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Accueil du site > Actualités > Politique > DSK : petit rappel de sémantique et de droit

DSK : petit rappel de sémantique et de droit

« Selon que vous serez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

On aimerait que le District Attorney, Cyrus Vance, ait connaissance de notre La Fontaine, et de la morale conclusive de cette superbe fable « Les animaux malades de la peste ». Rappelez vous !

Après ce constat résigné, « indignons-nous ». En vain sûrement, si ce n’est pour conforter chez beaucoup d’entre nous notre secrète et intime conviction.

Prudence, l’ami, car les puissants ont des ressources inépuisables et pas uniquement en argent !

Pas de commentaire hâtif.

Ne discutons pas le bien-fondé de la décision du procureur de New York, mais que les commentateurs, medias ou politiques, fassent preuve de retenue et qu’ils révisent leur sémantique (du grec semanein qui veut dire signifier) et leurs notions de droit, du moins pour ceux qui en ont eues.

L’ancien président du FMI n’a pas été « blanchi » ce qui signifierait qu’il est innocent. Non, non, mille fois non, même si les charges initiales n’ont pas été retenues contre lui dans ce premier acte. No comment ! Tout un chacun devrait savoir quand même qu’un procureur, élu, surtout dans ce district, ne prend pas le risque d’aller au procès s’il risque de le perdre en n’obtenant pas une condamnation unanime des jurés. Système hérité de la common law.

Le Droit constitue, en gros, l’ensemble des règles fondamentales et de l’organisation de la justice, voulues par le législateur, chacun chez soi, en toute souveraineté. Originalité du droit étatsunisien : le droit pénal dont on vient de voir l’exercice et le droit civil dans un épisode à venir, ne sont pas « joints » ou synchrones comme en France, mais nettement distingués l’un de l’autre dans une procédure différente, le procès « au civil » ne requérant pas l’unanimité des jurés. Ce qui n’empêche pas la portée morale d’être bien plus prégnante que ne le suggèrerait la seule sanction pécuniaire.

Et puis, reste l’enquête préliminaire en France, suite à la plainte de la romancière Tristane Banon et le poids de toutes les rumeurs, fondées ou non.

S’il est parfaitement compréhensible de voir des amis se réjouir de la libération de leur quasi-modèle, ces épanchements triomphalistes de la part des copains, socialistes ou du sérail, peuvent paraître indécents et, partant, contre-productifs.

On oublie dans cette euphorie de laisser les protagonistes ou plutôt les antagonistes à leur place : victime-plaignante et accusé présumé innocent ne doivent pas être inversés. Imaginons un seul instant la même « affaire » - puisque c’est ainsi qu’on en parle - affaire comparable donc qui opposerait une victime de la High Society newyorkaise, blanche, protestante ou juive ( Waspj ?) à un présumé coupable noir et musulman. Imaginons… mais madame Diallo est une menteuse pathologique dès son arrivée au paradis américain et, impénitente, elle persévère effrontément.

Les Américains auraient-ils oublié tous les mensonges déversés jadis à Ellis Island par les candidats à l’immigration, leurs ancêtres ?

 Et voilà qu’elle perd toute crédibilité face à son bourreau présumé qui lui, est crédible, sans aucun doute possible puisqu’il est autorisé à se taire.

Miséricorde, oui mais.

Allez, « A tout péché miséricorde  », comme dit le proverbe, surtout s’il ne s’agit que d’une peccadille d’ « homo erectus » surexcité, dans un rapport consenti, ce qui est tout de même reconnu, il faut le rappeler. Et les blessures physiques et morales infligées à une jeune femme de chambre, illettrée et en grand désarroi ? Il faut le rappeler aussi.

L’attitude incompréhensible des ténors du PS.

Ici même, le jour de l’arrestation du patron du FMI, j’avais écrit, à chaud, sous le titre « DSK sauvegarde les chances du PS », un billet dans lequel je considérais que ce dernier était, à terme, un mauvais candidat dont les « casseroles » ne tarderaient pas à tinter dès les primaires et de plus belle si sa candidature était victorieuse et qu’il ait eu à se battre jusqu’au bout. Il le savait et l’avait lui-même indiqué fort intelligemment.

