Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Edgar Morin nous explique indirectement le système politique

Edgar Morin nous explique indirectement le système politique

Edgar Morin est un philosophe. Ça se voit de toute façon sur la photo ; un homme qui se tient le menton est forcément un homme dont la matière grise fait des vagues et avec ses yeux plissés rieurs, Edgar Morin, aussi sociologue, semble voir ce que nous ne pouvons voir sur la société

Dans un article, daté de 2012, l'intellectuel qui sourit s'interroge sur le mot « crise » et sa pensée se déroule avec la lenteur d'une machine puissante mais bien huilée. Pour peu que le lecteur ne soit pas prêt, il se fera broyer comme un simple escargot sous les pneus d'un camion, car Edgar le malin n'écrit pas pour être clair, il fait marcher ses poignets pour mettre des baffes à une notion vidée de son sens, la crise, afin d'en faire un concept vivant sur le vivant. Ainsi, conceptuellement, l'article intitulé « Vers une crisologie » peut causer quelques hémorragies cérébrales. Tout en luttant pour la survie de mon cerveau, j'ai tout de même réussi à noter des éléments particulièrement intéressants à discuter dans le ici et maintenant transformé par le numérique.

 

Définir la société comme système pour étudier une crise

Afin pouvoir parler de crise dans notre société il faut d'abord définir cette dernière comme étant un système. La société a des règles et des normes et est composée d'une multitude d'éléments entrant en interactions les uns avec les autres. Bien entendu, quand il s'agit du social, il faut faire très attention en donnant une définition aux apparences mécaniques, parce que la bête qu'est le social ne se laisse pas facilement apprivoisée, surtout lorsqu'il s'agit de donner une application empirique aux projections théoriques. Ainsi, étant scientifique et pas oracle, Morin prend le soin de disséquer avec précision ce qu'il entend par système et ses composantes, non sans évoquer régulièrement la complexité d'un tel système (note 1).

Tout système fonctionne de manière organisée et, paradoxalement, cette organisation génère de la désorganisation. Par exemple, le système qu'est le football a ses propres règles, ne pas les respecter c'est désorganiser le pauvre millionnaire mais c'est bien parce que ces règles existent que l'un peut les outrepasser et introduire les germes du désordre. Ed va plus loin ; dans un système la complémentarité entre les éléments qui le compose est actuelle (elle se manifeste dans notre monde physique) mais, dans le même temps, l'antagonisme est virtuelle (il est présent mais n'a pas d'enveloppe visible). Autrement dit, tout système porte en son sein organisation et désorganisation, complémentarité et antagonisme, tel que tout système enfante et entretien ce qui le maintient en vie tout comme ce qui pourrait la lui ôter.

Vous comprenez maintenant le projet intellectuel de Momo. Parler de crise, c'est bien beau mais encore faudrait-il savoir sur quoi notre langue s'agite. De plus, la crise n'est pas une entité qui surgit de nulle part, à la façon d'un Van Rompuy non-élu qui semble avoir été catapulté. Il faut rattacher la crise à ce qu'elle met en difficulté. Dans le cas de notre fameuse crise boule à facette (éco-financiaro-socio-politico-etainsidesuito), c'est la société qu'il est nécessaire de relier à cette notion. À cet effet, il faut comprendre comment la société accueille de la crise et pour quelles raisons.

Pour résumer (pour ceux qui ont le processus cognitif flemmard), la société est un système dont l'organisation apparente entraîne une désorganisation potentielle.

 

Lutte contre les éléments nouveaux et dangereux

Certains éléments, peut être pas si nouveaux que ça puisqu'ils sont virtuels, présentent en tout cas un changement dans le comportement des braves citoyens. Le mouvement des bonnets rouges, par exemple, a été entraîne par le système. Ici, on voit très clairement pourquoi ; suite à une loi votée par l'instance même de production d'organisation, c'est-à-dire l'appareil étatique, des citoyens (et des entreprises ?) ont gracieusement contribué à redresser les comptes d'Armor Lux grâce à leur choix d'uniforme, que ne renierait pas le commandant Cousteau. En écrivant une loi, censée organiser, le gouvernement a crée sans aucun doute des hors-la-loi, des objections, des contestations, des jets de dahlias, du gaspillage d'eau, de la transpiration sur musique folklorique et des Bretons en colère.

