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Du protectionnisme environnemental et social Européen (PESE)

Il me semble que nous marchons à coté de nos pompes ces temps-ci, bien évidemment en politique intérieure, mais également au niveau de la politique extérieure Française hors de nos frontières.

Chroniquant déjà nos rocambolesques circonvolutions Elyséennes à longueur de semaines, je ne m’attarderai pas sur ce point-là aujourd’hui.

Non, le mal est ailleurs, il se situe à mon avis dans le grand écart réalisé entre un « idéal de nous-même » que nous projetons et assignons au monde et le constat quotidien et cruel d’une altération profonde et permanente de cette ambition. L’écart entre notre universalisme chevillé au corps et sa mise en défaut régulière n’a cessé de s’accroître depuis quelques décennies. Nous sommes désormais un pied dans l’idéologie universaliste du début du XXième siècle et l’autre dans la réalité économique et sociale mondialisée présente. Inutile de préciser que la tectonique actuelle de ces deux plaques ne cessent de nous écarteler sans cesse davantage. Nous n’acceptons toujours pas l’influence insignifiante de notre politique étrangère sur la scène internationale.

Il ne s’agit pas de faire le procès ici de notre universalisme, en introduisant la variante relativiste en vogue depuis quelques années, que je dénonce par ailleurs. Mais bel et bien d’essayer de sortir de cette dichotomie manichéenne entre relativité culturelle et universalisme.

Traces du malaise

Les tensions sociales viennent de la projection inconsciente de cet idéal républicain, universaliste et démocratique que nous « appliquons » au monde barbare (d’ailleurs) et la réalité qui est à cent lieues de cet idéal. Une fois ce constat réalisé, jeter l’eau du bain avec le bébé dans un relativisme dévoyé autorisant le business tout en abaissant nos critères moraux, est une solution extrême à laquelle nous ne devons pas céder. il y a tout de même une gradation idéologique qu’il est possible d’envisager afin de minimiser l’impasse actuelle entre notre inconscient et cet environnement extérieur.

Je suis surpris de la constance du multilatéralisme-universel avec lequel nous nous drapons le plus souvent, du moins dans le verbe seulement, puisque cela fait déjà belle lurette que nous n’avons plus les moyens économiques de cet incessant verbiage. Une sorte de cache sexe à l’usage d’un réveil impossible. En gros, la signature Française sur la scène internationale n’est que l’ombre de ce qu’elle fut, à un moment donné de notre passé, si tant est que ce passé ait existé un jour autrement que dans notre inconscient collectif revisité.

Et ce n’est pas la dernière commission, lancée par le quai d’Orsay et sobrement baptisée« pôle génocides et crimes contre l’humanité" dont l’objectif clairement affiché est de nous faire oublier notre couardise sur le plan législatif à l’encontre des criminels de guerre, qui viendra nous démonter le contraire. L’agitation Présidentielle dans le domaine de la politique étrangère est la meilleure preuve de son inefficacité, celle-ci est en effet tellement nauséeuse dans les faits, qu’elle fait illusion sur les rings internationaux tout en maintenant la population dans l’illusion d’une puissance digne de ce nom. Les trépidations incessantes de l’international-Sarkozy’s band ne sont actuellement qu’un paravent dont l’influence internationale est inversement proportionnelle à la taille du barnum mis en oeuvre.

La désinformation sur l’impact de notre diplomatie Française à l’étranger est régulière, j’en veux pour preuve les dernières affaires nous concernant. Quid de nos idéaux piétinés par la politique étrangère dite de la « queue entre les jambes » menée avec la Chine depuis maintenant 3 ans. Quid de l’influence présumée de Sarkozy sur l’Allemagne (il est en effet possible que ce soit Obama qui ait forcé la main à celle-ci au sujet du plan de relance européen de 750 Milliards).
Obama s’occupe donc des USA, en s’insinuant dans le débat Européen au titre des intérêts Etasuniens ! étrangement la France et l’Europe se sont senties froissées par ce manque de considération du président Américain envers eux.
L’Europe est aux ordres et alignée dans les faits, les USA attendent donc de nous un minimum de désagréments à l’usage. Cependant, que n’a-t-on pas dit de l’offense faite par un Obama aux Européens ! ce dernier s’occuperait donc uniquement des intérêts Américains en intervenant chez nous ! Et quoi de plus naturel vis-à-vis de son mandat finalement ?

