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Accueil du site > Actualités > Politique > Enseignants pédocriminels : #Bayrou avait-il été mou ?

Enseignants pédocriminels : #Bayrou avait-il été mou ?

Il qualifie de « criminelle » la suppression du grec et du latin proposée pour la réforme des collèges... Ce même 'il' avait été ministre de l'éducation nationale —son avis est donc a priori digne d'intérêt— dans trois gouvernements successifs, sous la présidence de Mitterrand pour le premier (cohabitation), et celle de Chirac pour les suivants. « Troisième homme », pour rien, à chacune des trois dernières présidentielles (sauf, peut-être, la victoire de Hollande), à la tête d'une formation politique fantôme supposée dépasser le clivage gauche-droite, d'échec en échec, l'auteur de « Ils portaient l'écharpe blanche » avait fini par se faire dépouiller de son écharpe tricolore, dans son fief natal du Béarn. Mais l'« obstiné », comme le décrit son biographe, s'est vite remis de ses désillusions, et se voit même complètement dans le coup pour 2017. La primaire UMP lui offre l'occasion de nous rappeler à son existence : il fera alliance avec son ancien chef de gouvernement, pour le cas où il en sortirait gagnant, et avec qui il a en commun l'agrégation de lettre classique et la traversée du désert. Idem pour l'enterrement des langues mortes, proposé pour la réforme des collèges, il monte au créneau : « naufrage », « attentat » etc. 

Au delà des invectives, il appelle aussi « une manifestation nationale » contre la réforme. Lui, à son poste de ministre, avait la hantise des remoux sociaux, parce qu'il en avait expérimenté le désagrément, avec sa tentative de réforme de la loi Falloux, perçue par les syndicats d'enseignants comme une atteinte à l'école laïque. Avec pour conséquence par la suite, des arbitrages (allégués, source à suivre) qui n'ont rien d'héroïques. Mais l'ancien ministre ne craint pas que ses adversaires, ou les médias, l'incommodent. Ils seraient pourtant fondés à le faire, alors que « les affaires de pédophiles à l'école » obligent le gouvernement à prendre position (légiférer, toujours plus...), et sur lesquels, d'ailleurs, il n'est pas dissert. Mais ils (adversaires et médias) ne le feront pas, comme ils s'étaient tus sur l'hypocrisie, par rapport à ces mêmes faits allégués, de sa fameuse altercation avec Cohn-Bendit en 2009. Il se sont tus et se tairont, parce que règne en France, ou plutôt sur elle, une « bourgoisie d'État » (Montebourg), qui se protège par la loi du silence. Et ce n'est d'ailleurs pas dans la biographie citée plus haut (son auteur est journaliste politique au Figaro), mais l'Omertà française, qui développe cette thèse, à l'examen des scandales d'État de la Vè république, que l'on trouve l'« affaire enterrée » dont il est question. 

Quelques extraits : 

[L]e 8 février 1992[], un principal de collège de Dordogne apprend que son fils et sa fille ont été les victimes d'abus sexuels répétés commis par un professeur de mathématiques[], par ailleurs ami de la famille. [...] L'enseignant fautif[ ]sera[ ]condamné à six ans de prison par la cour d'appel de Bordeaux, le 7 juillet 1993. A cette date, l'ancien député, François Bayrou, est ministre de l'Éducation nationale depuis trois mois. Il le restera quatre ans. [L]'affaire connaît une certaine médiatisation. Est-ce ce demier élément qui incite alors Francois Bayrou ã demander un rapport à l'lnspection générale de l'administration de l'Éducation nationale ? En tout cas, il ne sera pas déçu ! [...] Dans le détail, les rédacteurs de ce rapport confidentiel—inédit å ce jour—[déclarent] : « Le service public ne peut pas laisser croire qu'il essaie de dissimuler les agissements coupables de fonctionnaires dévoyés. Or, de multiples affaires, celle de M. G... comme celle jugée le 21 décembre 1993 en cour d'assises à Nanterre (l'admiministration y a été lourdement condamnée pour son laxisme) [...] » De fait, les réactions de l'Éducation nationale dans cette dramatique affaire ne peuvent que surprendre. Car, à l'indifférence générale témoignée dans un premier temps à ce père meurtri—et que dire de ses enfants ?—succède vite l'hostilité. [...] La première sanction, dans cette désolante affaire, sera pour la victime. Ces absurdités n'échappent pas aux enquêteurs. Leur rapport, tirant les leçons de « l'attitude de l'administration », fait des propositions précises pour remédier à ces « dysfonctionnements ». [...] Le rapport rendu à François Bayrou est précédé d'une note de synthèse signée par la chef du service de l'inspection, Céline Wiener, et intitulée « Note au ministre ». Datée du 17 janvier 1994, elle [...] appuie ensuite la proposition de ses collaborateurs : une lettre-circulaire signée personnellement par le ministre. « L'institution, insiste-t-elle, sortira grandie de l'épreuve, sachant sanctionner ceux qui la flétrissent au lieu de la servir, et apporter aux victimes un soutien moral indispensable. » [...]François Bayrou va rester à son poste jusqu'en mai 1997. Soit plus de trois ans après avoir pris connaissance de ce rapport. Que fait-il ? Rien. Le projet de « lettre-circulaire » ne verra jamais le jour. [...] Sa responsabilité, qui à ce jour n'a jamais été évoquée, est d'autant plus engagée que plusieurs avertissements lui sont parvenus. [...] 1. Contacté par téléphone par l'intermédiaire d'un de ses collaborateurs proches et de son assistante et, à trois reprises, par fax les 25 mai, 24 juin et 2juillet 1999, François Bayrou n'a pas souhaité rencontrer les auteurs pour leur donner son point de vue.