Pour lutter contre ce mouvement désorganisant, et donc dangereux pour la stabilité du système, (certainement aussi pour éviter que son approvisionnement en quatre-quarts ne cesse), le gouvernement a plusieurs solutions. Il peut intégrer les bonnets rouges dans ses mécanismes. Il s'agit de l'intervention des syndicats pour recadrer ce mouvement qui montre les crocs et les limer afin d'être tranquille. Ensuite, le gouvernement a la possibilité de s'auto-défendre. N'imaginez pas que Franfran et Manu sont allés distribuer des mandales aux manifestants, les CRS le font bien mieux. Enfin, il lui est possible de multiplier les efforts pour conforter son autorité, le bien-fondé de sa décision, décrédibiliser son adversaire etc. En fait il est question ici d'accentuer sur les points qui font tenir le système. En ce qui concerne les porteurs de vêtements Armor Lux, on verrait le confort de l'autorité par un ministre qui nous joue le morceau célèbre de «  nul n'est censé ignorer la loi, surtout quand elle date de 2009 » et la décrédibilisation par les médias décrivant les bonnets rouges comme des révolutionnaires affamés de sang à coups de « euh les gars le bonnet il est pas bleu à la base ? ».

Pour résumer (toujours pour les mêmes), il existe trois solutions pour lutter contre le danger de mise en difficulté du système ; intégration des éléments dangereux, auto-défense face à ceux-ci et multiplication de ce qui fait que le système fonctionne.

 

Un jeu intelligent pour garder la maîtrise

Le philo-sociologue fait une remarque particulièrement pertinente par rapport aux outils requis pour tenir le volant de la machine étatique. Il note que les États totalitaires face à ceux qui désorganisent préfère la solution bruyante de la destruction. Pour demeurer au pouvoir, les pays sud-américains se sont montrés, grâce à l'aide de la CIA diront les mauvaises langues, tout à fait aptes à la torture, le meurtre et l'installation d'une peur constants de la population.

Notre système « démocratique » (je ne peux qu'insister sur l'absolue nécessité des guillemets) joue avec infiniment plus de finesse pour rester en vie. Les fils qu'il actionne dans des objectifs de maîtrise sont plutôt discrets, même si les médias commencent clairement à montrer leurs limites dans ce sens. Le rôle des syndicats, des hommes politiques et autres personnages faussement anti-système mais nourris par lui, la domestication d'associations et de mouvements sociaux (note 2) passés sous la main du gouvernement qui donne une petite tape amicale sur la tête, les débats (de préférence télévisés) sur des sujets dit sensibles mais où le consensus est déjà tout trouvé avant que le premier mot ne soit même pensé (note 3), les discours tout en pâté de pathos qui enflamment les auditeurs sans pour autant pouvoir résister une seconde à la logique du logos. Et ainsi de suito.

Le gouvernement français agit comme un système avec ses règles et ses normes. Il tient une organisation précise qui produit une désorganisation et là où il y a complémentarité avec les éléments qui composent ce système, il y a aussi antagonisme. Quelque part, et je me risque à une métaphore de maçon, en posant un cadre dans la société comme on construit une maison dans la nature, on fournit des limites, certes indispensable pour la vie en commun, et celles-ci sont les mères d'opposition situées justement hors de ces limites, tout comme tout ce qui est situé en dehors de la maison lui est extérieure.


 

Nous pourrons constater que ces limites se font tout de même de plus de plus infranchissables et les moyens qu'utilisent notre système pour se maintenir sont aussi de plus en plus autoritaires. Une question pointe le bout de sa courbe ; que nous réserve l'avenir ?


 

Note 1 : Ce n'est pas pour rien que Morin s'est aussi interrogé sur la notion de complexité dans son ouvrage « La pensée complexe ».