Aujourd’hui, compte tenu de l’attitude de ses « fans », il n’est pas interdit de penser que leurs déclarations obèrent lourdement les chances du futur candidat.

Un dicton allemand, « Mit gefangen, mit gehangen » », littéralement « pris de concert, pendu de concert », est évoqué dans un média d’Outre-Rhin à propos de cette affaire et implique même Martine Aubry. On y fait, d’ailleurs outrancièrement à mon goût, référence aux révélations d’agapes festives et débridées et même d’un flirt à Tokyo en 1992 entre la candidate du PS et DSK alors tous deux jeunes ministres. (cf « Les vies cachées de DSK » par Vincent Giret et Véronique Le Billon, paru en 2000). Il y a belle lurette…

Hélas, ce genre d’amalgame est encore inexpugnable dans le grand public en dépit des dithyrambes des « has been » comme J. Lang, L. Fabius ou autres éléphants.

Mais les plus jeunes ? Alors quoi, Arnaud, Emmanuel, Pierre (lui c’est réglé, il s’est déjà rétabli), Ségolène et surtout le favori François ? Toujours plombés ?

Avant l’épilogue car on n’en est pas là, n’est-il pas plus prudent de se taire ou de déclarer à l’unisson qu’un suspect laissé en liberté est toujours préférable à un innocent châtié. Et on verra.

Et puis, laissez à Dominique comme dit Martine, si vous l’aimez un peu, le temps de réfléchir, de se ressaisir sereinement, coupable ou non, ce que lui au moins sait.

Antoine Spohr

 (article également paru sur Médiapart)


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60 réactions à cet article    


  • Tall 24 août 2011 09:55

    pathétique, mais presque ...


    • A. Spohr A. Spohr 24 août 2011 15:13

      Que voulez vous dire si laconiquement ?


    • vivabolivar 24 août 2011 15:30

      A lire tous les commentaires sur cette affaire qui n’en finit pas, vous êtes à peu près le seul avec Pastori (je crois) ) à tenir des propos pertinents « sans haine ni passion » comme on dit chez moi


      Il y a eu et il y aura encore des excès, des propos haineux des deux côtés (de la part de politiques ou personnes anonymes), cela en dit long sur la nature humaine et franchement cela m’angoisse encore plus que les faits concernés.
      Dans cette lamentable affaire DSK semble le seul responsable de ce qui lui arrive il est assez « grand » pour en tirer je l’espère pour lui, ses conclusions
      Et qu’on arrête de se répandre sur son sort.........

    • vivabolivar 24 août 2011 16:12

      Quand j’évoque des propos pertinents et plein d’humour que j’apprécie, je parlais de Tall évidemment , pas de l’auteur de cet article étrange venant d’un spécialiste de Droit !!! je n’aimerais pas être son étudiant


    • Gyges 24 août 2011 16:31

      « En revanche, d’autres erreurs sont commises dans le calme et la réflexion. Les individus qui se trompent se fondent alors sur des arguments qu’ils jugent pertinents.
      Le livre que j’ai écrit est donc une réflexion globale sur la décision, le sens et la fragilité de l’action humaine.
      La décision absurde se définit selon moi par deux caractéristiques principales, la persévérance de l’erreur et la contradiction, le groupe agissant contre l’objectif qu’il s’est préalablement donné »
      http://www.chear.defense.gouv.fr/fr...

      Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.  Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière


    • Gyges 24 août 2011 16:38

      "Entre mai et juillet, Nafissatou Diallo a livré aux enquêteurs pas moins de trois versions différentes de ce qu’elle avait fait, sitôt après l’agression présumée, peu après midi le 14 mai."

