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Accueil du site > Actualités > Politique > Ecole publique en danger

Ecole publique en danger

Les laïques de ce pays seront-ils capables de faire front contre la politique menée par ce gouvernement ?

Depuis le début de la Vème République, la Droite a mené à bien, progressivement et parfois brutalement ses " réformes".

Elle veut dans une réelle cohérence réduire d’une façon drastique les dépenses publiques d’enseignement et favoriser l’école privée, en multipliant les financements publics.

La droite se moque des dommages collatéraux, ce qui lui importe c’est la réduction des coûts.

L’exclusion sociale, la poussée de l’illettrisme, les violences accrues à l’école, le mal vivre des élèves et des professeurs.... sont des effets de cette politique mais qu’importe !?

Sans effectuer une énumération à la Prévert, citons les attaques les plus récentes :

- la fermeture d’écoles publiques rurales ;

- la disparition de collèges de proximité à faible effectif

- la liquidation programmée des petites sections maternelles

- la fin des IUFM avec des professeurs qui n’auront droit qu’à un enseignement en faculté avec un simple vernis de préparation minimale à la fonction

- la suppression de milliers de postes d’enseignants....

Et j’en passe....

50 ans après la loi Debré, l’Eglise reçoit une manne inespérée de la part du gouvernement.

La loi Carle va contraindre les communes à financer les écoles privées situées en dehors de leur territoire.

Les sommes ainsi puisées dans les caisses publiques vont asphyxier beaucoup de communes et permettre aux établissements privés de multiplier par deux leurs rentrées de fonds publics.

De nombreuses Municipalités entrent en résistance.

Des communes de toutes dimensions, des conseils généraux et régionaux ont décidé de ne verser aux établissements privés que les dépenses obligatoires.

Ne versons plus un centime aux écoles maternelles privées, ni pour l’investissement aux collèges et lycées privés !

Pourquoi les défenseurs de l’école publique ne décident pas de se regrouper et d’organiser ensemble la contre offensive afin de mettre fin à cette casse organisée de l’école ?

C’est la question essentielle que se posent tous les laïques de ce pays.

Cinquante ans après le grand rassemblement de Vincennes contre la loi Debré, les organisations censées poursuivre la voie tracée par les laïques de cette période particulièrement sombre pour l’école publique, se préparent dans la dispersion de célébrer cet événement.

La Ligue de l’Enseignement et la FSU n’ont rien prévenu si ce n’est la tenue de colloques

L’UNSA a lancé avec d’autres associations un appel pour l’école publique

Gauche Avenir propose de planter des arbres de la laïcité

La Fédération Nationale de la Libre Pensée organise un rassemblement le 19 juin 2010 pour célébrer le 50e anniversaire du rassemblement de Vincennes où 350 000 laïques se ressemblèrent pour prêter le serment solennel d’œuvrer, sans trêve ni relâche, à l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre.

Pourquoi une telle dispersion ?

Au-delà des différences approches, les laïques de ce pays doivent agir en commun.

S’ils n’arrêtent pas ensemble les coups portés à l’école publique, c’est tout l’édifice qui s’écroulera.

Aujourd’hui il ne faut pas se laisser aller à la division ni mégoter, les associations laïques peuvent s’associer à la seule initiative structurante proposée, celle de la Libre Pensée sans d’ailleurs négliger les autres initiatives qui ont leur dynamique.

Jean-François Chalot

 

 

 


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18 réactions à cet article    


  • DIMEZELL 28 mai 2010 12:35

    S’associer à la dite ’ Libre Pensée ’ c’est malheureusement s’associer à une vision très particulière de la laïcité, celle qui,par exemple, tente de détruire les écoles laïques bretonnantes sous prétexte qu’elles utilisent l’immersion et sans se préocupper de leurs excellents résultats en..langue française. J’ai pu lire parfois des propos de cette association qui font froid dans le dos.

    Concernant la casse des écoles publiques, on pourrait ajouter beaucoup beaucoup de choses, hélas. La dernière et une des pires est la mise sur le terrain dès la rentrée prochaine ou presque de jeunes non formés ; je ne croyais pas qu’une telle ânerie était possible.