Note 2 : Voir un article de Catherine Neveu pour les intéressés ; « Démocratie participative et mouvements sociaux : entre domestication et ensauvagement ».

Note 3 : L'émission sur Dieudonné chez Taddei ; peut-on faire pire en matière de simulation de débat ?

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.95/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

18 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 23 janvier 2014 10:57

    « un homme qui se tient le menton est forcément un homme » qui n’a plus de colle pour tenir son dentier  smiley........


    • JL JL 23 janvier 2014 11:03

      Bonjour,

      difficile de résumer la pensée d’Edgar Morin en si peu de lignes. Surtout lorsqu’on évoque la pensée complexe, ce fourre-tout plus souvent cache-sexe d’une pensée qui brasse plus d’air qu’elle n’en peut inspirer, et que beaucoup confondent avec pensée compliquée, d’où la formule : ’expliquer c’est compliquer’, ou si l’on préfère : ’expliquer c’est compliqué’, ceci expliquant cela. Je ne vis évidemment pas Edgar Morin que je respecte infiniment.

      Sur ça : ’’tout système porte en son sein organisation et désorganisation, complémentarité et antagonisme, tel que tout système enfante et entretien ce qui le maintient en vie tout comme ce qui pourrait la lui ôter.’’,

         je crois que l’on ne peut pas appréhender correctement la notion de système sans faire appel à des notions que certains appellent le Yin vs le Yang, d’autres la saillance vs la prégnance (René Thom) et que Edgar Morin et ceux qui font la tentative d’expliquer sa pensée, feraient bien d’identifier et d’exprimer plus clairement ; je veux dire : un système est caractérisé autant par les classes d’éléments qui le composent que par les natures de relations qui lient ces éléments. Là où ça se complexifie, c’est quand les éléments se regroupent en sous-classe, et quand les relations sont multidirectionnelles, par exemple verticales (ou hiérarchiques) et horizontales (ou interpersonnelles), et que ces relations multidimensionnelles sont interdépendantes entre elles. Et plus si affinité !

      Ce que je propose d’illustrer pour ce qui concerne le politique, par cette formule d’Yvan Audouard  : « Ce ne sont pas les mécontents qui prendront le pouvoir mais ceux qui auront su tourner le mécontentement à leur profit. »

      et pour ce qui concerne l’économique : le capitalisme se nourrit de ses contradictions, formule qui, transposée dans le domaine du comportement individuel s’exprime ainsi : se prévaloir de ses propres turpitudes :


      • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 23 janvier 2014 22:11

        « ... une pensée qui brasse plus d’air qu’elle n’en peut inspirer,... »
        Bien écrit.
        Perso, votre commentaire vaut cent fois l’article.
        Même si j’ai du mal à admettre l’idée que mes troubles comportementaux puissent s’avérer la transposition de la schyzophrénie de l’économie...
        Mais, bon.


      • Domkishoot Domkishoot 23 janvier 2014 11:11

        Je me permets une réflexion totalement superficielle au regard de votre littérature. Les yeux plissés et la main sous le menton, certes… Mais il y a aussi l’écharpe ! A l’instar de l’inénarrable intellectuel qu’est Christophe Barbier, cet accessoire, inutile en intérieur, est la marque des penseurs. En revanche les bagues me font plutôt penser à Vito Corleone ; une autre forme de philosophe, peut être moins subtil, mais gravement efficace.

        J’ai bien apprécié votre analyse et sa rédaction ponctuée d’humour, cependant j’ai le sentiment qu’on y enfonce des portes ouvertes. 


        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 23 janvier 2014 22:16

          Comme vous dites, en effet, tenter un quelconque parallèle entre Edgar Morin et Christophe Barbier, c’est une sacrée porte ouverte...


        • claude-michel claude-michel 23 janvier 2014 11:16

          heu...ça fait des millénaires que la société existe sous cette forme (en ajoutant des couches au cours des siècles)...Vient il de découvrir l’eau chaude.. ?