      « A deux reprises, le 16 et le 30 mai, Nafissatou raconte aux procureurs avoir été victime d’un viol collectif en Guinée. Quelques jours plus tard, le 8 et 9 juin, Nafissatou avoue avoir « entièrement inventé cette agression » »

      "L’inclination la plus violente à trouver vraie une chose (...) influe indirectement en lui (...) elle le détourne de l’ennuyeux travail de l’induction rigoureuse, lorsqu’il soupçonne que le résultat pourra être désagréable, et dans la recherche telle quelle qu’il entreprend, elle lui fait appliquer ce qui dépend dans une certaine mesure de sa volonté, son attention, d’une manière partiale, la tournant de préférence du côté des faits qui semblent favorables à la conclusion désirée et l’éloignant des faits contraires.
      (...)
      Cependant, bien que les opinions de la généralité des hommes aient, quand elles ne dépendent pas de la simple habitude, leur racine dans les inclinations beaucoup plus que dans l’entendement, il faut, néces­sai­rement, pour que le penchant triomphe, qu’il fausse d’abord l’intelligence." (Stuart Mill, Des Sophismes)

      « Tous les sots sont opiniâtres, et tous les opiniâtres sont des sots. » Gracian


    • Tall 24 août 2011 17:25

      Pathétique est l’acharnement sur DSK alors qu’il est maintenant clair qu’il a été piégé.


    • deborah30 24 août 2011 21:22

      Soulmanfred,

      Insulter son épouse vous apporte quoi ? Vous l’insultez parce qu’elle est cocue ou parce qu’elle est riche ou alors de savoir qu’il y a des femmes qui pardonnent malgré tout ?
      Moi, je la perçois comme une victime comme tant d’autres femmes trompées...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 août 2011 01:28

      @ Soulmanfred


      Ca ne vous traverse pas l’esprit qu’entre certaines personne une relation peut signifier autre chose qu’un accouplement exclusif et que le cocufiage comme vous l’entendez n’a pas le même sens entre eux qu’entre Bobonne et Mimile ou dans les illustrés pour bonnes d’enfants ?

      PJCA 

    • Emmanuel Aguéra LeManu 25 août 2011 10:59

      Soulmanfred. Trop thétique cette fois.


    • Ariane Walter Ariane Walter 24 août 2011 10:59

      excellent. très bonne analyse.
      Seuls les amis du PS n’apprécient pas. on les comprend.


      • njama njama 24 août 2011 16:25

        Seuls les amis du PS n’apprécient pas ... qu’on ne les comprenne pas ...
        On aimerait bien entendre la version de DSK, cela nous aiderait peut-être enfin à mieux comprendre ! Vivement son retour en France que les journalistes puissent l’interviewer !!! LOL

        Y-a-t-il eu décision de justice (sur le litige) puisque Cyrus Vance, tout comme Pilate, s’en lave les mains ? l’affaire sera jugée ailleurs et plus tard au civil ...

        Pourtant cette Nafissatou n’a vraiment en rien l’air d’une escort-girl, on la croirait tout droit sortie d’un culte évangélique ...


      • Emmanuel Aguéra LeManu 24 août 2011 16:30

        Salut l’ariane

        « Seuls les amis du PS n’apprécient pas. on les comprend. »

        J’en suis ; merci de m’expliquer. Compris ?


      • nilasse nilasse 24 août 2011 18:08

        c’est clair que les adorateurs DSKiste, prêt a voter tête baissée pour le pervers sexuel qui a ruiné la grece et l’Irlande, que tout les médias donnaient gagnant 10 ans a l’avance ,n’apprécient guère ce genre d’article. 


      • Fergus Fergus 24 août 2011 16:37

        Bonjour, Rouxel. 

        Au delà de la boutade, où se situe le rapport entre le PS et l’UMP dans une affaire privée de présumé viol ? J’avoue ne pas comprendre.


      • Walden Walden 25 août 2011 12:09

        Plus de différence notable en terme d’image quant au rapport à la morale publique et à la dite « Justice », peut-être ? Pour ceux qui se faisaient encore des illusions, bien entendu.

        Auparavant, on pouvait naïvement penser que les uns n’exprimaient qu’un mépris voilé du vulgum pecus, quand les autres l’affichaient souvent de manière « décomplexée ».

        Aujourd’hui, on se rend compte que tous arborent la même posture aristocratique lorsqu’il s’agit de sauver de l’opprobre un de leurs hérauts, qu’on voudrait faire passer pour un innocent, voire un martyr, pour s’être en réalité seulement vilement défilé vis-à-vis des juges, pour avoir sans vergogne évité le procès à coups de millions et d’entregent.