    • CHALOT CHALOT 28 mai 2010 12:48

      DIMEZELL !

      Justement c’en est assez de ces divisions : vous n’êtes pas d’accord avec la Libre Pensée sur cette question, moi je suis en désaccord avec la FSU sur la question du voile...Arrêtons là...Nous avons des divergences mais rassemblons nous sur nos convergences !


      • DIMEZELL 29 mai 2010 09:09

        Il est effectivement nécessaire de rassembler les personnes et les associations, syndicats...sur les bases d’une plateforme revendicative solide. La casse actuelle est tellement invraisemblable ; je souhaiterais par exemple que les parents se fassent entendre de manière plus audible sur la non- formation des enseignants qui encadreront dès octobre leurs enfants dans les écoles.
        Mais je ne suis pas d’accord avec vous sur la présence de groupes que je juge extrémistes sur le fond même de ce qu’est la laïcité. Le combat envers la diversité ( non religieuse ) que mènent avec l’appui parfois de personnes très idéologiquement marquées les groupuscules de la dite Libre Pensée tend à montrer que leur définition de la laïcité est assez troublante, elle n’est aucunement celle qui est habituellement partagée puisqu’elle combat aussi des associations laïques.


      • finael finael 28 mai 2010 14:15

        Pourquoi l’école « gratuite, laïque et obligatoire » est en danger ?

        Vous avez un article de notre replieur attitré (Lucillio) qui vous l’explique très bien !


        • non667 28 mai 2010 14:37

          à auteur

          « pourquoi une telle dispersion ? »

          vous le déplorez mais vous ne cherchez pas les causes !

          tout ce qui arrive a l’éducation nationale ne doit rien rien rien au hazard :

          non non les ministres ,recteurs ,inspecteurs généraux ,inspecteur d’académie , prof d’ena ,d’iufm ne sont pas des imbéciles !
          par contre ils nous prennent (et à juste titre ,la preuve ) pour des imbéciles ça c’est sûr !

          but de toutes les réformes (math moderne,methode globale,notation par lettre .....distributeur de préservatif a l’entrée des collèges et lycées ...)qui ont suivi la transformation du ministère de l’instruction publique en ministère de l’éducation nationale =1°réforme( :
          pour la droite : demolir le public pour renfocer le privé , abrutir la vil populace en lui faisant croire que c’étaient des réformes progressistes
          pour la gauche (communiste ) pourrir l’éducation pour pourrir et faire échouer la société capitaliste française /l’urss .


          • non667 28 mai 2010 22:04

            a pasou

            "tous ces incompétents qui nous exterminent sur l’autel de leur idéologie et de leurs croyances".
            il faut cesser d’appeler incompétence ce qui est ruse et traitrise ça change tout ! notre jugement sur eux doit être bien plus sévère !
            que la droite soit pour le capital et au détriment des travailleurs tout le monde le sait et la gauche dans l’opposition ne manque pas de le denoncer
            mais quand la gauche au pouvoir fait une politique de droite (privatisation ,déficit =emprunt au capitaliste =cadeau aux banques ) il n’y a personne pour le dénoncer ,le peuple s’en aperçoit un peu tard et vote a droite c’est reparti pour un tour !
            pour en revenir à l’école, aucun syndicat de gauche n’a jamais émis la moindre remarque contre ces funestes réformes se contentant de demander inlassablement des augmentations d’effectifs et des augmentations de salaire mais laissant saper l’autorite des enseignants et se dégrader les conditions de travail !
            autre exemple moins grave mais significatif  :
            les 35 h payées 40 cela à été une augmentation de 13% de salaire horaire ou une diminution de 13% de la charge de travail pour tous les fonctionnaires sauf les enseignants . la dessus les syndicats ont été muets comme des carpes ,pourtant une diminution de 13% des effectifs d’élève par classe aurait evité des fermetures de classe et même crée des postes !


          • L'enfoiré L’enfoiré 28 mai 2010 19:08

            Chalot,

            "Les laïques de ce pays seront-ils capables de faire front contre la politique menée par ce gouvernement ?"

            Etait votre entrée en matière. Me permettez-vous cette question.
            Quels sont les différents types d’écoles ?
            - Laïques et publics
            - Non laïques et privées
            Ou est-ce encore autre chose.
            Juste pour moi pour faire la correspondance avec chez nous.
            Merci.


