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Accueil du site > Actualités > Politique > Du vote utile à l’inutilité du vote

Du vote utile à l’inutilité du vote

A l’approche des présidentielles de 2007, les médias commencent à entonner le fameux refrain du vote utile. Et l’on nous ressort des chiffres, des tableaux, des graphiques, pour donner une dimension pseudo-scientifique à cette non-information. Cela non seulement nous invite à réfléchir sur le rôle des médias, mais aussi confirme ce qui a été énoncé dans un article précédent (la Démocratie : une dictature de plus ?) sur Agoravox.

Le mot vote vient du latin votum qui signifie « vœu ». Le vote apparaît donc comme l’expression du choix d’un électeur qui va accorder son suffrage à des représentants en fonction de ce qu’il pense être bon pour lui et/ou pour la nation. Le vote est un vœu personnel et libre, qui ne devrait pas être influencé par les médias. On peut certes, en fonction de ses inclinations, réprouver certains choix, mais la restriction du choix n’ouvre-t-elle pas largement les portes de la dictature ?

Le mot utile, quant à lui, provient du latin utilis et signifie « qui sert, profitable, avantageux », c’est-à-dire dont l’usage est avantageux à quelqu’un, à quelque chose. Manger, dormir, respirer, se défendre sont des activités utiles à l’individu. Se reproduire est une activité utile à l’espèce. Accomplir une action utile, c’est donc agir sous l’impulsion d’une force contraignante qui nous est supérieure. En cela, toute action utile est une restriction de notre liberté. Qui croit utile de repeindre son appartement tous les dix ans est prisonnier d’un besoin (lié à une contrainte socioculturelle , à l’état des murs...) et repeindra son appartement s’il en a les moyens, ce qui le privera de la liberté de choisir une autre solution. Au contraire, qui croit inutile de repeindre son appartement tous les dix ans conserve le choix : le repeindre ou ne pas le repeindre. C’est alors qu’apparaît la notion d’envie.

Le vote utile est donc un oxymore qui consacre l’inutilité du vote. En effet, si une force extérieure oriente mon vœu de façon à permettre à quelqu’un ou à quelque chose de tirer avantage de mon action, ce vœu devient inutile, puisqu’il ne résulte plus d’un choix.

Cela pose donc la question de cette « force extérieure », les médias. Ceux-ci ont-il pour fonction d’influencer l’électeur en associant deux mots à connotation méliorative (vote, utile), et de faire croire que le vote utile est positif ? Et pourquoi les médias trouvent-ils, ex nihilo, utile de parler du vote utile ? Quelle est cette force extérieure qui pèse sur eux ?

Chaque élection stigmatise certes son électeur. On parle bien du vote des intellectuels, des ouvriers, des chômeurs, des bobos, des jeunes, des vieux, en usant d’un langage tantôt approbateur, tantôt réprobateur. Au terme, celui qui vote pour ou contre la Constitution européenne n’est pas un idiot congénital qui n’entend rien à ses enjeux. C’est uniquement quelqu’un qui a exprimé son vœu. On doit le respecter, même si l’on est opposé au résultat de son choix.


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27 réactions à cet article    


  • Yann Riché (---.---.114.124) 26 avril 2006 13:40

    Très bonne réflexion sur ce « vote utile ». L’alternative est bien je vote ou je ne vote pas, cette notion d’utilité est à mon sens contre productive pour ceux qui s’en servent et ceux qui en font la promotion.

    C’est peut être un manque de reflexion de ceux qui croient que notre démocratie a atteint son optimum. Or notre démocratie peut et doit encore progresser, et non évoluer, en proposant une meilleure représentativité des citoyens.


    • dilnyrae (---.---.149.182) 26 avril 2006 14:32

      Article tres interessant et oh combien veridique. Je ne comprend pas pourquoi a chaque election, des gens osent parler des votes de ceux d’en face ! c’est absurde ET anti democratique. Exactement comme les etudiants qui ont manifeste en 2002 apres la victoire de Le Pen. Les gens ont vote pour cet homme, ca ne regarde qu’eux et cette decision doit etre respecte.