      • Melara 24 août 2011 11:32

        De telles déclaration ne donnent pas le sentiment d’une grande capacité d’analyse politique. Car il serait étonnant que le PS ne vienne pas de perdre beaucoup de voix.
        Souhaitons pour eux qu’ils tablent sur autre chose qu’un profond rejet du président actuel pour remporter la présidentielle.


        • A. Spohr A. Spohr 24 août 2011 15:14

          Les déclarations de qui ? 

          Sur votre conclusion, je suis bien d’accord.

        • Melara 24 août 2011 19:02

          Ah désolée. Comme quoi on est jamais assez explicite. Il s’agit des déclarations des responsables socialistes.


        • Synkaris 24 août 2011 15:22

          Oui sur ce coup là, les ténors du PS (sauf Ségo et Montebourg) viennent de montrer au peuple qu’ils sont envers et contre tout du côté des privilégiés, y compris dans une affaire de viol supposé.



          • Fergus Fergus 24 août 2011 16:40

            Bonjour, Synkaris.

            Vous avez raison. C’est pourquoi j’ai envoyé dès hier matin un e-mail au PS pour les mettre en garde contre une érosion de leur électorat pour fait d’indécence dans l’affaire DSK. Puissent-ils entendre le mécontentement des Français... Quant à moi, cela ne change rien pour le 1er tour : je voterai Mélenchon ou Joly.


          • malia 24 août 2011 21:55

            j ’ai entendu SR dire tout le bien qu’ elle pensait de notre « presomption d’innocence » cela parait intelligemment explicite et tres suffisant..
            c« est surtout ce qu’on doit retenir de cette triste affaire . (on a bien vu les dégats de la precipitation dans l »affaire d’Outreau et pourtant les accuses n’étaient pas puissants ,comme quoi meme La Fontaine peut se tromper .) . 
            je n’ai rien entendu de Montebourg ,il est vrai .
            Les thenardier ,tous miserables qu’ils fussent.,n’etaient pas exempts de défauts et n’ont pas été plus punis pour autant ..ça peut arriver« .l’homme n’est ni ange ,ni bete »... . 


          • Emmanuel Aguéra LeManu 25 août 2011 12:10

            Fergus : Marine t’en remercie d’avance.


          • Emmanuel Aguéra LeManu 25 août 2011 12:11

            Je te souhaite simplement de pouvoir faire de même au 2° tour.


          • Cubigaz Cubigaz 24 août 2011 15:29

            Bonjour,
            La photo qui illustre l’article est bien une archive ? Celle de leur mariage ? A voir les mines réjouit de dame Sinclair et de mr « Strasse » Kan, il ne peut qu’en être ainsi ! Non me dit on, c’est à la sortie d’un palais (fut il de justice) que le bonheur de ce couple de perdreaux fut immortalisé.
            « Anne, ma soeur Anne, ne vois- tu rien venir ».... (si de nouvelles emmerdes).


            • MdeP MdeP 24 août 2011 16:14

              MdeP @ l’auteur
              Petite leçon de dépit plutôt, pour parler franc.
              Quant au Droit, laissez-le aux juristes.
              Vance a fait son boulot en toute conscience ainsi que son équipe. Et pourtant, il a été effectivement pointé du doigt pour ses relations avec la famille Wisner.
              Voici ce qui est dit concernant l’avocat de Diallo

              "Le 7 juin 2011, l’avocat de la plaignante a signalé aux procureurs que celle-ci n’avait pas été honnête au sujet de son histoire personnelle, y compris concernant son compte-rendu d’un précédent viol présumé."

              Rue 89 publie l’argumentaire traduit de C Vance d’abandon de poursuites contre DSK.


              • Fergus Fergus 24 août 2011 16:48

                Bonjour, MdeP.

                Non, Vance n’a pas fait son boulot en toute conscience, mais en fonction de ses projets de carrière. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est jeté dans un premier temps sur l’os DSK avec l’appétit d’un coyote affamé. Après quoi, ayant constaté, dans le dossier de Diallo, des faiblesses pouvant remettre en cause un vote unanime de culpabilité de DSK lors d’un procès, il a tout fait pour saborder la plaignante et obtenir du juge l’andandon des poursuites. C’est aussi simple que cela !