          • Chabinpolitain 23 janvier 2014 12:44

            Je reprends la métaphore du maçon, quoique le « système » soit, lui, actif et interactif.
            Mais tout comme la maison, s’il a le pouvoir de fait d’exclure par des limites matérialisées ou culturelles ( économie et passation des pouvoirs ), son irrésistible tendance inflationniste est sa propre destruction, le poids de l’édifice rend le sol instable et les déséquilibres inhérents sont accentués au point que les résistances ( mécaniques ou intelligentes ) vont provoquer une tentative de plus en plus radicale de ce système à se préserver mais toujours au prix de plus d’énergie.
            Le système s’auto-alimente mais son autophagie le rend malade, il porte en lui sa propre mort, si l’obésité peut représenter certaines victimes du système, donc quelque part une image,des « modèles », les obèses handicapés coûteront de l’énergie au système et contribueront à son dysfonctionnement.
            L’idée serait que plus « on » résiste et plus le système aura tendance à accélérer sa course et sa radicalisation, entraînant plus rapidement sa propre perte et toujours plus de résistance, donc...etc...
            Résistons par tous les moyens même s’ils semblent dérisoires, il en restera forcément quelque chose !!!


            • mortelune mortelune 23 janvier 2014 13:04

              ...que nous réserve l’avenir ? ’

              Pour connaître l’avenir il est possible de regarder le passé tel qu’il a était. L’histoire est jalonnée de crises et de guerres. Le mot guerre fait peur comme il a toujours fait peur aux civils, car il est synonyme de mort. La mort fait peur à tous ceux qui ne trouvent aucune raison valable de mourir et c’est le cas pour beaucoup. L’avenir ne sera jamais celui que l’on souhaite et du reste comment pourrait-il en être autrement puisque la finitude existe pour tous.
              L’avenir nous dira ce qu’il sera et il va sans dire qu’il sera pas bon du tout pour ceux qui tiennent à vivre jusqu’à 120 ans sans soucis. L’histoire est comme la météo ; pluie, soleil, pluie, soleil, orage, ...
              Avec les tintins qui ont infiltrés tous les rouages policos-économicos-médiatiques de nos sociétés ont va à la catastrophe c’est clair et net puisque non seulement ils la veulent mais en plus ils l’ont déjà commencé.
              Perso j’écoute Brassens ’mourir pour des idées’ à longueur de journée pour rester en harmonie.

              nota : il est extra Morin


              • Singe conscient Singe conscient 23 janvier 2014 13:19

                Je réponds globalement même si j’aimerais développer tous les points qui sont soulevés. Beaucoup de choses très intéressantes à mettre sur le grille des neurones...

                Premièrement, je découvre juste la pensée de Morin et j’avoue qu’elle m’a séduit. Je poursuis ma découverte avec la lecture d’autres ouvrages mais avant-tout, le rapport entre la pensée systémique qu’il développe et la vision, que l’on pourrait qualifier de dissidente mais bon ça aussi on peut discuter du terme, que certains d’entre nous ont du système politique me semblait important. D’où certainement l’impression que rien de très frais n’émerge de ma « réflexion ».

                Deuxièmement, cela fait un petit moment que je trouve que le Ying et le Yang peut se rapporter à des notions qui tendent à poser une sorte de dichotomie complexe. C’est le cas bien entendu ici avec la systémique mais j’’ai préféré ne pas l’évoquer car j’avais peur de virer dans le métaphysique et le philosophique, deux terrains que je ne maîtrise absolument pas.

                Troisièmement, il est tout à fait possible (et même conseillé) de faire le rapprochement entre ce que dit Morin et ceux qui présente notre système économique (mais pas que) comme dépendant de la crise et des antagonismes.

                Dernièrement, et je pense avoir fait le tour, la question de ce que nous réserve l’avenir est presque une boutade car l’obsession de prédire l’avenir ne doit pas nous empêcher d’analyser le présent (avec tous les risques que cela comporte). Je trouve qu’il y effectivement un fort intérêt à observer le passé mais sans pour autant en tirer un modèle explicatif pour l’avenir.