À lire, juste à la suite

 


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9 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 27 mai 2015 13:49

    L’éducation nationale cette grande muette...comme l’église elle protège les pédophiles...Pas de vagues m’ssieurs dames.. !


    • Langlemort Bonneteau 27 mai 2015 19:16

      @Le p’tit Charles l’interférence du politique dans ce genre d’affaires, c’est à tous les niveaux, pas seulement l’EN, apparemment pour le pire.

      Au temps 42:00 du documentaire de Karl Zéro, « Zanvoort, Le fichier de la honte » (2010) : Fréderic Malon, à la direction centrale de la police judicière : « cette de histoire de réseaux [pédo-]criminels[ en France], c’est le fantasme par excellence des journalistes, des associations, tout ce qu’on veut. Y en a peut-être, en tout cas on ne les a jamais démantelé en France ». En l’occurence, le commissaire divisionnaire est interpellé sur un rapport des Nations Unies de 2004 (via LeParisien) pointant du doigt « les carences de la justice à l’égard des enfants victimes de sévices sexuels ». Et Karl Zéro de commenter « « Jamais démantelés en France », il a la mémoire courte : dans l’émotion soulevée dans l’affaire d’Outreau, trois réseaux français ont été démantelés en quelques mois... »


    • fred.foyn Le p’tit Charles 28 mai 2015 07:18

      @Bonneteau....Karl Zéro.. ?
      Mais c’est un manipulateur...c’est ça votre référence.. ?


    • Langlemort Bonneteau 28 mai 2015 15:11

      @Le p’tit Charles je n’ai pas deréférence. Ensuite, qu’est-ce vous contestez dans l’extrait que j’ai retranscris ?


    • Berboral 28 mai 2015 21:54

      L’ auteur nous fait savoir dans son profil qu’il n’est affilié à aucun parti...
      Il nous montre sans aucun à priori « évidemment » ceux auxquels il n’est pas affilié..

      L’hypocrisie à encore de beau jour devant elle.
      Si vous avez quelques difficultés avec cette manière d’agir et de penser et pour autant que la bonne foi ne vous tienne pas à coeur , n’hésitez pas à prendre contact avec l’auteur. Sans nul doute il vous expliquera la facilité qu’il y a d’être fourbe et hypocrite.

      • Langlemort Bonneteau 29 mai 2015 06:09

        @Berboral c’est tout plein de sous entendus ce que vs écrivez. Sans qu’on sache où vs voulez en venir, à part discréditer ce billet. Répondez donc à cette question : quelle est donc cette « difficulté » que vous éprouvez à la lecture de ce billet ?

        Je vais vous aider : Bayrou a couvert, pendant des années, des pédocriminels dans l’éducation nationale. Contre l’avis de l’inspection de l’EN. Avec pour mobile, celui de s’attirer les bonnes grâces des syndicats d’enseignants, dont il avait auparavant essuyé les foudres au début de son mandat sous la cohabitation. Ces faits sont-ils avérés ? L’auteur principal de l’Omertà est éditorialiste au Point, et il est indiqué que Bayrou n’a pas souhaité s’expliquer. Qu’est-ce qu’il faut en retirer : Bayrou a agi, plutôt pas agi, en froid calculateur, au mépris de la morale et de l’humanité les plus élémentaires.

        Je repose la question : quelle est votre difficulté avec cette présentation et interprétation de faits ? Et sur la façon d’agir : pour la 4è x, Bayrou vise la présidentielle, et n’hésite pas à sortir le grand jeu (réforme des collèges : « criminelle ! », « grande manifestation nationale ») pour se faire remarquer.
        Qu’est-ce qui rend illégitime d’interpeller le lecteur sur ses actes en tant que ministres ? Qu’est-ce que vous proposez à la place ?