                Comme l’a indiqué Bruno Thouzellier, ancien magistrat et secrétaire de l’USM devenu avocat, en France DSK aurait, sur un tel dossier, été renvoyé aux Assises, cela dit sans présomption de culpabilité, mais la décision serait revenue à un jury populaire.


              • Gyges 24 août 2011 16:24

                Entre mai et juillet, Nafissatou Diallo a livré aux enquêteurs pas moins de trois versions différentes de ce qu’elle avait fait, sitôt après l’agression présumée, peu après midi le 14 mai.

                A deux reprises, le 16 et le 30 mai, Nafissatou raconte aux procureurs avoir été victime d’un viol collectif en Guinée. Quelques jours plus tard, le 8 et 9 juin, Nafissatou avoue avoir «  entièrement inventé cette agression  ».

                http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/08/affaire-dsk-les-mensonges-de-nafissatou-diallo.html


                « En revanche, d’autres erreurs sont commises dans le calme et la réflexion. Les
                individus qui se trompent se fondent alors sur des arguments qu’ils jugent pertinents.
                Le livre que j’ai écrit est donc une réflexion globale sur la décision, le sens et la
                fragilité de l’action humaine.
                La décision absurde se définit selon moi par deux caractéristiques principales,
                la persévérance de l’erreur et la contradiction, le groupe agissant contre l’objectif
                qu’il s’est préalablement donné »
                http://www.chear.defense.gouv.fr/fr/colloques/restitution/p189jdc0304.pdf

                « Commettre des erreurs est le propre de l’humain, mais il est diabolique de persister dans l’erreur par orgueil » Augustin d’Hippone dans Sermons (164, 14) :


                • SATURNE SATURNE 24 août 2011 16:35

                  Voui, il est évident qu’un non-lieu n’a jamais voulu dire inoncence, les juristes ou les habitués de prétoires le savent bien.
                  Cela veut dire que le Parquet et/ ou un juge du siège :
                  -estime que les faits sont prescrits
                  -estime que les charges sont insuffisantes, bancales, ou obtenues illégalement
                  -plus généralement, qu’il « n’y a pas assez de billes », c’est à dire pas de preuves médico-légales irréfragables, pas de témoignages directs crédibles, etc.

                  C’est en quelque sorte une « ouverture préventive de parapluie » de la part du Parquet, qui veut éviter que le dossier ne se casse la gueule en public et devant la presse un ou deux ans plus tard aux Assises.


                  Ceci dit, rien de nouveau sous le soleil : il y a longtemps qu’on parle, chez les voyous, des « rois du non-lieu ». Ca ne veut pas dire que ce sont des anges.
                  Ce que je n’aime pas dans votre billet, c’est que cela ne vous géne que parce que c’est DSK.
                  S’il s’était agit de mouloud, Rachid ou Tony, habitués des prétoires, qui en seraient à leur septième non_lieu pour vol aggravé ou coups et blessures, vous seriez le premier à dire que c’est très bien, que la Justice a tranché, qu’on doit s’incliner.

                  Et méme, vous rappelleriez que légalement, on ne doit jamais évoquer, sous peine de sanction, le fait qu’un prévenu ait été jadis mis en examen et relaxé, ou acquitté, ou a bénéficié d’un non-lieu.
                  Il est considéré comme vierge de casier, et on ne saurait évoquer ses déboires pénaux qu’en cas de condamnation pénale définitive et non amnistiée.
                  Or, vous ne le faites pas.

                  Bref, ce qui me gène, c’est qu’on sent que vous étes de la meute qui applaudit des deux mains quand le Parquet rend à tour de bras des décisions de ce genre pour des affaires de droit commun avec des inconnus, mais que ça vous gène de dire « juridiquement, il ne s’est rien passé de pénal dans cette chambre », juste parce que c’est quelqu’un de connu et de riche( pour qui je n’ai aucune symptahie, soit dit par ailleurs).
                  Est-ce que je me trompe ?