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 26 avril 2006 14:36

        Le vote utile n’est rien d’autre qu’un vote qui subordonne l’idéal dont le votant se réclame aux conséquences éventuellement non souhaitables, dans la réalité, de ce vote ; réalité que nous ne maîtrisons jamais absolument car les conséquences de ce vote sont aussitôt captées par des forces qui nous échappent ; en cela jamais la réalté politique ne se plie à nos désirs, même (et peut-être surtout) les plus légitimes.

        Par conséquent, le vote utile fait la part entre le souhaitable et le possible et/ou entre un mal et un moindre mal, dès lors que nous avons très rarement le choix entre ce qui est considéré comme un bien auto-suffisant et le mal et que de ce bien pourrait découler un mal encore plus grand.

        Comme disait Aristote il ne faut pas choisir le bien, mais le convenable ; à savoir la meilleure synthèse possible entre le souhaitable et le réellement possible.

        Le vote utile n’est donc pas un vote qu’on appelle à tort opportuniste (ce qui est selon moi plutôt un compliment) mais il est pragmatique, dès lors qu’il n’oublie jamais le nécessairement souci de l’efficacité. C’est à cette condition qu’il peut être considéré comme responsable.

        C’est pourquoi, par exemple, les conséquences du vote de ceux qui ont voté non au TCE pourraient faire qu’ils se rendent compte que leur vote n’a pas eu les conséquences heureuses qu’ils en espéraient et donc pourraient les inciter à corriger, dans un deuxième vote, leur erreur : Le droit à l’erreur est en effet un droit pragmatique fondamental en politique comme dans tous les domaines du savoir et la pratique ; il fait partie du droit de chacun à la liberté de progresser, dès lors que la prise de conscience de l’erreur est la condition nécessaire de tout progrès

        Le rasoir philosophique


        • Hikaru (---.---.110.85) 26 avril 2006 16:52

          Vos considérations sur le vote utile sont très intéressantes, mais vous ne comprenez toujours pas le non au TCE à mon avis.

          Les partisans du non n’espéraient pas des résultats bénéfiques de leur vote. Ils espéraient bêtement que ce mauvais document ne devienne pas la constitution de l’Europe. En cela leur vote a eu les conséquences espérées, et il est illusoire de croire qu’ils changeront d’avis si on leur pose à nouveau la question.

          Pendant qu’on parle du droit à l’erreur, j’ai voté « utile » au traité de Maastricht que je désapprouvais, car j’attendais comme résultat de mon vote que l’on construise une Europe politique et sociale. Comme cela n’a pas eu lieu, je pense m’être trompé. Je peux faire jouer mon droit à l’erreur dans le vote utile et reprendre mon vote ?

          La réponse est non, bien entendu. Et elle serait négative également après une ratification du TCE qui ne déboucherait pas sur la construction d’une Europe politique. Les partisans du oui présentent généralement leur vote comme « utile » en oubliant que s’ils se trompent ils ne pourront jamais exercer leur droit à l’erreur. Au fond, ils excluent en la possibilité qu’eux-mêmes se trompent.


        • (---.---.162.15) 26 avril 2006 17:09

          Très bonne réponse Hikaru. Je pense que la plupart des votants Non sont de cet avis. Il est quand même étonnant que les votants Oui persistent à leur attribuer des intentions qui ne sont pas les leurs.

          L’incompréhension est toujours aussi forte et c’est pourquoi - notamment - nombre d’entre nous ne pourront voter au premier tour des présidentielles que pour un candidat s’étant opposé à la Constitution Européenne.

          Ce vote était un vote fondateur, il guidera nos choix dans les votes à venir.

          Am.


        • Hikaru (---.---.110.85) 26 avril 2006 18:58

          Merci Am.

          Je ne sais pas si je dirais « vote fondateur » pour la politique française, car la disqualification de Jospin en 2002 pourrait discuter le titre au « non » de 2005. Je crois que c’étaient des variantes sur le même dialogue entre le PS et son électorat : la première fois « -mon programme n’est pas socialiste. -ben casse toi alors » et la suivante, « -l’Europe sociale passe par le oui -ouais c’est ça cause toujours ».