            • AlbatrosE AlbatrosE 28 mai 2010 20:57

              Ce qu’il faut combattre, ce sont les écoles privées commerciales, celles que Bouygue, Vivendi ou Véolia rêvent d’ouvrir.

              les écoles catholiques assurent souvent une vraie instruction publique non polluée par le pédagogisme. Je le dis avec d’autant plus d’assuarance que je suis professeur du public, par vocation.

              Si on veut relever l’école publique, il faut reveir aux CRP d’avant 1989, remettre des programmes solides et remettre des cours magistraux.


              • resistance 29 mai 2010 17:28

                Tout à fait d’accord avec vos deux premiers paragraphes. Pour le 3e, les CRP, je ne sais pas ce que c’est. J’ai enseigné quelques années dans l’enseignement privé catholique avant d’enseigner dans l’enseignement public.


                Par rapport à l’article de J.F. Chalot, j’ai envie de dire : défendre la laïcité, oui, cent fois oui ! Mais la laïcité n’est ni l’hostilité envers toute croyance religieuse ni l’ignorance du fait religieux. Il me semble qu’elle suppose au contraire le respect des convictions d’autrui, et que c’est au nom de ce respect que l’on doit refuser l’existence d’une religion d’Etat.

              • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 mai 2010 01:51

                "L’exclusion sociale, la poussée de l’illettrisme, les violences accrues à l’école, le mal vivre des élèves et des professeurs.... sont des effets de cette politique mais qu’importe !?« 

                Ca ? C’est le résultat du système actuel. L’égalitarisme à outrance, avec tout les laissés pour compte de ce système inadapté. Seuls ceux qui correspondent au format peuvent s’en sortir. Ou alors, ceux qui ont les moyens d’aller voir ailleurs.

                Il n’est pas pire injustice que l’égalitarisme.

                Il n’est pas pire système d’enseignement que ce monopole administratif, où tous sont broyés : élèves et professeurs.

                Et dire qu’il existe des personnes qui ose encore le défendre, sans vergogne. Comment qualifier de tels personnes ? Soit ils sont complètement endoctrinés par leur idéologie sectaire, soit, pire encore, ils défendent leurs petits avantages »acquis", bien égoïstement, et tant pis si les autres en crèvent de misères et de dépression.


                • kataroff kataroff 29 mai 2010 04:12

                  Je suis d’avis qu’il faut d’urgence reformer l’ecole publique pour la rendre plus efficace. Elle represente l’egalite des chances.

                  Par contre pourquoi cette haine de l’ecole privee ? Vous dites qu’il faut lui retirer l’acces aux fonds publics, mais les parents d’eleves du prive ne payent-ils pas des impots comme tout le monde ? Pourquoi pas un ticket education a la belge ?

                  Je suis moi-meme alle dans le prive et dans le public, la difference n’est pas toujours flagrante, et mes parents n’etaient pas riches.


                  • eric 29 mai 2010 06:34

                    Mr chalot, je vous vois plein de bonne volonté, mais, à mon avis prisonnier d’une langue de bois. Si vous en avez le courage, compte tenu d’une mise en page discutable, je vous invite à lire ceci. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843
                    Il s’agît d’un rapport interne à l’école publique. On y voit notamment que les moyens en monnaie constante par élève dans l’enseignement public ont doublé en trente ans.
                    Opposer l’enseignement public et l’enseignement non public est dans 90% des cas non pertinent. Le second est massivement catholique. Il est donc associatif, participatif, citoyen et non commercial. Il est soumis aux mêmes contraintes de programme, de formation des enseignants et de contrôle. Il fait donc partie du service public de l’éducation. Ce ne sont pas une ou deux heures d’éducation religieuse, souvent facultatives, qui suffiraient à déterminer une différence de nature. D’autant que dans le public aussi il y a des aumôneries.

                    La seule différence de principe entre les deux systèmes réside dans la possibilité, et de choix, et de participation des parents.

                    Oui notre école publique à des difficultés. Non, ce n’est pas en s’attaquant à une école alternative qu’on les résoudra.