                • Jacques_M 23 janvier 2014 13:31

                  Un grand Monsieur, ce Mr.Edgar Morin :
                  - résistant pendant la dernière guerre,
                  - exclu du parti communiste en tant que résistant anti-stalinien,
                  - accusé de « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme » lors d’un procès intenté par les associations France-Israël et Avocats sans frontières.


                  • winston smith 23 janvier 2014 13:46

                    Il y a une autre façon, plus fun en quelque sorte, d’aborder une crise, et qui peut vraiment être efficace à contrario des solutions cybernétiques évoquée à travers Morin. Par exemple, comme dans l’histoire du siège du château d’Hochosterwitz, en 1334, une forteresse imprenable de par sa situation géographique. C’est donc à l’usure qu’il fallait y aller. C’est ce qu’a tenté de faire l’armé de la duchesse du Tyrol, et ça a failli marcher, les réserves de nourriture du château furent réduites à un boeuf et deux sacs d’orge. Cela dit dans le camps des va-t-en-guerre, ça s’impatientait. Quoiqu’il en fut, le commandant du château pris la décision, apparemment démente, de faire abattre le boeuf, de le fourrer au sac d’orge, et de le jeter du haut du rocher ou était juché la place forte, vers les assiégeants. Résultat : la bonne duchesse Maultasch, stupéfaite et découragée, fit lever le siège et retourna à ses tapisseries...    


                    • AlainV AlainV 23 janvier 2014 19:38

                      Bonjour à tous.
                      Etonnant de trouver un article « Edgar Morin » sur AV.
                      Pourquoi pas, après tout ?
                      Chercheur en sciences humaines, Edgar Morin m’a appris à analyser les objets d’étude selon les grands principes qu’ils a énoncés, et à conseiller aux thésards de procéder de la même façon :
                      - le principe hologrammatique : le tout est dans chaque partie et chaque partie est dans le tout
                      - le principe de récursivité : la cause peut être effet et l’effet peut être cause
                      - le principe dialogique : les notions même contradictoires entretiennent un dialogue entre elles.
                      Cette méthode est parfaite pour trouver de nouvelles notions que l’on met alors en dialogue avec les anciennes.

                      Morin a explicité et approfondi ces principes développés précédemment par Blaise Pascal :
                      "Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître les parties."

                      Un exemple ? En politique, pour être simple et bref.
                      Le capitalisme exploite les petites gens. Or, les petites gens déposent leurs économies à la banque. Et que font les banques avec ces économies ? ... Donc les petites gens qui déposent leurs économies à la banque exploitent les petites gens, elles-mêmes.
                      MAIS ...
                      dans le même temps, les économies sont mal rémunérées. Les petites gens s’appauvrissent. Par contre ceux qui utilisent l’argent des petites gens, l’investissent dans des sociétés dont elles exigent un rendement de 20% l’an, ceux-là s’enrichissent rapidement. Arrive une crise, et Godman-Sachs, le numéro un, remporte la mise.

                      Morin nous explique la méthode. Mais les marxistes d’hier et d’aujourd’hui ont donné un nom à ce phénomène dans sa globalité : la concentration du capital.
                      Il nous faut donc des socio-anthropo-philosophes pour nommer les phénomènes découverts par la Méthode de Morin.
                      Et il nous faut de vrais politiques pour changer la société et dénoncer ceux qui avancent... masqués !


                      • christophe nicolas christophe nicolas 23 janvier 2014 19:57

                        Penseur à oublier.


                        • Monstre123 23 janvier 2014 21:10

                          Un peu compliqué à lire mais intéressant quant même.


