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EDF : Envie de reFaire

Privatisation ? Renationalisation ? Nucléaire ? Entreprise publique ? Mission de service public ? Si on essayait d’y voir plus clair ? Faisons le point.

- EDF, entreprise publique et service public à la fois ?

EDF investit massivement à l’étranger, EDF fait des bénéfices, de plus en plus importants d’ailleurs au fur et à mesure que le renchérissement du coût de l’énergie s’accélère... ce qui n’empêche pas la facture du consommateur de continuer à augmenter régulièrement. EDF a les caractères d’une entreprise, mais EDF est une entreprise à laquelle l’État assigne des objectifs bien précis : assurer, partout sur le territoire, la fourniture d’électricité aux particuliers. Il faut rappeler en effet que, depuis le 1er juillet 2004, le marché de l’électricité aux collectivités (exemple : pour les lampadaires, l’éclairage des mairies) a été ouvert, semble-t-il sans grand succès. Ce rappel n’est pas inutile pour revenir à une vérité en sciences économiques : comme l’électricité ne se stocke pas, comme l’appareil de production est difficilement séquable, EDF n’aura pas de concurrent concurrentiel. En privatisant EDF, on crée un quasi monopole privé, avec toutes les conséquences que cela a sur un marché où la concurrence n’est pas vraiment libre, et carrément faussée ;-)

Il faut se préparer dès lors à des difficultés très grandes pour faire respecter à EDF, désormais, tout contrat ou charte de service public. Un peu comme pour les affermages de collectivités avec les entreprises gestionnaires de la ressource en eau.

- le pouvoir de l’action surpasse-t-il celui de l’impôt ?

Les pubs qui incitent le quidam à acheter des actions tendent à nous faire croire que l’actionnaire possèdera un morceau de l’appareil de production. On peut faire le raisonnement suivant : posséder, c’est décider, et l’actionnariat citoyen, ou populaire, n’est-il pas une forme de contrôle démocratique ? On ne peut pas répondre par l’affirmative aujourd’hui en France. Rien n’est prévu pour organiser le pouvoir du petit actionnaire face aux détenteurs de gros -à gigantesques- portefeuilles. On pourrait penser à un des principes de l’économie sociale et solidaire, un homme = une voix, quel que soit le portefeuille d’actions. A ce jour, rien de tel n’est prévu, et quand bien même, serait-ce bien jouable...

L’impôt, lui, a permis au citoyen, via ses représentants, d’avoir un minimum de pouvoir sur la politique énergétique de la France. Les limites de cette formule sont liées aux crises contemporaines de la représentation. L’énergie en France, pour 90 % de la population, est-ce vraiment un domaine plus opaque que d’autres ?

- Comment peser sur les choix faits en matière de ressources énergétiques ?

Le Commissariat à l’énergie atomique a-t-il vraiment fait avancer la transparence nucléaire ? On peut se demander si vouloir que le CEA soit objectif n’équivaut pas à demander aux cigarettiers d’être eux aussi objectifs... Au-delà, on sait bien qu’il va falloir plusieurs décennies avant de sortir du nucléaire, mais beaucoup ne l’admettent pas, selon une logique contestataire largement éprouvée : demander l’impossible en espérant avoir le maximum de ce qui est possible. Ce qui ne sert vraiment à rien, c’est de manifester contre le moindre convoi de déchets. Il faut se persuader que les équipes chargées de concevoir des stockages dont la sûreté serait optimale sont composées d’un bon nombre de fervents écologistes.

Ce qu’on sait, c’est que les choix en matière d’énergie sont étroitement liés à nos façons de consommer. Combien dérisoires apparaissent alors certains mouvements protestataires, quand on sait tout ce qu’on peut faire pour réduire sa consommation, ou peser auprès de sa copropriété pour faire installer des panneaux solaires sur son toit.

Au-delà, la transparence peut être assurée par la création d’un corps intermédiaire de citoyens, composé d’associations, de syndicats, d’entreprises et de collectivités, de façon décentralisée. Une petite réforme, comme ça...


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2 réactions à cet article    


  • Alexprius (---.---.53.242) 7 novembre 2005 21:41

    Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé votre article sur EDF, toutefois, l’ayant écouté une première fois sous ReadSpeaker, je n’y avais absolument rien compris, désolé :(

    J’aimerais vous suggérer un conseil : pour les articles devant être « lus » par ReadSpeaker, je pense qu’il faut en adapter le texte (rédiger le texte en ayant à l’esprit qu’il sera « lu » par ReadSpeaker") car sinon ça restera malheureusement toujours aussi incompréhensible. En effet, je pense que la technologie de synthèse vocale de ReadSpeaker n’est pas encore totalement au point pour des articles aussi « techniques » que celui-là.

    Cordialement


    • Sylvain Reboul (---.---.151.110) 22 janvier 2006 12:31

      « Ce rappel n’est pas inutile pour revenir à une vérité en sciences économiques : comme l’électricité ne se stocke pas, comme l’appareil de production est difficilement séquable, EDF n’aura pas de concurrent concurrentiel. En privatisant EDF, on crée un quasi monopole privé, avec toutes les conséquences que cela a sur un marché où la concurrence n’est pas vraiment libre, et carrément faussée smiley »

      Cette affirmation me paraît imprudente et de toute manière incompréhensible : en Allemagne il y a concurrence dans le production et la distribution, chaque client pouvant choisir entre, par exemple, RWE et EON comme fournisseur de courant. Ce qui n’empèche nullement que chacun des fournisseurs soit soumis à un cahier des charges public et que chacun puisse acheter du courant à l’autre au prix du marché en cas de surcharge , ce qui se fait tous les jours entre par exemple les compagnies privées allemandes et l’EDF. Ce problème de la prtétendue impossibilité de la concurrence n’a donc rien à voir avec un problème de stockage pas plus du reste que dans les services tels que la poste ou le téléphone.

      Reste la question de la sécurité nucléaire, mais aussi des centrales thermiques et hydroliques, qui doit rester du domaine de l’état et soumise au contrôle des citoyens, mais là encore cela n’interdit ni la privatisation, ni la concurrence ! EDF entreprise monopoliste d’état n’est pas, comme vous le dites vous-même, une entreprise particulièrement transparente sur ce point de la sécurité, dès lors qu’elle est à la fois juge et partie.

      De la libre concurrence en Europe

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