                  • Gyges 24 août 2011 16:49

                    « L’état affectif dans lequel nous nous trouvons influence-t-il la manière dont nous percevons et
                    formulons des jugements sur les objets, les idées et les personnes ? Les nombreuses recherches
                    conduites sur ce sujet indiquent que notre état émotionnel influence non seulement le contenu de nos
                    pensées mais aussi la manière dont nous pensons. »

                     Nous allons présenter un bref aperçu de ces
                    travaux et de leurs principales conclusions (pour une présentation plus détaillée, voir Niedenthal,
                    Krauth-Gruber & Ric, 2008).
                    http://www.psychologiesociale.eu/files/RePS4.Ric-Alexopoulos.pdf


                    « N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »
                     Khalil Gibran


                    • johnsmith johnsmith 24 août 2011 17:15

                      Ralala..

                      C’est fatiguant de voir au fil des jours des auteurs user et réuser jusqu’à la corde des arguments foireux....

                      Après le « si vous mentez sur quelque chose qui n’a rien a voir avec votre procès blabla », « mentir sur la couleur du napperon », ou « si vous mentez pour entrer aux US blabla », 
                      nous avons maintenant un auteur qui met tout le monde dans le coup , ancêtres comprises...
                      Raz le cul de lire des conneries.
                      Votre argument est un sophisme : pour qu’il soit recevable, il faudrait admettre que tous les ancêtres américains dont vous évoquez la mémoire ont eux aussi inventé un VIOL pour entrer sur le territoire, et que cela ne les a pas empêché d’obtenir gain de cause par la suite dans un procès pour VIOL.

                      Ah ouéé mé nan c’est pas ça ?

                      Bin si c’est ça. 

                      Vous et d’autres tentez à tout prix de nous faire avaler que mentir sur un viol pour entrer sur le territoire US, c’est ni plus ni moins que juste « mentir » au sens général, un pieux mensonge de rien du tout, pour rentrer sur le territoire US, et que ça n’a rien à voir avec l’affaire en cours... 
                      Alors que ça a TOUT à voir ! Faut être débile pour ne pas voir ça. Et je pèse mes mots.

                      D’autant que vous continuez à confondre les dates de ses mensonges : elle n’a pas raconté officiellement ce viol collectif à l’époque, lors de son arrivée aux US et du montage de son dossier, elle l’a fait là, ces dernières semaines, pour se victimiser... (apparemment, elle ne se rappelait même plus qu’elle avait décidé de ne pas mentionner cette fable de viol collectif dans son dossier... :/)
                      Le procureur se retrouve donc avec une femme qui lui raconte 2 viols, et se rend compte que le premier est inventé, que la plaignante le lui a raconté avec autant de passion que si c’était vrai et qu’il l’a crue... à tort.
                      Comme tout cette affaire du viol dont elle accuse DSK repose finalement UNIQUEMENT sur son témoignage (si vous prenez la peine de lire le dossier médical, vous ne pourrez qu’en convenir), la décision de non-lieu tombe sous le sens.
                      vous devriez également comprendre que les faits mettent finalement en lumière bien plus probablement une arnaque, mais vos oeillères vous en empêchent.

                      Je vous cite : 

                      « L’ancien président du FMI n’a pas été « blanchi » ce qui signifierait qu’il est innocent. Non, non, mille fois non, même si les charges initiales n’ont pas été retenues contre lui dans ce premier acte. No comment !  »

                      Vous dites « no comment », mais vous en faites quand même des tonnes. Passons.

                      Je vais me faire aussi juge que vous :
                      Je vous accuse de bêtise profonde. 
                      Puis je déclare le non lieu, car on m’avait menti.

                      =>Vous n’êtes de fait pas innocenté de bêtise profonde. « Non, non, mille fois non, blabla no comment »




                      • MdeP MdeP 24 août 2011 17:29

                        MdeP @ Fergus
                        Bonjour.
                        Non Vance n’a pas agi en fonction de projets de carrière : il lui est apparu ainsi qu’à toute son équipe que Diallo n’était pas crédible, non pas seulement qu’elle ait menti sur son passé, mais parce qu’elle mentait aussi sur l’affaire en cours (pour eux) et sur plusieurs points importants. Comme il l’a écrit : comment puis-je demander à un jury de la croire puisque nous ne la croyons pas nous-mêmes ?
                        La question que Thouzellier ancien magistrat devrait se poser : est-il normal en France d’envoyer une personne aux Assises alors que l’on sait que son accusateur est un menteur voire un escroc qui a décidé de blouser tout le monde à l’aide de sa faiblesse originelle, en actionnant le bandit manchot de la Justice pour décrocher le jack-pot. (Y’a eu hésitation de Diallo quand même). En France, le juge d’instruction fait des confrontations entre les parties mais ce sont souvent des instructions à charge qui sont faites contre les accusés d’où les scandales judiciaires que je ne nomme pas.
                        Le doute doit bénéficier à l’accusé. En Amérique, c’est plus en amont que chez nous. En France, après de longs mois, d’années de calvaire pour l’accusé. Même si, comme en Amérique pour le procureur, c’est le juge d’instruction qui décide ou non du renvoi devant une Cour.