                          • France Europe République Nelson Bonaparte 23 janvier 2014 21:47

                            « La démocratie est l’art de faire croire au peuple qu’il a son mot à dire... en vérité tout cela n’est que subterfuge... » René Guénon (La crise du monde moderne)


                            • Xenozoid Xenozoid 23 janvier 2014 21:55

                              non bonaparte t’a rien compris, la démocratie a pour but d’élevé le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeoi


                            • Joshua 27 janvier 2014 12:09

                              Ceux qui vivent encore dans le vieux monde de la pensée rationaliste (ils sont nombreux : c’est la base de l’enseignement dans le monde entier) ne verront pas qu’Edgar Morin se situe dans le courant d’une pensée révolutionnaire extraordinnaire.
                              La complexité est un principe de compréhension radical qui ouvre les isolats conceptuels (qu’ils se rapportent à des idées ou à des choses matérielles) à toutes les formes de relations et de relativité possibles.
                              Comme l’explique assez bien JL plus haut, les objets, de quelque ordre soient-ils, en étant généralisés sous forme de systèmes, sont vus de façon transdimentionnel : du point de vue de leurs relations horizontales, avec les objets de même nature ou dimension, mais aussi verticales, c’est-à-dire micronomiques et macronomiques (ex. : sociales, individuelles, physiologiques, biologiques chimiques, physiques…).
                              Cela change beaucoup de choses. On comprend mieux notamment la notion devenue incontournable d’émergence (contre la négation des réalités complexe - comme si la noosphère ou, pire, l’anthroposphère n’étaient qu’illusions, alors que ce sont les mondes primordiaux de l’humanité). On comprend mieux la réalité « sandwich », celle de l’entre-deux, du médium - comme l’est la réalité humaine.
                              Cette pensée mène à une conception « concentrationniste » et « processorale » du monde : toute réalité identifiable, de quelque nature qu’elle soit (du plus matériel au plus conceptuel - en passant par l’énergétique, le phénoménal et le spirituel) n’est qu’un un pôle d’organisation plus ou moins dense en quantité et qualité, plus ou moins fermé sur lui-même, plus ou moins dynamique à son échelle et plus ou moins autonome - le tout dans un continuum spatiotemporel infini (« horizontal-vertical » donc).
                              Dans le cadre technoscientifique, cela oblige à une plus grande humilité et, surtout, conduit à un plus grand réalisme.
                              C’est très utile dans le cadre politique aussi, tant rien n’est plus important pour avoir une politique sérieuse (écosociale en particulier) que de se construire des représentations solides.
                              Là où cette vision pèche - et c’est le problème que rencontre Edgar - c’est dans le domaine de l’action.
                              La pensée complexe met en exergue une différence de nature très importante qui n’est pas toujours bien perçu par ceux qui la pratiquent : celle qui concerne le sens de l’action et celui de la connaissance. Si connaître est une action, c’est une action subtile de mise en suspens des éléments de la réalité pour pouvoir les identifier et les analyser. Au contraire, si l’action demande une large connaissance, elle nécessite de faire subir à celle-ci un implacable réductionnisme, ceci de façon à favoriser la prise de décision - et donc l’efficacité de la démarche entreprise.
                              Le réalisme de la connaissance permet de trouver la voie d’action la plus juste à travers le processus de réduction du champ du savoir entrepris pour les nécessités du choix.
                              Voilà ce qui fait qu’il n’y a pas grand-chose de révolutionnaire dans les discours politiques d’Edgar (malgré des prises de position très courageuses), quand sa philosophie (La méthode, livre 1, 2 et 3, principalement) est proprement décoiffante.
                               Pour ce que j’en pense.
                              (Merci à JL, au Singe conscient et à AlainV pour leurs intéressantes réflexions.)


                              • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 13 juin 2014 05:00

                                TOUT EST DANS LE TOUT ET RÉCIPROQUEMENT !
                                « 
                                - le principe hologrammatique : le tout est dans chaque partie et
                                chaque partie est dans le tout
                                - le principe de récursivité : la cause peut être effet et l’effet peut être cause
                                - le principe dialogique : les notions même contradictoires entretiennent un dialogue entre elles.
                                Cette méthode est parfaite pour trouver de nouvelles notions que l’on met alors en dialogue avec les anciennes. »
                                -------------------------------------------------
                                Encore un bavard impénitent !
                                Décidément il ne veut pas prendre sa retraite des cadres rationalistes qui ont fait faillite il y a bien longtemps !
                                 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès