etat. On n’accusera pas les médias d’être fascistes par essence. Ils ne sont qu’un moyen, qui peut se mettre au service de causes et intérêts divers.

La meilleure définition du fascisme tient en une formule énoncée par Mussolini : « Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ! ». On trouvera une définition complémentaire selon laquelle le fascisme est le mouvement exalté, le mouvement d’un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. J’ajoute pour ma part que sans une adhésion massive de la population, le fascisme ne peut advenir. Dernière précision. Le fascisme n’a rien de commun avec les tyrannies de l’Antiquité, ni même avec les régimes autoritaires ou absolutistes de la première modernité, comme par exemple l’Ancien Régime et ses monarques prénommés Louis. Le fascisme est arrivé dans un contexte historique précis, avec l’Etat comme dispositif central et un autre facteur dont le rôle est souvent occulté. Ce facteur, c’est la technique et plus précisément les techniques qui relient, ordonnent, contrôlent les hommes et les choses sur un territoire, assurant ainsi la continuité d’un milieu façonné par les industries contemporaines. De ce fait, l’Etat, sorte de méga instrument social et politique, est devenu bien plus efficace et performant pour réaliser des tâches et des finalités que les régimes en place ont déterminées. L’Etat peut être au service de la démocratie, de la république ou bien du fascisme, du nazisme, du totalitarisme.

Revenons sur cette formule : « retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu ». Puis essayons d’interpréter (en risquant d’être tendancieux) l’intervention de la France en Libye. La France, qui fut le pays le puissant d’Europe sous l’Ancien Régime, avec ses lettrés rayonnant jusqu’en Russie, puis son empire colonial, sa victoire en 1918… mais après, ça s’est gâté, 1939 puis la décolonisation et une restauration de la grandeur française sous le général de Gaulle. En 2008, la crise financière a semé le doute. La France s’est vue à travers le prisme du déclin industriel en se mirant dans la réussite économique allemande. C’en était trop, il fallait reprendre la main sur la puissance et l’honneur. Rien de tel qu’une belle intervention « humanitaire » en Libye, avec les Rafale, de quoi snober les Allemands. Ce n’est qu’une interprétation. A prendre ou à laisser. Un esprit facétieux nous rappellera que la Libye avait déjà été « embêtée » par un pays européen, l’Italie des années 1920. Le méchant dira alors que Sarkozy a plus de Mussolini que de Clemenceau et Jaurès.


Osons une sobre définition. L’Etat comme continuité politique, juridique, sociale et technique sur un territoire occupé par une population. L’Etat est un dispositif complexe capable d’ordonner et d’organiser le fonctionnement d’une société sur un territoire. Cela établi, une question se pose, sans doute la seule qui vaille pour chacun d’entre nous : qui décide de l’organisation d’une société et surtout en vue de quelles fins ? Mais pour configurer le questionnement, on ne peut passer outre la question de la technique qui, en tant que dispositif fonctionnant avec des interfaces, va influer considérablement sur le volet de la « continuité » et conférer à l’Etat des moyens démultipliés. Certes, des moyens mais pour qui ?

Le démocrate convaincu qu’il vit en démocratie saura répondre que les gouvernants élus par le peuple décident d’organiser la société pour que chaque citoyen y trouve son compte, s’épanouisse, en sécurité, avec des libertés et le droit de propriété sur ses biens. Dans l’idéal, le principe républicain devrait guider l’action gouvernementale avec en ligne de mire les valeurs et les finalités du bien (de l’intérêt) public à respecter et suivre (encore faut-il savoir ce qu’est l’intérêt public). Il faut néanmoins cesser de penser dans l’idéal et observer attentivement les faits sociaux et politiques. L’Etat n’est pas seulement un instrument (central et périphérique) permettant organiser la société. Il est une structure plastique, soumise aux transformations, avec deux pressions transformantes, celle de la société et celle des gouvernants oeuvrant de concert avec les technocrates régissant l’Etat. C’est justement cette pression de la société qui va infléchir les contours des mesures décidées par l’Etat. Et c’est en partant de ce fait que l’on va comprendre comment l’Etat dérive en servant quelques intérêts spéciaux, comme ceux des cadres dirigeants, des parvenus célèbres et des corporatismes.

