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Elections du 7 juin 2009 : La patisserie électorale avait un goût de rance

Réaction à la chronique de Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur du 11 au 17 Juin 2009.

Le gâteau issu des urnes le dimanche 7 juin n’a pas plu aux francais. La preuve, trois français sur cinq n’en n’ont pas voulu.

C’est l’enseignement majeur de cette élection. Enseignement plutôt ignoré de ceux qui se partagent les restes. Pourtant, à entendre les responsables politiques de tous poils, la leçon méritait d’être entendue. Or, depuis une semaine on nous sert des spécialités culinaires que les français risquent de ne pas plus apprécier.

Au Parti socialiste, on parle de primaires, d’autres nous ressassent le mélodrame qui entoure la réelection ou non de Monsieur Barroso à la tête de la commission européenne. Ces débats quelque peu futiles doivent conforter les abstentionnistes dans leur choix. Les préoccupations quotidiennes sont passées à la trappe et le débat d’idée ressemble à un encéphalogramme plat.

Votre affirmation et explication "Pourquoi j’ai voté Cohn Bendit" rentre aussi et je le déplore dans ce cadre. Il aurait été plus utile de faire un édito titré "Pourquoi trois français sur cinq n’ont pas voté"

Vous avancez une explication intéressante : "Vous êtes les premières victimes d’un rejet politique". Pourquoi alors passer sous silence la majorité abstentionniste ? Et pourquoi limiter cette analyse au seul Parti socialiste ?

Et s’ils avaient raison ces absentionnistes ? Si les européens dans leur majorité (silencieuse ?) estimaient pouvoir se passer de la politique ? Faudrait-il leur donner tort ?

Avançons le postulat suivant : Les citoyens français et européens estiment qu’ils peuvent très bien se passer des hommes et des partis politiques, ces derniers étant devenus comme vous le soulignez pour le PS, "une confédération d’écuries présidentielles" et non plus, comme ils devraient l’être, des espaces propices aux propositions et au fourmillement d’idées.

Au niveau européen, chacun sait que les inclinaisons politiques ont peu de prises sur les décisions prises. La présidence française le l’union en 2008 aurait certainement été du même tonneau avec Mitterand ou Chirac à la tête de l’état, n’en déplaisent aux sarkozistes convaincus.

L’évolution d’une société ne se décrète pas rue de Solférino ou ailleurs, dans les arcanes de tel ou tel pouvoir. Ce n’est pas à vous, l’historien, que vais l’apprendre.
Les élections de dimanche étaient oubliées dans la plupart des électeurs le lundi parce que le quotidien reprend toujours le dessus. Chacun, dans sa famille, sur son lieu de travail (pour ceux qui en ont) avaient d’autres chats à fouetter.

Les français, absentionnistes ou non, se demandaient peut être pourquoi le prix du carburant avait augmenté de dix pour cent en quelques semaines ; et ils savaient fort bien que les politiques n’ont que très peu de prise sur cette évolution qu’ils peuvent au mieux expliquer.

Ce résultat électoral doit faire réfléchir sur le fond et non sur la forme. Les personnalités politiques auront progressé si elles en tiennent compte. Quant aux partis (tous confondus) ils doivent admettre qu’ils n’ont rien d’éternel et que le renouveau de la vie politique passe par la disparition d’un certain nombre d’entre eux et par l’émergence d’autres forces. Ainsi va la démocratie.


Marc Merlière

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