          « [ce vote] guidera nos choix dans les votes à venir » : De ce point de vue, la stratégie actuelle du PS, qui consiste à maintenir son oui pose aux nonistes de gauche modérée un sérieux problème de vote utile aux prochaines élections. Le plus grave, est-ce que Sarkozy devienne président plutôt que Royal, ou que le PS ne représente plus son électorat ?

          Le PS au pouvoir pourrait aussi coopérer plus efficacement à un retour TCE que l’UMP. Imaginons que l’UE ajoute de nouvelles clauses sociales bidons, puis que notre président déclare « vous voyez on vous a écouté on a mis du social alors votez oui » et le fasse ratifier par le parlement. Avec le PS ça passerait plus facilement. Royal pourrait peut-être même dire aux nonistes de gauches « Désolée, vous êtes des utopistes archaïques alliés aux nationalistes racistes, et en plus c’est moi le chef » et passer en force sans mettre le pays dans la rue.

          Plus généralement, les socialos ça fait deux fois qu’on leur dit « le marché tout ça c’est bien, mais un peu d’eau le vin libéral s’il vous plait » et qu’ils ne comprennent pas. On leur cogne encore dessus jusque ça rentre et on se tape Sarko 5 ans ou on vote pour un PS dont la position est inacceptable ?

          Voter utile contre l’UMP ou voter utile contre le PS ? Pour la majorité de l’électorat de ce dernier, la question peut se poser.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 avril 2006 07:34

          Le vote non au TCE est non-fondateur, pour deux raisons :

          1)Un non sans oui ne fonde rien, mais défonde et veut défaire ce qui a été déjà fait, sans alternative cohérente à l’échelon de l’Europe ; l’expression négative d’un raz-le-bol général est purement destructrice.

          2) La majorité de 55% des « non » en France confond le souverainisme de droite et d’extrème droite ( 15%) qui refuse une plus grande intégration européenne et veulent sortir de la zone Euro et ceux qui ont appelé à voté non pour plus d’intégration politique, économique et sociale (40%) ; Ce qui n’en fait pas une majorité politique cohérente pour reconstruire l’Europe sur d’autres bases avec des partenaires qui ont majoritairement ratifié le TCE.

          Ceci est confirmé par les conséquences toujours aussi négatives de ce vote qui ne peut réjouir que les souverainistes de droite et d’extrême droite : le grand marché sans contre-partie politique régulatrice perdure, voire s’aggrave, et la capacité d’agir des états européens vis-à-vis des puissance mondiales que sont les USA et la Chine s’affaiblit. Ce sont des faits et les faits sont tétus( Lénine).

          Croire que le non est fondateur semble être une illusion d’autant plus tenace qu’elle est démentie par les faits ; c’est dans la nature (le définition) de l’illusion de refuser la réalité et la logique pour ne pas prendre conscience de la défaite d’un désir impossible auquel on s’est imprudemment identifié..

          Les conséquences annoncées du non au référendum

          Le rasoir philosophique


        • Hikaru (---.---.110.85) 27 avril 2006 12:17

          Le vote destructeur est fondateur. Pour refonder la gauche française, la première chose à faire est de la débarasser de ses leaders actuels. De même, pour refonder l’Europe, refuser de graver dans le marbre ses règles actuels.

          La forme destructrice du vote fondateur est due à l’asymétrie entre électeurs et politiciens. L’UE propose une constitution, le peuple l’approuve ou non. Le PS propose un programme, son électorat l’approuve ou non. On ne propose pas à l’électorat de rédiger une constitution ou le programme du PS. Fondamentalement, la question posée au peuple est « stop ou encore ? ». Dans un tel système, par construction, le vote fondateur ne peut être qu’un vote de refus. C’est à mon avis ignorer la réalité du système politique en place que de refuser à un vote négatif le statut de vote fondateur.

          L’idée que pour un électeur progressiste un oui au TCE serait utile et un non inutile repose sur l’hypothèse qu’un oui résulterait en la mise en place d’une « contre-partie politique régulatrice » au grand marché. Ce qui est une hypothèse. Le oui de gauche au TCE est un vote utile si l’on croit aux promesses d’Europe politique et sociale du PS.

          On en revient finalement à la thèse de l’article (enfin ce que j’en ai compris) : appeler à un vote utile revient à spéculer que voter pour son camp favori aura des conséquences bénéfiques, et/ou que voter pour le camp adverse aura des effets néfastes.


        • prosper (---.---.173.34) 26 avril 2006 15:23

          Aucun intérêt. Faute de raisonnement sur les significations voeu et vote : il faudrait revoir la différence entre corrélation et causalité avant de polluer Agora Vox de cet étalage de culture pas fraîche...


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 26 avril 2006 16:15

            Je ne vois pas non plus très bien l’utilité de votre message ; mais comme vous ne semblez pas savoir ce que sont un voeux et un vote, je veux bien vous être utile ainsi qu’à nos lecteurs :

            Un voeux est l’expression d’un désir qui peut être impossible et n’implique pas nécessairement de passage à l’acte, un vote est un acte politique qui ne se contente pas d’espérer mais qui décide entre plusieurs options celle qui est la plus conforme au désir et un vote utile est un acte qui se veut et se croit réaliste ou en tout cas nécessaire du point de vue de la réalisation d’un désir (à tort ou à raison).

            Quant à la différence entre corrélation et cause elle signifie que deux phénomènes peuvent être statistiquement liés pour des raisons extérieures (corrélations) sans donc qu’il y ait un rapport, sinon nécessaire, du moins suffisant, pour que l’un entraîne régulièrement l’autre (cause)

            Mais dans le cadre des actions intentionnelles la cause est finale (à distinguer de la cause mécanique) en cela que l’acte dépend nécessairement de l’intention d’agir en vue d’une certaine fin, mais les effets de l’acte dépendent de l’action des autres et des circonstances que l’on ne peut parfaitement connaître à l’avance ; d’où la possibilté de l’échec, d’autant plus que le désir intentionnel tend à méconnaît la réalité agie qui lui semble par trop contraignante. Le vote par « conviction » au contraire du vote utile est trop souvent un vote qui prend le désir pour la réalité (illusion) ; c’est donc un vote qui opère dans l’illusion et génère l’échec plus ou moins catastrophique dont il faut se sortir en renonçant aux illusions premières (ex : l’illusion du plan B)

            Il faut donc choisir entre l’acte romantique qui échoue nécessairement et l’acte utile qui a quelques chances de réussir..

            Cela relève du sens commun ou mieux du sens partageable dont nous savons depuis Descartes qu’il est la chose du monde la mieux partagée.


          • Bulgroz 26 avril 2006 18:31

            Je n’ai pas bien saisi le sens de cet articles et des commentaires qui lui sont associés.

            Pour moi, un vote utile, c’est voter pour quelqu’un qui a réellement et sérieusement des chances d’être élu.

            C’est à dire que, a contrario, un vote inutile ,c’est voter pour les Besancenot, Devilliers, Laguillier, Voynet, Taubira, Dieudonné et autres frappés du ciboulot,

            je me trompe peut être.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 avril 2006 07:41

              Je suis tout à fait d’accord avec vous : un vote utile est un vote pour gagner, un vote inutile est un vote pour perdre ou ne rien gagner.

              Ce qu’a aussi été (est encore) le vote des nonnistes dit de gauche au référendum sur le TCE


            • (---.---.108.173) 27 avril 2006 07:53

              On est d’accord , un vote est toujours à la fois utile et inutile ... cela dépend de la personne qui juge ce vote .


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 avril 2006 09:27

              Le jugement sur l’utilité d’un acte peut être plus ou moins objectif :

              Il peut s’agir,

              - soit de juger objectivement des effets d’un acte ou d’un vote sur ses conséquences réelles (conséquentiatisme),

              - soit de juger un acte sur l’idée subjective que la personne a d’elle même en refusant de reconnaître l’échec objectif de celui-ci, dès lors qu’elle refuse de voir que son intention première a été objectivement déçue dans ses conséquences réelles..En cela la réussite de l’action est malgré l’échec dans la maintien de l’illusion à laquelle la personne a identifié sa propre valeur.