Une question intéressante pointe à cet instant : Pour quelles raisons nos politiques Européens cherchent-ils des marques de considérations chez un dirigeant étranger ? par manque de représentativité de leurs électeurs pardi ! ceux-ci ne possèdent plus les leviers économiques (taux d’intérêts, Taux de change, Tarifs douaniers etc…) capable d’influer sur la marche du monde et ils pallient à ce manque de souveraineté par un ego en attente d’une brosse à reluire.

Nos politiques, sur le plan international et géostratégique font d’ailleurs pale figure vis-à-vis de leurs homologues. Au pire ce sont des castrats de leur souveraineté perdue, au mieux ce sont des facilitateurs d’intérêts divers et variés sur la scène internationale.

« Un manque de représentativité » est sans doute un bel euphémisme en ce qui concerne nos politiques, en effet le peuple Français n’a pas souhaité le traité de Lisbonne, ses dogmes libéraux de libre-échange ainsi que sa fameuse concurrence libre et non faussée. Ce n’est pas notre tasse de thé à gauche tout comme à droite. Les urnes ont déjà donnée de la voix dans ce sens, lors du référendum sur le traité de Lisbonne….. et elles ont été violées dans le fond et sur forme par le gouvernement actuel, mais également par son principal parti d’opposition.

Nous sommes donc tourmenté par une maladie psychosomatique ainsi que par les fers d’une société que l’on nous impose de force. A mesure que le malade Français gémit, nos politiques lui administrent des doses toujours plus importantes de « concurrence libre et non faussée » dans le veines. La saignée réalisée par ce dogme, pour le bien du malade, nous tue à petit feu de fait. Mais où est donc passée votre remise en question messieurs les politiques ?

Par ailleurs, la CE est un marché consumériste dans lequel l’influence politique est noyée et noyautée par les différents cercles d’influences présents au sein de son fonctionnement complexe. Le dispositif Européen ne comporte plus dans ses statuts les moyens de se réformer en profondeur dans le sens que nous souhaiterions. Un ravin s’est creusé entre les français et la politique Française mais également et surtout envers la politique européenne.

Economie

La crise financière concernant la dette que nous vivons aujourd’hui, même si celle-ci est très largement instrumentalisée idéologiquement pour des besognes peu glorieuses (dossier des retraites) et par le marché qui dicte derechef sa loi aux peuples, elle n’en est pas moins le témoin lumineux clignotant qui doit nous indiquer de stopper notre chemin. Il y a eu surchauffe, et nos comptes collectifs (sécurité sociale, retraite et déficit) sont dans un état pitoyable.

Et pour quelles raisons au juste ? parce qu’il n’y a plus assez de travail en France. Nous pourrions en attribuer la faute à la crise économique, elle a déjà si bon dos, mais il n’en est rien. Une grande partie des jobs perdus ne reviendront jamais et c’est ainsi depuis 30 ans. Nous perdons des emplois de façon structurelle, et cela va continuer.

Nous entendons les réponses classiques à ce constat connu mais étrangement voilé, il faut développer la R&D, il faut devenir davantage compétitif, etc. etc…tel n’est pas mon point de vue, cette partie est perdue d’avance, il suffit juste de regarder le passé récent pour prédire aisément notre futur proche.

La délocalisation des usines de production et de main d’œuvre va se poursuivre, il reste encore un peu d’automobile et d’aéronautique à délocaliser, les sites de R&D devraient connaître le même sort dans les toutes prochaines années. Quelle que soit la compétitivité engrangée dans les 30 prochaines années, on ne luttera pas contre des salaires de 1.5 euros par jour. L’hypocrisie consistant à nier cette réalité fait le lit d’un capital basé en Europe, avec des clients en Asie. Et pour lui, peu importe où se situent les unités de développement et de production. Ces grosses entreprises Françaises n’ont absolument aucun intérêt à re-localiser les moyens Humains des productions en Europe, mais elles peuvent en revanche accroitre leurs bénéfices en délocalisant petit à petit la production ainsi que la R&D.