Considérons l’Etat comme une sorte de cerveau central de la société, doté de courroies de transmission, d’antennes, de dispositifs perceptifs habilités à recevoir des demandes individuées, de la part d’une corporation, ou de représentants syndicaux et même d’un individu quand celui-ci a pour patronyme Tapie. Ces dispositifs sont connus lorsqu’ils sont publics. Ce sont principalement les Cabinets ministériels. Ensuite, il y a les réseaux pas si secrets mais oeuvrant à l’écart des institutions ; réseaux maçonniques, communautaires, cercles privés, dîners en ville, réceptions en villégiatures. L’Etat est sous pression. Mais dans une « démocratie réelle », la seule pression devrait être celle du peuple, et comme c’est irréalisable, alors le peuple exerce sa pression par l’intermédiaire de représentants qu’il élit, Parlementaires, élus locaux et aussi, spécificité française s’il en est, le président de la république, chef de l’exécutif selon les dispositions écrites de la constitution de 1958. C’est cette spécificité qui conduit un candidat au trône suprême à faire des promesses, ce qui n’est qu’un petit détail.

Si on observe bien, on constate que fonctionnement de l’Etat se révèle comme étant bien trop souvent au service d’oligarchies et de corporatismes. Alors qu’il use d’une sorte de « fascisme méthodologique ». Traduction simplifiée, emprise sur les citoyens mis à disposition d’intérêts particuliers. Le fait est que les ministres travaillent avec les cabinets qui reçoivent les doléances des intérêts particuliers, industriels, managers, syndicats. D’où les lois qui sont proposées au Parlement qui sert de chambre d’enregistrement le plus souvent, avec quelques correctifs. Soyons quand même honnête. Le gouvernement, s’il se réclame d’un pacte républicain, sert aussi des causes justes, à travers des mesures dites sociales mais avec de moins en moins de moyens. Pour l’instant, les partis de gouvernement n’ont pas encore rompu avec quelques exigences morales mais le pacte républicain est perçu comme déchiré par beaucoup de citoyens. Le moraliste se demande si les mesures sociales ont une intention éthique et humaniste ou bien ne sont dictées que par un intérêt particulier, celui de se faire réélire ou alors d’éviter le déchirement social ? Le RMI n’est-il pas une voiture balai récupérant les recalés pour qu’ils ne traînent pas trop dans les rues ?

On découvre ainsi ce que la plupart connaissaient sans y porter une attention spéciale. Le fascisme méthodologique ou la mise à disposition de l’Etat au service d’intérêts particuliers tout en asservissant le citoyen devenu pour une part une machine humaine instrumentalisée. Par exemple avec le système de santé faisant des citoyens des patients potentiels pris en charge par les intérêts médicaux, pharmaceutiques, hospitaliers. D’ailleurs, une affaire récente porte sur une fondation qui aurait siphonné un hôpital de quelques dizaines de millions d’euros. Quelques pressions sont exercées pour que les rapports d’inspection ne soient pas divulgués. Un article du journal très frondeur Le Figaro nous informe qu’au sein du conseil d’administration bien fourni de cette fondation siègent nombre de personnes ayant des accointances avec les hauts services de l’Etat. Pareil pour l’affaire Tapie qui aurait été impossible sans ces relais dans les rouages étatiques, sans compter le reste, ce qu’on a lu dans les journaux et ce que l’on ne sait pas.

Autre dispositif, la niche fiscale Scellier puis Duflot (qui en fait remonte à 20 ans, étant baptisé d’autres noms de ministres). Aucun candidat à la présidence n’a jamais proposé dans son programme ce dispositif permettant à des ménages aisés de se voir payer une bonne partie d’un investissement locatif sous forme de réduction d’impôt. Pourtant, chaque gouvernement depuis 20 ans fonctionne avec cette loi qui arrange les promoteurs, les élus locaux et les propriétaires de terrain d’un côté et les ménages aisés d’un autre. C’est cela l’Etat au service de l’oligarchisme. Beaucoup y tirent quelques avantages, régimes spéciaux de retraites, cadres fonctionnaires, gestionnaires de diverses structures vivant sur des fonds publics… et après, on s’aperçoit que le pacte républicain est rompu. On comprend pourquoi mais n’attendons rien des politiques. Que ce soient les Fronts de gauche et de droite, le PS, l’UMP et le Centre, aucun n’a jamais dénoncé la loi Scellier !


Il se peut que l’on enfonce des portes ouvertes mais je suis persuadé qu’il faut creuser cette idée du fascisme méthodologique qui se présente à nous dans ce contexte de développement surdimensionné de la technique et donc de l’Etat qui va avec. Plus il y a de technique, plus l’Etat peut accroître son emprise sur des citoyens qui, avec le jeu de la technique, sont eux aussi demandeurs d’Etat. Cette notion de fascisme méthodologique me met mal à l’aise. Elle est expérimentale en philosophie. Je n’en ai pas d’autres disponibles, à part la notion d’étatisme. Je précise en complétant mon choix. Le fascisme méthodologique n’a rien de commun avec Mussolini. Il est méthodologique, ce qui signifie qu’il utilise des moyens similaires pour des fins autres. Moyens tels que la technique, la police, l’Etat et les médias. Moyens qui sont utilisés diversement selon la place que l’on occupe dans le dispositif.

Il reste le rôle des médias. A éplucher d’un œil scrupuleux et attentif dans une prochaine analyse. Car les médias de masse servent l’Etat et oeuvrent dans le sens du « fascisme méthodologique ». Cela étant, on ne fera aucune confusion avec le fascisme idéologique et ses mesures autoritaires et policières. Le fascisme méthodologique est plus subtil, il joue sur l’ignorance et l’indifférence des citoyens en perte de sens moral ou dans un autre sens, avec la complicité d’autres citoyens qui y tirent avantages. Cette société pas « vraiment démocratique » s’accommode très bien de la liberté d’expression car à l’époque du divertissement technumérique, c’est le cause toujours du m’intéresse auquel s’adresse le libre orateur. Il faut admettre comme plausible l’hypothèse qu’on ne sortira pas du fascisme méthodologique puisque c’est le système le plus abouti qu’a connu l’humanité et qui est parfaitement consolidé, avec des fluctuations sociales et des régulations. Plausible ne voulant pas dire définitif !

Cette entame de réflexion politique peut éventuellement se prolonger en un livre, avec les autres analyses sur le monde technumérique. A bon entendeur !


Moyenne des avis sur cet article :  3.86/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • rhea 1481971 21 juin 2013 07:23

    La pire des technologies inventées par l’homme c’est l’informatique, pourquoi ? La multitude de personnes qui l’utilisent ne savent pas ce qui il a derrière l’écran, elle ne devrait être utilisé qu’en comptabilité, un ordinateur quel qu’il soit n’est qu’un boulier électronique, un boulier ça sert uniquement à compter ,la vie ne se résume pas à la comptabilité des choses. J’exagère.....


    • Akerios 21 juin 2013 10:10

      Bonjour,

      Je pense comme toi  lg  ..


    • alinea Alinea 21 juin 2013 10:26

      "Je lui réponds : tu vois cette pile de bouquins sur les étagères, BHL, Onfray, Attali, Bourdieu, Lordon, Todd, Rosanvallon, Jorion, Chouard, Stiegler, Lenoir, Ariès… eh bien commence par descendre tout ça à la cave !"
      Bizarre votre sac poubelle !
      Parlez-nous de votre bibliothèque !


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 juin 2013 10:33

        Dans ma bibiothèque, je dois avoir seulement un Bourdieu et un Stiegler parmi les auteurs renvoyés à la cave. ça tombe bien, je n’ai pas de cave. Dans ma bibiothèque, il y a Strauss, Ellul, Heidegger, Platon, Aristote, Lasch, Toffler, Foucault et des tas d’autres bonnes lectures. Et puis j’espère les livres que je vais pouvoir publier. L’idée, comme vous l’avez peut-être compris, c’est que la situation actuelle nécessite un nouveau regard philosophique.


      • alinea Alinea 21 juin 2013 10:52

        Oui , il faut donc tout jeter ? Je ne vois pas la similitude du regard entre un BHL et un Ariès, un Attali et un Lordon, un Onfray et un Chouard ou un Jorion ; bon je ne parle que de ceux que je connais le mieux !
        Un nouveau regard, bien sûr ; personnellement, je m’y efforce par l’épure et le dernier nouveau regard que j’ai rencontré et celui qui me convient le mieux est celui de Jean-Claude Michéa ! Pour se débarrasser des oripeaux encombrants, Chomsky est fort utile.
        Dans vos livres, j’espère que vous essayer de vous adresser à tous ; la clarté résonne en nous et nous fait réfléchir, c’est le but non ? Sinon, c’est l’ego de l’auteur qui embrouille la pensée...


      • Mycroft 21 juin 2013 11:16

        "La meilleure définition du fascisme tient en une formule énoncée par Mussolini : « Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ! »« 

        C’est surtout la définition de la république civilisé.

        Vous oubliez les éléments qui font du Fascisme une horreur. Car s’il n’était que l’étatisme, le Fascisme serait une doctrine comme une autre. Seulement voila, le fascisme c’est aussi :

        - L’existence d’un groupe élu »bien né« (arien, vraie français, ...). Cette donnée est souvent lié au nationalisme ethnique et historique.
        - L’existence d’un groupe ennemi »mal né« (Juif, étranger, ...)
        - Le rejet des institution qui rendent l’état multicéphale (comme le pouvoir syndicale par exemple)

        La notion de »bien né« et de »mal né" est la véritable horreur du Fascisme, que vous occultez complètement dans votre article.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 juin 2013 11:27

          Je n’ai rien oublié, cet article ne parle pas du fascisme politique et idéologique dont vous avez tracé quelques traits mais de cette nouvelle notion à risque, le fascisme méthodologique. Une notion aussi délicate à manier que le pétainisme transcendantal qui n’est pas de moi mais de Badiou qui a dû le piquer chez je ne sais plus qui


        • Cocasse Cocasse 21 juin 2013 11:22

          Le fascisme méthodologique ou la mise à disposition de l’Etat au service d’intérêts particuliers tout en asservissant le citoyen devenu pour une part une machine humaine instrumentalisée

          Vous avez bien résumé.

          Concernant les moyens de propagande mis à disposition pour faire accepter ce système, même sans intellectualiser, j’ai finis par en acquérir une intuition animale.


          • Montagnais Montagnais 21 juin 2013 11:52

            Ben .. excellent article, excellente échappée


            « la situation actuelle nécessite un nouveau regard philosophique. » vous-dites ..

            C’est le moins qu’on puisse !..

            Ecrivez le donc ce bouquin nouveau .. mais pas chez Xenia cette fois .. numérique, n’est-ce-pas ?

            Un nouveau regard numérique .. tenez, la boutique : 


            Mettez Giap dans le moteur de recherche . ;

            Vous comprenez ?

            Nouveau regard philosophique . ; nouveaux moyens numériques .. nouvelles armes stratégiques ..

            Giap ? un bon mot clef pour diffuser un brin d’idée .. on lui souhaite de vivre longtemps encore. 

            Lui qui conduit les armées du printemps et de l’été WW et d’Adbusters ..



            • slipenfer 21 juin 2013 13:33

              « Il faut admettre comme plausible l’hypothèse qu’on ne sortira pas du fascisme méthodologique »

              On pourra par extrapolation en déduire ou il nous conduit et toutes ces conséquences

              @bernard
              à propos de biologie  Les squatteurs de Tchernobyl
              une vielle femme vit depuis toujours a proximité de la central, le témoignage vidéo
              débute quelques minutes après l’exposé du conférencier.

              même pas mal . smiley un miracle.. ? l’exception qui confirme la règle.. ?


              • Akerios 21 juin 2013 16:38

                La radioactivité tue plus vite les enfants que les vieux.

                 Elle tue avec un ratio quantité/temps d’exposition. Ainsi la durée de vie va de quelques minutes a plusieurs dizaines d’années pour une exposition ponctuelle.

                En Irak un char de Sadam détruit par un obus a pointe en uranium appauvri ne représente aucun danger de radiation . Par contre en marchant je soulève la poussière et si une seule particule de poussière d’uranium appauvri est respirée et se fixe dans mes poumons.........................................

                Les radiations « alpha » de cette particule infime dans mes poumons vont déclencher un cancer .

                C’est la mort radieuse .

                 

                 

                 


              • gogoRat gogoRat 21 juin 2013 14:03

                Cet article, fort intéressant au demeurant, m’inspire cette réaction concernant l’interprétation qu’il fait de deux vocables marquants : la technique, et l’Etat.

                • ( Bravo, en tous cas, pour ce constat :
                  Que ce soient les Fronts de gauche et de droite, le PS, l’UMP et le Centre, aucun n’a jamais dénoncé la loi Scellier ! )

                La technique est au cœur et à la racine de toute culture. ( Cette constatation n’est pas une élucubration de mon fait : pardon, si pour l’instant j’ai perdu la référence à laquelle je pense )

                Certaines de vos phrases donnent le sentiment que, au lieu de le déplorer, votre propos ne fait qu’avaliser un renversement de perspective tendant à nous donner l’illusion que la technique est au service de l’Etat !

                Qu’un certain ’fascisme’ puisse utiliser des moyens est certes possible … mais cela n’empêche pas que les moyens permis par la technique puissent aussi être bénéfiques par bien d’autres utilisations !

                S’en prendre à l’outil plutôt qu’à notre capacité à l’utiliser est un travers d’ailleurs fort bien énoncé par l’expression populaire : « jeter le manche après la cognée » !