              Faire des erreurs dans la connaissance est nécessaire pour progresser à condition d’en prendre conscience, perséverer dans l’erreur pour maintenir une certaine image illusoire valorisante de soi et de ses actes est une erreur éthique au sens de Spinoza (et non pas une faute morale), car elle interdit de progresser vers plus d’autonomie réelle et de puissance d’agir.

              Cette différence entre jugement objectif et appréciation subjective d’un acte et/ou d’un vote permet de comprendre la valeur de l’exigence auto-critique pour penser avec justesse et efficacité.


            • nico 27 avril 2006 10:51

              Je suis d’accord avec cela. L’article tape à côté. Il faux entendre « vote utile » avec un notion d’utilité au sens de la théorie des jeux, c’est à dire la mesure de la satisfaction (personnelle et donc subjective) obtenue par les effets d’une action. Au présidentielles de 2002, les votant contestataires qui ont voté la gauche radicale en s’imaginant déjà voter PS au second tour n’ont pas voté utile. Ceux-là aurait du voter PS dès le premier tour. En connaissance de cause, ils savaient que les Besancenot et col. ne parviendraient pas au second tour, et il était tout aussi prévisisble qu’un des effets de bord de cette action de vote pouvait être de porter deux candidats de droite au second tour. Donc pour les votant-à-gauche, l’utilité-satisfaction d’un vote différent de PS était très faible. Mmm, pardon pour la démonstration un peu bullshit !


            • Mathieu (---.---.212.108) 27 avril 2006 10:59

              Pour moi un vote utile, c’est un vote découlant d’une réfléxion politique. Voter pour quelqu’un parcqu’il a des chances de gagner est tout sauf un vote utile, c’est un vote irréfléchi et stupide. En votant comme ça, il ne faut pas s’étonner du piètre niveau de nos hommes politiques. Mais bon, je ne dois pas avoir la même vision de la démocratie que vous.


            • JP (---.---.29.243) 28 avril 2006 21:57

              Hikaru, Mathieu, Am merci pour la pertinence de vos remarques qui me rassure. A la seule lecture des propos des Sylvain Reboul, Bulgroz je perdrai irrémédiablement tout espoir en la réflexion de l’être humain.


            • Tristan Valmour (---.---.210.174) 26 avril 2006 18:59

              Très intéressant bien sûr. Alors pour être clair et simple, sans employer un langage ou une argumentation académiques, voici traduite la teneur de mon article :

              1/ Les médias d’information orientent le vote des électeurs alors que ce n’est pas leur rôle. Qu’un homme politique emploie ce terme de « vote utile » ne me dérange pas. Il est au service d’une cause politique. Les médias devraient être neutres, or ils ne le sont pas, tout aussi subtils soient-ils. J’ai donc voulu dénoncer l’usage subtil du langage. Les experts en marketing en usent déjà abondamment pour vendre n’importe quoi au consommateur, et les médias leur emboîtent le pas. L’information, ce n’est pas de la communication ni du marketing.

              2/ La référence au vote du 29 mai n’est qu’un exemple parmi d’autres. Un exemple pourtant marquant car les deux camps sont tombés bien bas dans le traitement fait aux électeurs. Je n’exprime pas une opinion personnelle qui inciterait à croire que mon vote s’est porté sur l’un ou l’autre camp. Jamais d’opinion personnelle. Juste une analyse qui tente d’être objective.

              3/ Vote = action qui fait suite à un vœu. Utile = fruit d’une nécessité. Donc vote # utile.