                    • CHALOT CHALOT 29 mai 2010 15:12

                      Ce rapport institutionnel a été effectué sur commande par la présidence de la république.
                      il ressemble à s’y méprendre à ceux effectués par les staliniens dans feu l’URSS ;
                      J’aimerais que l’on discute du fond, c’est à dire de l’instruction cassé par la bourgeoisie qui n’hésite pas à casser une oeuvre collective de républicains qui au-delà de leurs différends voulait que chaque enfant dispose d’une école de proximité assurant la maïtrise des fondamentaux.


                      • CHALOT CHALOT 29 mai 2010 17:05

                        Pasou !
                        Ne confondez pas ceux qui ont conseillé les ministres successifs comme Meitieu det d’autres avec les militants réellement praticiens.
                        Le problème de la formation des enseignants est de deux natures :
                        - pas de préparation au métier : faire classe
                        - pas de formation disciplinaire
                        Les deux sont indispensables


                        • CHALOT CHALOT 29 mai 2010 17:35

                          J’ai déjà proposé des réponses :

                          - tous les fonds publics à l’école public , seule école de la république
                          - retour aux fondamentaux : horaires de français et de mathes renforcés
                          - deux ans de formation pédagogique et disciplinaire des enseignants du primaire et du secondaire ( formation liée au métier) avec aller-retour théorie pratique
                          - pas d’établissement de plus de 500 élèves


                          J’ai déjà écrit des articles là dessus


                          • CHALOT CHALOT 29 mai 2010 19:14

                            Pasou !
                            C’est cela aussi la République :
                            des prélèvements obligatoires et des services publics permettant l’accession de tous et de toutes ( pour l’enseignement) aux différents savoirs.
                            Meirieux n’est pas seul et il est mauvais quand il conseille les milistres et meilleur quand il accepte de descendre de sa chaire pour débattre !


                            • eric 29 mai 2010 19:42

                              Mr Chalot. Je lit toujours vos articles avec intérêt. Vous avez une vision du monde, des présupposés et des conclusion très différents des miens, mais vous me donnez l’impression d’avoir un vrai souci social, au contraire de beaucoup de vos collègues pour lesquels celui ci n’est qu’une posture au sein d’un plan de carrière ( ceux qui vous accusent d’être raciste par exmple...) Mais vous ne pouvez que difficilement prétendre que les animateurs associatifs, parce qu’ils sont engagés proches du terrain etc... sont plus compétents que des fonctionnaires généralistes, et refuser la même analyse quand il s’agit d’une autre forme de pédagogie. L’école. Pourquoi les écoles associatives ne seraient elle pas plus proche du terrain, plus engagée, plus bénévoles que des fonctionnaires généralistes nommé un jour ici l’autre là ? Pourquoi le citoyen aurait il vocatio à prendre ses propres affaires en charge dans l’entreprise, dans le social, dans le culturel et pas dans dans ce qui au font lui importe peut être le plus, ses propres enfants ?
                              Pourquoi seraient ils nécessairement plus égoiste qu’un ministère qui affecte systèmatiquement les plus débutant dans les zones les plus difficiles. Aujourd’hui, l’enseignement associatif catho tente d’ouvrir dans les banlieues quand il parvient à obtenir les autorisation parce qu’il estime que cela correspond à sa vocation sociale.


                              • CHALOT CHALOT 29 mai 2010 23:25

                                Eric !
                                Il peut y avoir des projets associatifs proches du terrain y compris au niveau de l’école mais la plupart des écoles prives sont dans une logique libérale et religieuse de concurrence et de conformation...Ce qui rend la vie difficile aux enseignants.
                                L’intervention dans les banlieues permet une reconnaissance et ainsi une extension du champ d’intervention.
                                En ce qui concerne l’affectation dans l’enseignement publc des débutants dans les classes les plus difficiles c’est un vrai problème.

                                Non Pasou ! ce n’est pas parce qu’il y a des abus réels qu’il faut casser le statut de la fonction public avec le risque de soumettre ces fonctionnaires au bon vouloir de potentats locaux de droite ou de gauche.

                                J’écris, j’aime écrire mais j’essaye d’être avant tout un militant de terrain et là on rencontre des gens formidables ;

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