                        • Fergus Fergus 24 août 2011 18:58

                          @ MdeP.

                          Je maintiens ce que j’ai écrit plus haut sur l’attorney Vance, et c’est moins lui qui en est responsable de ce carriérisme que le système américain qui met en place des juges élus, qui plus est sur une étiquette partisane comme si le fait d’être républicain ou démocrate pouvait avoir un rapport avec la manière de rendre la justice.

                          Quant à renvoyer un accusé aux Assises en France sur un dossier tel que celui de l’affaire DSK, c’est la moindre des choses si l’on veut rendre une justice équitable, autrement dit qui ne lèse ni la victime présumée ni l’agresseur présumé. La décision appartient dans ce cas à un jury souverain et non à un magistrat isolé comme c’est le cas aux Etats-Unis.

                          Pour ce qui est des juges d’instruction français, je ne vois pas sur quoi de sérieux vous vous appuyez pour affirmer qu’ils instruisent le plus souvent à charge. J’ai parlé à différents magistrats en différentes occasions, et j’ai suivi des procès d’Assises, y compris comme juré, et ce n’est pas mon impression. Je vous signale à cet égard qu’il arrive assez souvent qu’un mis en examen bénéficie d’un non-lieu lorsque l’instruction permet d’établir son innocence ou lorsque les charges sont clairement insuffisantes pour une ordonnance de renvoi. Encore une fois, ce n’aurait probablement pas été le cas dans le lourd dossier DSK, et Thouzellier a eu raison sur ce point.

                          Un dernier point : je vous invite à vous rapprocher des associations qui gérent la détresse des femmes agressées et violées. Vous y découvrirez à quel point ces femmes ou ces jeunes filles peuvent varier parfois dans leurs déclarations tant le traumatisme a pu, dans certains cas, brouiller le souvenir des faits, même très proches, ou entraîner des récits confus. Ce n’est peut être pas le cas de Mme Diallo, mais c’est une possibilité qui ne peut être écartée,


                        • bigglop bigglop 24 août 2011 17:31

                          Bonjour,
                          Quelle poésie, ces pérégrinations de l’ami Financier Strauss-Kanh à N.Y. City.
                          Je n’ai pu résister à « déflorer » la tirade du « Nez » de Cyrano de Bergerac que je vous livre très humblement :

                          LE FINANCIER, imperturbable.
                          C’est tout ?...

                          LE VICOMTE LANG DE PUTTE
                          Mais...

                          CYRANO
                          Ah  ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
                          On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme.
                          En variant le ton,-par exemple, tenez :
                          Agressif : " Moi, Monsieur, si j’avais un tel sexe
                          Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! « 
                          Amical : » Mais il faudrait que je le suçotasse !
                          Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! « 
                          Descriptif : » C’est un roc ! . .. c’est un pic ! . . . c’est un cap !
                          Que dis-je, c’est un cap ?. .. C’est une péninsule ! « 
                          Curieux : » De quoi sert cette longue capsule ?
                          De cintre, Monsieur, ou de boite à sceaux ? « 
                          Gracieux : » Aimez-vous à ce point les oiseaux
                          Que paternellement vous vous préoccupâtes
                          De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? « 
                          Truculent : » Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
                          La vapeur du chit vous sort-elle de ce  « nez »
                          Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée  ? « 
                          Prévenant : » Gardez-vous, votre corps entrainé
                          Par cette masse, de tomber en avant sur le sol ! « 
                          Tendre : » Faites-lui faire un petit parasol
                          De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! « 
                          Pédant : » L’animal seul, Monsieur, qu’Aristophane
                          Appelle Hippocampelephantocamelos
                          Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! « 
                          Cavalier : » Quoi, I’ami, ce croc est à la mode ?
                          Pour pendre son manteau, c’est vraiment très commode ! « ,
                          Emphatique : » Aucun vent ne peut, gaule magistrale,
                          Te courber tout entier, excepté le mistral ! « 
                          Dramatique : » C’est la Mer Rouge quand il saigne ! « 
                          Admiratif : » Pour un parfumeur, quelle enseigne ! « 
                          Lyrique : » Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? « 
                          Naïf : » Ce monument, quand le visite-t-on ? « 
                          Respectueux : » Souffrez, Monsieur, qu’on vous salue,
                          C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! « 
                          Campagnard : » He, arde ! C’est-y une bite ? Nanain  !
                          C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’concombre nain ! « 
                          Militaire : » Pointez contre cavalerie ! « 
                          Pratique :  » Voulez-vous le mettre en loterie ?
                          Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot ! "
                          Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot :
                          " Le voilà donc ce phallus qui des traits de son maître
                          A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! "
                          - Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit


                          • Claudec Claudec 24 août 2011 18:05
                            Hors droit et sémantique, en politique tout est permis, c’est bien connu, et il est donc probable que DSK reprendra ses péroraisons sous peu. Mais il est tout de même ahurissant de constater à quel point les fondamentaux d’une idéologie qui, pour aussi stérile et destructrice qu’elle ait pu se révéler au cours de l’histoire - et pas seulement en France -, peuvent être balayés d’un revers de main, pour tenter de donner un reste de lustre à un leader défaillant. C’est oublier un peu vite que seule la nécessité et la pâleur de ses compétiteurs au sein du parti dont il se réclame, ainsi que leur compréhension, allant bien au-delà de la tolérance lorsqu’elle s’applique à ses membres, lui vaut de tels égards.
                            Quant à sa compétence, qui suffirait paraît-il à l’exonérer de ses turpitudes, il serait bon que ceux qui y trouvent l’excuse d’une faiblesse intellectuelle les entraînant jusqu’à renier sans vergogne leurs principes, en donnent quelques exemples plus probants que les rodomontades habituelles d’un politicien comme beaucoup d’autres, dont le principal mérite est d’avoir su profiter de l’agitation d’un parti pour y faire son trou, comme n’importe quel rat dans n’importe quel fromage de rencontre ; ce en quoi il n’est d’ailleurs pas le premier.
                            Il n’en demeure pas moins qu’à la lumière glauque d’évènements honteux, une fortune de gauche aura illustré sans vergogne les abus de pouvoir d’un argent que cette même gauche prétend combattre.
                            S’il est vrai que la semence répandue sur une moquette dans un moment d’égarement peut être lavée sous un flot de dollars, il reste à espérer qu’il en reste assez pour qu’en naissent enfin ces saines réactions dont la politique à grandement besoin.
                            Et les droits de l’homme dans tout ça ? qu’en est-il dans une affaire où la réputation (fondée ou non) de la plaignante dispenserait le présumé coupable d’un procès ? Il est proprement sidérant qu’aucun des braillards habituellement si prompts à dénoncer le moindre manquement en la matière se taisent comme ils le font. Tant il est vrai que leur souci de la présomption d’innocence peut se plier à quelques complaisances.
                            Et pour finir, merci Mme Buffet. Je ne suis pas communiste mais, sans s’arrêter à votre inspiration plutôt féministes, saluons vos propos dénonçant la satisfaction sans retenue affichée par les leaders socialistes à l’annonce de l’abandon des poursuites contre leur sauveur déchu.

                            • Fergus Fergus 24 août 2011 19:02

                              Bonjour, Claudec.

                              Je me joins à vous pour féliciter MG Buffet. Comme elle, je pense que l’abandon des charges en l’état connu du dossier est un terrible coup porté aux femmes agressées et violées. Il fallait aller au procès et laisser un jury populaire décider au vu des pièces du dossier et à l’écoute des témoignages.


                                • Defrance Defrance 24 août 2011 18:58


                                   Vous n’êtes pas sympa , il va rater le fauteuil de Ministre des droits de la Femme dans le Cabinet de Flamby
                                  Premier !

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