              Maintenant quelques remarques pour balayer certains commentaires qui ne manqueraient pas de survenir :

              1/ Cet article ne cautionne aucun parti, ni grand, ni petit. Je m’intéresse aux systèmes, aux organisations, au fonctionnement du monde et suis toujours à la recherche d’un sens. M’étonner et percer les illusions sont mes objectifs. Je pars bien entendu d’un présupposé : chercher le bien de mon voisin, quel qu’il soit. 2/ Naturellement tout ce qui est énoncé est critiquable. Platon, Aristote et bien d’autres philosophes après eux l’ont montrés. Or je suis très loin d’être à la hauteur de ces Maîtres. 3/ Pour être efficace, tout acte de communication doit voir se rencontrer un énonciateur et un destinataire. Cela suppose l’emploi d’un code commun. L’énonciateur se met donc au niveau des destinataires pour que la communication soit validée. Ainsi, bien des gens auront en effet à redire aux différents articles. Car ce ne sont que des articles, des énoncés courts et incomplets. C’est leur nature. Je pourrai sans aucun problème pousser le raisonnement dans chacun de mes énoncés, mais ce média - ô combien utile - ne s’y prête pas.


              • Bulgroz 26 avril 2006 23:42

                Je comprends mieux, merci Cependant, quand vous dites que « Les médias d’information orientent le vote des électeurs alors que ce n’est pas leur rôle » i)Quels sont les media qui nous orientent ? Personnellement, je n’en vois pas, pourtant, je me considère comme sur-informé, ii)Il ne me semblerait pas scandaleux et même sain que les media cherchent à nous orienter, sauf cas extrème de mensonges,de désinformaration ou de méthode subliminale.


              • (---.---.108.226) 26 avril 2006 23:54

                « par Tristan Valmour3/ Vote = action qui fait suite à un vœu. Utile = fruit d’une nécessité. Donc vote # utile »

                Pas d’accord avec la conclusion de votre article .

                l’expression d’un voeu étant bien souvent le fruit d’une nécessité , un voeu est toujours contraint.

                d’ailleurs j’arrive pas à comprendre comment vous en arrivez à votre conclusion « vote utile=oxymore » vu que vous developpez bien les prémisses .


              • Hikaru (---.---.110.85) 27 avril 2006 01:01

                Bulgroz,

                En faisant « monter la sauce » sur tel ou tel candidat, les médias tendent à nous orienter. Par exemple, en 1995 « Le Monde » et autres laissaient penser à leurs électeurs que le vote utile à droite serait le vote Balladur plutôt que Chirac. La réalité leur a donné tort. Les sondages et autres oracles n’étant pas fiables, on ne connait le vrai vote utile qu’après l’élection, et encore... C’est le paradoxe du vote utile.

                Au final, ils ont tout simplement fait campagne pour Balladur, ni plus ni moins, en baratinant sur le vote utile pour avoir l’air impartiaux. C’est ce qu’on peut trouver scandaleux. Qu’ils aient leurs préférences, c’est tout à fait naturel, mais qu’ils ne les assument pas me paraît inacceptable.

                Heureusement, il semble que les Français ne les prennent pas très au sérieux et choisissent régulièrement aux scrutins des orientations différentes de celles prescrites par les medias et leurs théories douteuses sur le vote utile.


              • Hikaru (---.---.110.85) 27 avril 2006 01:04

                Oups erreur de frappe, lire « Le Monde et autres laissaient penser à leurs lecteurs [...] » et non « électeurs ». Lapsus amusant...


              • Tristan Valmour (---.---.226.21) 27 avril 2006 12:19

                Pour l’intervenant qui a écrit ceci : "l’expression d’un voeu étant bien souvent le fruit d’une nécessité , un voeu est toujours contraint.

                d’ailleurs j’arrive pas à comprendre comment vous en arrivez à votre conclusion « vote utile=oxymore » vu que vous developpez bien les prémisses . "

                Vous avez en partie raison. Je n’ai certes pas développé d’antithèse ni de synthèse comme il conviendrait de le faire (article rédigé en 15 mn, quand il faudrait des dizaines de pages pour développer l’argumentation et les enjeux de la question). Mais ma problématique portait surtout sur le rôle des médias. Le constat étant que parler du « vote utile », c’était influencer le lecteur, auditeur, ou téléspectateur. Les médias doivent selon moi, être plus objectifs.


              • Scipion (---.---.102.203) 27 avril 2006 08:40

                Vu de Suisse, l’utilité, mais surtout l’inutilité, du vote en France, ça se présente comme ça.