      • Langlemort Bonneteau 1er juin 2015 18:17

        « François Bayrou va rester à son poste jusqu’en mai 1997. Soit plus de trois ans après avoir pris connaissance de ce rapport. Que fait-il ? Rien. Le projet de « lettre-circulaire » ne verra jamais le jour. [...] Sa responsabilité, qui à ce jour n’a jamais été évoquée, est d’autant plus engagée que plusieurs avertissements lui sont parvenus. »

        La suite :

        Le 26/02/1998 dans L’EXPRESS / Société Justice, par Karen Saranga : « Enseignants pédophiles, la fin d’un tabou »

        Après des années de silence, Claude Allègre et Ségolène Royal ont diffusé une circulaire, le 4 septembre 1997. Ce texte de 27 pages sur les violences sexuelles a provoqué un déferlement de plaintes, mais aussi un vrai malaise dans le corps enseignant, qui s’estime outrageusement soupçonné.

        Jusqu’alors, personne n’avait osé afficher le mot « pédophilie » dans un bulletin officiel. Ni prendre par la main les enseignants en leur expliquant noir sur blanc qu’ils devenaient complices en cas de non-signalement, clarification du Code pénal à l’appui : « L’obligation à quiconque, et donc aux enseignants [...] ayant la connaissance d’un crime ou de mauvais traitement d’informer les autorités judiciaires sous peine d’encourir une peine de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 francs d’amende. »

        ...


        • Langlemort Bonneteau 8 juin 2015 06:39

          « Mais ils (adversaires et médias) ne le feront pas, comme ils s’étaient tus sur l’hypocrisie, par rapport à ces mêmes faits allégués, de sa fameuse altercation avec Cohn-Bendit en 2009. »

          Le livre de Cohn-Bendit « a vraiment été bouleversant pour moi », confie-t-il, pointant « la revendication de telles pratiques, plus encore leur théorisation ». Et de se livrer aux journalistes : « J’ai été père de famille jeune, j’ai grandi avec mes enfants. L’enfance est quelque chose de très important pour moi. » Pourquoi en rajouter sur cette polémique qui a éclaté en 2001, à propos d’un ouvrage écrit en 1975 ? Bayrou, qui soutient n’avoir rien suivi de l’affaire à l’époque, aurait appris très récemment l’existence des écrits de l’ex-leader de Mai-68, alerté sur le sujet par des messages d’internautes. « J’ai voulu voir le texte, j’ai été horrifié. »

          http://www.liberation.fr/politiques/2009/06/05/bayrou-ne-lache-rien-cohn-bendit-calme-le-jeu_562168


        • Langlemort Bonneteau 19 juillet 2015 12:43

          Ci-après le passage de la source principale de ce bilet, l’Omertà française, dont on rappelle qu’elle est l’oeuvre, avec un collègue, d’un éditorialiste au Point, qui fait jonction avec l’article de 1998 cité en commentaire (« après des années de silence, Claude Allègre et Ségolène Royal ont diffusé une circulaire [...] Jusqu’alors, personne n’avait osé afficher « pédophilie » dans un bulletin officiel ... »)

          Le fameux rapport de l’Inspection générale circule maintenant dans Pentourage du ministre. L’un de ses conseillers, alerté par une autre affaire dans les Yvelines, où les droits de la victime ont été bafoués et l’enseignant simplement déplacé, met un jour en garde François Bayrou : « Attention avec ces histoires de pédophilie. Il faut faire quelque chose. » Et le ministre, ce centriste chrétien qui déclare volontiers que sa génération doit pratiquer la politique autrement, de louvoyer : « je ne vois vraiment pas l`intérêt de salir l’Éducation nationale. Et puis, tu imagines la réaction des syndicats. Non, je t’assure : il y a des moments où il faut savoir se taire. » François Bayrou essaiera finalement de se protéger : il ne faut pas que l’on puisse l`accuser d’inertie ou de mauvaise volonté. Dans l’urgence le voilà qui signe une- très timide - circulaire où le terme de pédophilie ne figure même pas. Cela se passe entre les deux tours des législatives de 1997. Mais il est trop tard pour prétendre que l’honneur est sauf. Pratiquant avec une telle obstination cette politique de l’autruche, l’ancien ministre mérite une place de choix au « club des étouffeurs ». Un club très informel, dont les différents membres, actifs ou honoraires, ne se connaissent pas forcément. Un club qui, contrairement aux préjugés, ne compte pas que de « gros bonnets ».

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