Savez-vous qu’Airbus assemble déjà en Chine ses A320, la production fonctionnera à plein régime en 2011. La Chine joue sa carte et c’est tout à fait légitime.

Loin de moi l’idée de faire du catastrophisme, mais beaucoup d’informations vont systématiquement dans le même sens.

Pour un protectionnisme environnemental et social Européen

Il est donc encore temps d’ôter ce voile d’un supposé lendemain qui chante libéral pour constater ces réalités afin d’agir au plus près de nos besoins.

A force de mener des raisonnements universalistes, notamment vis-à-vis de l’économie, nous en venons à penser objectivement les forces et les faiblesses de chaque décision sans pour cela opter en faveur de celles nous avantageant. Nous devons à nouveau peser dans le sens qui nous convient sans pour cela perdre de vue le monde nous entourant.

Notre environnement est Européen, il a de plus la taille critique pour posséder les unités destinées à ce marché, et nous devons utiliser les moyens actuellement utilisés par l’Asie et les Etats-unis régulièrement afin de construire une CE, non pas comme nous la souhaitons, mais comme nos décisions peuvent la transformer.

L’écologie cet enjeu impérieux plaide en faveur d’une relocalisation des sites industriels de production afin que ceux-ci soient au plus près de la consommation. Nous devons donc légiférer afin que les produits de grandes consommation vendus en France soient fabriqués en Europe, les droits de douane Français et/ou européens doivent ajuster cette politique afin de minimiser l’impact écologique de ces industries sur l’environnement. Nous n’’avons plus à nous adapter à des dogmes, ceux-ci doivent s’adapter à nous.

La concurrence, cela nous sert à quoi au juste ? à augmenter les bénéfices des entreprises tout en ajustant un moins-disant social toujours bas. Est-ce cela dont nous avons besoin ?

Il est inacceptable qu’un PSA assemble aujourd’hui des 4*4 au Japon et les importe en Europe, en revanche un investissement de Toyota en Europe pour vendre sur le marché Européen est un choix adapté à nos besoins. Il est inacceptable de continuer à laisser partir les heures productives industrielles dans les pays à bas-coûts dans lesquels les règles le plus élémentaires concernant les droits de l’Homme et les règles environnementales les plus simples ne sont pas respectées, ni au travail, ni hors du travail. Il n’y a pas à transiger avec ces concepts de base, Ils doivent être les leviers de notre politique extérieure en se dotant des protectionnismes adaptés à l’encontre des pays ne respectant pas ce mode de vie qui est le nôtre.

Il faut louvoyer sans sortir de l’OMC, ni même de l’euro, tout en gardant à l’esprit que s’il le faut il faudra le faire : il faut obtenir une économie ou chacun aura une place en actionnant enfin les moyens que notre souveraineté évaporée à Bruxelles nous a enlevée. Il n’est pas question, comme mes détracteurs ne manqueront pas de le signaler, d’un énième communisme voué à l’échec, mais d’un voie qui replace le Français et l’Européen au coeur de son ambition pour notre continent. personne ne nous le donnera, il faut le conquérir au prix du courage de la renégociations des engagements déjà réalisés.

Il nous faut donc des politiques bien éloignés de ceux que nous voyons aujourd’hui englués dans ces luttes qui les déshonorent. C’est de cet avenir là que je rêve pour mes enfants et c’est de cet avenir là dont nous devons nous doter.

 Publié sur Peuples.net


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1 réactions à cet article    


  • Ronald Thatcher rienafoutiste 5 juin 2010 10:15

    il nous faut donc des hommes et des femmes qui acceptent de jouer le jeu de rôle sans étiquette politique. La fonction sans la couleur. Interdire les parties politiques dans la représentativité citoyenne, au profit des véritables acteurs du fonctionnement de l’état à savoir le peuple responsable lui même. Réinverstir le parlement et éjecter les professionnels de la politique, notables corrompus et lobbystes, dormeurs séniles ou chaises vides... poeple have the power, year...

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