                Deux groupes, A et B, se disputent constamment le pouvoir, depuis 1981.

                Un coup, c’est le groupe A qui gagne ; un coup, le groupe B. Et on recommence. A l’infini.

                Au gré du déplacement des voix d’une faible portion de vélléitaires des deux sexes, A succède à B au gouvernement, tandis que B succède à A dans l’opposition.

                Quand le groupe A est dans l’opposition, il dit ce qu’il ferait si c’était lui qui était au gouvernement, et le groupe B se comporte pareil, quand il retourne dans l’opposition.

                Ce qui est stupéfiant, c’est que tant le groupe A que le groupe B, lorsqu’ils sont dans l’opposition, possèdent la clef de toutes les difficultés du pays, tandis que l’un et l’autre perdent ladite clef dès l’instant qu’ils parviennent au pouvoir.

                Il y a là, comme une fatalité. qui est la capacité de résoudre tous les problèmes, uniquement quand on n’est pas en situation de mettre les solutions en oeuvre...

                Mais le plus extraordinaire de tout, vu de Suisse toujours, c’est encore qu’après un quart de siècle de ce cirque absurde, on rencontre des gens qui se trouvent des raisons de préférer l’incapacité de A à l’impuissance de B ; respectivement, l’inaptitude de B à la carence de A...

                C’est-à-dire des gens qui croient encore que leur vote a une utilité...


                • (---.---.108.173) 27 avril 2006 09:13

                  Vous confirmez mes propos sur le caractère relatif du jugement ... Vu de Suisse (par un Suisse ?) , quelque soit le vote d’un Français , il est forcement inutile CQFD


                • Mathieu (---.---.212.61) 27 avril 2006 11:14

                  Pour une fois, je suis d’accord avec Scipion. La théorie du vote utile n’aboutira qu’à une seule chose : prolonger indéfiniment l’alternance au pouvoir entre le PS et l’UMP. La démocratie n’en sort pas tellement gagnante. Et la France non plus quand on voit les résultats des décennies d’alternance. La France a besoin que les hommes aux pouvoirs (opposition comprise) soient remplacés par des hommes plus compétents, plus honnêtes, moins omnubilés par leus intérêts(je précise que ce n’est que mon avis). Le vote utile ne permet pas ce changement, au contraire. Le vote utile est une invention de la gauche qui n’a pas trouvé d’autre moyens (comme par exemple faire une politique de gauche) pour rallier les électeurs de gauche autres que militants du PS. Ce prétendu vote utile n’est en fait utile que pour les responsables du PS. Ils nous ont fait croire que leur défaite de 2002 était due aux votes pour l’extrême gauche, ils nous ont fait croire que leur défaite au référendum était due aux votes des nationalistes. Cela montre clairement qu’il refuse toute remise en question de leur politique qui est pourtant contestée par les électeurs plutôt à gauche. Une nouvelle défaite s’annonce...


                • Bob (---.---.76.255) 27 avril 2006 10:06

                  Vote utile / vote inutile... tout cela est très subjectif. Pour moi un vote n’est ni utile, ni inutile, il s’agit d’une réponse exprimée par de électeurs à un choix qui est proposé (« oui » ou « non » par exemple lors du TCE, ou choix entre 10 noms pour une élection)...

                  Je dirais que l’utilité d’un vote est déjà à la base fortement influencée par le choix proposé, c’est surtout là que se pose la problème de l’utilité. En effet ne pensez-vous pas que la réponse dépend en premier lieu de la question ????

                  Certains ici disent que le non de l’an passé est un vote inutile. Si tel est le cas il ne fallait pas poser la question, ou rajouter des cases ! Si quand on permet deux réponses à un électeur on ose dire que l’un des choix est « inutile » alors c’est qu’on a raté une occasion de se taire.

                  Pour en revenir à l’influence des médias je ne trouve pas normal qu’ils se prennent le droit de « conseiller » les gens, en premier lieu car leur manque d’objectivité dans la présentation de beaucoup d’évènements ne m’inspire aucune confiance en leur jugement.

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Auteur de l'article

Tristan Valmour


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