                Voici tout de même une lecture qui exprime assez bien, quoique encore incomplètement, ce qui devrait inciter à un peu plus de prudence respectueuse lorsqu’on évoque « la » technique :

                http://www.philolog.fr/technique-et-culture/

                • « ’L’opposition dressée entre la culture et la technique, entre l’homme et la machine est fausse et sans fondement. Elle ne recouvre qu’ignorance et ressentiment. Elle masque, derrière un facile humanisme, une réalité riche en efforts humains …’
                   Injustement privés de leur dignité, le geste et l’objet technique technique ont aussi largement suscité une réaction de peur … le mythe de Prométhée est éloquent 

                  ... il y va d’une méconnaissance du fait technique et d’une aliénation de l’homme,soit qu’il ne sache plus se reconnaître dans son œuvre, soit qu’il oublie que le pouvoir technique doit être contrôlé et orienté vers des fins humaines ; cette tâche n’étant pas compétence technicienne (affaire d’experts) mais responsabilité morale et politique »

                _ _ _

                Pour ce qui est de l’Etat je citerai ces passages de votre texte :

                • « Le démocrate convaincu qu’il vit en démocratie saura répondre que les gouvernants élus par le peuple décident d’organiser la société .. »
                • « L’Etat n’est pas seulement un instrument (central et périphérique) permettant organiser la société. .. »
                • « le peuple exerce sa pression par l’intermédiaire de représentants qu’il élit .. »

                Pas d’accord !

                Même la Constitution de notre prétendue « démocratie » ne devait conférer à notre Président qu’un rôle d’arbitre .

                L’Etat n’a pas à penser pour le peuple ! Il n’a pas à s’approprier la technique , la culture … il n’a pas à organiser la vie du peuple ! Il devrait plutôt être au service du peuple … en se tenant à son écoute ( plutôt que l’inverse, en voulant tout régenter ) .

                Remarque :

                depuis qu’un certain ’logiciel libre’ a su émerger pour permettre à un maximum de citoyens de s’approprier une bonne part de techniques devenues aujourd’hui incontournables, quand comprendra-t-on que la liberté nécessite des efforts personnels ?

                Dans cette perspective, déléguer la technique à des experts (grouillot ?) est aussi coupable que de déléguer la Culture à des Artistes homologués, ou que déléguer la polotique à des politiciens .



                • Akerios 21 juin 2013 14:12

                  Bernard Dugué 

                  Bonjour,

                  Merci pour ton article.

                  Ton article est dense et demande un effort de réflexion et pour moi plusieurs lectures pour conceptualiser les propos et comprendre.

                  Je pense être en accord avec ton article

                  Par cotre je suis en total désaccord avec toi sur ce que tu écrit ci dessous et je te cite 

                  « La mort de ce jeune élève de Science Po est tout aussi choquante que celle d’un jeune lors d’un affrontement entre gangs de cité »

                   

                  Et bien non.

                   Les membres des gangs dans les cités sont des combattants qui s’affrontent a la police et aux membres des autres gangs . Ces combattants ont des règles ou des lois propres.

                  La mort d’un membre d’un gang est une perte prévue et tolérée de façon intrinsèque par son gang et les autres gangs dans le cadre de leur lois. Ces «  membres de gangs » les populations avoisinantes les détestent et trop souvent en subissent les méfaits.

                  Cela ne surprend pas que l’un d’eux soit tué ! Par contre devant ces meurtres le citoyen sait que en bas de son immeuble il est sans défense et s’en trouve personnellement choqué .

                  La mort du membre d’un gang n’est pas choquante en elle même elle est dérangeante et acceptée comme telle et prévisible pour tous.

                  Par contre la mort de ce jeune élève de Science Po est anormale car Science Po ne forme pas des combattants de rue.

                   Cette mort est choquante.

                  La mort d’un combattant ( militaire , police , gang ) est le risque du métier pour les uns et celui des nuisibles ou «  gangsters  » pour les autres.

                  C’est le ..............«  est aussi choquante  » .........qui ne passe pas alors qu’il est la clé de la démonstration.


                  • Castel Castel 21 juin 2013 17:15

                    Bien d’accord avec l’article.
                    Cependant, j’aurais énoncé certains mécanismes comme par exemple inclure des domaines dans le système afin de tuer son militantisme.


                    • Zobi Zobi 21 juin 2013 23:11

                      C’est notre rapport à la vérité qui change.
                      La représentation du réel que nous avons est-elle vraie ?
                      Les moyens dont nous disposons pour nous informer sont-ils valables ?
                      Sommes-nous biaisés ? :)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès